29 décembre 2017

La Météo n'est pas le Climat... Quand Trump en parle

Entre Noël et le Jour de l'An, Donald Trump a eu la mauvaise idée de lancer un tweet sur la vague de froid qui frappe les États-Unis en ce moment.

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Traduction: "Dans l'Est, cela pourrait être la veille du jour de l'an LA PLUS FROIDE jamais enregistrée. Peut-être pourrions-nous nous servir un peu de ce bon vieux réchauffement climatique pour lequel seul notre pays, et pas les autres, était sur le point de payer des MILLIONS DE MILLIONS DE DOLLARS afin de se protéger. Couvrez-vous!"

Il n'en fallait pas davantage pour que les médias se déchaînent (ici, ici, ici ou encore ): une attaque aussi frontale contre le dogme du Réchauffement Climatique d'origine Anthropique (RCA) ne pouvait pas rester impunie.

Pour ne prendre qu'un exemple dans le concert des pleureuses, le Figaro français se livra à un réquisitoire en règle, avec dénonciation de la posture anti-scientifique du Président américain et un parallèle avec un tweet de Jean-Marie Le Pen pour faire bonne mesure - étant entendu que seuls des nazis, au minimum, peuvent douter du RCA.

Pourtant, il fait froid aux États-Unis:

Depuis quelques jours, l'Amérique du Nord est frappée par un froid extrême. Outre les fortes chutes de neige (1,5 mètre en 48 heures), des températures allant de -40 à -50°C ont été enregistrées et la situation pourrait perdurer encore quelques jours selon les météorologues, qui ne prévoient pas de remontée des températures pour le moment. Du jamais vu depuis 1993. Au Canada, les bulletins d'avertissement de froid extrême appellent les populations à la vigilance et à éviter les déplacements.


MAIS MAIS MAIS il ne faut surtout rien en déduire vis-à-vis du réchauffement:

Le tweet de Donald Trump a cependant fait bondir les scientifiques, qui rappellent qu'il existe une différence entre le climat, qui s'étudie sur une longue période, et la météo quotidienne, soumise à des variations saisonnières.


Dont acte. La météo n'est pas le climat, et nul être doué de raison ne saurait confondre l'un avec l'autre.

...Et pourtant.

La fin d'année 2017 étant propice aux rétrospectives, revenons sur quelques événements météorologiques marquants de l'année écoulée.

  • L'ouragan Harvey:
    L'ouragan Harvey qui s'est déchaîné sur le sud des États-Unis, causant la mort ainsi que des milliards de dollars de dégâts, est déjà rangé parmi les pires catastrophes naturelles de l'histoire américaine. (...) Face aux doutes, le météorologiste Eric Holthaus rappelle le danger auquel l'humanité fait face. Le réchauffement climatique n'est pas un mythe, c'est une réalité. Et ses conséquences se sont abattues sur Houston, met en garde le scientifique dans les colonnes de Politico. (...) Le scientifique l'assure: Harvey est une conséquence du réchauffement global.

  • Des inondations en Sierra Leone:
    Plus de 400 personnes ont péri à la suite des inondations survenues [en août]. Si le changement climatique explique l’intensité du phénomène, le nombre de morts est lié à l’absence d’infrastructures adaptées. (...) Plus globalement, le drame survenu la semaine dernière pose la question de l’adaptation défaillante des espaces urbains assujettis aux effets du changement climatique.

  • Des feux de forêt au Canada:
    [Les conclusions de chercheurs américains et australiens] rejoignent celles d'autres experts. Le doyen du Département de foresterie de l'Université de la Colombie-Britannique, John Innes, affirmait il y a quelques jours que le réchauffement climatique contribuait à exacerber l'intensité des feux de forêt, comme ceux qui font rage [en juillet] dans l'Ouest canadien, et à prolonger leur durée.

  • Un éboulement en Suisse:
    Fin août, deux glissements de terrain successifs ont eu lieu en Suisse. Une partie du village alpin de Bondo a été détruit. Une dizaine de personnes auraient trouvé la mort. La catastrophe est survenue lorsqu'une masse rocheuse de quatre millions de m3 s'est détachée de la paroi du Piz Cengalo (3.369 m) et s'est déversée, telle une avalanche, dans une vallée en direction de Bondo, détruisant tout sur son passage.
    Les experts ont également expliqué que l'éboulement avait été causé par le dégel du permafrost (les terrains gelés depuis des millénaires), sous l'effet du réchauffement climatique.

  • Des inondations en Asie du Sud-Est:

    De Miami à Porto Rico, en passant par La Barbade et La Havane, les ravages de la saison des ouragans dans toute l’Amérique latine et les Caraïbes ont sonné comme un rappel du fait que les effets du changement climatique ne connaissent pas de frontières. (...) Les conséquences [du Réchauffement Climatique] ne se limitent pas à cette région. Le niveau record d’inondations enregistré au Bangladesh, en Inde et au Népal a affecté quelque 40 millions de personnes. Plus de 1 200 personnes ont péri et beaucoup d’autres ont perdu leurs maisons, leurs cultures ou leurs lieux de travail.

Les citations agrémentant chacun de ces épisodes météorologiques de 2017 sont issues de sites qui n'hésitent pas à lier météo et climat - y compris pour la vague de froid actuellement subie par les USA - et critiquent aujourd'hui M. Trump pour avoir fait de même. En d'autres termes, ils font exactement ce qu'ils reprochent au Président américain. La seule différence est qu'ils agissent au nom du réchauffement et non contre lui.

Précisons donc la règle médiatique que M. Trump vient d'enfreindre: un épisode météorologique particulier ne saurait être monté en épingle au nom du climat, sauf s'il permet d'appuyer la théorie controversée du réchauffement climatique d'origine humaine.

Commentaires

Il y a 50 ans, c’était pareil. Mais, soit les gens étaient moins informés, soit ils s’en fichaient complètement. Aujourd’hui, tout est politique et c’est ce qui irrite le plus l’épiderme. Au niveau des consciences, rien ne change : une fois que les médias ont fini de ronger leur os, tout est oublié.

Écrit par : rabbit | 29 décembre 2017

Il est rassurant d'apprendre que la vague de froid qui frappe actuellement les US est due au réchauffement climatique, comme l'affirment tous les experts, GIEC inclus.
Mais alors, les canicules et autres vagues de chaud en d’autres saisons et d’autres lieux, à quoi sont-elles dues ?
Je n'ai pas la réponse, mais en cherchant bien…

J'ai lu l'article du Figaro que vous mentionnez.
J’attendais d’y voir le nom de Philippe Gélie, le désinformateur en chef du Fig. pour les US.
J’ai lu aussi les commentaires.
J'y ai vu une hargne/haine aussi incroyable que violente déchaînée contre Trump, l'idiot, le “3 neurones”, l'ordure etc…
Pas plus de 10% des commentaires étaient en sa faveur, alors que les lecteurs du Figaro sont plutôt de droite !
Qu'en serait-il du Monde ? J'avoue ne pas avoir eu le courage d’y aller voir !
À l'évidence, le bourrage de crâne en France, et sans doute aussi ailleurs en Europe, fonctionne au-delà de toutes les attentes des journalistes.
Mais une question me hante :
Suffirait-il d'être un idiot, un 3 neurones, une ordure… pour devenir milliardaire ?
J’ai dû rater quelque chose…

Écrit par : AP34 | 29 décembre 2017

@AP34: "le bourrage de crâne en France, et sans doute aussi ailleurs en Europe, fonctionne au-delà de toutes les attentes des journalistes." au-delà? Je ne pense pas. Mais dans les objectifs attendus, sans doute. Après tout, n'oublions pas que nous avons affaire à des professionnels de la (dés)information - et nous mesurerons ce qu'il en est avec le score de No Billag.

À notre époque, relever le deux-poids-deux-mesures des médias est quasiment un acte subversif.

Quant à Trump, il est forcément dénigré, comme le fut George W. Bush en son temps (pensez, il n'avait été que modeste pilote de chasse dans sa jeunesse...) ou Reagan avant lui. Les Républicains sont toujours décrits comme des imbéciles, par des gens qui ne leur arrivent intellectuellement pas à la cheville. Cela en dit long sur les capacités de raisonnement du grand public.

Notez bien que je n'éprouve aucune admiration béate envers un occupant républicain de la Maison Blanche. Je pense simplement qu'un idiot, quelle que soit sa couleur politique, ne peut pas devenir Président des USA.

Certains présidents furent très mal intentionnés, comme Obama - mais aucun n'était stupide.

Écrit par : Stéphane Montabert | 29 décembre 2017

Grave erreur de mettre sur le même plan Trump et George.W.Bush, l'homme qui a commis la plus grosse erreur politique de tous les temps, la GW II, pour des raisons stupides et malhonnêtes qui ont causé les plus gros dommages politiques de l'existence de homo sapiens. A moins de penser que Trump est aussi idiot que lui, bien sûr...

Écrit par : Géo | 30 décembre 2017

Les Français, pris en bloc, sont encore, plus de deux siècles après leur révolution, des gauchistes dans l'âme… j'allais ajouter : révolutionnaires, mais non, ils ne sont plus révolutionnaires car trop près de leur confort et gâtés par le consumérisme. Mais ils sont restés des gauchistes.
Dans leurs relations avec les US, il est remarquable que les Présidents américains démocrates soient systématiquement portés aux nues, alors que les présidents républicains sont généralement trainés dans la boue.
Pour preuve, nous avons des avenues W. Wilson et F. Roosevelt, un quai J. Kennedy, tous présidents démocrates.
Nous avons aussi des rues G. Washington et A. Lincoln, tous deux des abolitionnistes (de l'esclavage).
Nous n'avons dans nos villes aucune trace des présidents américains républicains, à croire qu’ils n’ont jamais existé, et que les US sont un pays à parti unique.
J'attends une avenue ou une place Barak Obama, mais j'ai perdu l'espoir de voir un jour une rue Ronald Reagan, ou plus tard, Donald Trump.
Un maire ou un collectif de citoyens qui proposerait une idée aussi incongrue se ferait descendre en flamme pour tous les bien-pensants réunis pour l'occasion, associations, politiques de tous bords, médias, tous crieraient au scandale et appelleraient au lynchage.

Écrit par : AP34 | 30 décembre 2017

Sur le cas français, voir http://fr.wikipedia.org/wiki/French_Theory et la messe est (presque) dite.

Écrit par : rabbit | 31 décembre 2017

"L'islam est une grande religion qui se fonde moins sur l'évidence d'une révélation que sur l'impuissance à nouer des liens au-dehors. En face de la bienveillance universelle du bouddhisme, du désir chrétien de dialogue, l'intolérance musulmane adopte une forme inconsciente chez ceux qui s'en rendent coupables, car ils ne cherchent pas toujours, de façon brutale, à amener autrui à partager leur vérité, ils sont pourtant - et c'est plus grave- incapables de supporter l'existence d'autrui comme autrui."

Claude Lévi-Strauss: avant-dernier chapitre de "Tristes Tropiques".

Je ne sais pas pourquoi, mais cela ne fait pas très "french theory". La french theory vis-à-vis de l'islam, ce serait plutôt "soumission totale" que cela ne m'étonnerait pas...

Écrit par : Géo | 02 janvier 2018

La plus grande stupidité de ces climatologues ou autres météorologues c'est de parler de réchauffement climatique, alors qu'il faudrait dire :

Changement climatique.

D'où la totale incompréhension du plus grand nombre. A l'évidence on ne peut pas croire à un réchauffement climatique par les temps et les infos qui courent.

Les 30% de "spécialistes-septiques" parlent justement d'une augmentation des contrastes; les chaleurs seront plus élevées, et les froideurs plus basses encore.
C'est donc un changement et non un réchauffement.

Écrit par : Corélande | 02 janvier 2018

Claude Lévi-Strauss a droit à toute notre indulgence pour son retour à la lumière sous forme d’anarchiste de droite, après une vie passée dans l’atmosphère viciée du marxisme et du structuralisme. Du moins, c’est Wiki que le dit et Wiki est désormais le messager boitillant du néo-réalisme. Prenez le cas de Mircea Eliade, dont l’étoile dans les années 1960 brillait d’un même éclat que celle du précité. Or voici que Wiki, alors adolescente, l’avait fait passer pour un odieux fasciste pour sa proximité, avant la dernière guerre, avec un mouvement présenté comme tel. Et rien d’autre sur l’édifice intellectuel. Mais les choses ont évolué depuis, et l’article présente maintenant une heureuse neutralité axiologique (c’est le principe régénérateur d’une pensée sociologique sortie des bourdieuseries).

Écrit par : rabbit | 02 janvier 2018

@Corélande: On ne sait rien. Et on sait d'autant moins de choses qu'en quelques années le "réchauffement climatique" est devenu un "changement climatique", ce qui ne veut strictement rien dire, jusqu'à récemment l'avatar "dérèglement climatique" - comme si le climat avait jamais été chose réglée dans l'histoire du monde. Comment prendre ces gens au sérieux?

Les "climatologues" courent après leurs modèles dans une représentation de la réalité qui n'a jamais tenu la barre des prévisions ne serait-ce que quelques années. Des aspects entiers de la modélisation des températures (notamment le cycle de l'eau et la forme des nuages) sont à peine esquissés. Hormis pour quelques régions continentales du monde et depuis moins d'un siècle, les températures du passé sont une parfaite énigme, connue uniquement par des inférences parfaitement floues (alors mesurer des températures au dixième de degré il y a des siècles, laissez-moi rire...)

Bref, la science climatique en est à ses balbutiements, et ses progrès sont rendus difficiles par les innombrables cuistres, profiteurs et faussaires qui font proliférer en son sein une science frelatée en connivence avec les politiciens.

Pour les gens raisonnables, il ne reste que le "Je sais que je ne sais rien" du philosophe grec Socrate.

Les autres se réjouiront en payant avec enthousiasme les taxes climatiques, comme leurs ancêtres s'acquittaient d'indulgences pour réduire le temps que leur âme passerait au purgatoire.

Écrit par : Stéphane Montabert | 02 janvier 2018

(alors mesurer des températures au dixième de degré il y a des siècles, laissez-moi rire...) Personnellement, cela ne me fait plus rire du tout. Ces idiots sont au pouvoir des universités, de la recherche et des médias. L'incompétence et l'esprit moutonnier vont causer notre perte et cela commence à se voir très fort.
Il n'y a plus chez les soi-disant scientifiques la moindre trace d'esprit critique.

Écrit par : Géo | 03 janvier 2018

Ce n'est déjà plus de la science, ça a tourné en religion (comme beaucoup de concepts nouveaux sur la société).

Écrit par : rabbit | 03 janvier 2018

«Il n'y a plus chez les soi-disant scientifiques la moindre trace d'esprit critique.»

On peut dire pareil avec les journalistes: «Il n'y a plus chez les soi-disant journalistes la moindre trace d'objectivité»

Perso ça me gonfle à un point tel... que depuis l'élection de Macron... je ne sais plus ce qui se passe dans le bobomonde et je m'en porte très bien !

Écrit par : petard | 03 janvier 2018

Certes, Monsieur petard, c'est bien de pouvoir s'isoler dans sa bulle pendant qu'ils montent des murs autour de vous, mais que ferez-vous quand ils fermeront la porte ? À prendre au sens figuré, bien sûr, mais souvenez-vous de ce passage de « 1984 » (George Orwell) : « Peut-être un fou n'était-il qu'une minorité réduite à l'unité ».

Écrit par : rabbit | 04 janvier 2018

Ah les exégètes du réchauffement, pardon! changement climatique.. enfin, je ne sais plus à quel saint (de glace!?) me vouer en vous lisant..

Écrit par : jocelyn | 08 janvier 2018

Jocelyn@ La question n'est pas là du tout. Le climat change et il n'a jamais fait autre chose que changer. On ne nous a pas livré une Terre avec climat certifié constant, comme l'imbécile de base occidental semble le croire. Non, le problème, c'est l'influence que nous pouvons avoir sur ce climat, en particulier par la production de CO2. Et sur ce point-là, nous sommes en droit de demander plus d'esprit scientifique et moins d'idéologie. De plus, un point central que négligent tous les partis politiques, toutes les autorités : la cause première de toutes les pollutions, CO2 compris pour ce qui est des carburants fossiles, c'est la surpopulation humaine. Or la production de bébés est considéré comme une arme par les adversaires de notre civilisation, ce qui ne va pas arranger les choses...

Écrit par : Géo | 08 janvier 2018

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