21 novembre 2018

Contre la démocratie directe, l'hystérie

Quelques jours nous séparent de la votation cruciale qui, si l'initiative sur l'autodétermination est rejetée, mettra un terme au régime de démocratie directe en vigueur en Suisse depuis 1848.

Les politiciens de Berne attendent la chose avec impatience. Comme l'explique Thomas Matter depuis le marais bernois, "en plaçant le droit international au-dessus de la Constitution fédérale, [Les Conseillers nationaux et aux États sont] munis d’une baguette magique leur permettant d’ignorer la volonté du peuple. Et c’est bien commode lorsque la volonté du peuple ne leur convient pas."

Les sondages commandés par les sources officielles sont édifiants ; l'initiative devrait être balayée. Mais la vérité se trouve au fond des urnes, non dans les enquêtes d'opinion.

Les partisans de l'initiative sont incontestablement plus motivés que leurs adversaires. Tout viendra donc de la participation. Si elle est faible, que les défenseurs de la démocratie directe se contentent de regarder passer le train depuis le quai, la démocratie directe partira à la poubelle dans l'apathie générale. Si la participation est forte, au contraire, une vague pourrait provoquer la surprise. Car si l'opinion des citoyens sur un texte est une chose, aucun sondage ne peut estimer correctement l'influence décisive d'un camp plus fortement mobilisé que l'autre. Voilà où réside l'unique chance de victoire des Suisses désireux de préserver leurs droits populaires - qu'ils soient de droite ou de gauche - face aux esprits ternes qui ont renoncé à penser.

Pour ceux qui luttent pour étouffer la démocratie directe sous l'éteignoir du "droit international", le risque est bien réel. Dans sa dernière ligne droite, la campagne du NON a donc viré à un extrémisme au premier degré.

L'hystérie placardée au format mondial

Il suffit de contempler l'affichage électoral dans les rues de nos villes romandes pour se demander si les partisans du NON disposent encore de toute leur raison au vu de la surenchère pratiquée. Voici quelques exemples.

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Les déchirures sont d'origine (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Passons brièvement sur le fadasse "N'isolons pas la Suisse" de la Fédération Genevoise des Entrepreneurs, qui a bien compris l'intérêt du travail frontalier, et son slogan "le droit international rend la Suisse plus forte", qu'on aurait aimé voir démontré plutôt que scandé.

Au centre, le PDC invoque les mânes des ancêtres ; mort neuf ans avant la naissance de la Société des Nations, Henri Dunant aurait voté contre l'autodétermination, bien sûr - et il ne sera pas là pour confirmer, c'est drôlement pratique. Malgré son inefficacité évidente, saluons la démarche didactique qui instruira peut-être le passant sur un personnage de l'histoire helvétique.

À droite, une palette de couleurs que l'on n'aurait pas forcément imaginée de la part des Jeunes Libéraux-Radicaux (oui, ce sont eux, vraiment!) et qui illustre leur socle idéologique: "Attention Jobkiller!" déclament-ils. Pour ceux qui ont connu le chômage, ou pour les maçons qui s'y préparent, ou pour Mme Calmy-Rey, c'est plutôt le droit international lui-même le Jobkiller du moment. Mais tout le monde n'a pas la chance d'avoir une place réservée dans le cabinet d'avocat paternel, je suppose.

En se hasardant auprès des affiches de la gamme verte, l'irrationnel passe au degré supérieur:

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Oui, ils l'ont fait (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Vraiment, ils le disent: voter pour la préservation de la primauté de la Constitution sur le serpent de mer du Droit international, c'est voter... Pour Trump. Les Verts libéraux osent tout, c'est à ça qu'on les reconnaît. Le populisme est un "dangereux délire" (à l'inverse du délire, probablement éthylique celui-ci, qui a mené au design de cette affiche) et voter pour préserver les droits populaires revient à "importer les erreurs des autres". Surfer sur la détestation anti-Trump lourdement martelée par les médias officiels n'avait rien d'idiot en soi, en marketing on appelle ça un renforcement, mais même tiré par les cheveux (blonds) du tribun d'outre-Atlantique, franchement, on ne voit pas le rapport.

Les Écologistes officiels laissent aussi libre cours à leurs divagations. C'est la totale: le logo "lever de soleil" de l'UDC est perverti pour figurer la tête de l'odieux Blocher, en même temps que des armes, des dollars et un baril de pétrole nucléaire (?) tandis qu'un parapluie bleu tenu par la justice protège la joie d'un couple racialement mixte (et/ou lesbien, difficile à déterminer), une grand-mère qui manifeste pour manifester, un type chauve qui lit un journal avec un ado coloré par-dessus son épaule, et un bobo urbain (lunettes, barbiche d'intello) qui vote. Génial. On notera l'obsession des Verts pour les questions raciales. Au vu de cette affiche, on aura compris qu'il faut lutter contre les méchants, évidemment, mais le reste n'a guère de sens.

Et ce sont ces gens qui clament régulièrement que les campagnes de l'UDC sont outrancières?

L'hyperbole

Mais "l’œuvre magistrale" de cette campagne nous viens tardivement du "Comité Romand pour le Non à l'initiative anti-droits humains", une association-prétexte montée sur le tard mais avec de gros moyens et une affiche que je ne résiste pas au plaisir de reproduire ci-dessous:

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Carton plein.

Examinons: le facho enragé (rouge de colère, avant-bras velus, crâne rasé, bottes à semelles épaisses) attaque au marteau-piqueur le socle de la pyramide des "droits humains". Au-dessus on trouve d'autres thèmes: la famille (?), l'éducation, le droit à la vie (on ne doit pas parler de l'avortement j'imagine), la sphère privée, la liberté d'expression (jamais menacée par la gauche), la liberté de conscience (la même qui fait que la CEDH veut préserver le délit de blasphème...)

Et au sommet, quelques silhouettes désincarnées, avec des banderoles, vulnérables face au monstre, brandissant la bannière "protégeons nos droits", alors que ceux-ci sont justement minés par le droit international... Les rôles sont distribués: les démocrates sont des fascistes et les anti-démocrates sont, en fait, les vrais défenseurs de la démocratie. Merveilleuse interversion des valeurs!

Comme le résume un internaute par ailleurs,

C'est juste ahurissant. Selon les adversaires de l'initiative, la Suisse serait un pays sans loi et la protection des citoyens ne repose que sur la CEDH. Selon eux, il n'y aurait plus de traités internationaux entre la Suisse et ses partenaires, mais ils n'expliquent pas pourquoi. Que je sache, le droit à l'auto-détermination ne signifie pas la mise à plat de tous ces traités...


Certes. On continue à mettre en garde le grand public contre l'effrayante "mise en danger de 600 traités" suite à l'autodétermination, mais on se demande comment les élus du pays en seraient venus à signer 600 traités contraires à la Constitution? Soit il y a de l'exagération dans l'air, soit la corruption à Berne est au-delà de tout ce que l'on peut imaginer.

Le dernier vote

La votation du 25 novembre sur l'autodétermination est l'objet le plus important porté au vote depuis la naissance de la Démocratie directe en 1848, puisque son rejet en marquera la fin.

Si les Suisses rejettent l'initiative pour l'autodétermination, ils renonceront collectivement à leur souveraineté. Il ne sera plus possible de mettre en œuvre la moindre initiative dont les autorités auront décidé qu'elle contrevient au "droit international" - selon leur interprétation souple de ces critères, cela va sans dire.

Rappelons-nous que rien que les deux initiatives agricoles proposées en septembre, "Pour des aliments équitables" et "Pour la souveraineté alimentaire", étaient déjà présentées comme violant le droit international. Ainsi, le 26 novembre au matin, les Suisses pourraient ne même plus avoir le droit de voter sur de tels textes. Et on attend avec impatience la fin du scrutin, que le Parlement puisse accepter le Pacte de l'ONU sur les migrations.

Je le sais bien, la Terre ne s'arrêtera pas de tourner quoi qu'il sorte des urnes dimanche - mais la Suisse pourrait devenir une particularité mondiale, la seule et unique nation volontairement subordonnée au droit international. Pour un pays qui avait longtemps voulu rester à l'écart des organisations supranationales au nom de sa neutralité, le revirement est total.

L'hystérie des adversaires du texte dans cette dernière ligne droite donne à réfléchir. Tous présentent la Démocratie comme quelque chose de néfaste et dangereux, qu'il faut absolument contrôler. Leur méfiance vis-à-vis du peuple helvétique est consternante, à la limite du mépris.

Tout le paradoxe est qu'ils ont besoin de ce peuple, une dernière fois, pour rejeter ce texte. Après, l'affaire sera réglée.

J'ose espérer que les citoyens se mobiliseront, ne serait-ce que pour s'exprimer. Ceux qui ne voteront même pas sur un sujet pareil, pour ou contre, ne méritent pas leurs droits démocratiques. Le 6 décembre 1992, lors du référendum sur l'adhésion à l'Espace Économique Européen, près de 80% des électeurs avaient voté. Combien seront-ils dimanche?

J'ose aussi espérer un réveil des consciences, une saine réaction de rejet contre les arguments employés pour s'opposer à l'initiative pour l'autodétermination. Car voter pour les arguments placardés sur ces affiches revient à céder à la peur, à l'hystérie et au mensonge, et à encourager plus de campagnes sur le même modèle. Ces manœuvres devraient susciter le dégoût et non l'adhésion.

Alors, je vous en conjure, ne laissez pas votre précieux bulletin de vote pourrir au milieu des enveloppes du courrier.

Votez, et faites voter!

Commentaires

Excellent article comme d'habitude.
Comme "votant de base UDC", j'aimerais surtout que Parmelin et Maurer nous fassent quelques signes discrets, qu'on comprenne au moins qu'ils n'approuvent pas.
Sinon, aux prochaines fédérales, moi je vais à la pêche et je ne serais pas le seul, inutile de voter pour des ectoplasmes. J'espère que l'on comprend cela à l'UDC !

Écrit par : UnOurs | 21 novembre 2018

@UnOurs: quand bien même MM. Parmelin et Maurer nous fassent quelques signes discrets, qu'on comprenne au moins qu'ils n'approuvent pas, qu'en sauriez-vous?

Depuis quand avez-vous entendu parler d'eux dans les médias?

Si de leur bouche sortait une sagesse plus profonde que celle de Lao Tseu, pensez-vous que les journalistes en rendraient compte?

Leur silence est la marque qu'ils font leur boulot correctement, parce que vous pouvez être sûr que s'ils sont jamais cités dans les médias c'est uniquement pour avoir dit une connerie (ou s'être exprimé à l'encontre de l'UDC fédérale).

Tenez, pour référence, dites-moi à quand remonte la dernière fois où un UDC, membre du premier parti de Suisse, a été invité sur le plateau de Darius Rochebin juste comme ça, pour commenter l'actualité, de la même façon que des socialistes ou des PLR ont régulièrement droit à ce qu'on leur demande leur avis?

En tant que "votant de base UDC" j'espère surtout que vous comprenez ça... Les "ectoplasmes" dont vous parlez ne sont pas silencieux, ils sont réduits au silence, nuance.

Écrit par : Stéphane Montabert | 22 novembre 2018

Bien Cher Monsieur Montabert, du fond du coeur nous vous disons merci, un grand Merci, un très grand MERCI.

Votre billet décrit si parfaitement la gravité de la situation qu'il nous émeut aux larmes à l'idée que le peuple suisse pourrait définitivement perdre sa si chère démocratie directe pour laquelle de générations d'ancêtres et de braves se sont battus si âprement.

La campagne des opposants, indigne, vicieuse et mensongère, nous rend aussi porfondément triste. Triste oui, car il est en effet inconcevable que des élus du peuple, des politiciens, et même pire, des hommes d'église (voir par exemple le blog TdG du pasteur Neeser, qui en d'ailleurs pris pour son grade) censés protéger l'intérêt des citoyens soient tous devenus si vénaux qu'ils n'hésitent pas à vendre et à sacrifier ce qui nous reste de liberté sur l'autel de Mammon, de leur idéologie malsaine ou de leurs petits intérêts personnels.

De plus, comme vous nous le faites si bien remarquer, l'ennemi est passé maître dans l'art de l'inversion accusatoire:

les partisans du OUI sont représentés comme les destructeurs de toutes les valeurs qu'ils sont en fait les seuls et les derniers à encore protéger: la famille, la liberté d'expression, le droit à la vie, l'éducation etc. Bref, d'apprès les opposants la Suisse va devenir pire que la Corée du Nord si le oui passe. L'affiche du "Comité Romand pour le Non à l'initiative anti-droits humains" est en effet écoeurante de mauvaise foi et de désinformation. Il ne manque plus qu'un brassard avec une certaine croix au bras du facho enragé qu tient le marteau-piqueur ... mais ils leur a suffit de le suggérer avec le crâne rasé et les bottes!

Pauvre monde, triste société dignes de 1984 d'Orwell:

"La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force."

C'est quasiment le message que les opposants veulent faire passer, mais formulé un peu différement. Oui, nous en sommes là! Qui l'eût cru? Qui aurait pensé que cela puisse se passer en Suisse? Eh bien c'est le cas et le fait que les adversaires osent utiliser une propagande aussi grossière indique non seulement qu'ils sont prêts aux pires ignominies pour gagner, mais aussi qu'ils méprisent profondément le peuple pour lui servir une telle soupe! Cela ne laisse non plus aucun doute sur la manière dont il se soucieront de l'opinion du peuple si le non venait à passer.

Les mécanismes de cet outil de propagande qu'est l'inversion accusatoire est très bien décrite par Michel Geoffroy dans l'article suivant:

https://www.polemia.com/linversion-accusatoire-un-artifice-de-propagande-aux-mains-de-loligarchie-quil-faut-denoncer/

Il faut donc impérativement VOTER OUI, car sinon à l'avenir toute initititaive qui ne sera pas adoubée par Bruxelles passera automatiquement aux oubliettes à la plus grande suprise des certains qui auront refusé l'initiative de l'UDC, mais il sera trop tard.

Mais notre plus sûr allié sera toujours la position chancelante de cette dicta ture qu'on appelle l'UE, géant aux pieds d'argile qui n'attend qu'une chiquenaude bien placée pour s'écrouler. Et cela va arriver, c'est certain. Ce jour-là nous pourrons tous sabler et même sabrer le champagne en voyant les mines déconfites et affolées de tous les laquais et minions de l'UE et des mondialistes qui devront alors rendre des comptes au peuple.

Enncore une fois un très grand merci, Monsieur Montabert, pour tout ce que vous faites pour la Suisse et les Suisses et aussi indirectement pour l'Europe et le monde.

Écrit par : Arthur V. | 22 novembre 2018

Les gens ont terriblement envie d’être bons et de faire le bien.
Ils pleurent pour les orphelins de Syrie, le petit Aylan, les Palestiniens..... les Sahraouis et les Tibétains, on s’en fout un peu, normal, il n’y a pas de photos.

En outre, plus personne ne lit, si ce n’est des tweets, on s’informe sur Facebook, on ne comprend que ce qui est exprimé de façon visuelle (vidéos, télé).

Par conséquent, des messages manichéistes du style: « si c’est l’UDC, alors caca » font très bien l’affaire.
Ma foi, nous saurons dimanche si nos compatriotes sont encore capables de raisonner et d’envisager l’avenir au-delà de 24h

Écrit par : Bernie | 22 novembre 2018

Monsieur Montabert, Trump a la quasi-intégralité de la presse contre lui et pourtant on ne dira pas qu'il ne fait pas passer ses messages. Je ne demande pas à Maurer et à Parmelin de devenir subitement des super-trolls métapolitiques, mais de cesser d'être des Samuel Schmied 2.0.
Et je le répète, à quoi bon voter UDC (comme je le fais depuis toujours) si on ne sent pas, par exemple, que "son" conseiller fédéral ne se bat pas bec et ongles pour le maintien du droit des Suisses aux armes ? Le jour où il faudra voter pour ses petits avions, je risque également d'aller à la pêche ("no guns, no planes").

Écrit par : UnOurs | 22 novembre 2018

Je ne serais pas surpris d'apprendre que ce comité IADHnon soit financé discrètement par economiesuisse qui n'ose plus trop se mettre en avant.

Écrit par : Pierre Jenni | 22 novembre 2018

Arthur V @ C'est ça le plus extraordinaire : nos dirigeants PLR/PS veulent nous vendre à l'Europe alors que tous les peuples constituant l'UE voudraient en sortir ou à tout le moins, sérieusement modifier son système de fonctionnement. Les "gilets jaunes", qu'est-ce d'autre qu'une révolte contre le manque total de démocratie en France ? Et l'AfD, ce n'est pas une révolte contre la potion migrationniste de la mémère au pouvoir ?
Et donc, le PLR/PS veut nous supprimer le droit d'initiative. En douceur, certes, mais le résultat sera le même...

Écrit par : Géo | 22 novembre 2018

Peut-être Géo, ma question s'adresse aussi à Stéphane Montabert, mais si cette initiative venait à être rejeté, comment peut-on voir l'avenir? Est-ce que ce sera l'occasion pour l'UDC d'engranger à plus ou moins long terme, des voix qui pourraient l'amener à plus de 50% de représentants aux chambres fédérales, ou l'apparition de nouveaux partis souverainistes qui se battraient au côté de l'UDC sur certains sujets. Si cela arrivait, sera-t-il possible de renverser la vapeur et retrouver notre souveraineté intégrale?

Écrit par : G. Vuilliomenet | 22 novembre 2018

Vu de France, il paraît incroyable, et même surréaliste, que les Suisses puissent envisager d'amoindrir, ou de sortir de, leur démocratie directe, alors que la majorité des habitants des pays européens, et en particulier les Français, envient vos "votations" sur tous les sujets. Même si leur effet n'est pas toujours à la hauteur des attentes de ceux qui les ont initiées, quand le résultat s'oppose aux idées dominantes.

Je lis plus haut (Géo) : "Les "gilets jaunes", qu'est-ce d'autre qu'une révolte contre le manque total de démocratie en France ?"
Exact, mais le problème plus particulier de la France est sa centralisation, que Macron a malheureusement grandement renforcée depuis qu'il est venu au pouvoir par la petite porte (par effraction, ou mieux : par défaut).
La suppression programmée de la taxe d'habitation, qui allait directement aux communes (en moyenne 40 % de leur budget), en est le fleuron. Avec, bien sûr, promesse de compensation à l'euro près.
On prélève uniformément (la France est le champion du monde des prélèvements) et on redistribue sélectivement, c’est la b a ba de la politique, une manière de se faire des obligés, en favorisant ses amis politiques, et défavorisant ses adversaires.
On peut, par exemple, facilement imaginer que les communes RN (ex-Front National) verront rapidement leur dotation baisser.

Écrit par : AP34 | 22 novembre 2018

Au célèbre passage du roman 1984 de G. Orwell:

"La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force."

on peut désormais ajouter ce nouvau mantra si cher aux opposants à l'initiative pour l'autodétermination:

"L'autodétermination c'est la fin de la démocratie et des droits de l'homme"

Ce n'est que quand on la compare au passage d'Orwell que cette phrase de propagande de l'oligarchie mondialiste prend tout son sens!

Tout est dit! Votons OUI!

Écrit par : Arthur V. | 22 novembre 2018

"L'autodétermination c'est la fin de la démocratie et des droits de l'homme"
On vit dans un temps où Erdogan rencontre Ben Salman pour lui faire la morale, probablement...Orwell aurait aimé ça…

Sur l'UDC : on espère que Stéphane Montabert s'occupe beaucoup de la formation de jeunes cadres, pour éviter les erreurs passées qui plombent encore fortement ce parti en Suisse romande...

Écrit par : Géo | 23 novembre 2018

À condition de pouvoir déterminer la ligne idéologique d'un parti du centre, qui doit prospecter un peu à droite ou un peu à gauche en fonction du déplacement de la frontière entre les deux grands courants politiques. Être la fois social-démocrate et social-libéral, demande beaucoup d'acrobaties. La théorie dit que ce genre de situation risque de faire éclater le parti, en créant une faction plus ferme à droite ou à gauche, selon l'influence des meneurs.

Écrit par : rabbit | 23 novembre 2018

C'est encore plus compliqué que ça pour l'UDC qui combine deux ailes antagonistes. La Blochérienne, Zurichoise et libérale et l'agrarienne, conservatrice qui a engendré le PBD dans la foulée de Samuel Schmidt. Tiens, d'ailleurs, rien qu'à écrire son nom je réalise à quel point il a déjà été oublié par tout le monde...
Alors soit l'UDC ratisse large et prend le risque de l'implosion, soit elle navigue à vue et mise sur l'ignorance du peuple et en exacerbe son pouvoir.

Écrit par : Pierre Jenni | 23 novembre 2018

Ah parce que vous pensez réellement que l'UDC est un parti du centre ? Alors que les autres guignols pensent que c'est l'extrême-droite ? Etre en Chine, c'est être très, très à l'Ouest...

Écrit par : Géo | 23 novembre 2018

A la TSR voyez la mauvaise foi et l'hypocrisie habituelles. Ils critiquent et stigmatisent L'UDC pour ses nouvelles affiches MAIS pas un mot ni le moindre reportage sur les affiches abjectes des opposants qui elles sont là depuis des semaines, dont celle du "Comité Romand pour le Non à l'initiative anti-droits humains", qui pourtant apparaît dans leur minable reportage sans qu'on en parle. Et bien entendu, On ne demande pas son avis à "la spécialiste" bidon Martina Mousson à ce sujet!

https://www.rts.ch/info/suisse/10017612-l-udc-durcit-son-discours-a-quelques-jours-du-vote-sur-l-autodetermination.html

Notez que Céline Amaudruz à manqué un bonne occasion de le faire remarquer! C'est bien dommage, car j'y aurais pensé. De même, à Infrarouge, j'aurais mis Manon Schick au pied du mur en prenant tous les auditeurs à témoin quand elle disait que la démocratie ce n'était pas seulement la volonté du peuple, mais aussi je crois celles des tribunaux et des élus, ou qqch comme ça! Et j'en aurais profité pour dire qu'elle venait de nous donner la preuve que l'initiative de l'UDC était nécessaire pour protéger la démocratie de la définition viciée et mensongère qu'elle nous en donnait, qui prouvait qu'elle n'était qu'une démocrate de façade. Mais cette fois-là encore les défenseurs de l'initiative ont laissé passer cette occasion en or tandis que moi je faisais le poing dans la poche! Et de même avec Couchepin dans un autre Infrarouge sur le Brexit où il disait qu'une infime majorité ne pouvait pas décider de l'avenir d'un pays ... mais dans ce cas non plus personne n'a rien dit alors que tout vrai démocrate aurait dû être profondément choqué pas une telle déclaration!

Comme quoi il faudrait vraiment que l'UDC apprenne à mieux se défendre et à ne plus perdre de si bonnes occasions.

Écrit par : Arthur V. | 24 novembre 2018

Il y a 50 ans, à part une révolution ici ou là pour amuser les foules, le public se fichait éperdument de la politique. Les médias ayant progressivement cédé à la facilité, jusqu’à dévaloriser la matière et le concret, la chose politique à fini par monopoliser l’agora et anesthésier les esprits. Grâce aux techniques de marketing et aux théories de la psychologie sociale, on peut créer des formations politiques comme des produits de consommation courante. Si les médias peuvent fonctionner à l’énergie éolienne, le PIB du pays ne va pas se nourrir avec du vent.

Écrit par : rabbit | 24 novembre 2018

@Arthur V.: "Ils critiquent et stigmatisent L'UDC pour ses nouvelles affiches MAIS pas un mot ni le moindre reportage sur les affiches abjectes des opposants qui elles sont là depuis des semaines (...) Notez que Céline Amaudruz à manqué un bonne occasion de le faire remarquer! C'est bien dommage, car j'y aurais pensé"

Parce que vous pensez réellement qu'elle ne s'en est pas rendu compte? Qu'elle ne l'a pas dit, et bien d'autres choses encore, au journaliste qui l'interviewait? Et que ça n'aurait PAS été coupé au montage dans un sujet de deux minutes, bien entendu?

Vous devriez envisager un peu plus de scénarios, il me semble.

@Géo: "Sur l'UDC : on espère que Stéphane Montabert s'occupe beaucoup de la formation de jeunes cadres, pour éviter les erreurs passées qui plombent encore fortement ce parti en Suisse romande..."

Vous êtes bien aimable à mon endroit, mais mon horizon personnel ne se limite pas à la seule politique, d'autant plus je n'ai nulle envie de me sacrifier pour un peuple qui ne veut pas se sauver lui-même.

Mon implication politique est conditionnée à ce qui sortira des urnes demain. Pour moi c'est très clair.

@Rabbit: il y a cinquante ans, en pleine guerre froide, le grand public était à la fois plus vigilant quant au danger communiste et plus impliqué dans la politique. Ils avaient davantage conscience de leur destin, et les médias n'étaient pas encore aussi performants dans leur seule activité réelle, la manipulation de l'opinion.

Écrit par : Stéphane Montabert | 24 novembre 2018

"Mon implication politique est conditionnée à ce qui sortira des urnes demain. Pour moi c'est très clair."

Vous êtes carrément mal entouré, à ce que je crois pouvoir voir de l'extérieur. C'est pour cela que je vous avais recommandé de faire de l'entrisme chez les radicaux et de subvertir ce parti, en s'appuyant sur ce qui reste de L de PLR...
Mais peut-être suis-je trop pessimiste sur l'UDC...

Écrit par : Géo | 24 novembre 2018

En résumé, ces déclarations altruisme contrarié donnent une furieuse envie de relire
«La vertu d'égoïsme» d'Ayn Rand : http://www.lesbelleslettres.com/livre/1370-la-vertu-degoisme .
Et, soyons fous, pourquoi pas la profession de foi d'Anselme Bellegarrigue :
http://www.panarchy.org/bellegarrigue/manifesto.html .

Écrit par : rabbit | 26 novembre 2018

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