08 novembre 2011

En novembre il fait froid la nuit.

Alors que les Américains d'Occupy Wall Street se font donner des "conseils de survie" par des SDF - bel étalage de compétence pour des gens qui prétendent réformer le capitalisme mondial! - ceux de Londres ont discrètement choisi de rentrer chez eux le soir.

thermal_2.jpg
Photo thermique du camp d'Occupy London prise de nuit. Les tentes en violet sont vides...

Un mouvement de protestation occupant l'espace public avec des tentes vides, forcément, c'est un peu moins spectaculaire. Mais bon, on a beau vouloir un monde plus juste, plus redistributif, repenser la finance mondiale et ainsi de suite, on ne va pas non plus prendre froid en dormant sous tente pendant une de ces terribles nuit de novembre! Il y a des limites à l'engagement protestataire, tout de même!

On lira aussi avec plaisir la prose de H16 sur le sujet.

24 septembre 2011

Troy Davis devait mourir

En dépit des manifestations de soutien, Troy Davis a été exécuté mercredi 21 septembre dans l'Etat de Géorgie, aux Etats-Unis.

Troy-Davis-1.jpgSes dernières heures ont donné lieu à un véritable déferlement médiatique (voir sur le Matin, par exemple) et un engagement politique à tous les niveaux. Jusqu'à l'Union Européenne et au Pape.

Aujourd'hui, tout le monde connaît par coeur les faiblesses du dossier - pas de traces d'ADN, l'arme du crime n'a pas été retrouvée en sa possession, il y a juste eu neuf témoignages mais sept témoins se sont rétractés... - mais réciter le mantra n'est pas signe d'un grand mérite, au vu de la façon dont il a tourné en boucle depuis une semaine.

Avec une telle mobilisation et des failles aussi béantes dans le verdict rendu, il n'en est que plus étonnant que rien ne soit parvenu à empêcher son exécution aux Etats-Unis. Je sais bien, il s'agit des Etats-Unis, un pays affreux où personne n'aurait l'idée d'émigrer. Mais même Obama ne leva pas le petit doigt.

Dans une rubrique intitulée Les Tueurs de Flics sont les Derniers Bébés-Phoques des Médias, Ann Coulter revient d'une façon un peu plus corrosive sur les tenants et aboutissants de cette affaire. Voici une traduction de l'essentiel:

59% des Américains pensent aujourd'hui qu'au moins un innocent a été exécuté au cours des cinq dernières années. Il y a plus de preuves crédibles que des extraterrestres aient marché parmi nous qu'un innocent ait été exécuté aux Etats-Unis dans les 60 dernières années, et plus encore dans les cinq dernières années.

Mais à moins que les membres du public ne s'attaquent personnellement à la lecture des transcriptions d'audience de chaque jugement débouchant sur un verdict de peine de mort, ils n'ont aucune façon de connaître la vérité, et ne comptez pas sur les médias pour la leur dire.

Il est à peu près impossible de recevoir la peine de mort ces jours - à moins que vous ne fassiez quelque chose de complètement fou, comme tirer sur un flic devant des douzaines de témoins sur le parking d'un Burger King, seulement quelques heures après avoir tiré sur une voiture de passage au sortir d'une fête.

C'est ce que Troy Davis fit en août 1989.

 

Ouch. Passons aux témoins, aux éléments matériels et au reste:

Après un procès de deux semaines avec 34 témoins à charge et 6 témoins pour la défense, le jury de sept noirs et cinq blancs [autant pour le parti-pris de racisme] pris moins de deux heures pour déclarer Davis coupable du meurtre de l'Officier Mark MacPhail, ainsi que de divers autres crimes. Deux jours plus tard, le jury le condamna à mort.

Il a été répété [dans divers médias] qu'il n'y avait pas de "preuves physiques" liant Davis aux crimes commis cette nuit.

Davis sortit un revolver et tira sur deux inconnus en public. Quelle "preuve physique" les médias attendent-ils? Il n'y a pas eu effraction pour pénétrer dans une maison, pas de voiture volée, pas de viols ou de bagarre pour accompagner les tirs. Où faudrait-il chercher de l'ADN? Et pour prouver quoi?

Ann-Coulter.jpgJe suppose que ce serait édifiant si les douilles des tirs de cette nuit correspondaient aux balles. Et ce fut le cas. C'est une "preuve physique".

C'est vrai que l'essentiel du faisceau d'éléments contre Davis vient de dépositions de témoins oculaires. Ce genre de chose a tendance à se produire lorsque vous tirez sur quelqu'un sur le parking encombré d'un Burger King.

Comme toutes les preuves tendant à établir la culpabilité, les témoins oculaires ont mauvaise presse récemment, mais le côté "oculaire" dans cette affaire ne se limitait pas à des inconnus essayant de distinguer un grand type noir d'un autre. Plusieurs des témoins connaissaient Davis personnellement.

L'essentiel des dépositions de témoins établissent ce qui suit:

Deux grands et jeunes noirs harcelaient un vagabond sur le parking du Burger King, l'un dans un t-shirt jaune et l'autre dans un t-shirt Batman blanc. Celui habillé en blanc utilisa un revolver brun pour gifler le vagabond. Lorsqu'un policier leur cria d'arrêter, l'homme en blanc se mit à courir, puis fit demi-tour sur place et tira sur le policier, marcha vers son corps et lui tira encore dessus, souriant.

Quelques témoins décrirent le tireur comme portant un t-shirt blanc, d'autres que c'était un t-shirt blanc avec une inscription, et d'autres encore l'identifièrent comme un t-shirt Batman blanc. Pas un seul témoin ne dit que l'homme en t-shirt jaune ne frappa le vagabond ou ne tira sur le policier.

Plusieurs amis de Davis témoignèrent - sans se rétracter - qu'il était celui en blanc. Plusieurs témoins oculaires, à la fois des connaissances et des inconnus, identifièrent formellement Davis comme celui qui tira sur l'Officier MacPhail.

Maintenant les médias proclament que sept des neuf témoins contre Davis au procès se sont rétractés.

En premier lieu, l'Etat a présenté 34 témoins contre Davis, pas neuf, ce qui donne une certaine idée de la méticulosité des médias au sujet des faits sur les affaires de condamnation à mort.

Parmi les témoins qui ne rétractèrent pas un mot de leur témoignage contre Davis se comptent trois membres de l'Armée de l'Air, qui virent les tirs depuis leur van dans la voie de drive-in du Burger King. L'aviateur qui vécut ces événements d'assez près pour identifier de façon certaine Davis comme le tireur expliqua lors de l'interrogation contradictoire, "vous n'oubliez pas quelqu'un qui se penche sur un homme pour l'abattre."

Les témoignages rétractés sont les preuves les moins fiables qui soient, puisqu'ils prouvent seulement que les avocats de la défense sont parvenu à faire pression sur certains témoins pour affecter leur déposition - après que le procès soit terminé, ce qui s'avère bien commode. (...)

Trois des rétractations vinrent d'amis de Davis, apportant des modifications mineures ou peu crédibles à leur déposition au procès. Par exemple, l'un dit qu'il n'était plus sûr d'avoir vu Davis tirer sur le policier, bien qu'il ait été à un mètre cinquante de lui à cet instant. Le reste de son témoignage impliquait toujours Davis.

Une rétractation présumée de la petite amie du vagabond (décédée depuis) n'était pas une rétractation du tout, mais au contraire une réitération de tous les passages de son témoignage au tribunal, incluant une identification directe de Davis comme le tireur.

Seules deux des "rétractations" alléguées (sur 34 témoins) se rétractent sur quelque chose de valable - et ces deux déclarations écrites et sous serment furent défaussées par la cour parce que Davis refusa aux déclarants de témoigner aux auditions ultérieures au procès, alors même que l'un attendait juste à l'extérieur de la salle d'audience, prêt à venir à la barre.

La cour avertit Davis que son refus de rappeler ses deux seuls témoins sincèrement rétractés rendrait leurs rétractations écrites sans valeur. Mais Davis refusa quand même de les convoquer - ce qui suggère, comme le dit la cour, que leurs déclarations n'auraient pas tenu face à un examen contradictoire.

Avec des adversaires de la peine de mort aussi obsédés par la race de Davis - il est noir - il doit être noté que tous les témoins mentionnés ci-dessus sont eux-mêmes Afro-Américains. Le premier homme sur lequel Davis tira dans une voiture cette nuit était Afro-Américain. (...)

Il y a une raison pour laquelle plus d'une douzaine de cours ont examiné l'affaire Davis et ont refusé de casser sa condamnation à mort. Il est aussi innocent que n'importe quel homme exécuté depuis les années 50 au moins, c'est-à-dire, aussi coupable qu'il est possible de l'être.

 

Troy Davis était coupable de meurtre. Il a été condamné à l'issue d'un procès équitable et de tous les recours garantis par la justice américaine. S'il y a quelque chose de scandaleux, ce n'est pas dans son exécution, mais dans les 22 ans d'attente entre son crime horrible et sa mort méritée, et le tombereau de mensonges et d'approximations livrés par les médias dans la dernière ligne droite de l'affaire.

Lawrence.jpgLe même jour, quelques heures avant Troy Davis mais au Texas, Lawrence Brewer, un Américain de 44 ans, était exécuté lui aussi.

Lawrence Brewer était membre d'une organisation raciste pro-blanche.

Après avoir capturé et battu James Byrd, un père de famille noir rencontré par hasard au bord d'une route, Brewer attacha le corps inconscient à son pickup et le tira sur près de cinq kilomètres de chemins de campagne, en prenant bien soin de faire zigzaguer le véhicule afin que le corps ballote de gauche à droite. Sa victime reprit connaissance, mais fut écorchée aux coudes jusqu'à l'os et mourut décapitée par un obstacle sur la route. Le meurtrier n'exprima jamais le moindre regret pour ses actes.

Il n'y a pas eu beaucoup de manifestants anti-peine de mort pour essayer de sauver Lawrence Brewer. Pourtant, Lawrence Brewer aurait dû susciter encore plus d'engagement anti-peine de mort que Troy Davis. En effet, pour des gens plus avides de brandir une banderole que de s'intéresser au dossier, Troy Davis aurait pu être victime d'une erreur judiciaire, mêlant la lutte contre la peine de mort au simple activisme pour une révision de son procès.

Au contraire, le cas Brewer se ramène à l'essence même du combat anti-peine de mort: la défense envers et contre tout de la vie du pire des salauds, un coupable dénué de remords et méritant largement son exécution.

En renonçant à défendre un cas emblématique pour s'attarder sur un autre plus "sympathique" et plus "douteux" (des sentiments bien superficiels, comme on l'a vu) le militantisme des adversaires de la peine de mort montre qu'il est à géométrie variable, ce qui suffit à conclure que ces derniers suivent des objectifs politiques sans rapport avec la justice ou l'humanisme. Mais on s'en doutait déjà: les Etats-Unis ont pratiqué 46 exécutions en 2010, contre peut-être 8'000 pour la Chine la même année.

Et dans quel silence!

20 septembre 2011

Or: la révolution est en marche

La nouvelle inattendue est tombée hier. Une société de courtage suisse, Six Securities Services, acceptera désormais les règlements en or. Mieux, elle donnera même des cotations en or.

six.gifLe règlement en or des transactions boursières - une première mondiale - sera bientôt possible en Suisse, a annoncé lundi à Zurich la société Six Securities Services, spécialisée dans les opérations post-marché (règlement et livraison des titres boursiers).

"C'est le premier système de livraison contre paiement en or dans le monde", indique la société dans un communiqué.

Concrètement, les clients désireux de régler des transactions boursières contre paiement en or devront disposer d'un compte en XAU (unité en or) auprès de Six Securities. Ils devront également s'assurer que leur compte est bien approvisionné.

La valeur d'une unité XAU est égale à celle d'une once troy d'or évaluée en dollars.

Sur la base de cette innovation, la Bourse suisse et Scoach Switzerland, la Bourse des produits structurés, prévoient d'introduire en octobre la cotation et le négoce de produits structurés libellés en XAU.

Selon un porte-parole de Six Securities, la société a décidé de lancer ce nouveau service en raison du gros intérêt en ce moment des investisseurs pour l'or, à la suite des "incertitudes sur les marchés".

"Nous avons déjà trois devises de règlement, l'or est la nouvelle devise", a-t-il déclaré.

 

L'or est la nouvelle devise. Limpide.

Depuis la fin de la convertibilité-or et l'avènement de la monnaie-papier, les pouvoirs publics ont beaucoup lutté pour que l'or, moyen de paiement historique et naturel employé par l'humanité pendant des siècles, disparaisse.

gold_coins.jpgBien sûr, il n'était pas question de le faire littéralement disparaître, simplement de rendre inutilisable en tant que monnaie. Entre les Etats maintenant le monopole de la frappe, et une dévaluation continue de la monnaie fiduciaire donnant une valeur incommensurable au moindre gramme d'or, le métal précieux se retrouva peu à peu cantonné au célèbre rôle de "valeur refuge" sous forme de bijoux ou de lingots, en tous cas inutilisable sans passer par l'intermédiaire d'une monnaie fiduciaire.

En proposant des services contre paiement en or, l'ouverture de Six Securities Services lui permet d'endosser à nouveau son rôle de devise. L'or n'est plus une masse inerte.

Les agents du marché financier ont désormais la possibilité de faire des transactions d'actions ou d'obligations en dépensant de l'or-monnaie. Outre l'économie de change, la manoeuvre leur permet également de travailler sans jamais s'exposer au risque des monnaies fiduciaires, dollar, euro ou livre sterling, adossées à rien et soumises à d'énormes manipulations monétaires.

Honnêtement, il faudrait être fou pour stocker des euros ou des dollars plutôt que de l'or. A moins d'y être obligé, comme le commun des mortels. Si vous êtes un professionnel de la finance, désormais, ce n'est plus le cas.

Je prédis un franc succès à la monnaie-or dans ce premier cercle - remplissant par là l'analyse de Hayek sur la Loi de Gresham. La bonne monnaie chassera la mauvaise à vitesse grand V.

Les cyniques ne manqueront pas de se gausser en clamant que tout ceci ne mène pas à grand-chose, qu'on est loin de payer son chariot de commission avec de l'or, etc. Ils ne réalisent peut-être pas que la brèche est ouverte. C'est tout ce qui compte. Si l'offre de Six Securities Services est appréciée, la concurrence proposera rapidement une offre équivalente, et l'usage de la monnaie-or se répandra comme un feu de brousse dans le monde de la finance.

Dès lors, le grand public sera affecté à son tour, ce n'est qu'une question de temps. Si les traders achètent et vendent des actions avec de l'or, si le cours des actions est indiqué en or, bref, si l'or est la monnaie de facto dans le monde professionnel, pourquoi les particuliers ne pourraient pas avoir un compte boursier libellé en or?..

Petit à petit, l'usage de la monnaie-or se répandra. Il y aura des obstacles, bien sûr. Dans la vieille Europe, on peut s'attendre à ce que les pouvoirs publics freinent des quatre fers pour empêcher leurs administrés d'utiliser une monnaie meilleure que les billets fraîchement imprimés qu'ils fourguent par palettes entières. Tel ou tel sage lancera un avertissement solennel, jugeant qu'il ne faut pas ajouter la "spéculation sur l'or" à la "spéculation financière", déclarations suivies du hochement de tête approbateur d'un public conquis. Les éditorialistes vilipenderont les utilisateurs de monnaie-or et les désigneront comme de maléfiques financiers apatrides. On connaît la chanson.

Il n'empêche. Ceux qui le peuvent choisiront, et je ne donne pas cher de la monnaie fiduciaire.

Ce qui sera un moment perçu et dénoncé comme un acte de défiance envers les Banques Centrales occidentales est en fait un changement complet de paradigme.

La prochaine mondiale ne sera pas le dollar, l'euro ou une nouvelle devise bâtie sur un panier de monnaies-papier (qui a dit "château de cartes"?) mais bien l'or.

Je ne suis pas le seul à penser ainsi. Si en Europe ou aux Etats-Unis on brâme pour sauver le papier, d'autres acteurs économiques se positionnent déjà pour demain, y compris des banquiers centraux. Cela paraît étonnant, mais n'oubliez pas que tous ne sont pas aussi stupides que ceux qui officient sous nos latitudes. Ainsi, la Corée du Sud a triplé ses réserves d'or cet été. La Chine n'est pas en reste. Ni la Russie. Les lignes bougent.

Si l'or redevient monnaie mondiale, il ne faut pas se voiler la face, il n'y en aura pas pour tout le monde.

Dommage que la BNS ait soldé la moitié de son or à vil prix il y a dix ans, n'est-ce pas, avec l'assentiment de l'entier de la classe politique! Mais ce qui est fait est fait. Saluons donc en passant la toute récente initiative de l'UDC pour que la BNS reconstitue ses réserves d'or. La Suisse a une petite chance de ne pas rater le train.

Oh, une dernière chose - contre de la monnaie papier, le cours actuel de l'or est élevé, c'est indéniable. Mais si vous pensez que l'or est cher, attendez de voir combien l'once vaut dans un an.

10 septembre 2011

11 septembre 2011

Dix ans que les tours jumelles du World Trade Center de New York se sont effondrées. Tout le monde le sait. Les célébrations battent leur plein depuis deux semaines.

manhattan.jpg

Il y a une première raison, purement médiatique, à ce déferlement. Le 11 septembre a été l'essence même de l'information brute livrée à une échelle inégalée. Les images tournaient en boucle sur les télévisions du monde entier pendant que les commentateurs, aussi sonnés que leur public, se trouvaient incapables de faire autre chose que de contempler, lâchant parfois des jurons d'effroi en prime-time. L'anniversaire représente une forme de revanche, une reprise en main des professionnels de l'information. Le public est inondé à jet continu d'analyses, de mises en perspective et autres rétrospectives - le meilleur moyen de le remettre à sa place.

L'autre trait saillant de cette débauche de commémorations tient sans doute à la volonté de marquer la fin d'une la période. Tant l'intervalle symbolique de dix ans que la mort de Ben Laden des mains des commandos américains au mois de mai représentent des éléments marquants dans la longue guerre contre le terrorisme islamique - guerre précédée de nombreux signes annonciateurs dont personne n'avait pris la réelle mesure.

Que de chemin parcouru, pourtant, depuis la situation en 2001 - un parcours à porter pour l'essentiel au crédit du président américain George W. Bush.

Elu sur un programme isolationniste, le président américain fut le premier à comprendre la nouvelle donne consécutive aux attentats du 11 septembre. La menace était globale (comme les Européens le découvrirent eux-mêmes bien assez tôt), et la réponse se devrait elle aussi d'être globale: Les régimes abritant des réseaux terroristes en toute complicité devraient désormais faire face à leurs responsabilités. Il n'était également plus possible de fermer les yeux plus longtemps sur les dictatures massacrant leur propre peuple, une compromission inacceptable dont le ressentiment résultant lança plus d'une vocation terroriste.

Bush.jpgGeorge W. Bush annonça rarement la couleur aussi clairement que dans un discours prononcé le 7 novembre 2003:

Le fait que, soixante ans durant, les nations occidentales ont excusé et se sont accommodées du manque de liberté au Moyen-Orient n'aide en rien notre sécurité, parce qu'à long terme la stabilité ne peut être achetée au prix de la liberté.

 

Pour ceux que la version longue intéresse, il est toujours possible de se plonger dans l'ouvrage de Guy Millère Ce Que Veut Bush et d'y lire comment, huit ans plus tard, le cheminement de la démocratie au Moyen-Orient s'est impeccablement déroulé.

Cette analyse de l'histoire de ce début de siècle est partagée par Nicolas Sarkozy lui-même dans un discours prononcé récemment:

[Le président français] a affirmé que le printemps de la démocratie arabe constituait «la plus belle réponse» aux auteurs des attentats meurtriers qui avaient ébranlé les États-Unis ce jour-là. Au-delà du souvenir des victimes, le président français a estimé que les dix années écoulées donnaient des raisons d'espérer, les instigateurs des attentats ayant échoué dans leurs objectifs de «porter un coup fatal» aux valeurs des démocraties et de «jeter irrémédiablement l'un contre l'autre» les mondes occidental et musulman. À l'inverse, «chaque jour depuis ce 11 Septembre, davantage de peuples partout dans le monde se réclament de nos valeurs, en Tunisie, en Égypte, en Libye, en Syrie, au Yémen, dans tout le monde arabe et musulman que les terroristes prétendaient incarner, des millions de gens se sont levés pour les valeurs de la démocratie et de la liberté», a-t-il souligné.

 

Le 11 septembre était le pari fou d'une poignée d'islamistes embrassant le jihad - l'idée que le symbolisme d'une attaque meurtrière au coeur du pays le plus puissant du monde amènerait les musulmans du monde entier à se soulever contre l'Occident, et provoquerait une guerre de religion à l'échelle planétaire.

L'échec est patent. Partout depuis l'aspiration des peuples du monde semble être à davantage de justice, de démocratie et de liberté plutôt qu'au rejet de ces valeurs occidentales. De nombreux régimes despotiques sont tombés les uns après les autres - Afghanistan, Irak, Tunisie, Egypte, Libye. Demain peut-être la Syrie, après-demain, qui sait, l'Iran... La présence de l'Occident n'a pas toujours été officielle ni militaire, mais elle a toujours été là - même si elle ne devait ne s'incarner que dans d'humbles vidéos de manifestation postées sur Internet par des rebelles courageux filmant avec leurs smartphones.

L'attentat du World Trade Center a été le Pearl Harbor du XXIe siècle. Depuis le déclenchement de cette nouvelle guerre mondiale, plusieurs batailles ont été remportées mais le combat contre le totalitarisme islamique n'est de loin pas gagné. La guerre est sale. La moralité est mise à l'épreuve. La liberté civile a reculé dans les démocraties. Il y a des victimes innocentes. Les victoires sont incertaines. Personne ne sait quel genre de régime va émerger des pays qui ont été libérés par le printemps arabe. Les Talibans se terrent toujours dans les montagnes afghanes. La jeune démocratie irakienne reste fragile.

Personne ne contestera pourtant que le "camp occidental" progresse sur le terrain. Malheureusement, ces victoires parfois remarquables n'ont pas été suivies sur le plan des idées. L'idéologie ennemie n'est pas vaincue.

Sur ce plan-là, notre retard est inquiétant. L'Occident est loin de contrecarrer le mode de pensée qui sous-tend l'action terroriste islamique. Nous n'osons pas réfuter leurs croyances, les confronter ni les tourner en ridicule, pas plus que nous n'osons démanteler les filières prêchant la haine jusque dans les mosquées de nos villes. Nous fermons même les yeux sur les ennemis infiltrés dans notre camp.

Nos faiblesses expliquent largement ces carences stratégiques:

  1. La social-démocratie a miné les notions de liberté et de responsabilité individuelle, c'est-à-dire les fondements sur lesquels repose une démocratie saine.
  2. Le politiquement correct étouffe la sphère médiatique officielle, interdisant une vraie liberté de débat.
  3. Le multiculturalisme permet aux immigrés de s'épargner la moindre forme d'intégration ou de respect envers leur pays d'accueil, valeurs auxquelles se substituent communautarisme et mépris.
  4. Les valeurs occidentales de démocratie, de liberté de religion, d'universalité de la justice ont elles-mêmes été remplacées par un culte de la culpabilité mâtiné de tiers-mondisme, dépeignant la société existante comme corrompue, épuisée et coupable.

Nous avons peur de manquer de respect à ceux qui veulent nous égorger.

Le danger est grand. A ignorer l'aspect idéologique de la lutte contre le terrorisme et sa base religieuse, on prend le risque de ne jamais l'éradiquer entièrement. Démanteler les cellules terroristes sans s'attaquer leur dogme revient à rentrer au vestiaire avant la fin du match. Les conséquences, le grand public les connaît: la survie d'un terreau fertile d'où émergera immanquablement la prochaine génération de poseurs de bombes.

islam_will_dominate_world1.jpgLes banlieues européennes offrent un cocktail de plus en plus inflammable d'islam, de criminalité et de nihilisme. La propagande anti-occidentale s'y déverse librement. Des populations entière vivent de subventions en méprisant la main qui les nourrit. Les rares esprits libres à dénoncer cet état de fait sont ridiculisés, ostracisés et réduits au silence, à moins qu'ils ne soient carrément poursuivis en justice pour des motifs qui auraient fait pâlir d'envie Torquemada. Les chefs de file de la cinquième colonne islamiste et les mouvements politiques de gauche se manipulent l'un l'autre dans une valse inquiétante où nul ne sait plus qui mène le bal.

A quoi sert de chercher des camp d'entraînement au jihad au Waziristan? Leur utilisation est révolue. L'entier de la filière islamique se déploie désormais dans les banlieues occidentales ; les attentats sont de plus en plus le fait d'individus dont les origines sociales et ethniques ne se démarquent en rien de celles de leurs victimes. La ligne de front a bougé. En conséquences, la destruction d'une franchise locale d'al-Qaeda dans tel ou tel pays d'Afrique ou du Moyen-Orient a bien moins d'importance pour la sécurité européenne que de part le passé - même si les effets positifs sur la sécurité des populations locales sont toujours bons à prendre.

A Ground Zero, les tours jumelles du World Trade Center ne sont plus que des empreintes dans le sol. Le sud de Manhattan a été débarrassé de ses déblais et reconstruit. Les attentats du 11 septembre glissent lentement dans le passé pour s'inscrire dans l'histoire, et ne gardent guère qu'une utilité pratique, comme révélateurs d'esprits malades.

Si les lieux gardent une charge symbolique extrême, aujourd'hui, le combat est ailleurs. Et il n'est, de loin, pas terminé.

16 août 2011

Le Paradoxe de Warren Buffet

 

Warren Buffet est un spéculateurwarren.jpg devant l'éternel. Un spéculateur talentueux, ce qui ne gâte rien. M. Buffet est devenu, par ses judicieux placements, une des plus grandes fortunes du monde. Il draine des milliers de personnes à ses conférences. Il est écouté lorsqu'il prodigue des conseils de gestion. On lui a consacré des émissions de télévision, des livres. Il fascine et joue bien volontiers de cette fascination.

A une époque où les spéculateurs sont unanimement dénoncés comme la source de tous les maux, le respect dont bénéficie le milliardaire de 80 ans a quelque chose d'étonnant - du moins de ce côté de l'atlantique.

Mais il faut dire que Warren Buffet a une qualité rédemptrice : il est de gauche. Bon, démocrate, la gauche américaine, c'est vrai, c'est léger. Mais c'est mieux que rien. On a le droit d'être extraordinairement riche si, au fond de son coeur (donc loin du portefeuille) on déclare oeuvrer pour le Bien Commun.

C'est sans doute au nom de ce profond altruisme que M. Buffet s'est senti obligé de venir en aide à Barack Obama dans ces temps difficiles de gestion de la dette publique, en suggérant d'imposer davantage les riches, dont lui.

Dans une tribune publiée par le New York Times, le patron du fonds d'investissement Berkshire Hathaway propose une hausse d'impôts pour les Américains dont les revenus dépassent au moins un million de dollars par an, et une hausse encore plus élevée pour ceux qui gagnent plus de 10 millions de dollars annuels.

"Nos dirigeants ont appelé à un sacrifice partagé. Mais quand ils ont fait cette demande, ils m'ont épargné. J'ai vérifié auprès de mes amis méga-riches pour savoir à quels sacrifices ils s'attendaient. Eux non plus n'avaient pas été touchés", écrit le milliardaire.

 

La posture a au moins le mérite de l'originalité, même si on ne manquera pas de remarquer que l'Oracle d'Omaha se fend d'une telle tribune après l'accord passé entre Républicains et Démocrates pour le relèvement du plafond de la dette américaine. Le moment est donc bien choisi pour s'éviter d'être pris trop au pied de la lettre!

Il n'en reste pas moins que ce discours reste étrange de la part d'un homme qui emploie probablement des experts fiscaux pour payer le moins d'impôts possible. Reste la possibilité d'une donation. S'il se plaint de ne pas donner assez à l'Etat, qu'est-ce qui l'empêche de faire cadeau du complément? Je ne crois pas qu'il existe, de part le monde, un seul pays où les dons à l'Etat soient interdits.

gare_au_percepteur.jpgLa lecture simpliste de cet appel à plus d'impôt résonnera avec délice aux oreilles des étatistes de tout poil - et c'est naturellement sous cette forme hâtivement résumée que l'information est répétée dans les médias locaux. Si même Warren Buffet le dit, c'est que ça doit être vrai, n'est-ce pas! Pourtant, le milliardaire tient en réalité un tout autre discours:

"Pendant que les pauvres et les classes moyennes combattent pour nous en Afghanistan, et pendant que de nombreux Américains luttent pour joindre les deux bouts, nous, les méga-riches, continuons à bénéficier d'exemptions fiscales extraordinaires", poursuit-il.

M. Buffet explique que son taux d'imposition par l'Etat fédéral représentait 17,4% de ses revenus imposables l'an dernier, alors que celui des 20 personnes travaillant dans son bureau était compris entre 33 et 41%.

Le taux d'imposition des riches était "beaucoup plus élevé" dans les années 1980 et 1990, et pourtant près de 40 millions d'emplois ont été créés entre 1980 et 2000, rappelle M. Buffet.

 

Eh oui. Un super-riche comme M. Buffet paye des impôts à un taux moyen finalement inférieur aux membres de la classe moyenne. Pourtant, le taux d'imposition américain n'est pas devenu dégressif, loin de là.

La clef du mystère tient effectivement dans les exemptions, ouvrant des possibilités d'optimisation fiscale. Elles sont hors de portée des gens communs mais largement employées par ceux qui en ont les moyens. Donc, en fait, au lieu de militer pour des impôts plus élevés, Warren Buffet réclame une simplification et une harmonisation des réglementations fiscales. Qui sait, peut-être que si on le tannait un peu, il se ferait l'avocat de la Flat Tax!

On peut être d'accord ou pas sur la position de Warren Buffet, notamment en se demandant si l'argent récolté par l'Etat est judicieusement dépensé. Mais sa position est nettement moins "socialiste" qu'il ne semble de prime abord. On peut même penser qu'en augmentant "bêtement" les impôts sans s'attaquer aux exemptions, M. Buffet trouvera probablement de nouveaux moyens de passer au travers, tout le contraire donc de la simple "augmentation du taux d'imposition" dans laquelle on résume abusivement ses propos.

Je conclurai en faisant deux petites remarques.

1. Les exemptions fiscales, les fameuses "niches", sont aujourd'hui décriées. Qui veut abattre son chien l'accuse de la rage! Mais on oublie un peu vite ceux qui les dénoncent sont les mêmes qui les ont conçues. Un politicien offre des niches fiscales à des catégories de la population (restaurateurs, fonctionnaires, paysans, producteurs d'énergie "verte"...) qui contribuent en retour à le faire élire. Cette façon de faire se retrouve dans pratiquement tout le spectre politique.

Les exemptions fiscales sont l'incarnation même du clientélisme. Si elles changent au cours du temps, elles ne disparaîtront vraisemblablement ni demain, ni jamais.

2. Warren Buffet propose peu ou prou une augmentation des impôts sur le revenu. Pas fou, il laisse de côté sa fortune de 65 milliards de dollars selon le classement Forbes de 2008. Mais même si tout son patrimoine et ses revenus étaient siphonnés par l'Etat, ils ne représenteraient qu'une goutte d'eau dans l'océan... En France par exemple, le patrimoine cumulé des 500 personnes les plus riches atteignait 194 milliards d'euros en 2009. Le patrimoine, pas les revenus. La dette publique de la France atteignait quant à elle près de 1'600 milliards d'euros la même année, soit huit fois plus.

De cela, il découle que hausse des impôts et autres "rabotage des niches" ne suffiront jamais à éteindre la crise de la dette. C'est une impasse. La seule solution consiste à réduire les dépenses de l'Etat.

07 août 2011

Le début des choses sérieuses

Pas de trève estivale pour la crise.

Quasiment au lendemain de mon dernier billet sur la question, les politiciens européens décidaient d'une nouvelle politique interventionniste sur le domaine de la dette - la dette grecque pourrait ainsi être directement rachetée par les différents organismes publics pan-européens - au lendemain de la décision, les bourses s'envolaient. L'Euro était sauvé! La prompte action politique avait enfin éteint l'incendie! Alléluia!

eurpean debt crisis.jpgLa rémission aura été de courte durée.

Le CAC40, l'indice des valeurs françaises, a battu un record depuis en enchaînant dix séances de baisse consécutives. Sur une semaine, la bourse a perdu plus de 10%.

Avec la perte du triple-A américain ce vendredi, les bourses du monde se voient offrir un magnifique boulevard à la baisse. A première vue, on pourrait affirmer que les Européens ne sont pour rien dans la mélasse américaine, mais c'est aller un peu vite en besogne. Le déficit américain est pour l'essentiel dû à des politiques socio-démocrates, qu'il s'agisse de dispendieux mécanismes de redistribution sous l'égide du gouvernement ou de plans de relance dilapidant l'argent des contribuables au bénéfice de quelques-uns - soit exactement les mêmes stratégies qui ont court en Europe, où Obama est tant aimé. D'autre part, on ne saurait justifier les baisses boursières de ces derniers temps par les seuls affrontements politiques d'outre-atlantique sur le plafond de la dette, d'autant plus qu'un compromis a été trouvé.

Finalement la perte du AAA américain infligée par Standard & Poor's, alors que l'oncle Sam en bénéficiait depuis la création de l'agence dans les années 40, est un coup de semonce sérieux en direction de tous ceux qui se croyaient intouchables. Le message est clair. Il n'y a plus de tabou.

(Vivement que tombe celui de la France d'ailleurs, parce que, honnêtement, prétendre que Washington serait moins capable de rembourser sa dette que Paris ne fait pas très sérieux. Les USA sont dans une mauvaise passe, mais ils sauront se réformer. La France, elle, est absolument irréformable - nous en aurons un aperçu lorsque M. Sarkozy (ou son successeur) tentera d'imposer la rigueur. Prévoyez des extincteurs, des vitres de rechange et ne garez pas votre voiture dans la rue!)

Les records sont faits pour être battus: la série boursière à la baisse n'est pas terminée. Tel-Aviv, ouverte le dimanche, vient de dévisser d'un bon petit 7% en clôture. L'effondrement boursier généralisé vient d'ailleurs éclairer d'un jour peu flatteur la compétence de divers professionnels du domaine, qui conseillaient il y a peu de temps encore de préférer les actions aux obligations! Ils clamaient que le bilan des entreprises est bon, qu'elles ont du cash, et que lorsque tout va mal et qu'on ne fait plus confiance aux obligations d'Etat réputées sûres, mieux valait se rabattre sur les actions... Ceux qui ont suivi leurs conseils doivent leur dire merci!

Pour ma part, je n'ai jamais conseillé autre chose que de miser sur l'or et je le conseille encore.

Nous rentrons dans la zone de turbulences. La voix de la raison se fait entendre - il faut laisser les acteurs défaillants faire faillite, une responsabilité à la base même du capitalisme - mais ce n'est encore qu'un murmure dans la cacophonie. Ailleurs, les comportements les plus irrationnels commencent à se faire jour. Ainsi, en Italie, les locaux des agences de notation S&P et Moody'sont été... Perquisitionnés. Le motif? Leurs mauvaises nouvelles font baisser le cours de la bourse.

Le parquet de Trani a ouvert deux enquêtes, une pour chaque agence, après le dépôt d'une plainte par deux organisations de consommateurs qui s'inquiétaient des conséquences des rapports de S&P et Moody's sur les cours de la Bourse de Milan. Une première procédure a été ouverte en mai 2010 après la publication par Moody's d'un rapport mettant en garde contre les risques de contagion de la crise de la dette grecque aux banques italiennes. Une autre plainte a été déposée en mai lorsque S&P a menacé d'abaisser la note de la dette souveraine italienne en raison de l'ampleur de sa dette publique. Les enquêteurs se demandent enfin si des malversations ont été commises les 8 et 11 juillet, deux jours lors desquels la Bourse de Milan a accusé de lourdes pertes alors que beaucoup craignaient que l'Italie soit happée à son tour par la crise de la dette souveraine. L'une des deux organisations de consommateurs explique que sa plainte vise à déterminer si le plongeon soudain des marchés répondait à un "plan précis mis en place par des fonds spéculatifs ou par d'autres acteurs non identifiés qui pourraient être liés aux propos négatifs tenus à l'encontre des finances publiques italiennes par les agences de notation".

 

Finissons avec les propositions de Ségolène Royal, digne représentante d'une gauche française toujours aussi douée en économie:

Ségolène Royal, candidate à la primaire socialiste pour 2012, a réagi samedi à la dégradation de la note des Etats-Unis par Standard and Poor's, s'ajoutant à la crise de la dette dans la zone euro, en dénonçant le "manque de courage" des Etats pour mener certaines réformes.

"L'urgence en Europe comme aux Etats-Unis, c'est la relance de l'activité économique", fait valoir dans un communiqué la présidente de Poitou-Charentes.

Pour cela, ajoute-t-elle, les Etats doivent enfin "imposer au système financier des règles maintes fois annoncées mais jamais réalisées par manque de courage et en raison d'une idéologie libérale dramatique pour l'avenir de nos peuples". (...)

Ainsi "la taxation des mouvements de capitaux, la réforme du système bancaire, l'interdiction de spéculer sur les dettes des Etats (sic) ne sont toujours pas en vigueur", dénonce-t-elle.

 

Avec des élites comme celle-là, on n'est pas sortis de l'auberge!