05 décembre 2018

Non-événement au Conseil Fédéral

Ça y est, la soporifique élection des nouveaux Conseillers fédéraux a eu lieu, avec sa tension artificielle, ses sourires étudiés, ses bouquets de fleurs et la pose devant les photographes de presse. Cette matinée fait indéniablement partie de l'information, mais je doute qu'elle ait passionné les foules.

Comme un peu d'autosatisfaction ne fait pas de mal, je rappelle que j'avais annoncé l'élection de Mme Keller-Sutter au Conseil Fédéral le 2 octobre déjà:

Quelle surprise! Certes, la Saint-galloise était donnée favorite, mais personne ne s'attendait à un tel plébiscite de l'Assemblée Fédérale dès le premier tour (...) Alors que la matinée électorale se poursuit, une seule question brûle toutes les lèvres: combien de femmes se retrouveront finalement au Conseil Fédéral?


conseil fédéral,électionsVoilà, nous le savons aujourd'hui, Mme Karin Keller-Sutter sera accompagnée de Mme Viola Amherd. Quant au positionnement politique de ces dames, je m'en remets à l'analyse de Me Nidegger:

[Le] remplacement d’un PLR bernois de 66 ans, diplômé de l’EPFZ et ancien chef d’entreprise par une PLR saint-galloise de 55 ans, traductrice de formation et ancienne conseillère d’État en charge de Justice et Police n’apparaît que comme un renouvellement générationnel. Tel ne serait pas le cas, en revanche, du remplacement d’une PDC argovienne de 55 ans, ancienne avocate et proche de l’économie par une PDC haut-valaisanne de 56 ans, notaire et notoirement positionnée à gauche. Car ce choix consacrerait une rupture de l’alchimie actuelle, un retour au regrettable déséquilibre qui prévalait avant le remplacement de Didier Burkhalter par Ignazio Cassis en septembre de l’année dernière.


En termes simples, le Conseil Fédéral est encore plus à gauche. Mme Doris Leuthard avait tendance à suivre les modes plutôt que la raison dès qu'il était sujet de questions environnementales, mais elle était capable de faire preuve d'un peu de bon sens de temps à autre sur le reste. Il y a fort à parier que cette maigre modération disparaisse avec Mme Amherd. Je pense que nous le verrons assez vite.

L'avantage de s'attendre au pire, c'est qu'on est rarement déçu!