18 février 2019

Interview d'un Gilet Jaune

Les médias parlent beaucoup des Gilets Jaunes mais leur laissent rarement la parole. Seuls quelques rares médias, comme Dreuz, tentent de le faire - car ailleurs la parole est un monopole de journaliste, bien entendu.

Damien - prénom d'emprunt - est un gilet jaune que j'ai eu l'occasion d'interviewer directement. Je ne saurais dire s'il est représentatif de l'ensemble du mouvement, mais peu importe: militant dans la quarantaine, il permet un point de vue direct sur la crise de légitimité que traversent les institutions françaises.

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Salut Damien, quel est ton parcours?

Jusqu'ici j'ai manifesté trois fois à Dijon. C'est bon enfant. Bon enfant, et très patriote. Beaucoup de drapeaux tricolores, de cocardes, sur les chapeaux, sur les blousons... Les jeunes filles se déguisent en Mariannes, avec le bonnet phrygien... Patriote et bon enfant.

La plupart des gens viennent des environs, de Bourgogne. On se connaît.

Tu n'étais pas sur les rond-points?

Non, seulement dans des manifestations. De vraies manifestations. Démarrage Place de la République, et on circule pendant 3 à 4 heures dans la ville. On était 3 à 4'000 à chaque fois. Aucune violence de la part des personnes qui manifestent. La violence, franchement, est du côté de la police. Violence et intimidation.

Il y a eu des violences pendant les manifestations à Dijon?

Oui. Par exemple la première fois, après avoir défilé pacifiquement dans les rues de Dijon, on revient à notre point de départ et on essaye de refaire un tour, et là... On a directement une tentative de dissolution de la manifestation par les forces de l'ordre. Elles tirent des grenades lacrymogènes sur les manifestants alors qu'il n'y avait aucune violence. On s'engageait sur une rue, pour faire un deuxième circuit, et les flics avaient clairement la volonté de dissoudre la manifestation, parce que la nuit tombait, ils en avaient marre, je pense, et ils avaient reçu des ordres... Moi je n'ai pas eu de problème, mais je savais qu'il ne fallait pas se mettre en tête de cortège, c'est plus risqué. Je suis parti lorsque les premières grenades ont été tirées.

Ces grenades, il faut le savoir, ne sont pas toujours tirées dans les règles de l'art.

Les policiers ne sont pas censés faire des tirs tendus...

Voilà. Il y a eu des tirs tendus à plusieurs occasions, dans d'autres villes. Un autre gilet jaune qui était à Dijon le 15 décembre m'a raconté que les forces de l'ordre ont mis un terme à la manifestation non seulement en balançant des grenades mais aussi en tirant avec les fameuses balles en caoutchouc  Lui s'en est pris une dans la jambe, perforation, hémorragie, il a été emmené à l'hôpital... C'est pas anodin. Normalement ils n'ont pas le droit de tirer dans la tête, mais les règles ne sont pas respectées.

Ce sont des choses que j'ai vu, et aussi des policiers qui bloquaient des rues pour canaliser la manifestation. Mais pas que pour la rediriger - pour la harceler aussi. Il n'y a ni mise en garde ni sommation.

Ils coupent la manifestation en morceaux?

Pas à Dijon, mais dans d'autres villes. Ils pratiquent aussi l'intimidation. À Dijon, entre la gare et la Place de la République, il y avait régulièrement postés des CRS avec des fusils d'assaut.

Mais cela c'était le plain Vigipirate, non?

En théorie oui, mais comme par hasard ces gens étaient postés le long de la grande rue que prenaient les Gilets Jaunes pour se rassembler. Ça c'était clairement de l'intimidation. Il y a aussi plusieurs types de force de l'ordre - les polices locales, les RG, les BAC, chacun avec ses techniques... Des gens avec des cagoules, qui traînent avec les CRS. À Rouen, une vielle ville avec plein de petites rues, c'est plus facile de couper le cortège. Lorsque des groupes de Gilets Jaunes se retrouvent isolés, les forces de l'ordre ont des techniques bien plus agressives. Ils balancent leurs grenades, dégainent leurs bâtons et vont molester les gens. Même quand il n'y a pas de violence. Des femmes, des vieux se font taper dessus...

Il y a une utilisation des forces de l'ordre en France qui est inhabituelle depuis très très longtemps.

Et du point de vue ethnique, à quoi ressemblent les Gilets Jaunes?

Nous sommes des Français d'origine. Il y a quelques noirs. Je pense que les noirs viennent des Antilles, des DOM-TOM, mais ils sont peu nombreux. Je n'ai pas vu de Nord-Africain. C'est un mouvement très blanc. Il y a tous les âges. Beaucoup de jeunes, déguisés, font des mises en scènes quand on s'arrête sur les places, comme lors de la mobilisation sur le thème "Halte au Massacre". Ils apportent aussi de la musique.

As-tu vu des racailles?

Je n'ai pas vu de racailles, mais j'ai vu des Antifas... À Dijon, il n'y a pas beaucoup de racailles, mais à Rouen, à Paris, ce sont surtout des racailles qui vont casser. J'ai vu des Antifas habillés comme tels, équipés pour en découdre, déplacer des poubelles vers un barrage de police, probablement avec l'intention de les enflammer et de les balancer ensuite sur le barrage... Ce n'était pas des Gilets Jaunes. Ils ne portaient même pas le gilet.

Mais la plupart du temps les forces de l'ordre sont celles qui portent les premiers coups, ensuite il y a des réactions, et les gens s'énervent. Certains ont mis des pétards sous les voitures mais ça suffit à déclencher des incendies et des voitures ont brûlé. Je ne sais pas qui a fait ça...

Venons-en aux revendications et au mal-être des Gilets Jaunes. L'avantage et l'inconvénient de ce mouvement, c'est qu'il n'y a pas les fameux corps intermédiaires qu'il est si facile de noyauter (voir le billet de Michel Onfray qui relate notamment l'épisode de mai 68 entre Henri Krasucki de la CGT, donc du PCF, et Jacques Chirac) mais du coup on est tributaire des médias pour faire le récit... On voit surgir des listes pour les Européennes... Quelle légitimité donnent les Gilets Jaunes à ces tentatives d'officialisation? Les revendications remontées dans les médias correspondent-elles à la réalité?

J'ai vu assez peu de tentative de récupération du mouvement par les partis nationaux... Le Rassemblement National a peu essayé, Mélenchon davantage. La CGT a essayé mais pas réussi. On voit parfois un type qui débarque d'on ne sait où avec un mégaphone et des slogans orientés, mais ça ne prend pas. Le mouvement reste global.

La décentralisation fait que mêmes les Gilets Jaunes ne sont pas d'accord sur ce qu'ils veulent. On sent que quelque chose ne va pas, qu'on nous floue à longueur de journée, mais on a beaucoup de mal à s'exprimer d'une seule voix et à formuler des objectifs réalistes. C'est très émotionnel. Mais on s'organise. Dans les régions, on élit des comités, on maintient des cahiers de doléances - différents ce ceux organisés dans les mairies par Macron dans le cadre du Grand Débat National - mais je ne sais pas ce qu'ils deviendront.

À part la détestation de Macron, quelles sont les revendications?

La détestation de Macron est centrale, c'est vrai, mais aussi, je dirai, le patriotisme. J'insiste. C'est un mouvement très patriote, on chante la Marseillaise. Même les Mélenchonnistes. C'est très impressionnant. Les revendications sont très hétéroclites: elles sont axées sur le domaine économique, financier. Nous voulons plus d'argent à la fin du mois, plus de boulot... Mais surtout nous voulons plus de dignité. Être respectés. Le dénominateur commun c'est tous les gens qui ont l'impression d'être méprisés.

Il y a des revendications plutôt de gauche, par contre je n'ai pas vu de revendications identitaires. Ça ça reste un tabou. Pourtant si on fait un sondage auprès des Gilets Jaunes, clairement il y a des revendications identitaires, beaucoup en ont marre de l'immigration, mais ça, tu vas le voir dans les cahiers de doléance, pas dans les slogans dans la rue, parce que c'est un facteur de division.

On n'entend pas les médias traiter les Gilets Jaunes de sales racistes, même si de temps en temps quelques manœuvres ont lieu pour les présenter comme antisémites ou autres infréquentables...

Parce que c'est un facteur de division et nous le savons. Alors nous choisissons de ne pas en parler. L'idée est de nous mobiliser sur ce que nous avons en commun. Je pense que les Gilets Jaunes s'autocensurent, on préfère se manifester sur d'autres thèmes comme les revendications économiques ou la détestation de la finance, ça c'est clair, la détestation du banquier, c'est quelque chose qui rassemble.

Les Gilets Jaunes veulent plus de respect, plus de pognon, être écoutés... En France nous avons vraiment un fossé terrible entre les gens qui sont éduqués et ceux qui ont eu moins de chance, entre Paris et la province, des mondes qui ne se croisent pas. Les Gilets Jaunes sont la rencontre sur le terrain, une rencontre impossible autrement, entre trois groupes: les gens qui votent pour le Rassemblement National, les gens qui votent pour Mélenchon, et les gens qui ne votent pas, ou qui votent blanc. C'est le rassemblement de ces trois groupes... Qui forme une majorité, en fait!

C'est un déficit démocratique, paradoxal parce que composé en grande partie de gens qui votent blanc ou ne votent pas.

Les gens dépolitisés ne se reconnaissent pas dans l'offre politique, dans les partis, dans le Parlement ; parce qu'ils ont perdu espoir... Et tout d'un coup cette révolte se réalise et l'espoir renaît, et les gens se manifestent à nouveau. Des gens qui ne voulaient plus se manifester dans le cadre traditionnel trouvent une occasion de le faire.

Les Gilets Jaunes sont de toutes les classes sociales, il n'y a pas que des "exclus", des gens au RSA... Il y en a aussi, bien entendu, mais ce sont des Français des classes moyennes et populaires. Il n'y a pas de Gilet Jaune des classes supérieures. On est pour beaucoup des "working poors", réduit à cette précarité par la politique fiscale de Macron. Pour nombre d'entre nous 50€ de différence par mois c'est énorme, et nous sommes des millions comme ça.

La combinaison des 80 km/h sur les nationales et des taxes sur le gazole ont été le déclencheur, donnant naissance à un mouvement beaucoup plus large ensuite, qui reflète un ras-le-bol des gens du peuple pour les élites. Ça c'est vraiment le thème commun.

Comment, et c'est aussi la question que se pose Macron, va évoluer le mouvement? Qu'est-ce qui pourrait vous amener à être satisfaits, à rentrer chez vous?

Ça va être difficile de nous satisfaire puisque déjà nous avons obtenu gain de cause sur notre revendication de départ, la hausse de la taxe sur le gazole, mais ça n'a pas diminué notre motivation. Il y a toujours du monde, et les chiffres de la police sont faux. À chaque fois je vois plus de monde. Je pense que ces chiffres sont manipulés.

Nous sommes des gens qui en ont marre de Macron et de tout ce qu'il représente. Et je pense que seules des élections à la proportionnelle pourraient nous calmer. Ça fait partie des doléances que j'ai entendu le plus souvent. Les médias ne le remontent pas. Le système d'élection avec sa majorité à deux tours est parfaitement inique. C'est un scandale. Beaucoup de gens ne sentent pas représentés et ils en retirent de la frustration. Tout est fait pour qu'une grande partie du peuple ne soit pas représenté, et donc pas écouté. Une frustration immense. La "démocratie représentative" ne représente qu'une partie des électeurs, ceux de Macron.

Mais de la même façon que Macron n'accepterait jamais de démissionner, il n'acceptera jamais de dissoudre une Assemblée Nationale qui lui est complètement inféodée...

Il reprendrait la place qu'il mérite, autour de 20% de l'électorat, mais c'est vrai qu'en tant qu'être assoiffé de pouvoir il ne pourra probablement pas avaler un truc pareil.

Ça va durer jusqu'à la fin de son mandat alors?

Je pense que ça va durer. On a déjà passé à la pause de Noël... Je pense que c'est installé pour longtemps. Il y aura des variations dans le nombre, mais il y aura toujours un nombre minimum pour maintenir la pression. J'en suis convaincu. Le mouvement spontané et décentralisé n'a pas de leader, on ne peut pas identifier des gens à corrompre et à retourner.

Macron a bien une tactique pourtant pour écarter les "têtes d'affiche", les Gilets Jaunes les plus actifs sur Facebook: la méthode soft ou la méthode hard. La méthode soft consiste à approcher la personne et lui demander de faire sa liste pour les Européennes, qui est une élection qui ne compte pas, on est d'accord, en s'appuyant sur des satellites du pouvoir comme Tapie pour faire diversion. La méthode hard c'est carrément de viser les leaders. On a eu le cas avec Jérôme Rodriguez il y a quelques jours [peu calmé par l'expérience, NdA], c'était un véritable guet-apens. On balance une grenade assourdissante pour les foutre par terre et ensuite on leur tire comme par hasard dans l’œil. Si ça ce n'est pas une exécution voulue par les forces de l'ordre, qu'est-ce que c'est?

Je pense qu'il y en aura d'autres. Même s'ils abattent des leaders, d'autres émergeront.

Le mouvement continue, Macron fera semblant de céder du terrain sans rien lâcher sur l'essentiel, et donc ça va continuer, ça va continuer. On ne lâche rien. Moi je continue. Ça m'a énormément plu - c'est la première fois que je me retrouve comme ça dans un mouvement authentiquement populaire, qui dépasse les clivages droite-gauche et qui vise à obtenir le respect d'une partie de la population sans arrêt humiliée.

Commentaires

Les gilets jaunes sont tombés dans tous les pièges. Ils n'ont pas voulu de représentants, avec menaces de mort pour quiconque aurait fait un pas dans ce sens. On comprend aujourd'hui parfaitement pourquoi : les gilets sont un cache-sexe pour les pires de la société française, curieusement associés dans cette fête de la destruction de la société française. Quoique cela fait longtemps que je me disais bien que les black block étaient plutôt extrémistes de droite et non de gauche, mais tout cela reste très...nébuleux.
En attendant, les pertes pour les petits patrons de l'économie française sont considérables. Et après, les GJ vont pleurnicher qu'ils ne touchent pas de 13ème salaire. Je ne veux pas que commentaire soit censuré, je retiens donc ce que je pense de ces gens.
Décidément, je n'aime pas du tout les fascistes. Bruns comme rouges comme noirs. Même s'ils se cachent sous du jaune.

Écrit par : Géo | 19 février 2019

Les patrons qui ne sont pas contents n'ont qu'à s'en prendre au Medef qui parait bien trop Macron compatible.

Que le Medef soit moins diplomate avec les vainqueurs de élections, renvoie Macron et MLP dos à dos, montre que les deux sont nuls et ignares (même si MLP a largement dominé le débat contre Macron du point de vue des idées, elle est quand même nulle), que le Medef montre que la transition énergétique est une folie stalinienne, qu'il s'attaque à la CGT Energie pour avoir déserté le poste du défense de l'outil industriel, qu'il s'attaque à ceux qui attaquent stupidement le FN comme l'ex patronne du Medef, et je compatirai avec les patrons.

Le Medef doit attaquer les immigrationnistes, les droits de l'hommistres abstraits, les adeptes de la "diversité" etc. C'est la responsabilité des grands patrons d'avoir cet esprit de Résistance. Sinon, c'est aux actionnaires d'humilier les grands patrons qui ne sont que des cuistres nuls stupides lâches suivant les tendances qu'ils n'ont pas su voir venir.

Écrit par : simple-touriste | 19 février 2019

@simple-touriste: vous avez cent fois raison, mais je sais ce que le Medef vous répondrait: que l'État français est le premier client des entreprises de France, que la promotion économique française est une des meilleures du monde pour l'attractivité des capitaux et Dieu sait quelles fadaises encore...

À partir du moment où ce graphique existe
http://www.oecd.org/media/oecdorg/directorates/centrefortaxpolicyandadministration/tax-as-percentage-of-gdp-graphic.png
...Il y a deux sortes d'entrepreneurs:
- Ceux qui se révoltent contre un niveau de spoliation jamais atteint dans l'histoire dans une économie prétendument libre ;
- Ceux qui se disent "Waouh y'a plein de pognon à se faire avec tout ce que ramasse le gouvernement!"

Le fait que cet argent soit prélevé dans la poche même des entrepreneurs et de leurs clients dans le marché concurrentiel n'a pas d'importance. Beaucoup de patrons, petits ou grands (et plus volontiers les grands que les petits) se diront que c'est finalement beaucoup plus facile de graisser la patte d'un politicien pour obtenir une commande sur un marché captif, que de s'emm... à gagner des parts de marché dans le grand bain.

Faibles, corrompus, stupides, myopes, ou simplement humains? Je ne saurais dire. Le fait est que si vous multipliez par assez de chefs d'entreprise et prenez en compte les cotisations correspondantes, à la fin vous aurez le MEDEF. Et vous verrez des gens déblatérer sérieusement que l'invasion migratoire par exemple "renforce l'économie" à cause de tous ces gens qu'il faut loger, vêtir, nourrir, éduquer, soigner, divertir, surveiller, et tutti quanti. Demandez aux Allemands s'ils sont contents!

Que l'argent vienne d'un peuple français en appauvrissement rapide, que ces gens du MEDEF tissent la corde avec laquelle ils se pendront et se retrouvent complice d'autres opportunistes du même tonneau (je pense aux syndicats) ne changera rien sur la catastrophe qui s'annonce.

Et alors, qu'importe! Il sera toujours temps de se mettre à réfléchir lorsqu'elle sera là, de réorienter la production. Ils vendront alors des armes, des assurances, des milices privées et des rations halal. L'argent n'a pas d'odeur et les gamins seront en sécurité, à faire leurs études dans un autre pays.

Et c'est moins que l'argent n'ait jamais eu d'odeur que beaucoup de chefs d'entreprise en France, d'autant plus que l'entreprise est grande, se soient volontairement privés du sens de l'odorat. La même chose vaut probablement pour la Suisse.

Écrit par : Stéphane Montabert | 19 février 2019

Un message de l'Institut pour la justice, à propos des marches contre l'antisémitisme,que j'ai reçu ce jour

"Chère Madame, cher Monsieur,
On nous parle beaucoup d’antisémitisme depuis quelques jours et en particulier hier soir en raison de la manifestation contre l’antisémitisme, place de la République à Paris, où il y avait de nombreux hommes politiques.
Bien sûr, comme d’habitude toutes les chaînes d’information ont retransmis en direct l'événement et invité des « experts », des politiques et des commentateurs en tout genre pour débattre ensemble.
Au final, on retient le plus souvent de ces émissions, des discussions qui débouchent plus sur des invectives que sur de vrais débats de fond. Quand le sujet n’est pas trop sérieux, ce n’est pas très important. Mais en l’occurrence, ici le sujet est grave.
Il est grave car il tue. Il est grave car il met nos concitoyens en danger. Il est grave car il oblige certains d’entre nous à changer de vie pour s’adapter à cette menace.
Bien sûr, en vous écrivant ces mots, je pense à ses dernières victimes tragiques : Ilan Halimi, Mireille Knoll, Sarah Halimi, les enfants de l’école Ozar Hatorah, les clients de l’Hyper Cacher… et me vient alors un goût très amer.
Oui l’antisémitisme tue. Mais cet antisémitisme est signé et il faut avoir le courage de le nommer pour le combattre.
Et à ce sujet, Gilles-William Goldnadel, proche de l’IPJ depuis des années, dresse un constat très juste, sans simagrées :
« Quant à l'islam radical, il déteste le Juif dans tous ses états… [...] En France, ici et maintenant, les yeux braqués sur le bilan sanglant, c'est l'islam radical - et lui seul - (sous l'indulgent regard d'un islamo-gauchisme redoutablement puissant des deux côtés de la Manche et de la jubilation d'une ultra-droite résiduelle toute aussi antisioniste), qui est l'unique auteur de la totalité des attentats et assassinats meurtriers commis contre les juifs depuis la libération.
Un tag d'origine inconnue et deux poivrots dans le métro n'y pourront rien changer. Noyer le poisson, c'est tolérer le poison. Tourner autour du pot, ne pas le crier haut et fort, c'est accepter qu'il se propage.
Toute condamnation générale est donc pure hypocrisie instrumentale. »
Et il ajoute :
« Dans ce triste contexte, l'instrumentalisation politique dernière est de facture classique, pour ne pas dire ringarde. Elle émane sans surprendre de ce parti socialiste moribond qui, dans un dernier spasme, voudrait encore se persuader qu'il respire.
Dans ce cadre médical désespéré, il arrive encore à être désespérant. Il a donc formé le funèbre projet de faire défiler contre l'antisémitisme en discriminant arbitrairement les partis politiques sous l'angle antifasciste fantasmatique dont il porte inconsolablement le deuil. Ayant donc exclu les partis bien à droite, il s'expose à faire examiner ceux qu'il a sélectionnés. »
La protection des victimes et de leurs droits sont notre travail à l’IPJ. Mais pour pour être efficaces, nous devons être le plus réalistes possible. Il faut donc regarder la réalité en face, sans avoir peur de ce qu’elle montre.
Dans ce contexte, l’avocat Gilles-William Goldnadel continuera à dire que « faire porter le chapeau de l'antisémitisme aux gilets jaunes est une lâcheté face à l'islamisme ».
Et il aura raison.
Avec tout mon dévouement,
Laurence Havel
ps : À l’heure où je vous écris ce message, on en sait enfin plus sur l’identité de l’homme qui a copieusement insulté Alain Finkielkraut le week end dernier. Qui est t-il ? D’après le Point : « Un homme, converti à l'islam et originaire de Mulhouse, (qui) fréquente, selon l'étude des réseaux sociaux, la communauté turque alsacienne rassemblée au sein de Milli Gorus, une confédération – tendance islamiste – de mosquées d'Alsace et de Moselle. Il n'est pas fiché S, mais fréquente des milieux islamistes. »
Vous êtes étonné ? Pas moi. "

Et ma réponse/commentaire :
"Madame,
Moi non plus, je ne suis pas étonné, et je vais même vous en dire plus que Godnadel, qui, probablement, se bride volontairement.
Que les islamistes soient, en majeure partie, les responsables de l’antisémitisme en France aujourd’hui, et les auteurs exclusifs des meurtres de Juifs, tout le monde le sait, à commencer par les politiques.
Seulement le problème est qu’on ne peut pas nommer les coupables : le mot : «musulman» est tabou, il a même été supprimé du vocabulaire des salles de rédaction.
Bien sûr, l’hypocrisie est totale, puisque ceux qui dénoncent le plus fort l’antisémitisme sont précisément les gros importateurs de musulmans en France, ennemis héréditaires des Juifs.
Notons en passant que ceux-ci, vu leur faible nombre (400 à 500 mille), n’ont aucun intérêt électoral, contrairement aux musulmans qui sont au moins dix millions. Notons qu’officiellement la France compte 8 à 9 % de musulmans depuis 30 ans, alors qu’il en arrive 200 à 400 mille nouveaux chaque année.
Le silence général s’explique par le fait que nous sommes, économiquement parlant, pieds et poings liés face aux pays du Golfe, dont les fonds souverains sont, pour le Qatar et l’Arabie saoudite, les plus importants du monde, avec la Norvège.
Notre dépendance est due à nos contrats pétroliers et à notre dette, qui croît elle aussi chaque année.
Certes, l’agence France-Trésor ne les fait pas apparaître dans nos créanciers.
Mais d’une part, une partie des créanciers est cachée (du propre aveu de France-Trésor, c’est le secret défense), d’autre part, il est facile au Qatar ou à l’Arabie saoudite de prêter à un pays qui lui-même nous prête. Il peut même y avoir deux intermédiaires au lieu d’un.
Les bas intérêts des emprunts et les prix préférentiels pour le pétrole dureront aussi longtemps que nous accepterons l’immigration massive et l’islamisation de la France. Le même processus est à l’oeuvre dans d’autres pays d’Europe, sauf, au moins provisoirement, les quatre pays de Visegrad, qui sont en sursis.

Comparez notre situation pétrolière avec celle des USA, qui sont auto-suffisants, et même, depuis peu, exportateurs.
Peut-être aurions-nous pu l’être aussi, autosuffisants, si nos gouvernements avaient autorisé la recherche et l’extraction du gaz et pétrole de schiste. Posez-vous la question de la raison de ce refus obstiné de nos gouvernements (l’écologie a le dos large !), et demandez-vous si, par hasard, ces mêmes pays du Golfe n’y auraient pas, en sous-main, opposé leur véto, cad conditionné les contrats pétroliers et les emprunts à bas taux à cet abandon définitif?
En effet, la France auto-suffisante en pétrole, et derrière elle d’autres pays européens, signifierait l’effondrement du grand rêve de l’islamisation de l’Europe, qu’ils attendent depuis la seconde défaite de l’Empire ottoman devant Vienne en 1683 (la première était en 1529).
Cette fois, ils sont bien partis et ont toutes les cartes en mains. Ils ont aussi tout leur temps. Il y a beaucoup d’exemples de pays, chrétiens ou autres, qui sont devenus musulmans, mais aucun exemple du contraire.
Bien à vous."

Écrit par : AP34 | 20 février 2019

L'éolien et le solaire généralisés (et pas marginaux dans la production, comme ils le sont à un moment, ce qui justifie les extrapolations les plus débiles) impliquent le recours massif au gaz pour compenser, ou à l'hydro-électricité dans les rares cas où les grands barrages sont à l'origine d'une grande part de la production.

Il n'y a pas de développement massif de ces sources d'énergie liées à la météo envisageable sans consommation massive de gaz. (Même si la Suisse a en proportion beaucoup de barrages et a un rôle essentiel dans la gestion de la variabilité de puissance électrique dans le marché européen.)

Il faudrait vérifier que les grands fournisseurs de gaz de l'Europe ne viennent pas en aide aux écolos promoteurs de ces énergies "renouvelables".

Que Russia Today fasse de la propagande antinucléaire est évident : Sophie Shevardnadze donnant la parole sans aucune contradiction et de façon ostensiblement complice à l’ex maire de Futaba qui a décidé (sans connaissance d'un risque imminent, sans compétence) l'évacuation d'une ville "proche" de la centrale Fukushima Daiichi, causant de nombreux morts prévisibles lors de ces évacuations en catastrophe... et laissant entendre que les victimes étaient liées aux radiations! Une interview infâme mais jamais citée sur la question des "interférences russes".

RT a aussi amplement donné la parole au rigolo en chef de "Beyond nuclear", un mec sans compétence identifiable.

Mais enfin je ne vois pas en quoi France Tele est pire que RT dans le parti pris. Les journalistes français qualifient toujours les organisations 100% antinucléaires (qui clament sans l'ombre d'une trace d'un indice que toute radiation est néfaste, qui ne sont jamais satisfait des dispositifs de protection d'aucune infrastructure nucléaire) d'organisations "indépendantes", sous entendu neutres!

La propagande anti-x est de la propagande pour les alternatives indispensables à x. Quand on dénigre un médicament, ou qu'on le dé-rembourse, ou qu'on l'interdit, on renvoie les consommateurs vers ses substituts; pareil pour l'énergie.

Tant que personne n'aura envie de trains qui ne fonctionnent que par temps venteux (mais pas trop) et par grand soleil, l'alternative au nucléaire et aux grands barrages (que les "verts" détestent) sera le gaz ou le charbon. Le reste c'est de la blagounette...

Écrit par : simple-touriste | 24 février 2019

Je lis quelques commentaires sur le MEDEF.
Trop de gens s'attaquent à des sujets auquels ils ne connaissent rien.
Résumer le patronat au MEDEF revient à réduire le peuple français aux parisiens du 16ème.
Le patronat francais c'est d'abord des milliers de "petits" patrons qui ont autant de difficultés que les autres citoyens et qui souffrent du poids démesuré de l'état.
Essayons de ne plus simplifier d3s problèmes complexes au nom d'idéologies dépasséez.

Écrit par : F. Battestini | 24 février 2019

Aujourd'hui encore de la propagande sur RT : on accuse le glyphosate avec le représentant de "Générations futures", sans contradiction.

La Russie est anti-OGM parce qu'elle préfère éviter la concurrence de cette technologie bénéfique. Elle a des relais nombreux parmi les soi-disant "patriotes" français décérébrés par l'ednat.

Macreux ne risque pas de dénoncer ces "interférences" politico-économiques vu qu'il s'est allié à ces mêmes obscurantistes anti pesticides anti biotechnologies!

Écrit par : simple-touriste | 25 février 2019

Le mouvement des Gilets jaunes est un mouvement socialiste depuis le début.

Ce sont des gens qui déplorent, à juste titre, les effets du socialisme sur leur vie. Puis qui réclament encore plus de mesures socialistes pour y remédier. Et qui le font avec des méthodes socialistes, c'est à dire la menace, la violence et même le meurtre par imprudence.

Faire des barrages routiers de nuit sans la moindre signalisation en amont ni la moindre précaution, c'est favoriser délibérément l'accident mortel. C'est bien ce qui s'est passé. Les gilétistes ont 10 morts sur la conscience, et ils ont l'infinie perversité de les présenter comme leurs martyrs.

L'incohérence du mouvement est totale. Il a démarré sur le rejet de taxes sur l'essence imposées pour des prétextes écologiques, et maintenant, les dirigeants à l'origine du mouvement, les modérés, ceux-là même qui ont lancé la pétition contre l'augmentation de l'essence, présentent des revendications... écologistes.

Pas un mot, bien sûr, sur la nécessaire baisse drastique de la dépense publique, et sur la réduction du périmètre de l'Etat.

A cela s'ajoute une décadence morale extrêmement prononcée. Il y a un infantilisme débridé de grandes personnes, une irresponsabilité totale, une volonté de détruire pour détruire, un sentiment de toute-puissance totalement déconnecté des réalités, un totalitarisme qui rappelle aussi bien le banditisme de la révolution bolchevique que les exactions des fascistes mussoliniens.

Les moindres porteurs de critiques (ne parlons pas des opposants), sont menacés, insultés, réduits au silence, frappés si nécessaire, menacés de viol à l'occasion quand ce sont des femmes.

Tout cela, bien sûr, avec l'antisémitisme qui accompagne ce genre de révoltes : 50 % des Gilets jaunes sont antisémites, selon un sondage IFOP.

Bien sûr, quantité de gens gravitent autour de ce mouvement, plaquent sur lui leurs propres fantasmes politiques, et rêvent d'utiliser sa puissance destructrice au profit de leurs objectifs à eux.

Selon l'éternel schéma communiste de "l'avant-garde du prolétariat" -- mais cette tentation s'exerce dans tous les bords politiques, y compris bien entendu à l'extrême-droite.

Le Gilets jaunes sont l'épouvantable symptôme de l'échec du socialisme, le résultat d'un siècle de socialisme consciencieusement enfoncé dans la société et dans les esprits en France, et transmis de père en fils.

Indépendamment des bulletins de vote, naturellement. La droite est aussi socialiste que la gauche.

L'erreur serait de considérer que les Gilets jaunes portent la solution. De vieux bébés hurleurs porteurs de cocktails Molotov, auxquels on a seriné de père en fils qu'ils avaient tous les droits, ne sont évidemment en aucune manière la solution à quoi que ce soit.

Écrit par : Robert Marchenoir | 26 février 2019

à R. Marchenoir :
Tout le monde n'est pas de votre avis sur les Gilets jaunes (moi non plus, d'ailleurs) :
Un mail que j'ai reçu hier de FrancePhiDiffusion.com :

Entretien avec Roland Hélie, directeur de Synthèse nationale

(Propos recueillis par Basile Tomé, publiés sur le site de la réinformation européenne Eurolibertés).

Roland Hélie, la revue Synthèse nationale que vous dirigez vient de publier un numéro hors-série très complet (hors-série n°6, 120 pages, 15 €) consacré à ce que l’on appelle « la crise des Gilets jaunes ». Que vous inspire l’émergence de ce mouvement de contestation en France ?

Depuis des décennies, la France est engagée dans un processus de dissolution de sa souveraineté et, par conséquent, de son identité et de sa liberté. Le pouvoir n’est plus à Paris, il est ailleurs. Il est à Bruxelles ou dans les Conseils d’administration des multinationales apatrides. Cela fait des années que nous sonnons le tocsin. La France n’est plus maître de son destin et, fait nouveau, les Français commencent à s’en rendre compte. C’est sans doute l’élément révélateur de ce mouvement.

Ce mouvement marque-t-il, à votre avis, le début d’une rupture avec l’idéologie dominante ?

Assurément ! Depuis toujours, la gauche et l’extrême gauche prétendaient avoir le monopole des revendications sociales. De leur volonté d’imposer « la dictature du prolétariat » au siècle dernier, elles se sont reconverties, pour l’essentiel, dans le sociétal et dans le « mondialisme macronien ». Tout cela, bien évidemment, au dépend du peuple français qui est le grand sacrifié de cette reconversion. Le gouvernement préfère s’apitoyer sur les migrants africains qui veulent débarquer en Italie que sur les milliers d’entreprises françaises écrasées par les charges et la concurrence déloyale du Tiers-Monde qui sont condamnées à disparaitre. Toute cette mascarade ne peut plus durer…

Les Gilets jaunes sont l’avant garde de cette prise de conscience. Ils défilent derrière des drapeaux tricolores en chantant La Marseillaise et en hurlant « Macron démission ! ». Nous sommes loin du 1er mai 1936… et même de ceux des années 1970/80. Sans peut-être en être conscients, les Gilets jaunes concilient le « combat social » avec le « combat national ». Ce qui n’est pas pour nous déplaire. Ils renvoient dos à dos les utopies socialistes et l’ultra-libéralisme broyeur de peuples.

Le Pouvoir semble prêt à toutes les manœuvres pour tenter d’enrayer le mouvement des Gilets jaunes...

Nous n’avons pas affaire à un monôme printanier d’étudiants et de lycéens, ni à un brouhaha de sans-papiers ou à une vulgaire Gay Pride, mais à un véritable mouvement populaire composé de gens qui ne savent pas, le 10 passé, comment ils vont finir le mois… En plus, comme je l’indiquais précédemment, ces gens ont compris qui étaient les vrais responsables de leur situation peu enviable.... Cela prendra peut être d’autres formes mais ce mouvement de fond n’est pas terminé, n’en déplaise à la bien-pensance institutionnalisée.

D’où l’édition de votre numéro spécial de Synthèse nationale ?

Les choses vont sans dire, mais elles vont mieux en le disant... C’est pour expliquer aux Gilets jaunes quelle doit être à nos yeux la finalité du combat que nous avons publié ce numéro destiné à être diffusé dans les réunions, dans les manifestations et sur les ronds-points. Le rôle d’une revue comme Synthèse nationale est d’aiguiller nos compatriotes. De leur faire savoir que, au-delà de la révolte fiscale, c’est une véritable révolution nationale et identitaire qu’il faut préparer. Et cette révolution, elle sera comme le vent : rien ne pourra l’arrêter…

Voilà pourquoi nous avons édité ce numéro spécial de notre revue. Il regroupe une vingtaine de contributions de responsables et d’écrivains de la mouvance nationale, toutes tendances confondues. Il y a là des témoignages, des analyses, des propositions… C’est une arme de combat.

Nous proposons aux nationaux conséquents de se procurer ce numéro (ils peuvent le commander par cinq exemplaires à un prix préférentiel) afin de le diffuser auprès des Gilets jaunes de leur contrée. Ils feront ainsi un travail utile pour la cause nationale et identitaire.

Écrit par : AP34 | 26 février 2019

AP34@ Pour compléter votre commentaire, un "détail" qui ne trompe pas : il n'y a pas de descendants de l'immigration parmi les gilets jaunes...
Cela dit, ils me semblent infiltrés par les deux extrêmes qui les utilisent pour leur stratégie propre. Mais ce n'est que mon intuition et elle vaut ce qu'elle vaut...

Écrit par : Géo | 27 février 2019

"il n'y a pas de descendants de l'immigration parmi les gilets jaunes..." : et chez les casseurs-pilleurs ?

Écrit par : rabbit | 28 février 2019

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