22 août 2010

Obama, président fini

Barack Obama appartient déjà à l'histoire. A l'histoire ancienne.

Récemment, on apprend, pour s'en moquer, qu'un Américain sur cinq pense qu'Obama est musulman. Crétins d'Américains ignorant jusqu'à la religion de leur président, n'est-ce pas... Je me demande en passant ce que donnerait un tel sondage si on demandait aux Français la religion de Nicolas Sarkozy, ou aux Suisses celle de Doris Leuthard!

La question a tout autre sens outre-atlantique, où religion et valeurs morales ne comptent pas pour beurre. En effet, ce sondage montre moins une prétendue ignorance sur le sujet qu'une évolution intéressante au cours du temps:

Le nombre d'Américains qui identifient correctement (sic) Barack Obama comme chrétien a chuté de près de la moitié en un an, à 34%

 

Et au fait - Correctement? Pourquoi la religion "correcte" d'Obama devrait-elle être la religion chrétienne? Parce qu'il le dit? Etonnant comme à certains cette explication suffit! A les en croire, Obama serait donc le premier homme politique de l'histoire incapable de mentir...

En réalité, Obama a moins fréquenté des églises comme la Trinity United Church of Christ de Jeremiah Wright pour y prier que pour y recevoir une formation d'agitateur gauchiste. A l'époque où il vivait en Indonésie, la religion d'Obama était clairement indiquée sur ses papiers d'identité: musulman. Il se rendait d'ailleurs très régulièrement à la mosquée le vendredi, comme le rappelle Guy Millière. Obama a même passé deux ans dans une école musulmane où on étudiait assidûment le Coran, et deux ans dans une école catholique - où il était inscrit comme "élève musulman".

En l'absence de traces d'une spectaculaire conversion au christianisme, il n'y a rien de ridicule à avoir des doutes. Ceux-ci sont alimentés par les nombreux mystères qui émaillent la vie d'Obama, à commencer par son lieu de naissance et son éligibilité.

L'impopularité de Barack Obama aux Etats-Unis n'a rien de nouveau. Il est descendu si bas qu'il est encore moins aimé que George W. Bush - et encore, selon un sondage démocrate.

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Expliquer pourquoi la cote Obama est en chute libre depuis son élection sortirait du cadre de ce billet. Déficits abyssaux, soumission symbolique des Etats-Unis envers des régimes ennemis et brouille avec ses alliés, hausses d'impôt, esprit partisan, réforme calamiteuse (et probablement illégale) du système de santé, chômage stagnant à plus de 10%, responsabilité des autorités dans la fuite de pétrole du Golfe du Mexique, mépris affiché des Américains et des valeurs traditionnelles de l'Amérique... Oh, aviez-vous aussi remarqué que la prison de Guantanamo n'est toujours pas fermée?

987687G_obama_approval_index_august_22_2010.jpgLa vieille excuse de la faute à Bush a vécu; quant à l'éventuel obstructionnisme de l'opposition Républicaine, elle ne convaincra que les crédules, les Démocrates ayant la majorité absolue dans les deux chambres. La gauche américaine porte l'entière responsabilité de la gestion du pays depuis l'élection de Barack Obama en 2008. Le résultat n'est pas brillant.

La nouveauté n'est pas dans l'impopularité d'Obama, mais dans la diffusion de cette nouvelle au sein des médias européens. Jusqu'à présent, ils passaient sous silence les nombreux déboires électoraux de la gauche depuis l'élection d'Obama - symboles de ce recul - ainsi, bien entendu, que de sa perte de popularité permanente. Obama restait en Europe aussi immaculé que le jour de son triomphe.

Aujourd'hui, les médias préparent l'opinion en vue de la monumentale déculottée que les Démocrates vont subir en novembre. En laissant bien comprendre, cela va sans dire, que ce revirement brutal est dûe à l'imbécillité de ces indécrottables Américains.