06 septembre 2017

Corée du Nord: les limites de l'inaction

La Corée du Nord vient une fois de plus de défrayer la chronique en se livrant à un essai thermonucléaire.

Comme à leur habitude, les élites du monde actuel, qui n'ont plus rien à proposer, temporisent en affirmant que la "la guerre n'est jamais la solution". Or, c'est précisément parce que la guerre n'est prétendument jamais la solution que nous en sommes là aujourd'hui.

La Corée du Nord, un vieux cancer

corée du nord,guerreComptant parmi les derniers pays communistes staliniens de la planète, poursuivant méthodiquement l'asservissement systématique de sa population à travers la famine, les camps de concentration et les procès politiques, la Corée du Nord est une sorte d'enfer sur Terre. L'évasion de nombreux Nord-coréens a permis au reste du monde de se faire progressivement une idée de l'inhumanité du régime et des épreuves endurées par les habitants. Les plus pauvres tentent de ne pas mourir de faim - souvent en vain - et les couches supérieures de la société vivent constamment dans la peur de l'arrestation et de l'exécution sommaire.

La Corée du Nord réussit le tour de force d'être un pays dans lequel personne n'est heureux.

Dès 1965, la Corée du Nord disposa d'installation de recherche nucléaire, grâce à un réacteur de recherche fourni par les grands frères de l'Union soviétique. La matière fissile put quant à elle être extraite directement des gisements du pays.

La culture du secret étant ce qu'elle est en Corée du Nord, il est difficile de déterminer quand le programme nucléaire clandestin du régime entra dans une phase active. Certains avancent l'année 1989, alors que le pays était encore officiellement signataire du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), mais nous n'avons pas de certitude.

Bien entendu, selon le mode de pensée propre à la dialectique marxiste, le programme nucléaire nord-coréen n'a jamais eu d'autre but qu'une "visée défensive" destinée à préserver le régime de ses innombrables ennemis extérieurs, ceux-ci étant largement fantasmés par une clique paranoïaque et délirante. Pour s'en convaincre, il suffit de recompter le nombre d'opérations hostiles visant la Corée du Nord et son régime durant, disons, les cinquante dernières années - très exactement zéro. Les exactions militaires de la Corée du Nord furent elles bien visibles, tout comme les opérations hors du pays telle l'exécution à l'arme chimique du demi-frère de Kim Jong-Un à l'aéroport de Kuala Lumpur.

L'apathie prévalant contre la Corée du Nord aurait pu, aurait dû changer en octobre 2006 lorsque Pyongyang procéda à un premier essai nucléaire. Mais rien ne se produisit, ni pour lui, ni pour les suivants. De vagues sanctions économiques et ce fut tout - comme si les dirigeants du pays allaient plier devant des sanctions menaçant le bien-être d'une population qu'ils laissent volontiers mourir de faim. Le cynisme et l'inaction de la communauté internationale sont sans limites lorsque le sujet est un pays sans intérêt géostratégique immédiat.

La triste vérité est que l'Occident a eu l'occasion d'en finir avec la Corée du Nord à de multiples reprises, mais n'en fit rien. L'effondrement de l'Union Soviétique ouvrit une exceptionnelle fenêtre d'opportunité pour régler une bonne fois pour toute la "question coréenne" mais au cours de ses deux mandats Bill Clinton se montra surtout concerné par ses frasques sexuelles. Les États-Unis restèrent inactifs lors d'une décennie riche en opportunités.

George W. Bush ne brilla pas non plus pour son intérêt envers la Corée du Nord durant ses deux mandats - à sa décharge, les attentats du 11 septembre l'amenèrent à tourner son attention plutôt vers les pays musulmans. La surprise du premier essai nucléaire nord-coréen en 2006 aurait pu l'amener à réagir de façon plus efficace, mais à ce stade les États-Unis étaient déjà empêtrés en Irak et en Afghanistan.

Bien entendu Barack Obama, le Messie intergalactique, n'en fit pas davantage. Trop occupé à diviser l'Amérique à l'aide de polémiques raciales et partisanes, le prix Nobel de la Paix se contenta en matière de politique extérieure de poursuivre les offensives engagées jusque-là à grand coup de bombardements par drones, mettant son inaction entre parenthèses juste le temps de faire chuter le régime de Kadhafi. Les soubresauts du "printemps arabe" et ses fruits islamistes furent bien assez nombreux pour occuper le monde, mais pendant ce temps les essais nucléaires nord-coréens s'enchaînaient en toute impunité.

Chronologie de la lâcheté

Internet n'oublie pas. Le réseau permet de retrouver de belles réactions liées au programme nucléaire militaire nord-coréen. Dès le début, l'accent fut mis sur l'incrédulité, la minimisation, le fait que la Corée du Nord ne disposait pas des capacités de frappes à distance... Livrons-nous à une modeste chronologie de ces essais nucléaires et des réactions suscitées:

  • Premier essai nucléaire le lundi 9 octobre 2006 sur le site de Hwadaeri, près de Kilju, à 100 km de la frontière chinoise. Tout va bien, c'est un essai "de faible puissance". Il serait même raté. Et puis la communauté internationale réagit fermement: elle dénonce cet essai, y compris la République populaire de Chine, principal soutien de la Corée du Nord, nous dit-on. La résolution 1718 du Conseil de sécurité des Nations unies impose des sanctions. Pyongyang n'a qu'à bien se tenir.
     
  • La Corée du Nord annonce le 25 mai 2009 avoir réalisé un second essai nucléaire souterrain, dont la puissance estimée varie selon les observateurs entre 2 et 20 kilotonnes. Deux ans et demi plus tard, les diplomates réalisent que les sanctions n'ont peut-être pas plus marché en Corée du Nord qu'en Irak avec le régime pétrole contre nourriture, ou que partout ailleurs en fait. Plus personne ne prétend que les explosions atomiques sont des trucages, mais la presse se veut toujours rassurante: "le Conseil de sécurité de l'ONU a entamé lundi soir une réunion d'urgence pour discuter du nouvel essai nucléaire effectué par la Corée du Nord." Et puis, qu'on se le dise, Barack Obama a de son côté estimé que les ambitions nucléaires de la Corée du Nord représentaient une "menace pour la paix" et nécessitaient "une action de la communauté internationale". Rassurons-nous, les grands de ce monde se penchent sur le dossier.
     
  • Troisième essai le 12 février 2013. La puissance augmente ; les services sud-coréens l'estiment entre 6 et 7 kilotonnes. Mais il est condamné "par une très large majorité de la communauté internationale", fort heureusement. Ici, on en rigole ; "La Corée du Nord a toujours des atomes crochus", plaisante Paris-Match. Et puis Pyongyang a violé des résolutions des Nations-Unies et ça c'est très grave, on va voir ce qu'on va voir. Au bout de trois essais en toute impunité, on commence, lentement, à s'interroger sur l'efficacité des sanctions...
     
  • Le 6 janvier 2016, quatrième essai. La télévision officielle annonce par la voix enthousiaste de sa présentatrice que la Corée du Nord a fait exploser une bombe H miniaturisée. Mais le succès de cet essai est mis en doute par certains experts. Ce ne serait qu'une bombe atomique de plus, pas une vraie bombe H, donc pas de quoi fouetter un chat. Toutefois en Suisse les esprits supérieurement intelligents du Temps commencent à réaliser le problème: "le monde est démuni face au chantage nucléaire nord-coréen". Incidemment, l'article nous apprend que "La stratégie de Pyongyang est limpide: continuer de faire chanter la communauté internationale. Cela avait très bien marché après les premiers essais, puisque Pyongyang avait obtenu une coopération dans le nucléaire civil et une aide alimentaire." Certains auraient apparemment pris goût aux terribles mesures de rétorsion de la communauté internationale...
     
  • Le monde s'était presque habitué aux explosions nucléaires du paradis communiste tous les trois ou quatre ans, mais le rythme s'accélère. Le cinquième essai a lieu quelques mois plus tard seulement, le 9 septembre 2016, menant à une activité sismique de magnitude 5,3 enregistrée par les pays voisins. Les autorités nord-coréennes confirment que cette activité est liée à un essai nucléaire souterrain, le plus puissant mené jusqu'à présent. On se pose des questions. En retard d'une guerre, les analystes éclairés du Courrier International proclament: "la menace est devenue une réalité."
     
  • Sixième et dernier essai en date, le dimanche 3 septembre 2017. Une déflagration souterraine localisée à 24 km au nord-est de la localité de Sungjibaegam, dans la province de Hamgyeong au nord du pays, entraîne un séisme d'une magnitude de 6,3 et des protestations internationales. Le président de la commission de la Défense du parlement sud-coréen estime qu'il s'agit d'une explosion de 100 kilotonnes. Pékin "condamne vigoureusement" le nouvel essai nucléaire. Séoul demande "la punition la plus forte" contre la Corée du Nord... C'est sûr, Kim Jong-un doit trembler de peur.

Cette modeste énumération ne s'étend que sur les essais nucléaires militaires de la Corée du Nord. Le pays avance en parallèle ses pions dans le domaine des missiles balistiques - le moyen privilégié d'envoyer des bombes à destination. Là aussi les progrès sont patents, comme peuvent en témoigner des Japonais voyant des missiles passer au-dessus de leur archipel.

Sur le plan de la communauté internationale, en revanche, les progrès s'apparentent au néant absolu.

Procrastination fatale

Rares sont les problèmes qui se résolvent d'eux-mêmes. Ils ont plutôt tendance à empirer et la Corée du Nord en est l'exemple parfait.

"Résoudre" le problème de la Corée du Nord à travers un changement de régime n'aurait rien eu d'une partie de plaisir, quelle que soit l'époque. L'adversaire de Pyongyang aurait eu à affronter les millions de soldats d'une armée pléthorique et une population fanatisée à l'extrême. Toutefois, il paraît probable que l'État nord-coréen se serait alors effondré comme un château de cartes - les routes défoncées, les tanks rouillés des années 50 et les hordes dépenaillées d'infanterie à demi morte de faim n'auraient guère posé problème au moindre régiment d'armée moderne.

Les principales difficultés auraient été liées à la crise humanitaire révélée après le bref affrontement, et à la gestion de l'impérialisme chinois. Pékin se targue d'être l'acteur majeur de la région. La Corée du Nord mérite-t-elle un affrontement militaire direct avec d'autres pays? Il n'est pas certain que les dirigeants chinois, des êtres doctrinaires mais néanmoins capables de raison, souhaitent risquer l'aventure armée pour maintenir un tyran dément à la tête d'un allié aussi embarrassant.

Depuis que la Corée du Nord dispose de l'arme nucléaire et de missiles intercontinentaux, tout est plus compliqué, plus dangereux et plus incertain. Certains analystes prétendent encore que les principaux dangers sont écartés, la technologie balistique de la Corée du Nord n'étant pas encore complètement au point. Peut-on se contenter d'une si faible assurance? Au vu des énormes progrès militaires accomplis par le pays en seulement quelques années, cette maigre réserve est aussi amenée à disparaître.

corée du nord,guerreLa folle trajectoire vers la catastrophe se poursuit. Les pays directement menacés envisagent diverses mesures allant de boucliers anti-missiles à l'éventualité de lancer eux-mêmes leur programme nucléaire - la promesse d'une destruction mutuelle fonctionnant mal face à un ennemi irrationnel. Avec l'augmentation de portée de ses missiles, le problème nord-coréen passe de régional à continental, puis mondial. Nul doute que cela donnera lieu à encore plus de réunions d'urgence à l'ONU, où de nombreux diplomates pourront faire part de leur immense préoccupation avant un agréable déjeuner au restaurant. La diplomatie internationale ne parvient même pas à arracher au régime de Pyongyang des concessions aussi rétrospectivement dérisoires que l'ont été en leur temps les Accords de Munich.

Transposée dans un quartier résidentiel, la Corée du Nord s'apparente à un voisin irascible et paranoïaque qui tire au fusil au hasard et bricole des explosifs dans son garage. "Mais il ne vise pas bien", se rassure-t-on. Et plusieurs pétitions ont déjà été dûment consignées dans sa boîte aux lettres. Sûr qu'avec tout ça les choses ne peuvent que s'arranger.

Et dans l'ombre, un barbu iranien bricole sa propre bombe, enhardi par l'impunité dont jouit son compère.

Commentaires

le billard se joue sur plusieurs bandes. Kim-Jong-Un n'est qu'une boule. Un autre le balance sur le tapis vert. Pas difficile d'imaginer qui est ce joueur...

Écrit par : Géo | 06 septembre 2017

"Kim-Jong-Un n'est qu'une boule...."

Parce qu'il a la tête de n'être qu'une boule? Vous perdez la vôtre dans la haine que vous portez aux Etats-Unis! J'ignore s'il est possible de trouver un américain aussi haineux de la Suisse que vous de l'Amérique!?

Dire que des américains sont morts afin de sauver l'Europe du nazisme.... pour recevoir en retour la haine en guise de remerciements. Pour la reconnaissance, on repassera!

Écrit par : Patoucha | 07 septembre 2017

En attendant, tous les ennuis de migration que l'Europe connaît aujourd'hui sont dus à la 2ème guerre du Golfe de W.Bush...
Quant à l'histoire de boule et de billard, je renonce à vous l'expliquer.

Écrit par : Géo | 07 septembre 2017

M'expliquer? Lol

Écrit par : Patoucha | 07 septembre 2017

Il y a un article de Guy Millière sur Dreuz en date du 5 septembre sur le même sujet de la Corée du Nord. Plutôt un article d'opinion que d'information, très peu documenté en comparaison de celui de notre hôte.

Ci-dessous un commentaire que j'ai écrit sous cet article, qui m'a valu les foudres unanimes des commentateurs.
Patoucha devrait apprécier.

Un élément capital qui est pratiquement passé sous silence : c'est que la Chine n'acceptera jamais l'effondrement de la Corée du Nord, puisque s'ensuivrait la réunification des deux Corées.
Et ceci pour la raison que la Corée du Nord est le tampon qui la protège des US, et que la Corée du Sud est très proche des US. Elle a, si j'ai bonne mémoire, jusqu'à sept bases militaires américaines sur son sol.
De plus, la Corée est très américanisée sur tous les plans.
En cas de réunification, les Américains seraient aux portes immédiates de la Chine, ce qui serait pour celle-ci une menace insupportable.
Et peut-être avec raison, car les US, depuis la seconde guerre mondiale, en voulant imposer leur démocratie par les bombes, sont les plus grands fauteurs de guerre du monde.
Et ceci d'autant plus qu'on est à peu près certains qu'après leur passage, c'est le chaos garanti.
Autrefois, c'était Attila, après son passage, l'herbe, disait-on, ne repoussait pas.
Après les Américains, ce n'est pas l'herbe qui ne repousse pas, mais la forêt et les cultures vivrières. Allez demander aux Vietnamiens qui ont vu leurs terres brûlées et empoisonnées par le napalm et l'agent orange.
La Chine fait certes mine d'entériner les sanctions contre la Corée du Nord. Mais les pertes d'approvisionnement sont compensées par des circuits parallèles, clandestins.
Les US ne peuvent pas faire grand-chose, sinon une guerre des mots.
À moins de risquer un conflit ouvert avec la Chine, ce dont aucun président américain, fût-il de la trempe de Trump (jeu de mots voulu), ne prendra la responsabilité.
Inutile de s'alarmer, il ne se passera rien !

Écrit par : AP34 | 07 septembre 2017

Sur ce front, il y a six acteurs : Corée du N, Corée du S, Chine, Japon, Russie et USA. Cherchez l'intrus...(depuis la chute de l'URSS).

Écrit par : Géo | 07 septembre 2017

à S. Montabert:
Un point de vue différent sur la “guerre des mots” (pour l’instant !) entre les USA et la Corée du Nord :
L’article original en anglais
http://www.globalresearch.ca/north-korea-an-aggressor-a-reality-check/5605534
et sa traduction en français :
http://www.mondialisation.ca/la-coree-du-nord-un-agresseur-rappel-a-la-realite/5607002

Écrit par : AP34 | 08 septembre 2017

@ Géo, vos conclusions a priori sont asez bonnes ,mais je pense que la chine déteste plus le Japon ( dernière guerre) qui ont été plus que barbare , comparable aux SS de Himmler Hitler.les USA procure pour l'instant la stabilité nécessaire, tous ont intérêt a résoudre pacifiquement voir politiquement ce conflit, la boule devient un boulet son futur se résume a 6 pieds sous terre

Écrit par : J.J chappuis | 08 septembre 2017

@AP34
La Chine craint quoi? Quelle est la menace des bases militaires? La Chine craint-elle une attaque américaine? Pourquoi cette parano pourrie de propagande poutinienne bas de gamme?

Écrit par : simple-touriste | 10 septembre 2017

« La Chine craint quoi »

La Chine ne veut pas d'une absorption de la Corée du Nord par la Corée du Sud, c'est tout.

Tout comme la Russie ne veut pas de l'entrée de l'Ukraine (à moitié russophone) dans l'Otan.

En plus clair: La Russie ne veut pas l'armée américaine collée à son cul. Idem pour la Chine.

Écrit par : petard | 11 septembre 2017

C'est quoi "collé"?

Le cul de la Russie est du coté de la Corée?

Écrit par : simple-touriste | 12 septembre 2017

@AP34
Merci de citer Global Research Canada. Un site fort intéressant qui mérite une référence saillante.
En un mot. Concrètement que demande la Corée du Nord?
Un traité de paix et enterrer une fois pour toute ce succédané de répit qui s'appelle l'armistice car connaissant les effervescences du docteur Folamour, son épée est toujours prête à sortir de son fourreau pour frapper.
A force de jouer à se faire peur, un accident peut bien se produire et les Occidentaux qui ne cessent de manier le tison, ont tout intérêt, cette fois-ci, à retenir le bras du plus fort s'ils ne veulent pas être des accessoires sacrifiés des effets collatéraux.
http://lesakerfrancophone.fr/la-coree-du-nord-montre-que-le-roi-est-nu-peut-etre

Je pense que, pour comprendre, il faut d'abord connaître mais connaître tout, du moins et si possible avec moins de sélectivité.

http://www.investigaction.net/fr/robert-charvin-cest-parce-que-la-coree-du-nord-est-souveraine-quelle-existe-toujours/

Écrit par : Beatrix | 12 septembre 2017

"La Corée du Nord, c’est-à-dire la République Démocratique et Populaire de Corée (RPDC), Etat membre des Nations Unies, n’est pas une puissance « provocatrice »"

Ce qu'il faut lire...

"Donc, selon cette hypothèse de travail, si Robert Mueller trouve quelque chose de sérieusement dommageable pour la réputation de Trump, le président pourrait réellement considérer un bombardement en Corée du Nord pour noyer le poisson"

S'il se confirme que Mueller fouille dans des choses sans rapport avec les relations de l'équipe de campagne avec la Russie, comme des affaires anciennes à une époque où personne n'imaginait même que Trump soit candidat aux primaires, Trump aura gagné le totem de la victime d'acharnement et pourra sortir sa phrase : YOU ARE FIRED!

Par ailleurs, il semble évident que la Corée du Sud est "sacrifiable", s'il s'agit d'arrêter un leader fou.

Écrit par : simple-touriste | 12 septembre 2017

« Le cul de la Russie est du coté de la Corée? »

Ne jouez pas au bobet qui ne comprend pas...

La Russie ne veut pas l'armée américaine collée à son cul... L'Ukraine dans l'Otan, ce sont les Américains aux fesses !

Idem pour la Chine.... La Corée du Sud ou "réunifiée"... ce sont les Américains aux fesses

c'est plus clair comme ça !

Imaginez le Canada ou le Mexique, membres de feu le Pacte de Varsovie, et des rangées de missiles russes sur les frrontières Nord et Sud ?

Pas sûr que vous et vos amis aimeriez !

Écrit par : petard | 12 septembre 2017

À propos de la Corée du Nord comme provocateur :

Selon le point géographique d'où l'on regarde, la perspective change, comme chacun sait, de même le provocateur. Depuis l'Ouest, c'est la Corée du Nord, depuis l'Extrême-Orient, ce sont les US.
Oui, par ses manœuvres annuelles, depuis 1976, en mer du Japon, avec la Corée du Sud, manœuvres impliquant le mouvement de dizaines de milliers de soldats, de bateaux de guerre, d’avions, au nez et à la barbe de la Corée du Nord.
Dans quel but ? Éviter que la Corée du Nord n’agresse ses voisins, Corée du Sud et Japon ? Cette idée est simplement ridicule ! Il est dérisoire et inutile de la part d''un géant économique et militaire (les US) de provoquer ainsi un nain (la Corée du Nord), minuscule à tous égards.
Ce que les gens ne semblent pas vouloir comprendre, du moins en façade, c'est que la Corée du Nord agit en pleine concertation avec la Chine, en dépit du fait que celle-ci puisse affirmer le contraire. La Corée du Nord n'est pas en train d'échapper à son créateur (la Chine en tant qu’apprenti sorcier !). Bien au contraire, la Corée agit en cette affaire comme le porte-flingue (en l'occurrence, plutôt le porte-fusée) de la Chine qui, comme je l'ai dit, ne veut à aucun prix d'une présence militaire américaine sur son flanc sud.
Menace de l'apocalypse ? Il ne faut quand même pas oublier que l’apocalypse, ce sont les Américains qui l’ont précipitée sur le Japon en 1945. Car le seul utilisateur de la bombe atomique n'a jamais été, et ne sera probablement jamais que les USA, et sur des civils par surcroît.
Crime de guerre, crime contre l'humanité ?
Que nenni !
J’entends : le Japon l'avait bien cherché, après Pearl Harbour !
Les vies de 200 à 300 000 civils japonais contre les vies d’autant ou peut-être davantage de soldats américains qui seraient inévitablement morts au cours des épisodes suivants de la guerre, eussent Hiroshima et Nagasaki continué leurs existences tranquilles de villes de province.
Pour le peseur d’âmes, certaines vies valent-elles mieux que d’autres ?
Toutes les justifications peuvent être invoquées, les historiens en discutent encore, certains regrettent, par exemple, que les US n’aient pas convier les Japonais à une démonstration grandeur nature de la puissance destructrice de leur bombe. Reste que les US sont à ce jour les seuls utilisateurs de l'arme atomique, et sur des civils !
Titre de gloire ou d'infamie ? Question à nouveau de point de vue géographique.
Quand je disais précédemment que les US amènent le chaos là où ils passent, au moins dans l'histoire récente : rappelez-vous les bombardements de la Yougoslavie par l’OTAN mené par les US en 1999, l’écrasement de la Serbie – une petite bombe sur l’ambassade de Chine à Belgrade en passant ! –, la création d’un état musulman en plein cœur de l'Europe, le Kosovo. Rappelez-vous l'Afghanistan, l'Irak, la Libye, l'Ukraine (agitation dirigée en sous-main par les US), la Syrie…
Certes ces pays étaient, ou sont encore, sous l'emprise de dictatures. Mais ce que les Occidentaux ne veulent pas comprendre (c’est d’ailleurs souvent le pétrole qui semble leur obscurcir la vue) est que la démocratie au sens où nous l'entendons ne peut pas fonctionner dans ces pays. Il leur faut un pouvoir fort, contraignant, limitant les libertés individuelles, incompatible à tous points de vue avec nos régimes à nous.
Nos principes humanistes, nos droits de l'homme, notre tolérance, notre solidarité, notre relativisme etc. n'ont pas cours chez eux.
À l’instar des Croisés de l'époque d’Urbain II, de Godefroy de Bouillon ou de Saint Louis qui voulaient reconquérir Jérusalem et apporter le Christ à ces peuples, nous, nous voulons leur imposer la Démocratie.
Laissons-les vivre leur vie et “mourir leur mort” à leur guise, dès l'instant qu'ils ne nous attaquent pas – à supposer qu’ils en aient les moyens ! –, ce n'est pas notre problème.

Écrit par : AP34 | 12 septembre 2017

Anti-américanisme primaire ? Vraiment ?

Pour ceux qui l'ignoreraient encore, sachez que le budget militaire des US est supérieur à la somme de tous les budgets militaires de tous les autres pays de la planète réunis.
Cette gigantesque machine de guerre, encore appelé complexe militaro-industriel, est un État dans l'État, et il ne justifie son existence que par la guerre. Ce qui explique, à défaut de justifier, l'interventionnisme belliqueux tous azimuts des US en tout temps depuis la seconde guerre mondiale, et tous lieux.
Et Trump, comme les autres, en subit l'influence délétère à travers ses généraux de conseillers militaires.
Un pays, fût-il les US, ne peut pas avoir toujours raison contre tous les autres !
Quoique ! J'oubliais que "la raison du plus fort est toujours la meilleure."
C'était vrai du temps de la Fontaine, c'est toujours vrai aujourd'hui (à l'époque, l'agneau avait déjà expérimenté le concept à ses dépens).
Les moutons ne sont pas seulement d'un côté, comme aiment à le dire les droitistes (dont je suis d'ailleurs).
Les moutons sont en réalité des deux côtés, simplement, ils n'ont pas le même berger.

Si les Américains se contentaient de faire la guerre sur leur sol à ceux qui les attaquent, comme la plupart des pays le font, alors les choses iraient peut-être mieux.
Sauf que les US ne sont pas un pays – tout au moins, ils ne se comportent pas comme tel – mais un empire. Et c'est là précisément le problème !
Autrefois les empires projetaient la guerre à l'extérieur pour conquérir de nouveaux territoires (cf. l'Empire romain, par exemple). Cette conquête n'est évidemment plus possible aujourd'hui. Du moins sous cette forme.
Les US font la guerre pour étendre leur influence politique et commerciale, pour imposer leur culture, et accessoirement (humour !) pour s'emparer des richesses locales en pétrole ou minerais.
C'est pour eux du gagnant-gagnant, puisque dans le même temps cela fait tourner leur machine de guerre.

Écrit par : AP34 | 12 septembre 2017

Juste un petit détail que vous avez oublié dans votre exposé auquel je souscris complétement, AP34 : "la création d’un état musulman en plein cœur de l'Europe, le Kosovo." Un état musulman, peut-être, mais surtout mafieux, dont l'existence est basée sur le crime, le trafic de drogues, de femmes et d'armes. Un état où les USA ont créé une gigantesque base militaire pour appuyer ces réseaux criminels anti-européens. Le but premier des USA est d'abattre leur ennemi n°1, l'Europe. Et les Américains sont nettement plus subtils qu'Hitler, ils ont l'OTAN et la soumission des états européens que cela induit. La destruction de l'Irak et de la Syrie n'avait pas pour seul but d'éliminer des ennemis d'Israël mais visiblement aussi de submerger l'Europe de problèmes de migration. Cela fonctionne au-delà de leurs espérances, leurs pions en Europe facilitant leur politique. Une armée italienne au service des envahisseurs, c'est du jamais-vu dans l'histoire de l'humanité. Il s'agit tout de même de deux ou trois cent mille soldats barbaresques qui débarquent sur notre continent par année, avec l'aide de nos armées à nous...
Et on continue de payer des impôts !

Écrit par : Géo | 12 septembre 2017

Comme les militaires coûtent plus cher que les concubines, les plans des stratèges risquent d'être contrariés par les aléas d'une économie capricieuse : suivons l'évolution de la demande agrégée, dont une contraction serait être fatale au PIB, plutôt que de se laisser influencer par les gesticulations politiques qui n'ont pour effet que d'augmenter la dette.

Écrit par : rabbit | 12 septembre 2017

"Imaginez le Canada ou le Mexique, membres de feu le Pacte de Varsovie, et des rangées de missiles russes sur les frontières Nord et Sud ?" (petard)
C'est un argument imparable. Il suffit de se souvenir de la réaction des USA à tout ce qui faisait intrusion dans sa "sphère d'influence" directe, de Cuba à l'Argentine en passant par l'Amérique centrale.
Celle s'explique en grande partie par la vision que ce pays a de son rôle dans l'Histoire, qui se résume dans l'idée de la "Manifest Destiny", a été forgée, et se trouve toujours confortée, par la grande proportion de "fous de dieu" à la sauce occidentale et chrétienne qui compose sa population et qui n'a rien à envier, de ce point de vue aux fous du Moyen Orient qui saccagent tout ce qui s'oppose à eux, sous une autre bannière.
Et je l'écris en amoureux des Etats-Unis, de leurs paysages, de leur écrivains et de leurs musiciens ... et des "braves gens" éclairés qu'ils comportent aussi.

Écrit par : Mère-Grand | 14 septembre 2017

@AP34
Excellent rappel.

Écrit par : Mère-Grand | 14 septembre 2017

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