06 juillet 2019

Solidarité journalistique

Quoi de plus important que les confrères dans l'actualité? C'est ainsi que Le Temps consacre un long article et un éditorial à l'affaire essentielle du moment, qui affecte défavorablement Le Courrier.

"La presse ne méritait pas cela", écrit le rédacteur en chef Stéphane Benoit-Godet. "Ce n’est pas une bonne nouvelle pour la liberté de la presse", poursuit-il.

Quelle terrible infamie vient de frapper les innocents qui travaillent au Courrier? Une censure administrative? Une descente de nervis d'extrême-droite? Un de ces coups du destin que l'on ne souhaite même pas à ses ennemis? Rien de tout cela. En deuxième instance du procès qui l'oppose à l'homme d'affaire Jean Claude Gandur, Le Courrier vient d'être condamné à... rien.

Rien, c'est encore trop pour nos hérauts de la presse écrite, jalouse de son indépendance. Alors la rédaction du Temps, notable parmi les notables s'il en est dans la presse romande, monte au créneau. On défend la famille. Maladroitement. L'empressement de M. Benoit-Godet à s'indigner dans un espace à disposition l'a sans doute amené à quelques raccourcis intellectuels, comme celui de lire l'article qui résume l'affaire dans son propre journal.

S'il l'avait lu, qu'y aurait-il trouvé?

«Gandur: mécène en eaux troubles». Publié en 2015, cet article du Courrier «constitue une atteinte illicite à la personnalité», a tranché ce mardi la justice genevoise. En deuxième instance, la Cour considère que les «nombreuses figures de style vexatoires, la forme inutilement rabaissante et le fait que la véracité de la plupart des faits n’était pas établie constituent un acharnement qui va au-delà de ce qu’autorise le devoir d’information de la presse et n’est justifié par aucun intérêt public».


Les juges, qui sont aussi des hommes de lettres, n'y vont pas de main morte. Il n'est pas question de liberté de la presse, mais de calomnie. Peut-on calomnier librement parce qu'on a une carte de journaliste? Selon le rédacteur en chef du Temps, la réponse est oui. Les juges pensent autrement. Mais replaçons l'affaire dans son contexte:

En 2015, Jean Claude Gandur [est] sous le feu des projecteurs. Lui-même collectionneur d’art, il [promet] 40 millions de francs pour le projet de rénovation du Musée d’art et d’histoire de Genève. A une condition toutefois: que le nouvel écrin accueille et entretienne une partie de ses œuvres pendant 99 ans. La polémique est vive.

C’est dans ce contexte que Le Courrier s’intéresse au fondateur du complexe pétrolier Addax and Oryx Group (AOG), actif notamment au Nigeria. Le journaliste aurait toutefois dépassé les bornes, dit la Cour, qui ne s’arrête pas là. Le portrait «tend à indiquer que le journaliste a cherché à entacher la réputation du mécène en vue d’influencer le vote», accuse l’instance judiciaire.


L'opération sera d'ailleurs couronnée de succès. Le soutien du mécène sera rejeté à 54%, contre l'avis des autorités. Bah! Si on fait fuir les mécènes, il y aura toujours des contribuables pour les remplacer. En attendant, les accusations laissent des traces. M. Gandur goûte peu d'être ainsi traîné dans la boue. Il attaque en justice Le Courrier, et gagne en première instance comme en appel.

Venons-en aux terribles dommages qui menacent d'emporter Le Courrier:

La décision de justice prévoit avant tout de contraindre Le Courrier à retirer l'article de son site et à faire paraître une rectification. Une pleine page devra être consacrée à la décision de justice, qui devra également apparaître sur son site internet. Cette obligation amène par ailleurs le tribunal à considérer que la demande de dédommagement d’un franc symbolique exigée par le mécène en première instance n’a plus lieu d’être.


Il n'y aura donc même pas de franc symbolique pour l'entrepreneur Jean-Claude Gandur, dont la "fortune personnelle est estimée à plus de 2 milliards de francs" rappelle, venimeux, Le Temps. Selon le schéma mental de la lutte des classes, toujours d'actualité dans certaines rédactions, il va de soi qu'un individu riche (hormis de gauche) est forcément une crapule coupable de quelque abominable forfait. Qu'il paye pour des crimes, ou pour d'autres, c'est de bonne guerre!

En revanche, Le Courrier, coupable de calomnie, se retrouve à devoir payer 47'000 francs de frais de justice - et voilà le nœud du problème.

La solution, pour Stéphane Benoit-Godet? "Jean Claude Gandur pourrait sortir avec panache de ce conflit en prenant les frais de justice du Courrier à sa charge et en convainquant ce dernier d’abandonner son recours au Tribunal fédéral." À la victime de payer pour secourir le coupable! Un rédacteur en chef du Temps ose tout, c'est même à ça qu'on le reconnaît.

Revenons sur terre quelques minutes. Les journalistes sont payés pour leurs écrits. En tant que professionnels, ils sont responsables de leur plume. Le Courrier est un journal d'opinion mais il y a une limite entre l'opinion et la calomnie, et le journal l'a franchie. La justice s'est chargée par deux fois de le rappeler.

Dans son délire de "pouvoir défié, même avec maladresse", M. Benoit-Godet oublie que la condamnation sanctionne avant tout des accusations sans preuve, de la médisance et des sous-entendus. Est-ce là le niveau de journalisme dont il se fait le défenseur? Ou pense-t-il que par nature les journalistes devraient être absous de toute poursuite, faisant d'eux des Übermensch légaux, statut bien peu compatible avec le libéralisme où chacun doit répondre de ses actes? La question reste ouverte.

Le Courrier, arc-bouté dans sa posture d'infaillibilité, refuse de plier. Il envisage donc un recours devant le Tribunal Fédéral, espérant tomber enfin sur un panel de juges favorables. Et pour couvrir les frais de justice à venir, il ne prévoit rien de moins qu'une participation des lecteurs...

Entre les appels à faire payer les frais du procès par ceux-là même qu'ils traînent dans la boue ou par un appel à leur public, une chose est sûre, les journalistes romands vivent dans un monde où ils ne doivent jamais être tenus pour responsables de ce qu'ils écrivent.

médias,justice

Commentaires

Merci Monsieur Montabert. C'est un vrai régal que de vous lire. On ne saurait mieux présenter la situation. Et ceci n'est qu'un exemple parmi tant d'autres quand on pense à la mauvaise foi et au dénigrement quotidien dont fait preuve la RTS et les autres médias pour tous ceux qui ne pensent pas "comme il faut" ou qui osent défendre des valeurs ou des traditions occidentales, car comme chacun le sait les traditions c'est bon pour les "sales fachos", mais bien entendu seulement si elles sont bien de chez nous.

Écrit par : Arthur | 07 juillet 2019

j'ai aussi lu cet édito et les bras m'en sont tombés.
Pas touche à la caste!
Je ne vois pas une seule autre profession pouvant actuellement se permettre un tel luxe.
En tout cas grand merci d'avoir bien rédigé ce qu'il fallait en dire.

Écrit par : olivier | 07 juillet 2019

J'espère que vous n'avez pas manqué, à propos de solidarité d'écrivaillons, le billet de Quentin Mouron dans le dernier Matin-Dimanche sur l'affaire du Régional à Yverdon. Un exemplaire assez parfait de parisianisme début XXème. Du mépris du peuple à la louche. Et dire que j'ai payé ce torchon cinq balles !

Écrit par : Géo | 08 juillet 2019

Cette plainte en diffamation atteint "LA" PRESSE.
L'existence de prostitution feminine dégrade "LA" FEMME.
La critique spécifique d'un médicament introduit le doute sur "LA" VACCINATION.

Le principe de l'hyper généralisation et la non-pensée, qui ne semble pas déranger outre mesure les défenseurs auto proclamée de l'intelligence, de la Science, de la pensée philosophique...

Écrit par : simple-touriste | 08 juillet 2019

Dans son indignité crasseuse, le public n'a pas suffisamment compris que le journalisme "de service public" est un sacerdoce destiné à répandre la bonne nouvelle de la venue d'une société plus juste sur terre et le salut de l'humanité. Les ministres de ce culte sont les uniques gardiens des écritures contenant la seule vraie vérité. Leur martyrologe est pourtant assez éloquent pour dire à quel point ils sont victimes des forces du Mal : le monde doit se souvenir qu'un grand journaliste est un journaliste mort, sanctifié par son sacrifice pour le bien commun. Les sceptiques seront voués à un enfer où aucun journal d'information ne parvient !

Écrit par : rabbit | 09 juillet 2019

Merci à M. Montabert de nous avoir présenté les faits et de les avoir commentés avec infiniment de pertinence. L'arrêt de la Cour de justice de Genève (dernière instance cantonale) est à saluer et je ne doute pas que le Tribunal fédéral, s'il est effectivement saisi, confirmera le jugement genevois.

Le même problème d'atteintes illicites à la personnalité au sens de l'art. 28 du Code civil suisse se pose sur les blogs de Tamedia/24Heures et Tamedia/Tribune de Genève avec certains trolls qui se croient tout permis et certains blogueurs qui publient lesdits trolls avec une surprenante complaisance (ce qui n'est pas le cas de M. Montabert, je m'empresse de le préciser).

L'un de ces trolls, qui rédige le plus souvent ses commentaires sous le pseudonyme de «Corto», est actuellement l'objet de plusieurs plaintes pénales instruites - des chefs de calomnie, diffamation et injures - par le Ministère public de l'arrondissement du Nord vaudois. Je me réjouis de savoir si la justice vaudoise réservera aux propos de ce troll le même sort que la justice genevoise a réservé à l'article du Courrier dans l'affaire traitée ici par M. Montabert.

Écrit par : Mario Jelmini | 09 juillet 2019

La lecture de l'éditorial publié le 4 juillet à 19:42 sur « https://www.letemps.ch/opinions/presse-ne-meritait » m'inspire ces quelques remarques, en complément au billet de M. Montabert:

1) Extrait de l'article du Temps:
"Dans ce cas, le tribunal a décidé de dire le droit et de ne pas se poser l’évidente question de la forme que prendrait sa décision, à savoir celle de la censure."

Encore heureux que les tribunaux "disent le droit" et non pas ce que la presse voudrait leur dicter! Car "dire le droit" (en d'autres termes: appliquer le droit) est précisément la mission assignée au troisième pourvoir, le pouvoir judiciaire.
Et quand, amené à se prononcer, un tribunal constate que le droit a été violé, il "censure" le coupable. Quoi de plus normal? C'est une excellente nouvelle pour les lecteurs.
Les tribunaux devraient-ils se mettre à faire le jeu des promoteurs de fake news?

2) Extrait de l'article du Temps:
"Il est révolu, le temps du petit commerçant qui, touché par une critique un peu trop dure, saisissait les autorités pour obtenir réparation. Dorénavant, le petit commerçant essaie de se faire justice lui-même en exprimant son courroux sur Facebook."

On reste sidéré devant pareilles inepties!
Par les temps qui courent, les petits commerçants ont plus que jamais droit au respect.
Les petits commerçants ont rarement un compte Facebook. Ils ont autre chose à faire que d'aller sur les réseaux sociaux.
Exprimer son courroux sur Facebook ne rend nullement justice. Peut-on sérieusement s'imaginer que si M. Jean Claude Gandur avait essayé "de se faire justice lui-même en exprimant son courroux sur Facebook", il se serait senti soulagé au point de considérer que son honneur, publiquement bafoué dans un article de presse, avait ainsi été lavé?
Facebook en lieu et place de nos tribunaux, telle est la thèse soutenue par M. Stéphane Benoit-Godet. Comme si Facebook n'avait pas déjà assez d'ennuis avec la justice comme ça...

3) Extrait de l'article du Temps:
"Au Courrier et ailleurs, des journalistes vont désormais se poser mille fois la question avant de s’attaquer à (...)".

C'est bien ce que le public attend des journalistes: qu'ils pèsent leurs dires (au même titre que les tribunaux) et ne se lancent pas dans des affirmations sans avoir la preuve de ce qu'ils avancent ou laissent entendre.

4) Extrait de l'article du Temps:
"(...) l’importance cardinale de préserver le métier d’enquêteur de presse et d’agitateur [sic] du débat (...)".

On peut à coup sûr compter sur les tribunaux pour "préserver le métier d’enquêteur de presse et d’agitateur du débat" pour autant que lesdits enquêteurs et agitateurs se conforment, comme tout un chacun, au droit en en vigueur. Lequel réprime (au plan civil) les atteintes à la personnalité et (au plan pénal) la calomnie, la diffamation et les injures. Les journalistes sont des justiciables comme les autres; ils ne sauraient se prévaloir d'une quelconque impunité.

5) Extrait de l'article du Temps:
"Dans ces affaires, toute décision de justice aboutit, au final, à une restriction de liberté".

Il ne s'agit pas de restreindre la liberté de la presse, il s'agit de sanctionner les abus.

6) Extrait de l'article du Temps:
"Une conception libérale de la société implique qu’il n’y a pas de pouvoir assez fort qui ne puisse être défié, même avec maladresse."

Un comble: le rédacteur en chef du Temps fait l'éloge de la maladresse.
Dans l'article du Courrier, il ne s'agissait pas de "maladresse", il s'agissait d'une authentique intention de nuire à une personne déterminée.

7) Extrait de l'article du Temps:
"A Genève, les juges ont décidé de passer outre et d’appliquer le code et non son esprit."

Pas d'accord. Les juges genevois ont appliqué aussi bien l'esprit que la lettre de la loi.

Écrit par : Mario Jelmini | 09 juillet 2019

Amis des procédures et de la jurisprudence, bonsoir !
Excellent travail Me Jelmini et merci de vouloir nous protéger des trolls. Toutefois, l'art. 28 CC n'est pas le calibre le mieux adapté au gibier que vous chassez: voyez plutôt du côté des art. 173 ss. CP (*), c'est du lourd.
Restent les journalistes qui attentent à vos muqueuse de l'estomac. Pourquoi ne pas tout simplement les ignorer, comme vous le faites inconsciemment des gens qui n'entrent pas dans vos cercles de relations ? En plus, c'est un milieu et une économie appelés à muter ou disparaître. Avez-vous déjà vu un jeune de la génération Z acheter un quotidien d'information ou regarder le 19:30 de la TSR ? Il n'y a que Géo pour avoir un comportement aussi baroque.
Comparaison n'est pas raison, surtout s'agissant de Rabbit, mais le Shanghai Daily est seul quotidien papier que j'ai acheté au cours de ces 20 dernières années. Pour le reste, je reçois les notifications internet de nombreuse publications du monde entier et je trie ce qu'il m'est utile ou nécessaire de savoir pour la suite de mes aventures sur cette planète.

(*) http://francoischarlet.ch/2011/la-diffamation-et-linjure-en-droit-penal-suisse/

Écrit par : rabbit | 09 juillet 2019

Monsieur Jelmini bravo et merci

Écrit par : olivier | 09 juillet 2019

@ Rabbit, qui a écrit:
"l'art. 28 CC n'est pas le calibre le mieux adapté au gibier que vous chassez: voyez plutôt du côté des art. 173 ss. CP (*), c'est du lourd."

Entièrement d'accord avec vous, Rabbit. Relisez le dernier paragraphe du premier de mes commentaires du 9 juillet: ce sont bien des plaintes pénales (cinq en tout) pour calomnie, diffamation et injures que j'ai déposées contre le soi-disant Corto. L'avant-dernière de ces plaintes, en date du 4 juin 2019, a été provoquée par toute une série de propos attentatoires à l'honneur publiés sur le blog de M. Gilbert Salem (des propos qui ont été effacés depuis lors, sur décision conjointe du rédacteur en chef de 24Heures et du service juridique de Tamedia Publications Romandes SA). Quant à la dernière en date de ces plaintes, envoyée le 3 juillet 2019, elle est consécutive à des propos attentatoires à l'honneur publiés sur le blog de la Tribune de Genève tenu par le journaliste Grégoire Barbey. Si vous voulez des détails, vous en trouverez sur http://croireounepascroire.blog.tdg.ch, où mes trois premières plaintes ont été publiées (billets des 29.07.2018, 13.08.2018 et 08.10.2018). Tout ce que je puis vous dire c'est que la procédure va bon train et que le soi-disant Corto est dans de sales draps.

Tout ce qui précède est du domaine public. M. Montabert ne doit donc pas craindre de le publier sur son blog. La véritable identité du soi-disant Corto est établie et elle a déjà été révélée maintes fois sur le net.

Pour le reste, Rabbit, je suis flatté de découvrir que mes commentaires ne passent pas à la trappe quand vous effectuez le tri de ce qu'il vous est utile ou nécessaire de savoir pour la suite de vos aventures sur cette planète... ;-)

Écrit par : Mario Jelmini | 10 juillet 2019

"Il n'y a que Géo pour avoir un comportement aussi baroque" Baroque n'est pas le mot. Je m'oblige à garder un oeil sur l'idéologie mainstream comme je m'intéressais à la politique africaine locale quand j'habitais in the heart of darkness. Toujours utile de savoir si les Mau-Mau vont vous tomber dessus d'un moment à l'autre.

Écrit par : Géo | 10 juillet 2019

Les Mau Mau étaient des tueurs sanguinaires, alors que vos clients sont des ventres mous, des révolutionnaires en chambre, des porteurs de pancartes bourrées de contresens et de fautes de syntaxe. Au pire, les rejetons des katangais de la Sorbonne. Bref, des ratés héréditaires: c'était ça ou l'usine. Connaissant vos états de service, vous pourriez vous en prendre à de plus grosses pointures, comme les bobos du Monde ou les trotskistes de Médiapart. Vous n'avez pas les adversaires que vos tendances subversives méritent. Relisez Nietzsche.

Écrit par : rabbit | 10 juillet 2019

Vous n'avez rien compris, Rabbit. Je me fous du Monde depuis plusieurs décennies. Je m'intéresse à ce que 24 heures essaie de faire avaler aux Vaudois. L'affaire d'Yverdon est à ce titre spectaculairement riche d'enseignements...
En fait, ayant été victime de l'"air du temps" dans les années 70, je suis intéressé par les mécanismes pernicieux des idéologies...et celle des bobos, il n'y a plus grand chose à en dire. La traduction sur le terrain est nettement plus intéressante, en particulier l'attitude du syndic PLR qui semble à deux doigts de s'excuser. Et l'édito du rédac'chef de 24 heures d'aujourd'hui. Spectaculaire, je vous dis...

Écrit par : Géo | 10 juillet 2019

En effet, la French Theory et le post-modernisme sont des impostures intéressantes à dénoncer. Mais que faire contre les pathologies enracinées dans les esprits de régions aussi reculées ? Je vois dans un retard intellectuel et moral la raison qui a permis aux sectes de proliférer en Suisse, et la source de votre problème actuel. Que vous trouviez des chroniqueurs capables d'adapter à la sauce marxiste-léniniste n'importe quel fait divers, bulletin mondain ou résultat sportif, c'est simplement que l'exemple de la vie de saints ou la menace des péchés capitaux sont passés de mode. Sur le plan rédactionnel, on reste dans le registre du cafardage et de la calomnie: rien ne change. Là, on peut parler de stabilité. Maintenant, si vous souhaitez trouver une information plus conforme à vos aspiration, il vous faudra prendre un énorme recul géographique. Même remarque concernant la télévision, au cas où les montagnes et les vaches commenceraient à vous donner la nausée.

Écrit par : rabbit | 10 juillet 2019

@ Rabbit, qui a écrit:
"l'art. 28 CC n'est pas le calibre le mieux adapté au gibier que vous chassez: voyez plutôt du côté des art. 173 ss. CP (*), c'est du lourd."

Entièrement d'accord avec vous, Rabbit. Relisez le dernier paragraphe du premier de mes commentaires du 9 juillet: ce sont bien des plaintes pénales (cinq en tout) pour calomnie, diffamation et injures que j'ai déposées contre le soi-disant Corto. L'avant-dernière de ces plaintes, en date du 4 juin 2019, a été provoquée par toute une série de propos attentatoires à l'honneur publiés sur le blog de M. Gilbert Salem (des propos qui ont été effacés depuis lors, sur décision conjointe du rédacteur en chef de 24Heures et du service juridique de Tamedia Publications Romandes SA). Quant à la dernière en date de ces plaintes, envoyée le 3 juillet 2019, elle est consécutive à des propos attentatoires à l'honneur publiés sur le blog de la Tribune de Genève tenu par le journaliste Grégoire Barbey.
Si vous voulez des détails, vous en trouverez sur http://croireounepascroire.blog.tdg.ch, où mes trois premières plaintes ont été publiées (billets des 29.07.2018, 13.08.2018 et 08.10.2018). En l'état, tout ce que je puis vous dire c'est que la procédure va bon train et que le soi-disant Corto est mal barré.

Tout ce qui précède est du domaine public. La véritable identité du soi-disant Corto a été révélée à maintes reprises sur le net, cela dès 2008. De plus, elle a été établie tant par la justice genevoise que par la justice vaudoise, qui ont procédé à des auditions de l'intéressé.

Écrit par : Mario Jelmini | 11 juillet 2019

Stupéfiant est le mot ! Je comprends mieux le climat apocalyptique qui règne à Genève, depuis le souk que vous avez mis dans la presse locale. Il ne fallait pas s'attendre d'une cité, où les fatwas de Calvin et les cantiques de Ramadan ont réduit les têtes au cours d'une abrasion séculaire, qu'elle s'abandonnât soudain aux vertiges de la pensée Pastafariste. Qu'attendre d'une société qui a négligé l'Oulipo et dédaigné Dada ? Il y a quelque chose de la sidération de Géo devant ma nostalgie poétique des mégapoles chinoises,

Écrit par : rabbit | 11 juillet 2019

Faudra que Rabbit nous donne l'adresse de son fournisseur, c'est du brutal...

Écrit par : Géo | 11 juillet 2019

La cerise sur le gâteau de l'éditorial conçu et publié le 4 juillet par M. Stéphane Benoit-Godet dans le quotidien dont il est le rédacteur en chef est sans doute cette phrase, aussi généreuse que sublime:
"Jean Claude Gandur pourrait sortir avec panache de ce conflit en prenant les frais de justice du Courrier à sa charge et en convainquant ce dernier d’abandonner son recours au Tribunal fédéral."

Bien. Supposons maintenant
1) que je poste sur ce blog un commentaire contenant des affirmations attentatoires à la personnalité et à l'honneur de M. Stéphane Benoit-Godet sans avoir aucune preuve de ce que j'avance;
2) que M. Montabert se laisse aller à publier mon commentaire, contribuant ainsi à dénigrer publiquement M. Stéphane Benoit-Godet sur la base d'éléments non vérifiés et nullement établis.
Que pensez-vous qu'il adviendra?
Il adviendra que M. Benoit-Godet nous attaquera en justice, M. Montabert et moi. Moi pour l'avoir calomnié, M. Montabert pour avoir publié mes calomnies.

La justice, bien sûr, donnera raison à M. Benoit-Godet et nous condamnera, M. Montabert et moi, aux frais de justice.

Aïe. Comment me sortir de ce mauvais pas, surtout que je suis fauché ?
C'est alors que, dans un éclair de génie, une idée me vient à l'esprit, à laquelle je vais donner un maximum de publicité:
"M. Stéphane Benoit-Godet pourrait sortir avec panache de ce conflit en prenant mes frais de justice et ceux de M. Montabert à sa charge".

Ce que bien entendu M. Benoit-Godet, dans sa magnanimité, s'empressera de faire...

Écrit par : Mario Jelmini | 11 juillet 2019

Un godet, ça va ; mais un Benoit-Godet, bonjour les dégâts !

Écrit par : rabbit | 11 juillet 2019

Rabbit n'est pas fan de Stéphane, apparemment...

Ça me rappelle l'histoire d'une Benoîte.
Le 15 août 1698, la Vierge Marie, entourée par des anges, apparaît à Benoîte Rencurel, bergère de son état; les anges emportent Benoîte jusqu'au ciel, puis la ramènent dans son hameau, situé non loin de Gap, dans les Alpes françaises (source: «http://fr.wikipedia.org/wiki/Benoîte_Rencurel»). Trois ans plus tard, dans la nuit du 16 septembre 1701, un ange qui “éclaire tout le vallon d'un flambeau rayonnant” transporte à nouveau la Benoîte (même source). Le 3 avril 2009, réponse du berger en chef à la bergère: Benoîte Rencurel est reconnue «vénérable» par le pape Benoît [*] XVI.
Comme si elle n’était pas assez Benoîte sans être encore benoîtisée...

Vénérable, le Benoit-Godet?

[*] "Benoît" et sa variante "benêt" viennent du latin "benedictus" qui signifie "béni par Dieu". Avec le temps, "benêt" a pris le sens de "Niais par excès de simplicité ou de bonté" (source: https://www.cnrtl.fr/definition/benêt).

Écrit par : Mario Jelmini | 12 juillet 2019

Le seul Stéphane que je connais est celui qui nous ouvre les portes de sa permanence politique, après l'invasion du salon littéraire de Gilbert par un gilet jaune mal dressé. En réalité, c'est Géo qui exorcise ses fantômes en publiant des listes de noms, que personne à part lui ne connaît. Il faut dire que nous vivons dans des univers parallèles. Si l'honneur outragé et le drame romantique font partie de son théâtre quotidien, j'évolue par antigravité dans toutes le dimensions. Quand je passe par là, c'est pour aller là-bas et quand on me croit ici, je suis déjà ailleurs. La course du lièvre à travers les champs: c'est ainsi que j'échappe aux pièges spatio-temporels dont il faut régulièrement sortir Géo.

Écrit par : rabbit | 12 juillet 2019

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