18 décembre 2021

Féminisme contre féminisme

"Anti-immigration, les féministes de Némésis ciblent Lausanne", annonce Lausanne Cités début décembre.

En l'occurrence, le féminisme du Collectif Némésis diverge sensiblement du féminisme officiel. Leur but? [Dénoncer] les violences faites aux femmes et l’impact dangereux de l’immigration de masse sur ces dernières. Le féminisme en butte contre l'immigration, voilà quelque chose de nouveau. Mais cette opposition n'a rien d'une invention pensée dans un arrière-salon parisien.

Pour Alice Cordier, la fondatrice parisienne de Némésis, les Lausannoises sont aussi concernées: «Même si la situation est moins préoccupante à Lausanne que sur sol français, le harcèlement de rue lié à l’immigration commence à arriver.»

Après avoir vu l’émergence de Némésis en France, Sarah Prina a eu l’idée de lancer l’antenne helvétique du collectif: «Cette année, je rentrais tard du travail le soir et il n’y a pas une fois où je ne me suis pas fait vulgairement accoster en attendant mon train, et ce toujours par des immigrés. C’est ce qui a fait que j’ai eu un déclic et que j’ai pris les rênes de Némésis en Suisse.»


Tout cela se tient, au point qu'on se demande comment pareil article puisse paraître dans une publication comme Lausanne Cités... Ne vous inquiétez pas!

Le journal gratuit de petites annonces de la région, acheté par la municipalité lausannoise de gauche en 2018, se fend depuis régulièrement d'articles "d'informations" régionales à la neutralité au-dessus de tout soupçon. Ils ont signé une charte, nous dit-on. Alors, c'est bon. Et tant pis pour le lecteur qui aura l'impression de contempler une feuille de propagande rouge-rose-verte...

Car hormis les propos ci-dessus, tout le reste de l'article est à charge, depuis l'image d'illustration (un tag découvert à Lausanne affichant le subtil slogan "NEMESIS NAZI") jusqu'à l'encadré réservé à "l'expert", ici Eléonore Lépinard, professeure (sic) en étude de genre à l'UNIL. La fonctionnaire nous explique doctement que le seul agenda féministe légitime se doit d'être avant tout "anti-raciste" - étant entendu que remettre en cause l'immigration sous quelque forme que ce soit revient à être raciste, n'est-ce pas.


Action du collectif dans la manifestation "Nous Toutes" à Paris le 20 novembre (image Némésis)

Le Féminisme est de gauche ou n'existe pas

L'existence même de Némésis est une grenade lancée contre le féminisme officiel, c'est-à-dire, de gauche. Il était donc normal que face à ce danger mortel Lausanne Cités se fende d'un article sur Némésis, non pas pour présenter le collectif, mais pour dire ce qu'il faut en penser. "Elles sont jeunes, ne divulguent pas facilement leur nom de famille et affichent une certaine méfiance vis-à-vis des médias", commence l'article. On se demande pourquoi!

Les mouvements de gauche ont toujours capitalisé sur les fractures existant au sein d'une société dans une perspective de conquête du pouvoir. Depuis l'époque où les hommes et les femmes partagent les mêmes droits vis-à-vis de la loi (et la situation actuelle, que ce soit en matière de divorce, de service militaire ou de retraite, est même plutôt favorable à ces dernières) le féminisme n'est plus qu'un mouvement politique au service absolu du gauchisme. Il n'y a tout simplement aucune élection en Suisse où les mouvements féministes ont soutenu une femme de droite contre un homme de gauche.

Le rapport de force droite-gauche est plus important aux yeux des féministes que le féminisme lui-même. Cette priorité dans les valeurs trahit leurs objectifs réels. On comprend ainsi pourquoi l'immigration est prioritaire aux yeux des féministes officiels, même si elle s'avère désastreuse pour la cause des femmes - et bien entendu leur simple sécurité. Là encore, le gauchisme l'emporte sur le féminisme.

Dans son encadré, "l'experte" Eléonore Lépinard botte en touche en expliquant que le féminisme doit surtout s'appliquer aux femmes immigrées. La posture est étrange. Un viol est un viol, qu'il soit commis sur une femme autochtone, une femme immigrée, ou une femme non-immigrée restée dans son pays d'origine. Elle passe comme chat sur braise sur la cause sous-jacente du problème - qui commet les viols. En Suisse en 2018 déjà, 60% des accusés en matière de viol étaient des étrangers.

Malgré le barrage médiatique dont elles font l'objet, les activistes du Collectif Némésis pourraient bien prendre racine en Suisse. Leur posture cohérente parlera à toutes les malheureuses qui ont l'infortune de subir les pressions de la rue dans leur quotidien. Mais là encore, pour les médias mainstream de Suisse, c'est un non-sujet.

Au pays de l'abstentionnisme heureux, il ne faut pas parler des choses qui fâchent.

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