20 septembre 2019

Climat: les taxes pleuvent

Pendant que les bobos et fils-à-papa écologistes bloquaient le Pont Bessières à Lausanne  - quelques jours après avoir sali la Limmat à Zurich en la teignant en vert  - le Parlement donnait suite à une motion d'un Vert libéral bernois pour taxer les voyages en avion.

Le National a accepté jeudi par 112 voix contre 62 une motion (...) [demandant] d'introduire une taxe qui soit calculée en fonction de l'impact effet de chaque vol sur le climat. Elle sera répercutée sur les voyageurs.

Après son renvoi en décembre dernier, la révision totale de la loi sur le CO2, qui sera débattue la semaine prochaine au Conseil des Etats, prévoit désormais une taxe sur les billets d'avion. Elle serait comprise entre 30 et 120 francs, sauf pour les passagers en transit ou transfert. Le tarif serait plus élevé sur les vols long courrier.


Chaque passager qui souhaitera prendre l'avion depuis la Suisse se verra donc grevé d'une nouvelle taxe entre 30 et 120 francs suisses sur les trajets les plus courts - soit, sur de nombreuses destinations, bien plus que le prix du billet lui-même.

Que les naïfs au dernier degré qui s'imaginent que le projet soit retoqué au Conseil des États reviennent sur terre ; la Commission dudit Conseil qui examina la révision de la loi sur le CO2 fut particulièrement enthousiaste à l'idée de créer des taxes sur les billets d'avion.

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Une vue bientôt réservée à une élite fortunée. Les gueux n'ont qu'à rester chez eux!

Les commentaires furent rapidement filtrés dans les articles de presse. Si 20 Minutes montre encore quelques réactions négatives sur la manifestation à Lausanne (des commentaires soutenus par plus de 400 lecteurs ont tout bonnement disparu) plus personne ne peut commenter celui sur la taxe sur les billets d'avion, qui avait lui aussi entraîné une vague de plusieurs centaines de réactions négatives avant que la rédaction ne "fasse son travail", dirons-nous pudiquement.

Notons que les compagnies aériennes opérant en Suisse proposaient déjà de nombreux programmes de compensation des émissions de CO2. La classe politique à Berne, empreinte de dirigisme, tient absolument à ne laisser le choix à personne. Les Suisses vont donc s'appauvrir mais ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes, puisque c'est ce qu'ils préconisent dans les sondages. Ils risquent de moins se réjouir dès les prochaines vacances, mais tant pis pour eux.

L'actualité s'accélère alors que les élections fédérales se rapprochent ; la classe politique fait feu de tout bois pour montrer à quel point elle est "sensible" aux questions réchauffistes. Comme par hasard la seule solution sur laquelle les politiciens s'entendent est celle de nouvelles taxes, étant entendu qu'il suffit de délester tout un chacun de son écot pour que l'air rafraîchisse.

D'autres taxes suivront, sur les carburants, les billets de train, les déplacements en voiture à travers des péages urbains, la consommation d'énergie et bien plus encore. Dès octobre et peut-être même avant, les nouvelles taxes vont pleuvoir. Le matraquage médiatique paye ; en Suisse le consentement à l'impôt pour des raisons climatiques n'a jamais été aussi élevé.

Rappelez-vous: 112 voix contre 62 dans le vote de ce jour, soit 64% du Conseil National en faveur de nouvelles taxes. Si le Parlement est encore plus à gauche cet automne, comme les sondages le prévoient, la pluie de nouvelles taxes aura tôt fait de se transformer en orage.

À moins d'un réveil rapide des citoyens, le pouvoir d'achat des Suisses va virer à l'enfer vert.

Commentaires

En Suisse, on reste de façon incurable figé dans la nostalgie d'une époque où le débat de société portait sur les dangers de l'automobile par rapport à la traction hippomobile, ou encore la concurrence déloyale des trains à vapeur (sans parler des conséquences de leur vitesse insensée de 35 km/h sur le corps et l'esprit des voyageurs), face aux diligences. Pour nous rendre de Shanghai à Nanjing, nous avons pris un train, pas le plus rapide parce que Mme Rabbit voulait voir le paysage, mais poussant tout de même jusqu'à 303 km/h sur de nombreux tronçons.
À propos des aéroplanes, maintenant : les prix des vols ont baissé de moitié en 40 ans sur l'Europe; qu'ils remontent un peu passera inaperçu auprès des gens dopés au kérosène dès leur naissance, et pour qui le prix est un problème moindre que la cohue dans les aéroports et les avions. C'est chez les autres que ça va grincer, ceux qui revendiquent dans la rue le droit à passer le week end à Barcelone à des tarifs low cost.

Écrit par : rabbit | 21 septembre 2019

Je crois le Suisse trop stupide pour comprendre qu'il est en train de se la faire mettre profondément.Donc, qu'il fasse un tour de manège de plus avec des politiciens aux idées de gauche, et le principe du racket est une idée de gauche, Alexis de Tocqueville l'avait déjà compris.
Qu'ils continuent d'élire des individus sans scrupule qui ne pensent qu'à leurs minables carrières de politiciens, ils n'en vivront que plus heureux.

Écrit par : G. Vuilliomenet | 21 septembre 2019

Tout cela permet de sérieusement douter du système démocratique suisse, pourtant réputé excellent! Nos représentants pensent plus à leur carrière qu'à nos intérêts, et votent des taxes climatiques pour se dédouaner. Les réchauffistes peuvent compter sur ces alliés hypocrites, sans jamais avoir à prouver la réalité du dérèglement climatique dû à l'homme, qui n'est, je le rappelle, toujours pas prouvé scientifiquement. Quant aux citoyens, ce sont hélas des veaux... qui éliront sans hésitation cet automne ceux qui vont les tondre. Dans ce contexte, une monarchie éclairée vaudrait mieux, j'en suis convaincu! Bien à vous, JLD

Écrit par : Jacques Louis Davier | 21 septembre 2019

"Dans ce contexte, une monarchie éclairée vaudrait mieux, j'en suis convaincu!"

Monarchie éclairée, certes... Mais on ne choisit pas son monarque...

http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+IM-PRESS+20080211STO20962+0+DOC+XML+V0//FR

Écrit par : Stéphane Montabert | 21 septembre 2019

C'est fou, il suffit d'être activiste dans le sens du poil, pour être tout d'suite être entendu par les fourbes qui nous gouvernent...

... dans le sens du poil, c'est bien évidemment: + de contraintes, + d'impôts, + d'emmerdements, + de taxes, - de libertés, etc, etc.

Et le pire, c'est que ce sont nos gamins qui nous " chient dans les bottes".

Écrit par : petard | 21 septembre 2019

Les vieux briscards de l'Action française confirmeront l'existence d'une zone crépusculaire (twilight zone) où les prétendants à de nombreux trônes viennent se prostituer à la vox populi, même si cette dernière pue du bec et tient des propos incohérents. Et cette horreur engendre une forme de social-nationalisme sur fond de secte millénariste.

Écrit par : rabbit | 22 septembre 2019

Rabbit, votre prose est toujours tonique, une énergie vigoureuse enveloppée de mots soigneusement choisis. J'apprécie souvent.

Là votre sens de la formule est au top:

"... une zone crépusculaire (twilight zone) où les prétendants à de nombreux trônes viennent se prostituer à la vox populi, même si cette dernière pue du bec et tient des propos incohérents. Et cette horreur engendre une forme de social-nationalisme sur fond de secte millénariste."

La "civilisation verte" est peut-être vouée à serpenter entre la "carpettisation" électorale des candidats et un gloubiboulga corsé de contradictions mondialo-localistes dont seul peut-être le côté sectaire du mouvement permet de maintenir un semblant de cohérence.

Les écolos-protecteurs, conservateurs en diable, prônent une réduction de la mobilité pour réduire le CO2, ce qui amènera à un appauvrissement des pays émergents. Fini les bananes (que Sainte Greta affectionne pourtant), les ananas, les avocats, le chocolat, le café, le quinoa, les algues, la viande de la pampa, les échanges entre populations à large échelle. Tout cela pollue. Achetons local ou national-local, en circuits courts qui détruiront de nombreux pans de l'économie et des emplois, et qui n'assureront pas la subsistance en cas de disette faute de réserves suffisantes.

En 1816, "l'année sans été", le froid dû à un volcan a fait des dizaines de milliers de morts. Les gens mangeaient des racines! L'ennemi, c'est le froid.

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2008/11/13/hemisphere-nord-la-grande-famine-de-1816-l-annee-sans-ete.html


Et pendant que pour sauver la planète nous n'achèterons plus "Fair trade", les mondialistes nous culpabiliseront sur notre égoïsme envers les populations de pays émergents.

La "civilisation verte" est un projet vertueux par certains aspects, mais aussi régressif et autoritaire par d'autre en terme d'économie, de bien-être, de culture.

Écrit par : hommelibre | 22 septembre 2019

Mais pour concocter un bon populisme des familles, il faut ajouter à cela une dose d'anti-capitalisme : un truc périmé depuis 160 ans, mais que l'on redécouvre à chaque génération grâce aux lacunes de l'enseignement. Sans oublier bien sûr une part d'anti-mondialisme, puisque dans le fond et sans jamais oser l'avouer, personne n'aime les étrangers.

Écrit par : rabbit | 22 septembre 2019

"ce qui amènera à un appauvrissement des pays émergents"
Ne vous en faites pas: on ne leur demandera pas leur avis.
En ce qui concerne l'appauvrissement, l'augmentation des tarifs sur les vols à bas prix, permettra, notamment, de faire oeuvre de solidarité envers les pauvres des autres pays en empêchant les nôtres qui prétendent avoir droit à de belles dents, d'aller se les faire réparer ou remplacer à un coût abordable en Espagne ou plus loin.
Il y en a même qui se permettent de passer des week-ends ailleurs que dans notre beau pays, avec ses restaurants et hôtels tellement accueillants, et à des tarifs des plus modestes.
Pourquoi ne pas organiser pour les classes moyennes inférieures (trop difficile de définir la classe simplement moyenne) des traversées en voiliers de course, spécialité dans laquelle notre concitoyen Alinghi nous a fait une publicité mondiale il y a quelques années: il suffirait de modifier les trajets et de remplacer la boucle sans escale en un événement mondain avec étape à New York. Sans la visite au Congrès, bien sûr, cela ferait bobo.

Écrit par : Mère-Grand | 22 septembre 2019

En rapport direct avec l'arnaque du changement climatique anthropique, thème de ce post, lire le livre de Drieu Godefridi, juriste et philosophe belge : "L’écologisme, nouveau totalitarisme ?" Texquis (2019).
Le titre est en forme de question, mais la réponse de l'auteur est OUI, cent fois OUI.
Les liens suivants donnent de bons résumés du livre :
http://www.francisrichard.net/2019/05/l-ecologisme-nouveau-totalitarisme-de-drieu-godefridi.html
http://pdfbretagne.blogspot.com/2019/05/le-totalitarisme-de-l-ecologisme.html

Écrit par : AP34 | 22 septembre 2019

Ne manquez pas cet interview de Luc Ferry sur la folie du climat. Le plus drôle c’est que journaleux bobo-gaucho en reste baba, car l’invité ne répond pas conformément à la bienpensance malgré toutes les perches tendues. Il faut cliquer sur le symbole du milieu et déplacer le curseur vers la droite pour activer le son:

https://lesobservateurs.ch/2019/09/23/medias-rts-la-matinale-23-9-2019-invite-luc-ferry-sur-le-catastrophisme-des-rechauffistes/

Écrit par : Arthur | 25 septembre 2019

Donc, si j'ai bien compris, les Genevois partiront désormais depuis l'aéroport de Lyon. Ou comment plomber l'économie suisse avec des taxes toutes plus délirantes les unes que les autres. A ce stade, c'est un job à temps plein pour des psychiatres. Jamais vu un tel sadomasochisme à grande échelle.

Écrit par : Sandra | 25 septembre 2019

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