16 décembre 2018

Comment lutter (réellement) contre le terrorisme islamiste

La France est encore frappée par le terrorisme. Cette fois-ci, c'est au tour de Strasbourg. Il suffit de lire la liste de 2017 ou celle qui sera faite en 2018 - l'année n'est pas terminée - pour avoir une idée de ce qui attend l'Hexagone les décennies à venir.

Mais est-ce une fatalité?

Naturellement, les gens s'interrogent. Comme le fait remarquer un Internaute taquin:

"Tous ces attentats, ces attaques au couteau, à l'arme à feu, ces camions qui foncent dans la foule, ces gens qui crient en commettant leurs méfaits... Si au moins on était capable de trouver un point commun, quelque chose qui permette de les relier... Mais non, rien de rien. Quel dommage!"


Face à l'incompétence des autorités et la veulerie des politiciens, l'ironie est une arme efficace. Ces messieurs ne sont bien entendu jamais à court d'excuses: il ne faut pas "stigmatiser", il faut "respecter les droits de l'homme", la "présomption d'innocence", "renoncer à l'amalgame", et tutti quanti... Et pendant ce temps, de l'autre côté du mur du politiquement correct, les victimes s'empilent. Les pays européens subissent des dizaines d'attaques que les médias s'évertuent de plus en plus à maquiller comme les actes de déséquilibrés, voire de simples accidents de la route.

strasbourg_attentat_2018.jpgMais pour répondre à la question un peu plus haut, non, le terrorisme islamiste n'est pas une fatalité. Nous en avons l'exemple avec l'Italie - un pays européen, en première ligne de la crise migratoire, et qui n'a pour l'instant pas eu à souffrir du moindre attentat terroriste perpétré par des fous d'Allah.

Que font différemment les Italiens? La recette n'a rien d'un mystère. Elle est livrée dans une passionnante interview donnée par Lorenzo Vidino, expert du djihadisme à l'Université George-Washington et ancien coordinateur de la Commission italienne d'étude sur la radicalisation, dans les colonnes du Temps.

Plus intéressant que l'absence d'attentat sur sol italien, Lorenzo Vidino tire de précieux enseignements du nombre de départ de combattants sur les différents fronts du djihad - des données empiriques, scientifiques. Ainsi, on compte, par ordre décroissant:

  • 350 départs de combattants d'Autriche, soit un peu moins de 40 par million d'habitant ;
  • 300 pour la Suède, soit environ 30 par million d'habitant ;
  • 190 pour la Suisse, soit 22,5 par million d'habitant ;
  • plus de 1500 pour la France, soit 22,3 par million d'habitant ;
  • 1000 pour l’Allemagne, soit 12 par million d'habitant ;
  • et seulement... 129 pour l'Italie, soit à peine plus de 2 par million d'habitant.

Certes, ces chiffres peuvent être discutés - tous les candidats au djihad en Irak ou en Syrie ne déclarent pas ouvertement leurs intentions - mais il n'y a pas de raison que ces comportements diffèrent sensiblement d'un pays à l'autre. L'écart entre l'Italie et les autres saute aux yeux: ils sont tous entre six et vingt fois plus radicalisés que la première.

Lorenzo Vidino précise encore les chiffres italiens:

C’est un chiffre incroyablement bas pour un pays de 60 millions d’habitants qui compte au moins 2 millions de musulmans. Et sur ces 129, il y a des Marocains qui ont passé des années en France avant de partir en Syrie, ou encore deux Italiens nés en Suisse – à Saint-Gall et à Zurich – et partis pour la Syrie en 2014 et 2015. On a seulement 18 citoyens italiens sur l’ensemble des départs.


Pour l'expert du djihadisme, ces chiffres sont un meilleur indicateur de l'exception italienne que l'absence d’attentats. Après tout, un individu assez motivé pour aller faire le djihad à l'étranger est probablement prêt à se livrer à des attentats sur place.

L'Italie n'a pas toujours été aussi bonne élève. Le pays abritait des mosquées professant le djihadisme, notamment à destination de la Bosnie, dans les années 1990. Mais les autorités surent réagir.

[La méthode italienne de lutte contre le terrorisme islamiste] cible avant tout ceux qu’on appelle les «mauvais maîtres», les cattivi maestri, ces mentors qui attirent les jeunes sur la voie de la radicalisation. S’ils ne sont pas Italiens, et la grande majorité ne le sont pas, ils sont expulsés systématiquement. C’est la tolérance zéro: si vous êtes radicalisé ou si vous radicalisez d’autres gens, et que vous n’êtes pas Italien, vous êtes expulsé, c’est aussi simple que cela.

Depuis le 1er janvier 2018, 109 personnes ont été expulsées d’Italie pour menace à la sécurité nationale. Depuis 2015, cela fait plus de 350 personnes expulsées, soit environ deux par semaine. C’est un outil majeur à disposition du gouvernement italien, issu d’une loi passée après les attentats de Londres en 2005. La déportation est décidée par décret ministériel, sans recours suspensif possible. Elle ne s’applique qu'aux étrangers, mais comme il est très difficile de devenir italien si vos parents ne le sont pas, cet outil s’applique bien à la majorité des cattivi maestri.

En général, le décret est signé par le ministre l’après-midi, la personne est arrêtée vers 1 ou 2h du matin et expulsée vers 5h ou 6h du matin. Parfois à la sortie de la prison où elle séjournait. La plupart des gens sont renvoyés vers le Maroc, la Tunisie, la Bosnie, le Kosovo, l’Albanie ou la Macédoine. Des pays avec lesquels l’Italie a de très bonnes relations et des accords d’expulsion qui marchent bien.


vidino.jpgLoin de l'angélisme prévalant dans d'autres pays occidentaux, la police italienne sait aussi faire preuve de curiosité - un héritage de la lutte antimafia et du terrorisme des années de plomb. "On sait que si on arrête quelqu’un, le lendemain il faut ouvrir une enquête sur son cercle d’amis ou sa famille", explique Lorenzo Vidino. Les malfrats, qu'ils soient mafieux ou islamistes, agissent en réseau.

Les Italiens auraient-ils découvert la Panacée? Oui et non. Oui, parce que les résultats sont là, indubitablement. La réussite italienne force le respect. Non, parce que la méthode perdra de son efficacité dans le temps, à cause d'une évolution démographique plus profonde qui a déjà court ailleurs sur le continent.

La démographie de l’Italie est différente de celle du nord de l’Europe. La plupart des jeunes qui sont partis pour le djihad depuis la Belgique, la France, la Suisse, etc., sont issus de la deuxième génération d’immigrants. Or cette deuxième génération n’existait pas en Italie jusqu’à très récemment. Les premiers immigrants musulmans sont arrivés en Italie comme célibataires dans les années 1990, et c’est seulement aujourd’hui qu’on voit apparaître une seconde génération née ici. L’Italie ressemble de ce point de vue à la Grèce, au Portugal ou à l’Espagne. On n’a pas eu les mêmes facteurs de radicalisation qu’ailleurs en Europe.


La distribution de passeports sans grand discernement joue aussi son rôle:

Le système des expulsions ne fonctionne pas pour les citoyens italiens, ni pour les mineurs. Un des attaquants tués lors de l’attentat du pont de Londres en 2017 était le fils d’une convertie italienne qui a voulu partir vers la Syrie et qu’on ne pouvait pas expulser. Il y a aussi eu le cas de Tommaso Hosni, qui a poignardé un policier et un militaire à la gare de Milan. Il est Italien. Un adolescent d’Udine qui tenait une chaîne sur Telegram pour l’Etat islamique n’a pas pu être expulsé non plus puisqu’il est mineur.

Il y a davantage de cas de ce genre, car de plus en plus de gens reçoivent la nationalité italienne. Donc l’arme des expulsions a tendance à s’émousser avec le temps.


Sans complaisance ni langue de bois, Lorenzo Vidino donne donc les recettes efficaces pour lutter contre le terrorisme islamiste dans un pays occidental développé et sujet à l'État de Droit:

  • refuser de laisser venir s'installer et expulser tous les individus radicalisés qui peuvent l'être ;
  • étendre les enquêtes pour démanteler les réseaux dans leur intégralité ;
  • établir des accords de réadmission avec les pays tiers ;
  • redoubler de vigilance avant d'accorder la nationalité à des gens qui deviennent de fait inexpulsables, notamment leur descendance.

C'est une vraie feuille de route. La Suisse dispose déjà de plusieurs armes législatives pour l'appliquer - comme le Renvoi des Criminels étrangers par exemple - mais la volonté politique manque. M. Vidino s'en rend parfaitement compte et livre sans concession l'image que la Suisse donne d'elle à l'étranger: "les Italiens ont tendance à penser que la Suisse est un peu molle dans le traitement de ce problème. La perception des Italiens est que les Suisses autorisent des gens problématiques à s’installer à leur frontière. Il y a eu des cas de gens expulsés d’Italie qui sont revenus s’établir en Suisse."

Faudra-t-il que le sang coule ici aussi pour les politiques se réveillent enfin?

Commentaires

Il ne faut pas oublier que l'Italie a été - reste encore partiellement - la porte d'entrée des migrants, ce qui a sans doute facilité le refoulement des personnes qualifiées de suspectes.

On peut tout à fait imaginer qu'il est plus facile de contrôler les arrivées de migrants sur son sol que de le faire lorsque ceux-ci s'installent ou tentent de s'installer !

Écrit par : M.A. | 17 décembre 2018

Toutes les mesures énumérées ici sont techniques, et peuvent être efficaces à certains moments et dans certains contextes.
Mais ce ne sont pas des solutions pérennes ; elles ne soignent pas le mal à sa racine.
Permettez-moi de citer le cas de la Pologne, ceux de la Hongrie, de la République Tchèque ou de la Slovaquie, où il n'y a pas non plus de terrorisme.
Par quel miracle?
Eh bien, par la vertu d'une équation toute simple :
Pas de musulmans = pas de terrorisme.

La véritable solution à court, moyen, et long terme, au terrorisme est la fin de l'immigration musulmane en Europe, et la remigration des musulmans délinquants, des peu, ou pas, intégrés, avec au préalable la perte de leur citoyenneté.
Évidemment, cette solution définitive ne sera jamais mise en oeuvre en Europe, et en tout cas pas en France, du moins pas avant une guerre civile qui ne peut que survenir, tôt ou tard.
En France, il est même impossible d'avoir un débat national sur l'immigration. Attentat après attentat, la situation à ce niveau reste bloquée, ce qui peut sembler normal quand les bien-pensants clament que ces attentats n'ont rien à voir avec l'islam. Mais alors avec quoi ont-ils à voir ?
Ce débat national sur l'immigration avait été promis par Macron dans son discours récent de 13 min destiné à désamorcer la crise des gilets jaunes.
Eh bien, deux jours ont suffi pour qu'on apprenne, par la voix du 1er ministre, que ce débat passait à la trappe des promesses non tenues.
J'invite à lire cet article très instructif :
http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2018/12/14/31001-20181214ARTFIG00255-voila-pourquoi-le-debat-sur-l-immigration-n-aura-pas-lieu.php

Écrit par : AP34 | 17 décembre 2018

Nous sommes tellement arrivés au bout du bout, qu'il n'y a plus de solutions par les Etats en place. La solution viendra par un bouleversement radical et en France les prémices sont en place :

https://www.youtube.com/watch?v=9YOFNKNPaKw

Cela va faire trembler toute l'UE technocrate et refonder tous les systèmes politico-financiers qui menaient tous les peuples européens à la baguette.

Il semble que la violence des propos des fameux élus macronien trahissent leurs peurs, tout comme les menaces UE envers le Royaume-Uni et la Suisse.

Écrit par : Corélande | 19 décembre 2018

En l'an 64, l'empereur Néron avait désigné les chrétiens comme boucs émissaires du grand incendie de Rome : « Ridendi non finivimus ! » comme on disait à l'époque (« On n'a pas fini de rigoler ! »).

Écrit par : rabbit | 19 décembre 2018

A terme, il faudra être radical. Sinon, dans quelques décennies, on verra des femmes se faire trancher le cou à la scie, vivantes, (1) dans nos belles vallées alpines.

http://www.fdesouche.com/1128025-maroc-deux-touristes-europeennes-egorgees-au-sud-de-marrakech

Je suis parano ?
Si, il y a ne serait-ce que 20 ans, on vous aurait parlé par exemple des cellules islamistes de Winthertour ou de jeunes "Valaisans" partis faire le jihad, on vous aurait regardé comme un fou et pourtant, vous auriez eu raison.


(1) sous le silence de crypte de nos merdias.

Écrit par : UnOurs | 20 décembre 2018

PS: je tiens à préciser que je suis très généralement contre la peine de mort, mais face aux islamistes qui scient la tête des femmes, les solutions expéditives sont nécessaires et justifiées.

Écrit par : UnOurs | 20 décembre 2018

Un second PS: on pourrait déjà commencer par de simples mesures "techniques".

1: interdiction de tout abattage rituel (pour les pays où cela est encore autorisé) et également interdiction d'importation de toute viande ayant été produite dans des conditions pratiquant cet forme d'abattage.

2: interdiction des mutilations sexuelles envers les enfants, garçons Y-COMPRIS.

Evidemment, tout cela avec de lourdes peines et amendes à la clé.

On pourrait déjà de cette façon commencer à "faire le ménage".

Écrit par : UnOurs | 20 décembre 2018

UnOurs@ Chaque chose en son temps. Mais difficile d'ignorer qu'on va droit dans ce mur-là. Si nos bons concitoyens n'imaginent même pas qu'il y a une guerre des musulmans contre eux, tous les musulmans savent qu'ils sont en guerre contre eux. Cela finira bien par se voir...
Surtout quand on saura quelle est la proportion de musulmans dans notre armée, d'ailleurs...
Pour conclure, cette nouvelle du "Matin" :
"La création annoncée d'une armée au Kosovo fait des vagues dans les forces armées suisses. Des soldats aux racines kosovares se disent prêts à retourner dans les Balkans pour servir leur pays d'origine, explique le Blick."

Écrit par : Géo | 20 décembre 2018

C’est trop tard, c’est la fin... Mais je peux vous organiser une chouette vie en Chine, où l’on s’attend à une baisse de la pression immobilière l’an prochain. Un 5 pièces pour le loyer d’un studio à Genève, ça vous parle ?

Écrit par : rabbit | 20 décembre 2018

Trop loin. J'espère que nous aurons au moins notre Little Big Horn...

Écrit par : UnOurs | 20 décembre 2018

@Corélande, depuis que le Cervin a changé pour une pyramide (toblerone) il ne reste pas grande chose en Suisse même la politique est biasée .

Écrit par : jean J.Chappuis | 21 décembre 2018

@Corélande depuis que le cervin a changé pour ne pyramide, (toblerone ) il ne restw pas grand chose en Suisse, même la politique est biasée.

Écrit par : jean J.Chappuis | 21 décembre 2018

Le Toblerone, symbole éminemment suisse, est désormais béni par un imam et propriété de...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Irene_Rosenfeld

Écrit par : UnOurs | 21 décembre 2018

Ils sont vraiment comiques chez "LesObservateurs"...

https://lesobservateurs.ch/2018/12/22/quelle-entreprise-islamique-gagne-t-elle-de-largent-avec-le-certificat-halal-du-toblerone/

... ou alors pas très observateurs. Quelqu'un pour leur signaler que la direction de Mondelēz n'est assurément pas très "islamique" ?

Écrit par : UnOurs | 22 décembre 2018

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