16 septembre 2018

Bonne santé de l'économie américaine: merci Obama?

Le dernier débat économico-politique du moment: la bonne santé de l'économie américaine serait à mettre au crédit du Président sortant, Barack Obama, et non à celle de son Président actuel, Donald Trump. La polémique surgit avec un timing tout à fait judicieux alors que se profilent les élections de mi-mandat.

barack-obama-11530968525cgpqnawypv.pngPour découvrir ce dernier narrative venu d'outre-atlantique, il suffit de lire la presse francophone, laquelle reprend sans retenue les médias américains pourvu qu'ils fussent marqués à gauche. Ainsi, dans Le Devoir, on lit en toute objectivité que Barack Obama, "relativement discret depuis son départ de la Maison-Blanche", est "sorti de sa réserve (...) pour mettre les points sur les i."

Il faut avoir le cœur bien accroché pour lire pareil panégyrique sans s'étrangler. Notez comme le journaliste présente Barack Obama, quelqu'un qui se sent "obligé de réagir" face aux mensonges de Trump. Au nom de la Vérité, le vieux guerrier pétri de sagesse sort bien malgré lui de sa paisible retraite... Retraite dans laquelle, il faut bien le dire, l'ex-président n'est jamais rentré. Et qu'annonce le 44e président des États-Unis depuis l'Illinois?

Barack Obama a d’abord rappelé le contexte : lorsqu’il avait pris ses fonctions en 2009, l’économie américaine perdait 800 000 emplois chaque mois. C’était la crise mondiale, avec des effets inédits depuis la Seconde Guerre mondiale. Donald Trump est, lui, arrivé dans une économie assainie. « Quand j’ai quitté mes fonctions, le revenu des ménages était proche d’un record […] et les salaires augmentaient », a fait valoir Obama. « Quand j’entends combien l’économie se porte bien, je dis : rappelons-nous quand la reprise a commencé. Je suis heureux que cela se poursuive, mais quand on entend parler de miracle économique […], je dois leur rappeler que les chiffres relatifs à l’emploi sont assez proches de ce qu’ils étaient en 2015 et 2016. »


On enchaîne avec les prétendus "experts" qui tentent de donner vie à cette version des faits:

« Il n’y a aucun doute que le crédit est à mettre au compte d’un mélange » des deux présidences, estime Douglas Holtz-Eakin, ancien directeur du Bureau du budget du Congrès. (...)

« Les chiffres montrent clairement que l’expansion a démarré sous le président Obama […] et Trump surfe sur les tendances dont il a hérité », a, de son côté, avancé Jared Bernstein, l’ancien conseiller économique du vice-président d’Obama, Joseph Biden.


Je suis le premier à admettre que Barack Obama accéda à la présidence dans une économie en crise, et dont il ne portait personnellement aucune responsabilité. Son idéologie, en revanche, était largement partie prenante dans le désastre, notamment à cause de l'octroi forcé de crédits immobiliers, pour des raisons raciales ou politiques, à des personnes manifestement insolvables. Et tout cela remonte à dix ans aujourd'hui.

Comme d'habitude, le New York Times est le fer de lance de la réécriture historique du moment, écrivant que "la reprise économique commencée sous Obama est maintenant présentée comme celle de Trump". L'article commence par admettre que sur pratiquement chaque critère mesurable l'économie américaine se porte bien, et passe les 1'400 mots suivants à expliquer que cette embellie n'a rien à voir avec l'agenda économique de Trump.

Que le New York Times présente une opinion politiquement marquée comme une vérité est son droit le plus strict, mais cela n'a rien à voir avec de l'information. Les propres archives du journal sont disponibles et abondantes pour se rappeler, il n'y a pas si longtemps, quelles étaient les perspectives économiques alors que Barack Obama s'apprêtait à transmettre le flambeau de la présidence à son successeur démocrate Hillary Clinton - un travail de vérification dont l'Investor's Business Daily se donne la peine.

La crise des subprimes survint au début du premier des deux mandats de Barack Obama. Il disposa de huit ans pour essayer de redresser la barre. Or en 2016 l'économie était encore en stagnation. La reprise après la crise était la plus faible depuis la Grande Dépression de 1929.

En fait, le New York Times lui-même décrivit l'économie sous Obama de cette façon en 2016:

"Pendant trois trimestres de suite, le taux de croissance de l'économie a oscillé autour d'un maigre 1%. Lors du dernier trimestre 2015 et du premier trimestre 2016, l'économie a cru à un faible taux de 0,9% et 0,8% respectivement, en rythme annuel. Les premières estimations pour le deuxième trimestre de cette année, annoncées vendredi, présagent d'un décevant 1,2%."


Le taux de croissance ne fit guère mieux pendant les trois derniers trimestres de 2016. Et le 27 janvier 2017, après que le gouvernement annonce que la croissance pour l'ensemble de 2016 atteignait un piètre 1,6% - le taux le plus faible depuis 5 ans - le New York Times rendit compte que "le Président Trump visait un taux de croissance juste un peu plus élevé." Le bureau bipartisan du Congrès sur le budget prévoyait une croissance de 1,9%.

La croissance fut d'une faiblesse si persistante pendant les deux mandats d'Obama que les journalistes commencèrent à préparer le grand public en évoquant une "stagnation permanente". Ils disaient que l'Amérique entrait dans une longue période de croissance faible et stable, résultante d'une lente hausse de la population et de la productivité. En août 2016, le New York Times déclara que "la réalité sous-jacente de la croissance faible hantera quiconque remporte la Maison Blanche."

Le mois suivant, CBS News annonça "qu'avec la croissance américaine en berne pendant plusieurs années, de nombreux économistes en viennent à penser que le pays est entré dans une période prolongée où toute croissance sera plus faible qu'elle ne fut par le passé."

En d'autres termes, il n'y avait aucune prédiction d'envolée de l'économie sur le radar de quiconque lorsque Trump prit place dans le Bureau Ovale. Maintenant que l'économie dépasse les attentes de tout le monde, les critiques de Trump prétendent que les ingrédients étaient déjà dans le gâteau, et le gâteau déjà dans le four.

donald_trump_PNG29.pngC'est vrai, l'activité économique dépend de paramètres mondiaux sur lesquels même le Président des États-Unis n'a pas prise. Mais l'Amérique va plutôt mieux que le reste du monde aujourd'hui.

Un mauvais Président peut ralentir, voire définitivement oblitérer l'activité économique de son pays en empilant des lois destructrices les unes après les autres - voyez le Venezuela pour la feuille de route. Un bon Président ne peut pas créer la croissance par sa seule volonté, mais peut faire en sorte que le cadre légal, fiscal et juridique devienne favorable à la création d'entreprises et aux profits. L'activité économique croît alors, et avec elle l'emploi et les salaires ; et à terme, même les rentrées fiscales augmentent.

C'est l'éternelle division entre les socialistes qui veulent changer la façon dont on distribue les parts de gâteau, et les libéraux qui font augmenter la taille du gâteau - pour tout le monde.

Quoi qu'en disent les acrimonieux médias occidentaux, les Américains se reconnaissent bien davantage dans la seconde catégorie que la première. Ainsi, l'optimisme grandit à travers la société américaine lorsque Trump remporta l'élection face à son adversaire Hillary Clinton et ses "enthousiasmantes" perspectives de stagnation. Maintenant que Trump a mis en place de nombreuses dérégulations et que la baisse de la fiscalité est sous toit, nous devrions continuer à voir une croissance américaine solide.

Les médias travaillent sans cesse à faire rentrer leur narrative dans les esprits, mais pour l'instant ils échouent. Les sondages montrent clairement que le grand public donne crédit à Trump pour l'embellie économique que traversent les États-Unis. Ils ont raison, et les médias ont tort.

Commentaires

Les grands médias américains (excepté Fox News) n'ont de cesse de tenter de dégommer Trump par tous les moyens, même les plus tordus. De même pour la presse européenne, et française en particulier, y compris le Figaro, qui n'est pourtant pas réputé être un journal de gauche comme le Monde.
Il y a dans le Fig. au moins un article quotidien contre Trump. Un de ses journalistes est d’ailleurs parmi les plus acharnés ennemis de Trump, j’ai nommé Philippe Gélie, correspondant du journal à Washington.
La tentative de bourrage de crâne anti-Trump est si voyante et les moyens pour y parvenir si grossiers que l'effet obtenu est à l’évidence l’inverse de celui espéré, il suffit pour s’en convaincre de lire les commentaires des lecteurs.
Dans le contexte de cette haine de Trump presque universelle (excepté dans les quatre pays dits de Visegrad, plus maintenant l’Autriche et l’Italie, comme c'est étrange !), il est évidemment hors de question d'attribuer un quelconque succès à Trump, qu’il soit d'ordre économique, diplomatique ou autre.
Les médias auraient évidemment préféré pouvoir carrément nier la réalité de l'embellie de l'économie américaine. Mais comme c'est impossible – il y a quand même quelques indicateurs économiques fiables ! –, eh bien il ne restait plus qu'à attribuer le succès à son prédécesseur, prédécesseur qui reste un héros doublé d’un saint dans l’intelligentsia américaine et européenne
Ces procédés sont de bonne guerre, et étaient attendus.
Et évidemment, si l'économie avait décliné, ou même stagné, les mêmes en auraient évidemment imputé la faute à Trump.
Il ne faut pas chercher une quelconque logique là-dedans, il n'y en a aucune.
C’est de la passion idéologique, totalement étrangère à la raison platonicienne.

Écrit par : AP34 | 16 septembre 2018

Les quatre raisons principales de la haine universelle suscitée par Trump :
1) Il est très politiquement incorrect.
De fait, il peut se le permettre, riche comme il est, il n’a besoin de flatter personne pour obtenir des prébendes et autres avantages.
2) Il n’est pas un immigrationniste.
3) Il n’aime pas l’islam ni les musulmans.
4) Il aime Israël, et est son meilleur allié.

Ah j’oubliais : ces quatre raisons sont précisément celles pour lesquelles, moi personnellement, je l’apprécie.
Mais je suppose que vous l’aviez déjà deviné !

Écrit par : AP34 | 16 septembre 2018

@AP34: j'avais lu par ailleurs que "Le Figaro" était pensé comme un journal de gauche destiné à un public de droite. J'avais trouvé cette description finement analysée.

Écrit par : Stéphane Montabert | 16 septembre 2018

"Il aime Israël, et est son meilleur allié."

Alors pourquoi les Juifs planétaristes le détestent ?

https://www.dailymail.co.uk/news/article-6162889/Leaked-Google-conference-video-shows-founder-comparing-Trump-voters-extremists.html

Je réponds à ma question: parce qu'il défend les intérêt du peuple blanc étasunien et, par extension, les intérêts de tous les Blancs sur la planète.

Aujourd'hui, les vraies questions sont des questions de survivance raciale, même la géopolitique passe au second plan.

Naturellement, tout ceci est difficile à concevoir pour les droitards qui pensent encore avec un "logiciel" du 20ième siècle.

Écrit par : UnOurs | 16 septembre 2018

Je complète: on me dira que ces "planétaristes" sont avant tout des gauchistes et que l'on devrait pouvoir s'entendre avec des Israéliens nationalistes comme le président Netanyahou par exemple. N'est-ce pas le président Netanyahou qui, récemment, voulait renvoyer en douce un gros surplus de "migrants" séjournant en Israël vers des pays occidentaux comme le Canada ou l'Italie...

http://www.lapresse.ca/international/moyen-orient/201804/02/01-5159525-israel-les-migrants-africains-iront-notamment-au-canada-en-allemagne-et-italie.php

... est-ce là un geste amical, le geste d'un allié ?

Le refus des pays concernés a été, je l'avoue, une des rares bonnes surprises de l'année venant des dirigeants généralement soumis.

Écrit par : UnOurs | 17 septembre 2018

Ce qui est intéressant, c'est de voir que d'une position extrémiste contre la dette, vous louez Trump qui l'agrandit à pas de géant.
Et je ne parle même pas des républicains qui ont fait la guerre contre Obama à cause de la fameuse dette.

La crédibilité des républicains s'enfonce à mesure que le trou de la dette grandit.
Et l'UDC qui loue Trump aussi.

Écrit par : motus | 18 septembre 2018

@motus: je ne suis pas un extrémiste borné dans quelque direction que ce soit, mais resituons un peu de contexte si vous le voulez bien.

Pendant la période Bush en 2000-2008 le Président lance les USA dans pas moins de deux guerres en même temps - Afghanistan et Irak - et se ensuite dans le discutable "nation-building". La dette explose. George W. Bush dépense plus que tous les autres présidents américains réunis.
La gauche et la droite hurlent à la hausse de la dette, moi aussi. La gauche et la droite concèdent aux dépenses parce que l'Amérique est en guerre.

Pendant la période Obama en 2008-2016 le Président fait grossir le poids de l'État américain comme jamais auparavant. la dette explose. Obama dépense plus que tous les autres présidents américains réunis - George W. Bush inclus.
La droite hurle, mais la gauche ne hurle plus du tout à la hausse de la dette: c'est un Président gauchiste, il est absous par nature.

Arrive Trump. Le Président libère la croissance en diminuant la charge fiscale et la réglementation. La dette monte, mais moins que sous Obama. La droite demande de continuer la réduction du poids de l'État, la gauche hurle à la hausse de la dette.

Le problème de la gauche américaine sur la dette, c'est qu'elle n'est plus crédible du tout depuis les années Obama - cela ne remonte pas à bien loin.

Le conservatisme fiscal a encore du chemin à faire dans les rangs républicains, je vous l'accorde, mais c'est parce qu'une grande partie des élus de ce parti sont encore des RINOs (Republicans In Name Only - des gens "qui n'ont de Républicain que le nom") et qui ne collent absolument pas aux valeurs républicaines des électeurs. Des socialistes honteux, si vous voulez, comme McCain l'était. Tout parallèle avec la Suisse et ses partis du "centre" est évidemment fortuit.

Quant à moi, je m'inquiète évidemment de la dette américaine, encore et toujours, et j'attends avec impatience que Trump continue à démanteler l'État socio-démocrate commencé sous Obama. Là nous verrons s'il est un grand président ou juste un bateleur qui bâtit une fausse croissance sur de la dette, comme le fit Obama.

J'ai raisonnablement confiance ; et puisque nous parlons de croissance et de dette, j'en profite pour rappeler que même en bâtisseur de châteaux de sables Obama a été lamentable, incapable de tirer plus de 1% et quelque de croissance tout en doublant la dette américaine. Cela revient à faire de sa maison un brasier juste pour se faire cuire un oeuf.

Écrit par : Stéphane Montabert | 19 septembre 2018

Bien sûr, entièrement d'accord avec S. Montabert :
il y a la mauvaise dette que l'on fait, par exemple, pour redistribuer aux "plus démunis" et pour payer gite et couvert aux migrants illégaux, et la bonne dette que l'on fait, par exemple, pour supprimer des régulations et des charges sur les entreprises.
On sait que le second cas de figure fonctionne toujours, Regan l'avait fait avant Trump.
On sait encore mieux que le premier cas de figure ne fonctionne jamais. Et pourtant il est sans cesse remis sur le tapis par les démagogues de socialistes.

Écrit par : AP34 | 20 septembre 2018

"Il aime Israël, et est son meilleur allié."

Pourtant:

https://www.20minutes.fr/monde/2341019-20180921-etats-unis-2-justice-envisage-complot-debarrasser-trump

Écrit par : UnOurs | 22 septembre 2018

S.Montabert@ Est-ce que vous vous rendez compte que votre blog est le seul qui parle de politique du point de vue de droite ou de centre-droit sur cette plateforme ? Comment s'explique cette misère ? Le PLR entretient une feuille de chou misérable tenue par une rédac'chef d'une nullité assez effarante qui passe son temps à nous expliquer qu'elle mouille pour le beau Tsipras. Qui lui est un leader d'extrême-gauche, que je sache. Le PLR est un peu malade dans sa tête, disons-le.
Cela dit, vous le saviez, vous, que Rebecca Ruiz est considérée comme favorite à la succession de PYM au Conseil d'Etat selon les journaleux de 24 heures ? Ainsi donc, si vous êtes femme, socialiste et espagnole, cela suffit pour l'emporter ? Et personne ne réagit nulle part ? Aux fous ! Ce canton va droit dans le mur, mais beaucoup plus vite qu'on aurait pu l'imaginer...

Écrit par : Géo | 22 septembre 2018

à l'Ours
À propos de Trump:
Ne prenez pas pour argent content tout ce que vous pourrez lire sur ce personnage dans les grands médias européens, lisez plutôt Dreuz, site américain en français, qui vous donnera des nouvelles fraîches et non biaisés du 45ème président des US (spécialement les articles de Guy Millière).
Ne me remerciez pas !

Écrit par : AP34 | 22 septembre 2018

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