09 mars 2018

L'inexorable montée des populismes

Le 4 mars, pendant que le peuple suisse exprimait dans les urnes son amour pour la redevance obligatoire, l'Italie votait elle aussi, pour des élections législatives, et les résultats confirment qu'un changement est en train d'avoir lieu à l'échelle de l'Europe.

L'Italie ingouvernable, bientôt infréquentable

Les journalistes n'en finissaient pas d'ironiser sur le énième retour politique de leur bête noire, Silvio Berlusconi, oubliant le reste. Les résultats sont sous toit: la coalition de droite entre la Ligue de Matteo Salvini, Forza Italia de Silvio Berlusconi et Fratelli d’Italia, arrive en tête avec 37% des suffrages, suivie du Mouvement Cinq Étoiles avec 32,6% des voix.

quatuor_italien.jpg

Bien entendu, plusieurs leaders politiques proclament la victoire. Le Mouvement Cinq Étoiles revendique le droit de gouverner, ayant réuni le plus de voix sur son seul nom. En face, un accord de coalition lie la Ligue et Forza Italia ; selon cet accord, le prochain chef de gouvernement doit revenir au parti arrivé en tête, et cela pourrait donc être Matteo Salvini.

Aucun bloc ne pouvant obtenir seul une majorité stable, des tractations auront lieu pendant de longs mois pour parvenir à établir une majorité - ou échouer, provoquant de nouvelles élections. Mais pour les élites, il y a un autre problème, autrement plus urgent.

Le gouvernement de Matteo Renzi sort lessivé de ces élections. Crédité d'un score de 40% aux élections européennes de 2014, son Parti Démocrate tombe à 19% des voix - moins de la moitié de son influence précédente. Peu empressé de livrer un combat difficile pour remonter la pente, le "brillant technocrate" Renzi a jeté l'éponge. Il a d'ores et déjà prévu de quitter l'exécutif et de se contenter désormais d'un siège de sénateur. Il ne participera pas à la formation d'un nouveau gouvernement. "Le peuple italien nous a demandé d’être dans l’opposition et c’est là que nous irons. Nous ne formerons jamais un gouvernement avec des forces antisystème", explique-t-il. Car il n'a pas d'autre choix.

Tant le M5S que la Ligue appartiennent à cette catégorie fourre-tout - populiste, démagogique, antisystème et tutti quanti. Même si l'affrontement entre ces deux mouvements doit durer, l'un ou l'autre finira fatalement par l'emporter.

Cela signifie qu'à terme, l'Italie sera gouvernée par un parti populiste. Aujourd'hui, on ne sait juste pas lequel.

La vague

En Italie, plus de 50% des votes exprimés ont été captés par un parti présenté comme populiste, mais l'Italie est loin de faire cavalier seul. Suivant le Brexit au Royaume-Uni et l'élection de Donald Trump aux USA, les électeurs semblent être de moins en moins dociles face aux directives aimablement transmises par la classe politico-médiatique.

La Grèce, la Hongrie, la Pologne, la République Tchèque, la Slovaquie, la Serbie ou la Bulgarie sont actuellement gouvernées par des partis dits populistes. La Norvège, la Suisse, l'Autriche ou la Lituanie sont gouvernées par des coalitions politiques comprenant des partis dits populistes.

Même les autres pays ne sont pas épargnés. En France, Marine Le Pen arriva le plus confortablement du monde au second tour de l'élection présidentielle, comme si cela relevait de l'ordre des choses, alors que la présence de son père dans la même situation quinze ans plus tôt était présentée comme une sorte de traumatisme national. Même si elle échoua, la volonté de renouveau de la population française était indiscutable ; l'élection présidentielle et les élections législatives qui suivirent octroyèrent les pleins pouvoirs à un individu parfaitement inconnu du grand public cinq ans plus tôt. Les Socialistes et les Républicains, les deux pôles qui dominaient la vie politique française depuis un demi-siècle, sortirent laminés de l'épreuve.

En Allemagne, la CDU/CSU de Merkel arriva péniblement en tête lors des dernières élections, qui virent le parti "populiste" AfD faire une percée. La situation est telle que seule une alliance entre la gauche et la droite traditionnelles semble en mesure de permettre à la Chancelière d'exercer un dernier mandat.

En 2000 en Europe, les partis dits populistes réunissaient 8,5% des votes en moyenne ; en 2017, donc sans tenir compte des élections depuis le début de l'année, ils en réunissent 24,1%.

Difficile de ne pas y voir un changement profond dans la façon de faire de la politique sur le Vieux Continent.

Quand les mots-clés ne fonctionnent plus

"Avez-vous peur du populisme?" demandent les journalistes, tentant d'instiller leurs fantasmes dans la population. Le rêve des médias est d'installer la peur sur demande - un réflexe pavlovien qui permettrait de guider les consciences dans le bon sens, tuant la réflexion par des réactions ataviques. Untel est "méchant", untel autre est "dangereux", ayez peur, ayez très peur! Et ensuite votez pour X ou Y, des bons candidats, des candidats rassurants, doués, ouverts, progressistes, dans l'air du temps.

Malheureusement, la population n'est plus dupe de ces manœuvres, ou plutôt, elle y a été tellement exposée que, de guerre lasse, elle y est devenue insensible. Peu de termes sont aussi galvaudés que le populisme, par exemple, ou avant lui le fascisme, le nationalisme ou, condamnation tous azimuts par excellence, "l'extrémisme" - chacun de ces termes étant fourni au grand public en prêt-à-penser, sans la moindre démonstration.

Les réflexes conditionnés se retrouvent aussi dans les médias, amenant à des situations absurdes. Ainsi les journalistes n'hésitent pas à comparer Matteo Salvini à Mussolini (nous sommes en Italie, ça nous change de Hitler) et donc au fascisme, alors que M. Salvini prônait encore il y a peu un maximum d'autonomie pour le Nord de l'Italie, comme le fondateur de son parti Umberto Bossi.

Présenter une posture régionaliste comme le symbole d'un attachement à un État fort, il fallait oser, les éditorialistes l'ont fait!

Dessine-moi un populiste

Les anathèmes lancés au nom du populisme sont absurdes, en particulier dans des régimes démocratiques. Toutes les formations politiques doivent convaincre le plus grand nombre pour accéder au pouvoir, et cette séduction - que certains qualifient de populisme seulement pour mieux la dénigrer - manque souvent de finesse. Les écologistes chantent la nostalgie d'une nature perdue alors que l'air et l'eau sont plus propres qu'il y a cinquante ans. Les socialistes attisent la haine du riche, simplement parce que la jalousie et la convoitise sont de puissants moteurs de la passion humaine. Et ainsi de suite. Mais, comme de bien entendu, seuls les autres sont populistes.

À la base, le populisme n'est rien d'autre qu'un terme péjoratif employé au lieu de "populaire", pour discréditer d'emblée toute demande émanant du peuple. Cela permet de n'attacher aucune attention à ces revendications : il ne s'agit là que de "bruits", de "remugles", émanant du tréfonds des caniveaux et des égouts. Hélas, ces bruits émanent moins de la rue que de gens "jetés à la rue", une population qui n'en peut plus de vivre dans la crasse, l'impolitesse, la précarité, l'insécurité et le vandalisme, tout en endurant le mépris des puissants et le bon accueil réservé à de nouveaux arrivants d'autant plus choyés qu'ils sont paresseux et revendicatifs.

Quitte à admettre que le populisme corresponde à une certaine idéologie politique, on peut en tracer un vague contour, comme tentent de le faire certains politologues. Les mouvements populistes se démarqueraient donc de partis habituels par:

  • une remise en question de la classe politique traditionnelle ;
  • une opposition contre les institutions financières, en particulier les instances financières internationales ;
  • un rejet de l'immigration de masse et la volonté de retrouver des frontières ;
  • la volonté de rendre à la politique nationale son pouvoir de décision face à des élites supranationales technocratiques, irresponsables et non élues.

Marinejpg.jpgOn peut discuter longuement de ces thèmes, qui sont d'ailleurs rarement réunis au sein d'un seul parti ; mais rien de tout cela n'est véritablement effrayant, sauf pour ceux qui ne tolèrent pas la moindre remise en question du statu-quo. L'évolution est d'ailleurs remarquable entre les partis "anti-austérité" (M5S en Italie, Front de Gauche en France, Syriza en Grèce) qui eurent le vent en poupe lors de la crise de la dette publique commencée il y a dix ans, tandis qu'aujourd'hui le populisme se décline davantage dans une posture souverainiste et opposée à l'immigration illégale et déferlante qui a court en Europe depuis la "brillante" stratégie immigrationniste de Mme Merkel.

Les populistes ne seraient pas "crédibles", mais leurs adversaires le sont-ils?

Les anti-populistes ont longtemps considéré les populistes comme des trublions nuisibles mais sans conséquences. Ils les pensaient à jamais éloignés du pouvoir grâce au discours méprisant tenu à leur encontre, et par des stratégies d'alliance garantissant le succès de la caste politique traditionnelle.

L'ancienne division gauche-droite s'est peu à peu muée en nouvelle répartition des forces, les "populistes" d'un côté et "l'oligarchie" de l'autre. En France, le dernier bulletin de vote du premier tour de l'élection présidentielle venait à peine d'être dépouillé que déjà les vaincus hurlaient ensemble leur amour pour Macron. En Allemagne, le SPD et la CSU s'accordent péniblement à mettre en place une nouvelle "GroKo" que chacun avait juré, la main sur le cœur, de ne plus jamais reconduire. L'amour du pouvoir l'emporte visiblement sur les convictions.

Il s'agit sans doute du principal grief formulé à l'encontre des partis traditionnels. L'affairisme se conjugue au mépris de la démocratie, et les seules voix qui méritent d'être entendues sont celles qui viennent de castes encore supérieures, Union Européenne, ONU ou milliardaires engagés.

Le populisme inquiète les élites, mais depuis quarante ans l'immigration incontrôlée, le terrorisme intellectuel des bien-pensants, le sabotage systématique de valeurs traditionnelles ou l'aveuglement face à l'islam conquérant sont directement de leur fait, et nourrissent le populisme. Pour lutter contre lui, toutes les options sont sur la table hormis, apparemment, la moindre remise en question.

Les populistes ne sont pas exempts de critiques, bien entendu. Leurs objectifs peuvent être complètement utopiques, ils n'ont pas l'expérience de la politique, et certains sont aussi opportunistes et cyniques que ceux qu'ils combattent. Mais de quelles excuses les oligarques peuvent-ils se prévaloir de leur côté? Ils maîtrisent les moindres rouages du système, disposent de tous les leviers du pouvoir, prétendent agir de façon intelligente et responsable... Et passent leur temps à prendre des décisions ubuesques sur des sujets parfaitement secondaires, de Uber à la durée de vie des téléphones portables. Apparemment tout est plus important que les hordes de migrants qui errent dans les centres-villes de toute l'Europe.

Le futur sera populiste ou ne sera pas... Démocratique

Ce n'est pas la montée des populismes qui est inquiétante, mais le silence des élites, des bien-pensants, des politiques, de la médiasphère moraliste. Tous refusent d'entendre ce que disent les peuples, parce que ce que les peuples disent leur déplaît.

Tout cela ne peut pas bien se terminer.

"Puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple" ironisait Bertolt Brecht, mais ces paroles semblent avoir été prises au pied de la lettre par toutes les élites du continent depuis la déferlante migratoire de 2015.

syrie.jpg

De fantasme délirant, le Grand Remplacement est devenu un programme politique appliqué avec assiduité et plaidé ouvertement par les plus hauts responsables politiques, comme le dernier Président de l'Assemblée générale des Nations unies António Guterres.

C'est une stratégie nouvelle pour lutter contre une opinion contraire: plutôt que de l'interdire ou de lui opposer des arguments convaincants, on la dissout.

La Suisse, monument à la gloire de l'immobilisme, suit le mouvement mais avec sa proverbiale lenteur. Le décalage de la population locale est donc de plus en plus grand avec les pays limitrophes. Les Italiens de Suisse - qui ont naturellement voté en masse pour le gauchiste Matteo Renzi, comme d'habitude - ne comprennent plus ce qui se passe dans la péninsule. Mais c'est parce qu'ils n'y vivent plus.

La procrastination, l'incompétence et la paresse de la classe politique sont des luxes que la plupart des pays européens ne peuvent plus se permettre. Leur population déboussolée ne sait plus à quel saint se vouer, mais cherche la rupture plus que l'alternance. Le populisme devient le baromètre d'une situation où l'urgence l'emporte de plus en plus crûment sur les délires utopistes. Aux partis politiques de le comprendre et de s'adapter avec des propositions concrètes, ou de disparaître.

Commentaires

à S. Montabert :
"depuis la déferlante migratoire de 2015", expression que vous répétez deux fois.

Pas du tout ! La déferlante migratoire est, malheureusement, bien plus ancienne que cela. En France, elle date de 40 ans, depuis Giscard et le regroupement familial.
Depuis 2015, un évènement nouveau s'est effectivement produit, c'est la légalisation de l'immigration clandestine, qui était auparavant quasi invisible.
De même, il y a eu dépénalisation officielle de l'aide aux clandestins. Même si, avant, ces lois répressives n'étaient pas respectées (enforced).
En France, c'est l'immigration légale avec visas, qui augmente régulièrement depuis Giscard, qui pose problème : 260 000 en 2017. Et ceci d'autant plus que ces immigrants avec visa sont essentiellement des musulmans.

Il ne faut pas compter sur la classe politico-médiatique (gauche et droite honteuse réunies) pour qu'elle révise sa politique d'immigration massive et ses jugements sur celle-ci.
Pour la raison que c'est voulu : l'objectif de l'EU est l'effacement des frontières intérieures, la dissolution des nations, et l'avènement de l'homme nouveau : le consommateur nomade et sans racines qui fait et fera de plus en plus la fortune des multinationales.

Cette classe politico-médiatique espère simplement tenir assez longtemps pour que le basculement tant attendu se produise dans l'électorat, qui viendra leur sauver la mise.
Il leur faut donc accélérer le mouvement, et naturaliser le plus grand nombre possible de ces gens, qui leur sont électoralement acquis.
Il est déjà difficile en France de gagner une élection présidentielle sans le vote musulman.
Ce qui explique que Macron ait léché les babouches de manière aussi indécente (discours en Algérie etc).
Quand le vote aura basculé, alors le pouvoir leur sera définitivement acquis.
Du moins le croient-ils.
À tort, de mon point de vue, car ils seront balayés eux aussi, mais à plus long terme.
Leur crédo est : "Après nous le déluge".
C'est facile quand on n'a pas d'enfants, ce qui est le cas de beaucoup des dirigeants européens.

Écrit par : AP34 | 10 mars 2018

@AP34: vous avez entièrement raison, l'initiation de cette dynamique mortifère revient historiquement à Valéry Giscard d'Estaing. Il mit en place le regroupement familial en 1976 sur les bons conseils de ses amis barons de l'industrie, notamment Bouygues qui y voyait alors le meilleur argument qui soit pour garder sous le boisseau les revendications salariales des syndicats de la construction, CGT en tête. En quelque sorte, le mot d'ordre était "Fermez-la les gars, sinon je vous vire tous pour vous remplacer par des immigrés qui ne la ramènent pas autant que vous."

À cette époque, la CGT n'avait pas encore viré sa cuti vers "les autres avant les nôtres" mais s'empressa d'essayer de convertir au syndicalisme revendicatif les nouveaux arrivants. Cela explique peut-être comment elle en est arrivée à épouser aujourd'hui pleinement la cause des envahisseurs.

C'est donc officiellement en France en 1976 que l'immigration de travail, acceptable et régulée, se transforma avec la bénédiction du patronat français en immigration de peuplement avec familles installées dans les HLM de banlieue, familles nombreuses soutirant aux généreux systèmes sociaux de l'époque (ils en avaient encore les moyens) bien plus qu'elles n'y contribuaient, et changeant progressivement la structure ethnico-religieuse de la société française. Mais il fallait les construire, ces immeubles! Gagnant-gagnant!

En filigrane, l'immigration illégale ne cessa jamais complètement.

Toutefois, les immigrés de ce temps-là, après être venu de l'Espagne et du Portugal, venaient d'Afrique du Nord et de l'ancien Empire Colonial français. Le phénomène était essentiellement limité à la France, même si "rayonnement oblige" certains pays commencèrent à reprendre l'antienne du regroupement familial.

C'est bien en 2015 au nom de la "guerre en Syrie" que l'Europe entière s'ouvrit au tout-venant, avec la bénédiction et peut-être sous l'impulsion de Mutti, du groupe Bilderberg et de Soros et la galaxie d'ONG à sa botte. L'invasion donna lieu à la mise au ban sans débat ni vote de toutes les lois, règlements et peines sur l'immigration et la simple surveillance des frontières, et mena à la crise migratoire que l'Europe subit depuis. Chacun devine (y compris les socialistes les plus obstinés) qu'elle ne débouchera sur rien d'autre qu'une guerre civile.

Mais après eux, espèrent-ils en effet. Ils se convertiront en masse à l'islam si cela peut leur faire gagner quelques années.

Même si plusieurs pays avaient leurs propres problèmes d'immigration (le Royaume-Uni avec l'immigration pakistanaise longtemps entretenue au nom du Commonwealth etc.) le basculement à l'échelle de l'Europe entière dans l'immigration de masse, illégale mais ouvertement encouragée, et désormais en passe d'être imposée par quotas même aux pays récalcitrants au nom de l'Europe, remonte bien à ces quelques dernières années.

Voilà pourquoi j'ai retenu cette date, mais je partage votre analyse pour le reste.

Écrit par : Stéphane Montabert | 10 mars 2018

Depuis que le gauchisme intellectuel est devenu l’idéologie dominante sous l’empire de l’enseignement et de la presse, et que les questions sociétales font naître des normes juridiques contraignantes, de nombreuses personnes dont l’esprit empirique rechigne à se prosterner devant un simulacre de progrès sont rangées sous l’étiquette du « populisme », alors qu’ils sont en fait les hérétiques du XXIe siècle matérialiste.

Écrit par : rabbit | 10 mars 2018

Voici ce qui synthétise ce que je nome depuis des années "La pensée magique", on retrouve les mêmes propos chez Nietzsche, Lasch, Chomsky, etc...

Extrait : "On a coutume de dire que l'ascenseur social est en panne. Cela signifie que la démocratie est morte, qu'elle a dégénéré en oligarchie. Ceux qui ont le pouvoir le gardent ; ceux qui ne l'ont pas n'ont aucun espoir de l'acquerir. Sous pretexte de tendre la main aux seconds, les premiers leur vendent des entraves séduisantes : à travers les médias serviles, une information "de qualité", à travers une école délétère, une éducation "d'excellence". On sait ce qu'il en est. La classe dominante considère qu'il est plus facile de garder sous contrôle une société d'idiots que de gouverner un peuple intelligent. Mauvais calcul. Car les masses abêties, illétrées et incultes ne restent pourtant pas amorphes. Quand on les a privées de la culture et de l'intelligence, quand on les a privées des mots et de la maîtrise du langage, il ne leur reste rien comme moyen d'expression – pire, comme mode de pensée – que la violence. L'erreur de nos oligarques réside dans le fait de croire qu'une société d'abrutis est un troupeau bêlant, docile et calme, alors que c'est une meute d'individus féroces, en guerre perpétuelle les uns contre les autres. Elle commence par abattre ses petits maîtres, au nombre desquels tous les "fabricants de consentement" qui ont fait dégénérer le rêve démocratique en pensée totalitaire. Illettrisme entraîne la violence, et l'insécurité appelle la tyranie. Le système qui, par son œuvre éducatrice (scolaire et médiatique), setarguait d'engendrer des personnes libres et responsables, pétries des idéaux les plus nobles, sécroulera donc sous les coups de ce qu'il a lui-même produit, en réalité : un gibier de dictature."

[Ingrid Riocreux "La langue des médias"]

Écrit par : Joseph | 12 mars 2018

En réponse à celui qui signe "Joseph" et qui traite Breivik de fumier parce que ce dernier a appliqué aux jeunes socialistes ce que ceux-ci veulent nous faire vivre : https://lesobservateurs.ch/2018/03/11/suisse-les-jeunes-socialistes-veulent-abolir-noel-et-paques-mais-soutiennent-lislam/

Écrit par : Géo | 12 mars 2018

Article excellent et commentaires non moins excellents de AP34

Écrit par : eole | 14 mars 2018

Les commentaires sont fermés.