07 mars 2019

Bigard et la Spirale de la Pureté

Jean-Marie Bigard est dans la tourmente.

Jean-Marie_Bigard.jpgLe comique français, spécialiste depuis des décennies de l'humour gras, a commis un impair à une heure de grande écoute. Dans Touche Pas À Mon Poste sur C8, le 11 février, il raconte sa blague de "la déchirure".

Alors que l'émission arrive son terme, Cyril Hanouna invite le comique à raconter une dernière blague pour clôturer l'émission. "Oui, mais elle est terrible. Tout le monde va se faire virer", prévient Jean-Marie Bigard. Le présentateur de C8 propose alors d'apposer sur l'émission la pastille "moins de 10 ans". (...)

Jean-Marie Bigard commence alors le récit de sa blague : "C'est une bonne femme qui exaspère son médecin. Elle vient trois fois par semaine. Lui, il n'en peut plus. Et elle vient une fois de trop, en disant : 'Je viens vous voir parce que j'ai une déchirure'". Et l'auteur du sketch "Le lâcher de salopes" de continuer, gestes à l'appui : "Le médecin lui dit : 'Déshabillez-vous. Je vous demande vous déshabiller. La jupe, le string, à poil !'". En plateau, l'animateur esquisse un sourire alors que le silence plane du côté des chroniqueurs. "Il arrive. Il la chope par le chignon. Et là, clac, sur son bureau. Il défouraille ! Il l'attrape par les hanches et il l'encule ! A sec ! Voilà, ça c'est une déchirure", termine-t-il, provoquant un énorme malaise dans l'émission. "On ne cautionne pas du tout cette blague", lâche le présentateur.


La séquence est coupée au montage dans la rediffusion de l'émission. Est-ce une décision de Cyril Hanouna, le spécialiste de la provocation convenue, ou de plus haut dans la hiérarchie de la chaîne? Mystère. Mais le gant est jeté: plus de 200 signalements sont recensés au CSA 24 heures après la diffusion. La polémique enfle, peu apaisée par la réaction du principal intéressé.

En France en 2019, celui qui fait une blague politiquement incorrecte à la télévision doit faire preuve de contrition sous peine de sanction. Et les sanctions finissent par tomber. En début de semaine, Jean-Marie Bigard annonce, sous le choc, avoir été écarté du festival d'humour "Var Matin", pour lequel il devait effectuer une tournée cet été, à cause de cette séquence.

"Je reste assis parce que je suis détruit. Mes chers amis, je viens de prendre un coup de barre à mine sur la tête. Je devais faire la tournée 'Var Matin' cet été. 49 dates. C'était tout mon été de travail. Et je viens d'apprendre que j'étais viré, en fait" explique-t-il, avant de s'en prendre au directeur du festival.

Jean-Marie Bigard vient de découvrir bien malgré lui ce qu'un Internaute américain appelle la Spirale de la Pureté, qu'il tient à rappeler à tous les bien-pensants de passage:

Ils viendront pour vous ensuite.

Vous utiliserez le "mauvais" pronom.
Vous raconterez la "mauvaise" blague.
Vous ferez le "mauvais" geste de la main.
Vous prononcerez le "mauvais" mot, porterez le "mauvais" vêtement, commanderez le "mauvais" plat, fredonnerez la "mauvaise" chanson...

Personne ne peut prendre la mesure de tant de "règles", pas même vous.

Finalement, vous commettrez un impair. Et ils vous étiquetteront de noms comme "d'extrême-droite", "bigot", "islamophobe", "beauf", "haineux", "pourriture de Blanc", "patriarche" etc. etc.

Tous vos agissements précédents pour afficher vos belles valeurs compteront pour rien. Il y a des crimes pour lesquels toute excuse est impossible, voyez-vous. Ces crimes ne peuvent être pardonnés, car ceux qui les pardonneraient pourraient être accusés à leur tour de ne pas être assez vigilants face à eux.

Vous serez une persona non grata. Impossible à embaucher. Impossible à aimer. Impossible à accepter. Impossible à tolérer. Exactement comme ceux que vous tourmentez en ce moment.

C'est le Meilleur des Mondes que vous avez créé.

Bienvenue dans la Spirale de la Pureté.

C'est un long chemin descendant.


Qu'on apprécie ou non le style de Bigard, là n'est pas la question. Cette censure et les réactions qui s'ensuivent sont des marqueurs de la société française d'aujourd'hui - un marqueur inquiétant. La communication publique bascule de plus en plus nettement vers un manichéisme pudibond assez extraordinaire. "Il le dit, ça veut donc dire qu'il le pense", voilà ce qui ressort en filigrane, comme si un comédien était l'homme de ses rôles.

Au delà des questions d'humour, la liberté d'expression est en France en voie d'effondrement rapide. Autant la police et la sécurité disparaissent des rues, autant la police de la pensée montre qu'elle est omniprésente.

Commentaires

Mouais. On savait tout ça depuis bien longtemps et il faut aimer recevoir des coups pour se la jouer de cette manière. Vous allez dans une manif de fachos en leur criant des insultes, vous vous ferez péter la gueule. Et vous seriez bien con de vous plaindre. "Ne vous cassez pas la tête, on s'en charge..."
Slogan-gag du GUD...

Écrit par : Géo | 08 mars 2019

Le monde en perte d'âme ou de conscience voire d'esprit va mal.

Ainsi on voudrait, juste un instant, dire que cette femme, au vécu pour de vrai, qui viendrait voir son médecin serait sans doute aucun atteinte d'une névrose grave et que la déchirure dont elle parlerait pourrait au départ, en amont, être une déchirure du coeur.

Une jeune fille fut trompée par un homme. Elle se contrôla, se maitrisa juste après avoir poussé un cri de bête dans une mansarde.

Trente ans se passèrent puis cette fille devenue mère saigna abondamment genre menstrues.

Une psychothérapie lui ayant fair revivre la scène du cri dans la mansarde elle cessa de saigner.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 08 mars 2019

Exactement dans le même temps, Google, Facebook et Amazon annoncent qu'ils vont supprimer les contenus "anti vaccins". Suite à une demande des élus "démocrates"!

Cela sur fond d'offensive de la panzerpropagande de la vaccination contre la rougeole (un des vaccins les plus ridicules) sur le thème "il est prouvé que ces vaccins n'ont aucune incidence sur l'autisme". En fait de "aucune incidence", la dernière "étude" trouve une différence de 7% quand même. Pour une étude soi-disant incontestable parce que d'un effectif pléthorique, ça l'a fout mal...

Pas grave, les promoteurs de "les vaccins" ne verront pas les incongruité de l'étude dont ils ne comprendraient même pas le résumé de toute façon. Ces gens n'ont jamais réfléchi à rien et ce n'est pas maintenant qu'ils vont changer.

Écrit par : simple-touriste | 09 mars 2019

A quand un vaccin anti stupidité?

La "déchirure", suivant la même démarche psychanalytique, pouvait évidemment déboucher ("déchirure") sur le souvenir d'un viol.

Merveilleuse Journée des femmes, au menu: ce "sommet" Bigard

l'annonce d'un nouveau jeu vidéo: violer, d'abord, tuer ensuite

Nombreuses sont les mères qui voient grandir leurs filles avec angoisse … sachant tout ce qu'il risquera de leur arriver

au point, certaines d'entre elles, de renoncer à enfanter.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 09 mars 2019

A propos d'idéologie, en "Une" de 24 Heures aujourd'hui :
"le jeu des différences entre la popiste AT et le SolidaritésS J-M D". Sujet qui doit concerner deux pégreleux et trois pétasses dans les bas-fonds de cette ville en perdition qu'est devenue Lausanne...
On ne peut indéfiniment se foutre de la gueule des lecteurs, gens de 24 Heures, surtout quand on fait payer son torchon 4fr60 le samedi. Vous allez crever la gueule ouverte si vous continuez ainsi et tout le monde s'en réjouira. Votre journal est une honte.
Quo usque tandem abutere, Tamedia, patientia nostra ?

Écrit par : Géo | 09 mars 2019

A propos des mères qui voient grandir leurs filles avec angoisse si j'étais la mère de l'une d'elles, yoga inspirant, je lui expliquerais dès son enfance que notre corps en comprend sept, un étage pour chacun avec au deuxième étage la sexualité, au quatrième étage, le sentiment.

Que si le sentiment peut accompagner la sexualité la sexualité, elle, n'est pas le sentiment.

L'étage de la sexualité étant de couleur orange, celui du sentiment de couleur verte.

Au sixième étage (couleur indigo) à multiples facettes l'intelligence (la religion comprise culture à cet étage avec ses dangers d'inféodation donc de privation de liberté de pensée voire de vie… tout court).

Le septième étage réservé à la spiritualité, de couleur violette, avec selon ressenti pleine et entière adhésion dans ou en la recherche du sens de la vie avec le début d'une poésie pour illustrer: une maman hirondelle qui dit à son petit oiseau d'"ouvrir son aile au vent"!

La masturbation, tous les médecins et psys autorisés, question plus de conscience que de diplômes affichés l'affirmeront, la masturbation ne saurait en aucun cas se substituer aux relations harmonieuses entre êtres humains.

Avec le temps, maturité venant, se sentant attirés par le haut selon la loi de l'évolution la sublimation de la sexualité va de soi… sans frustration aucune.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 10 mars 2019

La pertinence voudrait que l’impertinence s’exprime avec style, afin de ne pouvoir être muselée.
Ce n’est plus le cas depuis un demi-siècle, et nos rires peuvent devenir hésitants face à des pâles répliques du regretté Coluche.
Il y a de justes raisons de ne s’enthousiasmer de la multiplication de l’usage généralisé de la grossièreté et de la vulgarité : seul Coluche pouvait s’en emparer pour faire entendre sa voix critique, à la fois subtile et généreuse.
A son écoute, nul ne pouvait imaginer qu’il faisait son show, et comprenait qu’il tentait plutôt de nous démontrer de ne vouloir faire le notre.
Humour d’éveil, où aucune provocation n’était provocante.
On est loin du compte évidemment avec Bigard, qui a son défaut de style, en ayant choisi l’humour gras, pour en faire ses choux gras .

Vrai cependant qu’il n’y a guère à le pointer du doigt, tant la grossièreté d’intention de ses censeurs est finalement supérieure à celle qu’il pratique, en bon artisan d’un filon qui peut remplir des stades.
Vrai également que cette France illustre bien, avec ses imprécateurs de pacotille, le thème évoqué en plateau par Bigard : nul besoin de médecin pour mesurer qu’elle subit une déchirure... qui n’est pas une blague.

Écrit par : Yes-Comment | 17 mars 2019

Les commentaires sont fermés.