30 août 2021

Un parfum d'autoritarisme sanitaire

Par la voix d'Alain Berset, le Conseil Fédéral a donc communiqué mercredi dernier les changements à venir dans la gestion de la crise du Coronavirus. Nous entrons dans la "phase de consultation".

À quelle sauce seront-nous mangés?

Parmi les principales mesures envisagées, l'obligation de fournir un certificat. Son utilisation serait des plus larges, puisqu'elle concernerait pratiquement tout événement se déroulant à l'intérieur. Ainsi on compterait les restaurants, les lieux culturels et de loisirs, et les activités sportives et culturelles (musique, théâtre) en intérieur, y compris entraînements ou répétitions. Les hôtels seraient aussi concernés à partir d'une durée de séjour de plus d'une nuit.

Les rares exceptions concernent les manifestations religieuses, les funérailles et les manifestations politiques jusqu'à 30 personnes (le Centre est sauvé!) Elles démontrent au passage que même l'urgence-sanitaire-critique-et-absolue que nous traversons reste relative. Le pieux virus ne circulerait pas pendant une messe?

Seuls les jeunes de moins de 16 ans seraient dispensés de certaines de ces mesures. L'autre possibilité, bien sûr, serait d'avoir toujours sur soi un certificat ; c'est à dire, une preuve de vaccination ou un test de dépistage récent - dès le 1er octobre, aux frais de l'individu.

La fin de la gratuité des tests de dépistage nous donne un aperçu de la perversité de l'administration helvétique, référence en la matière. En effet, comme les situations l'exigent parfois, un individu éprouvant les symptôme d'un COVID potentiel pourra toujours se faire dépister gratuitement, mais ce test (s'il est négatif) ne pourra pas servir à obtenir le fameux certificat. Même chose pour un test de dépistage gratuit effectué à l'entrée d'un EMS ou d'un hôpital.

Si vous voulez un certificat qui vous permettra temporairement d'avoir une vie normale, il vous faudra le payer de votre poche, voilà. Même si vous en avez fait un gratuitement une heure plus tôt, quelle qu'en soient les raisons!

Cette discrimination au certificat est parfaitement assumée, impliquant une foule de détails pour couvrir tous les cas (sauf les réfugiés et autres, bien entendu).

En une phrase, l'État a décidé de rendre infernale la vie des non-vaccinés.

Les "responsables" en charge n'ont pas été capables d'interdire les liaisons aériennes Wuhan-Zurich au plus fort de la flambée de l'épidémie en Chine. Ils ont toujours refusé le moindre contrôle aux frontières, pas même un dépistage des passagers arrivés dans les aéroports. On pourrait multiplier les exemples absurdes. Mais pour infliger des mesures vexatoires contre leurs propres habitants de ce pays, ils restent des champions.

La Suisse rejoindra le groupe bienheureux instaurant le fameux Pass sanitaire...

Tout ceci n'est que de la musique d'avenir, bien entendu, car les propositions sont mises en consultation. Le CF consulte ses partenaires pour mesurer leur enthousiasme. Mais qu'on ne s'y trompe pas, il donne le ton. Les rares aménagements n'auront lieu qu'à la marge.

La fracture face au vaccin

Le clivage est profond dans la société entre les pro-vaccins et les anti-vaccins. Catégories qui ne recouvrent absolument pas les vaccinés et les non-vaccinés. Mais c'est déjà un abus de langage instauré par les médias ; les anti-vaccins sont moins des gens opposés au principe de la vaccination qu'à celui d'une vaccination systématique et obligatoire, ce qui n'est pas du tout la même chose. De même les pro-vaccins ne sont pas les gens vaccinés (quoi qu'ils aient pu l'être) mais ceux qui exigent une vaccination totale et obligatoire.

Il est donc plus juste de parler de pro-obligation et d'anti-obligation.

Clairement, les pro-obligation tiennent le haut du pavé. On le voit aux politiques mises en place, ouvertement discriminatoires et faisant fi du secret médical. On le voit aussi dans les médias, qui soumettent les anti-obligation au feu roulant de leurs insultes habituelles ("complotisme, extrémisme, bêtise crasse, ignorance, anti-science") qu'il tentent maladroitement de faire passer pour des arguments.

Les professionnels de la santé ont fait bien plus d'étude de médecine que les éditorialistes qui les critiquent ou les fonctionnaires qui veulent leur rendre la vie impossible. S'il y a des gens méfiants face au vaccin parmi le personnel médical, la logique voudrait qu'on écoute leurs arguments et qu'on en tienne compte.

À la place, on nous sort d'autres experts (voire des individus pas experts du tout mais qu'on présente comme tels) pour leur opposer un point de vue contradictoire. Les discussions politico-sanitaires virent fréquemment à la foire d'empoigne. Mais lorsqu'il y a querelle d'experts, c'est surtout qu'il n'y a pas de consensus. Et lorsqu'il n'y a pas de consensus, pourquoi vouloir forcer la main dans une direction plutôt qu'une autre?

L'esprit de meute propre aux pro-obligation les plus virulents s'abreuve à la même sources que tous les totalitarismes: "pour que ça marche, il faut que tout le monde joue le jeu, sinon ça ne marchera pas." La corollaire est immédiate: si ça ne marche pas, c'est à cause de ceux qui ne jouent pas le jeu, les traîtres, puis les tièdes. Il faut les éliminer de l'équation, physiquement au besoin. Sur les réseaux sociaux, ces propositions circulent. Les envoyer dans des camps, par exemple. Ou, comme l'a plaisamment suggéré le Général Michael Hayden, ancien directeur de la NSA et de la CIA américaines sous le Président George W. Bush, les envoyer en Afghanistan. Pour qu'ils y meurent. Bon débarras!

Alors, ces propos ne sont qu'une plaisanterie, on rigole, c'est marrant. Mais, sortant de la bouche d'un général, ils restent un peu inquiétants.

Je n'irai pas jusqu'à dire que tous les anti-obligation sont des gens bien dans leur tête, loin s'en faut. Il y a des olibrius partout, encore plus avec l'atmosphère de mensonge entretenue par les officiels avec leurs revirements continuels. Mais les anti-obligation que j'ai pu rencontrer avaient des revendications fort modestes: qu'on fiche la paix aux non-vaccinés, c'est tout.

À notre époque, vivre et laisser vivre est devenu une ligne de conduite dont les classes politiques massivement pro-obligation ne veulent plus. Alors, pour sortir de chez soi, aller dans un commerce, au restaurant, dans une salle de sport, le certificat de vaccination deviendra obligatoire. À défaut, les réfractaires - ou ceux qui ne peuvent pas être vaccinés pour raisons médicales - subiront la pénitence régulière consistant à devoir se curer le nez à leurs frais tous les deux jours avec une tige pour avoir un test négatif, et le droit de vivre normalement.

À titre temporaire.

Est-ce réellement lié à la crise sanitaire ou à d'autres objectifs plus sournois, comme le Grand Reset ou la décroissance écologique? La question reste ouverte.

Rendez-vous en novembre

Exiger le retour à une vie normale via la vaccination est un désir absurde. Même si les non-vaccinés disparaissaient comme par enchantement, les absolutistes du vaccin ne pourraient l'emporter. Non seulement les vaccins n'ont jamais offert une protection à 100% contre le COVID-19 souche historique, mais ils sont en plus moins efficaces contre le Variant Delta, et pour finir, leur efficacité s'étiole avec le temps. Sans oublier que sans contrôle aux frontières une vaccination à 100% ne dure que le temps qu'un nouveau porteur du virus, non vacciné, ne rentre dans le pays.

Un des pays les plus vaccinés du monde – Israël – a fait face à une recrudescence incroyable de cas, dépassant la vague pandémique qui a eu lieu alors que le vaccin n’était pas disponible, à cause du Variant Delta. Variant qui s’est répandu comme un feu de brousse dans une population vaccinée. Et les scientifiques israéliens d’affirmer désormais preuve à l’appui que l'immunité naturelle acquise contre le virus est 13 fois plus efficace que celle apportée par le vaccin. De plus, ils sont 27 fois moins sujets à des complications graves face à une nouvelle infection. Et ces chiffres se basent sur une population exposée au Variant Delta!

Alex Berenson, reprenant ces informations par tweet pour les faire connaître, se vit bannir de Twitter dès le lendemain.

Au Japon, Haruo Ozaki, le Président de l'Association de Médecine de Tokyo (Tokyo-Chiyoda) déclara mi-août que l'Ivermectine était un médicament prometteur contre le Coronavirus - toutes souches confondues. Dans la foulée, il recommanda publiquement que tous les docteurs du Japon prescrivent immédiatement l'Ivermectine pour traiter le COVID.

En avez-vous entendu parler? J'en doute.

En Europe et aux États-Unis, les gouvernements s'arc-boutent pour marteler leur message auprès du grand public: la seule porte de sortie passe par une campagne de vaccination avec des substances à base d'ARNm. Maintenant que tant de doses ont été commandées, n'est-ce-pas, il faut bien qu'elles servent à quelque chose...

Alors, les pro-obligation et les anti-obligation, combien de divisions? En Suisse, nous le saurons au fond des urnes le 28 novembre. Au moins le peuple helvétique aura l'occasion de dire à sa classe politique ce qu'il pense de tout cela, un luxe rare par les temps qui courent.

21 août 2021

L'Afghanistan, tombeau des illusions

Il y a une semaine, les talibans entraient victorieusement à Kaboul, surprenant le monde entier par la vitesse de leur assaut. L'Afghanistan s'effondrait, ses défenseurs abandonnant armes et positions, son président s'enfuyant avec tout l'argent liquide qu'il pouvait trouver.

À l'opposé de la guerre "illégale" en Irak - que les Démocrates américains soutinrent pendant des années avant un brusque revirement pour des calculs électoraux - la guerre d'Afghanistan était dès le départ une "bonne guerre". C'était une guerre juste et justifiée, rassemblant l'assentiment des deux ailes de la politique américaine. Au plus haut de l'occupation américaine, plus de cent mille soldats américains furent déployés dans le pays. L'argent coulait à flot pour élever l'instruction de la population afghane, pacifier les régions, mater les chefs de guerre...

Comment vingt ans d'effort ont-ils pu être réduits à néant en si peu de temps? Quelles sont les responsabilités, les complicités, les conséquences? Le temps est venu de se livrer à une petite analyse.

La faute de Trump?

Commençons par la première polémique du moment, le jeu du à-qui-la-faute. Le réflexe de la gauche américaine au pouvoir a immédiatement été d'attribuer le fiasco afghan au Président Donald Trump. De ce côté de l'Atlantique, on boit cette propagande comme du petit lait ; elle a l'avantage de charger un bouc émissaire privé d'antenne (les médias y veillent) et de dédouaner son successeur.

Pour donner de l'eau à leur moulin, de nombreux tweets de Trump - d'avant 2016 - abondent dans le sens d'un retrait d'Afghanistan:


Une sélection de tweets de Trump sur l'Afghanistan (cliquez pour agrandir)

Cependant, il faut faire preuve d'un minimum de bonne foi pour remettre ces informations en perspective face à la réalité du terrain. Trump souhaitait un retrait d'Afghanistan, et plus encore la fin de cette absurde et coûteuse aventure de nation-building, situation dont il avait hérité depuis l'ère Bush, tout comme Obama avant lui. Obama qui libéra de Guantánamo en 2014 le leader actuel des talibans avec la promesse qu'il renonce au terrorisme, puisqu'on parle des erreurs des uns et des autres...

Une fois président, Trump altéra la politique américaine de façon progressive. Son plan, formellement signé à Doha en 2020 avec les parties impliquées, permettait aux talibans soutenus par le Qatar de continuer à exister, à condition qu'ils ne s'en prennent ni aux intérêts des États-Unis et de leurs alliés, ni au gouvernement afghan. Ils devaient de plus renoncer au terrorisme et à leurs liens avec Al-Qaïda. Les soldats américains encore en place devaient y veiller. L'implication américaine en Afghanistan devait devenir strictement militaire, jusqu'à un retrait complet conditionné à la disparition de la menace. Le Secrétaire d'État Mike Pompeo parla d'un accord "mesuré" et "réaliste" qui visait à un désengagement progressif des États-Unis dans le pays, sans jamais l'abandonner aux mains des terroristes.

Trump, malgré son dépit, n'avait pas prévu d'abandonner le pays à travers un brutal retrait unilatéral. L'idée était de se retirer d'un Afghanistan capable de se tenir sur ses deux jambes, pas de le livrer à la guérilla islamiste. Ainsi, le retrait complet des troupes n'eut pas lieu sous son égide. Au contraire, dans les premiers mois de son mandat, Trump envoya 4'000 hommes supplémentaires en Afghanistan. Sous Trump, la situation était sous contrôle. C'est en la gardant sous contrôle qu'il fit diminuer le nombre de soldats présents à 2'500. Dans les cinq dernières années, les GI subirent moins de victimes là-bas que les résidents de Baltimore dans des accidents automobiles sur la même période.

Joe Biden livre l'Afghanistan aux talibans

Prenant le contrepied de Trump dans tous les domaines, Joe Biden s'attaqua au dossier afghan avec pour but de rapatrier les derniers soldats vaille qui vaille - quoi qu'il en coûte à la population afghane. Les accords de Doha contenaient une clause de sortie si la situation sur le terrain échappait à tout contrôle. Autrement dit, le retrait militaire était subordonné à la paix sur le terrain. Mais pour un Biden face à des talibans reprenant du poil de la bête, admettre cette réalité aurait impliqué de renvoyer massivement des hommes là-bas, ce qui était hors de question.

Biden proposa plutôt aux talibans de partager le pouvoir avec le gouvernement afghan. Il avait déjà donné la couleur: dès les premiers jours de son administration, le 23 janvier 2021, il annonça unilatéralement le retrait de toutes les forces américaines stationnées en Afghanistan. Le retrait final devait avoir lieu avant le 11 septembre 2021 et les vingt ans de l'attaque contre les Twin Towers.

Par ses déclaration, Biden offrit aux talibans la carotte du retrait sans jamais manier le bâton de la riposte. Il invoqua tardivement les accords de Doha comme excuse pour s'abriter, alors même qu'il les avait remplacés par une nouvelle stratégie de son cru.

La situation se dégrada progressivement, jusqu'à un effondrement total survenant en à peine un mois.


L'Afghanistan, du 9 juillet à la chute de Kaboul le 15 août.

Depuis le début la politique de Biden semble avoir été guidée par le retrait des forces américaines en Afghanistan quitte à faire tomber le pays entre les mains des talibans - une divergence fondamentale d'avec ses prédécesseurs, et un gâchis incontestable de tous les efforts entrepris jusque-là. Si Trump avait voulu obtenir un si piètre résultat il n'aurait pas attendu la fin de son mandat.

Joe Biden et son équipe avaient prévu d'abandonner l'Afghanistan aux talibans. Ils commirent simplement une erreur de timing. Ils estimaient sans doute que les talibans s'empareraient du pays après le départ des troupes américaines. La Maison Blanche aurait certes regretté l'échec du régime afghan - qui ne fut même pas consulté dans la prise de décision américaine - mais s'en serait lavée les mains.

Les talibans incontrôlés refusèrent de suivre le script. Ils redoublèrent de combativité et parvinrent à reprendre la capitale en moins d'un weekend. Dix mille civils américains vivent encore à Kaboul, sans parler des autres occidentaux. Tous ces gens sont otages de fait. De la fuite éperdue des foules vers l'aéroport à l'évacuation en panique du personnel de l'ambassade américaine par hélicoptère Chinook, la chute de Kaboul livre des images symboliques d'une débâcle qui hantera longtemps la politique étrangère américaine.

Joe Biden connaît ce genre de moment ; il était déjà sénateur depuis deux ans lors de la chute de Saïgon en 1975...

Reconnaissons-lui une belle persévérance dans l'erreur. Depuis sa campagne jusqu'à son accès au poste suprême, il ne remit jamais en cause le désengagement des troupes si les circonstances ne s'y prêtaient pas. Il assuma encore la responsabilité pleine et entière de l'administration démocrate dans un discours le 14 avril 2021, où il énonça une vision pour le pays, le devenir de la présence américaine et la paix future.

On peut trouver une transcription de ses propos. Il n'était alors question ni de la "responsabilité de Trump", ni de la "lâcheté de l'armée afghane", ni des accords de Doha qui lui auraient lié les mains, ni de l'incompétence du gouvernement afghan, ni même de la duplicité des talibans.

La folie du nation-building

Le 12 juillet 2014, répondant à un commentaire sur mon billet "Longue vie au Djihadistan" (concernant l'Irak à l'époque) j'écrivais:

[Le] "nation building" - projet auquel j'étais opposé déjà à l'époque - était une énorme erreur, une tâche impossible au coût virtuellement infini, dont nous voyons tous l'échec aujourd'hui.

Selon moi la mission américaine en Irak aurait dû se terminer lorsque Saddam a été tiré de son trou à rat, terminant enfin une guerre commencée en 1991. Les Boys auraient dû repartir, quitte à prévenir qu'ils reviendraient. La même chose vaut pour l'Afghanistan.


Dans les cendres du 11 septembre 2001, l'Amérique ne pouvait pas plus ignorer le régime taliban, qui avait hébergé et permis l'entraînement des terroristes. Et elle s'en occupa promptement et efficacement. Le régime taliban tomba en quelques semaines de bombardement intensif ; le 7 octobre 2001, les talibans n'étaient plus au pouvoir. La mission américaine là-bas était terminée. L'Amérique avait fait passer le mot qu'il ne fallait pas la chercher.

Mais c'était sans compter sur l'état d'esprit des néo-conservateurs américains et leurs alliés démocrates. Tous virent l'occasion de faire de l'Afghanistan une démocratie modèle. L'absurdité du postulat est aujourd'hui patente. Il fut pourtant défendu, notamment sur le plan économique, sur deux décennies.

Comme le résume John Nolte, l'idéologie néo-conservatrice est morte à Kaboul:

En Afghanistan, l'Amérique dépensa des milliards de dollars, perdit des milliers de vies précieuses et œuvra 20 ans durant pour réaliser le fantasme néoconservateur de la construction d'une nation. La paix dans le monde est facile ! nous dirent-ils. Nous devons libérer les peuples opprimés, construire des écoles et des routes et leur donner le droit de vote. Si nous faisons cela, la paix se répandra partout !

Depuis 20 ans, ces imbéciles nous racontent que la concrétisation de leur fantasme est imminente. Pendant 20 ans, notre pays a versé sang et fortunes dans leur stupide expérience, et en un jour – un seul jour – tout s'est effondré. (...)

Bien sûr, notre armée n'a pas perdu contre les talibans. Bien sûr, notre technologie est supérieure. Personne n'en doute. Mais nous avons quand même échoué pour une raison simple… Trop d'Afghans ont préféré le 7e siècle au 21e. Trop d'Afghans ont préféré leur mode de vie barbare, leurs coutumes primitives, leurs chefs de guerre et leurs chefs tribaux à l'autodétermination et à la démocratie.

En tant qu'ex-néoconservateur, encore embarrassé par son soutien à cette idée stupide selon laquelle les vies américaines et l'argent des contribuables sont bien dépensés pour répandre la démocratie dans des pays remplis d'hommes des cavernes, je pense qu'il faut vraiment surveiller les néoconservateurs qui persistent aujourd'hui… À la surprise de personne, pas un seul n'est prêt à admettre que toute cette débâcle a commencé lorsque la mission américaine en Afghanistan est passée de l'élimination des terroristes qui nous ont frappés le 11 septembre à la transformation d'un pays arriéré en démocratie florissante. (...)

[Alors] nous sommes restés, et restés encore et encore, et 2'448 de nos soldats sont morts, dont deux juste cette année (aux mains des talibans), le tout au nom de l'idée ridicule que les Afghans soient tous une bande de Thomas Jefferson en puissance, aspirant à être libres. Et maintenant, au lieu d'avoir quitté l'Afghanistan forts et victorieux le 8 octobre 2001, nous couinons la queue entre les jambes. Non seulement nous sommes humiliés et avons l'air stupides et lâches, mais nous sommes devenus un pays auquel personne ne devrait faire confiance maintenant, pour tenir nos promesses de rester et de protéger ceux qui s'allient avec nous.


Il est difficile de chiffrer précisément les sommes folles dépensées dans le nation-building afghan, mais on peut articuler un montant prudent de 2'200 milliards de dollars. Cela représente près de 58'000 dollars par Afghan, des sommes dont la population n'aura évidemment jamais vu la couleur. Il est évident que derrière ses objectifs absurdes d'émancipation de peuples sauvages, le nation-building était aussi un mécanisme de transfert de richesses du public vers le privé à une échelle encore jamais vue.

En 2011, Julian Assange de Wikileaks révélait au monde que la campagne d'Afghanistan ne visait qu'à blanchir l'argent des contribuables des États-Unis et d'Europe pour qu'il revienne entre les mains d'une élite transnationale des services de sécurité - l'objectif étant une "guerre sans fin" et non une "guerre victorieuse". Ce n'était évidemment pas sa propre vision personnelle mais celle des informations qu'il avait récolté à travers Wikileaks. Combien de médias diffusèrent ne serait-ce qu'un entrefilet sur ces révélations? Combien de journalistes cherchèrent à savoir d'où provenaient ses affirmations?

Voilà un autre volet de l'aventure américaine en Afghanistan qui ne sera sans doute jamais écrit.

La responsabilité des réseaux sociaux

Aujourd'hui, Donald Trump est banni des réseaux sociaux. Les leaders des talibans ne le sont pas. Mais ce n'est pas tout. Les réseaux sociaux et les outils de communication récents - au premier chef desquels WhatsApp - auraient joué un rôle-clef dans le succès des islamistes.

C'est ce qu'affirme Preston Byrne dans un article convaincant, citant notamment le New York Times qui présentait déjà cette étonnante information en 2019.

WhatsApp présente des avantages uniques dans la lutte contre les talibans, qui s'appuient également sur l'application pour mettre à jour leurs supérieurs et s'informer auprès de leurs combattants. La bataille est devenue une guerre de petits gains tactiques rapides - un quartier par ici, un village par là - et pour cela, les avantages de l'application, disent-ils, dépassent de loin la vulnérabilité potentielle.

Surtout, l'application est rapide et flexible. Les décisions urgentes quant à une attaque imminente ne doivent plus attendre que les ministres et les commandants se rendent dans un centre d'opérations sécurisé. Les groupes WhatsApp sont devenus des centres d'opérations virtuels, avec des ministres et des commandants envoyant des décisions depuis leur chambre, entre les réunions ou même depuis un salon d'aéroport.


Preston Byrne se demande comment le renseignement américain a pu ignorer et laisser prospérer un tel réseau de communication juste devant son nez depuis des années. Les talibans ont utilisé et utilisent encore de la technologie américaine, des serveurs hébergés aux États-Unis, pour menacer les intérêts américains, mettre en danger des citoyens américains et promouvoir le jihad.

Et tout cela avec l'assentiment de Facebook, propriétaire de WhatsApp!

Comprenons bien le monde dans lequel nous vivons. Il suffit d'évoquer la fraude électorale des élections présidentielles américaines de 2020, d'émettre des doutes quant à la politique de vaccination obligatoire ou de s'interroger sur la dangerosité du COVID au nom duquel nous devons sacrifier nos libertés individuelles pour se voir censuré sur toutes les plateformes majeures. Mais on peut sans problème appeler au meurtre de masse des juifs, à la soumission du monde à l'islam ou même contrôler un groupe terroriste reconnu sans que cela ne pose problème.

L'incompétence et la censure à géométrie variable sont de plus en plus difficiles à distinguer de la trahison.

Nous entrons dans une ère de chaos

L'absurdité est devenue la norme. L'Administration Biden suggère au gouvernement des talibans d'inclure des femmes. Un politicien français regrette que les islamistes ne comprennent pas les enjeux de la transition écologique. Cerise sur le gâteau, Joe Biden, après avoir réclamé le retour à marche forcée des troupes américaines stationnées en Afghanistan, veut renvoyer immédiatement des milliers de soldats là-bas. Quitter le pays pour mieux l'envahir à nouveau?

Du coté de Kaboul, les talibans ont obtenu la base de données biométriques des dizaines de milliers d'Afghans qui ont aidé les Américains, comme guides, traducteurs ou informateurs. La traque impitoyable et sanglante a déjà commencé, évoquant le destin des harkis à la fin de l'Algérie française. De leur côté, les Afghans se préparent à être massacrés.

Les talibans ont aussi mis la main sur de l'armement de pointe abandonné par les Américains et l'armée afghane en perdition. Le journal The Hill fait l'inventaire hallucinant de l'arsenal envoyé en Afghanistan depuis vingt ans:

Entre 2003 et 2016, les États-Unis ont transféré 75'898 véhicules, 599'690 armes, 162'643 pièces d'équipement de communication, 208 avions et 16'191 pièces d'équipement de renseignement, de surveillance et de reconnaissance aux forces afghanes, selon un rapport du Government Accountability Office de 2017.

De 2017 à 2019, les États-Unis ont également donné aux forces afghanes 7'035 mitrailleuses, 4'702 Humvees, 20'040 grenades à main, 2'520 bombes et 1'394 lance-grenades, entre autres équipements, selon un rapport de l'année dernière de l'inspecteur général spécial pour la reconstruction de l'Afghanistan (SIGAR).


Largement de quoi concrétiser les idées de pas mal de terroristes! Un autre rapport du SIGAR mentionne que l'armée afghane disposait fin juin de 211 appareils fournis par les États-Unis. 46 d'entre eux ont fui avec leurs pilotes en Ouzbékistan, mais cela leur en laisse plus de cent à disposition, avec hangars d'entretien et pièces de rechange. On parle notamment d'hélicoptères de combat, dont des Sikorsky UH-60 Black Hawk qu'ils peuvent afficher sur les réseaux sociaux... De nombreux soldats entraîné par les États-Unis ayant fait défection, on peut donc penser qu'ils ne manqueront pas plus de pilotes.


Taliban Air Force

Au chaos des métastases islamistes issues d'Afghanistan s'ajoutera un nouveau chaos migratoire annoncé, avec son lot d'éléments d'infiltrés, de sympathisants de l'oumma venus détruire les pays hôtes, ou simplement d'illettrés inemployables qui pèseront sur nos sociétés jusqu'à ce qu'elles s'écroulent. Les élites mondialistes en Europe de l'Ouest salivent devant une telle aubaine!

Le chaos est aussi désormais dans le sillage d'une politique étrangère américaine devenue illisible. Que valent les accords signés avec les États-Unis, que valent leurs promesses d'assistance, que reste-t-il de leur protection? La question n'a rien d'anodin alors que la Chine lorgne ouvertement sur Taïwan depuis des décennies et trouve peut-être avec Biden une fenêtre d'opportunité pour se lancer. La même chose vaut pour Poutine l'autocrate du Kremlin, les Iraniens et tout ce que le monde compte d'individus ambitieux que seule la peur d'une riposte américaine faisait hésiter...

Dans le monde réel, les actions entraînent des conséquences. Les mauvaises décisions se payent. Les diplomates américains à Kaboul, terrés on ne sait où, ne peuvent plus faire fièrement flotter le drapeau arc-en-ciel LGBT sous le drapeau américain de leur ambassade, comme il y a dix jours. Il aura suffi d'un été pour que l'Afghanistan reparte vingt ans en arrière et redevienne le pays violent et arriéré du premier régime taliban.

Le gâchis est inqualifiable, et sème des graines d'incertitude et de violence dans de nombreuses régions du monde, pour des décennies. Si ce mois d'août 2021 devait servir à quel chose, c'est à rappeler à chacun qu'en matière de politique étrangère, aucune certitude n'est absolue.

Rome ne s'est pas faite en un jour, mais il n'en a fallu qu'un pour qu'elle brûle.

01 août 2021

Joyeux 1er Août 1984!

Les réjouissances du 1er août sont l'occasion d'écouter les discours convenus des grands de notre petit pays. Pour ma part, je trouve qu'en la période actuelle cette fête a un goût particulier, plus amer encore que la même date l'an dernier alors que nous nous débattions dans une pandémie mystérieuse venue - non, importée - de Chine.

Nous sommes donc le 1er août, certes, mais de 1984. Pas l'année de sortie de la première version de Tetris, mais celle du roman de George Orwell. Nombre d'entre nous ont l'impression d'avancer en pleine dystopie, et le parallèle avec l'ouvrage anglais décrivant un futur cauchemardesque correspond de plus en plus à notre présent... Un petit tour d'horizon permet de voir ce qu'il en est.

Les Deux Minutes de la Haine

ZniwZHv.jpgTous les jours, la population est appelée à manifester lors d'un rituel, deux minutes d'hystérie et de hurlements contre le traître Emmanuel Goldstein, dont le portrait est diffusé sur des écrans. Goldstein, à la tête d'une prétendue résistance, est responsable de tout ce qui va mal. Personne ne le connaît personnellement, nul ne le défend - pareille idée relève de l'impensable. De même, il n'existe aucune autre explication sur les difficultés que traverse la société. Goldstein incarne et s'avère responsable de tout ce qui va mal.

En Suisse le parallèle avec Donald Trump est frappant. Il suffit d'un article sur Trump (il y en a au moins un par semaine, même s'il n'est plus président depuis sept mois) et de lire la teneur des commentaires, sur Le Matin par exemple, pour découvrir des tombereaux de bile et d'invectives, avec tout ce que l'esprit de meute implique. Donald Trump n'a rien fait contre la Suisse, n'est jamais venu en Suisse et n'a probablement pas grand-chose à faire de la Suisse, mais peu importe.

Et le plus intéressant dans tout cela est que le grand public ne connaît que de M. Trump ce qui en est dit dans nos médias. L'endoctrinement est impressionnant. Si vous vouliez une estimation de la capacité de manipulation des médias de masse, elle se mesure simplement à l'aune de la détestation de Donald Trump.

La Guerre c'est la Paix

La paix en Europe n'a jamais autant ressemblé à la guerre. La guerre est constamment invoquée par les pouvoirs publics de nos pays. Comme il ne faut pas "stigmatiser" qui que ce soit on entre en guerre contre des concepts: le terrorisme, l'extrémisme, la pandémie. Ces concepts ne sont jamais clairement définis, pas plus que les conditions d'une victoire. La guerre en devient un état continu, mobilisant, et perpétuel. De même, on évitera tout lien entre la "guerre" et les ennemis objectifs de nos contrées et de notre mode de vie, comme la Chine, les pays musulmans ou les ONG qui organisent sciemment notre invasion.

L'appel à la guerre permet ainsi d'en appeler à des exceptions qui deviennent progressivement la norme. On citera pêle-mêle la perte des libertés individuelles comme la liberté d'opinion ou de mouvement, le couvre-feu, la perte du secret médical, ou des interdictions professionnelles arbitraires. Tous les freins aux dépenses étatiques sont eux aussi oubliés au nom de l'urgence.

La crise devient la normalité et justifie tout par elle-même.

Les opposants à la "guerre" deviennent de fait des dissidents, puisqu'ils minent l'effort de guerre. Il en faut peu qu'ils deviennent objectivement des ennemis et ne soient traités comme tels. Des Gilet Jaunes aux Antivax, la riposte démesurée est une posture qui semble de plus en plus séduire les autorités. La logique simpliste de la guerre oblige à choisir son camp. Sur les réseaux sociaux on censure, sur les blogs on purge. Les chiens de garde de la pensée unique veillent au grain.

Émettre un avis différent suscite la division, c'est un crime.

L'Ignorance, c'est la Force

À notre époque, il est important de ne pas savoir. Ne pas connaître les chiffres réels de la production d'énergie pour plaider la "transition énergétique". Ignorer le cycle de vie d'une batterie pour plaider la "voiture électrique". Passer outre les fraudes scientifiques pour parler du "réchauffement climatique". Ne pas savoir que le confinement ne fonctionne pas. Invoquer sélectivement "la science" pour mieux passer sous silence que les masques ne fonctionnent pas.

Le passé doit être ignoré, ce que vaut l'abolition de notre Histoire façon Black Lives Matter et son pendant de la Cancel Culture. Leur vandalisme culturel n'a rien à envier à celui des talibans.

Sous nos latitudes, le passé à court terme est tout aussi ciblé, car il permet encore à ceux qui sont dotés de mémoire de réaliser les incroyables revirements à 180° qui sont la marque de nos gouvernements. Un peu d'humilité ne ferait pas de mal, car personne n'est parfait ; mais c'est mal comprendre les enjeux. L'inhumanité est un fondement de Big Brother, elle le caractérise. Big Brother, chez nous Big Governement, est parfait. Infaillible. S'il dit blanc un jour c'est la vérité. S'il dit noir un autre jour c'est encore la vérité. Celui qui ose plaider le changement se trompe: c'était vrai avant, et c'est toujours vrai maintenant, même si c'est le contraire. La vérité change, voilà tout.

La politique sanitaire du port du masque en est un exemple emblématique. Les masques ne servent à rien, et le grand public est de toute façon trop stupide pour les porter correctement ; en porter un au Parlement est une "provocation". Et puis, ceux qui portent des masques sont des salauds, il faut les réserver "pour le personnel soignant" à cause de la pénurie (même s'ils ne servent à rien, vous suivez?). Et du jour au lendemain, le port du masque devient obligatoire, dans certains lieux puis partout, même en extérieur, puis ne devrait plus l'être si on est vacciné, mais le reste quand même. Aux États-Unis, le Dr Fauci, l'homme qui a financé le COVID et la recherche sur le gain de fonction, affirme qu'il faut porter deux, voire trois masques les uns sur les autres...

Mieux vaut rire de tout cela, et surtout débrancher son cerveau, de peur d'être pris pour cible par les hordes conformistes assoiffées du sang des déviants. Le crimepensée a beau n'être qu'une pensée, il reste un crime.

La Liberté, c'est l'Esclavage

Grand révélateur de ce qui reste de nos prétendues libertés, le COVID aura permis d'illustrer cette dernière maxime de 1984 au travers de la vaccination.

Le "vaccin" contre le COVID (rendu possible grâce à Trump, mais il reste un salaud) était la promesse d'un retour à une vie normale. La fin des infections, des confinements, de la distanciation sociale, des masques.

Puis on parla de deux doses, puis de maintenir le port du masque, puis de continuer à devoir fournir des tests pour voyager. Alors que chaque individu aurait dû choisir de se vacciner ou non selon sa décision personnelle, la volonté de l'État est toujours plus forte de le rendre obligatoire, en multipliant les contraintes vexatoires.

L'Europe est quotidiennement prise d'assaut par des milliers d'immigrés clandestins, mais leur statut sanitaire n'est pas un débat autorisé dans l'espace public.

En échange de l'esclavage vaccinal, en France par exemple, on reçoit la liberté du pass sanitaire: le laisser-passer à fournir au cafés-restaurants, foires et salons, avions, trains et cars longs trajets, ainsi qu’aux établissements médicaux (authentique). Mais il faudra une troisième dose, et peut-être une tous les six mois. De quoi maintenir les listes à jour... La "liberté" est à ce prix.

Vivre en soumission

J'ai une anecdote personnelle à raconter à propos du port du masque. Prenant régulièrement le train pour des raisons professionnelles, je fus sans doute un des premiers en mars 2020 à décider d'en porter un en montant à bord. Je me rappelle les regards étranges et méfiants des autres passagers - je n'étais pas asiatique, n'est-ce-pas, que faisais-je avec un masque? Guetté comme une bête curieuse, certains n'osaient s'asseoir à mes côtés. Je n'avais bien sûr aucune certitude quant à son utilité, mais je tenais à faire quelque chose, à titre personnel.

L'histoire pourrait s'arrêter là mais les jours et les mois passèrent, alors que la première vague de COVID-19 frappait la Suisse. Mars, avril, mai, juin arrivèrent, avec leurs hôpitaux surchargés et le premier confinement. Mais ce n'est que le 6 juillet 2020 que le gouvernement helvétique décréta - "aussi lentement que nécessaire" je suppose - l'obligation généralisée du port du masque dans les transports.

Et là! Tous ces gens qui ne portaient pas de masque la veille se mirent à en porter un le lendemain. D'un coup d'un seul, des millions de visages furent recouverts, suivant les instructions diligentées par le Conseil Fédéral. Loin de ces histoires de pénurie dont les médias faisaient les choux gras, ils avaient tous réussi à mettre la main sur des masques. Ils attendaient juste le signal pour les porter.

La logique aurait voulu que si ces gens pensent que le masque fut efficace, ils le portent dès qu'ils en disposent ; mais au lieu de cela ils attendirent simplement le signe venu d'en haut. Le masque sur le visage n'était pour eux nullement une question de santé mais de soumission à l'autorité.

Ce jour-là, je compris que la plus grande part de la population du pays (celle que je pus croiser dans les transports en commun en tout cas) avait sciemment choisi de renoncer à penser par elle-même pour simplement obéir.

Joyeux 1er août 1984.


"Ne réfléchissez pas
Ne questionnez pas
Payez vos impôts
Votez pour nous"

Mise à jour (2 août): un lecteur me fait remarquer que Donald Trump est venu à Davos, ce que rappelle cette célèbre image. Je suis allé un peu vite en disant qu'il n'était jamais venu dans notre pays.