17 octobre 2018

Personnages Non Joueurs

C'est un nouveau buzz et il fait fureur outre-Atlantique: les gauchistes seraient des imbéciles sans monologue intérieur et incapables de penser par eux-mêmes.

Wojak le Personnage Non-Joueur

Le concept les compare à des PNJ ou Personnages Non-Joueurs (en anglais NPC pour Non-Player Characters) - ces innombrables personnages en second plan dans les jeux vidéos, juste là pour débiter toujours les mêmes phrases préprogrammées lorsque quelqu'un interagit avec eux.

internet,idéologie

Ce mème américain vise à ridiculiser la posture d'outrage perpétuel dans laquelle se complaisent les liberals, qui se contentent de répéter comme des perroquets les derniers éléments de langage débités par le chroniqueur favori qui se charge de penser à leur place. En gros, les adversaires des liberals les assimilent à des zombies philosophiques.

La mode virale repose sur une image créée au cours d'une discussion sur le célèbre canal 4chan, où un utilisateur créa un visage simpliste et sans expression, désormais connu sous le nom de "NPC Wojak".

internet,idéologie
Wojak le PNJ, entouré d'autres PNJ.

L'image fut ensuite utilisée pour tourner en dérision les... lacunes argumentaires, dirons-nous, de certains interlocuteurs dans une conversation politique de base:

internet,idéologie

Face à l'utilisation de ce dessin la réaction ne se fit pas attendre et des utilisateurs gauchistes de Twitter furent prompt à dénoncer le mème, parlant d'une "déshumanisation" et accusant ceux qui l'emploient d'être "fascistes" - étant entendu que les gauchistes n'insultent jamais leurs adversaires, ni ne les déshumanisent jamais en les traitant d'Hitler, de fascistes, de nazi ou autre "déplorables"...

internet,idéologie
Argumentaire-type: un militant dénonce la "déshumanisation" infligée à son camp idéologique tout en ne se gênant pas pour mettre lui-même tous ses adversaires politiques dans un même panier (en les insultant copieusement au passage).

L'ampleur de l'irritabilité suscitée montra que le thème faisait mouche. Le buzz était lancé.

internet,idéologie

internet,idéologie

internet,idéologie

internet,idéologie

La déshumanisation c'est toujours pour les autres...

Les PNJ envahissent Twitter

Il ne fallut pas longtemps pour que des plaisantins n'envahissent Twitter en créant autant de comptes parodiques des absurdités débitées en continu par les activistes de gauche, les prenant à leur propre jeu.

internet,idéologie

(cliquez ici pour l'image complète)

Quant au contenu, il fut assez facile à créer, la réalité dépassant souvent la parodie (l'image ci-dessus donne de bons exemples dans la description de chaque profil).

Twitter réagit en bannissant des milliers de comptes, et d'une façon riche en enseignements. La firme fut incapable de donner une raison valable pour la fermeture des comptes et ne se donna même pas la peine d'en inventer une. Les utilisateurs reçurent donc ce message:

internet,idéologie
Violation des conditions d'utilisation de Twitter, spécifiquement: "".

Encore une fois la réalité dépasse la fiction! Pourtant, la parodie et les comptes humoristiques sont des formes acceptées d'utilisation de Twitter - mais visiblement pas quand on se moque de la gauche.

Conclusion

Commençons par une remarque liminaire à destination des imbéciles égarés sur ce texte: non, les gens de gauche ne sont pas des PNJ, il ne s'agit que d'humour (caustique certes), ils sont 100% humains, ont une âme et sont capables de réflexion, et la meilleure preuve que nous en ayons aux États-Unis est le nombre d'entre eux qui quittent le parti démocrate.

Après une première vague de bannissements abusifs (Twitter bloqua simplement tous les comptes comportant "NPC" dans leur nom) les joyeux drilles de la mode du PNJ se montrèrent plus habiles et créèrent des comptes moins facile à identifier, tout en continuant à poster des absurdités caricaturales - l'objectif étant de se faire liker par les plus gros poissons de la politique et de ramener une photo de la prise.

On pourrait penser qu'il ne s'agirait que d'une tempête dans un coin d'Internet mais elle prit des proportions suffisantes pour que même le New York Times en parle.

Le mème du PNJ est remarquable parce qu'il repose sur les capacités d'indignation apparemment infinies de la gauche et en détourne les codes, en plus de démontrer le manque d'humour et d'autodérision de ses partisans. La meilleure chose à faire pour ceux que cela dérange serait sans doute d'ignorer tout cela, mais comment un gauchiste classique peut-il fermer les yeux sur une injustice, en particulier s'il s'en estime victime?

L'image du PNJ est drôle, efficace, et contient un indéniable soupçon de vérité car la gauche souffre de son conformisme. Voilà ce qui rend beaucoup de gens très agressifs. En outre, les réactions anti-PNJ alimentent et entretiennent le buzz autour de ce thème, si bien que cette mode n'est peut-être pas près de disparaître.

Commentaires

Tout ça est technique, avec tous ses sigles et acronymes.
Je refuse de m'y intéresser.
Je dirai simplement que tout ça vaut mieux qu'une bonne guerre civile.
Si internet avait existé à l'époque, les Américains auraient peut-être pu s'épargner la guerre de Sécession (1861-1865).

Écrit par : AP34 | 18 octobre 2018

"Si internet avait existé à l'époque, les Américains auraient peut-être pu s'épargner la guerre de Sécession (1861-1865)."
Certainement pas. Ces massacres de masse ont probablement été une phase indispensable de l'évolution de l'humanité...
Dans le futur, ce sont les contingences terrestres qui vont faire pas mal de dégâts. L'Afrique ne peut pas nourrir deux milliards d'humains et les Américains n'auront pas éternellement des surplus de maïs pour les nourrir.
Cela va faire pas mal de dégâts...

Écrit par : Géo | 18 octobre 2018

@AP34: eh bien, vous avez tort de refuser de vous y intéresser. Et effectivement ça vaut mieux qu'une bonne guerre civile.

La guerre entre les idéologies se transpose sur tous les plans (pourquoi l'URSS et les USA s'affrontaient aux Jeux Olympiques ou aux échecs?) donc y compris celui des mèmes sur Internet, propre à notre époque. C'est donc aussi une guerre de l'humour et de la culture, et si la gauche domine les canaux traditionnels (télé, presse, radio) et même les réseaux sociaux parce que les acteurs principaux lui sont inféodés, les conservateurs peuvent remporter de belles victoires en jouant sur des tactiques de guérilla comme celle-ci.

On aimerait que la gauche trouve des critiques aussi amusantes et imaginatives du camp d'en face, mais leurs "humoristes" ne semblent connaître que la méchanceté et l'insulte.

De plus, la gestion de la crise par des entités comme Twitter donne du grain à moudre à ceux qui les accusent de faire de la censure. Arc-bouté dans leur posture partisane, ils creusent leur propre tombe face aux prochaines offensives pour restaurer la liberté de parole sur Internet, sujet sur lequel j'aurai l'occasion de revenir.

Écrit par : Stéphane Montabert | 18 octobre 2018

Un bel article de Guy Millière sur la gauche en général et les gauchistes, dont le titre donne déjà toute la tonalité :
https://www.dreuz.info/2018/10/18/la-gauche-cancer-du-monde-occidental/

Quant à moi, j'aimerais que les psychologues et autres psychanalystes se penchent sérieusement sur ce phénomène psychologique qui consiste à être, ou avoir une sensibilité, de gauche.
Pour les mettre sur la piste, voir déjà quelques questions générales :
S'agit-il d'un trouble mental léger, comme celui, par exemple, d'être paranoïaque, qui touche surtout les femmes ?
[Ceux qui en ont, ou en ont eues, dans leur entourage immédiat, et qui ont survécu, savent de quoi je parle !]
S’agit-il d'une disposition, probablement liée à l'épigénétique, bien plus qu'à la génétique, comme celle d'être homosexuel ?
Et d'abord, est-ce un caractère inné (transmissible), ou acquis ?

Maintenant, quelques questions que je me pose à titre personnel :
Quels sont ceux, entre ces deux catégories, qui font les meilleurs scores aux tests de QI ?
Quels sont ceux qui ont le plus tendance à mentir ?
Une manière simple de répondre à cette dernière question : soumettre au polygraphe (détecteur de mensonge) ceux qui affirment : «Trump est raciste» ou «Trump est un idiot congénital à 3 neurones» et ceux qui clament : «Trump est génial» ou «Trump est le plus grand président que les US ont jamais eu» ; et voir si on peut, sur cette base, départager les deux camps.

Toujours pour les aider, je proposerais à ces professionnels de l’âme un nouvel indice psychologique, celui du «degré de panurgisme». Indice qui permettrait de savoir si les gauchistes sont, ou non, davantage susceptibles de suivre, par exemple, les mots d’ordre de leurs centrales, et de se comporter en moutons, selon les circonstances.
Et d’abord, les gauchistes ont-ils, ou non, davantage tendance à adhérer à des syndicats ?
Des questions simples, en prise sur l’actualité immédiate, permettraient déjà d’avoir une première mesure de «l’indice de panurgisme» :
Par exemple : Le champion du monde, Paul Pogba, est-il votre idole personnelle ?
Avez-vous fait la queue dès l’aube pour être le premier à acheter l’album posthume de Johnny Halliday : «Mon pays, c’est l’amour» ?

Écrit par : AP34 | 20 octobre 2018

AP34@ Ce billet vous intéressera...
http://vincentschmid.blog.tdg.ch/archive/2018/10/19/un-gloubiboulga-inclusif-294971.html
Une des sources probable du gauchisme, le christianisme :

"On se prend alors à rêver. On rêve d’un christianisme post-identitaire qui résoudrait d’un coup de baguette magique ces divisions et qui planerait majestueusement au-dessus des contingences historiques pour embrasser tout le monde dans un même ensemble harmonieux. Une sorte de foi neutre capable de rassembler enfin l’Eglise indivise. Son seul dogme serait l’ouverture tous azimuts à l’autre et son seul péché grave la fermeture à l’autre.

Tout se passe comme si plus personne ne voulait plus entendre parler d’appartenance. Appartenir, cela signifie en effet trier, introduire des séparations, tracer des frontières, se situer...On préfère se lamenter sur nos appartenances, puisqu’elles nous empêchent de tout être à la fois, plutôt que de les assumer. Un auteur britannique a donné un joli nom à cette lamentation: l’oikophobie, littéralement la détestation de la maison natale, avec l’envie de brader tout le mobilier qu’elle contient.

Vous avez déjà entendu ce genre de discours, qui fait la promotion d’un christianisme dans lequel tous les chats sont gris. C’est le rêve de l’indifférencié qui jette le passé par dessus bord et refuse d’affronter la complexité des problèmes. Sans doute un rêve sympathique mais un rêve, rien qu’un rêve."

Écrit par : Géo | 20 octobre 2018

Les commentaires sont fermés.