25 mars 2018

Héroïsme, sacrifice et valeurs

La France a un héros: le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame.

Un héros à titre posthume, victime d'un nouvel épisode de barbarie commis au nom de l'islam.

islam,courage,terrorisme,religion,france

Illustre inconnu il y a quelques jours, le lieutenant-colonel passa à la postérité en agissant en situation de crise avec un sens aigu du sacrifice:

Le lieutenant-colonel Beltrame faisait partie les gendarmes appelés à intervenir, plus tôt dans la journée, alors qu’une attaque [était] en cours dans un supermarché de Trèbes, à 8 km de Carcassonne.

Il entre dans le Super U et se porte volontaire pour se substituer à une femme retenue en otage par Radouane Lakdim, un jeune délinquant se revendiquant du groupe État islamique. Le terroriste accepte et, trois heures plus tard, lui tire dessus à plusieurs reprises avant que les policiers du GIGN, alertés par le téléphone portable d’Arnaud Beltrame resté allumé, ne lancent l’assaut et neutralisent le terroriste. Arnaud Beltrame succombera à ses blessures dans la nuit, à l’hôpital.


Parmi ses multiples blessures, le geste fatal est un coup de couteau asséné au niveau du cou par le terroriste musulman, comme nous l'apprennent aujourd'hui les résultats de son autopsie.

Le noble sacrifice du gendarme permet rétrospectivement aux médias et au monde politique de souffler. Ouf, on peut parler d'autre chose que des errements des services de renseignement, de l'incurie politique en matière de protection des frontières et de la population, du Padamalgam! habituel et autres trajectoires de radicalisation du dernier "loup solitaire" en date. La France a un héros, un vrai, et mis à part quelques imbéciles de service, la célébration posthume du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame semble sincère.

Semble, car elle ne l'est pas. La célébration est délibérément incomplète et superficielle.

On évite de creuser, de peur de tomber sur quelque chose.

Qu'est-ce qui a conduit un brillant haut-gradé et militaire de carrière à risquer sa vie pour une parfaite inconnue, lors d'une prise d'otage dans un supermarché anonyme? Des valeurs. Et pas n'importe quelles  valeurs - des valeurs chrétiennes.

Il faut lire le récit du Père Jean-Baptiste, qui préparait Arnaud Beltrame et sa compagne au mariage religieux, pour le comprendre. Le voici reproduit in-extenso, car dans ce modèle de concision rien ne peut être ôté.

C'est au hasard d'une rencontre lors d'une visite de notre abbaye, Monument Historique, que je fais connaissance avec le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame et Marielle, avec laquelle il vient de se marier civilement le 27 août 2016. Nous sympathisons très vite et ils m'ont demandé de les préparer au mariage religieux que je devais célébrer près de Vannes le 9 juin prochain. Nous avons donc passé de nombreuses heures à travailler les fondamentaux de la vie conjugale depuis près de 2 ans. Je venais de bénir leur maison le 16 décembre et nous finalisions leur dossier canonique de mariage. La très belle déclaration d'intention d'Arnaud m'est parvenue 4 jours avant sa mort héroïque.

Ce jeune couple venait régulièrement à l'abbaye participer aux messes, offices et aux enseignements, en particulier à un groupe de foyers, ND de Cana. Ils faisaient partie de l'équipe de Narbonne. Ils sont venus encore dimanche dernier.

Intelligent, sportif, volubile et entraînant, Arnaud parlait volontiers de sa conversion. Né dans une famille peu pratiquante, il a vécu une authentique conversion vers 2008, à près de 33 ans. Il reçoit la première communion et la confirmation après 2 ans de catéchuménat, en 2010.

Après un pèlerinage à Sainte-Anne-d'Auray en 2015, où il demande à la Vierge Marie de rencontrer la femme de sa vie, il se lie avec Marielle, dont la foi est profonde et discrète. Les fiançailles sont célébrées à l'abbaye bretonne de Timadeuc à Pâques 2016.

Passionné par la gendarmerie, il nourrit depuis toujours une passion pour la France, sa grandeur, son histoire, ses racines chrétiennes qu'il a redécouvertes avec sa conversion.

En se livrant à la place d'otages, il est probablement animé avec passion de son héroïsme d'officier, car pour lui, être gendarme voulait dire protéger. Mais il sait le risque inouï qu'il prend.

Il sait aussi la promesse de mariage religieux qu'il a fait à Marielle qui est déjà civilement son épouse et qu'il aime tendrement, j'en suis témoin. Alors? Avait-il le droit de prendre un tel risque? Il me semble que seule sa foi peut expliquer la folie de ce sacrifice qui fait aujourd'hui l'admiration de tous. Il savait comme nous l'a dit Jésus, qu'«Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.» (Jn 15, 13). Il savait que, si sa vie commençait d'appartenir à Marielle, elle était aussi à Dieu, à la France, à ses frères en danger de mort. Je crois que seule une foi chrétienne animée par la charité pouvait lui demander ce sacrifice surhumain.

J'ai pu le rejoindre à l'hôpital de Carcassonne vers 21h hier soir. Les gendarmes et les médecins ou infirmières m'ont ouvert le chemin avec une délicatesse remarquable. Il était vivant mais inconscient. J'ai pu lui donner le sacrement des malades et la bénédiction apostolique à l'article de la mort. Marielle alternait ces belles formules liturgiques.

Nous étions le vendredi de la Passion, juste avant l'ouverture de la Semaine Sainte. Je venais de prier l'office de none et le chemin de croix à son intention. Je demande au personnel soignant s'il peut avoir une médaille mariale, celle de la rue du Bac de Paris, près de lui. Compréhensive et professionnelle, une infirmière, la fixe à son épaule.

Je n'ai pas pu le marier comme l'a dit maladroitement un article, car il était inconscient.

Arnaud n'aura jamais d'enfants charnels. Mais son héroïsme saisissant va susciter, je le crois, de nombreux imitateurs, prêts à au don d'eux-mêmes pour la France et sa joie chrétienne.

 

Non seulement Arnaud Beltrame était catholique, mais il était converti, croyant, pratiquant, et fervent dans sa Foi. Un mauvais exemple pour la France de demain, donc. Sous les coups de boutoir du socialisme, de la société multiculturelle et du relativisme moral, ces valeurs se perdent, et avec elles les gens capables de les porter.

Médias ou politiciens, la plupart de ceux qui célèbrent aujourd'hui le courage du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame luttent avec ferveur pour abolir les valeurs au nom desquelles il est devenu un héros. Et avant ce jour fatidique, ils s'en seraient probablement moqués.

Dans une situation de crise, une féministe, un transsexuel militant des LGBT, un trotskyste cynique, un syndicaliste arc-bouté sur les droits-acquis, un No-Border adepte du métissage se porteraient-ils volontaires dans un contexte identique? Se substitueraient-ils à une otage anonyme à la merci d'un fou furieux islamiste? Chacun a le droit d'y croire, mais pour ma part, j'ai quelques doutes.

Arnaud Beltrame est mort, cruellement assassiné, mais le monde d'où il vient et les valeurs dont il se réclamait sont aussi agonisantes. Nous nous dirigeons à grande vitesse vers un avenir où tout cela aura disparu. Le monde occidental sera-t-il meilleur pour autant? Chacun imaginera sa propre réponse, mais au train où vont les choses, nous aurons l'occasion de le découvrir bien assez tôt.

Commentaires

On ne peut que relire et relire encore de votre article le paragraphe dénonçant l"abolition des valeurs au nom desquelles Arnaud Beltrame est devenu un héros."

Il y a de nombreuses années une religieuse responsable d'un groupe d'adolescentes avait préparé un grand jeu au cours duquel ces adolescentes étaient invitées à retrouver quelque chose de perdu.

Ce fut un simple carton sur lequel on lisait, par un seul mot, ce qui avait été perdu.

Le mot était charité

Je regardai les ados, leur réaction m'émerveilla: elle se rassemblèrent autour du carton avec admiration.

Féminine, jolie femme cette religieuse apprenaient à ces jeunes filles comment cultiver la beauté qui vient de l'intérieur.

La dignité, également.

Écrit par : J.B. | 26 mars 2018

Si on comprend bien, vous approuvez les valeurs catholiques plutôt que chrétiennes exprimées par le père Jean-Baptiste ? Et vous aussi, vous pensez que Arnaud Beltrame est un héros ? Vous ne semblez avoir aucun doute sur son action, comme une effrayante majorité des Français...
1.- Son action valorise celle de ce débile. Il a tué un lieutenant-colonel de gendarmerie, pour la plus grande gloire de Daech...
2. Une telle prise de risque se serait justifiée pour abattre le terroriste, pas pour faire la victime à la place de la victime.
3. On demande aux gendarmes d'agir en gendarmes, c'est-à-dire de façon professionnelle et rationnelle, dans l'intérêt de tous.
S'il est si catholique, votre héros a nettement péché par orgueil...
Et je suis sûr que cela doit débriefer sec dans la gendarmerie, et pas en termes favorables à la conduite de ce gradé.

Écrit par : Géo | 26 mars 2018

@ Géo

Vous ne connaissez rien à la vie en profondeur de pas mal de personnes catholiques, protestantes, ou autres.

En suivant les évangiles vous auriez bien réfléchi avant d'écrire votre commentaire car il est enseigné de ne pas juger.

Non pas réfléchir, se poser des questions, avoir un ressenti, une opinion, certes, mais en commençant par admettre que nous ne savons jamais précisément tout de la vie d'un être de sa naissance, comme présentement, à sa mort.

Votre commentaire négatif confirme les lignes de l'article de Stéphane Montabert
à propos de ceux qui luttent avec ferveur pour abolir les valeurs universelles au non desquelles Arnaud Beltrame est devenu un héros.

Valeurs universelles du monde entier étudiées par Jung en l'inconscient collectif de l'humanité.

Comment vous permettez-vous d'affirmer que par "orgueil" Arnaud Beltrame s'est sacrifié afin de passer désormais pour un héros?

Les habitués des blogs, et TDG, Géo, ne vous accusent-ils pas précisément de ce dont vous accusez Arnaud Beltrame?

De quoi relire ou découvrir l'histoire évangélique de la paille et de la poutre.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 26 mars 2018

Tiens, on a un nouveau Stéphane Poussier en puissance.

Myriam l'a bien dit, vous apportez la preuve de la justesse de compréhension de notre hôte.

Alexei

Écrit par : Alexei | 26 mars 2018

Alexei@ Visiblement, vous ne savez pas lire. Ce S.Poussier est une sorte de taré de gauchiste qui se réjouit de la mort d'un gradé de la gendarmerie. Cela n'a strictement rien à voir avec ce que j'ai écrit.
Ce que cette histoire démontre va bien au delà des délires mystico-élégiaques de cette Myriam Belakovsky qui squatte les blogs depuis des années pour nous parler de ses ennuis sexuels avec son père Edmond Kaiser. Ce qui s'est passé et l'attitude d'une majorité de Français nous montre un point déterminant de la différence entre les gens d'ici et ceux de France. Les Français ont cru faire la révolution bourgeoise contre l'aristocratie en 1789. L'Abbé Sieyès y a vu une révolution du peuple gaulois contre les Germains, la tribu des Francs, qui ont donné le nom au pays, autrefois la Gaule. Mais les Français ont gardé la religion des féodaux, le catholicisme, et éliminé les protestants. Qui ont fait la fortune de la Suisse et d'autres pays, soit dit en passant. Le catholicisme est profondément réactionnaire et dans les faits, très proche du pire de l'Islam. Il serait temps que certains s'en rendent compte. Le sacrifice du lieutenant-colonel est de la même étoffe que les types avec des ceintures explosives. Ce n'est pas notre civilisation actuelle, ce ne sont pas nos valeurs.

Écrit par : Géo | 26 mars 2018

Géo est plus proche des radicaux-socialistes que des maurassiens : par là, c'est toute une dimension spirituelle qui lui échappe.

Écrit par : rabbit | 26 mars 2018

« Tiens, on a un nouveau Stéphane Poussier en puissance. »

C'est inexact ce que vous dites.

Stéphane Poussier est habité par la haine gauchiste du flic, qui se réjouit qu'un flic mort est un matraqueur-gazeur-casseur de manifestant en moins. Donc, une vraie merde !

Quant à Géo, il semble reprocher au "héros national" de s'être suicidé en raison de ses convictions religieuses. C'est quand-même pas pareil.

Écrit par : petard | 26 mars 2018

@Géo: Ce billet s'intitule "Héroïsme, sacrifice et valeurs", et non pas "Héroïsme, suicide et valeurs".

Le lieutenant-colonel ne s'est pas jeté les bras écarté face au terroriste en criant "plutôt moi!". Il a trouvé le moyen de convaincre le terroriste de libérer une otage. Il déclencha son téléphone subrepticement, aidant ainsi ses collègues à comprendre ce qui se passait dans le centre commercial. Il dût penser en son for intérieur qu'en tant que militaire en bonne condition physique et formé au combat, il avait une meilleure chance de s'en sortir en cas d'affrontement avec un agresseur armé et cherchant la mort, qu'une caissière de quarante ans.

Et le plan fonctionna jusqu'à un certain point - Arnaud Beltrame ressortit vivant, quoique grièvement blessé, du lieu de la prise d'otage. Mals la médecine ne parvint pas à le sauver. Il décéda à l'hôpital, pas des mains de son agresseur, ce qui fait par ailleurs que pour les islamistes sa mort n'est pas à porter au crédit de Radouane Lakdim.

Oui, je pense que M. Beltrame est un héros, mais pas parce qu'il se serait sacrifié ; il ne s'est pas sacrifié. Il a courageusement pris un risque, un risque énorme, "inouï" pour reprendre les mots du père Jean-Baptiste.

Il a agi avec courage et compassion, et bien plus intelligemment que vous ne le pensez.

Écrit par : Stéphane Montabert | 26 mars 2018

Le lieutenant-colonel Beltrame est un héros mais sa mort me laisse un goût amer. Le sacrifice, le martyre, notions centrales dans le christianisme, ont tout de même une dimension suicidaire. Je trouverais triste que ce soit désormais cet horizon qui attire les jeunes en quête de sens. Une société ne peut pas se baser seulement sur l'abnégation. On voit déjà ce que cela donne, avec tous ces jeunes qui ne rêvent que de "faire de l'humanitaire" et n'ont pas le courage d'avoir des enfants.

Écrit par : Catherine | 26 mars 2018

@Montabert:
Pourquoi a-t-il pris un "risque énorme", immédiat, alors qu'il avait la responsabilité de ses hommes, de sa mission, des conséquences, de pouvoir assurer le lendemain sa fonction de sécurité...
Je ne parle même pas de sa vie personnelle, mais des engagements qu'il avait.

Un LtColonel n'est pas interchangeable avec un quidam !

Le passager qui saute sur l'arme du terroriste peut se dire qu'il a peu d'alternatives.
M Beltrame a -t- il vraiment évalué les risques ou s'agit-il du signe des lacunes (tactiques, psychologiques) des forces de gendarmerie de province face à une guerre par terrorisme ?

Écrit par : amike | 27 mars 2018

Amike@ Merci de dire en termes simples ce que j'ai tenté d'expliquer. C'est exactement ce que je voulais dire...
L'explication de son comportement irrationnel se trouve dans sa foi. A chacun d'en tirer ses conclusions. En attendant, ceux qui se reconnaissent dans cette foi jubilent :
http://oemery.blog.tdg.ch/archive/2018/03/24/a-comme-arnaud-b-comme-beltrame-et-c-comme-courage-290973.html

Écrit par : Géo | 27 mars 2018

Le socialisme a décidément bien réussi son coup en infiltrant les esprits à ce point.

Oser dire que le catholicisme se rapproche du pire de l'islam... quel toupet. Une telle cuistrerie n'est sans doute pas guerissable.

Le poisson pourrit par la tête.

Alexei

Écrit par : Alexei | 27 mars 2018

A partir du moment où on évoque le don de soi, la solidarité ou encore une attitude qui ne soit pas franchement belliqueuse, on va automatiquement se heurter au mépris de Geo.

En effet, pour cet intervenant (comme pour des dizaines de ses « camarades » qui pullulent sur la toile), de nos jours il n’y a qu’une seule personnalité qui trouve grâce à leurs yeux par une attitude jugée aussi exemplaire que d’une rare sagesse, c’est ….. V. Poutine.

Les autres (et donc Arnaud Beltrame aussi) ne seraient que des gauchistes bisounours téléguidés par des médias mainstream aussi pourris que malintentionnés.

Sympa l’ambiance sur ces blogs, non ?

Écrit par : Vincent | 27 mars 2018

« [...] comme pour des dizaines de ses « camarades » qui pullulent sur la toile), de nos jours il n’y a qu’une seule personnalité qui trouve grâce à leurs yeux par une attitude jugée aussi exemplaire que d’une rare sagesse, c’est ….. V. Poutine »

... et voici venu le nouveau "padamalgam", cuvée prestige, premier grand crû classé !

« [...] ne seraient que des gauchistes ... téléguidés par des médias ... aussi pourris que malintentionnés »

... pour le pourri et le malintentionné, je vais être indulgent, je laisse le bénéfice du doute. Je penche plutôt pour amateurisme et fainéantise. Il y a des livres d'Histoire, des traités de géopolitique et des faits irréfutables...

Écrit par : petard | 29 mars 2018

Alexei@ Je pensais que S.Montabert n'allait pas passer mon commentaire et j'ai continué sur le blog de G.Salem.
Voici qui répond à votre commentaire :
"Cette histoire de héros national français nous aide (m'aide...) à comprendre beaucoup de choses. La première, c'est que pour moi un héros est VICTORIEUX avant toutes choses. A la différence des catholiques et des islamistes, pour lesquels un héros et un martyr se confondent. Il y a depuis très longtemps que je ressens la prédominance de la culture hellénique sur les miasmes de la martyrologie chrétienne, son amour des horreurs subies par ses saints et ses saintes. Le catholicisme est une religion profondément masochiste, et c'est vraisemblablement une des raisons de l'amour insensé des cathos pour les sadiques musulmans...
Si les Français voulaient bien se donner la peine de réfléchir à Nungesser, Guynemer ou autres as de l'aviation de leur pays en 14-18, ils penseront à eux comme des héros victorieux et n'auront JAMAIS la moindre pensée sur le fait que ce merveilleux Guynemer et ses x victoires, cela a signifié la mort de x jeunes pilotes allemands. On s'en contre-fout, des morts. Si Bayard ou du Guesclin sont connus, c'est qu'ils ont démoli pas mal d'adversaires et non parce qu'ils se sont fait zigouiller à la première occasion.
Retournons aux origines : Achille et Hector.
Achille, sale petit fils de riche, pire, de déesse. Jet-setteur pervers polysexuel, jouisseur, égoïste, égomane. Tout ce qu'on déteste.
Hector : Arnaud Beltrame en mille fois mieux. Il n'était pas fanatique, lui, et avait des enfants, une femme merveilleuse. Il se battait en brave parmi les braves à la tête des Troyens, qui luttaient contre des envahisseurs. Tout ce qu'on respecte et vénère.
Et qui est le héros, dans l'Iliade ? L'abominable Achille. Et dans l'affaire de Trèbes, si on sort le nez de l'unanimisme franco-français ? Ce ne serait pas par hasard le moins que rien qui a réussi l'exploit de dégommer un haut gradé de la gendarmerie, promis aux plus hautes destinées nationales ?
Combien sont-ils en France, les Arabo-musulmans qui voient ainsi les choses ? Une très grande majorité, à mon avis...

Écrit par : Géo | 29 mars 2018

Merci, tout d'abord, à S. Montabert, pour cette analyse fine et ce constat aussi réaliste que sans appel :
"Médias ou politiciens, la plupart de ceux qui célèbrent aujourd'hui le courage du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame luttent avec ferveur pour abolir les valeurs au nom desquelles il est devenu un héros."
On connaît : c'est l'hypocrisie habituelle des politiques. Pas un pour racheter l'autre !

Ayant lu les commentaires, avec retard, je donnerais raison à Géo.
La trajectoire de cet officier de gendarmerie, entre franc-maçonnerie et foi en Dieu, au point de se préparer pendant des mois à son mariage religieux, est absolument surréaliste et d'une autre époque.
J'avoue avoir beaucoup de mal à y croire.
Que cet itinéraire soit le fait d'un authentique artiste passerait encore, mais de la part d'un militaire, là ça dépasse l'entendement.
Et pourtant, s'il a gravi les échelons, c'est qu'il était bien noté. Ses supérieurs, ceux qui l'ont poussé au cours de sa carrière, avaient-ils connaissance de ses autres activités et sensibilités ?
Car celles-ci, à mon avis, ne pouvaient que le desservir dans ce milieu.
On ne fait pas la guerre (la fonction naturelle du militaire) avec des bons sentiments, la larme à l'œil, et la compassion en bandoulière.

Et il y a un autre élément, plus pratique et plus fondamental, celui-là.
Le chef, s'il veut avoir quelque chance de gagner la bataille, ne doit pas s'exposer aux coups au risque de disparaître le premier et laisser ses hommes sans commandement.
C'est une faute stratégique majeure.
Ou alors, il lui fallait être un Bruce Willis qui aurait cassé le cou du terroriste de ses mains nues en moins de temps qu'il me faut pour l'écrire.
Mais, visiblement, notre héros tricolore, hélas pour lui, n'en était pas un.
C'est pourquoi j'ai d'abord pensé que c'était un suicide.
Voilà ce que j'écrivais sur un autre blog le 25 mars :

"Questions et zones d'ombre :
On peut se demander pourquoi il ne portait pas de gilet pare-balles dissimulé sous ses vêtements ?
De même, n'est-il pas étonnant qu'il ait pu entrer dans le magasin avec son pistolet 9 mm qu'on a trouvé à côté de lui ? Était-il chargé ?
Quelles balles a-t-il reçu, du 7,65 (arme du terroriste) ou du 9 mm (sa propre arme) ?
Pourquoi n'en avait-il pas un plus petit dissimulé sur lui, ou une arme blanche, dont il aurait pu se servir?
Comptait-il vraiment sur sa seule force de persuasion verbale pour amener le terroriste à résipiscence?
Bref, cela ressemblerait assez à un suicide, acte désespéré hélas relativement banal chez les policiers et gendarmes.
Ainsi, de janvier à novembre 2017, 46 policiers et 16 gendarmes se sont donné la mort.
Ce serait alors un suicide de gendarme de plus.
Évidemment, même si ce malheureux avait des raisons objectives personnelles pour que ce soit le cas, nous n'en saurons rien.
Cela ferait par trop pâlir l'étoile du héros, et surtout retomberait trop lourdement sur le Pouvoir irresponsable et la Justice laxiste.
Car les policiers et gendarmes se suicident principalement à cause de leur impuissance à agir contre la délinquance, bridés qu'ils sont par leur hiérarchie, elle-même soumise aux politiques. "

Que n'avais-je pas écrit là !
Je me suis fait incendier, et d'après certains j'étais promis à l'enfer de poursuites pour "apologie du terrorisme", et j'allais suivre ce Poussier dans les geôles de la République.

D'après des commentateurs ici, notre héros aurait tenté de prêcher les valeurs évangéliques au terroriste. Un miracle, certes, est toujours possible, mais sa probabilité, en l'occurrence, était strictement égale à zéro.

Écrit par : AP34 | 29 mars 2018

Les commentaires sont fermés.