09 mai 2018

Le traité iranien passe à la trappe

Trump rejette le pseudo traité de non-prolifération négocié avec l'Iran sous l'ère Obama, et l'Histoire s'écrit.

À quoi joue Trump ?, Le bulldozer Trump biffe l'accord iranien, Iran : une décision absurde aux effets déstabilisateurs, Donald Trump n'a pas de plan B, Et pourtant les généraux soutenaient l'accord sur le nucléaire iranien... Voilà quelques-uns des titres des articles de presse du lendemain du 8 mai, tous sortis du même tonneau. La même antienne servie par toutes les chancelleries, tous les ministres des affaires étrangères, tous les Premiers Ministres, tous les Présidents.

À les entendre, et il est difficile d'entendre autre chose tant leur voix écrase les autres, Trump est irrationnel, fou, imprévisible, et sa décision l'est tout autant. Mais il y a d'autres explications possibles, par exemple qu'ils mentent ou se trompent. Je penche pour cette approche, pour des raisons expliquées récemment.

Ils omettent par exemple de dire que le Traité de non-prolifération signé avec l'Iran en 2015 est tout sauf un traité de non-prolifération. En "échange" de la levée des sanctions internationales, l'Iran a obtenu:

  • Le droit de faire progresser la technologie de ses missiles balistiques, vecteurs indispensables pour projeter l'arme atomique à distance et menacer ainsi toutes les contrées à portée de tir, d'Israël aux États-Unis en passant par l'Arabie Saoudite et l'Europe ;
     
  • Le droit d'enrichir le minerai d'uranium sur son sol, ce qui est strictement interdit par le Traité international de Non-Prolifération nucléaire dont l'Iran était signataire avant que sa violation manifeste ne soit prouvée au grand jour ; [rappelons que les pays souhaitant disposer de nucléaire civil peuvent faire enrichir gratuitement du minerai d'uranium auprès des puissances nucléaires existantes]
     
  • Le droit de moderniser son parc de centrifugeuse, le traité limitant leur nombre mais pas leur puissance, permettant de décupler les capacités de production de matière fissile du pays tout en respectant le texte à la lettre ;
     
  • Le droit d'obtenir l'arme atomique officiellement en 2025, à l'épuisement du traité.

Difficile de parler de non-prolifération sans éclater de rire, si le sujet n'était si grave. Mais tous ces cadeaux obtenus sans contrepartie ne suffisaient pas encore aux mollahs. Il fallut l'intervention commando du Mossad en plein territoire iranien pour ramener les preuves que l'Iran continuait encore et malgré tout à enrichir de la matière fissile en vue d'un usage militaire, pendant les négociations et après la signature du traité. L'Iran n'a jamais, à aucun moment, considéré le texte diplomatique comme autre chose qu'une diversion.

L'Iran pourrait reprendre l'enrichissement, s'inquiètent aujourd'hui des éditorialistes. Leur inquiétude devrait plutôt venir de ce que l'Iran ne l'a jamais cessé.

Trump n'appartient pas à la sphère des politiciens professionnels de Washington. Il résista à l'incitation internationale lancée par les héritiers de Chamberlain, M. Macron et Mme Merkel. Il résista à la pression de ses rivaux politiques, des médias, des doctes analystes. Il resta sourd aux "bons conseils" de membres de sa propre équipe comme Rex Tillerson ou le général Flynn. Pourtant, les Républicains faisaient parfois preuve de plus de courage, en paroles en tout cas.

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Trump annonce qu'il sort les États-Unis du traité avec l'Iran (image: capture d'écran vidéo)

Armé de son bon sens et d'une transparence qui l'amena à aborder le sujet dès la campagne électorale, Trump annonça qu'il retirerait les États-Unis du traité signé avec l'Iran. Les seuls qui voient quelque chose d'imprévisible dans cette affaire sont nos médias, aveuglés par leur haine anti-Trump.

Les Européens gesticulent en affirmant qu'ils veulent "sauver" le traité. Ils n'ont rien compris. Les États-Unis ont tué le traité. Trump réinstalle unilatéralement les sanctions économiques américaines avec l'Iran. Trump ne peut pas empêcher quiconque de commercer avec l'Iran ; mais il peut empêcher ceux qui commercent avec l'Iran de commercer avec les États-Unis. Les vendeurs d'Airbus, de voitures, de téléphones portables et de matériel à usage potentiellement militaire vont devoir faire des choix. Commercer avec Téhéran, ou avec les États-Unis? Les deux seront exclusifs. Plus possible, comme aiment tant à le faire les Européens, de manger à tous les râteliers.

De la même façon, Trump n'est pas tombé dans le piège d'une "réforme" du traité. Celle-ci aurait volontairement traîné en longueur sur des années, largement plus qu'il n'en faut pour que l'Iran ne termine sa bombe. L'annonce surprise de sa décision le 8 mai - alors qu'il avait laissé entendre à plusieurs reprises qu'il se déciderai vraisemblablement le 12 - participe de cette stratégie de déstabilisation de l'adversaire. Selon certains analystes et les sous-entendus de responsables iraniens eux-mêmes, l'Iran pourrait n'être qu'à quelques semaines de l'assemblage d'une bombe nucléaire. À ce stade, chaque minute gagnée compte. Gageons que les satellites espion et les agents infiltrés sont sur la brèche, scrutant la réaction iranienne dans ses moindres détails.

L'avenir est toujours incertain face aux islamistes iraniens et à leurs rêves apocalyptiques. Une guerre reste possible. Mais en agissant comme il vient de le faire, Trump diminue le risque que cette guerre soit nucléaire.

Commentaires

Mouais. Il y a toutefois un aspect de la question que vous n'abordez pas. Êtes-vous partisan sans restriction de cette toute-puissance américaine qui décide de qui fait quoi sur la planète selon sa propre volonté ? Personnellement, je me sens plus Suisse qu'Américain et je vois bien que nos intérêts divergent sérieusement et de plus en plus...
Le Delaware continue avec le secret bancaire, ainsi que d'autres états US.
La guerre en Syrie et en Irak nous a valu une avalanche de réfugiés. Les USA, responsables à 100% s'en lavent les mains.
Ce traité avec l'Iran était multi-latéral. Trump s'essuie les pieds sur ses soi-disant alliés.
Ce sont des faits, pas des allégations idéologiques.

Écrit par : Géo | 10 mai 2018

Géo: je ne suis évidemment pas "partisan sans restriction d'une toute-puissance américaine qui décide de qui fait quoi sur la planète selon sa propre volonté", mais je ne m'inquiète pas parce que cette situation n'existe pas. Qui aurait maintenant les pleins pouvoirs? Trump? C'est une blague?

Ne mettez pas 300 millions d'Américains dans le même tonneau. Il y a là-bas une majorité et une opposition, des débats sur la politique étrangère, la moralité, la liberté d'expression, la sphère privée et les limites de l'État. Il y a bien sûr au pouvoir des barbouzes, des hypocrites, des carriéristes et d'autres individus peu recommandables qui auraient dû être évincés ou envoyés en prison depuis longtemps. J'ai l'heur de croire qu'il n'y en a pas plus, ni qu'ils s'en sortent mieux, que les élites corrompues sous d'autres latitudes.

Pour en revenir au sujet, le traité avec l'Iran était un mauvais traité. Qu'il ait été multi-latéral, sanctifié par le pape ou signé lors d'un alignement de planète n'a aucune importance. À la différence de l'Iran qui a trahi le texte tant dans sa lettre que dans son esprit (ce qui, à vous lire, n'a pas l'air de beaucoup vous déranger) Trump n'a pas violé le traité. Il a agi selon ses prérogatives de Président des États-Unis, en choisissant de ne pas le ratifier. Il en avait parfaitement le droit.

Aurait-il dû être forcé à le signer par la magie du mot "multilatéral"? Pas plus que n'importe quel partenaire de coalition. La France ou l'Allemagne selon leurs procédures de ratification respectives auraient tout aussi bien pu dire que c'était un mauvais traité, et refuser de le ratifier. Elles ne l'ont pas fait, parce que leurs classes politiques sont en grande partie faibles, corrompues et lâches (tout comme une bonne partie de la classe politique américaine, je n'épargne personne.)

Le problème fondamental n'est pas que Trump n'ait pas signé un mauvais traité, un traité mal négocié par l'islamo-gauchiste Obama, qui accordait beaucoup trop de lest à la clique islamiste malfaisante actuellement à la tête de l'Iran. Le problème fondamental est qu'il ait fallu un Trump pour dénoncer ce traité, alors que TOUT LE MONDE (négociateurs, diplomates, journalistes) savait et a toujours su que ce traité ne visait rien de moins que d'offrir la bombe nucléaire à l'Iran, sur un plateau d'argent.

Pour qu'on en arrive à avoir besoin d'un Trump pour arrêter le train fou, c'est que toute la chaîne est défaillante, toute la hiérarchie corrompue, tous les "alliés" des bénis-oui-oui soumis à l'ennemi et pusillanimes.

Il me semble que c'est plus important que le deux-poids-deux-mesures de l'administration fiscale américaine avec le Delaware, qui n'est pas très différente d'ailleurs de la même hypocrisie de l'UE vis-à-vis du Luxembourg.

Écrit par : Stéphane Montabert | 10 mai 2018

Trump est un ami d'Israël, ce qui n'était pas le cas d'Obama, cet islamo-gauchiste ami des Musulmans et des Frères du même nom.
Cet accord, concocté par Obama, était à l'évidence, comme dit par notre hôte, destiné à permettre à l'Iran de se doter à terme de l'arme nucléaire.
Quand on sait que la profession de foi claironnée par les mollahs est de rayer Israël de la carte, les aider d'une quelconque manière à avancer dans la voie du nucléaire militaire est criminel .
Que cela ait été le vœu secret d'Obama n'a rien d'étonnant, ce qui l'est davantage est que la bande des Trois : Macron, Merkel et May vise le même objectif.
De la part de Macron et May, ça fait probablement partie de leur politique arabe, qui passe par leur dépendance au pétrole et aux fonds souverains. Dans ce sens, les reportages des grands médias toujours favorables aux Palestiniens dans leur conflit avec Israël sont cohérents.
Mais de la part de Merkel, là c'est trop, alors que ses compatriotes ont déjà tué 6 millions de Juifs (les Nazis étaient des Allemands, même si les Allemands n'étaient pas tous des Nazis ; on a un peu trop tendance à l'oublier). Aussi attendrais-je de Merkel une absolue neutralité sur le sujet du traité avec l'Iran, maintenant qu’il a été dénoncé, même si, au départ, elle était partie prenante.

Écrit par : AP34 | 11 mai 2018

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