13 mars 2017

Marche Turque

La campagne du Président Erdogan en Europe révèle les failles et les contradictions du Vieux Continent, en plus de faire tomber les masques du régime aujourd'hui à la tête de la Turquie. Une remise à plat salutaire.

turquie,diplomatie,pays-bas,allemagne,liberté d'expressionContinuation logique de la purge entamée depuis le coup d'état manqué de juillet 2016, Recep Tayyip Erdogan souhaite réformer la Constitution turque pour renforcer encore son pouvoir. Le référendum "vise à faire du président un dictateur légal afin d'adapter la loi à la pratique", résume avec malice Yvan Perrin avant d'enfoncer le clou:

"Erdogan réclame la liberté de parole pour lui chez les autres alors qu'il interdit la liberté de parole chez lui pour les autres."


L'islamiste modéré est donc en campagne, et par les hasards de l'immigration de masse se retrouve à courtiser la gigantesque diaspora turque installée sur le Vieux Continent. Le référendum sera en effet très disputé et toutes les voix comptent. En Europe, les réactions des autorités sont contrastées, comme le rapporte Le Monde.

En Allemagne où résident désormais près de trois millions de Turcs (sans compter les réfugiés et autres migrants aux nationalités approximatives) le Ministre de l'intérieur allemand Thomas de Maizière a affirmé qu'une "campagne électorale turque n'a rien à faire ici, en Allemagne." Joignant le geste à la parole,

[Plusieurs] meetings ont été annulés début mars dans plusieurs villes. Le ministre turc de la justice a annulé un déplacement dans le pays et le président s'est emporté jusqu'à évoquer des « pratiques nazies » de la part de Berlin. Angela Merkel a répliqué en expliquant qu'en Allemagne la décision d’autoriser ou non ces meetings ne relevait pas de l'État fédéral, mais des compétences des communes.


Une façon comme une autre de botter en touche avec hypocrisie: je ne veux pas de vous chez moi, mais l'interdiction ne vient pas de moi. Mais en rappelant une fois de plus le péché originel allemand, le président turc ne s'est pas fait que des amis.

Aux Pays-Bas, un avion transportant le ministre turc des affaires étrangères Mevlut Cavusoglu venu pour un meeting de soutien dut faire demi-tour alors qu’il allait se poser à Rotterdam. La ministre de la famille Fatma Betül Sayan Kaya subit le même affront par voie de terre en se voyant reconduire en voiture d'où elle était venue, en Allemagne. Le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, invoqua pour l'occasion un risque à l’ordre public et déclara que "ces rassemblements ne doivent pas contribuer à des tensions dans notre société."

Mais le raidissement soudain de M. Rutte pourrait ne pas être totalement sincère. En proie à une campagne électorale délicate dans son propre pays, il risque de voir triompher le parti anti-islam de Geert Wilders pas plus tard que ce mercredi 15 mars. Une crise avec la Turquie était bien la dernière chose à espérer au beau milieu de la dernière ligne droite, mais au pied du mur Mark Rutte choisit finalement de s'aligner sur son concurrent, au risque de perturber les électeurs. Un journal belge le révèle, il y a désormais le bon et le mauvais populisme - comme les chasseurs.

Bien que les Pays-Bas ne comportent "que" 400'000 citoyens turcs enregistrés, l'affront ne pouvait pas rester impuni: pour un dictateur, il n'est de pire crime que celui de lèse-majesté. Les Néerlandais eurent donc eux aussi droit au "heures les plus sombres", M. Erdogan les accusant d'être des "fascistes" influencés par les "vestiges du nazisme"...

Si ces deux pays sont les plus souvent évoqués dans les médias ils ne sont pas les seuls: l'Autriche et la Suède ont aussi annulé des meetings de campagne turcs. La France en a accepté plusieurs, s'attirant les foudres des candidats de droite à la campagne présidentielle (française celle-ci), le gouvernement sortant se justifiant quant à lui par l'absence de troubles à l'ordre public.

Enfin, la Suisse se retrouve l'arrière-train entre deux chaises, ne sachant ni s'il faut interdire la campagne référendaire de la Turquie au nom de troubles de l'ordre public, ni s'il faut la permettre au nom de la liberté d'expression. Mais en réalité la Suisse n'a que faire de l'un comme de l'autre, elle cherche comme d'habitude à ne fâcher personne.

Cafouillage généralisé

Le référendum turc et la campagne qui l'accompagnent sont salutaires, car ils permettent de faire tomber bien des masques.

En Europe, comme d'habitude, la cacophonie et la confusion règnent. La Turquie est membre de l'OTAN et un pays "allié" de l'Europe, envers lequel on fait miroiter depuis des décennies la perspective d'une adhésion tout en sachant très bien qu'elle n'aura jamais lieu. Et comme les Turcs le savent aussi, on les amadoue à coup de milliards de subventions. Celles-ci ont reçu une sérieuse rallonge depuis que les Européens tentent maladroitement de déléguer la gestion des frontières extérieures de l'Union au pays tiers par lequel transitent les principales hordes de migrants, tout en critiquant la dérive autoritaire du président et en l'empêchant de faire campagne. Comment un tel plan pourrait échouer?

Au sein des populations européennes, la campagne du président Erdogan montre la véritable cinquième colonne que représentent les Turcs installés sur le continent depuis plusieurs décennies: ce ne sont que manifestations de force, avalanche de drapeaux turcs, fierté communautariste et pogroms contre les minorités haïes (Kurdes, partisans désignés de l'ennemi Fethullah Gülen...) Et on nous parle encore d'intégration?

En Turquie, le référendum montre la crispation du pouvoir et la fin de course du prétendu islamisme modéré d'un président bien décidé à renverser tout ce qu'il reste de l'héritage laïque de Mustafa Kemal Atatürk, et à massacrer les minorités divergentes. Mais l'ironie de la situation est de voir venir le pouvoir autoritaire turc courtiser sa propre diaspora dans l'espoir de mieux transformer en enfer le pays qu'ils ont quitté (mais auquel ils vouent encore visiblement leur allégeance).

Rarement une campagne référendaire sera mieux tombée, alors que des élections générales se profilent en Allemagne, en France et aux Pays-Bas. Si l'on peut bien remercier M. Erdogan pour une chose, c'est pour son sens du timing.

01 mars 2017

La justice fait trébucher François Fillon

"Je ne me retirerai pas." C'est par ces mots que François Fillon vient apporter son démenti tardif à une folle matinée de rumeurs et de franche panique dans les rangs des Républicains.

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Tout commence ce matin au Salon de l'Agriculture. Il est 8h15. Des journalistes font le pied de grue aux portes de la manifestation agricole. Ils reçoivent alors par e-mail un communiqué lapidaire de l'équipe de campagne du candidat à la présidentielle: "La visite de François Fillon ce matin au Salon de l'Agriculture est reportée. Le nouveau rendez-vous vous sera communiqué ultérieurement." Aucune explication.

De par sa notoriété et sa place dans le calendrier, le Salon de l'Agriculture est un passage obligé dans toute campagne présidentielle française. François Fillon doit s'y rendre à son tour, après Marine Le Pen la veille. Les journalistes devinent bien que cette annulation le jour même n'est pas due à un rhume. Il doit se passer quelque chose de grave.

L'ancien ministre de l'agriculture Dominique Bussereau, chargé de l'accueillir, n'en sait pas davantage. Les membres de l'équipe Fillon présents sur place non plus. Le malaise est palpable. Tout est en place pour que les rumeurs alarmistes se répandent. Elles prendront d'autant plus vite qu'au milieu de la matinée, des sources affirment que François et Penelope Fillon auraient tous deux reçu des convocations préalables à leur mise en examen, respectivement pour les 15 et 18 mars. C'est un coup de tonnerre.

Les réunions de la matinée sont annulées au QG de campagne du candidat, tandis que les ténors de la droite affluent. Viennent-ils au chevet du candidat adoubé par les primaires? La perspective d'une renonciation se répand jusque dans les rangs des Républicains. Certains soutiens de Fillon comme Gérard Longuet réagissent alors en l'invitant "à tenir". "Si François Fillon arrête, ce sera l'apocalypse" prévient Laurent Wauquiez, vice-président des Républicains.

Les chaines d'information sont sur les dents. Elles ont interrompu leurs programmes pour couvrir la crise. François Fillon se serait entretenu avec Alain Juppé et Nicolas Sarkozy au téléphone. Il doit s'exprimer à midi. Jugulant la crise jusque dans les dernières minutes, il arrive avec une demi-heure de retard. Il annonce qu'il a effectivement reçu une convocation de la justice pour le 15 mars. Mais choisit de se battre.

"Nombre de mes soutiens parlent d'un assassinat politique. C'est un assassinat. Ce n'est pas moi seulement qu'on assassine, c'est l'élection présidentielle, c'est le vote des électeurs de la droite et du centre qui est fauché. (...) C'est au peuple français et à lui seul que j'en appelle désormais, à ceux qui me suivent et à ceux qui me combattent. Seul le suffrage universel et non pas une procédure à charge peut décider de qui sera le prochain Président de la République. Je ne céderai pas, je ne me rendrai pas, je ne me retirerai pas. Je vous demande de me suivre."


François Fillon annonce la couleur: il tiendra bon. Mais les dégâts internes sont graves. Selon Le Figaro citant un participant à une réunion du matin, Bruno Le Maire a "dit en face à Fillon qu'il ferait mieux de passer le relais à Juppé". Occupant le poste de "représentant pour les affaires européennes et internationales" au sein de l'organigramme de campagne, Le Maire renonce à son poste en invoquant le respect de la parole donnée, François Fillon ayant déclaré le 26 janvier qu'il retirerait sa candidature en cas de mise en examen. Le doute s'est instillé haut dans l'état-major des Républicains.

Depuis des semaines, François Fillon se débat dans ses affaires d'emploi fictif et de salaires de complaisance. Accordons-nous sur un point, il ne fait aucun doute que le minutage de ces révélations a été soigneusement orchestré en coulisse pour démolir sa candidature. Aujourd'hui encore, l'instrumentalisation de la justice est patente: on n'a jamais vu une telle rapidité dans le traitement d'une affaire sommes toutes dérisoire (105 parlementaires français ayant "embauché des proches" sont dans le même cas que François Fillon) avec des convocations si judicieusement concomitantes avec l'agenda électoral.

Qui est derrière tout cela? Nul ne le sait, mais il est difficile de ne pas soupçonner François Hollande.

Tous les lieutenants, tous les soutiens de Fillon ont raison: François Fillon est le meilleur candidat des Républicains, il est de toute façon trop tard pour en changer, les Français seront seuls juges de toutes ces manœuvres... En attendant, la campagne de François Fillon piétine. Il y a moins d'une semaine, un sondage exhaustif montrait que Fillon accumulait un retard conséquent de cinq points sur Emmanuel Macron. Les sondages ne sont pas une science exacte, mais même un idiot de village peut comprendre qu'avec l'annonce de sa mise en examen aujourd'hui, François Fillon ne va pas gagner beaucoup de sympathie hors de son cercle électoral traditionnel.

Le premier tour de l'élection a lieu dans 53 jours. Au rythme où vont les choses il n'est pas exclu d'assister à de nouveaux rebondissements. Mais s'ils n'ont pas lieu, il se pourrait bien que la campagne présidentielle française vienne de se jouer ce matin.

27 février 2017

La post-vérité suédoise fragilisée

Oubliez les tensions entre le Mexique et les États-Unis en matière d'immigration ; la véritable épreuve a lieu en Suède.

Les échanges virils entre les politiciens mexicains et Donald Trump font les choux gras de la presse, mais les relations entre les gouvernements de Stockholm et de Washington ne sont pas au beau fixe - et cela commence à se voir. Fiscalité, libre-échange, défense des frontières, réchauffement climatique, dans pratiquement chaque domaine les positions des deux pays sont diamétralement opposées. Le fait que Donald Trump pointe récemment les projecteurs sur la Suède en la désignant comme l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire en matière d'immigration n'arrange évidemment pas les choses.

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Au matin après une énième nuit d'émeutes en Suède
(cliquez pour agrandir)

L'existence même de Donald Trump est une menace pour le modèle de société prôné par le gouvernement suédois. Elle montre qu'un peuple, le peuple américain en l'occurrence, peut sortir des bornes du politiquement correct pour se choisir un autre avenir que celui concocté par ses élites. En Suède, pareille perspective terrifie les autorités. Elles travaillent depuis plus de trente ans à supprimer l'idée même de cette possibilité au sein de leur population.

Des peccadilles à l'énervement

Ressentant vivement le danger de l'élection de Donald Trump pour ses propres projets, et bien qu'un océan les sépare, le gouvernement suédois se posa naturellement en fer de lance des protestations internationales contre son Administration.

Le 23 janvier, Trump signa comme ses prédécesseurs républicains l'interdiction pour l'État fédéral de financer le remboursement des avortements pratiqués à l’étranger - une politique connue sous le nom des "accords de Mexico City." Les contempteurs de Trump se jetèrent sur la photo officielle de l'évènement, qui ne montrait que des hommes dans le bureau ovale.

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Là où des individus avec un minimum de recul auraient haussé les épaules, les politiciennes suédoises se sentirent obligées de faire leurs commentaires sur la politique intérieure américaine. Le 3 février, soit deux semaines plus tard, signant pour l'occasion une nouvelle législation contre le réchauffement climatique (aucun rapport donc) ces dames prirent la pose.

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On se demande bien quel était l'objectif politique recherché par cette action de communication guère amusante, d'autant plus que quelques jours plus tard, le 11 février, le même gouvernement suédois "féministe" se ridiculisa à Téhéran en défilant voilé pour plaire aux Mollahs. Même la très conformiste et anti-Trump RTS ne put s'empêcher de relayer l'information.

L'épisode suivant de la guérilla américano-suédoise vint d'une apparition publique de Donald Trump en Floride, où il lança:

"Regardez ce qui se passe en Allemagne, regardez ce qui s'est passé hier soir en Suède. La Suède, qui l'aurait cru? La Suède. Ils ont accueilli beaucoup de réfugiés, et maintenant ils ont des problèmes comme ils ne l'auraient jamais pensé."


Naturellement, les cohortes anti-Trump se jetèrent immédiatement sur les deux mots "hier soir" en prenant soin d'ignorer le reste. On vit donc fleurir le hashtag #lastnightinSweden essayant de tourner en dérision les paroles du président. Internautes et journalistes engagés purent ainsi s'en donner à cœur-joie pendant quelques heures, se couvrant de ridicule avant qu'un autre tweet de Donald Trump ne vienne mettre un terme à la tempête dans un verre d'eau: il parlait simplement d'un reportage diffusé sur Fox News la veille, évoquant les problèmes liés à l'immigration en Suède...

Caramba, encore raté!

Le Village Potemkine de l'immigration

Il n'y a rien d'étonnant à ce qu'un gouvernement tente de donner une bonne image de son pays, quitte à embellir un peu la réalité pour y parvenir. La Suède va beaucoup plus loin, s'engouffrant résolument dans la post-vérité si chère à nos élites, au point de dresser un portrait du pays digne d'un Village Potemkine:

Mis en cause pour sa politique généreuse d'accueil des migrants (244.000 entre 2014 et 2015), le gouvernement suédois de gauche (sociaux-démocrates et écologistes) a finalement décidé de livrer sa vérité (sic).

"De façon générale, la violence a diminué en Suède ces 20 dernières années" même si la perception de la violence dans la population a, elle, augmenté, au gré de l'immigration, admet-on. (...) Quant aux viols, "leur nombre déclaré a augmenté mais la définition du viol s'est élargie, ce qui complique la comparaison statistique". Par exemple, note le texte, "si une femme affirme avoir été violée par son mari chaque nuit pendant une année, 365 faits criminels seront enregistrés, alors que dans la plupart des pays, ils n'en constitueraient qu'un seul".


Air connu: la violence n'augmente pas, juste sa perception par les gens. Et on reste bouche bée devant un gouvernement féministe se retranchant derrière une définition "assouplie" du viol pour expliquer que, grosso-modo, ce qui compte comme viol en Suède n'en est finalement pas vraiment un.

Malheureusement, la réalité de l'immigration en Suède n'est pourtant pas rose. Des reporters de la très anti-Trump CBS ont pu en faire l'expérience par eux-mêmes, en direct. (On notera le courage des journalistes qui laissent un handicapé venu à leur secours "se débrouiller".)

La triste réalité suédoise

Guidée par la même classe politique qui règne désormais sur toute l'Europe, la Suède décida durant les années 70 de se tourner résolument vers le multiculturalisme et l'immigration. Ouvrant grand les frontières à l'immigration la plus exotique possible, la population suédoise changea progressivement, une transformation de fond que la récente crise des migrants n'a fait qu'accélérer. L'islamisation de la Suède a déjà été abordée dans ces pages.

C'est vrai, la Suède n'a pas connu d'attentat islamique de masse - du moins, pas encore. Mais elle n'en a même pas besoin pour se retrouver en crise. Aujourd'hui, il existe en Suède 55 zones de non-droit où même les services de secours comme les pompiers et les ambulances ne peuvent plus se rendre sans escorte policière. Les émeutes sont régulières, dégénérant en incendies volontaires et en dévastation urbaine.

Les statistiques de la criminalité ont explosé. Partant de 1975 et l'illumination du multiculturalisme en Suède, en quarante ans, le nombre de crimes violents augmenta de 300%. Le nombre de viols s'accrut quant à lui de 1'472%, faisant de la Suède le pire pays du monde en la matière après le Lesotho - une réputation qui traverse les frontières.

Sur le point précis du viol, un article de fond du Gatestone Institute démolit, preuve à l'appui, la version gouvernementale.

Plutôt que d'agir contre le problème de la violence et des viols, les politiciens suédois, les autorités publiques et les médias font de leur mieux pour justifier les faits. Voici quelques-unes de leurs explications :

  • Les Suédois signalent plus volontiers les crimes.
  • La loi a été modifiée de telle sorte qu'un plus grand nombre d'agressions sexuelles sont désormais considérées comme des viols.
  • Les Suédois ne peuvent pas gérer une plus grande égalité entre les sexes et réagissent violemment contre les femmes (peut-être l'excuse la plus fantaisiste).

Un mythe féministe qui existe de longue date est que l'endroit le plus dangereux pour une femme est sa propre maison, que la plupart des viols sont commis par quelqu'un qu'elle connaît. Cette affirmation a été démentie par le rapport [du Conseil National Suédois pour la Prévention du Crime]:

« Dans 58% des cas, l'agresseur était tout à fait inconnu de la victime. Dans 29% des cas, l'agresseur était une connaissance, et dans 13% des cas, l'agresseur était une personne proche de la victime. »

Selon les rapports [du Conseil National Suédois pour la Prévention du Crime] il n'y a pas de grandes différences entre les femmes d'origine suédoise et d'origine étrangère en ce qui concerne le risque d'être violées. Fait significatif, le rapport n'aborde pas la question de l'origine des violeurs.


Et pour cause: en Suède, toutes les statistiques ethniques ont été progressivement interdites. Le contrôle de la liberté d'expression est le dernier refuge de l'incompétence de politiciens cherchant à cacher la réalité à leur population. Mais il reste un historique de ces études sur la criminalité avant qu'elles ne soient bannies du débat public.

Vingt et un rapports de recherche depuis les années 1960 jusqu'à aujourd'hui sont unanimes dans leurs conclusions: qu'ils aient ou non mesuré le nombre de violeurs reconnus coupables ou d'hommes présumés coupables de viol, les hommes d'origine étrangère étaient représentés beaucoup plus que les Suédois. Et cette représentation plus importante de personnes d'origine étrangère ne cesse d'augmenter:

  • 1960-1970 - 1,2 à 2,6 fois plus que les Suédois
  • 1980 - 2,1 à 4,7 fois plus que les Suédois
  • 1990 - 2,1 à 8,1 fois plus que les Suédois
  • 2000 - 2,1 à 19,5 fois plus que les Suédois


En 2008, le Danemark, pays voisin de la Suède et culturellement proche, avait seulement 7,3 viols pour cent mille habitants, contre 53,2 en Suède. Rien n'explique cette différence hormis la proportion et la provenance de la population étrangère entre les deux pays. On retrouve cette différence dans la quantité de viols collectifs en Suède - des crimes sexuels extrêmement rares au sein des populations européennes.

A des affaires criminelles symboliques et abjectes comme le viol et le meurtre d'Elin Krantz s'ajoutent la loi du silence et des milliers d'affaires sordides brisant la vie d'autant de victimes. Et les crimes ont empiré depuis que des dizaines de milliers de nouveaux immigrés - mâles, jeunes et musulmans dans leur écrasante majorité - ont rejoint la Suède à la faveur de la crise migratoire. Aujourd'hui ils vivent d'assistance dans des logements financés par les contribuables, sans parler suédois, sans qualification et sans la moindre incitation à travailler. Et ils commencent à s'ennuyer.

Comme toujours et partout, les politiciens tentent de cacher la vérité au grand public plutôt que de remettre en question leur ligne politique. La surveillance d'Internet est très forte en Suède et les déviants sont impitoyablement traqués et leur carrière professionnelle menacée. Mais les journalistes vont plus loin, mentant carrément en présentant comme des "Suédois" des auteurs de crimes requérants d'asile sans la nationalité. Pris la main dans le sac, ils affirment que c'est pour ne pas stigmatiser les groupes en question.

Pourquoi la Suède, un petit pays sans ressources particulières et aux conditions de vie difficiles s'est-il lancé dans une trajectoire aussi suicidaire que le métissage multiculturel? Il faudrait poser la question à la classe politique qui a décidé de rayer de la carte l'ancienne Suède où il faisait bon vivre. Mais ils n'ont nullement l'intention de renoncer. Comme le déclara avec une naïveté confondante Jens Orback, Ministre de la Démocratie, des Affaires Intérieures, de l'Intégration et de l'Égalité entre les sexes, issu du Parti Social-Démocrate, lors d'un débat à la radio Suédoise en 2004:

"Nous devons être ouverts et tolérants envers l'Islam et les musulmans, parce que lorsque nous deviendrons une minorité, ils le seront envers nous."


La trajectoire de la Suède est donc toute tracée.

16 février 2017

Les immigrés plus diplômés que les Français ?

Dans une opération de propagande digne des plus grandes heures de La Pravda, un journaliste du Matin, Jonathan Zalts, se fait l'écho d'un article du Monde sur le niveau d'éducation des migrants. Son article est intitulé "Les immigrés plus diplômés que les Français" - oui, il n'y a pas de point d'interrogation. C'est une affirmation.

L'article n'y va pas par quatre chemins:

Dans son travail intitulé «Le niveau d’instruction des immigrés : varié et souvent plus élevé que dans les pays d’origine» relayé par Le Monde, le chercheur de l'INED (Institut national d’études démographiques) Mathieu Ichou met au jour une théorie bien éloignée de l'image du migrant primitif débarqué en haillons de son canot (sic).

Il révèle ainsi que certains groupes sont généralement plus diplômés que la population française. Par exemple, 37 % des immigrés nés en Roumanie et vivant en France posséderaient selon lui un diplôme de l’enseignement supérieur alors que seulement 27% des Français peuvent se targuer de pareille qualification. Le chercheur indique des chiffres similaires pour d'autres diasporas comme les Chinois, les Vietnamiens ou encore les Polonais. (...)

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La photo d'illustration de l'article montre quelques immigrés roumains,
chinois, vietnamiens ou polonais typiques.

Et de conclure d'un ton rieur:

Une étude qui risque de faire grincer quelques dents du côté du Front National.


A ce stade, on hésite: est-ce un poisson d'avril? Une attaque raciste anti-française? Un troll? Une simple fake news?

Creusons.

Le Monde, tel qu'il est

Le pamphlet du Matin vient d'une publication amie, Le Monde. Le titre de l'article est plus neutre: "Certains groupes d’immigrés sont plus diplômés que la population française en général". Le ton est moins ouvertement polémique. D'ailleurs, le texte comporte quelques précisions dont l'article du Matin ne s'embarrasse pas:

Quelques autres diasporas sont en revanche en dessous de ce taux [de diplôme de l’enseignement supérieur], comme les Tunisiens, dont 21 % ont au moins une licence, ou les Marocains (19 %) et les Algériens (18 %).


On passe donc de "Les immigrés" à "certains groupes d'immigrés, mais pas les Marocains, les Tunisiens ou les Algériens". L'effet est amoindri. Cela n'empêche pas le journaliste du Monde de se livrer au prêche habituel:

En France, le migrant reste, souvent, perçu comme un pauvre hère débarqué en haillons. Cette mythologie s’éloigne pourtant de plus en plus de la sociologie réelle de l’exilé. Même assignés au maniement du balai ou à un poste de vigile, les migrants installés dans l’Hexagone ont souvent des diplômes en poche.


Ah, l'éternel conte du videur de boîte de nuit BAC+5 mais contraint par le destin à se cantonner à de petits boulots... Il est tellement facile de ne pas tenir compte de quelques éléments connexes comme l'équivalence entre les diplômes internationaux ou les besoins réels du marché du travail. Si je reconnais bien volontiers que les immigrés sont parfois mieux formés que les autochtones - j'en suis un parfait exemple - cela ne correspond pas à une généralité, en particulier pour des pays qui ne parviennent pas à appliquer un principe d'immigration choisie.

Et si nous allions examiner cette fameuse étude?

Population & Sociétés, février 2017, par l'INED

L'avantage du monde scientifique est, en général, dans sa transparence. Mathieu Ichou est Chargé de recherche à l'INED. Son article n'apparaît pas (ou peut-être pas encore) dans sa bibliographie. En réalité, le document cité par Le Monde et Le Matin est simplement diffusé dans le numéro de février de la revue mensuelle Population & Sociétés de l'INED, une modeste publication de quatre pages.

La publication contient en fait deux articles. Le premier, de Mathieu Ichou, présente sur deux pages et demie le niveau d'éducation des immigrés en France selon leur origine. Données statistiques à l'appui, il relève que les immigrés sont généralement plus instruits que la plupart des personnes restées dans leur pays de naissance - et non par rapport au pays d'accueil, ce qui n'est pas du tout la même chose.

L'étude statistique souffre malgré tout de quelques faiblesses. Toutes les données datent de 2012, c'est-à-dire aux balbutiements de la guerre en Syrie. Elles ne recouvrent donc absolument pas les populations venues en Europe à la faveur de ce qui sera appelé plus tard la "crise migratoire", et qui modifiera en profondeur le visage de l'immigration sur le Vieux Continent. On peut supposer qu'en 2012 les gouvernements étaient encore à peu près capable d'identifier les immigrés et de saisir leur niveau de formation ; en 2017, les services d'accueil, dépassés, ne savent même plus distinguer les mineurs des adultes.

La seconde faiblesse tient évidemment à la proportion des différentes populations immigrées elles-mêmes. On peut certes clamer que les immigrés vietnamiens sont en moyenne plus instruits que les Français autochtones, mais quelle est la proportion de ces ressortissants vietnamiens face aux Algériens, aux Turcs ou aux Sénégalais qui sont, eux, bien moins lotis? En laissant de côté cette dimension essentielle, tancer les gens pour leurs "idées fausses à propos de l'instruction des immigrés" relève de la malhonnêteté intellectuelle.

Le numéro 541 de Population & Sociétés contient un second article par Anne Goujon. D'une seule page, il a le mérite de présenter des données plus récentes, collectées en 2015 en Autriche. L'article rappelle que les immigrés sont en général des gens plus riches que la moyenne dans leur pays - les plus pauvres n'ayant même pas de quoi voyager - et relie cette richesse à leur niveau d'instruction. Il établit ensuite un tableau de comparaison entre le niveau d'éducation de certaines nationalités et le compare aux Autrichiens:

2017_goujon.jpg
Niveaux d'instruction des réfugiés en Autriche, comparé à ceux des Autrichiens
et de la population générale dans les pays d'origine (cliquez pour agrandir)

On notera donc que les populations immigrées de ce panel sont toutes moins bien formées que les Autrichiens, à l'exception d'une seule catégorie, les Irakiens ayant fait des "études post-secondaires". Cette maigre exception reste suspecte: dans un pays tellement plongé dans le chaos qu'il n'est même plus capable d'établir des statistiques d'éducation de sa propre population - alors que même l'Afghanistan y parvient - que valent des "études post-secondaires"? On peut douter du niveau d'enseignement de l'Université de Bagdad depuis la chute de Saddam Hussein il y a quatorze ans...

Enfin, la qualité de ces chiffres est elle-même sujette à caution, sachant que beaucoup d'immigrés illégaux mentent non seulement sur leur origine et leur âge, mais aussi sur leur niveau de formation s'ils pensent pouvoir diminuer ainsi leurs chances d'être refoulés.

Quoiqu'il en soit, pour l'essentiel et sans même tenir compte des nombreux biais et erreurs de mesures, les populations immigrées sont en général loin d'avoir le niveau éducatif des habitants des pays occidentaux qu'elles rejoignent.

Retour à la réalité

L'article du Matin représente un cas d'école de la façon dont un travail scientifique est progressivement exagéré et déformé pour finir en manchette outrancière, passant de "Les migrants sont mieux formés que leur population d'origine" à "Certains groupes d’immigrés sont plus diplômés que la population française en général" pour finir avec un "Les immigrés [sont] plus diplômés que les Français". Mais combien de gens se seront donné la peine de remonter à la source?

L'analyse statistique donnée par les chercheurs de l'INED entre en conflit direct avec la mesure empirique de la réalité, brutalement rencontrée par l'Allemagne. Ainsi, le Gatestone Institute se fait l'écho de quelques faits contradictoires:

Une enquête réalisée par la Frankfurter Allgemeine Zeitung a révélé que les 30 plus grandes entreprises allemandes ont employé seulement 54 réfugiés, dont 50 ont été embauchés comme coursiers par Deutsche Post, le prestataire logistique. Les dirigeants d'entreprise ont déclaré que le principal problème des migrants est qu'ils n'ont pas de qualifications professionnelles et parlent mal l'allemand.

Selon l'Office fédéral du travail, le niveau d'instruction des migrants récemment arrivés en Allemagne est beaucoup plus faible que prévu : un quart seulement dispose d'un diplôme d'études secondaires, et les trois quarts n'ont aucune qualification. Quatre pour cent seulement des nouveaux arrivants sont hautement qualifiés.


Loin des diplômés universitaires en puissance présentés par les chercheurs de l'INED, la plus grande partie des migrants d'aujourd'hui s'apparente à de pauvres hères à peu près inemployables. Ils n'en sont pas moins dignes de respect, car celui-ci ne se mesure pas en niveau de formation. Mais cela a un impact direct sur leur avenir au sein des sociétés occidentales.

Nos économies développées ne laissent plus guère de place à des petits boulots sans qualification pour les éléments les plus faibles de la société - une porte refermée bien avant la crise migratoire. Le niveau éducatif réel des migrants est donc l'enjeu d'une bataille idéologique importante. Sont-ils un atout pour le futur de nos sociétés, ou une charge permanente sur la collectivité?

Les chiffres d'emploi des demandeurs d'asile en Allemagne, en Suède, en Suisse et dans d'autres pays ne poussent guère à l'optimisme. Avec la crise migratoire et sans même aborder les questions de communautarisme ou de criminalité, les Européens ont vraisemblablement fait entrer sur leur sol des populations entières qui resteront à la charge des autochtones toute leur vie, présageant la ruine des mécanismes sociaux.

Admettons par ailleurs que les migrants soient, en moyenne, plus riches et mieux éduqués que la population de leur pays d'origine. Ce n'est pas une meilleure nouvelle. Les diplômés sont abondants en Europe, mais manquent cruellement à la source des flux migratoires au Moyen-Orient et en Afrique. Cette fuite des cerveaux repousse d'autant la capacité des pays d'origine à sortir de la crise et du sous-développement.

01 février 2017

L'ambition de François Fillon coulée par sa carrière

Une histoire de canard

Le Canard Enchaîné est une institution bien française. Le quotidien satirique paraissant le mercredi remplit ses pages des plus folles rumeurs sur le sérail politique français, des révélations souvent croustillantes et presque toujours justes. La rédaction du Canard est-elle remplie des meilleurs enquêteurs de la presse? Que nenni! Elle se contente de répondre aux innombrables sollicitations issues du monde politique. Que ce soit pour se venger d'un rival ou démolir un concurrent, il y a toujours quelqu'un pour passer des infos à un journaliste du Canard.

Depuis deux semaines, François Fillon en fait les frais. Mercredi dernier, le journal révélait que son épouse avait reçu des centaines de milliers d'euros de salaire de complaisance comme pseudo "assistante parlementaire". Mme Fillon aurait touché 500'000 euros de son époux entre 1998 et 2002, puis durant six mois en 2012. Le rôle de collaboratrice se serait poursuivi avec Marc Joulaud, le suppléant de M. Fillon, de 2002 à 2007.

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Ce mercredi, le quotidien en remet une couche. Le Canard chiffre désormais à 831'440 euros brut la somme perçue par Penelope Fillon, qui aurait aussi été assistante parlementaire entre 1988 et 1990. Au final, elle aurait reçu plus de 930'000 euros d'argent public. Et ce n'est pas tout. Citant le journal belge La Libre:

Mme Fillon aurait aussi touché 100'000 euros pour sa collaboration à La Revue des Deux Mondes pour des travaux dont l'hebdomadaire satirique dit ne pas avoir trouvé de trace.

Le candidat conservateur a par ailleurs rémunéré deux de ses enfants comme assistants parlementaires pour 84'000 euros lorsqu'il était sénateur de la Sarthe entre 2005 et 2007, selon les informations publiées par le journal le jour où les enquêteurs ont saisi des documents à l'Assemblée Nationale.


Le candidat des Républicains aux présidentielles, théoriquement favori, se retrouve dans la tourmente.

Les trois principaux dossiers Fillon

Quelqu'un de bien informé a prévenu le Canard Enchaîné. M. Fillon a des ennemis. Impossible de savoir d'où vient la fuite, mais comme pour Clinton et les e-mails de John Podesta fournis à Wikileaks, la source importe moins que la véracité des informations. Jusqu'ici les accusations d'emploi fictif semblent tellement plausibles que la justice française a ouvert une enquête - en fait, plusieurs.

Le rôle d'assistant parlementaire de son épouse, Penelope Fillon. Bien que ce dossier soit le plus documenté, c'est sans doute celui dans lequel le délit d'emploi fictif est le plus difficile à démontrer. Chaque député français reçoit une enveloppe de 9'000 euros mensuels pour rémunérer des collaborateurs comme il le souhaite. Aujourd'hui 20% des députés emploient leurs épouses, leurs enfants ou des proches.

Bien que moralement discutable (nous y reviendrons) la pratique est légale. Les témoignages de politiciens disant "qu'ils n'ont jamais vu Mme Fillon à Paris" sont pétris de mauvaise foi: les assistants parlementaires peuvent parfaitement travailler depuis la circonscription de leur député. Il suffira sans doute à M. Fillon de produire quelques brouillons ou documents de travail de cette période en proclamant qu'ils ont été écrits par son épouse - vrai ou faux - pour justifier de son activité.

Il reste malgré tout un problème: Mme Fillon aurait touché à elle seule jusqu'à deux tiers de l'enveloppe dévolue aux assistants de son député de mari, alors que la loi stipule que l'épouse employée comme assistante parlementaire ne peut recevoir que la moitié de cette somme. Cela suffira-t-il pour que les juges lancent un procès?

L'emploi de Penelope Fillon au sein de la Revue des Deux Mondes. Mme Fillon aurait touché 100'000 euros pour un travail dont on ne trouve guère de trace. Certaines sources non confirmées évoquent deux notes de lecture signées de sa main ; pour une collaboration s'étalant entre mai 2012 et novembre 2013, le bilan est maigre.

Le mensuel est une des plus anciennes publications européennes. S'il a connu des heures de gloire, il n'a plus qu'une diffusion confidentielle, moins de 5'000 abonnés en 2015. Selon la page Wikipédia de la publication, il n'emploie que dix salariés. Difficile de passer inaperçue en travaillant pendant un an et demi dans un si petit groupe...

M. Fillon fait la couverture du numéro de janvier 2017. La Revue des Deux Mondes est la propriété du milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière, ami de François Fillon ; il ne fait pas mystère de son soutien au candidat des Républicains. Il s'expose malgré tout à un délit d'abus de bien sociaux si l'emploi fictif de Mme Fillon est avéré. Cette affaire est plus problématique car le travail effectif de l'épouse du candidat, payé à prix d'or, sera nettement plus difficile à démontrer.

Les mandats d'avocat des enfants Fillon. Alors qu'il était sénateur de la Sarthe entre 2005 et 2007, François Fillon a rémunéré deux de ses enfants comme assistants parlementaires. M. Fillon, évoquant des "mandats d'avocat", révéla lui-même cette affaire sur un plateau de télévision, sans doute pour désamorcer une nouvelle bombe. Depuis, on sait que ces mandats ont été rémunérés pour un total de 84'000 euros, mais aussi que ses enfants n'étaient qu'étudiants en droit à l'époque des faits...

Hormis l'aspect désastreux de cette confusion en termes d'image, sur le plan judiciaire le dossier est quasiment identique à l'emploi de Penelope Fillon comme assistante parlementaire. Si François Fillon parvient à produire des documents ou des e-mails montrant une activité professionnelle de ses enfants pendant la période concernée, il devrait se tirer d'affaire, au moins devant la justice.

Et il y a encore trois autres affaires pendantes, quoique mineures à ce stade: L'embauche d'une de ses collaboratrices par la Revue des deux mondes ; de mystérieuses activités de consultant ; et un possible détournement de crédits réservés à la rémunération d’assistants au Sénat, grâce à un système de commissions occultes.

Une communication en forme de désastre

Si le "Penelopegate" est un test pour vérifier de quel bois est fait le futur locataire de l'Élysée, l'échec est total. François Fillon se dit "serein" et crie à la calomnie, au scandale, à la cabale:

"Je me suis exprimé devant les policiers hier, j'étais d'ailleurs très soucieux de m'exprimer très vite, ils l'ont fait, je m'en félicite, je suis confiant, je suis serein, j'attends désormais la fin de cette enquête. Mais je veux quand même dire qu'à ma connaissance, dans l'histoire de la cinquième république, cette situation ne s'est jamais produite."


Mais en amenant le débat sur le seul plan juridique, M. Fillon s'enterre complètement aux yeux des électeurs français. Interrogé sur les ondes de France-Info, Philippe Moreau Chevrolet, cofondateur de l'agence MCBG Conseil, brosse un portrait sans ambages de la façon dont le candidat de la droite s'est complètement fourvoyé dans sa communication depuis le début de la crise:

La stratégie de François Fillon est donc pour l'heure celle de la victimisation - l'objectif étant d'amener son camp à faire bloc autour de lui et à éviter les défections. Mais à chaque fois [qu'il parle du fond] il ajoute un clou à son cercueil en quelque sorte. (...) il a donné ses enfants, ça partait d'un "bon sentiment", c'était "puisqu'on m'attaque, puisque les dossiers vont sortir, autant précéder les choses et le faire moi-même, garder le contrôle." Le problème c'est qu'il le fait mal. Parce que c'est visiblement improvisé, parce que les informations ne sont pas exactes... En fait il donne toujours une version de la vérité et la vérité le rattrape après. Ça c'est terrible, ça donne l'impression qu'il ment en permanence. (...)

Le bon réflexe, la bonne réaction quand il a été accusé, aurait été de dire "c'est vrai, j'ai salarié mon épouse", reconnaître les faits, "à l'époque ça se faisait, je mesure que ça ne se fait plus aujourd'hui, je vais rembourser cette somme parce que de toute façon elle est contestée même si le travail est réel", et puis peut-être, "je vais changer la loi pour que cela n'arrive plus", "je vais donner un statut de la première dame"... Ça aurait été bien de projeter les gens vers l'avenir. C'est du bon sens.


Le fond est sans doute atteint lorsqu'il met sa démission dans la balance, l'équivalent de l'arme nucléaire:

[Évoquer sa démission] est une erreur parce que c'est trop fort. Il n'était pas obligé de le faire. Il y avait une manière beaucoup plus apaisée de gérer toute cette crise. Il donne l'impression de vraiment être acculé, de vraiment être en train de se débattre, mais en fait il se noie tout seul. C'est lui qui à chaque fois a apporté des informations à la presse, c'est lui qui à chaque fois essaye de nier les réalités qui sortent deux jours après, et il sort l'arme nucléaire "Je ne serai plus candidat si je suis mis en examen" à un moment où personne ne lui a demandé, et ça met une pagaille terrible à droite, parce que ça crée des vocations. (...)

À partir du moment où il dit qu'il peut ne pas être candidat, nécessairement les gens se demandent "alors peut-être qu'il y a possibilité qu'il ne soit pas candidat." Le lendemain matin de ses déclarations Alain Juppé est obligé de démentir que lui-même serait candidat. On est dans une séquence où François Fillon a lui-même ouvert un espace qui est "je pourrais ne pas être le candidat de la droite" alors qu'on sort de mois de primaires et qu'on s'est battu pour désigner un candidat de la droite, et que ça a été quand même douloureux...


Et de conclure: "François Fillon se sabote lui-même en permanence. C'est l'histoire d'une sorte de suicide politique en ce moment."

Le douloureux retour de la morale

La culpabilité de M. Fillon n'est pas établie mais les dégâts d'image sont déjà là et ils sont graves. Philippe Moreau Chevrolet explique comment la défense de Fillon revient à saboter ses propres chances d'élection à la présidentielle:

Les Français ne sont pas sur la légalité de façade. Ils sont sur la morale. Les Français sont restés au Fillon d'avant. Le Fillon d'avant ne parlait pas de ça mais de morale. Il ne parlait pas d'égalité mais de morale. Il était le "prêtre" dans l'élection de la primaire. Il appelait aux vertus républicaines. Il disait que la corruption n'était pas bien, qu'il ne fallait pas profiter de l'argent public... Les Français en sont restés là, ils n'ont pas suivi Fillon dans cette inflexion de son discours. C'est ça qui est terrible pour lui.


Les Français ne veulent plus de la politique des magouilles, des privilèges que s'octroient les politiciens du fait de leur position. Même si Penelope Fillon est finalement lavée de toutes les accusations d'emploi fictif qui pèsent sur elle, les citoyens français comprennent très bien que les rémunérations reçues au cours de la carrière politique de son époux sont absolument sans rapport avec sa formation ou le travail fourni. Pendant des décennies, François Fillon a fait partie de cette classe politique profiteuse, cette aristocratie républicaine qui arrondissait des fins de mois déjà rondelettes avec des jetons et autres budgets d'assistance théoriquement dévolus à un travail politique réel.

La chute de François Fillon n'est pas encore acquise mais certains Républicains estiment que c'est fini. Si ce sentiment se répand au sein de son camp, la légitimité du candidat sera minée même si la justice le blanchit.

À qui profitera le crime? Au remplaçant de M. Fillon, sans doute, si les Républicains en sont réduits à cette extrémité. Mais à ce stade, il sera difficile de trouver un nouveau poulain crédible qui ne soit pas entaché des mêmes reproches que l'ancien Premier ministre. Mais dans l'opinion des Français, la véritable bénéficiaire de l'effondrement de François Fillon ne fait aucun doute: Marine Le Pen. Bien qu'elle-même en proie à une affaire liée à des assistants parlementaires auprès de l'Union Européenne, elle garde dans l'esprit des gens le rôle de la seule candidate réellement antisystème - loin devant Jean-Luc Mélenchon qui joue aux Che Guevara d'opérette avec ses 18 ans passés au Sénat.

François Fillon aurait dû se rappeler qu'avant d'invoquer soi-même la morale, on se doit d'être irréprochable.

24 janvier 2017

Le Parti Socialiste français en voie de disparition

Les primaires de la "Belle Alliance Populaire" dissipent les dernières illusions que pouvaient entretenir les socialistes quant à la santé de leur mouvement: il agonise. Le PS français est en voie de disparition à brève échéance.

Pendant des décennies, le PS a régné sur la gauche. Dominant ses concurrents de la tête et des épaules, il était le faiseur de rois lorsque les vents étaient favorables et le point d'ancrage de l'opposition lorsqu'ils ne l'étaient pas. Les primaires permettaient à d'autres "sensibilités" de s'exprimer, comme les fidèles faire-valoir écologistes ou d'autres proches satellites ; seuls les mouvements crypto-communistes les plus radicaux refusaient de participer à ce qu'ils qualifiaient de jeu de dupes. Malgré les inévitables disputes, le candidat adoubé par le PS incarnait finalement le champion de la gauche.

Tout ceci s'est terminé cette semaine.

Naufrage populaire

La gauche, dit-on, n'est pas faite pour gouverner: les Français en eurent la démonstration avec le désastreux quinquennat de M. Hollande. Les socialistes, partis en 2012 avec absolument tous les pouvoirs - Sénat, Assemblée Nationale, régions, communes, et la Présidence de la République - les perdirent les uns et les autres à la faveur des renouvellements électoraux. En bout de course, ils échouèrent en 2017 avec un Président tellement impopulaire qu'il renonça à s'infliger l'humiliation d'une réélection perdue d'avance.

Il serait tentant de juger le Président coupable de tous les maux, mais ce diagnostic est simpliste. L'arbre hollandais ne saurait cacher la forêt socialiste. Le désaveu est profond. Le grand public put s'en rendre compte lors du premier débat de la "primaire élargie du PS", qui ne rassembla que 3,8 millions de téléspectateurs, contre 5,6 millions pour le premier débat de la primaire de la droite. Hollande n'était même pas dans la course. L'hémorragie se poursuivit au deuxième débat avec 1,745 million de téléspectateurs, contre 2,9 millions pour la droite. Le troisième et dernier débat fit meilleure figure avec 3,1 millions de téléspectateurs, mais là encore loin de la droite qui en rassembla plus de 5 millions.

france,parti socialiste
De nombreux prétendants, peu de Français conquis.

Le coup de grâce fut infligé lors du premier tour des primaires. Avec sept candidats, trois débats et des programmes étalés en long et en large sur leurs sites respectifs, on aurait pu croire que la variété était au rendez-vous, mais les Français ne semblèrent plus avoir beaucoup d'appétit pour les saveurs socialistes et écologistes. Hors des centres urbains, des bureaux de vote restèrent quasiment désert toute la journée.

Outre la maigre récolte de fonds d'une opération censée constituer le trésor de guerre de la campagne présidentielle, l'affluence fut là encore très en-dessous de son équivalent à droite: 1,6 millions contre 4 millions. Il y a tout lieu de penser que la tendance se poursuivra au second tour. Le record de 4,3 millions d'électeurs de droite est clairement hors d'atteinte.

Le rapport numérique entre le PS et Les Républicains oscille entre 0,4 (premier tour de la primaire) et 0,6 (débats télévisés). Transposé à la présidentielle, cela signifie que le candidat du PS et des Écologistes devrait récolter au premier tour jusqu'à 60% du score de M. Fillon. Ainsi, si M. Fillon obtient par exemple 26% au premier tour, on peut tabler sur un score raisonnable de 15,6% pour le vainqueur de la primaire élargie.

On pourra abondamment critiquer cette méthode, mais elle illustre ce que chacun comprend instinctivement depuis bien longtemps: ni Manuel Valls ni Benoît Hamon n'ont la moindre chance d'arriver au second tour en 2017.

Petits coups de poignard entre amis

La démonstration précédente partait du principe que les socialistes français feraient preuve d'unité envers leur poulain, mais rien n'est moins sûr. Les finalistes Manuel Valls et Benoît Hamon défendent des visions totalement antagonistes de la politique socialiste.

france,parti socialisteCritiqué pour son ton cassant et son attitude volontiers martiale, Manuel Valls est aussi connu des Français qu'il est détesté au sein du PS. En prenant le poste de Premier Ministre de François Hollande, la machine à perdre, il en devint le complice. On l'affuble de surnoms - "Monsieur 49-3", "l'homme de la fiche de paye" selon Arnaud Montebourg qui le présenta comme un boutiquier sans envergure. Il traîne cet héritage comme un boulet, n'osant critiquer le Président auquel il doit tout mais conscient que cette relation plombe ses chances dans les primaires. L'histoire de la gifle reçue en Bretagne l'a montré fragile, affaibli. L'illusion est brisée.

Manuel Valls incarne pourtant une gauche - la gauche gestionnaire, laïque, républicaine, historique et consciente de ses responsabilités. Ce portrait est sans nul doute embelli mais Manuel Valls est dans le vrai lorsqu'il estime être le seul candidat du PS à pouvoir faire bonne figure dans la présidentielle.

"Un choix très clair se présente désormais à nous, et à vous, mes chers compatriotes. Le choix entre la défaite assurée et la victoire possible. Le choix entre des promesses irréalisables et infinançables et une gauche crédible qui assume les responsabilités du pays."


En face, Benoît Hamon, le quadragénaire radical de la gauche sauce Nuit Debout. Hamon revendique la semaine de 32 heures, le revenu universel, la légalisation du cannabis, le droit de vote pour les étrangers, l'impôt sur les robots... Il n'hésite pas, il n'a peur de rien. Benoît Hamon sculpte les nuages. Le programme de M. Hamon fait s'écarquiller les yeux des Français tant il est à mille lieues de leurs préoccupations quotidiennes ; mais pour des militants utopistes dont le refus du réel tient lieu de credo, il séduit. Comme d'autres prétendants, il décrocha sa médaille d'intégrité en démissionnant du gouvernement.

france,parti socialisteMalgré son manque évident de carrure, Benoît Hamon arriva en tête du premier tour avec 36,3% des voix - cinq points d'avance sur son rival. Depuis, il engrange les soutiens et les ralliements. La dynamique est en sa faveur, ce qu'on pouvait prévoir car comme le disait un fin connaisseur du parti à la rose, "les primaires se gagnent par la gauche". Manuel Valls tentera de revenir au score lors d'un dernier débat, endossant une fois de plus son costume de Père Fouettard, mais les socialistes ont peu de tendresse pour ceux qui les tirent de leurs rêveries. Sa défaite paraît acquise.

Le clivage entre les deux hommes est bien plus grand qu'entre n'importe quelle paire de candidats à la primaire des Républicains. Leur inimitié n'est pas que personnelle. Elle est représentative des courants antagonistes incarnés par chacun. Le ralliement au vainqueur sonnera faux. "Comment pourraient-ils se soutenir alors qu'ils n'arrivent même pas à se supporter?" demanda, désabusé, un commentateur de la vie politique.

L'affrontement entre les deux camps laissera de profondes crevasses dans ce qui reste du PS. La cinglante défaite qui se profile aggravera encore cette situation et hâtera la scission du mouvement - ou tout au moins le départ vers d'autres horizons de ceux qui ne s'y reconnaissent plus.

Échange PS en fin de course contre nouveau challenger

Le peuple de gauche en France n'a pas disparu, en tout cas pas dans les proportions qu'annonce le futur score du PS. Il s'est juste trouvé de nouveaux champions. Tout le monde les connaît: à l'extrême-gauche, le tribun qui unifie depuis plusieurs années les différentes mouvances anti- ou alter- à peu près tout, Jean-Luc Mélenchon, et au centre-gauche, l'avocat d'affaires ambitieux lancé sur le tard et qui prétend personnifier le changement, Emmanuel Macron. Dans un meeting au Mans, Jean-Luc Mélenchon résuma la situation du PS avec un sinistre sens de la formule:

"Il y a un petit air de panique, le casse-noix se met bien en place ; pour qu’il y ait un casse-noix, il faut que ça serre des deux bords : Macron, Mélenchon, Macron, Mélenchon. Et au milieu ça fait de l’huile."

 
Au centre-gauche, Emmanuel Macron se sent pousser des ailes avec son mouvement En Marche!. Il discute avec tout le monde, ratisse les parrainages, rassemble des foules, capte le soutien de patrons de grands groupes de presse. Ses chances paraissent faibles. Il reste inexpérimenté, sa communication terriblement superficielle, et la France n'est peut-être pas encore prête pour sa campagne 2.0. Les socialistes espèrent que Macron soit une bulle politique - et la regardent s'envoler depuis le sol. De plus le centre est très encombré, et certains éléphants ne sont pas encore sortis du bois. La valeur réelle de Macron se lira au fond des urnes au soir du premier tour. Elle pourrait beaucoup décevoir.

De son côté, Jean-Luc Mélenchon n'a rien à perdre et une cible désignée, le Parti Socialiste. Pourquoi laisser celui-ci viser une humiliante quatrième ou une cinquième place à l'élection présidentielle? Le retrait du candidat socialiste lui laisserait les coudées franches pour récupérer la plupart des militants radicaux du PS - ceux qui se rangent en majorité derrière Hamon. Mais aujourd'hui, il trépigne. Le PS est hors de sa portée. Il n'a pas la force de le briser. Mélenchon en est réduit à espérer bruyamment que le destin lui offre ce qu'il espère.

Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron et Benoît Hamon sont dans la barque de la gauche ; deux doivent tomber à l'eau pour que le troisième ait une chance de triompher. Aucun ne souhaite se mouiller. À l'extrême-gauche et au centre, on pense son heure de gloire venue ; au PS, l'orgueil interdit pareille stratégie. Ils échoueront tous les trois.

Faute d'arriver à se réformer, les socialistes de Solférino ont laissé d'autres le faire à leur place. La mutation des mouvements de gauche a débordé le PS, mais il reste attaché à son rôle historique.

La défaite prévisible de 2017 sera un électrochoc de la dernière chance. Le classement des perdants du premier tour déterminera le nouveau centre de gravité de la gauche française. Socialistes, divers gauche, réformateurs de centre-gauche, écologistes et tutti quanti devront laisser leurs différends de côté et se réorganiser rapidement. S'ils échouent et retombent dans leurs querelles, ils disparaîtront - de l'échiquier politique d'abord, du débat ensuite. Le bipartisme à la française n'accorde aucune place aux seconds couteaux.

Mise à jour (26 janvier): le débat entre les finalistes Benoît Hamon et Manuel Valls a eu lieu. Alors que M. Valls s'était distingué par des déclarations belliqueuses tout au long de la semaine, il se montra étonnamment bienveillant lors de la confrontation. D'après le blog TVNews, l'audience atteignit le score respectable de 5,6 millions de téléspectateurs alors que le débat était diffusé en simultané sur les deux principales chaînes françaises. Le débat d'entre-deux-tours qui opposait François Fillon et Alain Juppé fut quant à lui suivi par 8,5 millions de téléspectateurs. La primaire de la gauche accuse donc toujours un retard de popularité notable.

Un sondage Elabe - BFMTV effectué auprès des téléspectateurs sympathisants de gauche montre Benoît Hamon en tête avec 61% des suffrages. Un sondage en ligne mené par Le Figaro, donc auprès d'un public plus large, désigne Valls vainqueur avec 53% d'opinions favorables. L'analyse selon laquelle "les primaires socialistes se gagnent par la gauche" semble confirmée, fut-ce aux dépens du score devant l'ensemble des Français.

Mise à jour (29 janvier): Les premiers chiffres sont tombés, Benoît Hamon l'emporte comme prévu avec un score de plus de 58% des votes contre 41% pour Manuel Valls. Le vaincu, qui semblait déjà résigné déjà plus tôt dans la semaine, lui apporte son soutien. Les socialistes viennent clairement désireux d'ancrer leur mouvement politique dans l'utopie, ce qui me paraît fatal pour leur avenir politique.

La participation officielle est pour l'heure inconnue mais certains avancent le nombre de 2 millions (contre 4,3 millions pour le second tour des primaires de droite rappelons-le).