13 mars 2020

Coronavirus: Pourquoi une pandémie seulement maintenant?

D'après le news ticker du Matin, l'Organisation Mondiale de la Santé définit l'épidémie mondiale de Coronavirus comme une "pandémie" depuis le 11 mars. Sans doute de quoi justifier que l'Allemagne vole des masques de protection achetés par la Suisse.

Le Covid-19 est désormais une pandémie

Le Covid-19 est désormais une pandémie, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Son directeur général Tedros Adhananom Ghebreyesus a annoncé mercredi à Genève ce nouveau statut.

Cette situation «ne change pas» la réponse que l'organisation apporte, a-t-il déclaré devant la presse, déplorant «une telle attention sur un mot» depuis des semaines. Et d'appeler au calme. «Chaque branche et chaque citoyen doit être actif», affirmé le directeur général.

M. Tedros s'est dit alarmé par l'augmentation du nombre de cas et du nombre de pays affectés. Mais aussi par celui de l'«inaction». Depuis deux semaines, le nombre de cas en dehors de la Chine a été multiplié par treize et celui de pays affectés par trois.


L'alarme du nombre de cas, du nombre de pays affectés, du nombre de décès, de l'inaction (?)... Pourquoi pas.

D'après le Larousse, une pandémie est une "épidémie étendue à toute la population d'un continent, voire au monde entier." La définition de l'OMS est évidemment plus compliquée. Dans le langage courant, on retiendra qu'une pandémie, pour être qualifiée comme telle, doit correspondre à une transmission interhumaine avérée dans plusieurs pays, infectant un grand nombre d'individus, et dépassant les capacités de traitement des systèmes médicaux locaux.

On comprendra donc que l'épidémie de Covid-19, selon son nom officiel, correspond depuis des mois à une pandémie. Alors pourquoi ne pas la qualifier ainsi? Sur le site TopSanté, un journaliste fait des efforts méritoires pour défendre le refus de l'OMS de qualifier de pandémie l'épidémie mondiale de Coronavirus:

Selon l'OMS, le Covid-19 ne répond pas totalement à la définition de pandémie. "Pour l'heure, nous n'assistons pas à la propagation mondiale ‎incontrôlée de ce virus, et nous n'assistons pas au développement à ‎grande échelle des formes sévères de la maladie ou du nombre de ‎morts‎", avance Tedros Adhanom Ghebreyesus (Directeur général de l'OMS) à l'occasion d'une allocution à l'OMS le 24 février. [Ce jour-là, il y avait 2'699 mort...] (...)

Le terme pandémie fait peur. Selon [le Directeur général de l'OMS], "utiliser le mot pandémie ne correspond pas aux faits à l'heure actuelle, mais cela pourrait certainement causer des peurs. Ce n'est pas le moment de se focaliser sur le mot qu'on utilise : cela n'évitera aucune infection ni ne sauvera aucune vie".


Certes, utiliser les bons mots ne sauvera pas des vies ; mais cela fera changer de mains de vastes sommes d'argent. Car tout ceci n'est qu'une histoire de gros sous...

Financer les crises sanitaires

Que ce soit le SRAS, l'Ebola ou le MERS-CoV pour n'en citer que quelques-unes, l'OMS s'est souvent retrouvée dans une situation compliquée lorsqu'une crise épidémique survenait dans des pays pauvres.

L'OMS est chargée d'assister financièrement les pays touchés par de nouvelles maladies, et tente toujours de trouver des financements. Cette aide, nécessairement d'urgence, peut souvent être assumée localement lorsque la crise éclate dans un pays riche. Il suffira alors de rembourser à posteriori les frais engagés. Mais lorsque le ou les pays touchés sont des pays pauvres, l'opération est plus compliquée, puisqu'il faut alors avancer directement l'argent au moment de la crise. Les pays alentours sont peut-être tout aussi pauvres, et les pays riches à des milliers de kilomètres de là ne se sentent pas forcément concernés, ou tout au moins pas autant que si l'affaire avait lieu sous leurs fenêtres.

C'est pour résoudre cette situation problématique que des experts financiers de la Banque Mondiale ont mis au point un outil particulier, le Fonds Obligataire de Pandémie, encore appelé Outil de financement d'urgence pandémique ou encore PEF. On peut en trouver une explication sur Wikipédia.

Voilà comment cela fonctionne: le produit financier est créé avec une durée de vie, par exemple trois ans, et un rendement garanti, par exemple, 6.9% annuels au-dessus du taux interbancaire de base, le fameux LIBOR. Disons-le franchement, c'est un très joli taux.

Les investisseurs peuvent y souscrire librement. S'ils placent un million de dollar dans le pot, ils toucheront au moins 69'000 dollars annuels garantis, et au bout des trois ans, récupèreront leur mise.

Tout cela a l'air d'un moyen simple de se faire facilement de l'argent sans danger (les intérêts sont payés par la Bundesbank et la Bank of Japan, deux institutions qu'on n'imagine pas disparaître après-demain) mais il y a forcément un piège. Si une pandémie se déclare pendant la durée de vie du fonds, l'argent investi sera utilisé pour lutter contre la pandémie, et les investisseurs ne retrouveront jamais leur capital.

Et c'est exactement ce qui vient de se passer.

Les pandémies, ces catastrophes qui n'arrivent jamais

Le monde financier adore niveler les risques pour créer une gamme de produits. Par exemple, lors de la crise des subprimes, les hypothèques étaient regroupées dans des "tranches" d'instruments financiers ad-hoc notés de AAA à BBB ou moins selon la solvabilité des emprunteurs et leur risque de défaut. On appelle cette technique la titrisation.

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Dans le cas qui nous concerne, la Banque Mondiale conçut en 2017 deux obligations à destination de l'OMS pour plusieurs centaines de millions de dollars et une durée de trois ans, arrivant à maturité en juillet 2020.

La première obligation, de classe "A" car la moins susceptible de se déclencher, avait un rendement annuel de 6.9%. L'obligation se déclenchait si une pandémie était identifiée avec plus de 2'500 morts dans un pays donné et plus de 20 dans un autre, énonce le prospectus de l'instrument financier. 225 millions de dollars furent récoltés par ce biais.

Une seconde obligation, de classe "B" car plus risquée, avait un rendement annuel de 11.5%, mais des conditions de déclenchement plus facilement atteintes, d'où la prime de risque plus importante. L'obligation rassembla une souscription de 95 millions de dollars.

La Banque Mondiale dispose d'une souscription de 425 millions de dollars avec ces diverses obligations "médicales" non cotées. Pendant deux ans, des investisseurs privés purent bénéficier d'un excellent rendement alors que le monde était calme. Puis survint l'épidémie de Coronavirus à Wuhan.

Voilà pourquoi l'OMS a mis tant de temps à annoncer que la pandémie de Covid-19 en était bien une: pour ne pas faire perdre leur argent à de puissants groupes financiers. Pour que cela fonctionne, il aurait fallu tenir jusqu'au mois de juillet et l'expiration des obligations, une perspective de moins en moins tenable alors que la pandémie frappe furieusement le monde entier.

En février, l'OMS pouvait y croire encore: après tout, le virus n'avait fait "que" 2'700 morts en Chine et pas encore 20 victimes dans d'autres pays. Mais l'OMS n'a pas le privilège de décréter seule que les conditions de déclenchement de l'obligation sont réunies. Cette décision est déléguée à une société privée de Boston, AIR Worldwide Corporation, spécialisée dans la modélisation des catastrophes.

Nous avons tous pu le voir de nos propres yeux, les dirigeants de l'OMS se sont battus non pas pour déclarer la pandémie, mais pour ne pas le faire - afin de préserver les intérêts des investisseurs. Tant pis si l'argent manquait sur le terrain. Cet épisode est à garder en tête la prochaine fois que quelqu'un vient vous expliquer qu'une institution internationale est le seul organisme préservé de tout conflit d'intérêt et à même de gérer une crise mondiale.

Comme tous les instruments financiers de ce type, les PEF sont bien plus prévus pour le monde financier que pour les populations que les obligations sont censées aider. Les conditions de déclenchement (nombre de victimes, diffusion) sont conçues pour être difficiles à atteindre. Pendant l'épidémie d'Ebola du Kivu, qui fit plus de 2'000 morts, les obligations de l'OMS ne délivrèrent des fonds qu'au treizième mois de la crise, et pour un montant de seulement 31 millions de dollars. De l'argent en faible quantité et arrivant bien trop tard sur le théâtre des opérations.

Les PEF seront forcément revus à l'issue de la pandémie de Coronavirus. Le chef économiste de la Banque Mondiale Lawrence Summers les qualifie de "faute embarrassante". Les arguties sur l'utilisation du terme ont malheureusement contribué entre-temps à atténuer la perception de la gravité de la crise par le grand public.

En attendant, qui aurait cru que l'utilisation du terme de pandémie dépende finalement d'intérêts financiers liés à l'OMS? La définition du Larousse est à revoir.

Commentaires

Excellent billet.

Comme toujours votre lucidité met les mensonges de nos gouvernements sous une lumière si forte qu'ils se décomposent instantanément, tels des vampires aux premières lueurs du jour.

Ceci dit, l'article suivant et ses commentaires valent le détour:

https://www.lefigaro.fr/voyages/coronavirus-les-pays-qui-restreignent-l-acces-aux-touristes-francais-20200311

Écrit par : Arthur | 13 mars 2020

Ne manquez pas ce grand moment de totale hypocrisie journalistique signée Vincent Bourquin, du Temps bien sûr, qui plaide dans Forum à 18h55 pour le report des votations du 17 mai. Ben oui, vu le coronavirus, les gens risqueraient un peu trop de voter "Oui".
A ne pas rater, c'est un grand moment. La racaille journalistique se met à nu...

Écrit par : Géo | 15 mars 2020

De trop nombreuses personnes ne se rendent toujours pas compte de la gravité de la situation, en particulier les jeunes qui se croient toujours à l'abri à cause de ce que leur ont fait croire à tort les médias et les politiciens. Tout le monde devrait lire ce qui suit et le partager:

https://www.lefigaro.fr/politique/c-est-terrible-le-temoignage-glacant-de-jean-rottner-medecin-et-president-de-la-region-grand-est-20200315

De même cette émission:

https://www.youtube.com/watch?v=mWagayHjxDI

Le pire de tout dans cette histoire c'est le déni total des mondialistes, pétris dans leur idéologie sans-frontièriste:

-le p'tit Macron, qui dans une telle situation de crise ose encore mettre les gens en garde contre le "repli nationaliste."

-le vieux Biden qui accuse Donald Trump de xénophobie pour avoir stoppé l'accès des USA aux européens de l'espace Schengen.

-L'UE déclarant que cette décision de Trump est inacceptable.

-Berset, la gauche, la droite et les médias qui accusaient l'UDC d'alarmer le peuple en demandant la fermeture des frontières.

Désormais, l'Allemagne a fermé ses frontières et bien d'autres pays, alors pour ne pas perdre la face Macron parle de décision coordonnée:

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/l-allemagne-va-fermer-lundi-partiellement-ses-frontieres-20200315

De plus, l'Allemagne a refusé de livrer du matériel sanitaire et des masques à l'Italie qui en demandait de toute urgence si bien que c'est la Chine qui s'en est chargée. Cela s'appelle la solidarité européenne! Ah cette belle union européenne dont les membres ne manquent pas une occasion de s'entraider! C'est bien ce qu'on nous avait vendu ou je me trompe? Dans ce cas, comme par hasard, personne ne parle de repli sur soi égoïste.

Je ne parle pas de Véran, ministre de la santé, qui dans un accès de crise de bienpensance affirme que le mot "super-contaminateur" utilisé par un médecin, doit être changé car beaucoup trop stigmatisant pour les personnes qui le seraient (voir vidéo ci-dessus)

Voilà, comme prévu c'est trop tard, beaucoup trop tard, toutes les décisions ont été prises trop tard, mais l'essentiel est sauf, car il ne fallait surtout écouter les méchants populistes. il faut dire que l'on n'est pas à quelques milliers de morts près quand il s'agit de sauver l'honneur et l'idéologie!

Le roi est nu ou presque. Il ne lui reste qu'un string tout au plus, mais ça ne saurait durer vu ce qui nous attend, à savoir le "vivre ensemble" avec le virus qui lui ne fera pas de quartier!

Prenez bien soin de vous Monsieur Montabert et encore merci!

Écrit par : Arthur | 15 mars 2020

Vous avez le mérite de faire partie de ceux qui ont vu la crise venir avant tout le monde. Nos journalistes subventionnés, confortablement installés dans leur routine et ne faisant plus aucun travail d’investigation se sont pris la vague du Covid-19 en pleine figure, tout comme pour l’élection de Trump il y a trois ans.
En revanche, cette crise donne des ailes aux Verts. J’entends déjà ici ou là que « quand on veut, on peut », et que donc la même mobilisation doit être engagé face au réchauffement climatique.

Écrit par : Henri | 16 mars 2020

Ou donne des ailes à l'état tout court:
http://h16free.com/2020/03/16/65622-coronavirus-dune-pierre-quatre-coups

Écrit par : Henri | 17 mars 2020

Avez-vous remarqué le "black-out" médiatique sur ce médecin ?

https://www.youtube.com/watch?v=n4J8kydOvbc

Écrit par : UnOurs | 17 mars 2020

Cette vidéo sur le sujet vaut son pesant d'or: magistrale, réaliste, et malgré tout humoristique.

https://www.youtube.com/watch?v=HlMXnKJhqfA

Écrit par : Arthur | 19 mars 2020

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