30 juin 2021

La Fabrique à Benêts

Ce mois de juin finissant, la réforme de l'orthographe à l'école est en marche. Dans un article (payant) dithyrambique, Le Temps expose son enthousiasme à travers son mépris pour ceux qui tentent de s'y opposer.

Il fallait bien que leur consternation s’exprime. Dans une démarche inédite, les libéraux-radicaux de Suisse romande s’unissent pour dire tout le mal qu’ils pensent de «l’orthographe rectifiée» qui devrait faire son entrée dans les écoles de Suisse romande, à la rentrée d’aout (août) 2023, a appris Le Temps. Ainsi en a voulu la Conférence intercantonale de l’Instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP), annonçant début juin cette petite révolution de langage, argüant (arguant) vouloir simplifier le français dans un esprit de cohérence. Elle en profitait aussi pour introduire une «sensibilisation» au langage épicène.

Le PLR genevois n’a gouté (goûté) ni l’art ni la manière. Il a donc pris l’initiative d’une lettre ouverte à la ministre de l’Instruction publique, Anne Emery-Torracinta, demandant de reporter sine die toute mise en œuvre de ce projet et de procéder à une concertation démocratique. Un courrier que les autres sections romandes du parti bourgeois se sont empressées de reprendre. C’est ainsi que six ministres romands ont reçu mardi cette lettre, témoin d’une double exaspération, comme l’explique le président du PLR genevois, Bertrand Reich: «Exaspération de voir l’incursion de l’Etat dans la définition du savoir. L’Etat n’est pas linguiste, sa mission doit donc se borner à transmettre celui-ci, et non à le définir.» Autrement dit, l’Etat devrait se mêler de ses ognons (oignons), puisque même l’Académie française, contrairement aux aprioris (a priori), «observe l’évolution de la langue et ne la décrète pas», note le Genevois. Exaspération, encore, de voir une organisation chargée d’assurer la coordination s’approprier un débat qui engage toute la société sans que le référendum soit possible.


La plume de Laure Lugon laisse transparaître une joie sauvage, mais elle appose tout de même l'orthographe correcte de chaque mot entre parenthèses. L'audace a ses limites! Notre journaliste ne réalise même pas qu'en agissant de la sorte, elle prouve magistralement l'absurdité de ce changement forcé. On notera aussi le mépris affiché face à la démarche du PLR, permettant de mesurer la dérive idéologique du quotidien de référence autrefois bien disposé envers le parti centriste.

Sous l'impulsion des constructivistes de gauche dès qu'ils sont aux manettes, la langue est devenue un champ de bataille. Les fronts sont multiples et vont de la lecture globale à la sexualisation forcée de l'écrit en passant par la simplification de l'orthographe. Tous les motifs sont bons pour détourner l'école publique de sa mission première, accomplie à grand-peine, l'instruction des élèves.

Comme les mouvements de voyous vandalisant les statues d'hommes auxquels ils n'arrivent pas à la cheville, c'est une guerre totale de l'existant. Du passé il faut faire table rase.

Le PLR et à dire vrai tous les gens alphabétisés devraient s'ériger contre ce sabotage d'un savoir commun. Bien des langues ont été emportées dans le flot de l'histoire mais quand on les détruit activement, c'est une trahison. Et un ridicule péché d'orgueil, en passant, des administrations romandes face aux 300 millions de francophones dans le monde. Mais ne leur jetons pas la pierre: elles ne font que reprendre les efforts constructivistes du grand frère français depuis 1990 - dont on a pu voir le peu d'effet depuis trente ans.

Malgré tous les efforts de l'école gérée par l'État, le français n'appartient à aucune administration. Vous ne trouverez pas beaucoup d'articles de presse, de livres publiés ou de pages web écrites avec les mots rectifiés, et si vous en dénichez ils risquent d'attirer davantage les critiques que les louanges. Le grand public n'est pas favorable à ces évolutions forcées. Les francophones se montrent particulièrement pointilleux, lorsqu'ils ont fait l'effort de maîtriser leur langue, envers ceux qui ne la respectent pas.

Le nœud du problème est bien là: en utilisant l'orthographe rectifiée, vous risquez surtout de passer pour un imbécile, et aucune loi ne peut empêcher cela.

L'acharnement des idéologues fera bien sûr des dégâts - en premier lieu, sur ceux qui n'ont pas le choix. Les parents qui le pourront corrigeront à la maison les dérives de l'école, ou avec des cours privés, mais d'autres n'auront ni le bagage linguistique ni les moyens disponibles pour arranger la situation. Brossés dans le sens du poil par une administration qui s’enorgueillira de la docilité de ces sujets, ces enfants traverseront toute leur scolarité en pensant qu'on leur a appris à écrire. Devenus grands, ils déchanteront lorsque le moment sera venu de chercher un emploi.

Le monde du travail est cruel ; l'épreuve d'orthographe est déjà infranchissable pour bon nombre d'aspirants policiers. Les entreprises privées ne tiennent pas de bêtisier mais vu les conseils donnés aux candidats quelque chose me dit que l'orthographe "simplifiée" n'a pas encore trouvé sa place.

En Suisse, on a compris comment aller dans le sens de l'Histoire. Très bientôt, on n'apprendra plus le français. On apprendra le fransais. Et il y aura des victimes, principalement parmi les populations les plus choyées par nos gauchistes enkystés dans les comités d'instruction publique - les immigrés et les pauvres.

20:40 Publié dans Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : école |  Facebook

Commentaires

On n'est peut-être pas arrivé au fond du puits. Après la suppression des combustibles fossiles pour les Suisses en 2030, la destruction du langage. Qu'est-ce qui leur reste à faire comme conneries, aux socialos-écolos ? Libération de tous les prisonniers, ces victimes de notre système répressif bourgeois, abolition de toute propriété privée, destruction de toute terre agricole en vue de construire des immeubles pour les millions de migrants africains prêts à venir se faire entretenir chez nous, interdiction à tout homme blanc de se présenter à une élection quelconque, nationalisation de toutes les entreprises privées...
Ils ont encore du pain sur la planche avant que les moutons ne réagissent...

Écrit par : Géo | 03 juillet 2021

Entre la destruction de l'écriture orchestrée par de pathétiques pseudo-enseignants (de gauche bien entendu) pour des raisons purement idéologiques et la destruction du langage et de l'écriture par de pathétiques pseudo-ultra-féministes (de gauche, comme il se doit) qui vomissent les hommes (blancs uniquement!) pour des raisons tout autant idéologiques, nos pauvres enfants seront “anal-fat-bêtes”, à moins que … les gens sensés ne se soulèvent et tapent du poing sur la table. La lutte ne fait que commencer!

https://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2021/07/10/feminisation-du-langage-hase-been-et-munich-culturel.html?c

Écrit par : Gérard | 12 juillet 2021

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