13 décembre 2019

La victoire de Boris Johnson

La presse avait belle mine ce matin. Après des semaines de Fake News, les résultats des élections anglaises ont fini par tomber: les Conservateurs remportent une victoire historique.

Pour nous en rendre compte, citons Le Figaro:

Boris Johnson a réussi son pari. Les conservateurs se sont dotés hier d’une écrasante majorité, sans précédent depuis l’ère Thatcher. Ils remportent une majorité absolue de 365 sièges sur les 650 de la chambre basse du Parlement, soit 48 sièges de plus, une victoire historique, à l'issue des législatives anticipées de jeudi. Selon les résultats définitifs rendus publics ce vendredi, l'opposition travailliste a perdu 59 sièges, avec 203 députés, lors de ce scrutin centré sur la mise en œuvre du Brexit. Les nationalistes écossais du SNP remportent 48 sièges, les Libéraux-démocrates 11, les unionistes nord-irlandais du DUP, 8. Le taux de participation a été de 67,3%.


Il s'agit d'un premier article, neutre et factuel, rendant compte des scores et de leur comparaison. Les Travaillistes enregistrent leur plus mauvais score depuis... 1935. Le marxiste Jeremy Corbin a été mis en déroute, sa carrière politique est terminée. À la victoire des Conservateurs pro-Brexit s'ajoutent les défaites particulières de nombre de ténors de l'opposition:

Des têtes importantes sont tombées. La patronne des Libéraux-démocrates, Jo Swinson, a été battue dans sa circonscription d'East Dunbartonshire, dans l'ouest de l'Ecosse (...). Leur promesse d'annuler le divorce sans nouveau référendum a été jugée antidémocratique, même parmi les europhiles. Les Lib-Dems étaient pourtant arrivés à la deuxième place aux élections européennes de mai dernier, obtenant 20,3% des voix.

La nuit a été rude aussi pour les députés conservateurs frondeurs, qui s’étaient levés contre Boris Johnson en septembre. L’ancien ministre de la Justice David Gauke ou l’ex-attorney general Dominic Grieve, qui se présentaient comme candidats indépendants, ont ainsi été battus. Tout comme Sam Gyimah et Antoinette Sandbach, qui avaient fait défection chez les Lib-Dems. Seuls les frondeurs qui avaient retrouvé l’investiture, comme Greg Clark et Stephen Hammond, ont été réélus.


Et même si, plus tard dans la journée, les rédactions reprendront du poil de la bête pour recommencer leur ronde de piaillements de mauvaise augure, cet épisode de clarté aura été salutaire au milieu d'un océan de désinformation inondant pratiquement tous les médias depuis des semaines.

Rappelons-nous! Boris allait échouer, c'était probable. Il n'aurait pas sa majorité, ou l'aurait à peine. L'écart avec les Travaillistes se réduisait. L'avance des Conservateurs fondait. Boris était nerveux et menait une campagne loufoque. L'ombre planait sur les élections. On pourrait trouver des milliers d'articles chargés de faire vivre la flamme d'espoir du camp anti-Brexit...

Las! depuis trois ans et demi et le vote du Brexit, les Anglais ont toujours persisté. À l'inverse de leur classe politique. Choix de l'establishment, Theresa May ne fut rien d'autre que l'agent de Bruxelles, chargée de faire digérer un traité colonial à ses propres troupes, lesquelles se rebellèrent. A-t-on déjà oublié pendant combien de mois les médias ont vendu aux Anglais et aux Européens que l'accord qu'elle avait ramené de Bruxelles était à la fois "le meilleur possible" et "impossible à renégocier"?

En provoquant des élections anticipées à partir d'une position vaseuse, Mme May réussit une des plus calamiteuses dissolutions du Parlement. Elle laissa le Royaume-Uni à peu près ingouvernable - entre des Remainers divisés et des Brexiters qui l'étaient tout autant.

Le plus grand mérite de Boris Johnson n'est pas d'avoir repris le rôle de Premier Ministre mais d'avoir assaini la vie politique britannique. Il eut à affronter des factieux dans son propre parti, des élus qui firent défection en changeant d'étiquette. Il affronta la traîtrise de caciques qui communiquèrent ses plans aux médias et à ses adversaires politiques. Il affronta des juges partisans. Il affronta sa propre famille.

Et il affronta les médias.

Tant "d'experts" qui nous ont expliquaient que M. Johnson était un pitre, qu'il allait prendre une raclée, que le référendum était une erreur et qu'il fallait en organiser un deuxième... Tant d'articles de médias bien-pensants voulant nous faire croire depuis longtemps que les Anglais ne voulaient plus de ce Brexit...

On ne peut que constater que les "analyses", tribunes et autres prédictions des chroniqueurs, experts, éditorialistes, observateurs, directeurs de "think tanks" et autres spécialistes sur ce sujet, comme sur bien d’autres, sont totalement démenties.

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On peut le dire, la victoire électorale des Conservateurs jeudi 12 décembre est avant tout celle d'un homme. un homme imparfait mais sincère, qui s'est battu contre vents et marée depuis des années au nom d'une démocratie que tous ses adversaires n'avaient en permanence à la bouche que pour mieux la trahir par leurs actes.

Boris Johnson montre que la volonté et l'intégrité permettent de soulever des montagnes.

Même si l'Europe "se félicite" des résultats d'aujourd'hui, les rires sont jaunes dans les couloirs du Parlement européen. Désormais la sortie anglaise de l'UE ne semble plus faire de doute. Il restera des points à régler, à commencer par la "relation future" des Européens avec un Royaume-Uni redevenu souverain, mais gageons pour Boris Johnson que le plus dur est derrière lui.

Ceux qui pensent que l'Union Européenne a encore des moyens de pression sur le Royaume-Uni se trompent, comme ils se trompent toujours. L'UE ne fait plus rêver personne depuis longtemps. Boris Johnson va négocier un accord très avantageux avec une UE qui ne peut se passer ni du marché britannique ni de son armée. Il va économiser sa contribution à l'UE. Il concluera un accord commercial préférentiel avec les USA.

le "sens de l'Histoire" a singulièrement évolué. Encore un populiste est porté au pouvoir, après Trump, Orban, Salvini (bientôt de retour au pouvoir), Bolsonaro et bien d'autres.