15 septembre 2011

L'Allemagne paiera

"L'Allemagne Paiera!"

Le slogan célèbre fut le fer de lance de la campagne du Bloc National au lendemain de la première guerre mondiale. L'assemblage de partis de droite entendait financer sa politique sociale, notamment les pensions des anciens combattants, avec les réparations réclamées à l'Allemagne. L'idée trouva son chemin dans l'opinion et le Bloc obtint plus de 70% des sièges aux législatives de 1919.

Mais voilà, l'Allemagne, mauvaise fille, refusa de payer.

Ses élites n'étaient sans doute pas encore assez pénétrées de "l'esprit européen".

assemblee.jpgLa suite vaut la peine d'être contée. Le gouvernement français, au pied du mur et ne voulant perdre la face, n'eut d'autre choix que d'essayer d'occuper la Ruhr, le riche bassin minier du sud-ouest de l'Allemagne, en 1923, pour faire pression et peut-être se payer sur la bête. La manoeuvre déclencha la colère des anglo-saxons (et de la République de Weimar) et se solda par un repli piteux. Comprenant qu'il ne mettrait pas la main sur un argent que l'Allemagne n'avait de toutes façons pas, le Bloc National fut condamné à payer ses promesses avec les seules ressources sous sa juridiction, celles des Français, qui furent frappés de nouveaux impôts. Sans surprise, le Bloc National se fit laminer lors des échéances législatives suivantes, en 1924, face au Cartel des gauches.

Si la situation géopolitique actuelle diffère quelque peu, la volonté de faire payer les autres pour financer son mode de vie semble quasiment une constante historique. La formule, elle, n'a jamais été autant d'actualité.

La Grèce n'en finit pas de se noyer dans sa dette et les regards se tournent vers l'Allemagne. Pourquoi? Berlin est-il responsable de la panade dans laquelle se retrouve Athènes? Mme Merkel ou ses prédécesseurs ont-ils forcé les gouvernements grecs successifs à s'endetter de façon délirante? Le Bundesrat a-t-il moindre responsabilité dans la situation économique peu reluisante des autres pays européens, Italie en tête, traînant leur dette comme un boulet?

Rien de tout cela. Mais l'Allemagne se retrouve en première ligne parce qu'elle a de l'argent (un peu) et de la crédibilité sur les marchés financiers (encore un peu).

merkel_pas_bien.jpgToute l'Europe dépensière se retrouve unie comme un seul homme derrière le vieux dicton de voleur "il faut prendre l'argent là où il est" - la légitimité, c'est pour ceux qui en ont les moyens. Chacun se presse donc aux portes pour faire payer le contribuable allemand, qui a le double défaut d'être raisonnablement riche et pétri de culpabilité historique. Pas assez pour en faire un vrai coupable, mais on s'en contentera.

Dans cette fronde européenne contre l'Allemagne, il n'y a plus de doute, Angela Merkel joue contre les intérêts de son pays. Acquise à la cause supra-nationale, son rôle ressemble plus à celui d'un agent infiltré cherchant à ouvrir les portes de la forteresse à la foule en colère qu'à un commandant chargé de défendre les murs.

Par bonheur, l'opinion publique allemande et les propres partenaires politiques de la chancelière ont ouvert les yeux sur son comportement. Au point que c'est désormais de sa coalition que vient la riposte:

La fronde continuait de plus belle mercredi dans les rangs de la majorité gouvernementale de la schancelière allemande sur les plans d'aide européens, malgré un rappel à l'ordre mardi d'Angela Merkel à ses propres troupes. Le député euro-sceptique Frank Schäffler, membre du parti libéral FDP qui gouverne avec les conservateurs de Mme Merkel, avait ainsi rassemblé mercredi quelque 1.200 signatures pour l'organisation d'un référendum au sein du parti sur les plans d'aide européens (...) Le député souhaite que son parti, le FDP, s'oppose à toute augmentation des moyens d'aides aux pays en difficulté, qu'il bannisse à jamais l'idée d'obligations communes européennes et qu'il réclame une procédure de sortie de la zone euro des pays trop endettés.

Par ailleurs le numéro deux du parti CSU (...) Peter Ramsauer, qui est aussi ministre des Transports, qualifie d'indigestes les nouvelles mesures de soutien aux pays en difficulté adoptées en juillet dernier par les gouvernements européens, qui prévoient en particulier l'achat de dette sur le marché secondaire par le fonds européen FESF. Il estime aussi qu'une sortie de la Grèce de la zone euro ne serait pas la fin du monde.

Le vice-chancelier Philipp Rösler, également chef du FDP, a mis le feu aux marchés en évoquant une faillite de la Grèce.

 

Le ministre n'hésite d'ailleurs pas à faire part de son incrédulité, ce qui en dit long sur l'ambiance qui règne aux plus haut niveaux du gouvernement allemand:

M. Ramsauer a réagi aux propos de sa patronne en assurant à Die Zeit: Elle ne peut pas avoir dit ça [que la "priorité absolue" est d'éviter un défaut de paiement incontrôlé de la Grèce]. Ce serait abandonner tout moyen de pression. Cela voudrait dire qu'on fournirait toujours ce pays en argent frais, quoi qu'il arrive.

 

Dans le mille! M. Ramsauer semble enfin comprendre l'essence du projet européen. Il a encore juste un peu de mal à l'accepter.

Le temps presse. L'Europe est dans une course contre la montre. En Grèce, le chômage atteint 16.3% au second trimestre 2011, contre 11.8 un an plus tôt. Les cafetiers luttent pour survivre avec une TVA passée en quelques mois de 13 à 23%. On sent qu'avec toutes ces aides et ces hausses d'impôt, le souffle de la reprise est arrivé! Et la saison touristique se termine...

Les possibilités se réduisent comme peau de chagrin. Après l'énorme cafouillage sino-italien du début de semaine, laissant planer l'illusion que les Chinois achèteraient de la dette italienne (pourquoi en prendraient-ils alors que même la BCE n'en veut pas?) c'est au tour des BRIC, Brésil, Russie, Inde et Chine, de formuler un refus poli mais ferme. Plus aucun naïf ne croit les déclarations lénifiantes des élites du continent. Aucun chevalier blanc ne viendra de l'étranger pour éponger les dettes pourries de l'Europe.

Pour colmater les brèches, on cherche des expédients: les Eurobonds, par exemple. Des dettes mutualisées à l'échelle européenne, permettant aux Grecs, aux Portugais et aux Français de s'alimenter dans un pot commun payé par l'Allemagne. Laquelle payera plus cher ses propres emprunts, et devra absorber l'endettement des pays du sud - mais rappelez-vous, l'Allemagne Paiera.

Bien sûr, aujourd'hui, Angela Merkel est totalement opposée aux Eurobonds. Mais comme le fait remarquer h16, Angela Merkel a cédé sur à peu près tout ce sur quoi il était possible de céder en guise d'orthodoxie financière:

En théorie, l’Allemagne n’aurait jamais utilisé l’argent du contribuable pour sauver une banque en faillite. L’une des premières qui tomba, en Europe, fut HypoBank. Et Merkel la sauva.

En théorie, l’Allemagne aurait du s’opposer fermement et obstinément à chaque plan de sauvetage grec (...) mais Merkel plia.

En théorie, l’Allemagne aurait du hurler à l’idée que la BCE puisse racheter les Bons du Trésor des pays en difficulté. (...) Mais malgré tout, Merkel signa.

En théorie, lorsqu’il s’agit de trouver un successeur à Jean-Claude Trichet, Weber, l’ex-gouverneur de la banque centrale allemande, aurait dû être nommé. Et compte-tenu de ses positions, il aurait été nettement moins coulant : l’orthodoxie allemande, lui, il connaît. Mais voilà. Mario Draghi (...) est un ancien de Goldman Sachs, et l’inflation, les dévaluations, les magouilles et la tuyauterie financière, ça le connaît. [Mario Draghi était vice-président de Goldman Sachs du temps où cette banque aidait le gouvernement grec à maquiller ses comptes pour rester, en apparence, dans les clous des critères de Maastricht.] Eh bien Angela, malgré ce CV impressionnant, a fini par dire oui.

 

Angela Merkel tient plus de la Dame de Guimauve que de la Dame de Fer. Son bilan mine quelque peu sa position "inflexible" sur les Eurobonds...

L'Allemagne Paiera - peut-être. La volonté est là, certains détails sont encore flous sur le "comment"... Pourtant la partie n'est pas jouée.

La résistance vient de l'intérieur de l'Allemagne - d'une partie de sa classe politique, comme on vient de le voir, mais aussi de ses institutions. La cour constitutionnelle de Karlsruhe a eu beau avaliser le coup de force de Merkel engageant les finances allemandes au secours de la Grèce en outrepassant ses responsabilités, elle y a aussi mis le holà:

Désormais, le gouvernement fédéral devra consulter la commission des finances du Bundestag avant de souscrire un nouvel engagement et les mesures d’aides ultérieures à quelque État que ce soit devront faire l’objet d’une « approbation individuelle ». Surtout, les juges exigent qu’une procédure de sortie des mécanismes d’aide soit prévue et rappellent aux parlementaires qu’ils ne doivent pas prendre des décisions qui priveraient les futurs représentants de la nation de leur capacité de contrôle sur le budget fédéral.

karlsruhe.jpgOn ne peut mieux signifier que toute politique de renflouement automatique des pays de la zone euro est désormais frappée d’anticonstitutionnalité, outre-Rhin. Mieux : la Cour de Karlsruhe a assorti son jugement d’une clause interdisant la mise en place de mécanismes conduisant l’Allemagne à devenir responsable des dettes d’un autre pays de la zone euro.

 

La crise progresse si vite qu'il est peu probable qu'elle attende la succession d'Angela en 2013. Même les présidentielles françaises de 2012 semblent bien loin.

Le clash entre l'urgence financière et le respect des institutions promet d'être violent. Dans ce genre d'affrontement, l'opinion publique est un facteur clé pour faire pencher la balance, aussi les élites européennes font dans la surenchère:

Les responsables de l'UE ont mis en garde mercredi contre le risque de voir le projet européen tout entier échouer avec la crise de la dette, la présidence polonaise de l'UE allant jusqu'à envisager le retour de la guerre sur le continent.

 

La guerre! De qui, contre qui, dans quel but? Peu importe! C'est la guerre, vous dis-je, invoquée telle un fléau biblique. (A moins que les Polonais ne confondent avec la guerre contre les extraterrestres venus libérer Gaïa de ses sales humains, hypothèse invoquée très sérieusement par des adeptes du réchauffement climatique. Riez modérément, tout cela est payé par l'argent des contribuables.)

L'hystérie pourrait s'avérer contre-productive. A la méfiance éprouvée par l'Européen moyen envers des dirigeants incapables de sortir l'Europe de la crise s'ajoute la froide analyse des tensions intracommunautaires actuelles: elles sont bien plus le fait de la monnaie unique que de son absence. Les propositions humiliantes des uns et des autres pour forcer les gouvernements à une meilleure gestion n'améliorent pas l'ambiance. Elles sont un avant-goût de ce qui se passera lorsque chacun voudra plus de garanties en échange de ses prêts.

Si l'Allemagne siffle la fin de l'euro, l'Europe va imploser, très vite.

Si l'Allemagne délie les cordons de sa bourse, on gagnera un peu de temps, peut-être assez pour que les élections présidentielles françaises se passent dans un calme relatif. Au-delà, toute prédiction est hasardeuse.

L'Allemagne Paiera - probablement, et sans qu'il n'y ait besoin cette fois-ci d'occuper la Ruhr. Mais, que les finances allemandes soient sacrifiées sur l'autel européen ou non, cela ne changera finalement pas grand-chose. La débâcle continentale d'un modèle social-démocrate financièrement insoutenable semble inéluctable.

L'Allemagne Paiera - certainement. Et sans doute pour rien.

07 septembre 2011

Et la Suisse adopta l'euro

"Historiquement stupide."

J'ai beau chercher, je ne vois pas de terme plus adapté à la décision prise par la BNS de forcer à 1,20 euros la parité avec le Franc Suisse. L'aventure emportera le bilan de la Banque Nationale. Elle la ruinera. Et les Suisses avec.

Mais revenons sur cette journée du 6 septembre. D'un seul coup, sans avertissement, la BNS se fend d'un communiqué de presse lapidaire:

La surévaluation actuelle du franc est extrême. Elle constitue une grave menace pour l’économie suisse et recèle le risque de développements déflationnistes.
La Banque nationale suisse (BNS) vise par conséquent un affaiblissement substantiel et durable du franc. Dès ce jour, elle ne tolérera plus de cours inférieur à 1,20 franc pour un euro sur le marché des changes. La Banque nationale fera prévaloir ce cours plancher avec toute la détermination requise et est prête à acheter des devises en quantité illimitée.
Même à 1,20 franc pour un euro, la monnaie helvétique reste à un niveau élevé. Elle devrait continuer à s’affaiblir sur la durée. Si les perspectives économiques et les risques de déflation l'exigent, la Banque nationale prendra des mesures supplémentaires.

 

La déflation... Le croquemitaine des Keynésiens. Et encore - en guise de déflation, un "risque de développements déflationnistes". Peut-on prendre des pincettes plus longues sans donner l'air d'avoir peur de son ombre? Quant à prétendre que le franc suisse est surévalué, il traduit une telle méconnaissance des mécanismes monétaires en monnaie fiduciaire - ahurissante à ce niveau - qu'il vaut mieux en prendre une crise de rire hystérique que d'en pleurer...

Le ton est volontariste, la décision lourde de conséquences.

La Suisse vient d'adopter l'euro.

dualité.jpgC'est un raccourci, bien sûr, mais dans les faits, c'est exactement ce qui vient de se passer.

Sauf à être d'une crédulité consternante face aux discours rassurants en provenance de la zone euro, chacun conviendra que la monnaie européenne n'est pas sortie de la nasse, loin s'en faut. La Banque Centrale Européenne imprime à tour de bras des palettes de billets neufs pour acheter des dettes pourries en provenance de Grèce, d'Irlande, d'Espagne, d'Italie, du Portugal et de Chypre. Sans compter toutes ces banques à sauver. Personne ne voit la fin de la crise, et la récession pointe son museau.

L'augmentation démesurée de la masse monétaire en euro conduit à une érosion continue de sa valeur. L'euro s'affaiblit, préparant le terrain pour la prochaine étape, une inflation galopante.

En fixant un taux "plancher" de 1,20, la BNS joue sur les mots. Jamais l'euro ne remontera au-dessus des 1,20. Prenons quelques précautions de langage: plutôt que "jamais", disons, pas avant des décennies, à supposer que la monnaie unique survive à la crise actuelle. Et elle n'en prend pas le chemin.

Le taux plancher est donc de facto un taux fixe.

L'euro vaut donc désormais 1,20 francs suisses et on n'y reviendra plus.

L'euro varie, mais le franc suisse, lui, vaudra toujours 1,20 euro.

Peu importe le dollar, le yen, la livre sterling, l'or ou le baril de pétrole. Le franc suisse s'est arrimé à l'euro et à rien d'autre.

La Banque Nationale Suisse vient donc de déléguer la gestion du franc suisse à la Banque Centrale Européenne.

Politiquement, c'est un renoncement de souveraineté. Il ne me semble pas que le peuple suisse avait approuvé l'adhésion à l'Union Européenne, et encore moins celle à la monnaie unique. Il ne me semble pas qu'une telle décision faisait partie du mandat de la BNS. Tout cela a été jeté aux orties en une simple décision arbitraire. Pire encore, nous subirons désormais les conséquences de la politique de la BCE sans même avoir notre mot à dire; la Suisse est dans une position encore plus faible que le Portugal ou la Grèce, qui sont au moins, eux, actionnaires de la BCE et peuvent, un minimum, discuter de sa politique.

Économiquement, c'est une folie. Parce que l'euro coule. L'euro coule et sa majesté M. Hildebrand, directeur de la BNS, fort d'une indépendance lui permettant en toute quiétude de se livrer aux plus insignes lubies, a décidé d'y enchaîner le franc suisse. Nous coulerons avec lui, nous subirons l'inflation et les bulles. C'était de loin le pire moment concevable pour décider de joindre le destin des deux monnaies.

En plus de "historiquement stupide", le terme de "haute trahison" me trotte également en tête.

Naturellement, forts de leur incompétence économique, toutes les parties en présence exultent. Les directeurs des sociétés exportatrices, les syndicats, les politiciens de tous bords. Une telle unanimité suffit à elle seule à mettre la puce à l'oreille - comment des gens avec des objectifs aussi antagonistes pourraient être tous d'accord sans que personne ne se soit fait abuser? Il y a forcément des dindons de la farce.

Les victimes de la manoeuvre sont, bien sûr, les Suisses. Le pouvoir d'achat de sept millions d'habitants vient d'être sacrifié sur l'autel du lobby des exportateurs de montres de luxe, allié, pour l'occasion, aux syndicats. Comme si le commerce de détail, les matières premières, l'énergie, l'électronique ou toute les entreprises qui produisent en Suisse pour le marché suisse n'avaient aucun poids dans l'activité économique... La bourse suisse a bondi de 5% hier; c'est bien, mais ça ne compense pas l'appauvrissement de 10% de toute la population en fin de matinée lorsque l'euro a bondit de 1,11 au 1,20 fatidique.

Voyons le bon côté des choses: Migros et Coop n'auront plus à renégocier avec leurs fournisseurs des prix à la baisse. Plus besoin de lutter pour diminuer le prix du pétrole à la pompe. Plus d'électricité étrangère bon marché. Plus besoin d'aller faire ses courses à hors des frontières à cause des cartels d'importateurs. Tout est redevenu cher, comme avant. On a failli bénéficier des avantages d'une monnaie forte, mais, heureusement, la BNS y a mis un terme. On a eu chaud.

Mais à plus long terme, que va-t-il se passer?

L'histoire nous donnes de nombreux exemples de pays tentant arbitrairement de lier entre elles deux monnaies flottantes à travers une parité fixe. Ces manoeuvres ont invariablement débouché sur des catastrophes.

La BNS a beau jouer des muscles et prétendre qu'elle ne "tolèrera pas" un cours inférieur à 1.20 franc pour un euro sur le marché des changes, ses moyens ne sont pas illimités. Sa seule marge de manoeuvre consiste à acheter de l'euro encore et encore et encore. Mais lorsque les spéculateurs du FOREX s'en donneront à coeur-joie (comme George Soros, le milliardaire qui avait démoli la livre sterling dans les années 80) en achetant du Franc Suisse, la BNS n'aura jamais les moyens de suivre.

Je ne suis pas le seul à voir ce qui nous attend. Citant un professionnel de la gestion avec plus de vingt ans d'expérience, dans un billet remarquable que je vous invite à lire en intégralité:

Le capital de la BNS a fondu comme neige au soleil ces derniers mois, à cause des pertes qu’elle a subies sur le marché des changes en voulant lutter, sans aucun succès, contre l’appréciation du franc contre l’Euro. Pour mémoire, son capital était de 66 milliards de francs à la fin 2009 contre 16 à fin juillet dernier. De nouvelles pertes, inévitables si la pression sur l’Euro ne cesse pas par enchantement, et la BNS devra être re-capitalisée. Qui passera à la caisse ? La Confédération (et les Cantons ?), donc vous et moi contribuables et consommateurs via les impôts, TVA et autres taxes que nous payons. L’Europe et l’Euro sont dans la mouise, mettons la Suisse et son franc dans la mouise aussi ! Voilà le message, un message de nivellement par le bas.

D’ailleurs, quand la BNS parle de créer de l’argent en « quantité illimitée », elle a quand même une limite : sa taille. L’institut a vu son bilan croître par un facteur de 2,3 depuis fin 2005, principalement par la création de monnaie à partir de rien. Avec un bilan passé à 250 milliards à fin juillet dernier, cela représente près de 50% du PIB suisse ! Impossible de continuer ainsi bien longtemps sans ruiner complètement le pays ! La BNS fait donc un pari dangereux.

 

Plus que dangereux - un pari qu'elle va perdre. C'est absolument certain. Sauf à croire que la zone euro va se sortir demain, par on ne sait quel miracle, de la crise de la dette souveraine.

Pendant un moment, la Suisse va subir une inflation identique à celle qui surgit gentiment dans la zone euro. Ensuite, la BNS n'arrivera plus à suivre et se retrouvera sur les bras avec des dizaines de milliards d'euros totalement dépréciés, sa crédibilité sera en miettes et son capital à renflouer.

Les cantons ne sont pas prêts de revoir un dividende de la BNS dans leur budget. Ils s'apprêtent plutôt à remplir le tonneau des Danaïdes.

Les Suisses, peuple prudent et peu enclin à laisser ses dirigeants s'endetter démesurément, avaient la chance de disposer d'une monnaie stable dans un monde financier en perdition.

C'est fini.

01 septembre 2011

Pendant ce temps, à Athènes...

...La dette est hors de contrôle. Et pour une fois, ce n'est pas moi qui le dit mais un panel d'experts indépendants:

La dynamique de la dette grecque est désormais "hors de contrôle" et les dérapages par rapport aux objectifs de réduction du déficit, exacerbés par une profonde récession, menacent d'annuler les bénéfices du nouveau plan de sauvetage, constate la nouvelle commission de contrôle du budget.

Dans un rapport rendu public mercredi, la commission estime qu'"une augmentation importante de la dette, un grand déficit de départ et une profonde récession ont poussé à l'extrême la dynamique de la dette qui est maintenant hors de contrôle".

La commission nouvellement constituée est composée d'analystes indépendants.

"Ces développements semblent contrebalancer dans une large mesure l'impact positif" du dernier plan de sauvetage de l'Union européenne qui s'élève à 159 milliards d'euros (230 milliards de USD) consenti le mois dernier, ajoute la commission dans son rapport dont des extraits sont publiés par l'agence semi-étatique Athens News Agency.

Bridée par les codefaut_grec.jpgupes budgétaires, l'économie grecque se rétracte à un rythme alarmant. Le ministre des Finances Evangölos Venizélos a déclaré la semaine dernière que le Produit Intérieur Brut se rétracterait vraisemblablement de plus de 4,5% en 2011, contre 3,5% prévu initialement.

Entretemps, la dette grecque a enflé pour atteindre 350 milliards d'euros.

La Grèce est actuellement soumise à un audit de la part de l'union Européenne, du Fonds Monétaire International et de la Banque Centrale Européenne pour savoir si la sixième tranche du prêt de 110 milliards d'euros consenti à Athènes l'année dernière serait débloquée.

Selon certaines informations, les représentants de ces trois organisations arrivés lundi à Athènes pour conduire l'audit auraient constaté des retards dans la mise en oeuvre du programme de relance, notamment dans les secteurs qui peuvent susciter de forts mouvements de protestation de la part des syndicats.

"Les semaines prochaines jusqu'au 15-20 octobre seront cruciales et graves", a déclaré M. Venizélos mercredi à la radio Real FM, dans une interview.

Le déficit public - à l'origine de tous les maux du pays - est devenu insoutenable à 14,69 milliards d'euros (21,3 mrd USD) au premier semestre 2011, alors que l'objectif fixé était de 16,68 milliards pour toute l'année.

Pour combler le déficit, les autorités grecques vont hausser jeudi les taxes sur la nourriture dans les restaurants et les hôtels de dix points à 23%.

Les restaurateurs ont qualifié cette mesure de ruineuse et certains menacent de ne pas percevoir cette taxe pour ne pas être contraints de fermer.

Athènes est également confronté à une cacophonie en Europe concernant un accord controversé consenti par la Grèce à la Finlande pour lui garantir son financement du deuxième plan de sauvetage.

Les dirigeants de la zone euro ont accordé un plan de sauvetage de 109 milliards d'euros en juillet à la Grèce pour éviter la banqueroute au pays. Le secteur privé a aussi avancé 50 milliards d'euros.

 

Les Grecs découvrent tardivement que trop d'impôt tue l'impôt. A force d'essayer de résoudre leur crise des finances publiques par une hausse des prélèvements, ils finissent par anémier le secteur privé, le seul à même de créer efficacement de la richesse.

Une situation de crise implique des mesures de rigueur vigoureuses; celle-ci doit venir des dépenses de l'Etat, non des recettes. Mais c'est trop demander à des politiciens vivant de l'argent public.

27 août 2011

Prochaine crise en vue

Divers analystes s'essayent avec un talent variable à l'art de la prédiction, alors autant m'y frotter à mon tour. La prochaine crise boursière aura lieu vers la mi-septembre.

Bon, déjà, rajoutons quelques mises en garde. Je ne garantis pas une précision chronométrique sur le déclenchement - pas forcément le le vendredi 16 à 14:57. Au train où vont les choses, nous pourrions même assister entre temps à une ou deux phases d'effondrement comme ce paisible mois d'août nous en a offert. Mais quelque chose de gros et lourd va indéniablement se passer sur les places financières au début de l'automne.

Le contexte, on le connaît. La récession se présente gentiment, l'euro glisse, la BCE imprime, etc. Tous les voyants sont au rouge, et ce ne sont que les péripéties judiciaires de DSK ou les affrontements à Tripoli qui ont permis aux journalistes de se mettre autre chose sous la dent. Temporairement.

Mais en septembre, c'est la rentrée. Les affaires reprennent. La bonne humeur estivale s'est envolée. La prochaine bouffée d'optimisme, généralement vers Noël, semble encore très loin.

Et la Grèce va mal.

Le ministre grec des Finances, Evangélos Vénizélos, a évoqué vendredi le risque d'un nouveau dérapage budgétaire pour cause de récession, indiquant qu'il en discutera la semaine prochaine avec la délégation tripartite de l'UE et du FMI surveillant les comptes grecs.

"Nous ne voulons pas renégocier" le plan d'austérité dicté au pays jusqu'en 2015 par ses bailleurs de fonds, la zone euro et le Fonds monétaire international, mais "nous voulons estimer en commun avec la troïka les données macroéconomiques (...) et évaluer les objectifs budgétaires", au vu de la récession pire que prévue, a affirmé le ministre.

S'exprimant lors d'une séance de questions parlementaires, il a réaffirmé tabler désormais pour 2011 sur une contraction du PIB "supérieure à 4,5%", contre une projection de départ de -3,5%, avalisée par l'UE et le FMI mais plombée par la cure d'austérité administrée au pays sous leur tutelle.

 

Très mal.

Les taux grecs à 10 ans ont atteint un nouveau record jeudi, les investisseurs craignant que les garanties exigées par la Finlande en contrepartie de son aide financière à Athènes fragilisent la mise en oeuvre du second plan d'aide mis en place pour la Grèce.

grece_2_ans.jpgA 15H35, les rendements grecs à 10 ans s'inscrivaient à 18,548% contre 17,892% mercredi à la clôture. Les taux à deux ans montaient à 45,892% contre 44,025% la veille. [oui oui, il n'y a pas de faute de virgule. Cf. graphique à droite.]

"L'idée d'un défaut de la Grèce fait de plus en plus son chemin auprès des investisseurs", a souligné René Defossez, stratégiste obligataire chez Natixis.

 

L'idée fait son chemin, en effet. Avec des chiffres pareils, qui peut s'attendre à ce que la Grèce reprenne pied?

Il y a deux raisons à ce soudain sursaut de réalisme. D'abord, les engueulades entre pays européens:

Les garanties exigées par la Finlande pour sa participation au prêt international octroyé à ce pays "fragilisent la mise en oeuvre de ce plan", a-t-il expliqué.

La semaine dernière, Helsinki a annoncé être parvenu à un accord avec Athènes au sujet de ces garanties, soulevant de vives tensions dans la zone euro. L'Autriche, les Pays-Bas, la Slovaquie et la Slovénie ont laissé entendre qu'ils souhaitaient le même traitement de faveur. L'Allemagne reste de son côté fermement opposée au versement de toute garantie.

 

Alors que tant d'efforts sont déployés pour maintenir une belle unité de façade, les disputes de chiffonniers en coulisses font mauvais effet. Les désaccords gagneront en intensité alors que la Grèce se rapproche toujours plus de la cessation de paiement, permettant à chacun de voir à quel point le bel accord d'ensemble entre Européens est illusoire. Il suffit que la Finlande réclame de faire des prêts plutôt que des dons à la Grèce - qui croit encore sincèrement qu'Athènes remboursera? - pour que les disputes s'embrasent. Et voilà l'Autriche, les Pays-Bas et d'autres de réclamer eux aussi le droit d'être plus égaux que d'autres, pendant qu'Angela Merkel fait les gros yeux... Mais personne ne la croit plus capable de garder un cap, quel qu'il soit.

merkel_decue.jpgLes disputes publiques aux plus hauts sommets de l'Union ne sont que des péripéties, au demeurant parfaitement prévisibles. L'autre inquiétude vient de la participation du secteur privé au plan de sauvetage. Et là c'est du sérieux.

Rappelez-vous: avant de partir en vacances, tous les dirigeants de l'Europe s'accordaient à dire que les créanciers privés, ces salauds, devaient mettre eux aussi la main au porte-monnaie pour sauver la Grèce. Seulement, il n'était pas question de leur tordre le bras: les agences de notation auraient tôt fait de prononcer un défaut, même partiel. L'annonce aurait démoli la valorisation des emprunts grecs dans le bilan des banques françaises et allemandes, les forçant à être recapitalisées ou à faire faillite.

Pour éviter à ce scénario catastrophe (auquel nous n'échapperons probablement pas de toutes façons) les têtes pensantes de l'UE décidèrent d'une participation "volontaire" du secteur privé. Quoi de plus facile, entre gens de bonne compagnie, de décider de faire payer quelqu'un d'autre! Comme toute forme de contrainte était toutefois interdite, on demanda aux banques de proposer elles-mêmes les modalités de leur participation "volontaire". Etalage sur 30 ans des prêts grecs, provision à 20% des sommes empruntées en cas de reconduction d'une obligation arrivant à échéance, quelques propositions astucieuses furent avancées... Et c'est tout.

Alors que la période de foisonnement intellectuel arrive à terme, les volontaires ne se bousculent pas au portillon.

Le plan de sauvetage du 21 juillet prévoit une participation, sur une base volontaire, des créanciers privés d'un montant total de 158 milliards d'euros.

Or, pour l'instant, "une quarantaine de banques en Europe se sont dites intéressées, ce qui est très peu", a souligné [un expert du marché obligataire].

Athènes a donné aux établissements bancaires jusqu'au 9 septembre pour se déterminer sur la forme de leur participation.

 

Bien que le 9 septembre ne soit pas sur le plan strictement comptable une échéance cruciale pour la dette de la Grèce, le manque d'enthousiasme du secteur privé sera indiscutable ce jour-là. Il fera clairement sentir le roussi à toutes les places boursières du monde. 158 milliards d'euros à refinancer et si peu de monde pour profiter de l'aubaine, c'est ballot.

On assistera probablement à une réunion d'urgence de tels ou tels politiciens, mais pour décider quoi? Le Fonds Européen de Stabilité Financière et la Banque Centrale Européenne vont, comme d'habitude, être appelés à la rescousse, mais leur capacité financière est insuffisante - précisément la raison pour laquelle le secteur privé était amené à mettre la main au porte-monnaie. Sans compter que l'actualité a déjà amenés BCE et FESF à engager des moyens pour sauver Chypre, l'Espagne et l'Italie, ce qui n'était pas prévu à l'origine. Peut-être que ces Finlandais n'étaient pas si bêtes de se montrer prudent, finalement...

Le mois d'août était chaud, attendez donc de voir septembre.

20 août 2011

L'illusion de la monnaie fiduciaire

La crise de la dette est le résultat de la mauvaise gestion étatique, mais aussi la fille de l'illusion qu'on appelle "monnaie fiduciaire".

Vous êtes-vous déjà demandé ce qu'était un euro? Un franc suisse? Un dollar? Ce sont des unités monétaires, certes, détenant une parcelle de pouvoir d'achat, échangeables contre des biens ou des services, ou les unes dans les autres selon un taux de change... Mais en énonçant ces caractéristiques, nous n'avons qu'effleuré leur usage, pas leur signification. Celle-ci a largement évolé au cours du temps.

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07 août 2011

Le début des choses sérieuses

Pas de trève estivale pour la crise.

Quasiment au lendemain de mon dernier billet sur la question, les politiciens européens décidaient d'une nouvelle politique interventionniste sur le domaine de la dette - la dette grecque pourrait ainsi être directement rachetée par les différents organismes publics pan-européens - au lendemain de la décision, les bourses s'envolaient. L'Euro était sauvé! La prompte action politique avait enfin éteint l'incendie! Alléluia!

eurpean debt crisis.jpgLa rémission aura été de courte durée.

Le CAC40, l'indice des valeurs françaises, a battu un record depuis en enchaînant dix séances de baisse consécutives. Sur une semaine, la bourse a perdu plus de 10%.

Avec la perte du triple-A américain ce vendredi, les bourses du monde se voient offrir un magnifique boulevard à la baisse. A première vue, on pourrait affirmer que les Européens ne sont pour rien dans la mélasse américaine, mais c'est aller un peu vite en besogne. Le déficit américain est pour l'essentiel dû à des politiques socio-démocrates, qu'il s'agisse de dispendieux mécanismes de redistribution sous l'égide du gouvernement ou de plans de relance dilapidant l'argent des contribuables au bénéfice de quelques-uns - soit exactement les mêmes stratégies qui ont court en Europe, où Obama est tant aimé. D'autre part, on ne saurait justifier les baisses boursières de ces derniers temps par les seuls affrontements politiques d'outre-atlantique sur le plafond de la dette, d'autant plus qu'un compromis a été trouvé.

Finalement la perte du AAA américain infligée par Standard & Poor's, alors que l'oncle Sam en bénéficiait depuis la création de l'agence dans les années 40, est un coup de semonce sérieux en direction de tous ceux qui se croyaient intouchables. Le message est clair. Il n'y a plus de tabou.

(Vivement que tombe celui de la France d'ailleurs, parce que, honnêtement, prétendre que Washington serait moins capable de rembourser sa dette que Paris ne fait pas très sérieux. Les USA sont dans une mauvaise passe, mais ils sauront se réformer. La France, elle, est absolument irréformable - nous en aurons un aperçu lorsque M. Sarkozy (ou son successeur) tentera d'imposer la rigueur. Prévoyez des extincteurs, des vitres de rechange et ne garez pas votre voiture dans la rue!)

Les records sont faits pour être battus: la série boursière à la baisse n'est pas terminée. Tel-Aviv, ouverte le dimanche, vient de dévisser d'un bon petit 7% en clôture. L'effondrement boursier généralisé vient d'ailleurs éclairer d'un jour peu flatteur la compétence de divers professionnels du domaine, qui conseillaient il y a peu de temps encore de préférer les actions aux obligations! Ils clamaient que le bilan des entreprises est bon, qu'elles ont du cash, et que lorsque tout va mal et qu'on ne fait plus confiance aux obligations d'Etat réputées sûres, mieux valait se rabattre sur les actions... Ceux qui ont suivi leurs conseils doivent leur dire merci!

Pour ma part, je n'ai jamais conseillé autre chose que de miser sur l'or et je le conseille encore.

Nous rentrons dans la zone de turbulences. La voix de la raison se fait entendre - il faut laisser les acteurs défaillants faire faillite, une responsabilité à la base même du capitalisme - mais ce n'est encore qu'un murmure dans la cacophonie. Ailleurs, les comportements les plus irrationnels commencent à se faire jour. Ainsi, en Italie, les locaux des agences de notation S&P et Moody'sont été... Perquisitionnés. Le motif? Leurs mauvaises nouvelles font baisser le cours de la bourse.

Le parquet de Trani a ouvert deux enquêtes, une pour chaque agence, après le dépôt d'une plainte par deux organisations de consommateurs qui s'inquiétaient des conséquences des rapports de S&P et Moody's sur les cours de la Bourse de Milan. Une première procédure a été ouverte en mai 2010 après la publication par Moody's d'un rapport mettant en garde contre les risques de contagion de la crise de la dette grecque aux banques italiennes. Une autre plainte a été déposée en mai lorsque S&P a menacé d'abaisser la note de la dette souveraine italienne en raison de l'ampleur de sa dette publique. Les enquêteurs se demandent enfin si des malversations ont été commises les 8 et 11 juillet, deux jours lors desquels la Bourse de Milan a accusé de lourdes pertes alors que beaucoup craignaient que l'Italie soit happée à son tour par la crise de la dette souveraine. L'une des deux organisations de consommateurs explique que sa plainte vise à déterminer si le plongeon soudain des marchés répondait à un "plan précis mis en place par des fonds spéculatifs ou par d'autres acteurs non identifiés qui pourraient être liés aux propos négatifs tenus à l'encontre des finances publiques italiennes par les agences de notation".

 

Finissons avec les propositions de Ségolène Royal, digne représentante d'une gauche française toujours aussi douée en économie:

Ségolène Royal, candidate à la primaire socialiste pour 2012, a réagi samedi à la dégradation de la note des Etats-Unis par Standard and Poor's, s'ajoutant à la crise de la dette dans la zone euro, en dénonçant le "manque de courage" des Etats pour mener certaines réformes.

"L'urgence en Europe comme aux Etats-Unis, c'est la relance de l'activité économique", fait valoir dans un communiqué la présidente de Poitou-Charentes.

Pour cela, ajoute-t-elle, les Etats doivent enfin "imposer au système financier des règles maintes fois annoncées mais jamais réalisées par manque de courage et en raison d'une idéologie libérale dramatique pour l'avenir de nos peuples". (...)

Ainsi "la taxation des mouvements de capitaux, la réforme du système bancaire, l'interdiction de spéculer sur les dettes des Etats (sic) ne sont toujours pas en vigueur", dénonce-t-elle.

 

Avec des élites comme celle-là, on n'est pas sortis de l'auberge!