08 mars 2020

Coronavirus: politique de la crise

Le concert des nations laisse entendre de nombreuses fausses notes. Dans le bel ensemble européen, la volonté de la France de faire main basse sur les stocks de masques de protection jure avec une Commission européenne prônant la solidarité dans la maladie.

Pour une autre cacophonie, il suffit de se tourner vers la Suisse où le Conseil Fédéral et les Cantons proposent les mesures les plus disparates pour lutter contre la pandémie, trahissant ainsi leur improvisation totale. Les résultats sont au rendez-vous: avec 337 cas déclarés au moment où ces mots sont écrits, la Suisse est le pays d'Europe le plus touché après l'Italie en nombre de cas de Coronavirus par habitant. Et si la frontière entre la Lombardie et le Tessin est jamais fermée, ce sera plus à cause de la quarantaine décidée par les autorités italiennes que par les sans-frontiéristes forcenés qui sévissent en Helvétie. Rassurons-nous, la frontière est toujours ouverte.

Les mêmes élus qui affirment la main sur le cœur que la santé publique est primordiale, essentielle, n'hésitent pas à la sacrifier au nom des intérêts des commerces détaxés des zones aéroportuaires, de quelques semaines d'éducation obligatoire, du chiffre d'affaire des cafetiers et restaurateurs... La santé publique est essentielle, mais, finalement, après un peu tout le reste.

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La carte des réjouissances au 8 mars 2020.

Ce n'est pas que les mesures proposées par les autorités soient mauvaises ; mais elles manquent cruellement de profondeur, pratiquement à chaque fois. Comme si aucun décideur n'osait aller au bout du geste. Espérons que ce soit juste de l'incompétence...

Prenons l'interdiction (fédérale) de rassembler plus de 1'000 personnes dans un même lieu: le MAD de Lausanne a simplement contourné le règlement en divisant en deux les zones de sa boîte de nuit, avec entrées séparées. Moralité, malgré l'interdiction tout continue comme avant, les deux flots de night-clubbers se mélangeant allègrement autour de la boîte de nuit.

Prenons le nouveau conseil donné aux personnes âgées d'éviter les transports en commun ou de faire leurs courses aux heures de pointe, et, grosso-modo de limiter leurs interactions sociales. Que valent-elles pour les EMS, dont le personnel nettement plus jeune n'est pas concerné? En France, 70% du personnel de ces établissements n'est même pas vacciné contre la grippe saisonnière. En Suisse, combien de ces aides-soignants se retrouvent le week-end pour une virée au MAD-1 ou au MAD-2?

Certains commentateurs - anonymes, cela va sans dire - étalent dans les médias un cynisme ahurissant en se réjouissant que le Coronavirus a du bon. Il viendrait ainsi "épurer" nos sociétés occidentales de tous ces vieux qui pèsent sur les retraites et ne produisent plus... Mais ce n'est qu'un prétexte. En Suisse, les personnes âgées ont surtout le défaut de voter plus à droite que le reste de la population, et de voter avec plus d'assiduité. Donc c'est évidemment un problème, déjà relevé par nos brillantes élites politiques. Le Coronavirus permettrait de faire d'une pierre deux coups, sans avoir à s'embêter de discutailleries parlementaires. Pourquoi retirer simplement leur droit de vote aux personnes âgées quand on peut retirer les personnes âgées elles-mêmes? Oh, personne n'osera jamais admettre pareille pensée ouvertement, c'est une évidence. Mais des gens mourront. Que voulez-vous, c'est l'épidémie...

Affreux? Certainement. Inimaginable? C'est déjà moins sûr. Le fait même que l'idée revienne souvent dans les commentaires de certains articles montre que l'idée fait son chemin dans l'esprit d'une partie de la population.

"Génial! Une rente AVS de moins et un appartement libéré sur le marché!"
-- Réaction entendue dans un cercle de journalistes hilares à l'annonce du premier décès dû au Coronavirus en Suisse, une vieille dame de 72 ans

Et si on tuait les gens que l'on n'aime pas?

L'utilisation politique d'une maladie n'a rien de nouveau. Je ne parle pas ici de l'inévitable empoignade sur le qui-est-responsable-de-quoi lorsque les malades s'accumulent du fait de l'incompétence de la classe politique, mais bien sur une utilisation tout à fait pratique du virus, pour éliminer physiquement des opposants. Les infecter afin qu'ils tombent malades, et meurent.

Au moyen-âge, lors des sièges des forteresses, une tactique de guerre des assiégeants consistait à envoyer des carcasses moisies d'animaux dans l'enceinte des murailles avec un bon tir de catapulte. L'idée était de rajouter quelques maladies aux afflictions que subissaient déjà les assiégés. Mais c'était une époque de barbarie sans scrupule.

Plus récemment, aux États-Unis, une conseillère communale américaine a lancé l'idée d'infecter au Coronavirus les méga-meetings de Trump. On notera que la politicienne en question est évidemment une supportrice de Bernie Sanders. À défaut de vaincre Trump dans les urnes, une bonne infection au Coronavirus en viendra à bout. L'humanisme de ces gens-là me surprendra toujours.

Il s'agit d'une initiative individuelle, répondra-t-on. Mais en quoi cela met-il qui que ce soit à l'abri? En Suisse, on pourrait très bien imaginer une petite "tournée des EMS" par un membre infecté du mouvement antihumain Extinction Rébellion - et en plus, ce ne serait même pas illégal. "Désolé messieurs-dames, je pensais juste que j'avais un gros rhume..."

Et si on infectait les pays que l'on n'aime pas?

L'utilisation du Coronavirus comme une arme (peut-être d'ailleurs la fonction première pour laquelle il a été inventé, allez savoir) n'est pas seulement le fait de dangereux illuminés disséminés dans la population. Il y a trois jours, un scandale a éclaté au Moyen-Orient lorsque l'Arabie Saoudite a dénoncé la nouvelle politique d'immigration iranienne de ne plus tamponner les passeports des ressortissants saoudiens entrant dans le pays.

Comme-je-suis-étonné que personne n'en ait été informé sous nos latitudes! Mais revenons à notre affaire.

Le pot-aux-roses a été découvert après que cinq Saoudiens ont été détectés comme porteur du virus après être rentrés d'Iran en passant par le Bahreïn et le Koweït, mais sans que leur passeport n'en fasse mention. Évidemment, essayant de rester discret, les individus en question n'ont pas mentionné qu'ils revenaient d'Iran lorsqu'ils sont rentrés au pays. Mais ils se sont mis à table une fois qu'il était avéré qu'ils étaient atteints du Coronavirus.

"Ces actions sont une preuve directe de la responsabilité de l'Iran dans l'augmentation des infections de Coronavirus et dans la progression de la pandémie tout autour du monde", a condamné un responsable saoudien. Certes, certes. Mais si l'Iran tombe dans la maladie, le régime des mollahs a bien l'intention d'emmener un ou deux ennemis avec lui dans sa chute.

Les autorités iraniennes refusent d'ailleurs de donner aux autorités saoudiennes la liste des voyageurs saoudiens qui se sont rendus en Iran depuis le premier février. On se demande pourquoi.

Retour de flamme

Désespéré et jusqu'au-boutiste, le régime iranien est ravagé par le Coronavirus. Il n'a pas été aidé par ses premières mesures "relançant le débat entre science et religion", comme le relate pudiquement Le Nouvel Observateur. Extrait:

Le 26 février, dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux iraniens, [l'ayatollah Mohammad Saïdi, chef du mausolée de Fatima Massoumeh à Qom,] a insisté pour que son lieu de culte reste ouvert aux fidèles. "Ce sanctuaire sacré [est] une maison de guérison", a-t-il dit, invitant les pèlerins à s'y rendre "pour guérir de leurs maladies de l'âme et du corps". (...)


Rien de mieux que de se rassembler en prière pour combattre une épidémie. Mais les "adversaires" du régime ne sont pas mieux lotis:

[Dans] une autre vidéo virale, Jaafar Ghafouri, militant d'une branche du chiisme rejetant la République islamique, apparaît en train de lécher la tombe de l'imam Réza à Machhad, en déclarant : "Je mange le virus afin de vous rassurer et que vous continuiez de venir au mausolée."


Les chiites ont apparemment une obsession pour le léchage des lieux saints.

Cette piété mal placée d'un point de vue sanitaire a un prix. Même la classe politique finit par être touchée, car aucune puissance politique ne protège du virus. En Iran, 8% des députés sont infectés par la maladie. De nombreux officiels de haut rang en sont morts.

Cet aspect des choses est à garder en tête alors que la classe politique est quasiment une population à risque à elle seule. Elle a de nombreux contacts sociaux, voyage fréquemment, et contient une proportion élevée de gens âgés. L'âge moyen est de 61 ans pour le Sénat en France, 49 ans pour le Conseil national en Suisse, 54 ans pour le Conseil des États.

Les doctes politiciens tançant le bas peuple qui a l'audace d'annuler ses réservations au restaurant en pleine pandémie devraient se rappeler qu'ils pourraient bien être au menu de celle-ci.

Dans ce contexte, la présence au Parlement de Magdalena Martullo-Blocher portant un masque il y a six jours ne s'apparentait pas à une opération de communication, mais à la plus élémentaire prudence dans une foule impliquant autant de sources d'infection que de victimes potentielles. Si opération de communication il y a eu, cela a surtout été de donner l'exemple.

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L'odieuse protection individuelle de l'élue des Grisons (capture d'écran de vidéo)

Mais au lieu d'exemple nous eûmes tout le contraire - Isabelle Moret, Présidente du parlement, intima à la parlementaire rebelle l'ordre de renoncer à son masque ou de renoncer à siéger, une décision soutenue par l'écrasante majorité de la classe politique et des médias.

Les personnes qui refusent à une élue une mesure d'hygiène personnelle en pleine pandémie sont beaucoup moins sourcilleuses face au port du voile islamique. Ce n'est qu'une absurdité de plus de l'époque où nous vivons: il est intolérable de vouloir protéger sa santé, mais convenable d'étaler son appartenance religieuse. Peut-être Mme Martullo-Blocher aurait-elle du cacher son masque derrière une burqa pour que nul ne s'offusque?

Les citoyens helvétiques portent leur part de responsabilité dans ce fiasco: après tout, ils ont élu tous ces gens. Il ne faut pas s'étonner ensuite de la façon dont la pandémie progresse dans le pays.

Bonne chance à tous, et n'oubliez pas d'éternuer au creux de votre coude. Tout va très bien se passer.

Commentaires

Encore ici un bon sujet... accessible:

https://bit.ly/38sQwEM

Écrit par : petard | 09 mars 2020

Excellente synthèse. C'est exactement ce que je ressens aussi.

L'article de 24 Heures: «Coronavirus: Taux de mortalité? Risque d'infection? Transmission? Ce qu'ont appris les scientifiques» est très éclairant.

L'Etat n'ira pas au-delà de ses méthodes "cosmétiques". Aux vieux de se démerder de sauver leur peau avec les moyens du bord.

Écrit par : petard | 09 mars 2020

Orban a mis en place un État-major coronavirus, et ils sont très bien organisés.
https://www.youtube.com/watch?v=5srJdfO1ykc

Écrit par : Bragynes | 09 mars 2020

Tellement vrai Monsieur Montabert!

Notez au passage le blog suivant tenu par un anti-Trump acharné, récent invité d'Infrarouge (bien entendu car cela va de paire), mondialiste, pro-diversité, mais qui après toutes ces années passées en Suisse n'est toujours pas capable d'écrire un seul de ses billets en français ... quel manque de diversité!

Bref, le bougre est tellement aveuglé par sa haine anti-Trump qu'il en arrive à souhaiter que le corona virus fera péricliter l'économie de son propre pays pour provoquer la chute de Trump. Bien entendu, il se moque pas mal des conséquences que cela pourrait avoir sur le peuple américain, mais il faut dire que ses proches et amis doivent tous appartenir à la caste des bobos bien à l'abri des conséquences d'une crise économique.

Il finit son billet en en faisant l'éloge de Sanders. Notez au passage les nombreuses fake news dont celles des enfants enfermés dans des cages, ce qui en fait s'est passé sous la présidence d'Obama.

De plus, sans vergogne, l'individu ose nous dire que "Trump World is confronting reality", alors que ce sont au contraire les mondialistes qui sont confrontés à la réalité avec par exemple les pénuries de masques et de médicaments dues aux délocalisations dont ils sont responsables, mais bien entendu pas un mot sur ce sujet et personne ne le lui fait remarquer:

http://danielwarner.blog.tdg.ch/archive/2020/03/03/will-the-coronavirus-finally-bring-down-trump-s-virtual-pres-304781.html

Dans le même style, voici une autre vipère des blogs de la TdG qui ose écrire:

"Ce dernier a déjà choisi: son plus dangereux concurrent est de loin Biden. Sinon pourquoi aurait-il incité son homologue ukrainien - lors du fameux coup de téléphone à l'origine de son impeachment - à chercher d'éventuelles casseroles attachées à l'ancien vice-président."

D'éventuelles casseroles nous dit-il? Les casseroles de Biden et de son fils sont bel et bien avérées: Biden a fait pression sur le gouvernement Ukrainien pour obtenir la démission du procureur général ukrainien Viktor Shokin et l'empêcher ainsi de continuer à enquêter sur les malversations de son fils Hunter Biden avec la compagnie de gas pour laquelle "travaillait" le fils Biden. Mais bien entendu pas un mot sur le sujet:

http://andrenaef.blog.tdg.ch/archive/2020/03/05/trump-le-commencement-de-la-fin-304826.html

Pour en revenir au virus, je terminerai par cet article sur le roman assez incroyable de Dean Koonitz intitulé The Eyes Of Darkness publié en 1981 et dans lequel un virus nommé Wuhan-400 (!!!) décime une partie de la population mondiale.

https://www.dailymail.co.uk/news/article-8053063/Did-1981-Dean-Koontz-thriller-Eyes-Darkness-predict-coronavirus-outbreak.html

et finalement ce site de Johns Hopkins University pour suivre la progression du virus dans le monde:

https://www.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6

Écrit par : Arthur | 09 mars 2020

Dans un futur peut-être pas si lointain, il faudra peut-être s'intéresser pénalement aux responsables politiques suisses qui n'ont pas fait, sciemment, ce qu'il fallait faire quand cela aurait été encore possible. Quant aux journalistes, à de rares exceptions, c'est anthropologiquement la classe d'individus la plus basse qui existe de nos jours.

Écrit par : UnOurs | 09 mars 2020

Le Raoult du jour :

https://youtu.be/pb8Q1yr2cjo

Écrit par : Franck Boizard | 09 mars 2020

C'est bien à cause de toutes ces mesures de protections imparfaites que je les complète en proclamant, à vois haute, le Psaume 91 tout les matins à mon réveil. Et j'y crois.Je prie aussi, avec mes amis intercesseurs, pour les Autorités afin qu'elles prennent des décisions prudentes et avec sagesse et qu'elles n'oublient pas de chanter l'hymne national "Suisse, espère en Dieu toujours". Nous prions pour l'ensemble de la population que dans leur détresse ils invoquent le Tout Puissant, le Créateur du ciel et de la terre, nous prions pour le personnel soignant etc.etc. Nous méditons certaines prophéties(Ezechiel 22:30), nous nous emparons des promesses de Dieu(Jean 16:33) nous saisissons les avertissements(Matth. 24)les conseils(2Chron.7:14) oui, je parle de ce que personne d'autre ne parle: LA BIBLE.

Écrit par : ARPAGAUS Gabriella | 09 mars 2020

Un roman écrit en 1981… (sur les crimes contre l'humanité)

Dans son livre «Les Yeux des ténèbres», l’écrivain américain Dean Koontz avait imaginé en 1981 une «arme biologique» appelée Wuhan-400. Une coïncidence troublante.

Ainsi, dans la deuxième partie de son livre, l'auteur imagine une arme biologique développée en laboratoire et capable de tuer tout être humain.

Extraits:

«Le Wuhan-400 est une arme parfaite Il n’affecte que les êtres humains. Comme la syphilis, le Wuhan-400 ne peut pas survivre en dehors d’un corps humain vivant pendant plus d’une minute, ce qui signifie qu’il peut contaminer de façon permanente des objets ou des endroits entiers».

La fiction ressemble étrangement à la réalité, notamment s'agissant du développement du chaos, dans les provinces, dans les villes. Mais dans le récit de Dean Koontz, le virus a des effets beaucoup plus graves que ceux causés par l’épidémie actuelle.

Un scénario catastrophe qui fait froid dans le dos. Les similitudes entre l’oeuvre de l’écrivain américain et l’actualité sont nombreuses et ont de quoi laisser perplexe.

Il y a cinquante ans, à lécole de recrue, on nous parlait déjà des armes chimiques et bactériologiques. Dans l'Histoire récente, ce sont l'utilisation d'armes chimiques qui ont marqué les esprits. Bizarre, les armes bactériologiques (bien plus discrètes, bien plus "secrètes"), c'est silence radio...

Écrit par : petard | 10 mars 2020

"Et si on tuait les gens que l'on n'aime pas?"

A revoir l'excellent "Armée Des Douze Singes" de Terry Gilliams.

Écrit par : UnOurs | 10 mars 2020

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