24 mai 2019

L'affaire Vincent Lambert

Le débat fait rage en France depuis des mois et même des années autour du sort de Vincent Lambert. "De médicale et familiale, «l’affaire Vincent Lambert», comme il est convenu de l’appeler, est devenue sociétale, religieuse et politique, au beau milieu d’un incroyable feuilleton judiciaire", explique Le Temps, qui pose ensuite le contexte:

Victime d’un accident de voiture le 29 septembre 2008, Vincent Lambert, ancien infirmier psychiatrique aujourd’hui âgé de 42 ans, est «cérébrolésé» et vit dans «un état végétatif chronique irréversible», selon les médecins. Maintenu en vie à l’hôpital de Reims par une sonde lui apportant une alimentation et une hydratation artificielles, il n’est pas dans le coma, ni branché à une quelconque machine. Entre-t-il dans la catégorie des patients concernés par la loi sur la fin de vie en vigueur en France, qui prévoit non pas l’euthanasie, qui demeure illégale, mais la suspension des traitements ainsi que la mise en place d’un processus de sédation profonde en cas d’«obstination déraisonnable», le nom légal de l’acharnement thérapeutique, quand les soins «apparaissent inutiles, disproportionnés ou qu’ils n’ont d’autres effets que le seul maintien artificiel de la vie»?


Dans ce genre de circonstances, où est l'humanité? Est-ce, par empathie, de libérer un être de ses souffrances supposées? Est-ce, par respect pour la vie, de le maintenir dans cet état apparemment sans espoir? Les arguments économiques doivent-ils entrer en ligne de compte? Et ceux que l'on présente sont-ils les seuls? Beaucoup d'encre a coulé sur ce destin symbolique, et continuera à le faire après son dénouement. Je n'ai pas plus de légitimité que n'importe qui sur l'affaire mais, guidé par mon éthique libérale, ma conclusion est simple: Vincent Lambert doit vivre.

Intérêts familiaux

Il ne s'agit pas d'une analyse juridique, mais morale. L'approche juridique - ou plutôt politique et habillée de juridisme pour laver les intervenants de tout sentiment de culpabilité - est celle qui fait et fera foi. Exécutée par la force, elle sera finale lorsque ces messieurs décideront finalement de mettre un terme à la vie de Vincent Lambert - le tout au nom de "l'humanisme". C'est ce qu'il aurait voulu, diront-ils. Et s'il ne l'a pas voulu, c'est ce qu'ont décidé ceux qui décident pour lui. Mais selon quels intérêts décident-ils?

Remise en question à de nombreuses reprises, la survie de Vincent Lambert dépend de multiples preneurs de décision. Sa famille, le corps médical, les tribunaux français, la classe politique et les instances internationales, pour n'en citer que quelques-uns. Tous ces gens et toutes ces organisations ont des points de vue différents, des arguments différents et des objectifs différents. Les médias, par exemple, sont prompts à opposer la "légitimité" de l'épouse de Vincent Lambert face au "catholicisme", forcément étroit, de ses parents, avant de prendre position en faveur de la première.

La famille de Vincent Lambert se déchire sur la question. Son épouse, qui est aussi sa tutrice légale, plaide pour qu’on interrompe les soins apportés à son mari, puisque son état est jugé «irréversible». Ses parents, soutenus par des groupes catholiques traditionalistes (…), jugent que Vincent Lambert n’est pas en fin de vie, ne souffre pas et n’est pas concerné par ce qui ne serait à leurs yeux (sic) qu’un acte d’euthanasie.


Les parents de Vincent, Pierre et Viviane Lambert, ne souhaitent pas que leur fils décède, même réduit à sa condition actuelle. L'espoir fait vivre, et un fils en état végétatif vaut mieux qu'un fils mort. On leur oppose l'argument utilitariste de la collectivisation des coûts: leur décision serait égoïste parce qu'elle fait reposer les conséquences financières et humaines sur le reste de la société.

éthique

L'épouse de Vincent Lambert, Rachel, qui vit depuis dix ans le calvaire d'être mariée à un homme en état végétatif, souhaiterait qu'il finisse par mourir. Son choix plaît à ceux qui partagent l'approche financière de la question, mais l'attitude de cette femme est tout aussi égoïste: elle obtiendra suite à la mort de Vincent des droits (de veuvage, de prétention à l'héritage de ses beaux-parents) qu'elle n'aurait pas pu obtenir autrement, par exemple en divorçant de lui. En choisissant de rester mariée à un homme dont elle demande la mort en tant que tutrice légale, est-elle à ce point admirable? Depuis des années, elle aurait pu tourner la page en divorçant et refaire sa vie en laissant Vincent aux bons soins de ses parents.

La novlangue de l'euthanasie

L'Affaire Vincent Lambert donne lieu à de nombreuses dérives dignes de la novlangue.

On parle "d'euthanasie" pour Vincent Lambert mais sa définition la décrit comme une pratique visant à provoquer le décès d'un individu atteint d'une maladie incurable qui lui inflige des souffrances morales ou physiques intolérable, ce qui n'est pas le cas de notre sujet. Apparemment, il ne souffre pas. Son état est stable et il n'est même pas malade.

On dénonce "l'acharnement thérapeutique", terme inventé pour éviter les frais et les douleurs liés à d'innombrables opérations sur des personnes âgées pour prolonger péniblement leur existence de parfois quelques semaines, mais Vincent Lambert ne suit aucune thérapie. On ne cherche ni à le guérir ni à essayer sur lui le moindre traitement expérimental. Jusqu'à preuve du contraire, des soins d'hygiène et une alimentation par intraveineuse à un patient en condition stable ne constituent pas un "acharnement thérapeutique".

On trouve "indigne" et "indécent" que pour sauver son fils et faire appel à l'opinion publique, sa mère poste sur Facebook une vidéo montrant Vincent bougeant des yeux et pleurant apparemment à l'annonce de sa mise à mort imminente, mais on ne trouve cette mise à mort ni "indigne" ni "indécente".

On dénonce "l'acharnement" de certains individus, dont sa mère, à perpétuer la vie de Vincent Lambert, alors que sa mise à mort par arrêt des soins, ce qui revient à le laisser mourir de faim et de soif pendant plusieurs jours, est présenté comme le sommet de l'humanisme…

Une analyse éthique libérale

Comme la plupart d'entre nous, Vincent Lambert n'a jamais couché sur le papier ses volontés face à la situation terrible qui est la sienne aujourd'hui. Pour différentes raisons évoquées plus haut, personne n'est vraiment "neutre" lorsqu'il s'agit de décider en son nom - soit des intérêts interviennent, soit notre empathie colore notre analyse. Même dans un cercle d'amis, une discussion sur la meilleure option à prendre suscitera rarement l'unanimité. La réalité est que d'un point de vue moral nous n'avons pas vraiment le choix de décider à la place de Vincent Lambert. Nous pouvons décider pour nous autant qu'il nous plaît, mais cela n'est d'aucune aide pour un tiers.

S'il avait eu assez encore assez de discernement, Vincent aurait-il souhaité être débranché? Nous n'aurons jamais la réponse à cette question ; mais le silence est en soi une réponse. En l'absence de décision, le choix par défaut prévaut. Et le choix par défaut de la vie est en général de continuer. Le suicide n'existe pratiquement pas à l'état naturel, sauf peut-être dans le cycle de vie de certains insectes. Mais même le plus petit animal se battra jusqu'à ses dernières forces pour échapper à la noyade ou se dérober à un prédateur - sans se dire que "de toute façon ma vie est fichue". La volonté de vivre est inscrite au plus profond de nos gènes. Peut-être certains transcendent-ils leur nature animale en choisissant consciemment de mourir, mais qu'ils aient ou non assez de recul pour se livrer à cette réflexion, ils n'ont aucune légitimité pour étendre leur choix à l'humanité toute entière.

La vie de Vincent Lambert lui appartient. Même dans son état, elle continue de lui appartenir. Certes, il dépend de soins médicaux continus pour sa survie, mais ce n'est pas différent de n'importe quelle créature dépendant de son environnement pour vivre et se nourrir. La seule différence est que l'environnement de Vincent Lambert est la société humaine et que celle-ci peut évoluer de deux façons différentes, l'une lui permettant de survivre et l'autre le condamnant à mourir de faim et de soif. C'est notre choix, pas le sien.

C'est vrai, dans des époques pas si lointaines, ces questions ne se posaient même pas - un homme comme Vincent Lambert serait mort, point. Dans un futur proche, elles pourraient bien ne plus se poser non plus. Mais même si le "cas Lambert" est réglé, de nouveaux cas limite surviendront alors: les personnes très âgées, les personnes atteintes de maladies incurables, les grands handicapés… L'eugénisme ressort le bout de son nez.

Les médias font de grands efforts pour éviter d'employer ce mot très négativement connoté depuis le XXe siècle mais l'élimination physique d'individus ne correspondant pas à la norme officielle a toujours eu bonne presse au sein des régimes collectivistes, qu'ils soient nazis, communistes ou, comme aujourd'hui, socio-démocrates. L'impotent, le faible, le vieux, le malade, l'improductif sont des "poids morts" de la société et il s'en faut de peu qu'ils ne deviennent des morts tout court. Le verdict est encore plus tentant si leur faiblesse n'est pas transitoire.

Le degré de civilisation d'une société se mesure à la protection donnée à ses éléments les plus faibles, qu'il s'agisse d'enfants à naître ou d'accidentés réduits à un état végétatif permanent. J'ose l'écrire, la France et bien d'autres pays, même dans leur état de ruine avancée, ont encore largement les moyens de pourvoir à la vie de Vincent Lambert jusqu'à ce qu'il meure de vieillesse. Ceux qui en doutent sont de mauvaise foi ou placent d'autres priorités devant la sauvegarde d'une vie humaine. Leurs raisons ne regardent qu'eux, mais n'ont aucun rapport avec la réalité économique. Si quelques milliers ou millions d'euros manquent à l'appel, ce n'est certainement pas chez les Vincent Lambert qu'il faut aller les chercher en premier.

Vincent Lambert est un symbole, mais pas un cas isolé. 1'500 personnes, rien qu'en France, seraient dans le même état végétatif. La conclusion de ce cas aura des répercussions sur des milliers de familles. Et sous le régime de nos politiciens actuels nous savons déjà tous comment il se finira - tout comme il s'est fini, aux États-Unis, pour Terri Schiavo. Prisonnière de son corps, elle agonisa sans manger ni boire pendant 14 jours après lesquels elle rendit l'âme de déshydratation. Là encore, "l'humanisme" fit une nouvelle victime.

Vincent Lambert doit mourir. C'est pour son bien.

Commentaires

Billet très poignant, plein de bon sens et d'une rare intelligence. Merci.

Écrit par : petard | 24 mai 2019

Merci, comme toujours vos billets apportent un peu de lumière dans ce monde dominé par les ténèbres mondialistes. Tout cela va très très mal finir.

Écrit par : Arthur | 25 mai 2019

Billet plein de bon sens ? Pas vraiment d'accord. Cette vision de la vie à tout prix ne relève pas du bon sens. La médiocrité de nos existences fait que les jeunes sont prêts à prendre beaucoup de risques pour la pimenter. Se déplacer en moto pour le fun en fait partie. Dans les conditions de circulation actuelles, c'est très risqué. Celui qui prend des risques doit assumer les conséquences de ces risques et ne pas vouloir à tout prix les faire assumer par la société. Soyons clair, j'ai été grenadier à l'armée, bûcheron, charpentier, vélideltiste, alpiniste, et j'ai fréquenté pas mal de zones très peu sûres sur cette planète. Guerres d'Angola, du Golfe, Kosovo et Timor (là, c'était plutôt du folklore...). Jamais je n'aurais demandé, dans l'état de Vincent L, à ce que l'on prolonge inutilement ma vie. Et lui l'a exprimé envers sa femme, qui n'a fait que redire cette vérité...
"face au "catholicisme", forcément étroit, de ses parents" Les catholiques estiment que leur vie appartient à leur seigneur Jésus Christ. C'est leur problème, pas celui des honnêtes gens.

Écrit par : Géo | 25 mai 2019

Vivre, être et exister sont des termes parfois solubles entre eux. Mais le troisième a l'avantage de proposer une notion supplémentaire, qui est l'interaction (ou reconnaissance mutuelle) entre la personne et son environnement social et matériel. Peut-on vivre sans exister pleinement ?
Samuel Beckett a poursuivi une recherche aussi bizarre que novatrice sur ce thème. "L'innommable" est le dernier opus d'une trilogie, où une conscience apparement dépourvue de matière, soliloque sur près de 200 pages pour se trouver une existence.
Scénario tout aussi cauchemardesque pour un film sorti en 1971 ("Johnny Got His Gun" de Dalton Trumbo); un jeune soldat de 14-18 est gravement blessé, il perd les cinq sens, puis son corps est progressivement amputé et mutilé. Comme il jouit toujours de la conscience, le rêve et les souvenirs sont ses seuls rapports avec une existence qui fut.

Écrit par : rabbit | 25 mai 2019

Autant je lis vos textes avec beaucoup d'intérêt, autant sur ce sujet vous vous trompez magistralement.

Le soldat romain qui a euthanasié le Christ pour mettre un terme à ses souffrances (et s'est converti suite à son geste) a montré plus de pitié que vous n'en avez pour ce pauvre homme qui, selon de nombreux témoignages, a supplié les soignants quand il le pouvait encore, par des attitudes répétées qu'ils sont formés à repérer, de mettre un terme à son emprisonnement terrible.

Par ailleurs, le conjoint et les éventuels enfants sont les seules personnes à pouvoir décider. Si vous êtes chrétien, vous ne pouvez aller contre la Bible qui nous dit qu'ils ne font plus qu'une seule chair après avoir quitté leurs parents. L'épouse de Vincent est toute sa famille par le miracle du sacrement du mariage. Qu'elle ait refusé de divorcer et soit restée avec lui au long de ces années de souffrance est l'honneur de cette femme incroyablement courageuse qui nous donne un belle leçon de vie. Le mépris que vous affichez à son égard est insupportable. La pousser au divorce est contraire à l'enseignement chrétien et lui prêter une volonté de s'enrichir sur le dos des parents ajoute à l'indignité de vos propos.

Sincèrement, je vous souhaite de trouver en vous la force morale de regretter vos propos scandaleux et de pouvoir un jour exprimer clairement un repentir.

Écrit par : Garofula | 25 mai 2019

Des directives sur l'euthanasie sont dans les cartons de la commission européenne depuis un moment. Cette affaire a toutes les caractéristiques d'un ballon d'essai médiatique, pour tester l'acceptabilité de la chose parmi les français.

Écrit par : jeffrey | 25 mai 2019

A supposer que l'épouse veuille divorcer, je doute qu'elle le puisse du fait de sa seule volonté. Il y aurait bien l'art 237 du Code civil français qui permet le divorce pour altération définitive du lien conjugal, mais est-il prévu pour un tel cas ? D'autant qu'ils ne vivent pas totalement séparés du fait de ses visites à l'hôpital.
https://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=B033FBA92B8CCB4DA036BE0E885069C6.tplgfr44s_1?idSectionTA=LEGISCTA000006150519&cidTexte=LEGITEXT000006070721&dateTexte=20190526

Écrit par : xc | 26 mai 2019

C’est déchirant, pour une maman, de décider de la mort de son enfant si, en plus, la famille la soutient! Cette mère espère un miracle..... Personne n’a le droit de la juger. Viendra un moment où elle comprendra qu’il n’y a plus d’espoir malgré tout l’amour qu’elle porte à son fils! Est-ce un fils unique !?

Écrit par : Patoucha | 26 mai 2019

@Patoucha: non, Vincent a de nombreux frères et soeurs. Il est né au sein d'une fratrie recomposée de neuf enfants, ainé d'une famille recomposée où chaque parent avait des enfants d'un premier mariage.

Écrit par : Stéphane Montabert | 27 mai 2019

Si on prie on souhaite "entendre" à propos du lâcher prise et de la compassion.
Regardez Vincent Lambert

Ses mains

A-t-il l'air bien dans sa peau (en votre âme et conscience)?

Une peau comme une robe, un fourreau que, tous, un jour nous retirons

Coté soins, "rentable", Vincent Lambert? Si, demain, tout devenait gratuit, qui insisterait pour tenir en vie Vincent Lambert?

Donc, on peut lui parler mentalement (la noosphère entoure notre planète constituée de et par nos pensées T. de Chardin)

"Pardonnez à vos ennemis
Reconnaissez vos propres torts

Voyez les bons moments… dites votre gratitude votre amour

Pas un adieu, un au revoir...

Et puis, à la mère: "Ouvrez la cage aux oiseaux"!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 28 mai 2019

Il y a des choses étonnantes, des liens mystérieux.
Nous avons eu la peine de perdre une fille de seize ans.
Accidentellement.
Une semaine dans le coma.
Incarnation de la Belle au bois dormant.
Le corps médical n'étant pas en mesure de répondre à notre question angoissée extrêmement: Souffrait-elle?

Pas d'acharnement thérapeutique allant de soi.

A la maison, quelques jours auparavant son père avait voulu la prendre en photo assise auprès d'une table sur laquelle un vase était posé.


Soudain, le vase se brise… téléphone de l'hôpital, notre fille venait de mourir.
Ses dernières peintures, de sa main, représentent un vase...


Il serait temps de s'ouvrir à d'autres visions sur la vie comme sur la mort.
Ne vivons-nous qu'une fois
ou passons-nous par de multiples vies étapes sur la route saine de l'évolution en se disant que ce qui n'aura pas été réalisé le sera plus tard…?
Mozart, en ce cas, renaissant une fois de plus musicien?

Hitler: terminer le boulot?
Les réincarnés sont aussi bien de sexes masculin que féminin d'autres fois

Imaginons que Jésus revienne par la réincarnation sans souvenir de son passé mais avec une sorte de passion concernant la vie du Christ… le situant en son contexte d'être traité de "bâtard fils d'impure" (historique: Jésus et Israël de Jules Isaac, notamment) verrait-il par l'offense une explication sur la croyance sienne concernant sa filiation unique à Dieu lui apportant ce papa (abba) dont la vie le frustrait humainement parlant?

Pour un milieu juif d'après seconde guerre mondiale Marie aurait été violée par un voisin avec une énigme: indisposée au moment de l'agression elle n'aurait pas du être enceinte Le mot "impur" désigne l'état d'une femme ayant ses menstrues.

Si nous cherchons la vérité nous ne décidons pas de retenir ce qui nous convient en rejetant ce qui ne nous convient pas… la blogosphère est à ce sujet un terrain privilégié: ce qui est publié ce qui ne l'est pas toujours connu par le teneur de blog comme par le commentateur concerné lui-même.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 29 mai 2019

Comment peut-on être une maman avec "par peur que sa belle-fille reçoive ce qui lui revient" condamner son fils à végéter dans un état pareil:

quelle horreur!

Dépassé à jamais par indignité l'Avare de Molière.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 29 mai 2019

@Myriam Belakovsky: quelle curieuse inversion des sens dans vos propos, où la vie est une condamnation. La survie de M. Lambert vous empêche de dormir? Pourquoi? Apparemment, son état étant dû à un accident professionnel, les frais sont même couverts par l'assurance. Même si vous payez des impôts en France, vous ne déboursez pas un centime pour la survie de cet homme.

Quant aux relations entre la mère et sa bru, nous n'en savons rien.

Écrit par : Stéphane Montabert | 30 mai 2019

Que souhaiteriez-vous dans une telle circonstance : être débranché et partir calmement ? être maintenu en vie ?

C'est ce qu'a expliqué un médecin il y a quelques jours à l'invitation du présentateur du TJ, M. Rochebin soit en résumé "laisser par écrit des directives à ses proches".

Écrit par : Marie A. | 31 mai 2019

"Pourquoi? Apparemment, son état étant dû à un accident professionnel, les frais sont même couverts par l'assurance."
Très bizarre approche de l'économie de votre part, M.Montabert. Ou pour être un peu méchant, approche très française...
D'où viennent les sous de l'assurance, à votre avis ?

Écrit par : Géo | 31 mai 2019

On pourrait se retrouver dans une situation de procès croisés, entre l'état, l'hôpital, une partie de la famille, l'autre partie de la famille, l'assurance, un collectif de citoyens, une ONG, une association religieuse, un groupement de libres-penseurs, les gilets jaunes, etc., etc... Un cas intéressant sur le plan juridique et qui pourrait faire jurisprudence, à condition d'arriver à une conclusion avant la fin du siècle. Dans l'immédiat, on peut organiser des marches blanches, des manifestations de soutien à un clan ou à l'autre, des dépôts de gerbes et de bougies, des messes ou des immolations par le feu sur la place publique. Tout ceci au profit des médias et de la classe politique qui n'en perd pas une. Mais personne n'a encore pu définir le vrai problème et lui proposer une solution unique.

Écrit par : rabbit | 02 juin 2019

"Mais personne n'a encore pu définir le vrai problème et lui proposer une solution unique." C'est faux si l'on veut bien laisser de côté les diktats des religions, toutes aussi totalitaires les unes que les autres. Nos vies n'appartiennent pas à un dieu créateur. Si certaines personnes arriérées veulent que cela soit ainsi pour elles, cela ne pose un problème pour personne. Que chacun écrive ses directives anticipées refusant tout acharnement à le faire rester en vie si celle-ci n'est plus que formelle : le coeur bat mais EEG plat, incapable de survivre sans une énorme assistance, avec un délai raisonnable de quelques semaines. Un VL coûte certainement un million d'euros par an, 1700 VL en France : un milliard 700 millions par an. Pour rien, en fait...

Écrit par : Géo | 03 juin 2019

« L’essence même de la philosophie zen consiste à avancer sur la lame de rasoir qu’est le présent».
Oublions alors le monde et ses habitants, dont on se fiche autant qu'ils se fichent de nous, le passé et le futur qui nous empoisonnent l'existence, et dites-moi ce que vous faites ici et maintenant pour ne pas vous retrouver dans la situation de ce pauvre Vincent (à part être plus prudent au volant) ?

Écrit par : rabbit | 03 juin 2019

"(à part être plus prudent au volant) ?" D'abord, je commence par ça parce qu'il y a surpopulation sur les routes, et depuis les gilets jaunes, le comportement cinglé a repris de plus belle en France. La dernière fois que je suis allé en Auvergne, une petite nana complétement inconsciente nous a dépassé dans le Beaujolais en commençant son dépassement déjà dans la ligne continue et s'est retrouvée sur la voie de gauche dans un virage sans visibilité. Donc oui, le danger principal, c'est au volant. Femme française au volant, mort au tournant...
Qu'y faire ? Écrire ses directives anticipées ou renoncer à la voiture...
Ensuite, J'ai envie de mourir au calme, au moment où j'aurais décidé que le genre humain m'escagasse un peu de trop, ainsi que tel ou tel ennui personnel. Pas dans de la tôle froissée...
Même Elisabeth Kübler-Ross, qui a initié la thanatologie, a renoncé à lutter pour sa vie dans ces circonstances.

Écrit par : Géo | 04 juin 2019

Dans le Beaujolais, ça se comprend. Tout comme dans Bordelais et en Alsace. En Provence, il faut ajouter le Pastis et en Chine le 茅台酒. D'où l'importance de posséder un 4x4 d'au moins 2 tonnes.
J'ai découvert Elisabeth Kübler-Ross grâce à Patrick Van Eersel et «La Source noire». Le deux m'ont fait découvrir les "Near Death Experiences" et la porte du «Bardo Thödol» (Livre des Morts tibétain) m'était désormais grande ouverte. Raison pour laquelle j'ai décidé de profiter de la vie. En conclusion, je ne me déplace plus qu'en Airbus A330. Vous souscrivez ?

Écrit par : rabbit | 04 juin 2019

"je ne me déplace plus qu'en Airbus A330. Vous souscrivez ?"
J'aurais de la peine à le parquer dans le petit bled d'Auvergne où je me rends de temps à autre...

Écrit par : Géo | 05 juin 2019

Les Chinois ont le génie de la construction. Ils vous posent en quelques jours un pont ou une autoroute dans les endroits les plus accidentés. Un aéroport, c’est l’enfance de l’art pour eux. Je peux en détacher une centaine ou deux, si vous leur assurez le gîte et le couvert. Les Arvernes seront ravis de l’aubaine. Mes amitiés à Vercingetorix.

Écrit par : rabbit | 05 juin 2019

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