23 octobre 2015

Revue de presse internationale, désinformation locale

Les élections fédérales du 18 octobre ont eu lieu dimanche dernier, comme chacun sait. Les médias étrangers ne sont pas tendres avec la Suisse. Citons par exemple ce qu'en rapporte la RTS, dont le chapeau de l'article donne le ton:

De manière générale, la presse étrangère est moins surprise par le résultat de l'UDC que par son ampleur. Certains rappellent que la Suisse n'est que peu concernée par la crise migratoire.


Les médias étrangers s'attendaient donc à une victoire de l'UDC (même si les sondages donnaient la plus grande marge de progression au PLR) et "certains" rappellent que la Suisse n'est que "peu concernée" par la crise migratoire. Apparemment, ces gens-là n'ont semble-t-il jamais entendu le vieil adage "gouverner c'est prévoir". Les médias francophones confirment cette position:

En France, Le Monde titre sur la confirmation de la "poussée de la droite populiste", alors que le Figaro parle d'une "progression spectaculaire" des démocrates du centre. Le journal donne la parole à la candidate socialiste Rebecca Ruiz pour qui "les gens ont voté guidés par la peur".

Libération met en relation la centralité de la question de l'immigration durant la campagne électorale et le fait que pour le moment "la Suisse a été épargnée par la vague de migrants qui arrivent en Europe".


Diable. Les Suisses auraient voté sur des problèmes imaginaires qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

Zoom sur la presse étrangère

En allant voir les articles en détail, la sentence est confirmée. Le Figaro, un des plus modérés sur le parti UDC de la "droite populiste", publie un texte de l'AFP retouché par la rédaction, incluant l'inévitable commentaire d'une haut gradée de l'Armée du Bien:

"Les gens ont voté guidés par la peur", selon une candidate socialiste, Rebecca Ruiz, ajoutant que le thème des réfugiés et de l'immigration, favori de l'UDC, avait été "malheureusement très dominant dans la campagne".


Eh oui, que voulez-vous, les médias ont un peu parlé de la crise des réfugiés ces derniers jours, c'est ballot, il aurait peut-être fallu attendre le 19 octobre pour évoquer le sujet et ne pas nuire aux chances électorales des socialistes?

L'article est d'ailleurs involontairement comique en évoquant un "système complexe de proportionnelle" pour expliquer le "décalage" entre le score de l'UDC (29,5% de l'électorat) et sa représentation au Conseil National - 65 sièges au lieu des 59 mathématiques. Repensant à la représentativité de leur propre assemblée législative vis-à-vis du Front National, les Français apprécieront!

Du côté de Libération, on fait dans le convenu ; l'article explique le succès de l'UDC par ses affiches provocatrices (sachant que l'électeur de droite, particulièrement stupide, ne vote pour l'affiche qu'il voit le plus souvent). Mais comme le texte du quotidien de gauche n'est qu'une reprise banale d'agence de presse, ne nous attardons pas outre mesure.

élections du 18 octobre 2015
Karl Marx, Rosa Luxembourg, Friedrich Engels: l'affiche des jeunes socialistes genevois
annonçait pourtant la couleur. Pourquoi n'a-t-elle pas séduit l'électorat?

(cliquez pour agrandir)

A tout seigneur tout honneur, concluons avec Le Monde, qui lui aussi regrette la "poussée" de la "droite populiste" - pardon, ai-je dit populiste? On trouve encore mieux dans le texte:

 ...le parti d’extrême droite Union démocratique du centre (UDC)...


Le "journal de référence" n'a pas osé le terme néo-nazi mais le cœur y était. Suit le commentaire obligatoire d'une autre perdante de gauche, Mme Thorens des Verts:

Les Verts et les Verts libéraux subissent de leur côté une défaite cuisante en perdant respectivement 5 et 6 sièges au Conseil national. La coprésidente des Verts suisses, Adèle Thorens Goumaz, se dit « inquiète, car c’est le prochain Parlement qui devra voter la stratégie énergétique du pays… ».


Fermez le ban.

Une sous-traitance bien pratique

On pourrait s'amuser des imprécisions de la presse étrangère lorsqu'elle parle de la Suisse. La même presse qui étale en permanence sa grande connaissance des dossiers face au bas peuple incapable de s'informer... Mais derrière les approximations l'hostilité envers l'UDC est palpable.

La plupart des articles ne sont que des reprises à peine retouchées de dépêches publiées par des agences de presse. Ce n'est d'ailleurs pas une excuse, car l'agence de presse dispose de journalistes permanents sur place, théoriquement capables de fournir une information locale exacte sans tomber dans des préjugés entretenus depuis l'extérieur. Le moins que l'on puisse dire est que le résultat n'est pas au rendez-vous.

Des trois articles des principaux quotidiens français, seul l'un d'eux est signé, celui du Monde, par "Marie Maurisse (Genève, correspondance, avec AFP)". C'est aussi le seul à oser qualifier l'UDC de parti d'extrême-droite, l'accusation la plus exagérée de tous ces compte-rendus électoraux.

D'après sa page LinkedIn, Marie Maurisse est française, correspondante au Monde, et en Suisse depuis 2008. Cela fait donc sept ans qu'elle pratique le pays. La journaliste dispose d'un site personnel rarement mis à jour mais dont les articles permettent de se faire une idée des thèmes de prédilection de la jeune femme ; après un rapide survol nous trouvons pêle-mêle:

  • La Suisse, coffre-fort du dictateur érythréen
  • Trois raffineries suisses fondent pour l’or des cartels de la drogue colombiens
  • Cette Suisse qui craint l’invasion
  • La Suisse raffine l’or illégal de Madre de Dios
  • Corée du Nord : «Kim Jong-un a caché plus de 3 milliards de dollars en Suisse»
  • « Les capitaux français ont grandement profité à la place financière suisse »
  • Suisse: femmes enceintes, au boulot !

Et ainsi de suite... Marie Maurisse est aussi passée par Le Matin Dimanche, une autre officine médiatique romande fièrement anti-UDC, à l'instar de l'Hebdo ou du Temps.

A ce qu'il semble, le qualificatif d'extrême-droite employé à l'encontre de l'UDC helvétique par Le Monde n'a rien d'un accident.

Retour à l'envoyeur

Comment critiquer une élection sans déchirer les derniers lambeaux d'intégrité dont même le plus engagé des éditorialistes cherche à se parer? Comment, sans se dévoiler, dire du mal de ces citoyens qui ont si piètrement voté?

La Revue de presse internationale est un outil parfait pour cela. Au nom de l'information, les médias internationaux rendent compte de l'actualité helvétique et se servent de leurs relais locaux dans ce but - des journalistes professionnels, installés dans le pays, fréquemment engagés idéologiquement, et qui n'hésitent pas à livrer leur interprétation toute particulière des événements.

Une fois publiés dans la presse étrangère, ces mêmes articles reviennent au pays et servent à vilipender le citoyen: "à cause de votre vote, regardez ce qu'on dit de nous à l'étranger!"

Combien de gens réalisent-ils que "la voix de l'étranger" a une source tout à fait locale? Il suffit d'une toute petite coterie de journalistes pour obtenir des textes biaisés à souhait qui seront repris, échangés, cités, rassemblés comme lorsqu'on jette un caillou dans une mare et que les vaguelettes se propagent, reviennent et s'entrechoquent longuement après que la pierre a été avalée par les eaux.

Cela ne pourrait évidemment se faire sans complicité ; de la part des rédactions étrangères qui acceptent ces textes avec complaisance pour en faire des nouvelles officielles, mais surtout d'autres journalistes locaux qui se contentent ensuite de faire des synthèses aux titres outranciers pour ensuite culpabiliser le citoyen.

Et la boucle est bouclée.

21 septembre 2015

Grèce: une élection pour rien

Largement disparue des écrans radars face à une actualité concentrée sur les problèmes migratoires, la Grèce n'en continue pas moins d'exister - et votait ce week-end pour renouveler son Parlement après la convocation de nouvelles élections par son Premier Ministre Alexis Tsipras.

Pour comprendre le sens de ce scrutin, il faut le remettre dans son contexte du mois de juillet: malgré le succès de son référendum anti-austérité remporté haut la main, mis au pied du mur face à une expulsion de la zone euro, Alexis Tsipras avait finalement accepté absolument toutes les conditions articulées par la Troïka.

Cédant sur l'ensemble de son programme, il amena à la Grèce des contraintes bien pires que celles qu'il avait demandé aux citoyens grecs de repousser par référendum en premier lieu. L'effondrement des positions de M. Tsipras face aux revendications européennes et le déni démocratique du référendum amenèrent une frange importante des députés de Syriza à entrer en rébellion ouverte contre leur Premier Ministre. Cela n'empêcha certes pas les réformes réclamées par la Troïka de commencer à être votées (l'opposition pro-européenne suppléant les rebelles du bloc gouvernemental pour constituer une nouvelle majorité) mais posait la question de la continuité du gouvernement Tsipras sur le long terme.

Plutôt que d'attendre une motion de censure qui finirait immanquablement par passer, Alexis Tsipras choisit donc la voie des urnes pour réaffirmer (ou non) sa majorité.

L'homme a brillamment remporté son pari:

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Les scores des élections grecques et la progression des partis politiques depuis janvier
(cliquez pour agrandir)

La victoire d'Alexis Tsipras laisse malgré tout un goût amer chez les Grecs, qui n'ont guère manifesté de joie à l'issue d'un scrutin finalement dénué de surprise. Parmi les autres aspects du vote, la progression régulière d'Aube Dorée, désormais troisième force politique du pays, et un taux d'abstention de 43.45% alors que le vote est sensé être obligatoire. Les Grecs - et en particulier les jeunes - semblent renoncer à l'idée d'un changement par les urnes ; au vu du résultat il est difficile de penser autrement.

Les nombreux citoyens grecs déçus par le spectaculaire revirements du politicien avaient deux choix pour le sanctionner. Premier choix, soutenir les dissidents de Syriza, qui préféraient respecter le référendum de juillet quitte à sortir la Grèce de la zone euro. Las! Leur nouveau parti, Unité Populaire (LAE ci-dessus) ne parvient même pas à dépasser le quorum des 3% pour entrer au Parlement.

Tant qu'à se soumettre à la Troïka, le second choix revenait quant à lui à opter pour n'importe quel autre parti pro-européen aux ordres de Bruxelles que compte le pays, Syriza ne se distinguant plus guère de ce groupe depuis juillet. Las encore! Le poulain le plus probable, Nouvelle Démocratie, ne gagne qu'un maigre 0.3% des suffrages depuis les élections du début de l'année.

En fin de compte, les électeurs grecs ayant choisi de se déplacer ont montré qu'ils préféraient l'inconstant Tsipras et ses manœuvres indéchiffrables à toute autre alternative. Mieux vaut un diable qu'on connaît...

La démocratie grecque en sort malgré tout affaiblie. En déroulant le tapis rouge à un élu qui les a ouvertement bernés, les Grecs ont montré qu'on pouvait se jouer de leur opinion et revenir deux mois plus tard aux affaires par la grande porte. Comment être encore pris au sérieux par les politiciens après cela?

14 septembre 2015

Adieu, Schengen

Refugees_Munich.jpgEt voilà. L'Allemagne ouverte et généreuse de Mme Merkel, affirmant il y a une semaine encore que les hordes de migrants étaient bienvenues, vient de réinstaurer "temporairement" les contrôles aux frontières et donc de suspendre de facto sa participation à l'Espace Schengen. Et bien que cela ne fasse pas autant les gros titres des journaux, la République Tchèque a eu la même réaction.

Peu de gens posent la question du pourquoi. L'explication tient en deux temps. Premièrement,  les autorités allemandes sont submergées. Plus de dix-sept mille migrants sont arrivés à Munich ce week-end, soixante-trois mille depuis le 31 août. On ne sait plus où les mettre. Deuxièmement, les migrants entrent en Allemagne à travers la frontière autrichienne, c'est-à-dire en Bavière, une zone traditionnellement dévolue à la CDU-CSU - qui ne veut pas de cette marée humaine - alors que les appels à une répartition entre Länder allemands restent vains.

Réalisant qu'elle était en train de dynamiter sa propre base électorale, la Chancelière fit brutalement machine arrière. La fête est finie, titre la presse, mais les dégâts sont là.

Déni de réalité

Face à un tel revirement il y aura toujours des croyants imperméables à toute réalité (mettez le gouvernement suisse en place d'honneur) pour ne pas comprendre que la Chimère de la libre-circulation est morte. Les spin doctors sont en alerte rouge ; ils ont déjà commencé à travailler l'opinion publique au corps pour expliquer que tout cela ne signifie rien en réalité, que nous n'assistons qu'à une fermeture temporaire de certaines frontières comme entre l'Allemagne et l'Autriche et que cela ne concerne que les réfugiés syriens, donc finalement - insérez une petite quinte de toux ici - tout ceci n'est qu'un petit écueil sur la voie de l'unité européenne pure et parfaite et voilà, hum, bon, on ne va pas en faire un fromage non plus.

En vérité, divers mensonges à l'intention du bas-peuple viennent de se fracasser sur le mur de la réalité.

Dans quel tiroir est partie se cacher la fable de ces travailleurs syriens hautement qualifiés, ce capital humain prêt à contribuer aux régimes socio-démocrates européens, qui sauveraient notre natalité et nos retraites par répartition? Tout d'un coup l'apport de richesse était tellement énorme, on nageait dans la prospérité, c'était un peu trop fort, il fallait y mettre le holà, c'est cela? Une croissance allemande trop vigoureuse aurait gêné ses partenaires plus prudents ou moins attractifs? Hum, pas vraiment.

La fable s'évacue sans doute dans le même égout que les belles déclarations invoquant la solidarité universelle européenne et le devoir d'assistance sans limite à toute la misère du monde, qui n'était pas plus tenable à défaut d'être crédible.

Oui, la politique allemande de la porte ouverte aura tenu une semaine. Une semaine de trop. Une semaine d'espoirs illusoires pendant laquelle se jetèrent sur les routes des dizaines de milliers d'immigrants économiques - au point de quitter leurs camps en Turquie et au Liban - pour caresser le rêve absurde d'un Pays de Cocagne chanté par Mme Merkel-la-généreuse. Même des Algériens. Et le gros de la troupe est encore en transit, notez bien. Ce trop-plein va être un tout petit peu plus difficile à gérer.

Qui commande en Europe

Mme Merkel a le droit de changer d'avis. Elle use d'ailleurs de cette liberté avec abandon. N'affirmait-elle pas en 2010 que le modèle multiculturel allemand avait "totalement échoué"? Puis il y a une semaine que l'Allemagne était un "pays d'espoir" pour les migrants? Avant de laisser dimanche un de ses ministres dire que le contrôle des frontières extérieures de l'UE est un "échec complet"?

Pouvoir dire une chose puis son contraire sans jamais être pris en défaut est sans doute la marque des grands politiciens ; Angela Merkel est bien au-delà. Elle prône des positions incompatibles simultanément. L'Espace Schengen est à la fois un pilier indiscutable de la construction européenne et un mécanisme à suspendre la veille d'un sommet européen. Il faut accueillir en Allemagne les réfugiés par charité chrétienne mais en même temps forcer les autres pays de l'UE à faire de même. Il faut sauver le peuple syrien mais aussi tenir fermement les frontières extérieures de l'Espace Schengen. Les migrants sont une chance pour l'Allemagne, toutefois on ferme les frontières parce que trop c'est trop. Quel talent!

Qu'on imagine le scandale et l'indignation continentale si la même décision de fermer une frontière eut été prise par, disons, la Pologne! Mais lorsque l'Allemagne fait entendre sa voix, chacun se tait. La décision unilatérale de l'Allemagne et l'absence de critique qui en résulte montrent aux yeux de tous, s'il en était encore besoin, qui commande réellement l'Union Européenne.

Le nain de jardin rouge à croix blanche

summaruga_merkel.jpegLa liberté d'action que s'autorise l'Allemagne en suspendant unilatéralement les Accords de Schengen renvoie douloureusement à la veulerie du gouvernement suisse face aux décisions votées démocratiquement par le peuple helvétique.

Depuis des années la Suisse subit une immigration dix fois supérieure à ce qui était prévu lorsque la population décida - avec une grande naïveté - d'adhérer à l'espace de libre-circulation européen. Depuis, deux initiatives majeures, le renvoi des criminels étrangers et le rejet de l'immigration de masse, sont passées par là ; les deux impliquent clairement un retour de la surveillance des frontières.

Mais ni l'immigration européenne incontrôlée subie par la Suisse depuis des années, ni les votations populaires, ni l'urgence de la déferlante migratoire en provenance d'Afrique et du Moyen-Orient n'ont changé d'un iota la trajectoire voulue par le Conseil Fédéral. La libre-circulation et l'appartenance à l'Espace Schengen doivent être maintenus à n'importe quel prix.

Samedi encore, par le biais de sa présidente Simonetta Sommaruga, le gouvernement suisse se réjouissait de participer au mécanisme de répartition des réfugiés, alors même que la Suisse n'est pas membre de l'Union Européenne et que rien ne l'y oblige.

Un futur, plusieurs impasses

L'Union Européenne est en proie à une contradiction insoluble entre un espace de libre-circulation idéologiquement crucial à sa construction, et une masse virtuellement infinie de migrants se pressant à ses portes.

L'Allemagne souhaite perpétuer "l'esprit de solidarité et d'ouverture" de l'Union Européenne à travers un projet de répartition contraignante des migrants. Selon sa population et sa richesse, chaque pays de l'Espace Schengen aurait l'obligation de prendre en charge, non une certaine quantité de migrants, mais une certaine proportion de migrants. Soit par exemple, pour un pays donné, 30'000 migrants s'ils sont un demi-million à entrer en Europe... Et 300'000 s'ils sont dix fois plus nombreux.

Sachant que l'Allemagne décide, la pression sera forte pour adopter ce programme. La réticence des pays d'Europe de l'Est semble pour l'instant résolue. Mais quelles que soient les joutes politiques la faiblesse fatale de ce plan tient dans sa construction même: comment forcer des centaines de milliers de migrants à s'installer dans des pays dont ils ne veulent pas? C'est précisément la base de ce qui les a jeté sur les routes en direction de l'Allemagne!

Si la répartition des migrants est un objectif contraignant pour les membres de l'Espace Schengen, la contrainte vaudra également pour les migrants eux-mêmes. L'Europe de demain va être belle à voir: camps d'internement, collecte systématique d'empreintes génétiques, relocalisation sous bonne garde de milliers de personnes dans leur pays d'attribution... Le tout alors que le business des passeurs sera florissant à l'intérieur même de l'Europe.

Dans tous les cas et en particulier pendant que les discussions à haut niveau s'éternisent, l'Espace Schengen tels que nous l'avons connu est mort. Dans les plus brefs délais, davantage de frontières seront gardées et il faudra à nouveau sortir des documents d'identité à l'intérieur de l'Union.

Le gouvernement suisse continuera-t-il à être le seul et dernier bon élève de la libre-circulation, quoi qu'il en coûte au pays? Réponse le soir du 18 octobre.

04 septembre 2015

L'affaire Aylan Kurdi, suite et fin

Hier je postais un billet dénonçant l'instrumentalisation par les médias et la classe politique de la mort d'Aylan Kurdi, enfant noyé infligé en cinq colonnes à la une au grand public pour faire avancer la cause de l'immigration de masse de "réfugiés" partout en Europe.

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Je rappelais également, encore une fois, que les réfugiés deviennent de simples immigrés économiques dès lors qu'ils voyagent de pays en pays sans plus être en danger de mort, et que le peu que nous connaissions de l'histoire de ce petit garçon correspondait hélas à cette description...

Depuis, l'information filtre petit à petit et confirme largement cette version.

Si Aylan Kurdi est bien mort noyé, l'histoire vendue par des journaux cherchant à apitoyer le grand public est assez loin de la vérité. Comme souvent, il faut aller chercher un autre son de cloche dans la presse étrangère. C'est le Wall Street Journal qui s'en charge, sans même chercher à polémiquer, livrant du naufrage une image tout à fait différente en donnant la parole à la sœur du père survivant, habitant au Canada, pour en expliquer le contexte.

Le texte qui suit est donc une traduction de divers paragraphes de l'article original en anglais, plus une mise en gras des éléments saillants:

M. Kurdi [le père du petit Aylan] amena sa famille en Turquie il y a trois ans après avoir fui les combats d'abord à Damas, où il travaillait comme barbier, puis à Alep, puis à Kobané. Sa page facebook montre des images de la famille à Istanbul, traversant le Bosphore et donnant à manger aux pigeons à côté de la célèbre Yeni Cami ou Nouvelle Mosquée.

Mercredi depuis son lit d'hôpital, M. Kurdi expliqua à une radio syrienne qu'il avait travaillé sur des sites de construction pour 50 livres turques par jour - environ 17 dollars - mais que ce n'était pas suffisant pour en vivre. Il dit qu'ils dépendaient de sa sœur, Tima Kurdi, qui vivait au Canada, pour les aider à payer le loyer.

Mme [Tima] Kurdi, parlant jeudi depuis une banlieue de Vancouver, expliqua que leur père, toujours en Syrie, avait suggéré à Abdullah d'aller en Europe pour faire soigner ses dents et de trouver un moyen d'aider sa famille à quitter la Turquie. Elle dit qu'elle commença à envoyer des virements bancaires à son frère trois semaines plus tôt, en montants de mille euros, pour l'aider à payer le voyage.

Peu de temps après, elle dit que son frère l'appela et lui affirma qu'il voulait amener toute sa famille en Europe, sa femme n'étant pas capable de s'occuper de leurs deux garçons seule à Istanbul.

Mme Kurdi se souvient des propos que lui tenait son frère: "Si nous partons, nous partons tous". Elle dit qu'elle parla à sa femme la semaine dernière, laquelle lui confia sa peur de l'eau alors qu'elle ne savait pas nager.

Je lui ai dit "Je ne peux pas vous pousser à partir. Si vous ne voulez pas y aller, ne partez pas", explique-t-elle. "Mais je suppose qu'ils décidèrent qu'ils voulaient le faire tous ensemble.“


Puis Abdullah Kurdi donne une description de la nuit fatidique:

"Nous étions parti en mer depuis quatre minutes et alors le conducteur du bateau vit que les vagues étaient hautes, ensuite il vira de bord et nous fûmes frappés immédiatement. Il paniqua et s'enfuit en plongeant dans la mer. Je pris les commandes et commençai à virer, mais les vagues étaient si hautes que le bateau se retourna. Je pris ma femme dans mes bras et je réalisais qu'ils étaient tous morts."


Le récit est quelque peu confus mais on le serait à moins. L'embarcation chavira très près de la côte, ce qui explique sans doute pourquoi le "courageux capitaine" préféra directement se jeter dans la mer en pleine tempête. Se pourrait-il qu'il y ait eu une dispute à bord entre ceux qui voulaient avancer coûte que coûte et ceux qui souhaitaient faire demi-tour? Cela expliquerait l'attitude étrange du capitaine sautant à l'eau, mais nous n'aurons probablement jamais le fin mot de l'histoire.

M. Kurdi avait payé 4000 euros pour la traversée jusqu'en Grèce, à seulement quelques kilomètres de là. Quatre Syriens suspectés d'être les passeurs ont été arrêtés depuis.

En Turquie, la famille Kurdi vivait pauvrement mais en sécurité depuis trois ans - Aylan manqua de peu de naître là-bas. Ils quittèrent le pays pour des motifs discutables, mais sans menace directe pour leur survie ; enfin, ils payèrent le voyage grâce à de l'argent envoyé par des membres de leur famille au Canada pour s'offrir les services d'une bande de passeurs.

La mort d'Aylan Kurdi est avant tout un accident, un mélange d'imprudence, d'impatience et de malchance transformant de très mauvais choix en drame. L'histoire de cette famille est triste et terrible mais très éloignée de la légende qu'on en tisse, et le père lui-même en tire une conclusion radicalement différente lorsqu'il appelle à plus de solidarité de la part des pays arabes:

En pleurs, Abdullah Kurdi a assisté à l'enfouissement des corps au cours d'une "cérémonie des martyrs" dans la ville à forte majorité kurde située à la frontière turque. Il a dit espérer que la mort de ses proches encouragerait les pays arabes à venir en aide aux réfugiés syriens. "Je veux que les gouvernements arabes, pas les pays européens, voient (ce qu'il est arrivé) à mes enfants et en leur nom, qu'ils apportent leur aide", a-t-il dit dans une vidéo diffusée sur le site internet d'une radio locale.

 

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Les riches pays arabes à l’Union Européenne :
« Bon sang, ouvrez la porte aux réfugiés syriens, bande de glandeurs indifférents ! »

Le grand public n'est d'ailleurs pas dupe ; des sondages en ligne sur plusieurs journaux (rapidement balayés sous le tapis) montrent que pour 80% des internautes cette affaire n'a pas changé leur perception de la crise des migrants. Mais, pour les décideurs de l'Europe, peu importe les sondages ; ils ont une excuse et c'est tout ce qu'il leur faut. La mort de ce petit garçon leur donne le prétexte qu'ils attendaient pour ouvrir toutes grandes les frontières de l'Europe et précipiter son destin.

Mise à jour (6 septembre 2015): une photo très différente du corps d'Alyan Kurdi circule sur le réseau:

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Elle tend à accréditer la thèse d'une mise en scène du cadavre, déplacé sur un coin plus charmant de la plage pour qu'il soit plus "photogénique". Il ne semble décidément pas y avoir de limites à l'indécence lorsqu'il s'agit de faire plier l'opinion publique.

Mise à jour (8 septembre 2015): La blogosphère ose prononcer l'hypothèse indicible: le père n'aurait pas été sur le bateau.

Le père aurait envoyé sa femme et ses enfants seuls - sans gilet de sauvetage alors qu'aucun ne savait nager. Ce qui expliquerait pourquoi il a raconté tantôt avoir rejoint la plage à la nage, tantôt avoir été secouru par les garde-côtes ; pourquoi il a été le seul survivant du naufrage, totalement indemne ; pourquoi il aurait découvert le sort de ses enfants dans la presse et leur corps seulement une fois arrivé à l'hôpital, contrairement à plusieurs variantes de son récit où il dit les avoir vu mourir devant ses yeux ou dans ses bras.

On sait également qu'ils n'ont jamais déposé de demande d'asile au Canada, et non que cette demande aurait été "refusée" comme les premières versions du récit l'affirmaient.

Enfin, des internautes font remarquer que, outre le fait qu'ils vivaient paisiblement en Turquie depuis trois ans avec la branche canadienne de la famille payant le loyer à leur place, ils n'avaient pas non plus fui l'Etat Islamique quel que soit l'endroit où la famille prétendait se trouver auparavant ; ni Damas, ni Alep, ni Kobané n'étaient le moins du monde menacés par l'Etat Islamique en 2012, époque où la guerre civile syrienne commençait à peine à poindre à l'autre extrémité du pays.

A aucun moment ils ne furent donc des réfugiés, même lors de leur installation en Turquie.

03 septembre 2015

La stratégie de l'enfant mort

L'image choquante est placardée partout: un enfant syrien inerte, noyé, devient le fer de lance de la bonne conscience immigrationniste contre les réticences des populations européennes face à la déferlante des migrants. Sommes-nous collectivement coupables de la mort de cet enfant?

Pour les partisans de l'accueil qui dominent dans les médias, la réponse est oui. L'impact émotionnel des images est utilisé pour faire taire la raison. "La photo qui fait taire le monde", tweete le quotidien italien La Repubblica, titre également repris par Le Matin. La ficelle est énorme, mais elle fonctionne. Les sentiments l'emportent sur la capacité d'analyse. Pour réduire au silence les personnes qui s'opposent à l'arrivée massive de populations étrangères, fut-ce pour des raisons tout à fait rationnelles, il n'y a plus qu'à les traiter de salauds sans cœur et l'affaire est dans le sac.

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Depuis la diffusion des images nous en savons un peu plus sur la victime:

Selon les médias turcs, il s'agit d'Aylan Kurdi, un garçon syrien de trois ans dont le frère aîné a également trouvé la mort dans le naufrage de deux embarcations. Ils venaient vraisemblablement de Kobani, ville de Syrie adossée à la frontière turque, qui a été le théâtre de très violents combats entre djihadistes de l'État islamique et miliciens kurdes, il y a quelques mois.

Ces bateaux, transportant des Syriens, étaient partis dans la nuit de mardi à mercredi de la ville côtière turque à destination de l'île grecque de Kos, l'un des plus courts passages maritimes entre la Turquie et l'Europe, lorsqu'ils ont chaviré, ont expliqué les garde-côtes turcs. Rapidement prévenus par les cris des naufragés, les sauveteurs ont repêché douze corps sans vie parmi lesquels celui de cet enfant dont les photos ont envahi les réseaux sociaux avec ce mot clef: «KiyiyaVuranInsanlik», qui signifie «l'humanité naufragée» en turc.


La famille de cet enfant est donc volontairement partie de Turquie, où elle était à l'abri, pour une destination qu'elle estimait plus confortable ; un voyage dans lequel elle n'hésita pas à risquer la vie de ses enfants. Ils auraient pu continuer à résider en Turquie et ils seraient alors encore tous vivants. Le drame n'a pas la même connotation que si le malheureux avait péri en tentant de fuir sa Syrie d'origine.

Quasiment le même jour un incendie criminel dans le 18e arrondissement de Paris fit huit victimes, asphyxiées et défenestrées, dont deux enfants. On ne verra évidemment pas les cadavres de ce fait divers en gros plan, cela ne correspond à aucun objectif politique. L'opération de communication est conçue pour tirer des larmes, et elle en tire. Les images poignantes déchirent le cœur de chacun d'entre nous. Mais il meurt des milliers et des milliers d'enfants en Afrique tous les mois sans aucune mobilisation massive du reste du monde. Quid des enfants massacrés par l'Etat Islamique, déchiquetés par les bombes des terroristes, assassinés au Pakistan parce que c'était des filles et qu'elles voulaient aller à l'école?

Depuis le début de cette récente vague de migration vers l'Europe des peuples d'Afrique et du Moyen-Orient, bien des gens sont morts. Aylan Kurdi n'est de loin pas le premier bambin innocent à périr sur le chemin, mais il est le premier à être ainsi médiatisé. Les journalistes ont pourtant déjà eu à de multiples occasions la possibilité de filmer et de diffuser des images d'enfants morts mais s'en sont toujours abstenus. Alors pourquoi maintenant?

Il existe toujours une étape dans un conflit où les enfants deviennent un enjeu de communication pour faire ployer l'opinion publique. Nous en arrivons à ce stade - un passage en force destiné à étouffer le débat. Il est à noter qu'ailleurs en Europe les directives sont différentes. La mort du petit Aylan Kurdi, trois ans, est un drame abominable. Mais que penser de ceux qui l'instrumentalisent? Qui pourrait clamer que cet enfant ou sa famille auraient voulu que sa noyade serve à influer sur l'opinion publique?

Face aux enjeux géopolitiques, la paix des morts ne pèse pas lourd. Les médias sont prêts à tout pour faire avancer leur idéologie, jusqu'à exploiter le corps sans vie d'une petite victime innocente pour l'infliger au grand public par tous les moyens possibles, diffusion en prime-time à la télévision et impression en première page de leurs quotidiens.

 médias,immigration


Ce voyeurisme macabre fait taire la raison, pour un temps, mais la raison ne saurait s'exclure de façon permanente du débat sur l'immigration. Il en va de l'avenir d'autres enfants, européens cette fois, et du monde dans lequel ils vivront. Gardons notre sang-froid face à ces images horribles que nous infligent nos médias car lorsque la raison reviendra, les médias pratiqueront la seule option qu'il leur reste - la surenchère.

29 août 2015

Le vrai nom des migrants

Le Haut Commissariat aux Réfugiés de l'ONU se tâte: affecté par une petite bouffée de réalité, même lui a fini par admettre qu'il existait une différence entre "réfugiés" et "migrants".

Le HCR explique que les réfugiés sont des personnes fuyant les conflits ou des persécutions. Ils ont droit à une protection internationale en vertu de la Convention de 1951 sur les réfugiés.

Les migrants ne sont pas directement menacés et choisissent de quitter leur pays principalement pour des raisons économiques, trouver un emploi, une formation, ou des raisons de réunion familiale. A la différence des réfugiés, ils peuvent rentrer chez eux sans encourir de danger. Les lois de chaque pays sur l'immigration s'appliquent dans leur cas.


Sauf en Europe, bien entendu, où les deux flux sont mélangés aux frontières, dans les médias et les esprits dans le but avoué par certains de faire rentrer le plus de monde possible. D'ailleurs, même après cette soudaine saillie de bon sens le HCR - toujours irréprochable - fait volte-face et prétend pouvoir déceler les uns des autres:

Le HCR précise que parmi le grand nombre de personnes qui affluent actuellement vers l'Europe à travers la Méditerranée, il y a des réfugiés et des migrants. Mais la majorité d'entre elles viennent de pays en guerre ou de pays où elles sont persécutées (Syrie, Irak, Afghanistan, Libye, Erythrée) et ont droit à l'asile. Seulement pour une minorité, venue d'ailleurs, il s'agit de migrants.

 
Une minorité? Examinant la carte des migrations vers l'Europe, pas de doute, nous pouvons conclure que depuis son quartier général genevois le HCR a des yeux sacrément perçants:

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Les chemins vers l'Europe - image Reuters (cliquez pour agrandir)

Mais le HCR est une officine politique et on peut parier que le moindre de ses directeurs n'a jamais vu ce genre de carte. D'ailleurs, même la récente distinction entre "réfugiés" et "migrants économiques" n'a guère de sens: on peut très bien être les deux. Des dizaines de milliers de personnes correspondent à cette description. Mais quitte à définir les deux catégories comme exclusives, alors il faut décider comment classer un individu dans l'une ou l'autre.

Je suggère de quitter la définition spécieuse du pays d'origine ; un réfugié venu de Damas attendant quelques mois à Calais son passage en Angleterre n'est résolument plus en danger de mort. Cette distinction n'est pas qu'une vue de l'esprit ; reconnue dans les traités internationaux, elle est à la base des Accords de Dublin. La notion de réfugié se ramène donc au danger encouru à l'instant présent dans un pays donné. Munis de ce simple bon sens, la distinction entre réfugiés et migrants coule de source: un réfugié devient simple migrant dès lors qu'il continue à traverser des pays alors qu'il n'est plus en danger de mort.

Un Syrien s'échappant de l'enfer syrien et tentant de rejoindre par exemple l'Allemagne à travers la route des Balkans franchira successivement la Turquie, la Bulgarie, la Serbie, la Hongrie et l'Autriche pour enfin atteindre son but. Mais dès son entrée en Turquie, il ne sera plus "en danger de mort dans un pays en guerre".

Partant de là, s'il quitte la Turquie, il perdra sa qualité de "réfugié" pour simplement devenir un "immigré économique" à la recherche de confort matériel. S'il parcourt encore ces milliers de kilomètres pour atteindre les douces mamelles de l’État-providence allemand, c'est un choix, pas une question de survie. Certains trouveront sa démarche justifiée, mais ce débat ne doit pas servir à masquer une dénomination correcte. Que personne - et certainement pas les faux réfugiés - n'ose prétendre que la vie en Turquie, en Bulgarie, en Serbie, en Hongrie et en Autriche est "impossible" et que c'est toujours une question de vie ou de mort. Pareilles déclarations sont une insulte à ces pays et à leurs millions d'habitants. L'affront est plus grand encore pour les compatriotes de ces immigrés restés au pays et qui sont, eux, réellement menacés.

La plupart des civils ne quittent pas leur pays d'origine, comme les Ukrainiens, ou les Yézidis accrochés à leur montagne de Sinjar. Hormis cela, Les réfugiés de guerre au sens du droit international existent ; les Syriens fuyant au Liban, en Jordanie ou en Turquie, les victimes africaines de Boko Haram cherchant refuge dans d'autres régions du Nigeria ou au Cameroun, et ainsi de suite. C'est là qu'il faut les aider, et soutenir les pays qui les accueillent.

Ceux qui vont plus loin sont à la recherche de confort. Ce sont donc des immigrants économiques. Ils visent un logement gracieusement fourni par l’État, la nourriture, l'habillement, les traitements médicaux, l'école, l'aide sociale, l'assistance juridique et tous ces services ruineux que nos gouvernements socio-démocrates endettés jusqu'à la moelle ne parviennent même plus à fournir à leur propre population dans le besoin.

S'ils ont parfois été témoins d'horreurs authentiques, elles ne constituent pas pour autant un alibi pour violer toutes les lois sur l'immigration des pays qu'ils décident de franchir - à moins de redéfinir jusqu'à la notion même de loi.

La guerre fait naturellement rage sur le plan médiatique, journaux et télévision luttant sans cesse pour présenter ces cohortes d'immigrés sous le jour le plus favorable possible. Les journalistes font de grands efforts pour montrer des images sympathiques d'enfants et de familles. Mais le terrain montre une situation différente - des requérants revendicatifs et pas toujours honnêtes. La plupart des migrants sont des hommes. Dans le camion retrouvé en Hongrie et ses 71 victimes mortes d'asphyxie, il y avait 4 enfants, 8 femmes, et 59 hommes.

S'il n'est pas plaisant de qualifier les migrants économiques d'envahisseurs, la plupart des sens du verbe dans la définition du Larousse semblent pourtant s'appliquer:

  • Entrer en nombre et par la force dans un pays, une région, s'en emparer militairement.
    Les troupes ennemies ont envahi le nord du pays.
  • Pénétrer quelque part en nombre, de manière abusive ou non autorisée ; occuper, faire irruption dans un lieu.
    Les manifestants ont envahi le ministère.
  • Se rendre en très grand nombre dans un lieu.
    L'été, les touristes envahissent le village.
  • S'imposer, atteindre, concerner de nombreux points d'un lieu, de nombreux éléments d'un groupe, gagner un domaine.
    Cette mode a envahi la France.
  • (Familier) Venir chez quelqu'un et l'importuner en occupant une place excessive, abusive, en demandant trop de son temps.
    Elle vient nous envahir tous les dimanches.

Seule le premier sens - celui d'une occupation militaire - ne correspond pas encore complètement à la réalité. Mais lorsque l'Europe aura finalement fermé ses frontières, pensez-vous que les migrants hésiteront à employer la force ?

Tout ceci ne peut évidemment que se terminer très mal - et se terminera très mal.