01 octobre 2017

La broyeuse de l'assurance-maladie

Avec l'automne survient, en Suisse, un autre phénomène annuel: la hausse des primes d'assurance maladie obligatoire. Comme le mauvais temps, l'intensité de l'épreuve varie avec les années - en particulier les années électorales.

Il n'y a pas grand-chose de particulier cette fois-ci. Certains cantons sont plus marqués que d'autres, comme le canton de Vaud, mais dans l'ensemble tout le monde est perdant, comme d'habitude.

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Comme on le voit au vu de ce graphique, 2017-2018 est une année "comme les autres", avec 4% d'augmentation. Mais cette présentation des données est mensongère au possible, puisqu'elle indique les hausses de chaque année, comme si les "petites hausses" compensaient les "grandes hausses" alors qu'il s'agit toujours de hausses, quelles qu'elles soient. Lissons d'ailleurs l'évolution à un optimiste 3% annuel, pour faire bonne mesure. Qui parmi nous a jamais eu un salaire avec une progression identique? Personne - et si pareils veinards existent, ils sont l'exception et non la règle.

Nous pouvons le prouver à l'aide d'une autre courbe, montrant celle-ci l'évolution des primes d'assurance rapportées cette fois-ci au PIB, qui est une bonne approximation des salaires agrégés dans tout le pays.

santé

Partant d'une base 100 en 1996 et la victoire socialiste visant à l'établissement de la Loi sur l'Assurance Maladie obligatoire, la LAMal, l'assurance est passée à plus de 240 pendant que le PIB passait péniblement de 100 à 160. Du délire.

En réalité, et malgré l'habileté du système visant à présenter les choses avec le plus grand fatalisme, les primes d'assurance-maladie obligatoire atteignent désormais des sommets et ruinent, purement et simplement, la classe moyenne.

Douleur

Du fond de sa casserole, le proverbial homard sent très nettement que l'eau est en train de se mettre à bouillir.

Fait nouveau en 2017, quelques voix dissonantes se font entendre. La nouveauté n'est pas dans le fait que des gens se plaignent, mais que ces plaintes parviennent jusque dans les pages de journaux. 24Heures se fait ainsi l'écho de plusieurs familles dont la vie est désormais broyée par le coût des primes d'assurance-maladie. Joëlle, Isabelle, Nancy, Rahime, tous ces prénoms d'emprunt font référence à autant de familles jetées dans la précarité à cause de l'assurance-maladie obligatoire - obligées de se serrer la ceinture jusqu'à ce que leur vie ne soit plus qu'un esclavage légal au nom de cette taxe, ou renonçant carrément à la payer pour obtenir un ballon d'oxygène financier. Le fait que certaines de ces personnes soient en contact avec les médias (pigiste dans un quotidien par exemple) contribue probablement à la remontée de l'information.

Le jeu est dangereux: ne plus payer ses primes, c'est s'exposer à des poursuites, l'infamant casier judiciaire financier helvétique, qui viendra ternir les chances de succès de l'individu dans certaines recherches d'emploi ou celles d'un nouveau logement.

Bien entendu, comme une petite musique de fond, l'article livre aussi ses suggestions, par petites touches çà et là.

  • "Le système de santé est bon mais trop cher. Et il n’est pas solidaire. C’est choquant qu’un cadre gagnant bien sa vie et sans charge de famille paie la même prime adulte qu’une jeune maman sans emploi." Compris, salauds de riches?
  • "On a un système de santé de riches, qui coûte trop cher, qui n’est pas si efficient que ça, et qui n’est pas solidaire dans son financement." Alors même que nous en sommes ici précisément parce que le système est solidaire dans son financement, comme l'a voulu la bonne Mme Dreyfuss en 1996.

D'autres sont plus lucides, comme Esther, 47 ans, une femme dont la famille vit dans la campagne vaudoise, avec un salaire net cumulé de 9'000 francs. "On est dans la catégorie des ménages qui paient toujours plein pot, toujours davantage. On n’a pas la chance de recevoir un subside LAMal, l’accès à une bourse pour nos enfants est barré. En même temps, on est loin d’avoir une vie aisée et notre pouvoir d’achat diminue chaque année depuis dix ans. Il faut gratter pour tout! Je me fais beaucoup de soucis pour l’avenir." dit-elle.

On peut s'en faire en effet, sachant que l'année prochaine ce sera pire, et que cela continuera jusqu'à ce que tous les dominos tombent, les uns après les autres.

Les filets craquent

L'idée de la solidarité est au cœur de la LAMal. C'est au nom de celle-ci que les Suisses, suivant leurs édiles, décidèrent d'approuver un système byzantin d'assurance obligatoire obligeant l'ensemble de la population à contribuer à un pot commun de santé dans la droite ligne des régimes socialistes. Le système fut habilement aménagé pour que quelques sociétés de droit privé se chargent de la collecte, donnant l'illusion d'une concurrence et donc de ce vilain capitalisme responsable de tout.

Depuis, une nouvelle solidarité se substitue à l'ancienne: des foyers toujours plus nombreux renoncent à payer leurs primes. Parce qu'ils n'en peuvent plus. "C’était arrêter de payer pour nos primes ou ne plus manger. Le choix n’a pas été si difficile à faire", explique un témoin. Et de poursuivre sur ce qui se passe ensuite:

"Je n’ai pas eu peur qu’on perde l’accès aux soins. Je me suis renseignée. L’assureur, il a compris qu’on n’était plus solvable ; j'ai senti (sic) que ça lui était égal. Il transmet les factures impayées au Canton, qui en règle 85%. C’est la loi!"


Voilà. Le Canton supplée aux assurés insolvables, à hauteur de 85% - qu'advient-il des 15% manquants, mystère. Mais le Canton, ce n'est rien d'autre que d'autres contribuables. Sans même avoir validé la moindre initiative socialiste, la prime d'assurance des uns se transforme directement en impôt pour les autres. Magique!

Évidemment, cela ne peut pas marcher éternellement. Aujourd'hui 40% des assurés estiment déjà les coûts insupportables. Si on suit cette trajectoire de proche en proche, de moins en moins de gens paieront leur prime d'assurance-maladie, déportant la charge sur les impôts, qui augmenteront jusqu'à ce que les contribuables rendent gorge ou, plus probablement, mettent les voiles avant que leur dernier centime ne soit englouti par la voracité de l'État.

Le dernier contribuable du canton assumera-t-il à lui seul le coût de fonctionnement du CHUV ?

Réformes et non-réformes

Beaucoup d'initiatives sont passées sur le thème de l'assurance-maladie, lancées tant par la gauche que par la droite. Les premières mettent l'accent sur la fiscalité, visant à augmenter massivement les primes d'une minorité (sans doute ontologiquement coupable d'être mieux lotie que la moyenne) au bénéfice d'un prétendu plus grand nombre. Les secondes mettent l'accent sur le contrôle des coûts ou la liberté de participer au système, alors qu'aujourd'hui l'assurance-maladie est obligatoire.

Le véritable problème de la LAMal est lié aux coûts de la santé, l'éléphant au milieu de la pièce que tout le monde s'évertue à ignorer. En effet, avec le mécanisme actuel, le financement du système de santé est garanti ; il l'est même si bien que tout contrôle des coûts, toute propension à l'efficacité est quelque chose de totalement secondaire. Il y a bien quelques tentatives, mais tant que le mot "concurrence" restera tabou (par exemple entre le choix de se faire prendre en charge en Suisse ou à l'étranger) il n'y aura pas beaucoup de progrès à attendre de ce côté-là.

Comme pour d'autres systèmes fonctionnant à l'échelle de la société, comme les mécanismes de retraite, il n'y a pas cinquante solutions possibles - et plus la réforme tardera, plus elle sera douloureuse. En l'état, la LAMal me semble encore plus délabrée que l'AVS ; au rythme de progression des primes, je ne donne pas dix ans au système actuel. Nous aurons vraisemblablement le choix entre trois pistes:

1. La piste fiscale, ou encore la non-réforme ou la continuité. Tout fonctionnera comme aujourd'hui avec plus de coûts, plus de restrictions, des contraintes contre les malades, etc. Votre rendez-vous avec un spécialiste devra être contresigné par un fonctionnaire de l'administration - et ce, alors que selon les statistiques de l’OCDE, les Suisses consulteraient deux fois moins souvent un médecin que les malades des pays voisins. Des listes d'attente se créeront, puis s'allongeront. Divers bricolages fiscaux tenteront plus ou moins ouvertement de ponctionner les fortunes des uns pour financer les dépenses de santé des autres, y compris de Youssef le demandeur d'asile arrivé avant-hier, le tout au nom de la sacro-sainte solidarité. Et les coûts de la santé continueront à gonfler, gonfler jusqu'à la crise et l'effondrement du système.

2. La fuite des assurés. Réalisant qu'une famille de quatre paye déjà plus de 35'000 francs par an avec les modèles les plus avantageux (qui impliquent par ailleurs que les premiers milliers de francs annuels sont à leur charge) les Suisses pourraient comprendre qu'ils sont les dindons de la farce et voter pour abandonner la LAMal - par exemple, simplement en décidant que la participation n'est plus obligatoire. Les assurés quitteraient en masse le système, entraînant son autodestruction. Les Suisses paieraient simplement les soins de leur poche, ponctuellement, sachant que l'économie réalisée sur les primes leur permettraient de mettre énormément d'argent de côté pour assurer leurs prestations médicales pendant leurs vieux jours - en Suisse ou ailleurs. Évidemment, le système de santé suisse devrait profondément se remettre en question, tant au niveau des prestations que des tarifs.

3. La libération du système. Pourquoi une obligation de s'assurer? Pourquoi des franchises à 2'500 francs et pas à 5'000 ou différenciée selon certaines maladies, les accidents et les comportements à risques? Pourquoi des assureurs helvétiques uniquement? Pourquoi ne pas se faire soigner à l'étranger? Pourquoi ne pas pouvoir mettre de côté une épargne de capital-santé en prévision des années de disette? L'idée de cette piste - la moins probable à l'heure actuelle - serait de remettre de la liberté dans le mécanisme de la santé, permettant l'émergence de modèles nouveaux, porteurs de contraintes librement choisies par chaque assuré. Là encore, le système de santé suisse n'échappera pas à une réforme.

Si on résume toutes les options possibles, il n'y a finalement que deux possibilités: soit le système de santé se remet en question, profondément et sincèrement, pour s'attaquer réellement à la question des coûts, soit le système court à sa perte à plus ou moins brève échéance. Ce point, central, est bien plus important que l'éventuelle surconsommation de médicaments, les abus des assurés, les vilaines caisses-maladie, les marges des laboratoires pharmaceutiques et que sais-je encore.

Le paradoxe du système de santé actuel est que sa dérive est essentiellement le fait d'énormes mastodontes, souvent étatiques - les hôpitaux universitaires par exemple - totalement laissés de côté dans le débat pour des raisons politiques. Mais quel que soit le chemin que prendra le système de santé à la suite des prochains votes populaires, ils n'échapperont pas éternellement à l'examen critique de leur prodigieux coût de fonctionnement.

La survie de la classe moyenne est à ce prix.

17:22 Publié dans Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : santé |  Facebook

Commentaires

Vous évoquez au point 3 la libération du système - sans obligation de s'assurer - qui a existé jusque dans les années 1994/1996. Je ne pense pas que l'on reviendra à ce système.

En revanche, personne ne se pose la question des multiples rémunérations que touchent les administrateurs des caisses, des conseillers nationaux, hier soir Raymond Clottu/ex UDC/NE l'a évoqué sans articuler de montant en soulignant quelques milliers de francs et ce n'est pas le seul dans ce cas.
Tous ces montants ce sont les assurés/assurées qui les paient avec leurs primes.

Si l'on peut comprendre que les administrateurs touchent des jetons de présence, il faut admettre que pour la société civile cela devient quelque peu inacceptable que des conseillers nationaux qui sont rémunérés en tant que tels et ont en plus d'autres avantages que la caissière d'une grande surface qui ne reçoit que son salaire sans frais de déplacement, ni participation aux frais de repas et qui doit jongler chaque mois avec son budget, comme l'ouvrier qui travaille sur un chantier !

Cela étant, puisque la LAMal - assurance de base - est la même pour tous, comment se fait-il que chaque assuré/assurée paie une prime différente qu'elle soit domiciliée à Lausanne ou à Grandson ou dans un autre canton puisque les prestations sont les mêmes que l'on soit directeur ou employé, comme l'a exprimé un invité sur Léman Bleu jeudi dernier ?

Vous n'évoquez nullement cette piste ...

Écrit par : Marie | 02 octobre 2017

@Marie: "Tous ces montants ce sont les assurés/assurées qui les paient avec leurs primes." Bien entendu. Ainsi que les vacances à Djerba des chefs de service, des scanners ultra-modernes achetés à 26 parce que chaque canton veut le sien, ou des visites chez le "spécialiste" parce que le moindre gros bouton ne peut être examiné que par le nec-plus-ultra des dermatologues.

À un moment, il faut comparer les trous dans la coque - les petits et les grands, pas seulement ceux que vous trouvez énervants et ceux qui sont ok.

Les primes sont différentes selon les cantons simplement parce que les coûts de la santé sont eux aussi divisés par canton. C'est une des seules distinctions admise au sein de la LAMal. Bien entendu, les cantons où, soyons poli, la santé vire le plus à la kermesse, sont naturellement ceux où les primes sont les plus chères. Ce qui implique quelques réflexions sur la composition ethnico-idéologique des populations concernées, ou encore la taille des minorités bien décidées à "profiter" du système de santé pour tout un tas de raisons (et je parle tant des consommateurs que des acteurs).

Écrit par : Stéphane Montabert | 02 octobre 2017

@ St. Montabert : ce que je trouve de sympathique avec vous, c'est que vous preniez le temps de répondre et j'apprécie.

Pour avoir habité dans trois cantons de Suisse romande, je sais que les montants des primes sont différentes comme ces citoyens qui veulent absolument consulter le spécialiste pour quelquefois pas grand chose !!! Hélas, on ne peut rien faire contre ce système ... sauf faire payer directement au praticien le prix de la consultation, ce qui se pratique chez les dentistes en urgence !!! Cela fera peut-être réfléchir ...

Écrit par : Marie | 03 octobre 2017

Bonjour,
Les différences par région ne peuvent pas rester éternellement un critère égalitaire d'une opacité savamment entretenue.

Il est encore une piste que vous ne citez pas (ou pas encore) :
pourquoi les cotisations ne seraient-elles pas proportionnelles au salaire de chaque personne, indemnités AI et chômage inclus ?
Bien des pays d'Europe fonctionnent comme ça, l'époux(se) à la maison et les enfants ne paient pas, ces sont les % prélevés sur le salaire du (ou de la) chef de famille. Par exemple 5% du salaire (non plafonné).

L'assurance-maladie y est toujours déficitaire mais il s'agit là d'un service de la communauté, et non de quelque chose qui doit être rentable pour pouvoir payer 250 caisses d'assurance "concurrentes" et se rendre coupable de dichotomie en payant des administrateurs politisés.

Le jour où tout le monde sera traité pareillement, vous verrez les différences cantonales disparaître progressivement.

On peut extrapoler la notion de service public à la Poste et aux CFF, on voit ce que ça donne actuellement : bénéfices, mais fermetures et pertes de postes de travail...

Cordialement,
Olivier

Écrit par : Olivier Gutknecht | 03 octobre 2017

En France, qui a fait la promotion qu'un gros rubbhe (atchoum) peut être un syndrome grippal ce qui justifie une visite aux urgences?

Rappelons que la grippe en pratique ne se soigne pas : les antivirus sont très peu efficaces et leur risque est faible mais pas négligeable; pire, on a sélectionné depuis des années, et surtout depuis le gag de la grippe "pandémique" (et "porcine" bien que n'ayant jamais été observée chez un porc), les souches résistantes à l'oséltamivir (inhibiteur de la neuraminidase), merci Roselyne
Bachelot et autres promoteurs hystériques de la distribution du "Tamiflu". C'est à dire que l'on se prive à l'échelle mondiale d'une des seules armes contre la grippe qui, si elle est peu efficace, n'est pas forcément toujours inutile!

Alors, ils sont où les gars des "antibiotiques, c'est pas automatique"? Est-ce qu'ils ont seulement COMPRIS le sens PROFOND du message qu'ils prétendent faire passer? Je ne crois pas!

On ne peut pas en même temps vouloir réduire la consommation d'une classe de médicaments et pousser insidieusement à l'usage de médicaments loin d'être sans risque (problèmes psychiatriques, on parle de suicides, de gens qui voient des oiseaux...) et d'une efficacité médiocre pour une maladie qui guérie toute seule dans la plupart des cas et où il faut ATTENDRE.

Peut-on faire passer cette idée, dans notre société hystériquement obsédés de rentabilité apparente, et en même temps ridiculement gaspilleuse de moyens?

Le gaspillage de notre société concerne avant tout le temps d'attention pour les problèmes. Les problèmes de santé les plus hypothétiques, mal cernés ou minuscules dans leur ampleur occupent un temps médiatique énorme :

- syndromes mal définis et le plus souvent essentiellement éducatifs : troubles de l'attention, hyperactivité;
- problèmes hypothétiques dont la vraisemblance est infime : soi-disant problème des "faibles doses", "perturbateurs endocriniens" hypothétiques (trouvés à l'état de trace chez la plupart des individus)

Bien sûr, ces deux fadaises peuvent se réunir : le soi-disant drame de santé publique du BPA (bisphénol A) causerait, aux dernières nouvelles de la pseudo-science (science des associations statistiques avec des maladies indéfinies), le soi-disant drame de santé publique des troubles de l'attention et autres pseudo-catégories de psychiatrie pédiatrique corrélées avec le problème (réel, lui) de l'enfant à qui les parents ne savent rien refuser sans tomber dans le mode hystérique (aussi bien l'hystérie chez le parent qui refuse que chez l'enfant).

Pourquoi "les gens" n'ont pas le bon sens nécessaire pour hiérarchiser les problèmes? Probablement parce que l'école ne le a pas préparer à cela. Pourquoi ils ne peuvent pas détecter les discours pseudo-scientifique? Parce qu'il n'y a aucun enseignement scientifique, presque partout. Seulement une mémorisation de faits, de lois, de formules...

Écrit par : simple-touriste | 03 octobre 2017

@Marie: je suis tout à fait d'accord, le tiers payant est un très bon moyen de responsabiliser les assurés. Il est totalement regrettable que le mécanisme actuel de franchise + assurance ne puisse pas être aménagé pour permettre des modèles plus flexibles (par exemple, 50% de couverture dès le premier franc, montant jusqu'à 80% dès 2000 francs) qui pourraient remporter un certain succès.

@Olivier Gutknecht: "pourquoi les cotisations ne seraient-elles pas proportionnelles au salaire de chaque personne, indemnités AI et chômage inclus ?"

Parce que l'assurance-maladie est une assurance, et que les mensualités d'une assurance sont liées à la chose assurée. En établissant des primes proportionnelles au revenu, vous instaureriez une hiérarchie de la valeur de l'humain, le riche étant choyé et le pauvre négligé, de la même façon qu'une Ferrari coûte plus cher à assurer qu'une Lada et n'a pas droit au même traitement chez le garagiste, quoi qu'on vous raconte. Le principe de base de l'assurance universelle n'est-il d'ailleurs pas de NE PAS FAIRE de distinction entre riches et pauvres, malades et bien-portants, sportifs et paresseux? Méfiez-vous bien des brèches que vous proposez de creuser dans le système, même si de nombreux socialistes à courte vue n'ont pas de meilleure idée que d'essayer de faire payer les uns à la place des autres, comme d'habitude.

Non seulement ils foulent au pied les principes d'égalité qu'ils érigeaient en dogme en établissant la loi, mais en plus, ces combines ne marchent jamais.

Par ailleurs, laissez-moi vous le répéter encore une fois: il ne sert à rien de discuter de la meilleure façon d'écoper l'eau si personne ne s'occupe jamais de boucher les trous dans la coque.

Écrit par : Stéphane Montabert | 03 octobre 2017

Puisque l'exemple de la médecine dentaire a été cité, ô combien impopulaire car précisément nous payons nous même directement (et non via primes et impôts), je relève qu'il fonctionne très bien du point de vue de la maitrise des coûts. En effet l'augmentation correspond précisément à la courbe bleue (PIB) ci-dessus, et est donc largement inférieure à celle de la santé générale (courbe rouge).
Ce sytème ne fonctionne que s'il peut s'appuyer sur des aides ciblées à ceux qui en ont besoin (allocation efficace des ressources, le contraire de l'arrosoir), et de plus il ne s'appliquerait évidemment pas à tous les secteurs de la santé: quasiment personne n'est en mesure de financer le traitement d'une pathologie médicale lourde, et là un système assurentiel mutualisé a tout sens (gros risques).
Le prise en charge des frais de santé gagnerait à une certaine mixité et souplesse des modèles (responsabilité individuelle versus collectivisation).

Écrit par : olivier | 04 octobre 2017

@ Olivier : le système "urgence dentaire" fonctionne parce que l'on ne se rend chez un dentiste pour une "vraie urgence" et non pour une consultation que l'on pourrait demander pendant la journée.

Il ne faut pas oublier que si certaines personnes vont aux urgences le week-end c'est dû essentiellement au fait que si elles s'absentent pendant les heures de travail, elles ne sont pas rémunérées : ceci est aussi un problème qui tend à renchérir les coûts de la santé. Dans beaucoup de PME, le personnel a droit à une heure par mois pour aller chez un médecin - pour limiter les abus -, ce qui pose problème et le résultat est que ces personnes vont aux urgences.

Il y a une corporation que certains ont tendance à oublier : les pharmaciens qui ne doivent pas être présents uniquement pour délivrer les médicaments prescrits mais aussi - je le souligne - pour conseiller pour les cas dit "bagatelle" tels qu'un rhume, une grippe, des maux de tête, allergie simple, etc... on doit leur faire confiance.

Écrit par : Marie | 05 octobre 2017

@Marie: vous avez raison, la Suisse est constellée de services d'urgence qui sont susceptibles de traiter des personnes entre la vie et la mort, alors que dans la plupart des cas les gens qui s'y rendent sont tout simplement à la recherche de médecine sans rendez-vous, ou hors des horaires de bureau.

D'énormes moyens pourraient être économisés si les deux services étaient séparés. Mais cela amènerait aussi lesdits services à cesser de facturer le moindre examen au tarif "urgence" qui est si rentable quand derrière l'assurance paye...

Écrit par : Stéphane Montabert | 05 octobre 2017

Oui, un pharmacien peut vendre des produits pour atténuer l'inconfort d'une souci de santé qui va PASSER tout seul mais qui reste pénible.

Il faut accepter le fait que la maladie arrive. Elle fait parti de la vie. On sera malade un jour. L'employeur aussi doit l'accepter ... sinon le virus peut se propager encore plus.

Il faut accepter ces baisses de la productivité humaine!

Et le vaccin contre la grippe pourrait aussi aggraver le problème en réduisant les effets de la grippe juste assez pour que la personne aille travailler quelques jours de plus tout en étant très contagieux, alors que naturellement les personnes seraient restées chez elles!

Écrit par : simple-touriste | 05 octobre 2017

On est déjà en train de remettre en question les 10% qu'on avait voté sur Vaud... trop lourd pour la communauté vu que la moitié des Suisses sera sponsorisée.

Et surtout... les 250.- d'augmentation par année devront être assumés par nos impôts. Avec un point d'impôt qui navigue à environ 40.- par habitant, cela veut dire que les impôts communaux vont devoir monter chaque année de 4-5 points pour financer ces aides.

Écrit par : Gabriel Klein | 09 octobre 2017

J'apprécie beaucoup la rigueur de votre article et le soin des divers commentateurs à donner leurs points de vue.
Ce qui me frappe dans le débat actuel de notre Confédération, c'est le manque de globalité du sujet : on parle des coûts des prestations mais pas de la valeur en soi de la santé.
Je suis effarée de constater toute l'ampleur qu'on développe autour de l'augmentation annoncée des primes maladie, tant en forces, qu'en temps et en argent.
Et si on mettait autant de conscience à parler de la santé en soi, de cet équilibre entre nos différentes dimensions, de tout ce qu'elle nous apporte pour mieux vivre notre existence, mieux s'aimer et aimer autrui? Respecter la nature et cultiver son jardin selon les lois de la biologie.
Notre nature montre bien à quel point le désir de gagner le plus possible en lui imposant toujours davantage a pu abîmer nos sols et nos eaux. Nous mettons plus de soin à redonner du respect à la nature, à nos paysages, qu'à nos organismes. Pourvu qu'ils fonctionnent et le plus vite possible!
Et pourtant, l'organisme a ses lois pour bien fonctionner. C'est un tout où chaque organe, chaque élément est en interrelation avec les autres.
Or, en médecine conventionnelle, celle pour laquelle on paie un impôt déguisé sous le terme d'assurance maladie obligatoire, on ne vise que l'organe défectueux ou le mécanisme affaibli.
Du reste, dans les écoles, combien d'heures sont consacrés à la conscience de son corps, à l'étude de ses mécanismes donc à la santé? On n'enseigne que des rudiments épars. En revanche, on doit être fort en maths. Et pourtant, avec toutes ces heures de maths prises sur la connaissance de soi, les coûts ne sont pas maîtrisés malgré tous les calculs effectués dans moult directions depuis maintes années.
A ce manque de culture sanitaire s'ajoute le fait que les médecins n'ont pas le droit de pratiquer ce que juste leur semble mais seulement de rester dans le cadres de protocoles établis et de se contenir dans la fourchette des statistiques des coûts par patient / an. Par conséquent, même une fois que l'être humain est malade, le thérapeute de premier recours n'a pas le droit d'aider le patient à prendre conscience des mécanismes sous-jacents à la survenue de sa pathologie.
Et puis, le calcul reprend au niveau politique en parlant des maladies chroniques, arguant qu'elles sont dues au fait de l'âge croissant de la population et cachant soigneusement qu'elles sont aussi dues à l'accumulation des erreurs de gestion de sa santé.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 10 octobre 2017

Oh que je suis parfaitement d'accord avec M-France de Meuron. Va-t-on enfin
prendre le problème par le bon bout!

Mais pour cela il faudrait changer les priorités; le patient, son corps, son esprit, sa vie.......avant les pharmas, les toubibs et autres hôpitaux universitaires!

Écrit par : Corélande | 11 octobre 2017

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