30 novembre 2018

Oskar Freysinger et le Côté Obscur de la Lumière

oskar freysinger,conseil d'etat,valais,livresPour qui suit à distance la politique valaisanne, Oskar Freysinger est une énigme. Fondateur de la section cantonale de l'UDC, conseiller national, orateur de talent, débatteur habile, il fut le candidat le mieux élu du Conseil d'État valaisan en 2013. Mais son accès au sérail donna lieu à de nombreux scandales plus ou moins artificiels (nous y reviendrons) qui finirent au bout du compte par ternir son image, et lui coûtèrent son siège lors des élections de 2017. Il décida de quitter la scène apparemment sans un mot et sans se retourner, mais le sourire au coin de son regard faisait deviner qu'il y avait davantage que le simple dépit dans sa démarche.

Son livre Le Coté Obscur de la Lumière répond à cette énigme. Il fait mieux qu'y répondre d'ailleurs ; il met en place le cadre, décrit le chemin tourmenté d'un élu qui ne correspond pas au "moule" convenu et finalement insipide des institutions. Il décrit la guérilla permanente à son encontre, et s'achève sur les conséquences logiques de tout ceci. Après l'avoir lu, le lecteur obtient davantage qu'une explication: il comprend. Il comprend parfaitement l'énigme de cette non-réélection de 2017. Toute la mécanique destructrice de ces quatre ans au sommet est exposée, pièce par pièce. Face aux rouages étalés sur le sol, la réaction d'Oskar Freysinger n'apparaît plus comme étrange mais au contraire comme profondément cohérente.

Oskar Freysinger a toujours été plus qu'un politicien - un esprit libre, un poète, un écrivain, un enseignant et un homme de convictions, attaché à son Valais d'adoption sans jamais être borné par ses limites. Mais entre 2013 et 2017, Oskar devint davantage: un rescapé, l'homme qui ressortit vivant d'une impitoyable machine à broyer.

Le taureau dans l'arène

Peu de temps après son élection, l'homme ne fait preuve d'aucun fatuité. Il a le cuir épais et sait que le pire est à venir, que les médias ne lui feront aucun cadeau. Cet aspect de son mandat est expédié en quelques phrases, qui suffisent pourtant à mettre en perspective ce dont le grand public a été abreuvé pendant des mois:

[Le "scandale" de ce conseiller d'État, qui, sur son temps libre et à ses frais, se permet de défendre la liberté d'expression à Berlin] ne fera que s'ajouter aux insignifiances prenant la poussière dans le cabinet des scandales inventés. On y trouve déjà le drapeau de l'Allemagne de Bismark qu'on a fait passer pour un drapeau nazi, les enfants d'illégaux que j'aurais eu l'intention de faire dénoncer, les enfants handicapés que je n'aurais plus voulu intégrer dans les classes, l'usage prétendument inapproprié de la voiture de service, le badge d'accès au Département accordé à l'enfant d'un chef de service, le double-mandat (pour lequel j'ai versé à bien plaire 35'000 francs dans la caisse de l'État... c'est fou de payer pour une surcharge de travail), la vice-présidence de l'UDC suisse, une mise au concours qui aurait été formulée de manière vague pour privilégier un camarade de parti [NDLR: aucun élu de gauche ne ferait jamais chose pareille!], etc. La liste est si longue que je préfère m'arrêter là. Aucune de ces polémiques n'avait la moindre substance (...) comme des tomates farcies sans farce. De plus, nombre de ces attaques représentaient une ingérence crasse dans l'opérationnel et concernaient des faits qui ne sont absolument pas du ressort du Grand Conseil. À plusieurs reprises, le Parlement a même voté sur un objet qui échappe totalement à sa juridiction. Qu'importe la nullité du vote, puisque le but est uniquement de nuire, d'avoir ma peau à l'usure. Et à chaque fois c'est la même valse: soit c'est le Parlement qui plante la banderille et les médias qui portent l'estocade, soit l'inverse. La mécanique est bien huilée et doit permettre, à défaut d'un bon gros scandale nauséabond, d'empiler des petits riens, inventés ou biaisés, en un bûcher servant à noircir, puis à immoler mon image.


Le moindre événement de portée similaire mais attribuable à un autre Conseiller d'État ne donne évidemment pas l'occasion de pareil étalage ; il s'éteint rapidement faute de combustible médiatique ou est assumé par un gouvernement alors collégial et solidaire. D'autres pseudo-scandales suivront: la vidéo sur Facebook d'un survivaliste éméché, le chef de service Jean-Marie Cleusix et ses arriérés d'impôts, autant d'épisodes démontés par Oskar Freysinger de façon limpide quand il a enfin l'occasion de livrer sa version de l'histoire. Ses explications sont infiniment plus simples et plus plausibles que le cirque médiatique livré au grand public. Les citoyens valaisans ont clairement été menés en bateau.

Pourquoi Oskar dérange-t-il tant? Pourquoi un simple Conseiller d'État dans un modeste canton alpin est devenu l'ennemi numéro un? La réponse, limpide, est livrée par un proche:

"Cela fait longtemps que tes adversaires se concertent et cherchent un moyen de t'affaiblir ou même de te faire tomber. Ils seront impitoyables jusqu'au bout, car tu es devenu un symbole à détruire. Ce n'est pas ce que tu fais qui pose problème, mais ce que tu représentes: l'indépendance d'esprit, le parler vrai, la probité. Ta personne est une insulte faite au système. Tu prouves qu'on peut se passer de prébendes, qu'on peut être politicien sans chercher à s'assurer une part du gâteau, sans se laisser acheter ou corrompre par l'appât du gain. La plupart des politiciens, s'ils doivent choisir entre leur intérêt personnel et le bien commun, choisiront leur intérêt personnel en le faisant passer pour le bien commun. Toi pas. Et tu l'as prouvé à de multiples reprises."


Dans plusieurs passages Oskar Freysinger livre le fond de sa pensée: il considère la réussite de son élection comme une anomalie politique, une singularité. Cette perception n'est pas sans fondement. Oskar est un corps étranger introduit par la force de l'électorat dans un organisme médiatico-politique hostile ; celui-ci met violemment en branle tout son système immunitaire pour se débarrasser de l'intrus.

Machine à détruire

Briser Oskar Freysinger est un travail de longue haleine, mais les hyènes ne comptent pas leurs heures. L'usure en viendra à bout, un grain de poussière après l'autre. L'auteur décrit une des techniques employées et l'hypocrisie sous-jacente:

L'une des techniques les plus détestables de cette police de la pensée politiquement correcte consiste non pas à fustiger ce que quelqu'un a fait ou dit lui-même, mais de le condamner par amalgame en dénonçant ses contacts, aussi fugaces soient-ils. A-t-il serré la main à untel qui a dit telle ou telle chose à telle occasion? Coupable!

S'est-il retrouvé dans la même salle qu'untel lors de telle ou telle manifestation? Coupable!

A-t-il été invité à un événement où tel autre était invité aussi? Coupable!

Cette technique perfide permet de noyer le message de la personne visée en la discréditant par ses prétendus amis dont elle partagerait les propos ou les idées, d'isoler les esprits libres et critiques les uns des autres en suscitant l'opprobre public et de faire l'économie de toute argumentation fondée pour contrer leurs arguments dérangeants.

Comme c'est pratique!


Là où certains bénéficient d'un padamalgam tellement excessif qu'il vire à l'aveuglement volontaire, d'autres sont soumis à l'amalgame puissance mille, sans hésitation ni prudence intellectuelle. Et pour constater l'injustice de cette posture, sans même quitter le registre politique, il n'y a pas à regarder bien loin.

[Lorsque] la gauche bienpensante faisait le tour des officines du communisme réel, suivait des camps d'endoctrinement en RDA, serrait la main à de féroces dictateurs marxistes-léninistes - en Albanie sous Enver Hodja par exemple - personne ne s'en émouvait outre mesure. Que Jean Ziegler, grand contempteur de la Suisse, ait fait copain-copain avec Kadhafi, Castro ou Mugabe, ça ne choque personne, mais que Freysinger puisse être dans la même salle qu'un certain encaveur valaisan, c'est un scandale absolu.

Si à gauche, tout est excusable, à droite tout est condamnable, car au-delà du centre, n'est-ce pas, commence le fascisme.

Pourtant, les inspirateurs du crime de contact si cher au nouveau totalitarisme de gauche sont précisément les milieux bruns des années trente du XXe siècle. À cette époque, il suffisait de fréquenter des juifs, de faire des achats dans leurs commerces ou de courtiser leurs filles pour être traité de sous-homme et risquer l'exclusion sociale (...)

De l'épuisement à la rédemption

Le Côté Obscur de la Lumière n'a rien d'un règlement de comptes, au contraire. Les citations précédentes, bien qu'instructives, ne constituent qu'une partie mineure de l'ouvrage.

Le reste est une épopée de ces quatre ans au gouvernement valaisan, d'autant plus naturellement dévoilée qu'Oskar a composé pour ainsi dire presque inconsciemment l'essentiel du livre au fur et à mesure de son mandat, à coup de notes, de textes personnels et de commentaires. On y découvre sa volonté de résoudre les problèmes et ses réussites, sa sympathie pour ses collaborateurs, d'excellents conseils de management que toute personne amenée à commander un jour se devrait de lire (page 246 et suivantes) sa stratégie audacieuse mais finalement insuffisante pour les élections de 2017 et de nombreux aspects de la politique locale. L'auteur confie aussi ses moments de doute, l'impact de la vie publique sur sa famille, et l'épuisement nerveux progressivement infligé par l'injustice médiatique, l'omniprésence de la charge, l'ingratitude et la solitude au sein du soi-disant "collège" du Conseil d'État.

Le Côté Obscur de la Lumière est aussi un... recueil de poésie. Parce qu'Oskar Freysinger est un poète, et en plusieurs langues s'il vous plaît. Il ne la pratique pas pour se faire mousser ou étaler une supériorité littéraire mais comme une émanation de son esprit. Sa poésie est une réorganisation de ses pensées, une mise en mot de sentiments et de situations. D'autres, à sa place, pousseraient la chansonnette ou brosseraient leurs impressions sur une toile de peinture, mais dans sa discipline, Oskar a indéniablement du talent - n'en déplaise à tous ceux qui refusent de voir en lui la moindre qualité.

La politique ne devrait constituer au mieux qu'une facette de l'existence d'un individu équilibré et sain d'esprit. Alors qu'il est en proie au doute et à l'épuisement et dans le marathon de sa réélection - qui reviendrait à prolonger l'agonie de quatre ans encore - Oskar trouvera dans cette réalité simple la force de rebondir, la joie de vivre, et finalement la rédemption. C'est un vaincu triste mais soulagé qui quitte la scène politique en mars 2017. Oskar Freysinger ne pouvait pas retourner la tendance d'une opinion publique dressée à le mépriser pendant quatre ans, tout en assumant en parallèle son rôle de Conseiller d'État. Il s'est battu honnêtement et avec la dernière énergie et n'a pas à rougir de sa défaite. Sa retraite est l'occasion de prendre une revanche - une revanche sur les médias.

Il s'agit simplement de priver les hyènes de leur dernier repas. La manœuvre réussit au-delà de toute espérance.

C'est proprement ahurissant. Le harcèlement des médias ne tarit pas. Ils me téléphonent à tour de rôle pour me faire sortir de ma réserve. Dès que la pointe de mon nez tuméfié apparaît sur la toile, cela déclenche moult commentaires et critiques, comme si le jeu tronqué pouvait continuer ad æternam. Les médias salivent à l'idée d'obtenir une interview exclusive de l'ennemi public numéro un, enfin abattu. (...) Les propositions deviennent de plus en plus extravagantes. On me suggère une émission d'une heure à la radio romande, une émission Arena, deux pages entières dans le principal journal dominical et j'en passe. Pour quoi faire? Nourrir l'audimat? Clore le chapitre par l'exhibition du cadavre? Accréditer le happy end par la mort du méchant dûment documentée sur pellicule, pixels et papier glacé? Dieu que c'est morbide, tout ça. Au fond, l'intérêt des médias pour mon cadavre démontre combien ils sont morts eux-mêmes. Leurs nouvelles puent la charogne. Bientôt, leur métier tout entier suivra dans la tombe.

Remarquez, je comprends leur frustration: l'un de leurs meilleurs produits de vente vient de disparaître de leurs présentoirs. Il ne reste plus que la pléthore des gentils qui se tordent dix fois le cul sur la chaise pour dire que la neige est blanche et qui ne se vendent bien que lorsqu'ils ont un super-méchant en face d'eux pour assurer le spectacle. Or là, plus de super-méchant. C'est comme d'imaginer Le silence des agneaux sans Hannibal Lecter.

À partir du dimanche 19 mars j'ai sciemment privé les médias d'image. J'avoue la préméditation. Catastrophés, ils ont dû se rabattre sur les morts, les mots tant honnis, les mots trop abstraits pour faire flamber l'imaginaire des victimes de l'éducation moderne. Un pilori déserté les a contraints à jeter leurs œufs pourris dans le vide. (...)

Survivre à la mise à mort intellectuelle

Oskar Freysinger retrouve son énergie, son humour, le goût de la vie et la santé, et passe ensuite à la rédaction de son livre. "Les mois les plus heureux de mon existence", écrit-il. La question de l'après ne se pose plus: peu importe ce qu'il fera de son avenir, il a transcendé l'expérience politique.

L'ouvrage est intéressant à plus d'un titre parce qu'Oskar Freysinger raconte son expérience de l'intérieur, l'expérience d'une déshumanisation, d'une destruction systématique de sa personne, de son image et de ses accomplissements. Il n'a pas fait face à une simple mauvaise foi partisane de quelques journalistes ou adversaires politiques, mais à un effort concerté et calculé pour l'abattre. Sa mise à mort a été planifiée politiquement, mais aussi socialement, intellectuellement et humainement. Et Oskar Freysinger n'est visiblement pas le seul à avoir vécu cela.

Le parcours de l'élu valaisan n'est pas sans rappeler celui d'autres élus de droite, en Suisse ou ailleurs, ou même de simples personnalités qui avaient le malheur d'être conservatrices. Pensons à l'affaire Legrix à La Chaux-de-Fonds. Pensons à l'affaire Kavanaugh aux États-Unis. Pensons à l'affaire Windisch à Genève. Il s'agit d'une approche fondamentalement différente de la chose politique. Lorsque la droite est en situation de faiblesse, elle concède sa défaite et affute ses arguments en vue de la prochaine échéance. La gauche, elle, cherche à salir le vainqueur de toutes les façons possibles, détruisant sa vie, sa réputation et sa famille, mentant autant que nécessaire.

Il y a quelques années, j'aurais trouvé le paragraphe précédent exagéré et peu compatible avec les valeurs suisses de discrétion et de vie paisible, mais l'expérience d'Oskar Freysinger - et malheureusement de plusieurs autres - montre que cette Suisse-là a elle aussi disparu. Compte tenu du terrorisme intellectuel exercé contre eux, autant ne pas s'étonner que les individus de droite, courageux et capables d'assumer la défense de leurs convictions dans l'élection pour un poste à l'exécutif, ne courent pas les rues. C'est une autre façon pour la gauche de tenir le terrain. Tant que le grand public se laissera berner par les grands médias, les choses ne feront qu'empirer dans cette direction.

Le Côté Obscur de la Lumière est un succès littéraire mérité, un livre que tout individu intéressé par la chose politique se devrait de lire, et, si vous parvenez à en dénicher un exemplaire en librairie, certainement un cadeau original à offrir pour Noël.

Commentaires

Pierre Laval au maréchal Pétain : “La politique, c’est sale. La guerre à côté, c’est propre”.

Écrit par : rabbit | 01 décembre 2018

" Il comprend parfaitement l'énigme de cette non-réélection de 2017."
Oskar Freysinger a peut-être commis une ou deux erreurs stratégiques de campagne, il n'en reste pas moins que nous avons assisté là à la première "révolution orange" en Suisse (ou la deuxième si on tient compte du complot contre Blocher): quand un Johan Rochel s'avance, il faut voir l'ombre d'un Soros, ombre qui s'est depuis étendue jusque sur la Constituante valaisanne. Et cela fait peur pour l'avenir du canton.
Quant au mandat exercé par Oskar Freysinger, le "Poubelliste" publia quelque mois après son éviction un compte-rendu technique de l'activité du conseiller d'état UDC à la tête de son département: gestion qualifiée d'excellente, mais article publié de façon furtive, sans commentaires, entre les chiens écrasés et la rubrique nécrologique.

Écrit par : UnOurs | 01 décembre 2018

@UnOurs: la question de la stratégie de campagne de M. Freysinger pour 2017 est pleinement abordée dans le livre, ainsi que tous les raisonnements et conséquences qui y sont rattachés, mais ce billet était déjà suffisamment long pour ne pas couvrir aussi cet aspect de la période politique concernée.

Quant à ses erreurs, ma foi, je ne pense pas qu'il faille être parfait pour faire de la politique ; mais quand on voit les erreurs commises par ses prédécesseurs, concurrents et successeurs, on se dit juste que chacun n'est pas logé à la même enseigne.

Imaginez par exemple qu'à l'instar d'un triste sire valaisan, Oskar Freysinger ait trompé sa femme et fait en douce un enfant illégitime (en ayant "découché une seule fois", bien entendu, pas de bol!). Croyez-vous que quiconque y aurait cru, que l'affaire en serait restée là? Ce serait une running joke en Valais, il aurait droit à un surnom, et des "comités" de "femmes fidèles en colère" se seraient constitués pour manifester à chacun de ses déplacements. Le deux poids deux mesures habituel, quoi.

Finalement, vous avez raison de souligner que le bon travail effectué dans le cadre de son mandat, il faut n'en rendre compte qu'à regrets et faire en sorte que ça n'intéresse personne.

Écrit par : Stéphane Montabert | 01 décembre 2018

Un peu comme Perrin, Oskar n'avait pas sa place à un conseil d'état.
Je lui ai toujours reconnu une honnêteté dans l'engagement et son idée de travailler pour le bien public en priorité et non pour son intérêt personnel.
Après, je ne suis évidemment pas d'accord sur grand-chose de ses idées et combats politiques, mais cela n'a finalement que peu à voir avec un poste à l'exécutif d'un canton.
Toutefois, il devait bien s'attendre à ce traitement, surtout en Valais. Et vous pouvez faire l'analyse que vous voulez, M. Montabert, ce n'est pas la gauche valaisanne qui l'a abattu (à moins d'appeler gauche ce qui est à gauche de l'UDC), mais bien le PDC et le PLR (dans une moindre mesure).
Bien souvent, en politique, les pires ennemis viennent de son propre bord, avec les attaques les plus pernicieuses. Droite ou gauche confondue: Savary n'a pas été aidée par son bord non plus.
On dira que sa personnalité n'y est pas pour rien non plus. Il a bien su jouer et profiter des médias notamment, tout au long de sa carrière. Son erreur n'a pas été dans sa gestion à son poste, mais d'avoir voulu aller au conseil d'état.
Erreur à cause de son égo, ou d'avoir trop écouté des conseillers peu inspirés? Je ne peut évidemment pas le dire. Mais il aurait dû rester dans un rôle qui lui va bien, celui de parlementaire.
Et il peut bien prétendre que les polémiques le concernant étaient insignifiantes, aller parler à des congrès d'extrême droite (sisi, c'est bien le cas), même à titre privé, est une erreur grossière. Tout comme poser avec un drapeau controversé (pas uniquement parce que c'était lui).
Est ce que cela lui a coûté sa réélection? Certainement que non, ou pas seulement, mais cela n'a certes pas aidé.
Et sa campagne a été mauvaise, même si tout observateur a bien pu voir l'épuisement. Il a beau jeu, par après, de la prétendre voulue, mais si cela avait été réellement le cas, il ne se serait simplement pas représenté. Et là, il aurait fait une sortie honorable.
Je n'aime pas l'UDC, le parti et certains de ses têtes pensantes. A mon avis, une majorité sont hypocrites, surtout du côté de Zurich.
Mais je respecte Oskar, Alice Glauser ou Parmelin pour ce qu'ils sont: des gens honnêtes et droits dans leurs bottes, animés par des convictions dépassants leur intérêt personnel. On gagnerait à avoir plus de politiciens avec ce type de motivation, même si on n'aime ni leurs idées, ni leur caractère.

Écrit par : lefredo | 03 décembre 2018

@lefredo: la place d'Oskar Freysinger était là où les électeurs l'ont placé ; électeurs "guidés" (dira-t-on poliment) par les médias installés. Je vous concède bien volontiers que le PLR et le PDC l'ont poignardé dans le dos. Je ne vois pas très bien le parallèle avec Mme Savary, qui a chuté pour avoir trop aimé l'argent, comme M. Maudet.

Vous faites des commentaires et des suppositions sur sa stratégie et sa campagne, mais tout ceci est très bien expliqué dans le livre et fait sens. Le pari n'a pas fonctionné, c'est vrai, mais ce n'est pas parce qu'une stratégie échoue qu'elle était condamnée à échouer dès le départ.

Quant aux hypocrites, ma foi, il faut bien connaître un parti pour savoir où ils se trouvent. Je doute fort que vous connaissiez suffisamment l'UDC pour la juger aussi précisément.

Écrit par : Stéphane Montabert | 03 décembre 2018

Vous comprenez pas le parallèle avec Savary? Réfléchissez un peu plus alors.
Et j'espère que vous n'allez pas comparer le cas Savary avec le cas Maudet, il n'y a pas de commune mesure.

C'est facile d'expliquer par la suite un échec. Les électeurs ont mis Oskar au gouvernement, effectivement. Comme ils avaient mis Perrin. Les électeurs ne font pas toujours juste. Est-ce qu'ils ont été manipulés par les médias? Vous êtes un brin méprisants envers les électeurs. Les médias n'ont certainement pas ce pouvoir si absolu. Je devine même un pointe de complot dans vos propos: Les médias ont poussé les électeurs à voter Freysinger pour mieux le descendre?
Non, les électeurs valaisans ont vu en lui une possibilité de changement (c'est un peu léger comme vision mais bon...) et ont été majoritairement déçu.
Après, il a eu à faire à des coups bas orchestrés par des membres du PDC valaisan et quelques autres personnalités influentes du canton. Mais n'allez pas me faire croire qu'il ne savait pas où il mettait les pieds.
Tout le monde n'est pas fait pour être dans un exécutif. Ce n'est pas un reproche ou une moquerie. La planche était savonnée, généreusement, et il n'a pas su y faire face. Et c'était cousu de fils blancs.

Je juge certaines personnalités de l'UDC. Et si vous pensez qu'y être opposer c'est méconnaître, je comprends mieux certains de vos revers politiques.

Écrit par : lefredo | 04 décembre 2018

@lefredo: amusant comme une comparaison entre Maudet et Savary vous fait sortir de vos gonds au point de vous rendre agressif. Le parallèle est pourtant parfaitement valide. Les deux élus aiment l'argent, ont des contacts financiers occultes et sont au plus mal lorsque ceux-ci sont dévoilés en public.

La corruption est EXACTEMENT de même nature, seul son volume change. Il est vrai qu'être Conseiller aux États n'offre pas les mêmes perspectives de corruption qu'être membre d'un exécutif cantonal.

"Les médias ont poussé les électeurs à voter Freysinger pour mieux le descendre?"

Les médias ont incontestablement aidé Freysinger à être élu, même si ce n'était peut-être pas le but recherché, simplement en descendant son principal adversaire PLR (vous vous rappelez l'histoire du caillou ramassé en Turquie?) Même Oskar Freysinger le reconnut. Quant à le descendre, rien de plus normal, puisque c'était un élu UDC.

"Tout le monde n'est pas fait pour être dans un exécutif. Ce n'est pas un reproche ou une moquerie. La planche était savonnée, généreusement, et il n'a pas su y faire face. Et c'était cousu de fils blancs."

Vous excusez des cabales ignobles contre des individus intègres au prétexte que "tout le monde n'est pas fait pour ça". Si pour vous "ceux qui sont fait pour ça" sont des manipulateurs, des menteurs et des chefs de gang, aidés en cela par une presse partisane adepte des attaques ad hominem, je pense que vous avez toutes les raisons d'être satisfait de vos gouvernants.

Pour ma part, que voulez-vous, j'ai toujours eu une vision plus élevée de l'intérêt public, et je ne sacrifierai jamais mon intégrité ni n'abandonnerai mon éthique pour le pouvoir. Cela fait incontestablement de moi un très mauvais politicien, je ne vous le fais pas dire.

Écrit par : Stéphane Montabert | 04 décembre 2018

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