18 juillet 2019

Le racisme, moteur politique des anti-Trump

Dans une série de tweets lancés dimanche, Donald Trump fit une nouvelle fois la preuve de son habileté politique en amenant ses adversaires droit dans son piège. Dire qu'ils auraient mordu à l'hameçon est un euphémisme.

Commençons par les mots du Président par qui le scandale arrive:

494745648.jpgTrès intéressant de voir des élues démocrates du Congrès, “progressistes”, qui viennent originellement de pays dont les gouvernements sont des catastrophes complètes et absolues, les pires, les plus corrompus et le plus ineptes du monde (si tant est qu’on puisse parler de gouvernement) et qui maintenant clament férocement au peuple des États-Unis, la plus grande et la plus puissante nation du monde, comment notre gouvernement doit être dirigé.
Pourquoi ne retournent-elles pas d’où elles viennent, pour aider à réparer ces lieux totalement dévastés et infestés par le crime ? Puis, qu’elles reviennent et qu’elles nous montrent comment elles ont fait. Ces endroits ont bigrement besoin de votre aide, vous n’y partirez jamais trop vite. Je suis sûr que Nancy Pelosi serait très heureuse d’organiser rapidement un voyage gratuit !


N'en déplaise aux chiens de garde de la pensée unique, il n'y a rien de choquant dans ce texte. Trump ne critique ni des peuples ni des cultures, mais des gouvernements. Il mentionne des "élues démocrates", mais sans les citer nommément. Quant à ce qu'elles partent à l'étranger redresser ces pays qui sont à les entendre tellement mieux que les États-Unis, il ne s'agit pas d'un exil, puisqu'il mentionne explicitement qu'elles en reviennent.

La seule flèche réelle est à l'encontre de Mme Pelosi, qui a le plus grand mal à tenir les rênes de ses troupes démocrates à la Chambre des Représentants.

L'inénarrable Le Temps rend évidemment son verdict sans hésitation: ces tweets sont "racistes", point barre. Et il s'inquiète même de ce que les médias américains n'osent pas le clamer assez fort au goût du journaliste de service. Il y a pourtant une raison. Les médias américains savent encore qu'en qualifiant ouvertement ces tweets de "racistes" dans les titres de leurs articles, ils assènent au lecteur un jugement de valeur. Ce faisant, ils quittent la sphère de l'information pour celle de la propagande. Ils ont beau être anti-Trump jusqu'au bout des ongles, ils essayent encore de préserver les apparences.

Le Temps, lui, ne s'embarrasse plus de ces détails depuis longtemps...

Les égéries de la gauche

Quatre élues démocrates se sentirent donc indignées par ces tweets: Ilhan Omar (Minnesota), Ayanna Pressley (Massachusetts) et Rashida Tlaib (Michigan), et Alexandria Ocasio-Cortez (New York). Trois d'entre elles ne correspondent même pas au portrait brossé par Trump puisqu'elles sont nées aux États-Unis, mais qu'importe, les médias se chargent de tous les raccourcis.

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Rashida Tlaib, Ilhan Omar, Alexandria Ocasio-Cortez et Ayanna Pressley

Quand on se sent morveux on se mouche, dit l'adage. Pourquoi ces quatre femmes se sont senties visées?

Ayanna Pressley déclencha une polémique il y a quelques jours par une vision de la société uniquement basée sur l'appartenance raciale, religieuse ou sexuelle, soit l'exact opposé du melting pot américain: "nous n'avons pas besoin de visages basanés qui ne veulent pas être une voix basanée. Nous n’avons pas besoin de visages noirs qui ne veulent pas être une voix noire. Nous n'avons pas besoin de musulmans qui ne veulent pas être une voix musulmane. Nous n'avons pas besoin d'homos qui ne veulent pas être une voix homo. Si vous craignez d’être marginalisé et stéréotypé, ne vous présentez même pas, nous n'avons pas besoin de vous pour représenter cette voix." Pour Mme Pressley, quelqu'un est blanc ou noir avant d'être Américain.

Rashida Tlaib, qui grandit dans le paradis socialiste du Nicaragua, devint la première élue musulmane du Michigan. Ce qui n'est pas en soi un problème, si ce n'est qu'elle se fit remarquer dès son arrivée au Congrès par de nombreuses attaques antisémites. Elle traita également Trump de "fils de pute" dans sa première déclaration officielle, ce qui donne le niveau de finesse de la dame. Sur la carte du monde dans son bureau, elle recouvrit Israël avec un Post-It sur lequel il était marqué "Palestine". Elle soutient l'organisation de promotion de l'islam CAIR, proche des Frères Musulmans. Bref, elle affiche clairement son allégeance:

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(Bon, techniquement ce n'est pas l'allégeance à un autre pays puisque la Palestine n'en est pas un.)

Ilhan Omar est née en Somalie et avoua en public son allégeance somalienne. Son statut civil est délicat: des rumeurs persistantes affirme qu'aurait pu être mariée à son propre frère pour s'installer aux États-Unis. Elle est en délicatesse avec le fisc américain pour de fausses déclarations fiscales. Politiquement, elle se fit remarquer par son indifférence à l'égard des attentats du 11 septembre 2001 (rien de plus pour elle que "des gens ont fait quelque chose") mais surjoua son émotion à l'évocation de l'opération de secours "Black Hawk Down" où des soldats américains virent libérer un des leurs dans un hélicoptère abattu dans une mission de maintien de la paix. Enfin, elle refuse toujours de condamner publiquement Al-Qaeda, ce qui permet à un internaute de résumer sa dernière interview en utilisant le mème du PNJ:

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- Tump est raciste en disant que je soutiens Al-Qaeda.
- Vous soutenez Al-Qaeda?
- ...

Alexandria Ocasio-Cortez est la plus souvent mise en avant par les médias, au point d'avoir son abréviation AOC. Issue d'une riche famille de New-York, elle travailla brièvement comme serveuse (permettant de donner corps à ses "humbles débuts" dans son récit personnel) avant d'embrasser la carrière politique. Depuis son élection, son radicalisme de gauche et ses délires utopiques montrent à quel point elle est coupée de la réalité. Ses sorties plongent régulièrement les responsables démocrates dans l'embarras. Elle réussit à faire fuir Amazon qui envisageait de s'installer à New York, perdant ainsi l'opportunité de créer 25'000 emplois, un exploit remarqué. Sans-frontiériste convaincue et imbue de son image, elle se fit aussi photographier dans une poignante séquence où elle pleure face à une clôture grillagée... Le tout étant en fait une mise en scène dans un parking vide.

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Une belle brochette de championnes, comme on dit. Voilà les "étoiles montantes du parti démocrate" selon nos médias toujours aussi clairvoyants...

Le piège de Trump

Avec des rivales comme celles-ci, Trump pourrait dormir sur ses deux oreilles pour 2020. Leur bêtise et leur extrémisme font fuir les électeurs centristes et provoquent des remous jusque dans le camp démocrate.

Alors, pourquoi ne pas rajouter une bûche au feu?

C'est exactement ce que fit Trump en trois tweets dimanche dernier.

Depuis, la manœuvre - prévisible, prévue et même dénoncée - a réussi au-delà de toute espérance. Trump n'a que faire des accusations de racisme ; il est traité de raciste cent fois par semaine depuis qu'il est Président.

De leur côté, les stratèges démocrates sont on ne peut plus embarrassés par leurs "étoiles montantes". Nancy Pelosi essayait depuis plusieurs semaines de diminuer leur exposition médiatique dans l'espoir de restaurer un semblant de crédibilité au Parti Démocrate pour l'échéance de 2020 ; tout vient de voler en éclat. Les médias ne s'intéressent même plus aux candidats à l'investiture présidentielle. Seules comptent les réactions et les invectives des élues d'extrême-gauche. Pire encore, par réaction, les autres Démocrates ont été contraints de s'aligner avec elles pour prendre leur défense - augmentant encore l'alignement du parti avec ces extrémistes repoussantes pour qui n'est pas un militant d'extrême-gauche.

En poussant le Parti Démocrate dans les cordes de l'extrême-gauche comme il le fait, Trump s'assure que les Démocrates passent pour des fous et des illuminés sans la moindre crédibilité. Les glapissements hystériques d'AOC, la vulgarité antisémite de Rashida Tlaib, l'obsession raciale de Ayanna Pressley et la sympathie affichée d'Ilhan Omar pour les islamistes auront tôt fait de détourner les Américains modérés de se rendre aux urnes pour chasser "l'ignoble Trump" du pouvoir - lui sur lequel il n'y a plus grand-chose à ajouter tant les médias lui envoient quotidiennement du fumier depuis trois ans.

Le site parodique Babylon Bee résume ce qui semble être la stratégie gagnante de Trump:

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La Campagne Trump 2020 envisage de simplement diffuser des séquences de Démocrates prenant la parole

Mais la réalité dépasse la fiction. Pourquoi payer pour diffuser les pires délires démocrates lorsque les médias s'en chargent gratuitement?