19 septembre 2020

La Juge Ruth Bader Ginsburg de la Cour Suprême est décédée

La Cour Suprême américaine a annoncé ce vendredi le décès de la juge Ruth Bader Ginsburg, des "complications métastatiques d'un cancer du pancréas", à 87 ans.

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Ruth Bader Ginsburg en 2012.

L'heure est aux politesses et aux hommages, donc et y compris par Donald Trump. On célèbre la fille d'immigrants juifs de Brooklyn, parvenue petit à petit à accéder au sommet du pouvoir judiciaire... Mais au-delà de l'éloge panégyrique de circonstance, les médias encensent surtout la juge la plus "progressiste" de la cour.

Il faut comprendre ce que cela veut dire. Ruth Bader Ginsburg ("RBG" selon son acronyme) a été nommée par Bill Clinton en 1993. Loin de la "modérée" sous l'étiquette de laquelle elle fut présentée, elle s'est avérée en pratique une des plus gauchistes et des plus engagées politiquement de tous les juges de la Cour Suprême américaine, partageant ce triste honneur avec Sonia Sotomayor nommée par Obama en 2009.

En d'autres termes, RGB n'a eu de cesse que de fouler aux pieds son rôle d'interprétation de la Constitution des États-Unis. À la place, elle a toujours statué avec comme seul objectif de pousser tous les sujets qui lui tenaient à cœur politiquement ou sociologiquement. Permettant à l'occasion à la Cour suprême de basculer en sa faveur, elle fut en faveur de:

  • toutes les initiatives de vote par correspondance (qui ne cesse de créer la polémique aujourd'hui) ;
  • l'immigration par tous les moyens ;
  • le rejet de toute tentative de renvoi de quelque immigré que ce soit, quelles que soit les raisons (même les pires criminels de sang) ;
  • l'avortement et l'infanticide (avortement jusqu'au terme de la grossesse, y compris pendant l'accouchement) ;
  • le mariage homosexuel ;
  • l'abaissement de l'âge du "consentement raisonné" aux relations sexuelles à douze ans ;
  • la validation constitutionnelle de l'Obamacare ;
  • l'approche raciste de la discrimination positive.

La liste n'est pas exhaustive. On comprend le désarroi des gauchistes radicaux américains sur Twitter.

La juge était malade depuis plusieurs années. Elle avait néanmoins refusé de démissionner sous la Présidence Obama, estimant préférable de céder sa place sous l'Administration (Hillary) Clinton qui devait lui succéder en 2016. Les citoyens américains lui jouèrent un bien mauvais tour en élisant à sa place Donald Trump. Dès lors, plus question de démissionner et de laisser à Trump le choix de son successeur!

RBG choisit donc de se maintenir à son siège coûte que coûte, malgré son grand âge et une santé déclinante, s'absentant souvent et pour de longues périodes alors qu'elle subissait des interventions médicales et des thérapies liées au cancer qui la rongeait. Il  arriva plusieurs fois à la vieille dame de s'évanouir en public. À plusieurs reprises, la Cour suprême dut siéger à huit au lieu de neuf, ce qui entraîna des troubles de son fonctionnement et supprima temporairement son rôle d'établissement de la jurisprudence.

Malheureusement pour elle, son heure arriva trop tôt. Trump est toujours Président, et il est en mesure de décider de son successeur. Le fera-t-il pendant le mois qui nous sépare de l'élection? C'est possible - après tout il est parfaitement en droit de le faire. Trump a toujours mis la nomination des juges au cœur de son mandat (c'est un aspect de sa Présidence bien peu couvert par les médias) et les Républicains contrôlent toujours le Sénat avec 53 sièges. Mieux encore, face aux critiques de la gauche, Trump a établi depuis longtemps une liste officielle des personnalités qu'il envisageait pour une future nomination à la Cour Suprême. Autant dire que tout est prêt. Mais Trump pourrait aussi sportivement choisir d'attendre les élections de novembre, galvanisant les deux parties en montant les enchères de l'élection.

L'équilibre de la Cour Suprême est fragile. Les juges Clarence Tomas et Samuel Alito sont les plus conservateurs dans le respect de la Constitution. Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh (pourtant tous deux nommés par Trump) ainsi que John G. Roberts Jr., le juge en Chef, sont souples dans leur interprétation ; Stephen Breyer, Elena Kagan et Sonia Sotomayor la négligent clairement pour laisser libre court à leurs convictions de gauche, et viennent de perdre Ruth Bader Ginsburg dans leur camp.

La place est donc libre pour que la nomination d'un futur juge réellement constitutionnaliste ramène enfin l'équilibre dans une institution qui a beaucoup perdu en crédibilité dans l'histoire récente à force de se rallier à l'opinion politico-médiatique du moment, plutôt qu'à la Constitution américaine. Et ce choix pourrait influer sur le comportement de la Cour pendant plusieurs décennies.

14 septembre 2020

Le retour des avions de combat

Les avions de combat ne volent pas beaucoup en Suisse, mais ils font parler.

Ce 27 septembre sera l'occasion de voter une nouvelle fois sur un projet d'acquisition d'avions de combat pour l'armée helvétique. Cette fois-ci, le peuple est amené à se prononcer sur le projet, et non le modèle d'avion. C'est une évolution par rapport à la votation précédente, en 2012, qui avait vu le peuple refuser le Gripen suédois à la suite de houleuses discussions.

Ce blog existait déjà. J'avais pris position sur le sujet à l'époque et évoqué le point le plus crucial du débat: la Suisse n'a plus d'armée de l'air depuis plus de vingt ans. Elle est incapable de mener une guerre aérienne, quelle qu'elle soit. Sa flotte vieillissante est trop petite. Même si ce budget était approuvé par le peuple, cela n'y changerait rien. Il concerne trop peu de nouveaux appareils.

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Les antimilitaristes de tout poil peuvent aller se recoucher. La question de doter l'armée helvétique d'une composante aérienne performante n'est plus à l'ordre du jour. La question s'est posée il y a plusieurs décennies. La réponse est Non.

Nous discutons ici d'une éventuelle police de l'air.

Une police de l'air est capable de mener, ponctuellement, des opérations de police, c'est-à-dire des missions d'ampleur très limitée et en temps de paix. Escorter un appareil en perdition. Aller à la rencontre d'une menace non identifiée pour rendre compte. Participer à des exercices d'alerte avec nos voisins. Assurer une couverture aérienne lorsque des VIP du monde entier s'invitent à Davos.

Que le Oui ou le Non l'emporte ne m'empêchera pas de dormir - bien moins que la dissolution du peuple suisse, elle aussi en votation le même jour - mais, pour des questions de cohérence, on peut s'interroger.

Quelle image la Suisse donnera-t-elle d'elle-même à ses voisins, si elle leur délègue l'entièreté de sa souveraineté aérienne par le biais d'accords d'entraide? Ceux-ci ne pourraient-il pas relever un certain manque de réciprocité? Quelles cocardes arboreront les chasseurs survolant Davos la prochaine fois que la kermesse mondialiste aura lieu? Ce sont des questions que même les écologistes les plus arc-boutés dans leur mépris de l'uniforme devraient se poser.

En guise de réflexion, nous avons l'intervention de M. Daniel Brélaz au Conseil national. Bien que celle-ci fasse rire au-delà de nos frontières, j'ai eu la surprise de retrouver les mots de l'ancien Syndic écolo de Lausanne dans de nombreuses bouches lors des moindres discussions sur le sujet. Pour mémoire, la vidéo se retrouve sur Facebook avec les trois arguments du politicien:

  1. On traverse la Suisse en 8 minutes pour un jet, des avions n'auraient pas le temps d'intervenir;
  2. La Suisse n'est entourée que de pays amis;
  3. Si des avions ennemis venaient de plus loin (Russie, Chine) et parvenaient jusqu'à nous, cela voudrait dire que l'OTAN aurait "perdu" et ce ne serait pas la Suisse avec ses quinze avions qui changerait quelque chose.

Le point 3 a déjà été évoqué ci-dessus et je rejoins parfaitement M. Brélaz. La votation ne concerne pas l'équipement d'une armée de l'air viable.

Le point 2 est très discutable - surtout si on considère que les avions de chasse durent une trentaine d'année au moins. Il faut l'assurance d'un écologiste capable de prédire le climat en 2100 pour affirmer qu'aucun danger ne pointe à l'horizon à trente ans. Les homo sapiens de base n'ont pas ces capacités.

Mais le point 1 - le plus cité - est le plus dangereusement faux. Non seulement des intercepteurs en état d'alerte sont parfaitement capables d'atteindre des avions en altitude de croisière (à 10 kilomètres d'altitude) en moins de huit minutes depuis le sol, n'en déplaise à M. Brélaz, mais penser que les avions nationaux réagissent au moment où la menace franchit la frontière est une absurdité à la limite de l'insulte. Et le fait que ces fadaises tournent en boucle dans les débats autour du sujet en dit long sur les capacités de réflexion de ceux qui les ânonnent.

Non, les radars helvétiques (ou de n'importe quel pays d'ailleurs) ne s'arrêtent pas aux frontières. La coordination aérienne internationale permet tout à fait d'intercepter un appareil au moment où il atteindrait le territoire national suisse. Parce qu'il aurait été détecté bien avant.

Si on suit le raisonnement de M. Brélaz, aucun pays de taille similaire à la Suisse ne devrait disposer d'avions de combat. L'Autriche en dispose pourtant (15 Eurofighters), la Belgique (59 F-16), les Pays-Bas (61 F-16) ou tout autre pays que je me suis donné la peine de consulter - avec souvent une flotte en meilleur état que celle de la Suisse. Même la Roumanie dispose de 12 F-16 et 35 MIG-21! La Roumanie!

Alors, sur le thème du budget pour l'achat des avions de combat, votez bien comme vous voulez, mais, de grâce, ne répétez pas les fadaises débitées par le premier politicien anti-armée qui passe à la télé.

07 septembre 2020

Quand la Suisse vote sa disparition

Le 27 septembre, le peuple suisse aura l'insigne honneur d'approuver sa dissolution.

Reconnaissons l'inventivité helvétique, matérialisée dans les votations (pour le peuple) ou dans l'association Exit (pour les individus): le libre choix donné à chacun de se supprimer.

Arguties juridiques

L'initiative pour modérer l'immigration proposée le 27 septembre est une absurdité. Le peuple a déjà voté le 9 février 2014 contre l'immigration de masse. Le Oui l'a emporté, mais les électeurs n'ont pas compris la question, a-t-on dit ; et puis la mise en œuvre de l'initiative aurait posé problème, a-t-on ajouté, et enfin, à l'instar de tant d'autres textes, on a fait fi de toute application constitutionnelle, une façon pratique de jeter à la poubelle le choix des citoyens.

Un article aussi simple que "La Suisse gère de manière autonome l’immigration des étrangers" est devenu une phrase alambiquée et incompréhensible pour la classe politique à Berne, et donc inapplicable. Voilà ce qui se passe quand on élit des avocats!

"Si voter changeait quelque chose, il y a longtemps que ça serait interdit!" disait Coluche. La variante suisse est plus subtile: si une votation est gênante, on revote. Les Suisses se sont volontiers gaussés des pays vivant sous le joug de Bruxelles et votant et revotant sur les Accords de Maastricht ou le Traité de Lisbonne, mais à domicile ils ne font pas mieux. Le Renvoi des Criminels étrangers est un bon exemple. On l'approuve, mais ensuite les pouvoirs publics en trahissent autant la lettre que l'esprit. Un second texte tente alors de resserrer les boulons, mais cette fois-ci il échoue. Super! Continuons à garder chez nous les violeurs, les fraudeurs et les escrocs à l'aide sociale! Faites-vous plaisir les gars!

Alors, le 27 septembre 2020, on vote pour confirmer ou infirmer le vote du 9 février 2014. Par une loi non-écrite, mais de portée supérieure à la Constitution, toute initiative déplaisant aux autorités doit être approuvée au moins deux fois. Et ça marche. La manœuvre a fonctionné avec le Renvoi des Criminels étrangers, et tout porte à croire qu'il en sera de même avec l'Immigration de masse.

Pourquoi les citoyens votent-ils différemment à quelques années d'écart? C'est comme si, effrayé de sa propre audace d'avoir osé prendre une décision contraire dans le secret des urnes, le citoyen suisse se rabattait honteusement vers la Bonne Opinion dès que l'occasion se présentait. Vous savez, la Bonne Opinion! Celle martelée par les médias, tous, absolument, du matin au soir, citant pour l'occasion d'innombrables "associations émanant de la société civile" dont on apprend l'existence deux mois avant la votation, et qui disparaissent une semaine après. Vous ne trouverez jamais un journaliste s'enquérir du nombre de leurs membres cotisants, et pour cause...

Selon moi, cette transformation de l'opinion publique entre une première votation et une deuxième - quelques pourcents suffisent à faire basculer la majorité - vient d'un travail de fond des médias. À bon chat, bon rat. Les médias suisses sont peut-être parmi les meilleurs du monde lorsqu'il s'agit de modeler l'opinion de la population. Ils apprennent de leurs erreurs et ajustent le tir, sans relâche, lorsqu'il s'agit de faire passer les messages qu'il faut.

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La relation entre le grand public suisse et ses médias (vue d'artiste)

Le Principe de Réalisme

Avouons-le, la campagne sur l'initiative pour modérer l'immigration est consternante. Du côté de des (dérisoires) partisans et de leurs affiches déchirées par principe, on enfonce les portes ouvertes: la Suisse se bétonne à tour de bras, les transports sont bondés, les mécanismes d'aide sociale s'effondrent, et les Suisses qui ont eu le plaisir de goûter au chômage réalisent que la sous-enchère salariale n'est pas une vue de l'esprit.

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Qui ignore encore tout cela? Personne. Qui souhaite une Suisse contenant 10 millions d'habitants? Personne. Pas même les adversaires de l'initiative!

Mais peu importe, finalement. Le piège se referme grâce au judicieux Principe de Réalisme, une menace cynique qui explique grosso-modo qu'il vaut mieux choisir une mort lente à une mort rapide. La mort rapide, c'est la fâcherie avec Bruxelles, les droits de douane à l'exportation, l'effondrement des accords bilatéraux, la faillite, la famine, l'apocalypse!

La mort lente, eh bien, comment dire, c'est ce que vit la Suisse depuis son passage de l'ombre à la lumière avec l'adoption de la libre-circulation il y a un peu moins de vingt ans. Toujours plus de gens, de criminalité, d'assistance de toute sorte et d'avantages au bénéfice exclusif des étrangers, toujours moins d'argent et d'espaces verts pour tout le monde, une transformation massive de la population-type du pays, jusqu'à ce que vienne votre tour d'en crever.

Cela ne vous fait pas rêver?

L'offensive médiatique contre l'initiative se résume donc à susciter la terreur du plus grand nombre. Les visions de cauchemar délivrées par des "experts" succèdent aux doctes graphiques d'import-export avec l'UE, comme si l'Europe allait se refermer comme une huître si la Suisse avait l'audace de choisir qui vient s'installer chez elle. Le 27 septembre, on ne vote pas pour une initiative. On vote pour la fin du monde, ni plus ni moins.

Qui oserait voter pour la fin du monde?

Nostalgie d'un monde perdu

La déliquescence de la Suisse est avancée. En tant que Français d'origine immigré en Suisse depuis plus de vingt ans, je peux contempler la lente descente aux enfers d'un pays qui fut autrefois souverain, respecté, et prospère.

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Une des affiches mensongères du Comité inter-partis opposé à l'initiative

Certains des plus jeunes qui voteront le 27 septembre n'auront connu au cours de leur adolescence qu'une Suisse ouverte aux quatre vents de la libre-circulation. Ils se préparent à un avenir difficile avec de sombres perspectives d'emploi et de carrière, écrasés par le loyer et les primes d'assurances, sans réaliser qu'il n'en a pas toujours été ainsi.

La libre-circulation a tellement eu le temps de s'installer que ceux qui se rappellent de la Suisse d'avant semblent parler d'une époque surannée. Je suis pourtant arrivé en Suisse à la grande époque des permis de travail, des quotas, des frontières gardées et d'une criminalité pour ainsi dire anecdotique. De vieux immigrés italiens installés à Renens depuis un demi-siècle pourraient vous en conter davantage ; mais tous ces gens sont bien parvenus à s'installer dans le pays sous ce régime, dont ils se souviennent d'ailleurs avec beaucoup de nostalgie.

Les adversaires du texte font comme si toute immigration allait cesser du jour au lendemain avec la fin de la libre-circulation. C'est absurde.

À l'époque des quotas, les autorités politiques travaillaient main dans la main avec les représentants de l'économie pour définir la quantité de main-d’œuvre autorisée à venir en Suisse annuellement dans chaque branche - donc, un arbitrage de ce que la Suisse était en mesure d'absorber, selon de multiples aspects. Jamais les services de santé n'auraient manqué d'aide-soignantes à cause des quotas, par exemple ; c'est ce qui rend l'affiche ci-dessus particulièrement mensongère.

Cette approche âprement négociée avait l'immense avantage de freiner les apôtres de la sous-enchère salariale. On ne pouvait pas faire venir n'importe qui de n'importe où pour faire n'importe quel travail moins cher, comme aujourd'hui. (Et je ne parle même pas de tous les étrangers qui viennent s'installer sans travailler du tout.)

Il fallait trouver certains spécialistes à l'extérieur, certes, une contrainte qui permettait aux jeunes diplômés suisses d'avoir d'excellentes perspectives de carrière, même sans expérience. Les Suisses moins bien formés avaient quant à eux des opportunités d'emploi et de formation, parce qu'on ne pouvait pas se contenter d'aller chercher dans le bassin de l'Union Européenne le moindre serveur, le moindre manutentionnaire, le moindre boutiquier, au moindre prix.

Cela permettait à l'époque des opportunités devenues quasiment impensables aujourd'hui. Former un employé ayant fait ses preuves pour qu'il assume de plus hautes responsabilités. Prendre un jeune prometteur à l'essai dans un poste pour lequel il apprendrait sur le tas. Proposer un emploi à un candidat de cinquante ans et plus.

Aujourd'hui, les employeurs ne se posent plus ces questions. Ils piochent l'individu le plus adapté dans toute l'Europe et les autochtones peuvent aller se faire voir. Les plateformes de petites annonces d'emploi en ligne sont prises d'assaut par 500 millions d'Européens qui savent qu'ils peuvent venir s'installer ici du jour au lendemain, les autorités y pourvoiront. Et si leur salaire n'est pas suffisant pour couvrir leur mode de vie, les mécanismes d'aide sociale financés par les contribuables prendront le relais.

Devant ces rivières d'argent de redistribution, les contribuables qui travaillent encore s'étonnent de voir année après année une pluie ininterrompue de nouvelles taxes...

La trahison de la gauche

L'ancien monde était tiraillé entre le patronat sauce libérale-radicale visant à diminuer le coût de la main-d’œuvre, et la gauche syndicaliste visant à préserver l'emploi et le haut niveau de salaire de ses membres. La droite agrarienne était quant à elle peu concernée par ces débats, tant qu'elle pouvait bénéficier de main d’œuvre saisonnière.

La bascule eut lieu en Suisse comme dans d'autres pays européens lorsque les édiles de la gauche décidèrent d'abandonner les travailleurs modestes au profit des immigrés, perçus comme un profil politiquement plus porteur.

En guise de Damné de la Terre, l'immigré est un meilleur poulain que le travailleur modeste parce que par définition il n'a même pas d'emploi en arrivant. Disponible en quantité illimitée, l'immigré a des besoins encore plus gros (nourriture, logement, vêtements, soins, éducation, formation) et donc d'une bureaucratie bien plus conséquente pour administrer toute cette aide dont il a si cruellement besoin. L'approche matérielle permit aussi à la gauche de vendre plus aisément le paradigme aux barons de l'économie semi-privée, en charge de pourvoir à ce nouveau marché juteux.

La libre-circulation serait l'arme de choix pour mettre en place ce nouvel équilibre. La classe moyenne serait quant à elle le dindon de la farce, obligée de financer par l'impôt sa propre disparition, vilipendée par les médias pour sa mal-pensance, martyrisée au quotidien par des doses de plus en plus fortes de vivre-ensemble...

Honnêtement, la transformation du pays est déjà très avancée. Sur le plan de la pure observation sociologique, il suffit de prendre le train ou le bus aux heures de pointes ; d'écouter les langues parlées autour de soi dans la rue ou au sortir des écoles ; d'égrener la longue litanie des revendications communautaristes ; de contempler les statistiques des prisons ; de contempler les mosquées qui se remplissent et les églises qui se vident - en attendant qu'elles brûlent, comme en France. Certes, ce phénomène concerne bien plus les villes que les campagnes, mais les campagnes ne resteront pas éternellement à l'abri. Elles subiront le même sort que le reste, avec juste un peu de retard.

Le vote du 27 septembre 2020 est un baroud d'honneur, pour ceux qui en ont encore. Il est peu probable d'ailleurs qu'il change quoi que ce soit, même si l'initiative pour modérer l'immigration est acceptée. La classe politique suisse a refusé le vote du 9 février 2014 et les citoyens ne lui en ont pas tenu rigueur ; il est donc tout à fait improbable que le traité de libre-circulation avec l'Union Européenne soit dénoncé, même si le Oui l'emporte.