20 décembre 2019

Les jouets des militaires

Une petite touche de désinformation nous vient du 20 Minutes, comme ça, en passant:

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Photo d'écran 20 Minutes

Notez bien la photo d'illustration de l'article: une maquette en plastique entre les mains d'un personnage vêtu de ce qui semble être une tenue militaire.

L'article remonte au jeudi 19 décembre. Il contient sa propre galerie d'images, où cette photo ne figure évidemment pas. Cela signifie que si la rédaction de 20 Minutes avait souhaité une photo d'illustration, elle n'avait qu'à se servir, sans fournir le moindre effort.

La photo d'illustration présentée sur les pages qui renvoient à l'article est donc le résultat d'une volonté de présenter le sujet sous un certain jour.

Pour ceux qui se demanderaient pourquoi on choisit de représenter des avions de combat sous la forme de maquette en plastique entre les mains d'un militaire, je les renvoie à la campagne qui eut lieu en 2014 pour l'achat d'avions Gripen. La campagne des socialistes, dont on connaît l'aversion pour toute armée qui n'est pas rouge, avait constamment dénoncé des "jouets de luxe pour les pilotes militaires".

L'argument des jouets avait été mentionné à d'innombrables reprises au cours de la campagne. Il est encore ressorti aujourd'hui alors que le besoin de remplacement de la maigre flotte aérienne vieillissante helvétique se fait de plus en plus ressentir.

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Une affiche de la campagne de 2014 où là encore l'avion de combat était présenté comme un jouet - un simple pliage de billet de banque.

Il ne s'agit donc absolument pas d'une "image d'illustration". Elle n'a rien d'anodin. Elle vise à imprégner l'esprit du lecteur à un niveau quasiment subconscient en lui faisant associer le jouet et l'appareil militaire, de façon à mieux orienter son choix lorsqu'il lui faudra prendre parti lors du prochain débat public sur le sujet.

La propagande, ça se travaille, et comptons sur les médias suisses pour la travailler quotidiennement.

Commentaires

La photo ne m'a pas fait penser à un jouet pour enfant mais à un Eurofighter Typhoon (qui est peut être un jouet aussi).

Mais le canard est très loin du nez en fait il ressemble plus à un Rafale de ce point de vue. Mais avec les entrées d'air du Typhoon.

Qu'est-ce qu'il représente?

Sou les ailes, ce sont des missiles air-air, non? (Cela parait trop fin pour être autre chose.)

Pourquoi autant de missiles?

Écrit par : simple-touriste | 21 décembre 2019

A ce propos, le Département du sport a commis deux erreurs. Éliminer le Gripen du choix sous des prétextes futiles et demander l'aval du peuple sans donner le nom de l'avion qui sera choisi. Cela va sérieusement augmenter le nombre des opposants. Le choix du FA-18 a été lourdement chargé de soupçons de corruption, pratique très courante dans ce genre de marché. Remettre un tel choix dans les mains d'un très petit nombre de spécialistes plus ou moins compétents (les grades dans l'armée suisse ne sont pas gage d'intelligence, chacun a pu le vérifier, enfin ceux qui méritent l'appellation "citoyen"...) est plutôt maladroit. Surtout quand on réalise que l'échec du Gripen n'est pas dû à la puissance du GssA, groupuscule parfaitement ridicule et acratopège, mais bien d'une petite camarilla d'officiers "influencés" (comment ?) par un pays voisin et néanmoins fort peu amical...

Écrit par : Géo | 21 décembre 2019

Alors certes la propagande aura lieu, mais dans les 2 sens, pour ou contre ces avions. Le vrai débat de fond concernant d'abord la nécessité de ces avions justifiant tel ou tel type de machine n'aura pas lieu.
Sana entrer dans les détails, je suis d'avis que seule la police du ciel en temps de paix justifie ces avions et que pour ce faire le budget demandé est trop gros.
Si le but est d'avoir une vraie force aérienne utile en une hypothétique guerre, le budget est alors 100 fois trop petit.

Dans un pays aussi petit que le notre qui ne fait que moins de 100 kilomètres depuis une frontière jusqu'à une cible intéressante et pour assurer une police du ciel en temps de paix, rien ne sert d'avoir un avion qui vole a mach 2 si vous mettez 15 minutes à le faire décoller parce que vous n'avez pas les moyens humains d'avoir en permanence des pilotes prêts dans une machine prête.

Donc au vu de ce que l'on nous propose, je considère également qu'il s'agit de jouets, bien trop chers pour le peu d'utilité qu'ils puissent avoir.

Mais ce débat, nous ne l'aurons pas... Parce que les pro tout comme les anti seront dans la propagande et l'objectivité de la mission demandée ainsi que de la solution à trouver pour celle-ci ne sera pas discutée.

Écrit par : greg | 21 décembre 2019

Je suis un patriote, je suis même ce que l'on peut appeler un nationaliste et j'ai fait de très nombreux jours de service au sein de l'armée suisse, de façon je le précise volontaire. Ceci étant dit, pourrait-on m'expliquer comment ces avions vont concrètement protéger mon pays de l'envahissement constant et massif que l'on constate jour après jour, mois après mois, année après année? Autrement dit, pourquoi mes impôts de citoyen suisse d'origine suisse devraient servir à assurer une couverture aérienne à un pays bientôt rempli de Kosovars et d’Érythréens? Les gens "raisonnables" me diront que que je confonds tout, ce n'est à mon avis qu'une affaire de point de vue, mais ce que les gens "raisonnables" à droite devraient retenir dans leur propre intérêt politique, c'est qu'une personne comme moi qui aurait dû normalement voter à 200% pour l'achat de ces avions hésite désormais très fortement (et je n'ai pas non plus oublié le slogan "no guns, no planes"). Et je ne pense pas être le seul.

PS: et pour éviter les remarques usuelles des "droitards" standards (ceux par exemple qui bannissent tout simplement votre ip sur les blogs spécialisés dans l'aviation), je précise que je ne partage absolument rien avec ceux qui s'opposent à ces avions pour des raisons symétriquement anti-patriotiques.

Écrit par : UnOurs | 21 décembre 2019

@ Simple touriste

C'est une maquette de Gripen.

Écrit par : Franck Boizard | 21 décembre 2019

"l'échec du Gripen n'est pas dû à la puissance du GssA"

Il n'était pas tout simplement lié au fait que les modèles existant étaient très insuffisants sur des critères essentiels?

Au fait quelles sont les missions actuelles de l'armée suisse?

Écrit par : simple-touriste | 21 décembre 2019

@greg: "Si le but est d'avoir une vraie force aérienne utile en une hypothétique guerre, le budget est alors 100 fois trop petit."

Vous avez parfaitement raison. Et ce débat a déjà eu lieu, il y a plus de vingt ans. Et la Suisse a alors décidé de renoncer à avoir une armée de l'air. Vraiment. Vous avez déjà gagné.

L'armée de l'air actuelle suisse - si elle finit par avoir ces nouveaux avions de combat - ne sera pas vraiment une armée. Ce sera une force de police aérienne, capable de missions de police en temps de paix. Des opérations mineures et ponctuelles, comme:
- assurer une couverture aérienne pour les élites qui viennent à Davos
- intercepter un avion commercial à haute altitude qui ne répondrait pas
- escorter un appareil détourné
- faire des spectacles aériens.

La question n'est plus d'avoir une armée de l'air, mais d'avoir encore, si nous le voulons, une police de l'air. Des gens comme vous peuvent encore considérer qu'il s'agit de jouets, "bien trop chers pour le peu d'utilité qu'ils puissent avoir."

Pendant longtemps ces gens comme vous ont tenu le haut du pavé. Le résultat, nous l'avons tous vu lorsque la Suisse a été ridiculisée en demandant de l'aide à la France lorsqu'un besoin d'interception eut lieu hors des heures de bureau.

Je ne sais pas si la Suisse de demain décidera de faire rideau sur toute aviation, ou s'il elle décidera au moins d'avoir une force de police crédible comme le gouvernement tente de le faire. Le dernier mot appartiendra au peuple. Mais dans le meilleure des cas cette "armée de l'air" n'aura "d'armée" que le nom.

Écrit par : Stéphane Montabert | 21 décembre 2019

Question plus générale, à quoi servent des moyens de défense s'il n'y a pas (ou plus) de volonté de défense NATIONALE ? En partant du principe que ce qui doit être défendu est connu et strictement délimité, donc qu'il subsiste encore une majorité significative de NATIONAUX (et là, on ne parle évidemment pas de nationalité "de papier").

Voilà à quoi ressemblait l'armée suisse quand il y avait encore une volonté de défense et une claire perception de ce qui devait être défendu:

https://youtu.be/mXWUCmeUF9o?t=332

Moi qui ai connu la toute fin de cette époque, je pleure de rage devant ce que mon pays est devenu.


PS: et si on imagine un avenir pour la Suisse "à la yougoslave", ces avions nous seraient strictement inutiles, étant donné que ceux qui nous empêcheraient de nous défendre contre des forces séparatistes intérieures seraient ceux-là même qui nous auraient vendu ces avions, et qui les rendraient alors opérationnellement inutilisables.

Écrit par : UnOurs | 21 décembre 2019

@greg dans votre perspective, qui est stratégiquement correcte, le seul outil militaire efficace d'indépendance stratégique pour un petit pays comme la Suisse, c'est l'engin sol-sol de dissuasion. Et il n'a même pas besoin d'être nucléaire: "ah bon, cher voisin, vous souhaitez me bombarder au nom des plus hautes "valeurs" onusiennes, hé bien, attendez-vous à ce que nos missiles détruisent vos barrages hydroélectriques, vos centrales nucléaires, vos ouvrages d'art majeurs etc.. et chaque objectif civil qui sera touché chez nous sera évidemment "compensé" par un objectif civil visé chez vous."

Par exemple, pendant la guerre de Yougoslavie, la Serbie aurait dû avoir des missiles sol-sol à lancer contre la ville d'Aviano, d'où partaient de nombreux raids "alliés". Voilà qui aurait pu avoir une incidence stratégique non négligeable, étant donné la faiblesse ontologique actuelle des populations occidentales.

Voilà qui serait une dissuasion réellement efficace. Mais évidemment, je ne rêve pas, je sais que tout cela relève de la fantasmagorie la plus pure dans la "Suisse" d'aujourd'hui, alors que la Suisse d'hier avait même imaginé, pour se défendre, de quasi raids-suicide avec des Mirage IIIS équipés d'armes nucléaires!

Donc je répète: inutile d'avoir des moyens de défense, s'il n'y a pas de volonté de défense.

Écrit par : UnOurs | 21 décembre 2019

"Il n'était pas tout simplement lié au fait que les modèles existant étaient très insuffisants sur des critères essentiels?"
Absolument pas. Vous pouvez vous en référer au blog de Pascal Kümmerling sur ce sujet. Ce sont les avions en lice actuellement qui sont en surcapacité pour la Suisse. Nous n'avons pas de vocation offensive...

Cela dit, je partage les doutes de UnOurs sur la défense en général. Je me demande si aujourd'hui j'accepterais de mettre en péril ma vie pour défendre les habitants de ce pays qui sont majoritairement des gens qui n'ont pris sa nationalité que pour de simples raisons économiques de confort. Le mot nationalité n'a bientôt plus le moindre sens ici. L'équipe de foot de ce pays est presque exclusivement balkanique. Un ancien conseiller fédéral radical ne voit aucun problème à ce qu'un joueur kosovar fasse un salut fasciste des extrémistes albanophones lors d'un match contre les Serbes...
On en est là...

Écrit par : Géo | 21 décembre 2019

"Je me demande si aujourd'hui j'accepterais de mettre en péril ma vie pour défendre les habitants de ce pays qui sont majoritairement des gens qui n'ont pris sa nationalité que pour de simples raisons économiques de confort."

Quand il y a vingt ans, je décrivais la Suisse d'aujourd'hui avec une quasi précision de devin, je passais probablement pour un fou, mais j'avais en fait raison (ce dont je ne tire évidemment aucune joie, je préférerais évidemment aujourd'hui passer pour un imbécile, si le pays suisse réel existait encore).

Imaginons donc, dans une trentaine d'années, que vous êtes un lieutenant d'infanterie et que vous défendez la frontière suisse avec une troupe majoritairement composée de ce type de soldats...

https://www.youtube.com/watch?v=9OahMuE9P1E

... seriez-vous rassuré ?
Moi pas.

Et quand bien même il n'y aurait aucun problème de rébellion, aurais-je l'envie de mener au combat une troupe qui ne me ressemble en rien face à des adversaires qui me ressembleraient tant ethniquement qu'au plan civilisationnel ?

Désolé, mais entre conduire au feu des Kosovars islamistes même avec des uniformes suisses ou rallier, avec armes et bagages, des Européens hongrois de confession catholique, mon choix est vite fait !

Écrit par : UnOurs | 21 décembre 2019

Il n'y a pas que l'armée suisse à avoir des problèmes liés à l'aviation, Géo. Moi, par exemple, j'ai essayé tous les siège de la classe Economy de l'Airbus A330-200: mis à par ceux de la rangée 31, soit D, E, et H du milieu vendus avec une surtaxe scandaleuse (A, C, J et L sont destinés au moins de 60 ans en raison des sorties de secours), je n'arrive plus à caser mes jambes confortablement pour un vol de 10 à 11 heures. La classe Business ressemble à un lupanar et la First est désormais inabordable aux rentiers AVS. Pensez-vous que le peuple pourrait avoir son mot à dire ?

Écrit par : rabbit | 21 décembre 2019

Donc Monsieur Montabert, si nous voulons une police du ciel efficace, voulez-vous 40 avions aux capacités militaires sur-puissantes par rapport à la mission, chers, fragiles, demandant énormément d'entrainement et donc peu de pilotes capables de les utiliser, donc ne pas avoir une capacité d'utilisation efficace ?
Ou alors des avions plus simples, moins chers, mais plus de pilotes et donc une réelle possibilité de réaction immédiate en permanence ?

Parce que dans l'enveloppe budgétaire allouée, il faut choisir l'un ou l'autre mais pas les 2...

C'est de celà qu'il faudrait débattre, et plus encore de la nécessité supérieure d'assurer une sécurité d'approvisionnement énergétique et des infrastructures de communication plutôt que d'une police du ciel...

Avec une pelle et une hache vous faites des dégâts énormes aujourd'hui en coupant quelques gros cables de fibre optique, simple et efficaces. Bien plus facile que d'essayer de refaire le 11 septembre...

Mais bon, heureusement en suisse il n'y a pas de terrorisme, pourquoi vouloir se fâcher avec un pays où il y a tant d'argent à prendre et si facilement...

Écrit par : greg | 21 décembre 2019

UnOurs@ Peut-être ne devrions-nous ne pas oublier que la Suisse, la vraie, est composée d'une grande majorité de Suisses allemands, nettement plus conscients que les Romands de leur identité. Ils ont réussi à encore parler leur dialecte, c'est un signe qui ne trompe pas...

Écrit par : Géo | 21 décembre 2019

« heureusement en suisse il n'y a pas de terrorisme, pourquoi vouloir se fâcher avec un pays où il y a tant d'argent à prendre et si facilement... »

Dans ce pays où les "forces de sécurité" ne sont même pas foutues de protéger convenablement les biens et les personnes, convoyeurs de fonds, bijoutiers, bancomats, etc... où des dizaines et des dizaines de millions prennent l'air quasiment tous les mois, où des gens se font agresser sévèrement la nuit sur des quais de gare... sans que cela interpelle SERIEUSEMENT les autorités chargées de faire protéger LES BIENS ET LES PERSONNES...

Alors, les avions pour les fils à papa oké, mais seulement lorsque on aura réglé ces problèmes élémentaires... b. d. m. !!!!

Écrit par : petard | 22 décembre 2019

"UnOurs@ Peut-être ne devrions-nous ne pas oublier que la Suisse, la vraie, est composée d'une grande majorité de Suisses allemands, nettement plus conscients que les Romands de leur identité. Ils ont réussi à encore parler leur dialecte, c'est un signe qui ne trompe pas..."

C'est absolument exact. La Suisse dite "romande" ne finira pas de payer "identitairement" l'occupation française qui a tué notre esprit "völkisch", si nous n'en avons jamais eu un.

Chez nous, il y a une "population".
Au-delà de la Sarine, il y a encore un "Volk".
Ce que je constate aussi comme Valaisan, il suffit de passer Sierre, pour changer littéralement de fonctionnement identitaire.

Écrit par : UnOurs | 22 décembre 2019

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