06 octobre 2018

La Cour Suprême américaine à nouveau au complet

Après les mois d'un processus de confirmation dérapant de la plus odieuse manière dans sa dernière ligne droite, aujourd'hui le Sénat américain vient finalement de nommer Brett Kavanaugh à la Cour Suprême, en remplacement du juge Anthony Kennedy qui a pris sa retraite au 31 juillet.

"Comme si des millions de voix [de gauchistes] avaient soudainement hurlé de terreur et puis s'étaient éteintes aussitôt...comme si un drame terrible s'était produit." ― citation apocryphe d'Obi-Wan Kenobi, Star Wars, "Un Nouvel Espoir"


L'opposition au candidat choisi par Donald Trump alla jusqu'à perturber la tenue du vote en protestant depuis les gradins du Sénat, avant d'être évacuée par la police. La confirmation eut lieu avec un vote de 50 contre 48, soit la plus petite marge d'élection pour un magistrat à la Cour Suprême depuis le XIXe siècle.

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Brett Kavanaugh et sa famille, lors de la nomination du candidat par le Président Trump

Sur le papier les Républicains disposaient d'une majorité de 51 sièges contre 49, mais trois Sénateurs républicains hésitèrent à faire défection jusqu'au dernier moment. La Sénatrice de l'Alaska Lisa Murkowski fut finalement la seule élue républicaine à s'opposer à la nomination du juge, mais choisit de s'abstenir pour compenser l'absence du Sénateur du Montana Steve Daines qui soutenait Kavanaugh et ne put prendre part au vote, ayant quitté la capitale de Washington le vendredi pour retourner dans son État et assister au mariage de sa fille.

Brett Kavanaugh obtint même une voix démocrate, celle du Sénateur Joe Manchin de Virginie Occidentale.

Les médias se lamentent bien entendu sur l'élection du juge, mais il s'agit d'une victoire majeure pour Donald Trump et surtout pour le Constitutionnalisme aux États-Unis. La majorité à la Cour Suprême est désormais portée par cinq juges qui souhaitent appliquer la Constitution des États-Unis, contre quatre juges "progressistes", dont deux nommés par Obama, pour lesquels la Constitution américaine n'est qu'un vieux texte de loi qui ne doit surtout pas entraver l'action du gouvernement, spécialement s'il est de gauche.

Depuis des années, la Cour Suprême oscillait entre l'application et la non-application de la Constitution, en particulier à cause du juge Kennedy (que Kavanaugh remplace) et dont l'opinion variait selon les sujets. Selon de nombreux observateurs médiatiques, la plupart consternés évidemment, l'élection de Kavanaugh ancre l'institution dans son rôle traditionnel pour au moins dix ans.

L'élection du juge a bien sûr d'autres conséquences. Elle montre que les Républicains ont osé résister au terrorisme idéologique lancé par la gauche américaine pour détruire la réputation et la vie d'un homme qui a juste eu le malheur d'accepter de vouloir servir son pays.

Dans les dernières heures avant le scrutin, un avocat de gauche américain, Michael Avenatti, alla jusqu'à accuser Kavanaugh d'avoir organisé un réseau de viols collectifs alors qu'il était au lycée. Alors que les accusations proférées par Christine Blasey Ford - toujours pas corroborées à ce jour - pouvaient sembler crédibles et susciter un certain doute au sein de l'opinion publique, le camp démocrate martela de nouvelles accusations de plus en plus hystériques dans l'espoir que le cumul de diffamation permettrait de faire échouer sa nomination.

Rappelons une fois encore que Brett Kavanaugh fut mis sous enquête six fois lorsqu'il accéda à ses différents postes de juge, et encore une septième fois cette semaine lorsque les Démocrates réussirent à arracher cette demande à la Commission du Sénat charger d'examiner sa candidature. Trump ironisa en disant que toutes les enquêtes du monde ne pourront suffire aux Démocrates tant qu'aucune ne prouvera ce qu'ils veulent, et il est difficile de lui donner tort.

Aujourd'hui, la défaite des Démocrates est totale et face à leur échec ils commencent à s'accuser entre eux. Si la justice américaine fait son travail, il se pourrait que certaines personnes soient poursuivies pour parjure et fausses déclarations. Si la parole des femmes agressées sexuellement s'est libérée depuis la vague #MeToo, et c'est fort heureux, il faudrait être de la dernière naïveté pour croire qu'aucune d'elle n'oserait jamais mentir à ce sujet - "la fin justifie les moyens" étant inscrit dans l'ADN de la gauche.

Loin des sentencieuses analyses des présentateurs télévisés, le grand public américain est très fâché de ce qui vient de se passer. Les accusations continuelles des Démocrates américains tombent à plat, étant donné qu'il est difficile de prétendre qu'un vote démocratique du Sénat est "fasciste" lorsque donner crédit à des accusations sans preuve et sans procès ne le serait pas.

La présomption d'innocence est importante aux États-Unis et le respect de la Constitution encore vivace. L'échec des Démocrates à un mois des élections de mi-mandat présage le pire pour leur camp lors du vote qui se profile en novembre. Mais le plus amusant sera de lire ces prochains jours nos journalistes et éditorialistes s'étrangler pour admettre que Trump vient de gagner une bataille de plus.