29 décembre 2018

Réflexions sur la double-nationalité

"La double-nationalité est devenue chose normale", claironne le site d'information étatique Swissinfo. L'article repose sur un dossier sur la double-nationalité établi par la Commission fédérale des migrations (CFM) et publié un peu plus tôt dans l'année.

Visages.jpgVisages de binationaux, en couverture du rapport de la CFM.

Le document, très synthétique, contient des de statistiques et des discussions politiques autour du thème de la double-nationalité, mais commence par un constat relativement indiscutable: une partie croissante de la population ne peut plus être désignée par les simples catégories "Suisse" ou "étranger" - tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Suisse.

Aujourd’hui, un Suisse sur quatre, que ce soit dans le pays ou à l’étranger, possède au moins une nationalité supplémentaire. Ce chiffre serait même plus important car les données disponibles se basent uniquement sur les personnes de plus de 15 ans. Chez les Suisses vivant à l’étranger, le pourcentage de binationaux est d’environ 75 pourcent.


Un quart des Suisses de passeport résident en Suisse sont donc double-nationaux, et trois quarts à l'étranger, ce qui éclaire d'un jour nouveau la composition de la fameuse "Cinquième Suisse" vis-à-vis des quatre autres.

La double-nationalité pose la question de la loyauté. Comment tranchera un binational sur un arbitrage entre ses deux pays d'appartenance? De quel pays se réclamera-t-il lors d'une compétition sportive où ils se font face? Et, sur un plan plus dramatique, si un conflit devait les opposer? "Double-nationalité, double-fidélité", résume Frank Leutenegger sur LesObservateurs.ch. À l'heure où les binationaux forment des contingents importants au sein de l'armée de milice helvétique et disposent comme les autres d'une arme militaire en dotation, la question a des implications nettement plus concrètes qu'une discussion sur le sexe des anges.

Un pied dans chaque pays, mais un seul cœur

Il n'existe pas de binational "50-50". Une des deux nationalités a toujours préséance dans l'esprit d'un binational, reste à savoir laquelle. Certains choisissent la nationalité helvétique pour les avantages qu'elle procure, l'impossibilité d'être expulsé du pays ou les facilités en cas de voyage. Ces Suisses de papier privilégient leur nationalité d'origine et n'ont que peu d'estime, ou pas d'estime du tout, pour le passeport rouge à croix blanche. Ils le voient d'un œil purement utilitaire. Au contraire, d'autres franchissent le pas en ressentant une communauté de destin avec les Suisses qui les ont accueillis. Ils regardent alors leur nationalité d'origine comme un reliquat de leur histoire personnelle. Ces Suisses vous diront qu'une nationalité acquise en toute conscience a plus de poids qu'une nationalité innée. Bien sûr, d'autres encore sont binationaux de naissance, et là, bien malin qui peut dire où ira leur allégeance.

On peut discuter à l'infini des Suisses binationaux, de leurs convictions intimes, de leurs priorités, de leur orientation politique. Il est facile pour des conservateurs d'y voir le visage de l'ennemi ; pourtant, en 2017 en Allemagne, les Allemands naturalisés (donc binationaux, l'acquisition de la nationalité allemande n'impliquant pas de perdre celle d'origine) furent plus nombreux à voter pour l'AfD (14%) que les Allemands de souche (13%). L'écart est faible mais permet de battre en brèche l'idée que les binationaux seraient systématiquement en faveur de plus d'immigration incontrôlée, de plus de redistribution aveugle, de plus de pillage de la société hôte. Certains individus voient tout simplement plus loin que le bout de leur nez et n'ont pas envie que leur pays et celui de leur descendance dégénère pour se retrouver au niveau de celui qu'ils ont choisi de quitter. On peut aussi penser, sur le cas allemand, qu'ils ne se sentent pas autant culpabilisés par la propagande anti-AfD des médias ressassant en permanence les "heures sombres de l'histoire", et gardent donc une plus grande liberté intellectuelle pour arrêter leur vote.

En tant que binational, inscrit à l'UDC avant même d'avoir reçu la nationalité suisse, je pourrais facilement me citer en exemple d'individu cherchant à défendre la démocratie directe, l'indépendance et la neutralité du pays malgré son origine étrangère. Il suffit pourtant de se remémorer l'existence d'autres binationaux dans l'arène politique - Ada Marra, Pierre Maudet, Olivier Français, Claude Béglé, Lisa Mazzone, Claude Janiak, Cédric Wermuth et bien d'autres - pour se rendre compte que les contre-exemples sont malheureusement légions.

La question de la loyauté d'un binational poussa le Conseiller fédéral PLR Ignacio Cassis à renoncer à son passeport italien avant d'accéder à son poste. "Nous avons des ambassadeurs suisses dans le monde, à qui on demande de n'avoir que la nationalité suisse. Je peux mal m'imaginer que leur chef puisse en avoir deux, ce ne serait pas cohérent", s'est-il justifié en invoquant une règle - périmée - du DFAE. Si rien ne l'y obligeait dans la loi, sa démarche montre que la question de la double-nationalité suscite un débat aux plus hauts niveaux.

Super-Citoyens

La double-nationalité a l'incomparable avantage de la simplicité administrative: chaque pays considère ses ressortissants comme des citoyens pleins et entiers et ne se soucie pas du reste. Vérifier qu'un citoyen dispose de sa nationalité et d'aucune autre serait une tâche potentiellement très complexe, et, compte tenu du nombre et du manque de coopération de nombreux États de la planète, probablement impossible à garantir.

Reste que dans la pratique, la double-nationalité offre d'immenses avantages et pratiquement aucun inconvénient. Un citoyen binational brise la règle démocratique de base "une personne égale une voix" en pouvant voter dans deux pays. Il peut voyager avec l'un ou l'autre passeport, à sa convenance. En voyage, il peut se réfugier ou faire appel aux missions diplomatiques de deux pays différents. En cas d'inculpation un État dont il est citoyen peut lui retirer son passeport pour l'empêcher de quitter le pays, mais il suffit que le binational ait gardé un second passeport pour se rendre où il veut comme bon lui semble - et échappe ainsi à la justice. Et si les choses tournent mal il pourra toujours faire appel à l'État de sa deuxième nationalité pour intercéder auprès du premier... Autant d'options hors d'atteinte des citoyens normaux, attachés à un seul pays.

L'acquisition de la nationalité helvétique est longue, mais sans risque: hormis l'effort investi dans la démarche, échouer n'entraîne aucune conséquence. Réussir ouvre en revanche de nombreuses options personnelles, y compris pour sa descendance. Autrement dit, l'approche rationnelle de la nationalité consiste à essayer de devenir binational, et plus encore si les circonstances le permettent. Bien entendu, on peut se demander quel sera le degré de solidarité avec les populations autochtones d'un individu collectionnant les passeports.

Avec la généralisation de la multi-nationalité, nous assistons peut-être à l'émergence d'une réelle caste transnationale (ou se percevant comme telle) au sein de laquelle les États-nations ne sont que des reliquats du passé, même s'il faut parfois faire preuve d'un peu d'hypocrisie pour décrocher un sésame supplémentaire. Ces gens, très nombreux en Suisse, sont-ils le futur ou une anomalie de l'histoire ?

Restreindre la double-nationalité?

Depuis 1992, la Suisse n'oblige plus les candidats à la naturalisation à renoncer à leur nationalité d'origine. La volonté de réformer cette approche revient régulièrement sur le devant de la scène, mais un quart de siècle de pratique rend quasiment impossible tout retour en arrière. Les juges de Mon-Repos - ou leurs supérieurs de la CEDH - s'empresseraient de retoquer une loi interdisant la double-nationalité au nom de l'inégalité entre les nouveaux naturalisés et les binationaux existants. Quant à forcer tous les binationaux à renoncer à l'une ou l'autre de leurs nationalités et à s'assurer que c'est chose faite, bonne chance.

Les autres options ne sont malheureusement pas meilleures. Certains brandissent comme la Panacée l'idée d'interdire l'accès à des mandats politiques à de tels individus. Outre l'éternel défi de la vérification, l'approche elle-même est une fausse bonne idée: l'interdiction faite à un individu de se présenter à une élection devant le peuple est une restriction des droits populaires. Cela revient à limiter le choix des citoyens, donc à diminuer leur responsabilité. Les promoteurs de telles initiatives aimeraient bien que les gens n'élisent pas par exemple des candidats faisant le jeu du communautarisme, et c'est compréhensible, mais s'y prendre de cette façon revient à reconnaître sa défaite. Si les électeurs eux-mêmes sont incapables de faire le tri et choisissent en masse des candidats en vertu de leurs nationalités étrangères, le mal est déjà fait - ces gens n'auraient jamais dû obtenir le droit de vote en premier lieu.

De plus, et on touche à nouveau au problème de la nationalité de cœur, un passeport n'est jamais qu'un simple document administratif. Il serait facile pour les politiciens concernés de renoncer à diverses nationalités supplétives pour respecter la lettre d'une telle loi sans que personne ne soit dupe. Un communautariste kurde convaincu pourrait sans hésiter renoncer à son passeport turc, par exemple, pour continuer à se présenter comme le héraut de sa communauté.

Non seulement il n'y a pas de solution simple, mais il est peut-être tout simplement trop tard. Avec 25% du corps électoral au bénéfice d'une double-nationalité sans compter la cinquième suisse, une minorité probablement très motivée pour préserver ses avantages, toute approche démocratique pour refermer la porte aux binationaux est probablement vouée à l'échec. De plus, le mouvement qui proposera un tel texte rassemblera l'unanimité contre lui et aura droit à tous les noms (nationalisme ranci, fermeture d'esprit et cætera) pendant le chemin de croix jusqu'à la défaite.

Je ne vois franchement pas quel sursaut pourrait retourner par miracle la majorité de l'opinion sur un tel sujet. La question aurait peut-être eu une autre issue si une initiative avait abordé de front la question assez tôt, mais après vingt-six ans de pratique de double-nationalité, l'urgence est difficile à plaider.

Serais-je devenu suisse si j'avais dû renoncer à ma nationalité française? Sans hésiter. D'autres auraient-il hésité ou renoncé? Certainement. Mais indépendamment du nombre et de la couleur des passeports, ce sont les convictions et l'engagement qui doivent prévaloir lorsque le temps est venu pour le peuple suisse d'élire ses représentants. Les partis patriotiques gardent toute leur pertinence lorsqu'ils attirent l'attention de l'électorat sur les loyautés transfrontalières de certains candidats, binationaux ou non.

Aux électeurs d'avoir assez de maturité pour voter ensuite en conséquence.

24 décembre 2018

En ces périodes de fêtes...

Pour ne choquer personne, souhaitons de joyeuses fêtes non-spécifiques à tous les lecteurs de passage:

joyeuses-fetes-d-hiver-non-specifiques.jpg
2018 résumé en une phrase.

Vous noterez comme dans toutes les affiches et imprimés on souhaite désormais uniquement de "Joyeuses Fêtes" et non plus un "Joyeux Noël". Trop connoté, trop chrétien, trop offensant pour les chiens de garde du politiquement correct et de la laïcité, et pour les nombreux invités irritables que contiennent désormais nos pays.

J'attends toutefois avec impatience que ces gens renoncent aux jours fériés afférents.

Qui aurait cru qu'un jour, sous nos latitudes, souhaiter joyeux noël à autrui relève quasiment de la sédition?

Bref, pendant que nous en avons (encore) le droit, et comme ce blog ne fait pas dans le politiquement correct, je vous souhaite à tous un joyeux noël, avec l'image irritante correspondante.

joyeux-noël.jpg

Ça a tout de même plus d'allure, et désolé pour tous ceux qui se sentiraient offensés. Qu'ils n'hésitent pas à partir loin, très loin!

Et pour les autres, je transmets les vœux de noël de La Bajon:

11:18 Publié dans Europe, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : france, noël |  Facebook

21 décembre 2018

Trekking mortel au Maroc

Ce sont les plus récentes victimes notables du moment, et gageons que ce ne seront pas les dernières: deux touristes scandinaves, une Danoise et une Norvégienne, ont été agressées et tuées par des islamistes au Maroc. Leurs corps ont été découverts lundi sur un site isolé dans le Haut-Atlas. L'une d'elles a été décapitée, l'autre égorgée.

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Les deux victimes sont Louisa Vesterager Jespersen, 24 ans, du Danemark, et Maren Ueland, 28 ans, de Norvège.

"Le DFAE modifie ses recommandations aux voyageurs", rappelle, pince-sans-rire, l'encadré en fin d'un article sur l'enquête sur le site de la RTS. Le DFAE, très suisse, est toujours à l'heure lorsqu'il s'agit d'annoncer les dangers une fois qu'il est trop tard.

Deux vidéos circulent sur Internet ; l'une d'elle montre le meurtre d'une des deux touristes en direct, vraisemblablement filmée par un des agresseurs, l'autre montre les quatre suspects arrêtés depuis faisant allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, chef de l'État islamique. Un détail qui vient aussi rappeler que l'État islamique a cessé depuis longtemps d'être un ennemi qu'on combat avec des tanks en Syrie, à plus de 4'000 km de là.

Le Maroc est un paradis, selon le dogme même de l'islam: sa population est musulmane à 99%. Il est donc normal que des touristes viennent visiter le paradis, et parfois, qu'ils terminent leur séjour au paradis. Leurs agresseurs s'étant comportés en bons islamistes se voient quant à eux promettre le paradis. C'est paradis pour tout le monde.

On peut naturellement se demander ce qui a pu pousser les deux victimes à se promener dans un endroit aussi dangereux que l'arrière-pays marocain - et pas à cause des éboulements.

Il y a des gens qui ne se doutent de rien. En 2018, avec ce que nous voyons tous les jours sur la planète. Ne riez pas, ce genre d'individu existe, et dans des proportions remarquables. Leur niveau de conscience est maintenu en-dessous du seuil de réveil par des médias compétents et une dose quotidienne de padamalgam. Au vu du niveau d'endoctrinement qui a court dans les pays du nord de l'Europe, il n'est pas impossible que les victimes aient appartenu à cette catégorie. Les gens qui ne se doutent de rien apprennent vite, lorsqu'ils survivent.

Il y a des gens qui veulent faire un exemple. Oui, c'est vrai, vu de loin, deux jeunes femmes blondes de type nordique faisant du trekking dans une région sauvage d'un pays profondément musulman s'apparente à une forme de suicide... Ou pas. Après tout, y aller soi-même, quel meilleur moyen de démontrer que tous ces médisants se trompent? Prouver que la réalité n'est pas l'image déformée que renvoient ces sales sites d'extrême-droite (et la rubrique faits-divers de beaucoup de médias) et donner une belle leçon de vie à tous ces gens peureux, racistes, à la prudence malsaine!

Rappelons-nous de Pippa Bacca en 2008:

islam,terrorisme,marocElle avait 33 ans. Artiste conceptuelle milanaise, elle s’était embarquée dans un projet insensé [sic!] qui a tourné au drame : Giuseppina Pasqualino di Marineo a été retrouvée morte en Turquie, violée et assassinée. La police a arrêté celui qu’elle soupçonne d’être son meurtrier, un Turc qui l’avait prise en autostop dans la ville industrielle de Gebze, à une heure de route d’Istanbul.

La jeune femme, plus connue sous le nom de Pippa Bacca, était partie avec une amie, toutes deux vêtues d’une robe de mariée, pour traverser les zones de conflit des Balkans et du Proche-Orient, afin de démontrer les valeurs communes de la Méditerranée, et de donner un signe de « confiance entre êtres humains ». Elles devaient se rendre en autostop de Milan à Jérusalem, en passant par les pays de l’ex-Yougoslavie, la Turquie, le Liban, la Syrie, la Palestine et Israël.

Pour ce projet intitulé « Brides on Tour », elles devaient porter la même robe blanche du début à la fin, et celle-ci, avec toutes les tâches de ce long périple, devait figurer au cœur d’une exposition à leur retour en Italie, avec toute la documentation filmée et écrite de ce voyage symbolique. Pippa Bacca portait effectivement cette robe lorsque son corps a été retrouvé vendredi près de Gebze, étranglée.


Pippa Bacca était bien une artiste d'avant-garde, mais pas forcément de ce qu'elle aurait voulu.

Il y a des gens qui chantent des louanges de l'islam-religion-de-paix, et qui se garderaient bien de faire un tour dans un pays comme le Maroc. Une longue phrase pour illustrer le sens du mot "hypocrite".

Il y a des gens, enfin, qui ont un vague sens des réalités et qui choisissent mieux leurs destinations. Ce n'est peut-être pas très glorieux (ceux qui portent ce genre de jugement sont de type Pippa Bacca ou des hypocrites) mais ces gens finissent souvent vivants leurs vacances, ce qui est un gros plus.

Je ne dis pas que chaque touriste visant à passer une semaine au Maroc ou en Turquie doive réactualiser son testament. Mais il faut avoir voyagé, un peu, ou avoir au moins fait preuve de curiosité sur Internet pour comprendre que le monde est un endroit dangereux. Les populations locales sont souvent arriérées, parfois hostiles. Les raisons sont multiples, que ce soit par jalousie, idéologie, ou simplement ne pas avoir grand-chose à craindre en s'en prenant à des étrangers de passage.

Le monde est sillonné de chemins déserts où croiser un type à pied revient à se demander s'il a un couteau et s'il va s'en servir, et à espérer que non. Dans de nombreux pays, les touristes sont assimilés à du gibier - soit à plumer, soit à tuer, selon la culture des autochtones et le niveau de police local. Même dans les pays "touristiques", les touristes sont souvent parqués pour leur propre bien dans des zones précises. Ils ne se mêlent à la population locale qu'en groupe, avec des guides et une bonne escorte.

Les pays occidentaux sont des oasis de sécurité, de paix et de politesse. Ils le sont eux-mêmes de moins en moins, grâce à la convergence que permet l'immigration de masse en provenance du tiers-monde. La grande faiblesse de la population occidentale en général et des Suisses en particulier est de croire que parce qu'on est gentil et honnête, les autres le sont aussi. Les naïfs le sont toujours moins, mais restent très nombreux.

En vacances dans leur cursus universitaire d'éco-philosophie, Louisa Vesterager Jespersen et Maren Ueland ont sans doute été surprises de se faire attaquer. Avant d'être submergées par la peur, avant de réaliser que leur destin était scellé, avant d'être égorgées, au tout début de l'agression, pendant une seconde, elles ont peut-être froncé les sourcils en se disant que tout cela ne collait pas. C'était cliché. Elles assistaient de l'intérieur à une scène correspondant aux pires stéréotypes qu'elles avaient choisi de ne pas croire.

Cela ne les a pas sauvées.

"Être de gauche ne protège pas des islamistes", avais-je écrit à l'époque du massacre de Charlie Hebdo, avant de poursuivre: "Vous êtes encarté chez les socialistes ou les communistes? Vous êtes ami du "peuple palestinien"? Vous exécrez les juifs et souhaitez tout le mal du monde à un type comme Zemmour? Pas de problème. Vous aurez droit à la mort à votre tour, comme tous les autres chiens d'infidèles." On peut rajouter à la liste les randonneuses écervelées décidées à faire vivre le tourisme local.

Dans son article, se faisant l'écho des médias marocains, la RTS s'inquiète "des possibles répercussions du meurtre sur le tourisme, secteur clé de l'économie puisqu'il représente 10% de la richesse du pays et constitue le deuxième employeur après l'agriculture." On a évidemment bien de la sympathie pour les nombreux Marocains qui tentent de vivre honnêtement du tourisme. Dans cette perspective, l'islamisme est évidemment un problème. Mais c'est un problème marocain. C'est aux autorités politiques, religieuses et économiques du Maroc de trouver une réponse.

Les touristes n'ont pas vocation à risquer leur vie pour maintenir le PIB touristique d'un pays ou un autre - s'ils font face à un risque significatif de se faire décapiter en vacances, les moins lobotomisés d'entre eux iront simplement faire du trekking ailleurs. Les autres auront leur quart d'heure de gloire posthume dans les journaux, dans des articles dont les commentaires ont été étrangement désactivés.

16 décembre 2018

Comment lutter (réellement) contre le terrorisme islamiste

La France est encore frappée par le terrorisme. Cette fois-ci, c'est au tour de Strasbourg. Il suffit de lire la liste de 2017 ou celle qui sera faite en 2018 - l'année n'est pas terminée - pour avoir une idée de ce qui attend l'Hexagone les décennies à venir.

Mais est-ce une fatalité?

Naturellement, les gens s'interrogent. Comme le fait remarquer un Internaute taquin:

"Tous ces attentats, ces attaques au couteau, à l'arme à feu, ces camions qui foncent dans la foule, ces gens qui crient en commettant leurs méfaits... Si au moins on était capable de trouver un point commun, quelque chose qui permette de les relier... Mais non, rien de rien. Quel dommage!"


Face à l'incompétence des autorités et la veulerie des politiciens, l'ironie est une arme efficace. Ces messieurs ne sont bien entendu jamais à court d'excuses: il ne faut pas "stigmatiser", il faut "respecter les droits de l'homme", la "présomption d'innocence", "renoncer à l'amalgame", et tutti quanti... Et pendant ce temps, de l'autre côté du mur du politiquement correct, les victimes s'empilent. Les pays européens subissent des dizaines d'attaques que les médias s'évertuent de plus en plus à maquiller comme les actes de déséquilibrés, voire de simples accidents de la route.

strasbourg_attentat_2018.jpgMais pour répondre à la question un peu plus haut, non, le terrorisme islamiste n'est pas une fatalité. Nous en avons l'exemple avec l'Italie - un pays européen, en première ligne de la crise migratoire, et qui n'a pour l'instant pas eu à souffrir du moindre attentat terroriste perpétré par des fous d'Allah.

Que font différemment les Italiens? La recette n'a rien d'un mystère. Elle est livrée dans une passionnante interview donnée par Lorenzo Vidino, expert du djihadisme à l'Université George-Washington et ancien coordinateur de la Commission italienne d'étude sur la radicalisation, dans les colonnes du Temps.

Plus intéressant que l'absence d'attentat sur sol italien, Lorenzo Vidino tire de précieux enseignements du nombre de départ de combattants sur les différents fronts du djihad - des données empiriques, scientifiques. Ainsi, on compte, par ordre décroissant:

  • 350 départs de combattants d'Autriche, soit un peu moins de 40 par million d'habitant ;
  • 300 pour la Suède, soit environ 30 par million d'habitant ;
  • 190 pour la Suisse, soit 22,5 par million d'habitant ;
  • plus de 1500 pour la France, soit 22,3 par million d'habitant ;
  • 1000 pour l’Allemagne, soit 12 par million d'habitant ;
  • et seulement... 129 pour l'Italie, soit à peine plus de 2 par million d'habitant.

Certes, ces chiffres peuvent être discutés - tous les candidats au djihad en Irak ou en Syrie ne déclarent pas ouvertement leurs intentions - mais il n'y a pas de raison que ces comportements diffèrent sensiblement d'un pays à l'autre. L'écart entre l'Italie et les autres saute aux yeux: ils sont tous entre six et vingt fois plus radicalisés que la première.

Lorenzo Vidino précise encore les chiffres italiens:

C’est un chiffre incroyablement bas pour un pays de 60 millions d’habitants qui compte au moins 2 millions de musulmans. Et sur ces 129, il y a des Marocains qui ont passé des années en France avant de partir en Syrie, ou encore deux Italiens nés en Suisse – à Saint-Gall et à Zurich – et partis pour la Syrie en 2014 et 2015. On a seulement 18 citoyens italiens sur l’ensemble des départs.


Pour l'expert du djihadisme, ces chiffres sont un meilleur indicateur de l'exception italienne que l'absence d’attentats. Après tout, un individu assez motivé pour aller faire le djihad à l'étranger est probablement prêt à se livrer à des attentats sur place.

L'Italie n'a pas toujours été aussi bonne élève. Le pays abritait des mosquées professant le djihadisme, notamment à destination de la Bosnie, dans les années 1990. Mais les autorités surent réagir.

[La méthode italienne de lutte contre le terrorisme islamiste] cible avant tout ceux qu’on appelle les «mauvais maîtres», les cattivi maestri, ces mentors qui attirent les jeunes sur la voie de la radicalisation. S’ils ne sont pas Italiens, et la grande majorité ne le sont pas, ils sont expulsés systématiquement. C’est la tolérance zéro: si vous êtes radicalisé ou si vous radicalisez d’autres gens, et que vous n’êtes pas Italien, vous êtes expulsé, c’est aussi simple que cela.

Depuis le 1er janvier 2018, 109 personnes ont été expulsées d’Italie pour menace à la sécurité nationale. Depuis 2015, cela fait plus de 350 personnes expulsées, soit environ deux par semaine. C’est un outil majeur à disposition du gouvernement italien, issu d’une loi passée après les attentats de Londres en 2005. La déportation est décidée par décret ministériel, sans recours suspensif possible. Elle ne s’applique qu'aux étrangers, mais comme il est très difficile de devenir italien si vos parents ne le sont pas, cet outil s’applique bien à la majorité des cattivi maestri.

En général, le décret est signé par le ministre l’après-midi, la personne est arrêtée vers 1 ou 2h du matin et expulsée vers 5h ou 6h du matin. Parfois à la sortie de la prison où elle séjournait. La plupart des gens sont renvoyés vers le Maroc, la Tunisie, la Bosnie, le Kosovo, l’Albanie ou la Macédoine. Des pays avec lesquels l’Italie a de très bonnes relations et des accords d’expulsion qui marchent bien.


vidino.jpgLoin de l'angélisme prévalant dans d'autres pays occidentaux, la police italienne sait aussi faire preuve de curiosité - un héritage de la lutte antimafia et du terrorisme des années de plomb. "On sait que si on arrête quelqu’un, le lendemain il faut ouvrir une enquête sur son cercle d’amis ou sa famille", explique Lorenzo Vidino. Les malfrats, qu'ils soient mafieux ou islamistes, agissent en réseau.

Les Italiens auraient-ils découvert la Panacée? Oui et non. Oui, parce que les résultats sont là, indubitablement. La réussite italienne force le respect. Non, parce que la méthode perdra de son efficacité dans le temps, à cause d'une évolution démographique plus profonde qui a déjà court ailleurs sur le continent.

La démographie de l’Italie est différente de celle du nord de l’Europe. La plupart des jeunes qui sont partis pour le djihad depuis la Belgique, la France, la Suisse, etc., sont issus de la deuxième génération d’immigrants. Or cette deuxième génération n’existait pas en Italie jusqu’à très récemment. Les premiers immigrants musulmans sont arrivés en Italie comme célibataires dans les années 1990, et c’est seulement aujourd’hui qu’on voit apparaître une seconde génération née ici. L’Italie ressemble de ce point de vue à la Grèce, au Portugal ou à l’Espagne. On n’a pas eu les mêmes facteurs de radicalisation qu’ailleurs en Europe.


La distribution de passeports sans grand discernement joue aussi son rôle:

Le système des expulsions ne fonctionne pas pour les citoyens italiens, ni pour les mineurs. Un des attaquants tués lors de l’attentat du pont de Londres en 2017 était le fils d’une convertie italienne qui a voulu partir vers la Syrie et qu’on ne pouvait pas expulser. Il y a aussi eu le cas de Tommaso Hosni, qui a poignardé un policier et un militaire à la gare de Milan. Il est Italien. Un adolescent d’Udine qui tenait une chaîne sur Telegram pour l’Etat islamique n’a pas pu être expulsé non plus puisqu’il est mineur.

Il y a davantage de cas de ce genre, car de plus en plus de gens reçoivent la nationalité italienne. Donc l’arme des expulsions a tendance à s’émousser avec le temps.


Sans complaisance ni langue de bois, Lorenzo Vidino donne donc les recettes efficaces pour lutter contre le terrorisme islamiste dans un pays occidental développé et sujet à l'État de Droit:

  • refuser de laisser venir s'installer et expulser tous les individus radicalisés qui peuvent l'être ;
  • étendre les enquêtes pour démanteler les réseaux dans leur intégralité ;
  • établir des accords de réadmission avec les pays tiers ;
  • redoubler de vigilance avant d'accorder la nationalité à des gens qui deviennent de fait inexpulsables, notamment leur descendance.

C'est une vraie feuille de route. La Suisse dispose déjà de plusieurs armes législatives pour l'appliquer - comme le Renvoi des Criminels étrangers par exemple - mais la volonté politique manque. M. Vidino s'en rend parfaitement compte et livre sans concession l'image que la Suisse donne d'elle à l'étranger: "les Italiens ont tendance à penser que la Suisse est un peu molle dans le traitement de ce problème. La perception des Italiens est que les Suisses autorisent des gens problématiques à s’installer à leur frontière. Il y a eu des cas de gens expulsés d’Italie qui sont revenus s’établir en Suisse."

Faudra-t-il que le sang coule ici aussi pour les politiques se réveillent enfin?

11 décembre 2018

Brexit: Oui, May...

Ce qui s'est passé au Royaume-Uni pendant les dernières 48 heures prouve tout ce qui a été écrit dans ces colonnes.

Lors des dix-sept derniers mois, Mme May a négocié un monstrueux accord de Brexit avec Bruxelles. Le terme de "négociation" est sans doute galvaudé puisque le Premier Ministre britannique, qui s'opposa à la sortie de l'Union pendant la campagne référendaire, se contenta de s'aligner totalement sur toutes les exigences que Bruxelles pouvait formuler. Les Royaume-Uni deviendra simplement une province sujette de l'UE, contributrice et sans droit de vote. Les derniers outrages infligés au Royaume-Uni, comme une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord, ne sont même pas évités par l'accord.

Ce n'est pas un traité négocié entre partenaires égaux ou même respectueux l'un de l'autre ; c'est un traité colonial.

Mme May a eu l'outrecuidance de présenter ce désastre pour son pays comme "le meilleur deal possible". Emportée par son élan, elle exprimait sans doute encore le point de vue de M. Junker.

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Il restait un dernier obstacle à franchir: le vote du Parlement britannique. Les débats furent houleux ces derniers jours, et un dernier réflexe de survie atavique de plusieurs élus laissa soudainement présager que le texte serait rejeté. Alors, en début de semaine, au dernier moment, pour éviter l'humiliation d'une défaite, elle retira le vote de l'ordre du jour et se précipita à Bruxelles pour essayer d'arracher un accord "encore meilleur..."

Tout ceci est un théâtre d'ombres.

Theresa May sait depuis des mois que son Brexit négocié s'apparente à peu de choses près à de la haute trahison. Elle alla jusqu'à empêcher la diffusion auprès des parlementaires britanniques des conclusions d'une étude juridique du traité de Brexit qu'elle négocia avec Bruxelles, et mentit auprès des mêmes parlementaires sur les conclusions de ladite étude, présentant comme "merveilleuses" des clauses que l'étude jugeait au contraire "catastrophiques". Mais la vérité finit par éclater.

Depuis, elle ne cherche pas un "meilleur accord". Elle ne l'a jamais cherché en dix-sept mois, et ce n'est pas à la veille du vote qu'elle va en trouver un. Mme May ne cherche qu'à jouer la montre.

Son objectif? Empêcher toute alternative à son Brexit. Peu importe que celui-ci passe ou non la rampe au Parlement - il ne restera que le Hard Brexit, que toutes les élites présentent comme pire depuis des mois, afin d'effrayer l'opinion publique. Le Brexit concocté par Theresa May n'est qu'un moyen visant à forcer les Anglais à accepter l'idée que le mieux serait encore, au bout du compte, que le pays reste dans l'Union Européenne.

Depuis quelques semaines, quelques parlementaires conservateurs sont enfin sortis de l'intoxication intellectuelle prévalant à Londres et se sont penchés sur une véritable alternative, le plan de la super-Norvège. Ce plan, d'une simplissime élégance, consiste à demander à avoir avec l'UE les relations qu'elle entretient avec la Norvège - le genre même de relations qui conviendraient à un Brexit harmonieux.

Il n'est pas sûr que ce plan réussisse, car il faudra d'abord faire en sorte que Mme May débarrasse le plancher. La rébellion est donc ouverte au sein des Tories et l'incertitude règne, comme dans toute révolution de palais. Les prochains jours seront cruciaux.

Pour qui connaît l'idéologie prévalant dans l'Union Européenne, rien de tout cela ne suscite la moindre surprise. Le divorce entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne ne pouvait pas bien se passer, parce qu'il devait mal se passer. Et il devait mal se passer parce qu'il était impensable, aux yeux de la mafia de la Commission Européenne, qu'un pays qui décide de quitter l'Union le fasse de façon paisible et ordonnée. Imaginez qu'il s'en sorte finalement mieux que les pays membres de ce club qui ressemble de plus en plus à une prison!

Quel message une sortie harmonieuse du Royaume-Uni de l'Union aurait envoyé aux pays tièdes qui en sont encore membres?

Pour cette raison, il fallait que le Brexit finisse en désastre, un désastre exemplaire, et tout est fait pour qu'il finisse ainsi. Pendant qu'elle est encore Premier Ministre, Mme May y travaille à plein temps. Certains élus conservateurs commencent enfin à comprendre dans quel piège ils sont tombés, mais il est bien tard.

Mise à jour (12 décembre): Theresa May vient de repousser une motion de défiance déposée par des Conservateurs rebelles. La dernière chance d'une sortie harmonieuse du Royaume-Uni de l'Union vient peut-être de disparaître.

09 décembre 2018

Martine Brunschwig Graf, le mensonge dans la peau

Les innombrables ramifications de l'affaire Ramadan n'en finissent pas de faire des vagues. Certaines s'échouent jusque sur la grève de Genève, éclaboussant des notables qu'on aurait espéré au-dessus de tout soupçon.

Tariq Ramadan, coupable d'actes sexuels sur mineures

Comme d'habitude, il faut quérir ailleurs l'information qui concerne la Suisse romande. Ici, il faut la chercher dans le magazine français Le Point - qui cite lui-même un reportage de Radio Lac, peu repris par les médias locaux - pour savoir de quoi il retourne.

Tariq Ramadan est rattrapé par son passé d'enseignant en Suisse. L'enquête, commandée par le gouvernement du canton de Genève sur les abus à l'école, porte principalement sur le Cycle d'orientation des coudriers et sur le collège de Saussure, où Tariq Ramadan a enseigné le français entre 1984 et 2004. Ce rapport confidentiel, remis au Conseil d'État le 31 octobre dernier, vient d'être révélé par Radio Lac. Les enquêteurs, deux anciens juges, ont entendu une cinquantaine de personnes, dont quatre anciennes élèves du prédicateur.


On peut lire que Tariq Ramadan serait parvenu à entretenir des relations sexuelles avec trois élèves âgées de 15 à 18 ans. Une ancienne élève confiait avoir été "abusée et violentée". "J'ai eu des relations sexuelles avec lui. Il était marié et père de famille. Cela s'est passé trois fois, notamment dans sa voiture. C'était consenti mais très violent. J'ai eu des bleus sur tout le corps. Il m'a toujours fait croire que je l'avais cherché".

Ces actes sont punis par les articles 187 à 190 du Code Pénal.

Lors de l'ouverture de l'enquête, Tariq Ramadan avait aussitôt annoncé qu'il déposerait une plainte contre X pour diffamation, voire calomnie. Un an plus tard, il n'a toujours rien fait. Il est vrai que la posture de respectabilité du prédicateur des Frères Musulmans est devenue difficile à tenir.

Mais d'autres questions sont aussi importantes, notamment, comment un simple professeur a-t-il pu contraindre sexuellement voir violer ses propres élèves, au sein même de l'école publique, pendant des années, au nez et à la barbe de toute la hiérarchie de l'institution?

La réponse est évidente: il a été couvert.

Martine Brunschwig Graf, celle qui savait et choisit de mentir

Les explications sont données dans la suite de l'article, dont un passage hallucinant que je me permets de souligner.

Le rapport met également en cause le directeur du collège de Saussure. Alerté sur les agissements de Tariq Ramadan, il n'aurait pas cherché à « approfondir des faits rapportés par de tierces personnes, témoins directs de comportements inadéquats, au motif que de tels faits devaient être dénoncés par la victime elle-même ». Quant à Martine Brunschwig Graf, ministre de l'Instruction publique à l'époque, elle reconnaît avoir menti à la presse en évoquant de « simples rumeurs ». En fait, elle aurait bien été informée que Tariq Ramadan entretenait des relations intimes avec certaines de ses élèves. Notamment par une enseignante à la retraite « et féministe ».

Malgré cela, le rapport, très « suisse » (sic), se contente d'évoquer des « dysfonctionnements », mais pas de « manquements ». Une conclusion qui fait bondir Anne-Marie Von Arx Vernon, députée démocrate-chrétienne. Sur Radio Lac, elle dénonce un « rapport décevant et peu respectueux des victimes, qui n'ont pas été prises au sérieux ». C'est cette élue, à l'origine en novembre 2017 de la création d'un comité de soutien aux anciennes élèves abusées par Tariq Ramadan, qui a insisté pour que le ministère de l'Instruction publique mène cette enquête.


racismeMadame Brunschwig Graf a couvert un enseignant dans une affaire d'actes sexuels sur mineurs.

Madame Brunschwig Graf a sciemment menti à la presse et, à travers elle, au grand public et aux autorités du pays.

Ces actes sont d'une extrême gravité. Dans une époque où des élites tombent pour corruption, les errements de Mme Brunschwig Graf sont encore plus graves: elle foula au pied les devoirs mêmes qui étaient associés à son mandat de l'époque. Elle n'a tout simplement aucune excuse.

Combien de femmes auraient pu ne pas être violées les années suivantes si Mme Brunschwig Graf, il y a quinze ans, avait pris ses responsabilités à l'encontre de M. Ramadan?

Quant à comprendre pourquoi Mme Brunschwig Graf se trouva si compréhensive à l'égard d'un détraqué sexuel sévissant au sein des écoles genevoises, l'explication pourrait se trouver dans l'individu concerné. Le séducteur pathologique pourrait être parvenu à subjuguer jusqu'à la politicienne elle-même.

Cette théorie - qui ne dépassera sans doute jamais ce stade à moins d'un grand déballage - aurait aussi le mérite d'expliquer l'étrange mansuétude de Mme Brunschwig Graf vis-à-vis de l'islam à travers son mandat de Présidente de la Commission Fédérale contre le Racisme. Quelques exemples de sa partialité se trouvent ici, ici ou ici, relevés par la vigilance de citoyens concernés par la montée de l'islamisme en Suisse.

Nommée par le Conseil Fédéral, Mme Brunschwig Graf, 68 ans, en est à son deuxième mandat de quatre ans à la tête de la Commission. Il court jusqu'en 2020. Quelles que soient ses motivations pour couvrir Tariq Ramadan lorsqu'il sévissait à Genève, on se demande comment à Berne les autorités peuvent rester sourdes, muettes et aveugles face à une directrice de Commission fédérale qui avoue carrément à la presse qu'elle a menti dans l'exercice de ses fonctions alors qu'elle n'était "que" Conseillère d'État. Sa probité est irrémédiablement salie.

Un poste aussi important que le sien ne devrait-il pas impliquer une éthique irréprochable?

Mise à jour (10 décembre): il n'aura pas fallu longtemps, une pétition en ligne circule désormais pour demander la fin de l'impunité de Mme Brunschwig Graf. Comme quoi je ne suis pas la seule personne choquée ici-bas.

Mise à jour (14 décembre): encore de nouvelles victimes du prédicateur islamiste révélées dans la Tribune de Genève, six pour l'instant, toujours à la même époque où Mme Brunschwig Graf fermait plaisamment les yeux.

23:02 Publié dans Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : racisme |  Facebook