26 février 2019

États-Unis: le marécage exposé

Face à l'opiniâtreté de nombreux enquêteurs privés (grâces en soit rendue à Tom Fitton et son équipe de Judicial Watch et leur utilisation résolue du Freedom of Information Act) des pans entiers des manipulations et des magouilles orchestrées ces dernières années par des politiciens de premier plan remontent peu à peu à la surface.

Les créatures de vase qui s'épanouissent arrosées par l'argent public ruisselant dans Washington D.C. ne sont pas des plantes comme les autres: elles ne supportent pas la lumière. Et lorsque celle-ci survient dans les profondeurs les plus troubles des marais, c'est la panique générale, la lutte pour la survie, le règne du chacun pour soi.

Nous devinons que les choses deviennent intéressantes quand les individus concernés s'accusent les uns les autres d'être des menteurs et que même le Président Trump commence à parler de trahison.

Mais commençons par le commencement.

Dramatis Personae

Il serait trop long de dévoiler l'entier du CV de toutes les personnes concernées, mais voici la liste de quelques-uns des acteurs principaux du drame et la façon dont leur nom ont été portés à la connaissance du grand public.

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De gauche à droite et de haut en bas: Rod Rosenstein, Robert Mueller, Hillary Clinton, James Comey et Lois Lerner.

Rod Rosenstein. Procureur Général Adjoint et numéro 2 du Ministère de la Justice derrière le Procureur Général Jeff Sessions, il était notoirement en tension avec Donald Trump au sujet du limogeage du Directeur du FBI James Comey. Il fut l'homme qui proposa Robert Mueller comme procureur spécial sur "l'enquête russe" avant d'être débarqué de la gestion de celle-ci après le remplacement du Procureur Général.

Robert Mueller. Nommé par Rod Rosenstein, le procureur spécial est chargé de superviser l’enquête sur les possibles liens entre le gouvernement de la Russie et des individus liés à la campagne présidentielle de Donald Trump ("l'enquête russe"). Il fut Directeur du FBI pendant douze ans, jusqu'en 2013.

Hillary Clinton. Politicienne qu'on ne présente plus, Hillary Clinton, outre sa candidature malheureuse à la présidentielle américaine de 2016, a été Secrétaire d'État (Ministre des affaires étrangères) pendant quatre ans sous Barack Obama et bien sûr femme du Président Bill Clinton. Elle a été entachée par différents scandales comme l'affaire Benghazi ou l'affaire des emails qui ont terni sa réputation publique mais sans jamais mener à une condamnation, ni même à un procès. Les Clinton tirent une gigantesque fortune de l'organisation "caritative" Clinton Foundation.

James Comey. Directeur du FBI après Robert Mueller (qu'il connait personnellement et apprécie), James Comey se fait remarquer par une valse-hésitation étonnante quelques semaines avant l'élection présidentielle de 2016. Il annonce que l'enquête sur le serveur d'email privé d'Hillary Clinton doit être rouverte, puis quelques jours plus tard que celle-ci est terminée sans conséquence, faute d'éléments suffisamment graves pour étendre les poursuites. James Comey sera limogé en mai 2017 à la suite de nombreux démêlés avec Donald Trump.

Lois Lerner. Peu connue du grand public, elle se fit remarquer lors de son passage à l'Internal Revenue Service (IRS) en 2005 par sa propension à lancer une vague de contrôles fiscaux discrétionnaires contre les organisations conservatrices. Elle rejeta ces allégations de partialité et fut pardonnée de tout agissement non conforme par l'Administration Obama en 2015... Suivant une enquête validée par un certain James Comey.

Comme dans les bonnes séries américaines, un dévoilement de l'intrigue implique de faire quelques retours sélectifs dans le passé, des flashbacks comme on dit dans le jargon. Quelques Internautes chevronnés se chargèrent de cette reconstruction, reposant sur d'innombrables documents officiels.

Voici donc comment les pièces du puzzle pourraient bien s'assembler.

Flashback: 2001.

Nous sommes en 2001. Une enquête est en cours sur la Clinton Foundation. Les choses se présentent mal: les gouvernements du monde entier ont fait des dons "de charité" à la Fondation mais pourtant, entre 2001 et 2003, aucun de ces dons n'a été déclaré. Un Grand Jury a été convoqué.

Mais quelqu'un reprend l'enquête en 2005 - un certain James Comey. Et au même moment une certaine Lois Lerner rejoint l'IRS, spécifiquement dans la branche traitant de l'exonération fiscale des dons. Coïncidence, certainement. Tout comme le fait que la division des impôts, au sein du Département de la Justice, soit dirigée de 2001 à 2005 par un certain Rod Rosenstein.

Au même moment, Robert Mueller est Directeur du FBI.

Ces personnes avaient toutes en commun d'être enquêteurs de premier plan ou informés des moindres détails de l'enquête sur la Fondation Clinton. L'enquête ne débouche sur rien.

Flashback: 2009.

Nouveau Flashback. Nous sommes en 2009.

James Comey quitte le Ministère de la Justice pour aller toucher des chèques chez Lockheed Martin. À la tête du Département d'État, Hillary Clinton dirige les affaires étrangères du gouvernement, sur son propre serveur de messagerie électronique.

Le "problème" d'Uranium One est porté à l'attention de la Secrétaire d'État Hillary. Pense-t-elle que la vente de 20% des réserves d'uranium américain à des Russes correspond aux meilleurs intérêts des États-Unis? Comme tout bon fonctionnaire censé défendre les intérêts des États-Unis, elle réfléchit un moment... puis décide de soutenir la décision.

L'Amérique ne retire aucun avantage particulier de ce deal. En revanche, peu de temps avant son approbation officielle, Bill Clinton se rend à Moscou où il reçoit un demi-million de dollars pour un discours d'une heure. Il y rencontre ensuite Vladimir Poutine, à son domicile, pendant quelques heures.

Le FBI avait une taupe dans toute cette opération. Mais le Ministère de la Justice lui intime le silence via une ordonnance assortie de menaces de prison en cas de fuite. L'affaire était traitée en délégation par le Bureau du Procureur américain dans le Maryland, par un certain... Rod Rosenstein.

Robert Mueller était encore le directeur du FBI pendant cette période. Il a même livré en personne un échantillon d'uranium à Moscou en 2009!

Peu après la vente, des entités directement liées à l'accord Uranium One versent pour 145 millions de dollars de dons à la Clinton Foundation.

Rappelons qu'à cette époque encore Lois Lerner travaille encore à l'Internal Revenue Service, Division des œuvres de bienfaisance, pour vérifier la conformité des dons avec la loi. Tout va bien, circulez.

Flashback: 2015.

En raison d’une série d’événements tragiques à Benghazi en 2012 et après les 9 enquêtes menées par la Chambre, le Sénat et le Département d’État, Trey Gowdy, qui dirige une dixième enquête en tant que Président du comité restreint sur Benghazi, découvre que Hillary dirigeait les affaires du Département d'État à travers un serveur de messagerie personnel non déclaré, non autorisé et hors la loi. Il découvre également qu'aucun de ces courriels n'a été remis au Gouvernement lors de son départ de sa fonction de Secrétaire d'État, ce qui était pourtant une obligation légale. Il découvre également que son courrier électronique personnellement archivé contenait des informations classifiées Top Secret.

Épargnons-nous tous les scandales qui entourent ce dossier et la façon dont "l'enquête" le concernant a été menée. Résumons en disant que tout ce qu'il était humainement possible d'entreprendre pour sauver Hillary a été entrepris.

Devinez qui est devenu Directeur du FBI en 2013? Nul autre que James Comey - à l'issue d'un passage fructueux chez Lockheed Martin. Jugez plutôt: pendant qu'il travaillait là-bas, le constructeur obtint 17 contrats avec le Département d'État (dirigé par Hillary) sans passer par une procédure d'appel d'offres. À titre de remerciement pour la qualité de son travail, M. Comey fut récompensé par une jolie prime de départ de six millions de dollars.

Maintenant Directeur du FBI, il est naturellement en charge de l'enquête sur le serveur mail de Clinton. De la même façon qu'il ne trouva rien à redire aux agissements de Lois Lerner à l'IRS, il ne trouve rien à redire à la gestion du serveur mail de Clinton. En avril 2016, il rédige une lettre d’exonération d’Hillary Rodham Clinton tandis que le Ministère de la Justice distribue les deals d'immunité comme des bonbons. Personne ne prend même la peine de convoquer un Grand Jury.

Le 8 juillet 2016, James Comey passe devant les caméras lors d'une conférence de presse où il exonère publiquement Hillary de tout acte répréhensible. On se demande pourquoi.

Retour au présent.

Mais les choses ne s'arrêtent pas là. Rod Rosenstein est promu Procureur Général Adjoint, et James Comey est renvoyé sur la base d'une lettre défavorable rédigée par ce dernier. James Comey divulgue des informations confidentielles à la presse. Robert Mueller est affecté à la traque de prétendue "ingérence russe" dans l'élection présidentielle de 2016 dans le but de faire tomber Trump. La campagne du candidat Trump a été infiltrée par des agents et espionnée par le FBI sur la base de documents contrefaits dont l'origine a été cachée au juge chargé d'approuver l'espionnage. L'histoire se poursuit.

Détournement des procédures, instrumentalisation des services secrets dans un but politique, trafic d'influence, corruption, quel que soit le crime il y a de fortes chances qu'il ait été commis par un membre de ce petit groupe et de quelques autres.

Toujours les mêmes. Tous compromis et, désormais, en conflit. Tous œuvrent aujourd'hui à ne pas aller en prison eux-mêmes. Tous sont reliés d'une façon ou d'une autre aux Clinton.

Au moment où ces lignes sont rédigées, la Clinton Foundation, qui a brassé plus d'argent douteux que n'importe quelle autre ONG américaine dans l'histoire, n'a jamais été auditée par l'Internal Revenue Service. Les Clinton et leur fondation ont toujours échappé à toute inculpation de la part d'une agence fédérale américaine.

Le frère de James Comey travaille pour DLA Piper, le cabinet d'avocats chargé des impôts de la Clinton Foundation. Coïncidence encore...

La pièce manquante?

Il manque un individu dans le tableau. Une certaine Lisa Barsoomian. Examinons un peu ses antécédents. Lisa H. Barsoomian, avocate diplômée de l'université de Droit de Georgetown, est une protégée de James Comey et de Robert Mueller. Mme Barsoomian et son patron R. Craig Lawrence représentaient Bill Clinton en 1998.

Maître Lawrence a également représenté:

  • Robert Mueller trois fois ;
  • James Comey cinq fois ;
  • Kathleen Sebelius 56 fois ;
  • Bill Clinton 40 fois ;
  • Hillary Clinton 17 fois.

Entre 1998 et 2017, Mme Barsoomian elle-même a représenté le FBI au moins cinq fois.

Vous vous demandez peut-être si le travail accompli par cette femme a une quelconque importance là-dedans? C'est bien normal, et d'autres se la posent aussi. Ils s'en inquiètent même tellement que tous les documents liés à la représentation de Bill Clinton face à la Cour dans le cas Clinton contre Hamburg en 1998 et son appel en 1999 ont été purgés. Même Internet a été nettoyé de tout document lié à Mme Barsoomian.

Historiquement, cela pourrait indiquer que Mme Barsoomian travaille comme agent protégé de la CIA. En outre, Mme Barsoomian s'est spécialisée dans les rejets de requêtes du Freedom of Information Act au nom de la Communauté du Renseignement. Alors que la juriste a été impliquée dans des centaines de dossiers liés au Bureau du Procureur Général des États-Unis, l'adresse email de Mme Barsoomian est en @nih.gov - nih pour National Institute of Health. Ce genre de pratique est un autre classique de la CIA pour protéger la confidentialité de ses employés en les présentant sous l'étiquette d'une autre agence gouvernementale.

Quelle importance peut avoir tout ceci dans le grand ordre des choses, demanderez-vous? Eh bien, en tant que juriste de la Communauté du Renseignement, Mme Lisa Barsoomian a eu et a toujours un accès privilégié à d'innombrables documents sur tout ce qui a trait aux affaires en cours - des droits de douane contre la Chine en passant par les enquêtes sur les fuites de James Clapper, les fuites de James Comey, tous les détails de l'enquête liée au complot de la Maison Blanche d'Obama, du FBI et de la CIA visant à destituer Donald Trump sous couvert du 25e Amendement, et ainsi de suite.

Détail sans importance, Lisa Barsoomian est l'épouse de Rod Rosenstein.

En guise de conclusion

Il est facile de s'exonérer de tout lorsque les personnes chargées d'enquêter les unes sur les autres ont des liens croisés d'intérêt, allant jusqu'à contribuer à leurs promotions réciproques. Ainsi les journalistes mainstream peuvent répéter à l'envi que toutes les enquêtes nécessaires ont été menées et conclure que les accusés sont blancs comme neige. Ils défaussent tout avis contraire comme la marque évidente d'une corruption idéologique d'extrême-droite.

Bien sûr, tous les liens exposés plus haut seront immédiatement écartés en tant que "théorie du complot", bien qu'il s'agisse de faits établis et documentés à travers le Freedom of Information Act.

Tout est tellement plus simple ainsi.