14 mai 2019

Peuple désarmé, peuple vaincu?

Le 19 mai le peuple décidera ou non de voter pour le prochain tour de vis sur le contrôle des armes - et de poursuivre sur la voie de la domination étrangère de la Suisse.

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Les choses sont claires. (cliquez pour agrandir)

La loi est intitulée "Mise en oeuvre d'une modification de la directive de l'UE sur les armes (Développement de l'acquis de Shengen)." Elle est donc présentée comme une sorte d'évolution logique, naturelle et convenable de quelque chose de positif - alors même que la libre-circulation, le principal acquis de Shengen, étrangle la Suisse. Que ce soit à travers l'immigration de masse, la sous-enchère salariale ou le bétonnage du pays, ce pays n'en finit pas de péricliter pendant que les Suisses, trop occupés à gérer au quotidien leur survie de working poors, désertent les urnes.

Selon les sondages, l'approbation du texte atteindrait 66%, soit deux électeurs sur trois. Il faut avoir subi un lavage de cerveau de grande ampleur pour penser du bien des accords de Shengen et une dose plus grande encore pour vouloir en redemander. Mais ce profil est désormais banal en Suisse. Les arguments avancés pour soutenir le texte - lutte contre le terrorisme, fichage - ne s'appuient sur aucune étude. Pas un seul attentat en Europe n'a été commis avec une arme obtenue légalement. L'interdiction de certains types d'armes ne désarmera que les honnêtes gens, comme d'habitude.

Les autorités ne se donnent même plus la peine de ciseler de petits mensonges, de trafiquer quelques statistiques, ils n'en ont aucune. Le seul argument en faveur de la révision de la loi est que celle-ci est exigée par l'UE. Le principe de soumission rend toute contestation caduque.

Face à eux, les membres de ProTell - qui ne demandent rien d'autre que le maintien du droit actuel - sont présentés comme des esprits étroits, bornés et passéistes. La tradition suisse des armes? Le tir sportif? Aucune importance. Le rouleau-compresseur est en marche et tous les obstacles seront aplanis. Les bureaucrates de Bruxelles aux commandes le savent d'autant mieux que la révision de la loi inclut de futures provisions qui restreindront encore plus le droit sur les armes tout en rendant bien plus difficile, voire impossible, toute nouvelle tentative d'opposition par référendum. 

Pourtant, on s'en fiche des armes, pas vrai? La plupart des gens ne possèdent pas d'armes, n'en ont jamais possédées et ne chercheront jamais à en avoir une. Pour toutes ces raisons, ils n'hésiteront pas une seconde à glisser un Oui dans l'urne. Ils ne comprennent pas le sens profond lié au droit de posséder une arme - la distinction entre le citoyen et le sujet, plus importante encore que le droit de vote. Le droit des armes fait partie du contrat social - c'était même l'un des tous premiers billets sur ce blog, en 2011. À l'époque déjà, le sujet avait attiré une polémique nourrie.

Depuis, l'importance - symbolique d'abord, concrète ensuite - de pouvoir posséder des armes s'est maintes fois vérifié, comme par exemple au Venezuela où le dictateur Maduro s'est chargé de désarmer le peuple avant que les sbires du régime n'ouvrent le feu sur la foule désormais à leur merci. "Il n'y eut pas de plus fervents adeptes du contrôle des armes que les nazis" écrivais-je en 2011. Les nazis, et bien d'autres, unis dans l'idée que la marche vers le désarmement est essentielle pour pouvoir mettre une population en coupe réglée.

La Suisse avance le long de ce chemin, à son rythme. Les jours de l'opposition au Moloch européen de 1992 semblent bien loin. Il y eut quelques sursauts - le vote sur les minarets, le renvoi des criminels étrangers, le rejet de l'immigration de masse... - mais ils semblent désormais plus des anecdotes où les citoyens furent surpris de leur propre audace que d'une volonté manifeste de défendre sa liberté dans la durée et peu importe les pressions extérieures.

On le sait depuis Bertold Brecht, "puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple." C'est la feuille de route depuis plus de vingt-cinq ans, et elle est appliquée à la lettre. Entre l'immigration de masse, les naturalisations de masse, la culpabilisation de masse, deux tiers des Suisses ne prennent même plus le chemin des urnes. On peut dire que la mission est accomplie. Le peuple helvétique vote sa dissolution, son désarmement étant une étape essentielle dans le processus. L'idée a été bien comprise à Berne et à Bruxelles.

"Le pouvoir est là où sont les armes." -- Lénine


Rêvons à une heureuse surprise jusqu'au soir du 19 mai, une victoire sur le fil qui repoussera l'échéance de quelques années ; mais même si la mobilisation de ProTell force le respect, même si des noyaux durs de tradition subsisteront, ces Suisses-là auront compris qu'ils sont une minorité dans leur propre pays.

Commentaires

Prenons quelques-unes, ou quelques extraits de vos «phrases-clés »:

« […] l’importance - symbolique d'abord, concrète ensuite - de pouvoir posséder des armes s'est maintes fois vérifié, comme par exemple au Venezuela où le dictateur Maduro s'est chargé de désarmer le peuple avant que les sbires du régime n'ouvrent le feu sur la foule […] »

« Il n'y eut pas de plus fervents adeptes du contrôle des armes que les nazis »

« Les nazis, et bien d'autres, unis dans l'idée que la marche vers le désarmement est essentielle pour pouvoir mettre une population en coupe réglée »

« On le sait depuis Bertold Brecht, puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple. »

C’est vrai… l’idée que notre gouvernement travaillerait à dissoudre la Suisse en mettant le peuple à genoux fait froid dans le dos… brrr !!!

Mais de là, à imaginer, qu’en ces circonstances, nos braves citoyens-soldats avec leurs beaux fusils et les 24 cartouches bien emballées… qu’il est interdit de déballer… (mdr)… se soulèveraient contre leurs tyrans, faut pas rêver ça n’arrivera JAMAIS.

«L’idée a été bien comprise à Berne et à Bruxelles.»

Ça effectivement, ils ont compris… mais ce qui suit, ils ne le mesure pas, c’est autrement plus compliqué…

Donc, plus sérieusement, dans l’hypothèse où les choses deviendraient sévères, très sévères… n’oublions pas qu’il y a dans ce pays des milliers et des milliers d’armes clandestines très sophistiquées, bien entretenues et bien graissées, fin prêtes avec leurs « opérateurs » expérimentés…

Comme quoi, en Suisse, il y en a aussi qui se sont réveillés avant le chant du coq !

Écrit par : petard | 15 mai 2019

Et les personnes qui n'en possèdent pas, ou plus, savent très bien s'en servir en cas de besoin. C'est comme le vélo ou la conduite automobile. Pour l'arme blanche, c'est plus délicat car les gens hésitent à se salir de nos jours. Mais les réflexes reviennent vite. Nous avons beaucoup critiqué l'armée dans la deuxième moitié des années 1960, mais les techniques apprises dans le domaine de la sécurité personnelle sont irremplaçables. À part quelques canards, je n'ai jamais occis d'être vivant, mais je ne vois aucune résistance à le faire au moment opportun. Maintenant, vous le savez...

Écrit par : rabbit | 15 mai 2019

"Les Suisses sont très armés et très libres."
Machiavel

Cela, c'était avant.

Aujourd'hui, des Suisses, il y en a de moins en moins.
Et pour ceux qui restent, la liberté...

Écrit par : UnOurs | 15 mai 2019

Cher M. Montabert, voici peut-être de quoi vous inspirer un autre excellent billet sur la folie climatique qui sévit. Désormais la RTS et les verts nous font comprendre qu'il ne faut plus faire d’enfants pour “sauver la planète.” Mais bien entendu ça ne concerne que les méchants occidentaux:

https://www.rts.ch/play/radio/forum/audio/faut-il-arreter-de-faire-des-enfants-pour-sauver-la-planete?id=10422320

Écrit par : Hervé | 20 mai 2019

Un bon conseil à partager avec tous vos amis:

Si vous en avez assez de vous faire espionner par Google (etc.) qui garde en mémoire tous les termes que que vous utilisez dans vos recherches, utilisez Startpage.com, vous ne le regretterez pas:

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Ils ont aussi un compte email crypté mais payant,

Bien à vous,

Un ami anonyme qui vous remercie pour votre action et qui passe quelques fois par an par l'avenue des Baumettes et aurait chaque fois envie de venir vous saluer, mais ne le fera pas!

Écrit par : Un ami | 24 mai 2019

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