09 décembre 2018

Martine Brunschwig Graf, le mensonge dans la peau

Les innombrables ramifications de l'affaire Ramadan n'en finissent pas de faire des vagues. Certaines s'échouent jusque sur la grève de Genève, éclaboussant des notables qu'on aurait espéré au-dessus de tout soupçon.

Tariq Ramadan, coupable d'actes sexuels sur mineures

Comme d'habitude, il faut quérir ailleurs l'information qui concerne la Suisse romande. Ici, il faut la chercher dans le magazine français Le Point - qui cite lui-même un reportage de Radio Lac, peu repris par les médias locaux - pour savoir de quoi il retourne.

Tariq Ramadan est rattrapé par son passé d'enseignant en Suisse. L'enquête, commandée par le gouvernement du canton de Genève sur les abus à l'école, porte principalement sur le Cycle d'orientation des coudriers et sur le collège de Saussure, où Tariq Ramadan a enseigné le français entre 1984 et 2004. Ce rapport confidentiel, remis au Conseil d'État le 31 octobre dernier, vient d'être révélé par Radio Lac. Les enquêteurs, deux anciens juges, ont entendu une cinquantaine de personnes, dont quatre anciennes élèves du prédicateur.


On peut lire que Tariq Ramadan serait parvenu à entretenir des relations sexuelles avec trois élèves âgées de 15 à 18 ans. Une ancienne élève confiait avoir été "abusée et violentée". "J'ai eu des relations sexuelles avec lui. Il était marié et père de famille. Cela s'est passé trois fois, notamment dans sa voiture. C'était consenti mais très violent. J'ai eu des bleus sur tout le corps. Il m'a toujours fait croire que je l'avais cherché".

Ces actes sont punis par les articles 187 à 190 du Code Pénal.

Lors de l'ouverture de l'enquête, Tariq Ramadan avait aussitôt annoncé qu'il déposerait une plainte contre X pour diffamation, voire calomnie. Un an plus tard, il n'a toujours rien fait. Il est vrai que la posture de respectabilité du prédicateur des Frères Musulmans est devenue difficile à tenir.

Mais d'autres questions sont aussi importantes, notamment, comment un simple professeur a-t-il pu contraindre sexuellement voir violer ses propres élèves, au sein même de l'école publique, pendant des années, au nez et à la barbe de toute la hiérarchie de l'institution?

La réponse est évidente: il a été couvert.

Martine Brunschwig Graf, celle qui savait et choisit de mentir

Les explications sont données dans la suite de l'article, dont un passage hallucinant que je me permets de souligner.

Le rapport met également en cause le directeur du collège de Saussure. Alerté sur les agissements de Tariq Ramadan, il n'aurait pas cherché à « approfondir des faits rapportés par de tierces personnes, témoins directs de comportements inadéquats, au motif que de tels faits devaient être dénoncés par la victime elle-même ». Quant à Martine Brunschwig Graf, ministre de l'Instruction publique à l'époque, elle reconnaît avoir menti à la presse en évoquant de « simples rumeurs ». En fait, elle aurait bien été informée que Tariq Ramadan entretenait des relations intimes avec certaines de ses élèves. Notamment par une enseignante à la retraite « et féministe ».

Malgré cela, le rapport, très « suisse » (sic), se contente d'évoquer des « dysfonctionnements », mais pas de « manquements ». Une conclusion qui fait bondir Anne-Marie Von Arx Vernon, députée démocrate-chrétienne. Sur Radio Lac, elle dénonce un « rapport décevant et peu respectueux des victimes, qui n'ont pas été prises au sérieux ». C'est cette élue, à l'origine en novembre 2017 de la création d'un comité de soutien aux anciennes élèves abusées par Tariq Ramadan, qui a insisté pour que le ministère de l'Instruction publique mène cette enquête.


racismeMadame Brunschwig Graf a couvert un enseignant dans une affaire d'actes sexuels sur mineurs.

Madame Brunschwig Graf a sciemment menti à la presse et, à travers elle, au grand public et aux autorités du pays.

Ces actes sont d'une extrême gravité. Dans une époque où des élites tombent pour corruption, les errements de Mme Brunschwig Graf sont encore plus graves: elle foula au pied les devoirs mêmes qui étaient associés à son mandat de l'époque. Elle n'a tout simplement aucune excuse.

Combien de femmes auraient pu ne pas être violées les années suivantes si Mme Brunschwig Graf, il y a quinze ans, avait pris ses responsabilités à l'encontre de M. Ramadan?

Quant à comprendre pourquoi Mme Brunschwig Graf se trouva si compréhensive à l'égard d'un détraqué sexuel sévissant au sein des écoles genevoises, l'explication pourrait se trouver dans l'individu concerné. Le séducteur pathologique pourrait être parvenu à subjuguer jusqu'à la politicienne elle-même.

Cette théorie - qui ne dépassera sans doute jamais ce stade à moins d'un grand déballage - aurait aussi le mérite d'expliquer l'étrange mansuétude de Mme Brunschwig Graf vis-à-vis de l'islam à travers son mandat de Présidente de la Commission Fédérale contre le Racisme. Quelques exemples de sa partialité se trouvent ici, ici ou ici, relevés par la vigilance de citoyens concernés par la montée de l'islamisme en Suisse.

Nommée par le Conseil Fédéral, Mme Brunschwig Graf, 68 ans, en est à son deuxième mandat de quatre ans à la tête de la Commission. Il court jusqu'en 2020. Quelles que soient ses motivations pour couvrir Tariq Ramadan lorsqu'il sévissait à Genève, on se demande comment à Berne les autorités peuvent rester sourdes, muettes et aveugles face à une directrice de Commission fédérale qui avoue carrément à la presse qu'elle a menti dans l'exercice de ses fonctions alors qu'elle n'était "que" Conseillère d'État. Sa probité est irrémédiablement salie.

Un poste aussi important que le sien ne devrait-il pas impliquer une éthique irréprochable?

Mise à jour (10 décembre): il n'aura pas fallu longtemps, une pétition en ligne circule désormais pour demander la fin de l'impunité de Mme Brunschwig Graf. Comme quoi je ne suis pas la seule personne choquée ici-bas.

Mise à jour (14 décembre): encore de nouvelles victimes du prédicateur islamiste révélées dans la Tribune de Genève, six pour l'instant, toujours à la même époque où Mme Brunschwig Graf fermait plaisamment les yeux.

23:02 Publié dans Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : racisme |  Facebook

Commentaires

Cette réthorique dans le style Schwaab peut induire le lecteur en erreur : faut-il comprendre que le Conseil fédéral et Madame Brunschwig Graf sont beaucoup plus coupables que Tariq Ramadan ? À moins que ce soit le but, évidemment.

Écrit par : rabbit | 10 décembre 2018

Martine Brunschwig-Graf représente clairement le pire dans le genre personnalités politiques suisses. Le compromis jusqu'à la nausée. Ses prises de position fleurent bon la soumission au pire des religions.
Jamais la moindre remise en question, rien.
Mais on vit dans un pays où une ancienne conseillère fédérale socialiste, une excitée de la Cour pénale internationale aussi inutile que coûteuse, un Prix Nobel de chimie qui visiblement n'a pas inventé l'eau chaude appellent la Confédération à accorder un pavillon suisse à l'Aquarius. Ce navire dont la fonction est de faire passer illégalement la frontière à de semi-escrocs grâce à un chantage au suicide du plus mauvais goût.
Tout est permis, dans ce monde-ci...

Écrit par : Géo | 10 décembre 2018

@rabbit: Tariq Ramadan est (probablement) coupable, Martine Brunschig Graf est indigne de sa charge. Ce sont deux choses différentes.

Écrit par : Stéphane Montabert | 10 décembre 2018

Collaborer à une organisation supranationale vous rend incolore et sans saveur, c’est certain. Jusque-là, je pensais que les gens le faisaient pour l’argent ou pour la gloire. Vous croyez donc que c’est par bêtise ? Je suis soufflé...

Écrit par : rabbit | 10 décembre 2018

Jusqu'ici, je pensais que travailler pour une organisation internationale (ou supra-nationale), c'était pour l'argent ou pour la gloire. Mais, si vous me dites que c'est par bêtise, je prends ça pour argent comptant.
Au fait, j'assistais il y a peu à une conférence à l'ONU et j'y ai trouvé l'ambiance “ni tout à fait réelle, ni tout à fait artificielle“, une sorte de rêve éveillé. Il faut moderniser tout ça : je propose que l'OMS soit déplacée en Afrique et l'UIT en Chine. Dans les bâtiments désormais inoccupés, il y aura de la place pour des milliers de migrants.
La prison de la CPI se trouve à l'ouest de La Haye, un peu avant d'arriver à Scheveningen et la plage: un endroit charmant pour finir une carrière politique ou militaire. Mais un climat un peu frais pour tout ressortissant d'un pays tropical.

Écrit par : rabbit | 10 décembre 2018

C'est très "andalou", ce genre de connivences...

Écrit par : UnOurs | 10 décembre 2018

Comme on est à Genève...

http://www.chretiens2000.com/2018/05/le-lien-entre-freres-musulmans-et-franc-maconnerie-etabli.html

Écrit par : UnOurs | 10 décembre 2018

"La prison de la CPI se trouve à l'ouest de La Haye, un peu avant d'arriver à Scheveningen et la plage: un endroit charmant pour finir une carrière politique ou militaire."

Certes, mais pour le symbole, je proposerais plutôt de rebâtir à l'identique la prison de Spandau et d'y détenir à vie tous les politiciens européens ayant agi contre leurs pays respectifs. La Suisse pourrait par exemple y envoyer d'anciens responsables politiques sous l'autorité desquels le pacte sur la migration de l'ONU a été élaboré, sous l'inculpation de "crime contre la paix".

Écrit par : UnOurs | 11 décembre 2018

Un Ours@ Le lien entre frères musulmans et franc-maçons ? J'ai pas mal de doute sur cette analyse. Les franc-maçons sont assez critiques sur la foi, ils ont peut-être la leur, mais en tout cas elle est antagonique avec l'islam.
Et donc les "musulmans" qui s'intéresseraient à leur doctrine n'ont plus rien à voir avec l'islam...
Je voulais vous recommander le livre de Jacques Bordiot, "Le pouvoir occulte, fourrier du communisme" Vague rouge sur l'Europe, éditions de Chiré.
Mais je suis presque sûr que vous le connaissez et même qu'il se trouve dans votre bibliothèque...

Écrit par : Géo | 11 décembre 2018

Non, je ne connais pas cet ouvrage (ni cet auteur), mais je vais m'y intéresser, merci.

Écrit par : UnOurs | 11 décembre 2018

Sur le plan politique, on peut définir l’ONU comme une organisation supranationale se positionnant dans la sphère d’influence du marxisme, doctrine née dans les années 1850. Le principe moteur est celui de l’action-réaction permanente entre deux entités réputées antagonistes de façon irréconciliable. Le dogme marxiste conçoit toute dualité par un sujet «exploiteur» face à un sujet «exploité», en l’absence d’autre vraisemblance acceptable. Le vocabulaire s’adapte aux circonstances, mais le sens reste le même : riche//pauvre, Nord//Sud, patron//ouvrier, etc. Cette représentation particulière de la réalité est sensible dans «La déclaration universelle des droits de l’homme», de 1948, qui transfert la prééminence des droits individuels, exprimée dans la «Déclaration des droits de l'homme et du citoyen», de 1789, à ceux d’une autorité de type collectiviste.

Écrit par : rabbit | 11 décembre 2018

Vous ne le regretterez pas. Rarement lu un ouvrage aussi documenté et instructif. Bordiot est d'une culture époustouflante...

Écrit par : Géo | 11 décembre 2018

On comprend des faits, rapportés à mots couverts, que l’assurance dogmatique de prêcheur hors pair de Tariq Ramadan, se prolongeait par une violence chaotique de pécheur hors-pair, face à ses victimes.
On ne peut par contre comprendre une conspiration du silence de ceux et celles qui en ont été avisés, comme vous le soulignez fort justement.
Enfin, il parait insensé, et surtout parfaitement inadmissible, de constater que des «fidèles» de Tariq Ramadan puissent demeurer menaçants à l’endroit de ses victimes, sans qu’ils soient inquiétés par une justice coupable, à son tour, de fermer les yeux.

Écrit par : Yes-comment | 12 décembre 2018

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