20 octobre 2018

Elizabeth Warren et l'ADN de la bêtise

Des États-Unis nous viennent une des plus hilarantes mésaventure politique de ces dernières années, je veux parler des "racines amérindiennes" d'Elizabeth Warren.

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Elizabeth Warren, Sénatrice du Massachusetts (vue d'artiste)

Le pari génétique

Pour être désinformé, il suffit de lire la presse francophone, comme Le Figaro par exemple. Prenons un article emblématique sur le sujet. On y lit dans l'en-tête:

Elizabeth Warren, sénatrice démocrate du Massachusetts, réclame le million de dollars que Donald Trump lui avait promis si elle se soumettait à ce test [pour prouver qu'elle est amérindienne]. La démarche s'est pourtant retournée contre la sénatrice qui est désormais accusée d'instrumentaliser ses origines.


Notez la mise en place du décor: le vilain Trump refuse d'honorer une prétendue promesse de don d'un million de dollars alors que la Sénatrice s'est soumise à un test prouvant qu'elle est amérindienne, et subit en outre la vindicte des méchants qui l'accusent d'instrumentaliser "ses origines". La pauvresse subirait une double peine, c'est vraiment trop injuste.

La réalité est subtilement différente.

Mme Warren, proclamant depuis l'université qu'elle est d'origine cherokee, suscita l'ironie de nombreuses personnes (dont, récemment, le Président américain Donald Trump). S'en prenant verbalement à elle en juillet lors d'un rallye dans le Montana, il expliqua que s'il lui faisait face dans un débat pour la présidentielle de 2020 il lui ferait faire un test génétique pour prouver qu'elle est amérindienne, auquel cas il offrirait un million de dollars à une association caritative choisie par la politicienne...

Décidée à le prendre au mot, la Sénatrice se livra donc à un test ADN en bonne et due forme par le professeur Carlos Bustamente, professeur d'université à Stanford et expert en ADN. Elle publia les résultats prouvant selon elle son ascendance amérindienne sur le Boston Globe et sur son compte Twitter. Elle conclut en réclamant le million de dollar pour une association de femmes amérindiennes.

Warren trébuche sur le sentier de la guerre...

L'opération de comm' aurait pu marcher comme sur des roulettes, à un petit détail près: Elizabeth Warren (et le journaliste du Boston Globe) allèrent trop vite en besogne et se méprirent sur les résultats du test. À leur décharge il est vrai, celui-ci était relativement compliqué avec des résultats s'étalant sur six pages. On aurait toutefois été en mesure d'en attendre davantage d'un journaliste professionnel et d'une Sénatrice jonglant avec des textes de loi de milliers de pages et briguant peut-être l'investiture présidentielle démocrate en 2020.

Toujours est-il que les "racines amérindiennes" d'Elizabeth Warren remonteraient en fait à la dixième génération ou au-delà, soit 1/1024e de son ascendance génétique. Quelques heures après sa première publication, le Boston Globe fut contraint de publier un correctif à son article.

Est-elle encore génétiquement amérindienne, pour le coup? On peut bien sûr le plaider. Peut-être qu'un ancêtre de dixième génération suffit à faire de quelqu'un un "amérindien" sur le plan génétique. Mais alors, quelle est la limite inférieure? Car en prenant pour seuil la proportion de gènes de la Sénatrice, alors toute la population américaine l'est, car le taux de gènes amérindiens de la population blanche américaine, à 0.98%, est deux fois plus élevé que celui de la Sénatrice Warren. Autrement dit, elle est encore moins amérindienne que le blanc américain lambda!

Mieux encore, l'examen détaillé de la méthodologie du professeur Bustamente montra que celui-ci utilisa en réalité des échantillons du Mexique, du Pérou et de la Colombie pour définir le critère "amérindien"... Le test ADN entier flirte avec la fraude.

Devant l'hilarité générale, le Sénateur républicain Lindsay Graham, révélé lors des auditions de Brett Kavanaugh à la Cour Suprême, releva le gant en expliquant qu'il allait faire le même test et qu'il pensait qu'il serait probablement plus amérindien que Warren.

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Lindsay Graham dans une journée comme les autres...

Le coup de grâce fut sans doute délivré par les Amérindiens eux-mêmes. Dans un communiqué de presse, la Nation Cherokee mit les points sur les "i" avec la posture de la Sénatrice:

"[L'annonce d'Elizabeth Warren quant à son héritage génétique amérindien] tourne en plaisanterie les tests ADN et leur usage légitime, tout en déshonorant les gouvernements tribaux et leurs concitoyens, dont l'ascendance est correctement documentée et l'héritage prouvé. Le Sénateur Warren sape les intérêts tribaux avec ses prétentions continuelles d'un héritage tribal."

De Pocahontas à Fauxcahontas

Ne comptez pas sur les médias européens pour rapporter les petits développements de ce qui est devenu "l'affaire Warren". En attendant aux États-Unis, le hashtag #Fauxcahontas prit son envol, de nombreux Internautes s'esclaffant de la mésaventure de la Sénatrice:

"Elizabeth Warren doit remonter sur 10 générations pour trouver une personne non-blanche dans son héritage familial. Warren est extrêmement, extraordinairement, presque entièrement blanche. Beaucoup plus blanche que le blanc moyen. Voilà la vraie nouvelle là-dedans."

"Le truc drôle c'est que Warren pensait que la partie serait facile à gagner. Les blancs peuvent être tellement déconnectés de la réalité..."

"1/1024e, le pourcentage d'héritage génétique amérindien de Warren, est à peu près le même que ses chances d'être un jour élue Présidente des États-Unis."

"Hilarant: le seul ancêtre amérindien de Warren a probablement vécu à l'époque de Pocahontas."


Cependant, "l'obsession cherokee" d'Elizabeth Warren va plus loin que de tourner en ridicule un héritage fantaisiste - c'est aussi l'occasion de démonter une fraude, Mme Warren ayant joué la carte raciale tout au long de son existence pour en tirer des avantages. Benny Johnson se donna la peine de rassembler les faits dans cette affaire:

Elizabeth Warren se présenta comme une Native American (Indienne d'Amérique) dans l'annuaire des Professeurs de Droit de l'Association des Écoles Américaines de Droit, publié entre 1986 et 1995. Après être devenue professeur à l'Université de Pennsylvanie, elle demanda à l'Université de changer son ethnicité enregistrée dans la faculté de "blanche" à "amérindienne". Warren fut reconnue par la faculté de droit de Harvard comme une "femme de couleur". Harvard encouragea l'embauche de Warren comme un moyen de promouvoir la diversité en rajoutant à la faculté une femme avec une expérience de vie "issue des minorités". (...)

Warren soumis de nombreuses recettes dans un livre de cuisine indienne d'Amérique en signant "Elizabeth Warren - Cherokee". Elle n'hésita pas à utiliser un langage offensant et racialement connoté pour défendre son prétendu héritage amérindien, déclarant que sa famille avait "de hautes pommettes" comme "tous les Indiens en ont" (...)

Il est très difficile de plaider que Warren n'a pas commis une escroquerie raciale. Elle a utilisé les avantages prévus dans le système pour promouvoir sa carrière sans la moindre preuve (à ce jour) de son héritage. Les Démocrates qui défendent son comportement sont pour le moins douteux, pour ne pas dire plus.

L'obsession raciale de la Gauche

Pourquoi un test génétique devrait-il déterminer la culture d'une personne? Pourquoi les "minorités" devraient-elles être favorisées et échapper à la promotion au mérite qui a normalement cours dans une société saine? Et si celle-ci ne l'est plus, introduire des quotas raciaux est-elle la meilleure solution?

L'épopée frauduleuse d'Elizabeth Warren et de sa mère amérindienne et sa conclusion ridicule ne sont que la partie émergée d'un iceberg de racisme et de corruption qui imprègne toute l'idéologie démocrate aux États-Unis. Un ancien démocrate sorti de la mainmise du Parti explique ce qu'il en est dans un contexte plus large:

"Franchement la dissonance cognitive de la gauche est terriblement éprouvante pour le psychisme.

Un jour, alors que je me considérais encore comme un liberal, j'ai avalé ma pilule rouge lorsque j'ai réalisé qu'être de gauche revenait à se convaincre continuellement de l'opposé de la vérité sur tous les sujets. Cela inflige de réelles blessures à l'esprit et la culpabilité et la honte associées sont débilitantes.

Les Hommes et les Femmes sont différents, c'est scientifiquement prouvé, mais les gauchistes disent que c'est le contraire qui est vrai.

Des gens avec 1/1024e de sang indien d'Amérique ne sont pas des Amérindiens légitimes, mais selon les Démocrates, ils le sont.

Tuer des enfants à naître est clairement malfaisant, mais à gauche c'est un "droit de la femme".

Il est évident que les hommes et les femmes jouent des rôles importants et différents dans la naissance et l'éducation des enfants, mais les gauchistes nous disent que les familles monoparentales et que l'adoption homosexuelle sont OK, et que les hommes sont des ordures débordantes de "masculinité toxique" (mais rappelez-vous que le genre est une construction sociale).

Il est évident que tous les gens devraient être traités sur un pied d'égalité, mais les gauchistes insistent en disant que la véritable égalité n'est atteignable qu'en scrutant la couleur de peau et le sexe de chacun (bien que le sexe soit toujours une simple opinion) et l'orientation sexuelle et tout le reste et en faisant des quotas de tout ce magma.

Cette foutue liste continue encore et encore. C'est assez pour vous rendre dingue, et c'est ce qui se produit."


En attendant, on souhaite bien du plaisir à Elizabeth Warren pour parvenir à restaurer un minimum de crédibilité. Selon les dernières intentions de vote au sein du parti démocrate, elle se situe à 8% des suffrages pour décrocher l'investiture pour l'élection présidentielle. C'est dommage car un face-à-face avec Donald Trump aurait probablement permis d'aborder le sujet à une heure de grande écoute.

Commentaires

En fait les Dems ne sont plus un parti politique mais des pédagogues qui veulent illustrer l'importance du raisonnement par l'absurde; en effet si toute personne capable de prouver qu'elle a un ancêtre (en remontant jusqu'à 10 générations) qui faisait parti d'une ethnie qui a été opprimée à une période de l'histoire (*) peut demander des avantages, des facilités, des quotas ethniques, ou de façon générale utiliser cette connaissance de sa généalogie pour gagner un avantage quelconque dans sa vie, alors :

- on ne peut plus pratiquement définir ni la race ni l'ethnie ni l'origine, vu qu'une personne pourrait lister 1024 (= 2**10) races/ethnies/origines différentes!!!
- les quotas n'ont alors plus aucun sens
- tout le monde va se mettre à faire des tests pour chercher une vague trace génétique d'un groupe ethnique opprimé, et la plupart des gens vont probablement en trouver
- les aides spécifiques destinées aux minorités seront revendiquées presque par tout le monde
- les exceptions au droit commun, règles spéciales destinées à compenser le désavantage (hypothétique) reçu en héritage par des descendants d'esclaves ou de peuple martyrisés seront la règle commune puisque n'importe qui les revendiquera
- et à la fin, tout le monde sera traité de la même manière!

(*) Mais la politicarde dont il est question n'est même pas capable de prouver cela, mais peu importe ici, le résultat du raisonnement est le même : absurde.

Donc en fait ce que font des Dems qui défendent Warren, si on l'appliquait systématiquement et pas qu'au cas d'espèce, conduirait à la disparition des principes qu'ont défendu les Dems, principes destinés à compenser les abus passés mais dont l'absurdité aussi bien théorique que pratique devient de plus en plus patente.

Ce qui n'a pas échappé à Rebecca Nagle : "Elizabeth Warren's 'part' Cherokee claim is a joke, and a racist insult to Natives like me"
https://eu.usatoday.com/story/opinion/voices/2018/10/18/native-american-elizabeth-warren-cherokee-ancestry-column/1668763002/

Extraits :
"And now, in publishing this DNA test, the senator is perpetuating a dangerous myth that Native identity is determined by racial biology — a position the right is using to attack the heart of tribal sovereignty and Native rights."
a "judge in Texas struck down the Indian Child Welfare Act, a landmark law for Native rights, calling it a race-based statute that violates the Equal Protection Clause of the Constitution"
"the Trump administration ruled that (...) Natives can’t receive special treatment based on race."

le bouquet final :
"Will they cater to white swing voters or build a coalition that meaningfully includes people of color, the party’s most reliable — though rarely prioritized — voter base?"

La limite de la racialisation de la politique, de l'appropriation politique des minorités, de la priorité de la catégorie raciale/ethnique/religieuse/sexuelle, de l'insistance sur les "droits de minorités" et les "droits des communautés" (jamais l'insistance sur les droits de l'individu) : à un moment la majorité se sent délaissée et va ailleurs.

C'est ce qui est aussi arrivé au PS version "Terra Nova" : la "classe ouvrière" est allée soit chez Le Pen soit chez Mélenchon.

Écrit par : simple-touriste | 20 octobre 2018

Vous avez bien situé le problème.

Pour la gauche, le Bien ne peut être que chez le "Big Other", ainsi que le décrit Jean Raspail dans une édition récente de son livre : "Le camp des saints". Alors que le Mal est incarné dans le mâle blanc hétérosexuel, esclavagiste et macho.
Le dommage me semble moins grand cependant quand ce Big Other, celui dont il est question ici, est un des vrais indigènes du pays (un Cherokee), par contraste avec le Big Other des Européens, un vrai allogène lui, qu'ils sont obligés d'aller chercher dans les pays Arabo-musulmans.
Alors que ces allogènes-là sont encore plus esclavagistes, plus machos, et ouvertement du moins, plus hétérosexuels (l’homosexualité est prohibée chez eux), que les mâles blancs.
Allez y comprendre quelque chose !
J’essaie, mais je n’y arrive toujours pas.

N. B. Ne pas confondre «mâle blanc» et «mal blanc», qui n’est qu’un vulgaire, mais douloureux, panaris (en anglais whitlow). Il s’agit d’une atteinte des doigts qui entraîne une inflammation aiguë et rapide. Il peut être utile de savoir que le mal blanc peut aussi frapper un orteil.
En comparaison de leur malignité, le «mâle blanc» est un enfant de chœur à côté du «mal blanc».

Écrit par : AP34 | 20 octobre 2018

Bonsoir, pourriez-vous donner la référence de l'"Un ancien démocrate sorti de la mainmise du Parti" que vous citez ? Merci d'avance;

Écrit par : Ludwik Budyn | 20 octobre 2018

Voilà le lien vers le message en question sur Reddit:

https://bit.ly/2EAcNGS

Dites-moi, que voulez-vous en faire?

Écrit par : Stéphane Montabert | 20 octobre 2018

J'essaie de construire un argumentaire pour/avec ma fille de 16 ans pour contrer les affirmations de la gauche dans différents domaines. J'aime utiliser leurs propres déclarations et les confronter à la réalité des faits, je trouve cela plus efficace. Merci en tous cas !

Écrit par : Ludwik Budyn | 20 octobre 2018

"Tuer des enfants à naître est clairement malfaisant, mais à gauche c'est un "droit de la femme"."
C'est ce genre de déclaration qui me fait chaque fois préférer la gauche à la droite (ou choisir de plus en plus souvent l'abstention), malgré tous les défauts que je lui trouve.
C'est une attitude qui trahit l'influence religieuse qui semble sous-tendre tous les partis qui se réclament du conservatisme, un conservatisme mal inspiré.

Écrit par : Mère-Grand | 21 octobre 2018

"C'est une attitude qui trahit l'influence religieuse qui semble sous-tendre tous les partis qui se réclament du conservatisme, un conservatisme mal inspiré."
En plein accord avec Mère-Grand. Voir les prises de position des gens de droite d'obédience catholique qui s'expriment dans "Les Observateurs" me fait me rendre compte de l'extrême danger que représentent ces gens. Ils sont du même niveau que les pires de chez Daech.
Je répète ma théorie sur le fait que Jean-Marie Le Pen, par sa bêtise extrême, sa violence gratuite (agresser à coups de poing une députée socialiste sous les caméras de la télévision) et ses outrances verbales (Durafour crématoire) est le premier responsable de l'invasion de la France par des millions de musulmans ex-Algérie, tous remplis de haine envers l'ancien colonisateur. Il a ridiculisé la défense identitaire de ce pays...

Écrit par : Géo | 21 octobre 2018

"qui semble sous-tendre tous les partis qui se réclament du conservatisme"

Il n'y a aucune structure intellectuelle chez les "conservateurs". S'ils avaient une once de moralité, ils lutteraient tous les jours contre l'obligation de vaccination et les persécutions que subissent ceux qui critiquent les vaccins aujourd'hui promus par les "sachant".

Ils s'en moquent éperdument. Aux USA des "Républicains" ont même rendu obligatoire un vaccin contre des MST pour aller à l'école! C'est typique des pseudo conservateurs qui sont justes des protecteurs des corporations médicales. Leur programme est de rançonner les travailleurs pour remplir les poches des actionnaires des labos. Degré zéro du conservatisme.

Par contre une pauvre obligation de "neutralité du net" demandant à traiter les services de vidéo à la demande sur un pied d'égalité les fait monter aux rideaux!!! (pareil pour les soi-disant "libertariens")

Chez les défenseurs français du libéralisme, pareille nullité. On parle de GPA qui concernerait une poignée de femmes mais pas des vaccins qui mettent tous les parents devant un dilemme moral.

Les partis de gauche sont exactement dans le même état d'esprit. Aucun "liberalism" à attendre ici : son corps, pas son choix de vaccins.

Seuls les "populistes" prétendent résister au rouleau compresseur de la médecine pseudo scientifique (y compris des propos d'académiciens dont l'inanité est évidente pour un enfant de 10 ans), et encore, ils n'en ont guère le courage.

Écrit par : simple-touriste | 21 octobre 2018

@Mère-grand: à chacun son humanisme, vous répondrais-je. Si visiblement le privilège de tuer des enfants à naître est le fondement de vos choix politiques, c'est votre droit le plus strict (bien que des mouvements de droites ne remettent même pas l'avortement en question).

Mais même sur ce point les contradictions de la gauche sont légions - notamment via l'importation massive d'éléments allogènes musulmans qui auront tôt fait de remettre en question votre point de vue "humaniste" (demandez-vous comment est traité l'avortement par le coran).

Les lendemains vont être difficile pour certaines féministes voilées.

@Géo: vous savez, on peut être pour ou contre l'avortement pour des motifs non religieux. Quant à Jean-Marie Le Pen, son goût de jouer les trublions fut nécessaire pour lui permettre d'exister, mais un repoussoir pour franchir d'autres niveaux de popularité. Je vous accorde que tant que les Le Pen règnent sur le patriotisme français celui-ci n'est pas près de se libérer.

@simple-touriste: le corporatisme est effectivement une maladie incontournable de la politique dans un état au-delà du régalien, mais les innombrables affaires de corruption sont là pour nous montrer qu'elles ne sont clairement pas attribuables à un seul bord politique (même si comme d'habitude le traitement médiatique pèche par son manque d'équité).

Écrit par : Stéphane Montabert | 21 octobre 2018

Micheline Calmy-Rey râle très fort d'être citée dans sa déclaration sur la supériorité du droit suisse du travail en matière de protection des travailleurs dans le flyer de l'UDC. Sa réaction dans le JT de ce soir est un vrai bonheur. Cruella coincée, à ne pas rater.

Écrit par : Géo | 21 octobre 2018

En Suisse, dans les années septante les militantes qui ont lutté pour la décriminalisation de l'avortement n'ont jamais parlé de "droit" de la femme mais de l'avortement comme une "mesure" s'il n'y a pas d'autre… ce que précisait également Simone Veil concernant l'IVG.
Après avoir avorté ces femmes devaient être suivies car une interruption de grossesse n'est jamais anodine et mise au courant de tout ce qui concerne la contraception.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 22 octobre 2018

"@Géo: vous savez, on peut être pour ou contre l'avortement pour des motifs non religieux."
Ce qui me dérange le plus, et de très loin, c'est l'attitude des cathos fachos sur la fin de vie. Pour eux, "notre vie appartient à notre seigneur JC" et donc pas question d’abréger nos souffrances, elles sont là pour expier nos péchés. Pour ce qui est de vous, vous ferez comme vous voulez mais moi, j'ai vu deux fins de vie très très pénibles et j'ai une autre opinion que les cathos fachos (et pédérastes, faisons bonne mesure...).

Écrit par : Géo | 22 octobre 2018

@Stéphane Montabert "Si visiblement le privilège de tuer des enfants à naître est le fondement de vos choix politiques, c'est votre droit le plus strict."
Cette phrase est inutilement insultante. Je ne vous traite pas d'assassin parce que des femmes meurent chaque jour par suicide parce que, violées ou victimes d'inceste elle se suicident parce que leur environnement les traite de putes, ou parce qu'elles considèrent que leur vie ne vaut plus la peine d'être vécue. Je ne traite même pas d'assassins ceux qui, pour des raisons religieuses, ou culturelles, les poussent à choisir cet acte désespéré, même s'ils se trouvent à la tête d'une Eglise.
Pour rester dans une forme de débat moins émotionnel, vous savez très bien que la définition du moment où un ovule fécondé ou un fétus peut être considéré comme un enfant est très variable et reste un objet de débat.
Je comprends bien que ce qui vous pousse à utiliser un vocabulaire qui tient du fanatisme, c'est l'aspect intentionnel de l'avortement choisi (et permis dans des limites définies par la loi dans nombre de pays, surtout ceux qui connaissent la séparation entre le religieux et le politique).
Cela permet de passer sous silence que chaque jour des milliers de ces "enfants" sont éliminés par avortement spontané, parfois même sans que la femme qui les a "produit" en soit consciente.
J'ai moi-même six enfants de deux mariages, je les aime certainement autant que vous aimez les vôtres si vous en avez, et j'ai la chance qu'aucune de leurs mères n'aient jamais dû subir une interruption de grossesse et le traumatisme qui l'accompagne parfois. Cela ne change rien à ma prise de position.
@Myriam Belakovsky
Votre précision est intéressante, surtout d'un point de vue sémantique ou strictement juridique. Mais je ne crois pas qu'elle intervienne pour grand-chose dans le vécu des personnes concernées.
Simone Weil était, malgré ce qu'elle en dit également en parlant de son enfance, croyante, comme le prouve la citation suivante, que vous trouverez sur le Web "Cela suffit pour que jusqu’à ma mort, ma judéité soit imprescriptible."
Son action date également d'une époque où les obstacles que devaient surmonter les femmes étaient plus grands qu'actuellement. Il est donc possible que, par la nuance que vous relevez, elle ait donné un gage à ses opposants les plus déterminés.
Je n'ai jamais dit, ni pensé, qu'une intervention de grossesse puisse jamais être anodine, mais l'énoncé "une mesure s'il n'a pas d'autre" me paraît propre à priver la plupart des femmes qui en feraient la demande de ce que j'appellerais volontiers du point de vue humain une "liberté" plus encore qu'un droit.
Il se trouve cependant que dans les faits il y a dans l'arsenal juridique des nations ce qui ce qui est permis (ou même protégé), et fait donc l'objet des droits de la personne, et ce qui est interdit, et par conséquent punissable. Il me semble que c'est devant ces deux faces de l'alternative que se trouvent les femmes poussées par diverses circonstances à demander une intervention d'interruption de grossesse.

Écrit par : Mère-Grand | 22 octobre 2018

@Géo: pour le coup je suis d'accord avec vous, la vie de chacun appartient en premier lieu à la celui qui en dispose, pas à une tierce personne - ni aux hommes d'État ni au clergé.

@Mère-Grand: "Cette phrase est inutilement insultante." Cette phrase est tout à fait appropriée puisque le droit de tuer des enfants à naître est, à vous lire, la qualité essentielle pour voter à gauche. Assumez. Quant à définir à quel stade de la conception un enfant en est un, c'est un débat ouvert en effet, mais je vous rappelle à toutes fins utiles qu'en Suisse cette définition est assez souple puisqu'on avorte encore jusqu'au neuvième mois.

https://lesobservateurs.ch/2013/12/12/rts-la-grossesse-une-souffrance-une-detresse/

https://lesobservateurs.ch/2014/02/14/cne-les-etres-humains-ne-sont-pas-des-personnes/

Vous l'ignoriez, peut-être?

Écrit par : Stéphane Montabert | 22 octobre 2018

Si, pour des raisons de commodité, on admet l'élimination physique d'innocents à l'état embryonnaire, il faut aussi admettre celle de coupables de crimes graves, qui ont eu l'opportunité de se déterminer librement avant de commettre leur acte.

Écrit par : rabbit | 22 octobre 2018

@rabbit: dans la longue liste des absurdités de la gauche, en effet, les bébés à naître peuvent être condamnés à mort, mais les meurtriers les plus coupables qu'il soit possible de concevoir doivent absolument échapper à la peine capitale - et tout ceci est de "l'humanisme".

Il faut vraiment aimer avaler des couleuvres.

Écrit par : Stéphane Montabert | 22 octobre 2018

"il faut aussi admettre celle de coupables de crimes graves" Et avant tout admettre que la peine de mort est bien plus "humaine" (du moment que nous allons tous mourir) que moisir des dizaines d'années dans un lieu fermé. Mais pour cela, il faudra que les neurones de nos contemporains s'améliorent quelque peu.
A commencer par l'abandon des croyances religieuses, ce sera déjà un grand pas en avant...

Écrit par : Géo | 23 octobre 2018

S'il n'y avait que cela, inestimable Géo, mais les bigoteries intellectuelles des soit-disant “progressistes“ sont toujours aussi difficiles à digérer...

Écrit par : rabbit | 23 octobre 2018

"l'élimination physique d'innocents à l'état embryonnaire"

Dans cet état, il n'y a pas d'innocents ni de coupable, juste l'équivalent d'un poulet, et encore.

Écrit par : simple-touriste | 23 octobre 2018

Il y a suffisamment de matière biologique pour alerter un antispéciste de passage, ou l'un de ses congénères réfractaire à une conception utilitariste de la société, ou encore un juriste passionné de bioéthique.

Écrit par : rabbit | 24 octobre 2018

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