27 mars 2017

La bataille de l'Obamacare

Le projet de réforme de l'Obamacare a été repoussé la semaine dernière, faute d'avoir rassemblé une majorité suffisante au parlement américain. Les médias en profitèrent pour libérer une joie sauvage: "un politicien complètement inapte", "gouverner est dur, dur, dur", "une leçon" lancèrent des journaux américains goulûment reproduits dans la presse européenne.

La RTS se distingua particulièrement dans l'approche partisane. Un premier reportage samedi après l'annulation du vote lança quelques mots-clés soigneusement choisis, "échec cuisant", "abandon", "défaite", ou le "réflexe" de "rejeter la faute" avant de tresser des lauriers à l'Obamacare. S'ensuivit une inévitable analyse de Pierre Gobet, qui surenchérit sur "l'affaiblissement" du Président, "l'ampleur de son échec" et sa "démonstration d'impuissance". N'en jetez plus!

Il est à peu près inenvisageable d'avoir une présentation correcte de la situation par l'entremise des médias mainstream. Pour commencer, si la réforme de l'Obamacare vient d'échouer, il ne s'agit que d'une première tentative. Rien n'empêche les Républicains d'en faire une autre - et ils en feront une autre.

usa,santé,donald trump,manoeuvres politiquesInutile de le nier, ce contretemps est un revers pour Donald Trump. La réforme de l'Obamacare était tellement importante à ses yeux que c'est le premier Ordre Exécutif qu'il signa après son accession à la présidence le 20 janvier. Ce faisant, et conformément à la séparation des pouvoirs, il confia le dossier à la branche législative de l'État américain, c'est-à-dire au Congrès et en son sein au chef de la majorité républicaine Paul Ryan.

Il est donc important d'éclairer le lecteur sur ce point essentiel: s'il a bien sûr collaboré avec le Congrès dans ses travaux, Donald Trump n'a aucune responsabilité directe dans l'élaboration du projet de loi qui vient d'être repoussé. Il n'est ni doté du pouvoir législatif, ni responsable de la majorité parlementaire républicaine, ni chef du parti. Tous les reportages et les articles qui présentent donc ce rejet comme un échec personnel - à commencer par appeler la réforme "Trumpcare" - entretiennent délibérément la confusion auprès du grand public sur les rôles et les responsabilités de chacun, juste pour le plaisir d'associer Trump à l'échec.

Mais revenons à cette réforme de l'Obamacare.

Obamacare, le Monstre Gentil

L'Obamacare, de son vrai nom Patient Protection and Affordable Care Act, est né du travail de la majorité démocrate sous la présidence Obama. L'abus de langage est le même que pour le Trumpcare, à ceci près que Barack Obama était plus qu'heureux de s'approprier le nom d'une réforme qu'il avait appelée de ses vœux.

Malgré les aspirations du pouvoir, l'accouchement fut difficile: il fallut onze mois de travaux après l'élection du Président Obama en 2008 pour arriver à faire passer un texte, dont la mise en place s'étala longuement suite à des recours juridiques. Les dispositions de la loi n'entrèrent en vigueur que le 1er octobre 2013 pour une application à partir de 2014.

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Qu'apporte Obamacare, en pratique? Pour obtenir un résumé dithyrambique, il suffit de consulter n'importe quel média - par exemple Euronews:

L'Obamacare a rendu obligatoire pour toute compagnie d'assurance santé de proposer au minimum 10 garanties essentielles, notamment les urgences, l'hospitalisation, l'accouchement et la prise en charge du nouveau-né, la santé mentale, les prescriptions médicales... Elle permet aux jeunes de rester sur la police d'assurance de leurs parents. Elle oblige aussi tous les chefs d'entreprise qui emploient plus de 50 salariés à souscrire une assurance pour leurs salariés. Elle a élargi la couverture des plus âgés par Medicaid et aidé financièrement les revenus les plus modestes à financer leur couverture santé.


Trop occupés à tout peindre en rose, les journalistes n'expliquent évidemment pas les mauvais côtés d'Obamacare, qui contribuèrent largement aux échecs électoraux démocrates au Congrès. L'assurance-santé est en effet assortie des mécanismes socialistes habituels, souscription obligatoire et subventions, qui passent très mal auprès d'une opinion publique attachée à sa liberté de choix. Les subventions d'Obamacare pèsent ainsi à hauteur de plusieurs centaines de milliards de dollars sur le budget fédéral - et Obamacare n'en est encore qu'à ses débuts.

Mais quels que soient les qualités et les défauts qu'on lui trouve, Obamacare a un autre problème: elle est condamnée à l'effondrement à brève échéance. La faiblesse est structurelle. Les assurés "aidés", toujours plus nombreux, font grimper la facture collective ; les assurés "aidants" se retirent, quitte à payer des amendes, parce que les primes deviennent trop chères. Le déséquilibre s'aggrave avec le temps, poussant les derniers contributeurs à fuir. C'est ainsi que dans certains États les primes ont plus que doublé. Au bout du compte, même les sociétés d'assurance se retirèrent du créneau pour éviter la ruine.

Dans la grande tradition socialiste, Hillary Clinton aurait bien sûr trouvé un moyen de "sauver" Obamacare - plus d'impôts, plus de redistribution, et plus de pénurie en mettant à la charge des assurés leurs premiers milliers de dollars annuels de dépense de santé. Cette dérive n'aura pas lieu avec Trump. Il a déjà prévenu qu'en cas d'échec de la réforme, il laisserait Obamacare s'effondrer sur sa lancée, prenant bien soin de préciser que les Démocrates portent l'entière responsabilité de l'échec d'un système non viable.

Manœuvres au Capitole

Une fois confiée au Congrès, il devint assez vite clair que la volonté de réforme du Président Trump ne déboucherait sur rien. Les Démocrates rejetèrent l'idée même de participer à une réforme. Les Républicains commencèrent à s'affronter sur la meilleure marche à suivre - réformer Obamacare avant ou après le budget, l'annuler ou la modifier - puis ensuite sur le contenu du American Health Care Act proprement dit.

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Source: Townhall.com

Dans ces joutes, un homme eut une influence prépondérante: Paul Ryan, le chef de la majorité républicaine dans les chambres. Seuls quelques médias nommèrent le projet "Ryancare", bien que cette appellation soit rigoureusement exacte. La réforme de l'Obamacare est largement son œuvre.

Républicain réputé centriste, Paul Ryan fait partie avec John McCain et de nombreux autres de l'aile gauche du Parti républicain - une proportion non négligeable de politiciens qui s'opposèrent à la candidature de Donald Trump et travaillèrent même à la faire échouer. La réforme traduit fidèlement leur état d'esprit: une légère retouche de l'Obamacare, presque cosmétique, qui fit dire à Steve Bannon, conseiller du Président, que le nouveau texte avait "l'air d'avoir été dicté par les compagnies d'assurance".

Respectant scrupuleusement la séparation des pouvoirs, Donald Trump se garda bien de toute immixtion dans le processus législatif. Celui-ci mit au jour les divisions au sein du Parti Républicain: d'un côté les collectivistes qui aimaient bien Obamacare et voulaient la sauver, notamment pour préserver la manne de subventions fédérales arrivant dans leurs États, de l'autre les Républicains orthodoxes tendance Tea Party qui souhaitaient tout laisser tomber. Au milieu les Républicains indécis naviguaient à vue.

La bataille fut rude sur les réseaux sociaux. Dans les cercles républicains, nombreux furent les Internautes à exprimer leur dégoût face à une réforme n'allant pas assez loin et laissant en place les aspects les plus liberticides d'Obamacare. D'autres reprochèrent au Président de soutenir un résultat aussi peu ambitieux. Tous firent part de leur déception face à des élus républicains chantant le refrain de la "fin de l'Obamacare" depuis 2009 pour assurer leur élection, et livrant un si piètre résultat au pied du mur.

Sans surprise, le texte finit par mourir de sa belle mort avant de passer au vote. Les divergences étaient trop irréconciliables au sein du Parti Républicain. Et c'est une victoire tactique pour Trump.

À Malin, Malin et demi

Trump n'est pas né de la dernière pluie et, comme George W. Bush en son temps, s'avère bien plus intelligent que la plupart de ceux qui le critiquent. La réforme de l'Obamacare était la première étape de ses grandes réformes et, en cas d'échec, l'occasion en or de diminuer l'influence des socialistes au sein du Parti Républicain.

La réforme prévue par les Républicains était tellement faible que c'est un soulagement qu'elle ait été repoussée. Si elle était passée, les Américains auraient eu à subir un Obamacare 2.0 décevant, voté par la majorité républicaine et quasiment intouchable. La déception aurait été immense et le découragement tout aussi grand.

Mieux valait pas de réforme qu'un texte à moitié cuit. Mais Paul Ryan est sérieusement affaibli. Pour lui, c'est un échec personnel. Des voies appellent à sa démission du poste de porte-parole de la majorité. On peut imaginer que Trump ne se battra pas beaucoup pour le retenir.

Des batailles difficiles devront être menées, notamment pour la réforme fiscale sachant que les coûts d'Obamacare sont toujours inscrits au budget. Il y aura encore des parties à jouer finement, l'essentiel était qu'Obamacare s'effondre sans qu'on puisse en faire porter le chapeau à Trump, ce à quoi toutes les rédactions travaillent déjà.

Pour Trump, il s'agit d'avancer, de laisser Obamacare s'écrouler et de repartir sur des bases saines. Il ne cache rien et s'en est exprimé sur son compte Twitter. Fait inhabituel, il prit même la peine de transmettre un message identique par le biais du compte Twitter officiel de la Présidence des États-Unis:

"Obamacare va exploser et nous construirons et nous aurons ensemble un superbe plan d'assurance-santé pour LE PEUPLE. Ne vous inquiétez pas!"


La prochaine étape sera donc l'explosion de l'Obamacare. Elle sera spectaculaire et donnera sans doute lieu à de nouveaux débordements de fake news par les médias officiels. Comptons sur Pierre Gobet pour défendre les couleurs de la RTS dans la compétition...

11 mars 2017

Les Accords de Paris en ligne de mire

Le nouveau responsable de l'EPA américaine ne croit pas à l'influence prépondérante du CO2 dans le réchauffement climatique. En arrière-plan se profile une rude bataille pour la survie des Accords de Paris, et à travers eux la politique climatique mondiale.

La RTS s'indigne

Quiconque n'a jamais pensé voir des journalistes helvétiques s'étrangler pourra regarder le reportage de la RTS sur l'interview de Scott Pruitt le 10 mars.

"Les émissions de CO2 ne sont pas un facteur déterminant dans le changement climatique" - c'est du moins l'opinion du nouveau patron de l'agence américaine de l'environnement Scott Pruitt, climato-sceptique assumé vous l'aurez compris. Invité hier sur une chaîne de télévision américaine il a précisé qu'il fallait "analyser encore l'impact réel du CO2."


Analyser encore l'impact réel du CO2? Et puis quoi encore! Claudio Zamperini, grand mufti de la RTS sur la question, manque de s'étouffer. Le journaliste a au moins l'honnêteté de mentionner la réplique par qui le scandale arrive:

"Je pense que mesurer l'impact de l'activité humaine sur le climat est quelque chose de très difficile et il existe un immense désaccord sur le degré d'impact, donc non, je ne suis pas d'accord pour dire [du CO2] qu'il s'agit d'un contributeur important au réchauffement climatique. En tout cas pas pour le moment."


Mais ensuite, avec en toile de fond un kaléidoscope d'images tirées des innombrables plaidoiries de la RTS sur ce thème, il déroule le credo avec la subtilité d'un commissaire au peuple:

"[les propos de Scott Pruitt sont une] façon de mettre en doute ce que la science a pourtant démontré (sic). La combustion de dérivés du pétrole, du charbon et du gaz naturel contribue largement à l'augmentation des températures."


Démontré? Ah, comme tout est simple pour l'esprit imperméable au doute! Dommage que les démonstrations avancées par le journaliste n'existent que dans son esprit enfiévré, et c'est bien là le problème. L'activisme pro-réchauffiste pollue largement l'étude d'un climat bien plus complexe que ce que les scientifiques engagés, les militants écologistes et leurs alliés politiques en disent. Pas un seul modèle climatique n'a réussi l'épreuve de la prédiction sur quelques années seulement, alors de là à les laisser imaginer la température en 2050...

réchauffement climatique,manoeuvres politiquesRétrospectivement, les propos de Scott Pruitt semblent bien plus mesurés et raisonnables que les réactions qu'ils suscitent dans les médias!

Scott Pruitt, le croquemitaine

Mais pour quiconque ne s'embarrasse pas du doute inhérent à la démarche scientifique, la nomination de Scott Pruitt relève effectivement de la mauvaise nouvelle.

L'ancien Procureur Général de l'Oklahoma a beaucoup lutté contre l'Agence de protection de l'environnement lorsque celle-ci était entre les mains de l'Administration Obama. Il s'éleva notamment contre le Clean Power Plan décrété par la Maison Blanche d'alors pour imposer aux États-Unis d'ici 2030 une réduction de 32% des prétendues émissions de gaz à effet de serre des centrales électriques au charbon. Son opposition n'avait rien d'un combat solitaire ; la démarche engagea à ses côtés 28 États fédéraux.

L'affaire n'a pas encore été jugée et pourrait remonter jusqu'à la Cour Suprême - en théorie, car faute de bases légales le Clean Power Plan pourrait disparaître bien avant qu'elle ne statue. Ni le Clean Power Plan ni les Accords de Paris adoptés par Barack Obama n'ont été validés par le Congrès, et pour cause. La page Wikipédia de ces Accords, mentionnant que les États-Unis les ont "ratifiés", est mensongère. Leur manque de légitimité est le principal reproche que formule M. Pruitt à leur encontre. L'un comme l'autre sont de simples décisions de l'exécutif, susceptibles d'être annulées du jour au lendemain par le nouveau Président.

Danger pour les Accords de Paris

Avec son slogan America First, le Président Trump a bien l'intention de remettre l'EPA à sa place. La production d'une énergie abondante et bon marché est une de ses priorités. La nomination de Scott Pruitt à sa tête s'inscrit parfaitement dans ce contexte, alors que ce dernier avait lancé pas moins de 14 procédures contre l'EPA sous la présidence Obama.

Cependant, M. Pruitt exprime non seulement ses doutes sur le rôle du CO2, mais aussi sur les Accords de Paris:

Dans la même journée, Scott Pruitt est également revenu sur l'accord sur le climat signé à Paris le 12 décembre 2015. Pour lui, il s'agit d'un "mauvais accord" étant donné que les formes n'ont, à ses yeux, pas été au rendez-vous : "L'accord de Paris aurait dû être géré comme un traité, il aurait dû passer par une validation au Sénat. C'est inquiétant".


On admirera les éléments de langage du journaliste: "revenu sur un accord signé...", "les formes...", "à ses yeux..." Disons-le, Scott Pruitt pinaille! Il n'a jamais été que Procureur Général, après tout. Que connaît-il au Droit?

Les tournures désobligeantes ne suffiront pas à masquer l'inquiétude. L'EPA sera réalignée, le Clean Power Plan semble déjà faire partie de l'histoire ancienne et la participation des États-Unis aux Accords de Paris est compromise. Or, il se trouve que cette participation est absolument vitale aux Accords de Paris eux-mêmes.

Il ne s'agit pas d'une participation symbolique. L'Accord de Paris sur le climat est un grand mélange de vœux pieux, d'appels solennels et de demandes de réduction d'émissions sans le moindre mécanisme de contrôle contraignant, mais au milieu de tout ce fatras souvent contradictoire une finalité économique n'a pas échappé à ses promoteurs: les "pays du Nord" doivent verser aux "pays du Sud" 100 milliards de dollars annuels d'ici 2020 pour "faire face aux impacts du dérèglement climatique" - ce montant étant un minimum. On comprend mieux l'empressement de tant de pays du Sud à ratifier leur participation!

Malheureusement pour tous ces régimes assoiffés de subventions, l'argent convoité n'arrivera jamais. Les États-Unis étaient bien évidemment censés prodiguer la part du lion de cette somme ; s'ils refusent, et tout indique qu'ils refuseront, aucun pays ni groupe de pays n'aura les reins assez solides pour les remplacer. La manne ne sera pas au rendez-vous. Ce n'est pas tout: la Chine, premier pollueur mondial, a conditionné sa participation aux Accords à celle des États-Unis. Elle s'en retirera donc également. Sans l'argent promis, refusant d'être les dindons de la farce des contraintes climatiques face à leurs concurrents, d'autres pays signataires se retireront à leur tour. De proche en proche, tout le fragile édifice diplomatique s'écroulera comme un château de cartes.

Tout cela porte bien sûr très au-delà de la petite Suisse, toujours bonne élève avec ses médias profondément engagés et de ses innombrables taxes goulûment avalées par une population maintenue dans l'hébétude. Mais la nomination de Scott Pruitt à la tête de l'EPA aura suffi à démontrer, avec une simple interview, que le roi climatique est nu.

07 mars 2017

Obamagate et Vault 7

Deux termes promettent de faire le buzz ces prochains jours - Obamagate et Vault 7 - et pourraient bien façonner le futur de la politique aux États-Unis.

Ces deux termes sont liés.

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L'Obamagate

Chaque mois voit surgir son -gate - un nouveau scandale baptisé selon le Watergate originel, l'affaire qui mena le président Richard Nixon à la démission pour avoir tenté de poser des micros pour espionner ses concurrents démocrates dans l'immeuble qui donna son nom au dossier. Depuis, tous les journalistes et les blogueurs sont sur les rangs dans l'espoir de révéler un complot du même ordre de magnitude.

Ils ont été dépassés par Donald Trump, qui a révélé le scandale lui-même samedi dans une série de tweets assassins [1, 2, 3, 4]:

  • Terrible ! je viens de découvrir qu’Obama a mis la Trump Tower sur écoute juste avant la victoire. Rien trouvé. C’est du Maccarthysme!
  • Est-ce normal, pour un président en exercice, de mettre sur écoute une course à la présidentielle avant une élection? Demande une première fois refusée par un tribunal. Une NOUVELLE BASSESSE!
  • Je parie qu’un bon avocat pourrait faire un beau procès avec le fait que le Président Obama a mis sur écoute mes lignes téléphoniques en octobre, juste avant l’élection!
  • À quelle bassesse le président Obama est descendu pour mettre mes téléphones sur écoute durant la période sacrée du processus électoral. C’est du Nixon/Watergate. Sale type (ou taré)!

Depuis, l'affaire est progressivement dévoilée. Barack Obama aurait tenté à trois reprises entre juin et octobre de mettre Trump sur écoute, mais aurait échoué à obtenir l'autorisation de la justice. Sa demande fut rejetée même par la Cour de Surveillance du Renseignement Étranger des États-Unis, la FISA, ce qui est extrêmement rare. Mais, mentant à la cour en cachant que la surveillance s'étendrait jusqu'à Trump, il obtint finalement gain de cause et put procéder à l'espionnage de la campagne républicaine et de son candidat.

Un président américain en exercice abusant de ses pouvoirs pour espionner un rival à la veille d'une élection? C'est très exactement un remake du Watergate, à ceci près que l'immeuble en question est la Trump Tower. Seul bémol, les rôles sont inversés. Nixon pouvait être descendu en flammes sans modération, il était républicain et espionnait des Démocrates. Déontologie journalistique oblige, pas question de réserver le même traitement à un président démocrate espionnant un Républicain!

Depuis, les médias se couvrent donc (une fois de plus...) de ridicule en refusant mordicus de suivre les accusations du président américain en exercice. On critique donc Trump en parlant "d'allégations sans preuves" - alors même que depuis des mois les médias critiquent Trump pour ses prétendus liens avec la Russie sur nulle autre base que des allégations sans preuves. On explique que M. Obama a nié ses accusations à travers son porte-parole - comme si des gens capables de telles vilenies allaient tout avouer benoîtement devant la première caméra de télévision venue. On fait venir sur les plateaux de télévisions des experts exprimant toute "l'invraisemblance" des accusations de Donald Trump - alors que les preuves abondent que Barack Obama a espionné dans un but politique de nombreux individus pendant son mandat, dont des journalistes américains.

En fait l'espionnage de ce qui se passait dans la campagne de Trump est tellement de notoriété publique que l'information fut diffusée... Sur la première page du très démocrate New York Times, le jour de l'inauguration du Président!

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La première page du New York Times du 20 janvier - maintenant et selon le même journal,
l'accusation d'espionnage est désormais une "pure invention".

(cliquez pour agrandir)

Vault 7

En attendant que des commissions d'enquête mettent au clair tous les détails de cette affaire, la dernière ligne de défense du Président Obama et de son ex-administration est de clamer qu'ils n'avaient pas le droit, et qu'ils se sont donc évidemment abstenus, d'espionner des citoyens américains.

Le mythe d'Américains protégés par leur Constitution et de services de renseignements uniquement tournés vers l'extérieur est tombé depuis longtemps, mais certains aveugles volontaires continuaient de le prétendre, en grande partie pour absoudre l'Administration Obama de ses nombreuses dérives. Aujourd'hui, un énorme paquet de documents classifiés révélés par Wikileaks montre qu'il n'en est rien, depuis plusieurs années. Sous le nom énigmatique de Vault 7, l'organisation pour la transparence montre, documents à l'appui, le degré de sophistication et l'étendue proprement délirante de l'espionnage domestique par les États-Unis.

Le fantasque ex-patron de MegaUpload, Kim Dotcom, très intéressé par les questions de vie privée, résume dans quelques tweets [1, 2, 3] certaines trouvailles révélées par ces milliers de documents:

  • La CIA dispose de techniques permettant de donner l'apparence que des cyber-attaques proviennent d'un pays ennemi. Cela tourne en PLAISANTERIE les allégations de la CIA d'un piratage de la Convention Démocrate par les Russes.
  • SCOOP: La CIA peut transformer les Smart TV, les iPhones, les consoles de jeu et de nombreux autres gadgets de grande consommation en systèmes d'écoute. #Vault7
  • Obama a accusé la Russie de cyber-attaques pendant que sa CIA transformait tous les appareils connectés en Russie en micro-espions. Wow!

Le code et les documents révélés aujourd'hui montrent que les services de renseignement américains sont capables d'écouter les conversations depuis à peu près n'importe quel appareil connecté doté d'un micro, qu'il s'agisse d'un ordinateur, d'un smartphone, voire d'une télévision connectée, et ce même s'ils sont en veille. Ils sont aussi capables d'obtenir les informations encryptées transmises par les applications "sécurisées" usuelles comme WhatsApp, Signal, Telegram, Wiebo, Confide ou Cloackman simplement en piratant le smartphone où ces applications sont installées avant que le chiffrement ne soit appliqué.

Les dernières illusions sur le secret des communications viennent de voler en éclats. Et ce sont ces gens qui auraient eu des scrupules à espionner M. Trump pour des motifs politiques?

Nul doute que les scandales ne font que commencer. À terme, il faudra à l'ancien président Obama peut-être plus qu'une simple dénégation pour sortir indemne de toutes les dérives qui ont eu lieu sous son égide.

22 février 2017

Donald Trump contre le Deep State

Fraîchement nommé dans l'équipe Trump, le Conseiller à la Sécurité Nationale Michael Flynn fut poussé à la démission le 13 février 2017. Le motif de son départ reste sibyllin: il aurait donné au vice-président Mike Pence des informations "incomplètes" sur ses discussions téléphoniques avec l'ambassadeur de Russie durant la période de transition.

En réalité, M. Flynn n'est que la première victime d'une longue guerre qui oppose Donald Trump d'un côté et le Deep State de l'autre.

À l'origine du Deep State

Qu'est-ce que le Deep State? En français, on l'appellerait l'État dans l'État - une bureaucratie enkystée, puissante, inamovible, contre laquelle la volonté de réforme des politiciens élus, forcément transitoires, finit immanquablement par se fracasser comme l'écume sur les rochers.

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Le Deep State américain est probablement assez ancien mais s'enracina en particulier grâce au triste manque de clairvoyance d'un Président que l'on n'aurait jamais imaginé dans ce rôle, Ronald Reagan. Avant lui, la coutume voulait que tous les fonctionnaires fédéraux soient limogés à la faveur d'un changement de majorité. Le candidat vainqueur débarquait avec des milliers de nouveaux employés pendant que les précédents pliaient bagages. C'est pour cela que l'on parlait, et que l'on parle toujours par abus de langage, de "l'Administration" du Président - comme si chacun venait repeupler Washington, D.C. avec les siens.

Tout cela changea avec Roland Reagan. Reagan annonça pendant sa campagne présidentielle qu'il mettrait fin à une pratique privant des milliers de gens de leur travail au lendemain d'une élection, et tint sa promesse. Il nomma bien sûr des Secrétaires d'État et des fonctionnaires de haut niveau à ses côtés, mais le reste de l'appareil fédéral resta intact. La pratique fut perpétuée par ses successeurs. Un geste humaniste permit ainsi l'émergence progressive d'une caste de fonctionnaires carriéristes et finalement inamovibles.

Les Démocrates avaient annoncé la couleur dès le lendemain de leur défaite contre Trump, lorsqu'une haute responsable du parti rappela aux militants pour leur garder espoir: "Nous gardons encore une minorité de blocage au Sénat, et le contrôle de l'administration."

Pourquoi le Deep State est-il marqué à gauche? La réponse tient au point de vue fondamentalement antagoniste des Démocrates et des Républicains sur le rôle de l'État. Pour les premiers, il est un outil au service de leur cause ; pour les seconds, un mal nécessaire qu'il s'agit de contenir. Aux États-Unis comme ailleurs, les fonctionnaires verront donc d'un fort mauvais œil un parti visant à diminuer leur nombre. De même, les plus fortes phases de croissance de l'État sont souvent la marque de politiques collectivistes assez classiques, pendant lesquelles les nouveaux venus ont souvent le profil idéologique adéquat.

Le Deep State américain est donc profondément enraciné et hostile aux valeurs incarnées par Donald Trump.

Le Deep State aujourd'hui

La page Wikipédia du Deep State américain (en anglais) a été créée le 7 janvier 2017. Elle décrit dès le départ quelques tentacules possibles de l'entité:

Selon Philip Giraldi, le noyau du pouvoir est centré sur le complexe militaro-industriel, la communauté du renseignement et Wall Street, tandis que Bill Moyers pointe du doigt les ploutocrates et les oligarques. Le Professeur Peter Dale Scott mentionne également les entreprises pétrochimiques ("Big Oil") comme joueur clé, alors que David Talbot se concentre sur les officiers de la Sécurité Nationale, en particulier Allen Dulles.


Toute l'opposition à Trump ne relève pas du Deep State, loin de là. Hollywood, les médias, certaines entreprises de la Silicon Valley ou le Parti démocrate lui-même sont des adversaires résolus de Trump. C'est leur droit le plus strict, mais le Deep State fait ici référence à autre chose: une partie de l'État qui renie son devoir de servir pour miner et contester l'administration en place. Nous en avons un aperçu avec la démission de Michael Flynn.

usa,donald trumpMichael Flynn est un ancien général d'armée. Il était haï par les adversaires de Trump parce qu'il entendait traiter la Russie en adversaire et non en ennemi, et parce qu'il identifiait clairement l'islam radical comme la source de nombreux problèmes du monde.

Pendant la "phase de transition" entre les Administrations Obama et Trump, des journalistes reçurent des informations - des fuites vraisemblablement organisées depuis l'intérieur des services de renseignement - impliquant des conversations téléphoniques entre Michael Flynn et Sergey Kislyak, l'ambassadeur de Russie aux États-Unis. Ces discussions portaient sur une éventuelle atténuation des sanctions par l'Administration Trump.

Les médias attaquèrent en prétextant une violation du Logan Act, exhumant pour l'occasion une loi de 1799 visant à interdire l'établissement d'une "diplomatie parallèle" et qui ne fut jamais employée pour poursuivre le moindre citoyen américain. Michael Flynn expliqua au Vice-Président Mike Pence que ces discussions n'avaient pour but que de préparer une conversation téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine.

Vint alors une seconde attaque, plus violente. Les services de renseignement firent remonter l'information selon laquelle Flynn serait désormais "potentiellement vulnérable à un chantage russe". La raison? Il aurait été "flou" sur la teneur exacte de ses propos avec l'ambassadeur... Propos d'autant plus faciles à analyser qu'ils furent gracieusement fournis aux journalistes!

Souhaitant éviter d'embourber la jeune Administration Trump dans un scandale, Michael Flynn démissionna, contre l'avis du Président. La démission de l'ancien général fut immédiatement présentée comme une preuve de sa duplicité.

Les adversaires de Trump purent sabler le champagne - ils venaient de faire leur première victime. Les partisans de Trump y virent des signes plus inquiétants: l'espionnage des membres de l'Administration par leurs propres services de renseignement et la fuite régulière d'informations secrètes auprès de médias engagés.

Notons qu'à ce stade, outre que M. Flynn n'a pas été mis en cause par la justice, le grand public n'a jamais réussi à lire une transcription de la fameuse conversation entre lui et M. Kislyak. Nous devons nous contenter de ce qu'en disent les journalistes.

Disons-le franchement, l'éviction de Michael Flynn relève de motifs dérisoires - des services secrets montant un dossier au nom de l'éthique alors qu'ils avaient piraté jusqu'au téléphone portable d'Angela Merkel... L'affaire montre en tout cas l'implication du Deep State dans une guérilla soutenue contre un gouvernement qui peine à se mettre en place sous les assauts des médias et de l'opposition démocrate.

Une issue incertaine

usa,donald trumpLa bataille qui s'annonce entre Donald Trump et le Deep State sera brutale, et déterminera probablement le succès ou l'échec du mandat du Président. Parviendra-t-il à ramener les services de renseignement américains sous son contrôle?

L'affrontement sera d'autant plus difficile à mener que le Deep State a des alliés jusque dans le camp républicain. L'affaire grotesque du dossier russe - qui s'est écroulée depuis - eut lieu grâce à John McCain, un ennemi intime de Donald Trump, en mèche avec de nombreux agents du renseignement.

McCain et Trump ont beau appartenir au même parti, à peu près tout les oppose. Mais John McCain n'est pas un énième militant anti-Trump. Il est élu au Congrès depuis 34 ans, dont 30 au Sénat. Il préside la puissante Commission des Armées, qui gère notamment les 600 milliards de budget annuel du Pentagone. Il fut candidat républicain en 2008 à l'élection présidentielle, témoignage de la force de ses réseaux à l'intérieur du Grand Old Party.

L'éviction de Michael Flynn eut au moins le mérite de faire comprendre à Donald Trump qu'il avance sur un terrain miné. Ses ennemis ne lui feront pas de cadeau. Les "fuites" soigneusement organisées risquent de se poursuivre pendant tout son mandat.

De par sa nature, le Deep State vise à traverser le temps et les vents contraires. Il est bâti pour résister à des événements défavorables comme l'élection de Donald Trump. Il s'est renforcé pendant des décennies. Sur le papier, les chances de victoire de Donald Trump paraissent bien faibles ; mais ce dernier a aussi prouvé à maintes reprises qu'il était homme à déjouer les pronostics.

07 février 2017

Réchauffement Climatique: la tricherie de trop

Dire que la Théorie du Réchauffement Climatique d'Origine Humaine traîne des casseroles serait très en-dessous de la vérité.

213423P_hockey_stcik_illusion.pngDepuis sa conception et sa révélation au Monde à travers la fausse Courbe en crosse de Hockey, après l'inexplicable réchauffement climatique de Mars (aucun rapport avec cette grosse boule de feu souvent aperçue dans le ciel), après le scandale du Climategate révélant l'ampleur de la fraude scientifique autour de la publication d'articles pro-réchauffement et l'impitoyable chasse aux sorcières réservée aux dissidents, après l'utilisation par le GIEC de propagande de Greenpeace comme matériel scientifique, après avoir lancé des dizaines de prévisions absurdes, il n'existe aucun exemple de théorie aussi discréditée par la controverse, la malhonnêteté et les scandales que le Réchauffement Climatique, mais gardant intacte son pouvoir de séduction auprès des médias et des grands de ce monde.

Mais toute chose a une fin et la dernière casserole attachée à l'attelage pourrait enfin stopper sa course folle.

Au tour de la NOAA

Le dernier scandale en date nous vient donc de la NOAA. La NOAA, pour National Oceanic and Atmospheric Administration, est devenue depuis des années un bastion américain du réchauffisme. Pour tout dire, la NOAA est l'organisme qui a tordu le cou à la fameuse "pause du réchauffement climatique" - une interruption de 17 ans du réchauffement, admise publiquement par nul autre que Rajendra Kumar Pachauri, président du GIEC en exercice en 2013. Sans doute un de ces odieux climato-sceptiques...

Bien peu diffusée dans les médias, cette longue pause du réchauffement mettait à mal des modèles climatiques régulièrement ridiculisés mais risquait surtout d'éteindre l'hystérie collective autour du réchauffement, et à travers elle ses riches débouchés politiques. Heureusement, la NOAA vint à la rescousse: les données avaient été mal lues! Le réchauffement était toujours là!

Malgré le grotesque de la thèse, nos médias pétris d'intégrité scientifique la reprirent comme un seul homme. Ils purent donc révéler au grand public que la pause de 17 ans du réchauffement climatique qu'ils avaient cachée jusque-là avec la dernière énergie était finalement du flan. On pouvait enfin se remettre à paniquer, comme avant. Le Monde, fidèle à sa tradition "d'information", alla jusqu'à clamer que la pause du réchauffement n'était rien d'autre qu'une invention de ces affreux négationnistes du changement climatique!

Juste avant les accords de Paris, le timing tombait pile. Le réchauffement climatique avait eu chaud... À ceci près que la NOAA avait honteusement trafiqué ses résultats pour parvenir à ses conclusions.

réchauffement climatique,mensonges,manoeuvres politiquesNous le savons aujourd'hui grâce au témoignage d'un lanceur d'alerte interne à l'organisation, le Docteur John Bates, un scientifique de haut niveau de la NOAA à l'intégrité et à la réputation irréprochables. Celles-ci furent d'ailleurs récompensées en 2014 par l'obtention d'une médaille d'or, décernée par l'Administration Obama, pour son travail dans l'élaboration des procédures concernant la préservation des données liées au climat.

Le Dr Bates décida de briser le silence face à des manipulations inqualifiables, révélant le pot-aux-roses à des journalistes. En résumé:

  • Un article scientifique majeur [Karl et al 2015] exagéra le réchauffement climatique.
  • Cet article fut publié dans Science avec empressement dans le but d'influencer les Accords de Paris sur le changement climatique.
  • La NOAA enfreignit ses propres règles pour permettre son élaboration.
  • L'article, proclamant que la "pause du réchauffement" n'a jamais existé, repose sur des données trompeuses et non vérifiées.

Dans une interview sur un blog, le Dr Bates décrivit plus précisément le processus de perversion de la science:

Graduellement, dans les mois suivant la publication, les preuves s'accumulèrent montrant que Tom Karl avait constamment "un doigt sur le plateau de la balance" - dans la documentation, les choix scientifiques, la diffusion des jeux de données - dans le but de discréditer la notion de parenthèse dans le réchauffement climatique. Il força une diffusion publique à la hâte de l'article pour influencer les délibérations nationales et internationales sur la politique climatique.


Tom Karl obtint de fructueuses discussions avec John Holdren, le Conseiller pour la Science de Barack Obama. Mais il tricha à de nombreuses reprises lors de l'élaboration de son article. Il mélangea des données fiables de bouées marines avec des données de navires, non fiables et plus chaudes à cause de leur moteur, pour faire monter la température océanique ; il ignora des données satellites n'allant pas dans son sens ; il utilisa pour analyser ses données une version du logiciel GHCN connue pour être tellement boguée qu'elle ne donnait pas un résultat identique d'une fois à l'autre à partir des mêmes données initiales ; et finalement, il fit disparaître l'ordinateur sur lequel ses résultats furent établis, violant ainsi non seulement les directives de la NOAA mais également le protocole de la revue Science.

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La courbe des températures de l'article erroné (en rouge) contre la courbe des températures vérifiées (en bleu). Notez l'exagération de 0,2° C rien que pour l'année 2016.

Fouillant davantage dans le dossier, le Daily Mail découvrit que non seulement la NOAA publia un article profondément erroné, mais tenta de cacher la vérité pour empêcher la découverte de la supercherie:

Après la publication de l'article scientifique, le Comité des Sciences de la Chambre des Représentants des États-Unis lança une enquête sur ses allégations concernant l'absence de pause dans le réchauffement. La NOAA refusa de se soumettre aux injonctions de fournir les e-mails internes formulées par le président du comité, le républicain Lamar Smith du Texas, et mentit en proclamant que personne à l'interne n'avait levé le moindre soupçon concernant la publication.


M. Smith remercia le Dr Bates pour "s'être courageusement porté volontaire pour dire la vérité sur les dirigeants de la NOAA jouant de façon irresponsable avec les données afin d'appuyer des conclusions politiques prédéterminées."

La tricherie de trop

Ironiquement, le Docteur John Bates sortit de sa réserve lorsqu'il vit fleurir des articles s'inquiétant de la préservation des données scientifiques du réchauffement climatique sous l'administration Trump - alors même qu'il avait été témoin de leur compromission éhontée sous la surveillance de l'administration Obama.

Cela ne pourrait être qu'une banderille de plus plantée sur le taureau du réchauffement climatique, mais maintenant que Donald Trump est dans l'arène, le moment est particulièrement mal choisi. Comme l'explique James Delingpole, le nouveau Président des États-Unis dispose désormais d'une opportunité en or pour lancer le grand ménage.

Trump est maintenant dans la position parfaite pour demander à tous les corps scientifiques étudiant le climat et recevant des fonds du gouvernement (c'est-à-dire tous) de rendre leur code et leurs données accessibles au public. Cela signifiera que toutes les manipulations de données à la NASA et à la NOAA seront finalement exposées à la vue du monde - rendant impossible aux propagandistes du réchauffement l'utilisation du bon vieil appel à l'autorité "Mais les experts de la NASA et de la NOAA disent..." Et dans un futur maintenant proche, ces faux experts de la NASA et de la NOAA devront se chercher de nouveaux boulots, remplacés par des scientifiques intègres qui, eux, suivent scrupuleusement la méthode scientifique.

L'ironie sera particulièrement savoureuse pour tous ces climato-sceptiques honnêtes qui, au cours des dernières décennies, ont été qualifiés "d'anti-scientifiques" pour avoir remis en question le consensus du réchauffement climatique.


James Delingpole termine son analyse en citant Michael Crichton: "Un consensus scientifique n'existe pas. Soit c'est un consensus et ce n'est pas de la science, soit c'est de la science et ce n'est pas un consensus. Point."

On ne saurait mieux conclure.

30 janvier 2017

Dix jours de Donald Trump

Il n'aura fallu que dix petits jours au nouveau président républicain des États-Unis pour complètement changer l'orientation de l'administration américaine. Fidèles à leur ligne de conduite, les médias se concentrèrent sur des peccadilles comme la popularité de son inauguration ou le fait que Trump n'ait pas salué les journalistes en embarquant dans Air Marine One, alors que le vrai changement était ailleurs, dans les Executive Orders.

Les Executive Orders sont des décrets que le Président signe pour donner une orientation à son gouvernement, ou légiférer dans les domaines qui relèvent de sa responsabilité directe comme la politique migratoire. Barack Obama en usa et en abusa alors qu'il essayait de forcer sa politique malgré l'obstruction d'un Congrès tombé aux mains des Républicains, mais Donald Trump promit au cours de sa campagne d'y mettre bon ordre en les annulant lorsqu'il parviendrait au pouvoir.

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En réalité, il fit bien davantage. Joignant le geste à la parole, Donald Trump signa trois Executive Orders dès le jour de son inauguration. Ils furent suivis de nombreux autres - et auront bien plus de conséquences sur la marche des États-Unis que les sujets choisis par les médias pour critiquer la présidence Trump.

Parmi les nombreux Executive Orders de ces derniers jours, citons:

  • Un décret visant à "diminuer la charge économique" de l'Obamacare. Celui-ci fut le premier signé par Trump et une importante promesse de campagne. Ce décret ouvre la voie à une refonte de l'Obamacare, sur laquelle travaille désormais le Congrès à majorité républicaine.
  • Le gel de toute nouvelle réglementation.
  • Le retrait des États-Unis du TPP (le Partenariat Trans-Pacifique), un traité de libre-échange négocié par Obama avec 11 pays de la zone Asie-Pacifique mais pas encore ratifié par le Sénat. Donald Trump annonça que les accords de libre-échange avec les États-Unis se négocieraient désormais pays par pays.
  • La relance de la construction des pipelines terrestres Dakota Access et Keystone XL bloqués par Obama pour des raisons idéologiques.
  • Une demande pour un examen rapide des impacts environnementaux des projets d'infrastructure prioritaires. Donald Trump constate que des projets "ont été régulièrement et excessivement retardés par des processus et des procédures d'agences gouvernementales" et demande au responsable que ces examens soient désormais assortis d'un délai.
  • Une revue des régulations domestiques. Le Secrétaire du Commerce devra contacter des intervenants pour réviser l'impact des règlements fédéraux sur le secteur industriel, dans l'objectif avoué de les simplifier et de rendre leur application plus rapide.
  • Une remise en question de la politique migratoire et de la gestion des frontières, ceci couvrant la poursuite de la construction du Mur avec le Mexique (dont 1'050 kilomètres existent déjà, réalisés en partie sous Obama d'ailleurs, et sur lesquels les médias s'étendent fort peu) ainsi que la création de postes de gardes-frontières, de places de prison, et un examen des subventions et aides accordées au Mexique durant les cinq dernières années.
  • La reprise des mesures contre les immigrants illégaux, orientée en priorité contre les immigrants inculpés ou avec un casier judiciaire ; l'embauche de dix milles agents fédéraux pour l'immigration ; le retrait des financements fédéraux aux "villes sanctuaires" refusant d'appliquer la législation ; des sanctions pour les pays refusant de reprendre leurs ressortissants expulsés ; et une liste des crimes commis par les immigrés illégaux sur le territoire américain. Reprenant un de ses thèmes de campagne, le Président demande la création d'un "bureau des victimes de crimes d'immigrés illégaux" capable de livrer des statistiques détaillées de ces crimes et de fournir une aide adéquate et efficace aux victimes.
  • La réévaluation du programme de visa et d'accueil de réfugiés, avec la diminution du nombre de réfugiés accueillis sur le sol américain, l'interdiction d'entrée pour les ressortissants de sept pays jugés dangereux pour les États-Unis, et notamment l'interdiction d'accueil de tout nouveau réfugié syrien.

Le dernier décret est celui qui fait couler le plus d'encre en Europe, mais il n'est qu'une modeste décision parmi des dizaines d'autres. Comme d'habitude, nos médias mélangent tout, parlant d'acte "antimusulman" alors que seuls sept pays musulmans mineurs sont concernés (rien sur l'Indonésie, premier pays musulman du monde avec 200 millions d'habitants, le Maghreb, ou... l'Arabie Saoudite!)

La liste des sept pays désignés par Trump - Iran, Irak, Yémen, Somalie, Libye, Syrie, Soudan - ne sort pas de sa poche ; elle provient d'un rapport sur les menaces sur la sécurité des États-Unis livré au président Obama avant que son successeur ne soit élu. Mais même la façon de faire de Trump n'est pas une première: Barack Obama lui-même interdit la venue de tout réfugié irakien aux États-Unis pendant six mois en 2011, sans provoquer la moindre réaction médiatique. Deux poids deux mesures, comme d'habitude.

Bref, loin des "doctes analystes" qui voyaient en lui un cynique menteur incapable de mettre en place ce dont il parlait dans ses discours, Donald Trump applique son programme à la lettre, laissant une opposition sonnée face à une telle productivité, bien au-delà de celle de son prédécesseur. Donald Trump dit ce qu'il fait et fait ce qu'il dit - du jamais vu pour la classe politique américaine.

Donald Trump ne semble pas avoir oublié ses qualités d'homme d'affaire en rejoignant la Maison Blanche: simplicité, efficacité et respect de ses engagements. Rappelons-nous d'Obama, piteusement incapable de fermer Guantánamo en huit ans alors qu'il s'agissait d'une de ses principales promesses de campagne...

Pour tous ceux qui font profession de haïr Donald Trump, les prochaines années vont être très, très longues.