14 octobre 2016

Menteurs à louer: un journaliste américain se livre

Existe-t-il encore des gens pour penser que le traitement de l'actualité par les médias mainstream soit motivé par le simple désir d'informer le grand public? Heureux les imbéciles! La plupart des gens comprennent qu'il y a anguille sous roche et supportent mal un traitement partisan de l'information - la récente campagne pour les présidentielles américaines étant un modèle du genre.

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Couverture médiatique comparée entre des propos sexistes de Trump enregistrés à son insu
il y a onze ans d'une part, et des milliers d'emails révélés par Wikileaks exposant la corruption
d'Hillary Clinton à travers sa fondation, ses relations avec le gouvernement,la justice et
les médias d'autre part.

Certains tolèrent mieux la propagande, simplement parce qu'elle va dans le sens de leurs convictions, mais le malaise subsiste. Quelle cause juste pourrait avoir besoin de mensonge pour se défendre? Et si cette cause n'en a nul besoin, comme le rétorqueront immanquablement ceux à qui on pose la question, alors, pourquoi mentir?

En réalité, l'information biaisée est la marque d'un mépris total pour le destinataire final - c'est-à-dire, vous. Mais "l'information" est-elle réellement produite pour lui? La réalité est bien plus crue que tout ce que vous pouvez imaginer, au moins aux Etats-Unis, comme le révèle un ex-journaliste dans un article sans détours, "Confessions d'un ex-journaliste sur le milieu corrompu des médias", dont voici une traduction.

Heureusement, rien de tout cela n'est à déplorer en Suisse.

 


 

Confessions d'un ex-journaliste sur le milieu corrompu des médias

Comment s'acheter des amis et plaider pour l'ennemi

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Tout est mensonge, chéri

Je doute que quiconque ait besoin qu'on lui rappelle que les médias sont pourris jusqu'à la moelle ; même les personnes les plus réticentes et à l'esprit le plus fermé tiennent désormais cela pour acquis. Mais bien que les médias soient largement condamnés de nos jours (mes remerciements aux Allemands pour avoir ramené le mot Lügenpresse dans le discours public), peu de gens savent ou comprennent ce qui se passe réellement dans la cuisine journalistique, où se concocte la potée de mensonges dont les gens sont quotidiennement nourris. Cependant, il y a toujours un moyen de le découvrir, par une infiltration délibérée du milieu ou, dans mon cas, par accident.

J'ai un vieil ami - appelons-le Sven - que j'ai toujours tenu pour être un homme bienveillant et sincère. Cependant, ces traits étaient également tempérés par une vision optimiste et quelque peu naïve des gens. Pour cette raison, il se retrouvait régulièrement embarqué dans des situations difficiles et parfois même dangereuses. L'une d'elle s'est révélée être un bref passage en tant que journaliste pour un journal en ligne à succès. Il maintint à peine contact au cours de son emploi et finit par décrocher complètement. Environ un mois plus tard, il refit surface - un homme changé, et pas en mieux. Comme il l'expliqua, il démissionna de son travail et se renferma sur lui-même un certain temps, sans autre arme que l'alcool, pour faire face à la dépression dans laquelle l'avait plongé ce travail de journaliste.

Cette réaction doit probablement paraître excessive à beaucoup d'entre vous, comme elle le parut à moi-même. Les hommes tombent rarement en dépression ainsi et ne se sortent pas de leurs problèmes en buvant. Si j'accordai à mon ami la clémence de lui expliquer ses manquements, je reconnus aussi l'utilité de son expérience et commençai à l'interroger sur ce qu'il avait vu et entendu durant son emploi. Je transmettrai ses conclusions ci-après ; cependant, je ne révélerai ni son vrai nom ni celui de son employeur, sachant que dans le pays "libre" où nous vivons, cela pourrait l'amener en eaux troubles.

Qui vous paie, vous possède

Sven rejoint les rangs des journalistes pour apporter la vérité aux gens. À son crédit, il croyait vraiment qu'il ferait exactement cela. Sa première mission semblait si simple, après tout: parler à une personne, enregistrer la conversation, écrire un article, le publier. La réalité se révéla diamétralement opposée. Une fois notre journaliste fraîchement émoulu revenu de sa première entrevue, on lui ordonna de retranscrire l'enregistrement immédiatement et de l'envoyer par courriel au gestionnaire de contenu. Une demi-heure plus tard, Sven reçut une version fortement modifiée de la transcription, avec les éléments qu'il jugeait les plus significatifs remplacés par des tournures dénuées de sens ou complètement supprimés. Quand il alla voir le directeur pour exprimer son indignation, celui-ci lui répondit simplement : "Cet homme ne nous a pas payé pour un article qui le dénigre. Retournez à votre bureau."

Ce fut loin d'être le seul cas où Sven fut témoin de sommes d'argent tirant le journalisme. Ses nombreux collègues ne produisaient presque jamais du contenu indépendant - ils étaient trop occupés à publier des articles payés les uns après les autres. Lorsque Sven demanda si ces articles devaient être indiqués comme du contenu sponsorisé, la seule réponse qu'il obtint fut un rire amer. Très souvent, le gestionnaire de contenu venait à son bureau et disait quelque chose comme "Savez-vous que le gars sur lequel vous écrivez est un ami proche du boss? Ne vous plantez pas sur cet article." Sven fut également surpris de voir que de nombreuses personnes interrogées (habituellement les politiciens) ne se donnaient même pas la peine de répondre à ses interviews, déléguant à la place leurs secrétaires ou assistantes. L'une d'elle alla même jusqu'à lui remettre un discours pré-écrit en main en lui disant de travailler à partir de cela avant de s'en aller.

Cependant, notre Sven possédait aussi un sens aigu de la justice, qui l'amena plusieurs fois à ignorer les "recommandations" données par son gestionnaire de contenu, à s'écarter de l'histoire officielle et à permettre à de petits extraits de vérité de faire leur chemin aux yeux du public. Pour chacune de ces transgressions, il fut convoqué au bureau du directeur, sévèrement admonesté, et se vit amputé d'une partie de son salaire mensuel. Tout fragment "non autorisé" qu'il avait écrit fut rapidement édité après coup - même si l'article avait déjà été lu par des milliers de personnes. Et ceci était censé être un média "neutre et objectif"!

La déontologie? Jamais entendu parler

Sven éprouva un grand choc quand il réalisa finalement que ses employeurs étaient des êtres dénués de conscience qui se prostituaient au plus offrant. Le choc fut encore plus grand quand il découvrit avec quelle nonchalance ses collègues prenaient leurs responsabilités. Les journalistes d'investigation se reposaient sur des informations obtenues à travers de simples recherches Google et des messages sur Twitter. Les éditorialistes et leurs subordonnés utilisaient des rumeurs et des ouï-dire pour rédiger des charges au vitriol. Les gestionnaires de sites Web postaient tout contenu qui leur plaise aussi longtemps qu'ils le présentent avec de gros titres assez flashy pour attirer le chaland. Le contrôle des faits était quasiment inconnu, à moins que quelqu'un n'ait spécifiquement payé pour cela.

Quand il était temps de choisir les sujets et de rédiger les articles, la ligne directrice de l'ensemble de l'entreprise était limpide: ne pas mettre les gens en colère. Pas les gens ordinaires, vous pensez bien - ceux-là n'étaient en interne même pas considérés comme des êtres humains, juste une masse sans visage à qui l'on jette des articles et qui sert à générer des clics et à produire de l'argent en retour. Non, le terme de "gens" se référait aux personnes qui comptaient réellement. Ce groupe comprenait des représentants des pouvoirs en place, des personnalités publiques bien connues, de riches individus avec les doigts bien trempés dans le gâteau politique et, bien sûr, les fréquentations personnelles du propriétaire de la publication.

Ceux-là devaient être protégés, dorlotés et flattés à tout prix, tous les autres n'étant que du gibier. Inutile de le dire, la politique avait au moins autant d'influence que l'argent dans la ligne éditoriale - à chaque fois que quelque chose de remarquable survenait, les "protecteurs de la vérité et de l'objectivité" s'attelaient immédiatement à travailler de façon à tourner les événements d'une manière favorable pour ceux qui tenaient leurs laisses. Des coups médiatiques étaient laborieusement élaborés contre les adversaires politiques et les indésirables, des écrans de fumée étaient érigés, les faits étaient omis, déniés et interprétés de façon biaisée. Sven m'avoua plus tard que le jour où sa publication couvrit les élections législatives fut le premier de sa vie où il passa toute la soirée à se saouler. L'éthique du journalisme, un terme que les médias aiment jeter à gauche et à droite, ne s'avérait rien d'autre que du vent.

Dans l'omelette médiatique, vous n'êtes qu'un œuf

Le titre dit tout. Pour les élites du secteur des médias, les pigistes ne sont pas juste des pions - ils sont des préservatifs. Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, l'existence d'un journaliste typique est assez pathétique: sous-payée, sous-évaluée, ingrate et constamment scrutée par sa hiérarchie. Le turnover du personnel de la "cuisine" est très élevé, et pas à cause des promotions obtenues. Dans ce milieu, le terme de "journaliste senior" désigne souvent un pauvre bougre sans alternative qui ne peut pas raccrocher.

Selon Sven, nombre de ses collègues travaillaient dans le seul but de toucher leur salaire mensuel, ce qui expliquait leur négligence. Faces grises, bouches pincées, regards fuyants et aigreur dans l'attitude - tout ce qu'il fallait pour abattre une journée de plus. En outre, les plus expérimentés esquivaient toute responsabilité quant au contenu publié: chaque fois qu'un lecteur en colère contactait le journal pour se plaindre d'un article, le gars qui l'avait rédigé subissait l'entier du blâme, même si son travail avait été scruté et validé par la rédaction avant publication. Après tout, quel temps fallait-il avant de retrouver un autre drone de bureau avec des compétences de rédaction à peu près décentes?

Cependant, Sven expliqua également que certains de ses collègues appréciaient leur travail. Ils arrivaient au bureau d'un pas leste, un sourire sinueux sur leur visage et une lueur espiègle dans leurs yeux. Ils étaient les "talents" favoris du directeur de la publication - des ordures froides et vicieuses qui auraient vendu leur propre mère pour une bonne tranche de commérages à répandre un peu partout sur le site. À chaque fois qu'ils avaient l'occasion d'appeler au scandale, de répandre une vilaine rumeur ou de ruiner la vie de quelqu'un, on pouvait presque les voir s'illuminer de l'intérieur. (...)

Stigmatisation interdite

Comme vous l'avez probablement remarqué depuis longtemps, le secteur médiatique est une boîte de Pétri immense et accueillante pour de nombreuses variétés de Kulturbolschewismus, de bolcheviques culturels. Dans le cas de Sven, cela dépassait la simple politique interne de dénigrement de la peur et d'autocensure pour être un réel ordre du jour au travail. Il me dit qu'un organigramme accroché en salle de presse expliquait ce qu'il fallait faire en cas d'article rapportant des crimes et des incidents. Il comportait quelque chose comme ceci: "le protagoniste était-il de souche (blanc) ? Oui: rapporter en détail, amplifier ; Non: gommer les détails, minimiser."

Sven rédigea une fois un article sur une fête nationale, mais son gestionnaire de contenu refusa d'approuver la publication parce qu'elle était "trop patriotique", lui conseillant plutôt de "mettre l'accent sur la participation des minorités dans le festival." Tout ce qui pouvait louer le pays et ses habitants autochtones était indésirable et omis chaque fois que c'était possible, alors que toute nouvelle débordant de haine de soi ou faisant l'éloge d'allogènes au pays (lire: africains et musulmans) ou attaquant les indigènes et leur mode de vie était promis au succès et franchissait le processus d'approbation comme une lettre à la poste.

Inutile de dire que la rédaction était bourrée de femmes, de blaireaux émasculés faisant office d'animaux de compagnie et, bien sûr, de juifs. Les premières disposaient d'un pouvoir absolu quelle que soit leur position - une simple plainte aux ressources humaines était suffisante pour faire virer n'importe qui, pas besoin de preuves. Les blaireaux émasculés, incarnés par des créatures malingres en T-shirts Che Guevara arborant une barbe lépreuse sur leur visage chargé de piercings, vivaient de façon très satisfaisante la façon dont les choses se passaient, sirotant leurs cafés et dénonçant aux ressources humaines ceux qui exprimaient des idées incompatibles avec le récit. Les juifs étaient dans leur élément naturel en salle de presse, étalant leur arrogance intellectuelle et obtenant des promotions sorties de nulle part. La majorité des articles dénigrant les autochtones, leur culture et leurs valeurs venait d'eux, comme étude du site Web du journal me l'apprit plus tard.

Menteurs à louer

Donc, pour résumer tout cela: les médias ne se composent pas d'individus bienveillants mais malavisés, comme beaucoup le pensent encore. Au contraire, ils représentent une entité consciente d'elle-même qui se positionne quelque part entre l'opportunisme sans scrupules et le chien fidèle de l’État. Au mieux, ils se livrent à un faux patriotisme ("Nous avons un pays merveilleux, invitons davantage d'immigrants!"), au pire ils sont hostiles à l'égard de la population historique de leur pays de résidence.

De plus, les médias permettent la consolidation et l'affirmation des forces globalistes - des gouvernements perfides, des juifs, des multinationales, l'industrie du divertissement et d'autres - contre une population indigène désenchantée et déclinante. Et last but not least, les médias sont complices des crimes commis en Occident par des immigrants non-blancs à cause de leur obscurcissement délibéré des faits et, en cas d'échec, de la démagogie visant à faire pression sur les tribunaux pour laisser les criminels en ressortir libres. Pour moi, cette dernière raison devrait être à elle seule suffisante pour envoyer nombre de journalistes et leurs employeurs au gibet.

L'essentiel est de toujours se rappeler que les médias ne sont vos amis en aucune façon, ni sur la forme ni sur le fond, même si leurs employés les plus modestes ressemblent davantage à de malheureuses victimes qu'à des ennemis visant la destruction des nations. Il faut s'opposer aux médias, exposer leurs manœuvres et les boycotter à chaque occasion jusqu'à ce qu'ils commencent à saigner de l'argent et s'étouffent avec leur propre venin.

12 septembre 2016

La santé d'Hillary en question

Il a suffi d'un "léger malaise" de la candidate démocrate lors des cérémonies de commémoration du 11 septembre pour que la santé d'Hillary Clinton revienne sur le devant de la scène. L'épisode, filmé par plusieurs journalistes [correction: de simples spectateurs] selon des angles différents, fut diffusé sur la toile suffisamment vite pour qu'il ne soit plus possible de nier.

Quant à la légèreté du malaise, jugez-en par vous-même:

Clinton_Shoe.jpgAttendant la voiture en tenant à peine debout, la candidate, promptement soutenue par ses gardes du corps, rentre dans son véhicule blindé en abandonnant une chaussure dans le caniveau. Une photo qui aurait fait la une des journaux si elle avait pu concerner Trump.

On notera l'extrême détachement du personnel de sécurité pendant l'entier de cette scène: les agents observent les alentours et ne jettent pas un regard à Mme Clinton, alors que d'autres la soulèvent et l'embarquent dans le plus grand calme, comme si tout cela était une danse parfaitement chorégraphiée.

Est-ce le professionnalisme d'agents rompus à toutes les situations, ou l'expérience d'un personnel pour qui ce genre de passage à vide n'est pas une première?

Quelques jours plus tôt, Mme Clinton donnait une conférence publique très importante à Cleveland, pendant laquelle elle fut prise de quintes de toux incontrôlables pendant plusieurs minutes, provoquant un certain malaise dans le public. Elle réussit à glisser entre deux toux que son comportement était dû à "une allergie à M. Trump". La scène est moins embarrassante que la précédente mais reste tout de même singulière:

Les interrogations sont récurrentes quant à l'état de santé de Mme Clinton - mais il a suffi d'une vidéo accablante pour que ce qui n'était jusque-là que des "spéculations houleuses lancées par des adeptes de la théorie du complot", voire des rumeurs lancées à dessein par son adversaire, ne devienne en moins de 24 heures une vérité établie.

Un retournement de veste assumé avec tant de souplesse force le respect. Deux tweets d'un journaliste à quelques années d'intervalle permettent de se faire une idée de l'hypocrisie de la presse...

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2008: La santé de McCain: Ce Que Cela Signifie
2016: Ne peut-on pas arrêter de parler de la santé d'Hillary maintenant?

Dès 2012 Hillary Clinton ne donnait plus vraiment l'image d'une santé éclatante. Elle souffrit d'un virus gastrique et d'une déshydratation, puis d'une commotion cérébrale après s'être évanouie. Un caillot de sang fut ensuite découvert entre le cerveau et le crâne. A cette occasion elle vit double pendant quelques semaines. Même alors des soupçons planaient sur sa condition réelle, notamment parce qu'elle reçut des anticoagulants qui, de l'avis de médecins consultés par plusieurs médias, n'étaient d'aucune utilité pour des caillots dus à un traumatisme.

Aujourd'hui, l'entourage médical de la candidate démocrate affirme qu'elle a été victime d'une pneumonie détectée vendredi et qu'elle annulait tous ses rendez-vous pour les prochaines 48 heures. Ce diagnostic soulève plus de questions qu'il n'apporte de réponses.

  • Si Mme Clinton est diagnostiquée avec une pneumonie depuis le 9 septembre, comment se fait-il qu'elle ait participé à de multiples apparitions publiques impliquant de nombreux contacts avec la foule entre cette date et aujourd'hui? La pneumonie est une maladie grave, et contagieuse.
  • Mme Clinton serait traitée par des antibiotiques. Normalement l'amélioration du patient est rapide et notable avec ces médicaments. Or, son malaise du 11 septembre intervient après plusieurs jours de médication et semble donc d'autant plus étonnant à ce stade.
  • De nombreux épisodes de quinte de toux et de comportements étranges de Mme Clinton ont été rapportés (et filmés) depuis longtemps auparavant, et ne cadrent pas avec une simple pneumonie diagnostiquée il y a trois jours.
  • L'apparition forcée d'Hillary Clinton en bas de son immeuble peu de temps après son malaise, et l'affirmation livrée alors qu'elle aurait été victime d'une simple "insolation" (malgré une modeste température de 26° à New York) est un mensonge de plus, entachant encore la réputation d'une politicienne jugée peu sincère par la majorité des Américains.

Hillary Clinton vient de perdre gros aujourd'hui ; même ses partisans les plus déterminés auront des doutes quant à sa capacité à assumer la charge de Président. En termes d'image, une apparence de faiblesse et de maladie n'est guère motivante. Ces ennuis de santé s'ajoutent à la dernière polémique à peine retombée où elle clame que "la moitié" des électeurs de Trump sont des racistes, des xénophobes et des bigots, entre autres termes élégants!

L'élection présidentielle américaine a lieu dans moins de 60 jours. Pendant cet intervalle, l'état de santé de Mme Clinton sera épié, scruté, déchiffré en permanence - et probablement pas à son avantage. Si elle n'est effectivement atteinte que d'une pneumonie et qu'elle en guérit rapidement et complètement, elle garde quelques chances. Autrement, la maigre avance dont elle dispose dans les sondages promet de ne pas durer, d'autant plus que le plus dur arrive avec les trois débats prévus contre Donald Trump, qui ne lui fera pas de cadeaux.

Hillary Clinton sera-t-elle prête et en grande forme à temps? Imagine-t-on l'effet d'un de ces malaises ou d'une quinte de toux en direct sur un plateau de télévision?

Les médias et les démocrates américains réalisent soudainement que la candidature à la présidence d'Hillary Clinton n'a plus rien d'une marche triomphante vers la victoire.

02 septembre 2016

L'immigration selon Trump

Alors que la campagne présidentielle américaine se poursuit, Donald Trump marque sa différence en répondant à une invitation du président mexicain Enrique Peña Nieto. Ce dernier avait proposé aux deux candidats de les rencontrer, mais Hillary Clinton, qui prétend toujours ne pas avoir de problèmes de santé, déclina la proposition. Mal lui en pris. Le voyage du candidat républicain au Mexique pour y rencontrer un chef d’État lui confère exactement la stature présidentielle dont son adversaire l'estime incapable.

donald trump,usa,immigrationEn outre, le thème du voyage permit de recentrer la campagne sur la question de l'immigration. De retour sur le sol américain, Donald Trump livra à Phoenix un discours détaillant son plan sur la question.

Bien entendu, impossible d'espérer avoir un compte-rendu correct de cet épisode dans les médias romands - pensons à la RTS par exemple - tant la détestation de Trump est palpable. On trouvera un résumé un peu plus factuel des dix points présentés par Trump sur le Figaro français:

1/ "Nous allons construire un grand mur, élevé, impénétrable, magnifique", équipé de senseurs souterrains, de tours de surveillance, et "le Mexique va le payer à 100%."

2/ Les clandestins ne seront plus relâchés dans la nature, mais détenus jusqu'à leur renvoi dans leur pays d'origine. Et les expulsés ne seront plus reconduits juste de l'autre côté de la frontière, mais "à de grandes distances".

3/ Zéro tolérance pour les étrangers auteurs de crimes. C'est un gros volet du plan de Trump, qui estime leur nombre à 2 millions (...) Au-delà des criminels identifiés, "tout contrevenant arrêté sans papiers sera détenu". (...) Des lois seront passées pour durcir les peines minimales infligées aux illégaux récidivistes.

4/ Bloquer les fonds fédéraux aux "villes sanctuaires". Depuis le début des années 1980, une trentaine de grandes métropoles américaines ont pour politique de ne pas contrôler le statut légal de leurs résidents: "plus d'argent des contribuables pour celles qui refusent de coopérer", dit Trump.

5/ Appliquer toutes les lois sur l'immigration, annuler les décrets présidentiels de Barack Obama qui auraient permis l'amnistie de 5 millions de clandestins. "Ceux qui restent au-delà de la validité de leur visa ou qui vivent sur l'aide sociale" sont ajoutés à la liste des expulsables.

6/ Durcissement "extrême" de la politique des visas. Plus aucun permis d'entrer aux États-Unis ne sera délivré "dans les régions et les pays où un contrôle adéquat ne peut être mis en place", à commencer par la Syrie et la Libye. Une "certification idéologique" sera nécessaire pour obtenir un visa. Les États-Unis cesseront d'accueillir des réfugiés: "pour le prix de l'acheminement d'un réfugié ici on peut en installer douze dans des zones de sécurité payées par les pays du Golfe", tranche Trump.

7/ S'assurer que les pays d'origine reprennent leurs ressortissants : 23 États les refusent, dit le prétendant à la Maison-Blanche, conduisant au maintien aux États-Unis de 13'000 criminels étrangers entre 2008 et 2013.

8/ Achever le système de suivi biométrique des entrées et sorties du territoire, "sur terre, par mer et dans les airs." L'an dernier, 500'000 personnes seraient restées après l'expiration de leur visa. La moitié des illégaux s'installerait de cette façon.

9/ Désamorcer l'attraction des emplois et des avantages sociaux. Plus d'aide alimentaire ou d'aide au logement: ceux qui en bénéficient deviennent "prioritaires pour le départ".

10/ Une réforme de l'immigration légale "pour protéger les travailleurs américains". "Nous avons le droit de choisir les immigrants qui correspondent à nos intérêts nationaux, de les sélectionner soigneusement selon leurs mérites, leurs talents, leurs aptitudes et leur capacité à subvenir à leurs besoins".

 

Quant aux millions de sans-papiers réputés vivre dans le pays - Trump ironise sur l'incapacité de l'administration fédérale d'en évaluer le nombre, même à plusieurs millions près - toute amnistie est exclue.

Même si le sujet provoquera un haut-le-cœur chez tout partisan de l'immigration, il n'y a dans cette liste rien de choquant ni d'extrême. Il est par exemple tout à fait incroyable qu'en 2016 des pays puissent encore refuser l'accès sur leur sol de leurs propres ressortissants, fussent-ils des criminels. La Suisse rencontre régulièrement cette situation problématique, au plus grand plaisir des adversaires de tout renvoi.

La plupart des points présentés par Trump sont d'autant plus recevables qu'ils ont tous été abordés par divers pays en Europe même, à travers des référendums ou des gouvernements élus par voie démocratique - qu'il s'agisse de l'immigration choisie plaidée par Nicolas Sarkozy en France, du grillage érigé par les Hongrois ou, bien sûr, du renvoi des criminels étrangers plébiscité par les Suisses.

C'est sans doute parce que Trump est sérieux et cohérent que sa candidature fait si peur aux élites pro-immigration des deux côtés de l'Atlantique. S'il met en place ce programme dans un pays aussi important que les États-Unis, il changera le paradigme de l'immigration, en particulier en Europe. Trump brise le statu-quo. Il ne sera plus possible de se retrancher derrière des prétextes de mauvaise foi en jetant des "c'est trop compliqué", "on ne peut pas surveiller les frontières, voyons!" et "désolé mais ce violeur récidiviste doit absolument rester parmi nous, son pays d'origine n'en veut plus" - simplement parce que les États-Unis feront autrement. Ils prouveront par l'exemple qu'on peut faire autrement.

Les médias passent leur temps à vomir sur Trump et lorsqu'ils ne le font pas, ils n'en rapportent que des bribes biaisées. L'essentiel du discours de Phoenix de Trump n'est pas dans sa série de dix mesures (abondamment décortiquées ces prochains jours par des "experts" qui viendront expliquer qu'ils sont évidemment inapplicables, impensables etc.) mais dans l'introduction dudit discours, où il explique le pourquoi de sa réflexion politique en la matière. Voici quelques extraits de ce passage du discours, notez la différence avec la façon dont en parlent les médias officiels:

Je viens de rentrer d'une réunion très importante et particulière avec le président du Mexique, un homme que j'apprécie et que je respecte énormément. Et un homme qui aime vraiment son pays, le Mexique. (...) Nous sommes d'accord sur l'importance de mettre fin à la circulation illégale de drogues, d'argent, d'armes et de personnes à travers notre frontière, et de mettre les cartels hors d'état de nuire.

Nous avons également discuté des grandes contributions des citoyens américains d'origine mexicaine à nos deux pays, de mon affection pour le peuple du Mexique, et de la direction et de l'amitié entre le Mexique et les États-Unis. Ce fut une conversation de fond, réfléchie, elle va se poursuivre pendant un certain temps. Et, à la fin nous allons tous gagner. Nos deux pays, nous allons tous gagner. (...)

Le problème fondamental du système d'immigration de notre pays est qu'il répond aux besoins de riches donateurs, de militants politiques et de puissants, puissants politiciens. (...) Il ne sert pas le peuple américain. Il ne vous sert pas. Quand les hommes politiques parlent de "réforme de l'immigration", ils veulent habituellement dire amnistie, ouverture des frontières, baisse des salaires. La réforme de l'immigration devrait signifier toute autre chose. Elle devrait amener des améliorations à nos lois et à nos politiques pour rendre meilleure la vie des citoyens américains. (...)

Un rapport de 2011 du Government Accountability Office a constaté que les immigrants illégaux et autres non-citoyens, dans nos prisons et nos centres de détention, représentent environ 25'000 arrestations en leur nom pour homicide. 25'000.

En plus de cela, l'immigration clandestine coûte à notre pays plus de 113 milliards de dollars par année. Et voilà ce que nous en retirons. (...) Bien qu'il existe de nombreux immigrants clandestins dans notre pays qui soient de bonnes personnes, beaucoup, cela ne change pas le fait que la plupart des immigrants illégaux sont des travailleurs moins qualifiés avec moins d'éducation, qui contribuent directement aux difficultés des travailleurs américains vulnérables, et que ces travailleurs illégaux tirent bien plus du système qu'ils n'en rendront jamais. (...) Mais ces faits sont passés sous silence. Au lieu de cela, les médias et mon adversaire discutent d'une chose et une seule, les besoins des gens qui vivent ici illégalement. Dans de nombreux cas, d'ailleurs, ils sont mieux traités que nos anciens combattants. (...)

Quiconque vous dit que la question de base est les besoins de ceux qui vivent ici illégalement a tout simplement passé trop de temps à Washington. Seules les élites et les médias coupés du monde pensent que les plus grands problèmes auxquels sont confrontés l'Amérique (...) sont les besoins des "11 millions" d'immigrants illégaux qui ne disposent pas de statut juridique. Et ils pensent aussi que le problème le plus crucial n'est pas le nucléaire, n'est pas l'Etat Islamique, n'est pas la Russie, n'est pas la Chine, mais le réchauffement climatique. (...)

Rien ne vient en deuxième position. Hillary Clinton, par exemple, évoque constamment ses craintes que les familles soient séparées, mais elle ne parle jamais des familles américaines séparées de façon permanente d'un proche à cause d'un homicide évitable, d'un décès évitable, d'un assassinat.

Non, elle ne parle que des familles qui viennent ici en violation de la loi. Nous allons traiter tout le monde vivant ou résidant dans notre pays avec beaucoup de dignité. C'est tellement important.

Nous serons équitables, justes et compatissants envers tous, mais notre plus grande compassion doit être pour nos citoyens américains.


En fin de compte, la logique de Trump en matière d'immigration est à la fois claire et cohérente. Elle se résume en quelques points emprunts de bon sens:

  • Toute politique d'immigration digne de ce nom requiert un contrôle des frontières pour décider qui entre et qui n'entre pas.
  • L'immigration illégale est la source de nombreuses dérives, alimente réseaux de drogue et de passeurs, siphonne les mécanismes sociaux et fait pression sur les salaires des travailleurs les plus vulnérables.
  • Des milliers d'Américains meurent chaque année à cause de crimes commis par des immigrés illégaux.
  • L'intérêt des Américains prime, en Amérique, sur celui des non-Américains.

Donald Trump résume sa pensée en une seule phrase qui devrait être amplement méditée sur le Vieux Continent:

"C'est une priorité absolue: si nous n'avons plus de frontières, nous n'avons plus de pays."

On comprend mieux pourquoi la lutte contre les frontières est si grande ici.

12 août 2016

La fin sans gloire de l'Obamacare

Que de chemin parcouru depuis la laborieuse introduction de l'assurance santé "universelle" signée par Obama en 2010!

Il n'est pas question ici de revenir sur les innombrables péripéties qui émaillèrent sa mise en place: la question de sa conformité avec la Constitution américaine, son incroyable complexité, les pannes informatiques liées à son lancement, son peu de succès auprès des catégories qu'elle était censée aider, et ainsi de suite - il y aurait de quoi écrire plusieurs ouvrages. Il s'agit simplement de témoigner de la trajectoire du programme, présageant de son effondrement prochain sous sa forme actuelle.

Et n'allez pas croire qu'il s'agisse d'une n-ième promesse de campagne d'un candidat à l'élection présidentielle. Sur ce sujet précis il importe peu que le prochain président soit Hillary Clinton ou Donald Trump ; Obamacare semble surtout condamnée à s'effondrer sous son propre poids.

Comment en est-on arrivé là? Pour simplifier, Obamacare est un mécanisme de redistribution étatique permettant à des gens d'accéder à une assurance maladie alors qu'ils n'en auraient, théoriquement, pas les moyens. Pour parvenir à cet objectif, Obamacare prévoit d'équilibrer les "bons risques" avec les "mauvais risques", arrosant le tout d'une bonne louche d'argent des contribuables pour inciter davantage de gens à participer à cette redistribution.

Sur le papier on aurait pu croire que le système puisse au moins faire illusion quelques temps, mais ce n'est pas le cas. Seulement 11 millions de personnes achetèrent une assurance au travers de ce mécanisme en 2016, alors que les projections officielles tablaient sur 21 millions - simplement parce que les jeunes, les "bons risques" censés équilibrer le système, ne furent pas au rendez-vous. Comment les impliquer alors qu'ils choisissent simplement de ne payer aucune assurance, s'estimant en bonne santé et capable de couvrir leurs frais? Pour eux, difficile de trouver un système plus avantageux que l'absence de primes!

Résultat? Les primes prennent l'ascenseur, comme le montre ce tableau des hausses de l'année 2016:

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Des hausses annuelles moyennes allant jusqu'à 40%...

Les entreprises sont elles aussi impliquées, puisqu'à partir d'une certaine taille elles doivent souscrire à un programme Obamacare pour leurs employés ou faire face à des pénalités. Face à l'augmentation des coûts de la "santé abordable", nombre d'entre elles préfèrent payer les amendes. L'Obamacare se transforme peu à peu en une simple taxe sans plus de rapport avec la santé.

Selon The Hill, le prochain Président américain pourrait avoir à faire face à un effondrement de l'Obamacare dès sa prise de fonction en janvier:

[Larry Lewitt, de la Kaiser Family Foundation] et d'autres experts avertissent que si les chiffres d'adhésion ne s'améliorent pas cette année, d'autres assureurs pourraient jeter l'éponge. Cela provoquerait un impact majeur sur le marché, menant à une augmentation des primes et à encore plus de gens incapables de participer.

Cette année déjà, de nombreux assureurs annoncent des hausses substantielles des primes dans l'espoir de s'y retrouver face à la récente augmentation des coûts de la santé. La hausse de prime moyenne pour l'an prochain est d'environ 9%, selon une analyse de 17 grandes villes effectuées par la Kaiser Family Foundation. Mais certaines hausses sont bien plus élevées: Blue Cross Blue Shield a annoncé des augmentations de respectivement 40% en Alabama et 60% au Texas.


On pourrait naturellement en vouloir aux méchants assureurs qui ne cherchent bien sûr qu'à gagner de l'argent, mais ce serait bien mal comprendre le problème. Légalement obligées d'accepter toutes les demandes en participant au programme, plusieurs sociétés perdirent des centaines de millions de dollars avec Obamacare. Pour de simples raisons de survie économique, elles choisissent désormais de renoncer à couvrir certains États, voire de se retirer de ce marché. L'offre se réduit donc comme peau de chagrin, ainsi que l'espoir d'une concurrence amenant "plus de choix, plus de compétition et, dans de nombreux cas, de meilleurs prix" comme l'annonçait le Président Obama.

Obamacare sera définitivement enterrée lorsque plus aucune société d'assurance ne voudra y prendre part, ou lorsque les primes seront si élevées qu'elles dépasseront le tarif d'une assurance-santé habituelle. On se dirige rapidement vers les deux.

On ne sera pas surpris d'apprendre qu'Hillary Clinton prévoit de "renforcer" le système en le modifiant en profondeur avec encore plus de subventions pour les gens pour qui il devient progressivement inabordable, et un système de remboursement direct pour les premiers milliers de dollars de santé dépensés par les familles sous Obamacare, conséquence des carences des plans premier prix auxquelles elles souscrivent. Donald Trump, de son côté, prévoit simplement de mettre un terme à un système fondamentalement intenable.

La surprise n'est pas de voir Obamacare échouer, mais de le voir échouer si vite.

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06 août 2016

Donald Trump, éternelle cible

Quiconque lisant les médias au sujet Donald Trump finira immanquablement par arriver à l'une de ces deux conclusions:

  • Donald Trump est, au minimum, l'antéchrist. L'individu est cinglé, idiot, malhonnête et il s'agit là des qualificatifs les plus présentables. Son élection comme représentant du Parti Républicain est invraisemblable, inexplicable, et n'illustre rien d'autre que la stupidité intrinsèque des électeurs américains de droite, et par extension de tous ces fous d'Américains.
  • Donald Trump est la cible d'une campagne de calomnie absolument sans précédent. Dans un mélange de haine et de terreur, les médias travaillent d'arrache-pied à le démolir, fouillant dans ses poubelles et montant en épingle la moindre anecdote pour nuire au personnage ou à sa famille. Dans l'affrontement entre Clinton et Trump, toute déontologie a été jetée par-dessus bord et les rédactions travaillent ouvertement au succès de la candidate démocrate.

Le biais anti-Trump recopié par nos médias locaux avec un empressement servile trouve sa source outre-Atlantique. Le phénomène est si marqué qu'un éditorialiste poussa le bouchon jusqu'à la caricature, évoquant le candidat aux présidentielles comme "La Créature Démoniaque Surgie des Profondeurs de l'Enfer". Tout le monde comprit l'allusion.

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Plutôt que de s'acharner sur Donald Trump, les médias auraient pourtant de nombreux dossiers à traiter en examinant plus sérieusement les agissements récents de l'administration démocrate au pouvoir. Sous la férule de Barack Obama, l'homme qui décrète qui est qualifié pour être président, les États-Unis viennent de verser 400 millions de dollars en argent liquide étranger (Euro et Francs suisses, excusez du peu) à l'Iran pour la libération de quatre otages américains retenus là-bas.

Sur la fin de son mandat, le président américain ment désormais sans retenue, expliquant avec condescendance que les USA ne versent "jamais" de rançon. Mais le porte-parole de la Maison Blanche refusa de répondre à une simple question, à savoir, l'avion rapatriant les otages décolla-t-il de Téhéran avant l'atterrissage de celui transportant les millions? S'il eut été souhaitable d'obtenir ce détail de la bouche d'un officiel, la vérité est connue. Avant de pouvoir décoller, les otages attendirent sur le tarmac des heures durant que l'argent arrive. Rien à voir avec une rançon, n'est-ce pas!

Toujours sur l'Iran, nous apprenons via l'agence de presse AP que l'accord visant à limiter les capacités d'enrichissement nucléaire n'empêche en réalité rien du tout. Le deal largement négocié par la précédente Secrétaire d’État aux affaires étrangères, Mme Clinton, permettra au pays de disposer dans moins de dix ans, en toute légalité, de centrifugeuses tellement puissantes que l'intervalle entre une décision d'enrichissement militaire et l'obtention d'une bombe nucléaire se réduira à quelques mois.

Hillary Clinton est aussi impliquée dans la direction de Lafarge, une société industrielle française qui versa de l'argent à l’État Islamique et acheta vraisemblablement de son pétrole. La relation entre Mme Clinton et Lafarge, régulière donatrice à la Fondation Clinton, est une vieille histoire ; dans les années 80 déjà, la firme offrait un emploi à la politicienne au moment même où la CIA s'en servait comme couverture pour exporter des armes à un certain Saddam Hussein, nous apprend Wikileaks.

usa,médias,donald trump,hillary clinton,obama,manoeuvres politiques,iranLa bonne vieille guerre d'Irak fait d'ailleurs un retour sur le devant de la scène avec une des dernières anecdotes montées en épingle par les médias sur Donald Trump, la fameuse affaire de la famille du vétéran. Pendant la Convention Démocrate noyautée par Hillary, la parole fut donnée à un certain Khizr Khan, père d'un soldat mort en Irak.

Appuyé en silence par son épouse voilée ("celle-ci doit selon l'islam obtenir l'autorisation de son mari pour s'exprimer", rappela Trump), Khan brandit un exemplaire de la Constitution et attaqua violemment M. Trump en affirmant qu'il ne l'avait jamais lue ni "consenti de sacrifice", et invita finalement tous les américains d'origine immigrée à voter en faveur d'Hillary Clinton.

Les médias s'empressèrent d'appuyer les propos de M. Khan et de l'inviter sur les plateaux de télévision. Eussent-ils fait preuve d'un zeste d'esprit critique, ils auraient pu relativiser son intervention:

  • Le fils de M. Khan, Humayun, était majeur en s'engageant dans l'armée. Le choix d'aller en Irak était sa décision propre, non celle de sa famille. Khizr Khan le soutenait-il? Rien n'est moins sûr, et Humayun n'est évidemment plus là pour en témoigner. Le terme de "sacrifice" implique que les parents auraient appuyé le choix de leur fils de s'engager, mais ne correspond guère aux propos tenus.
  • L'intervention américaine en Irak en 2003 a été formellement approuvée par un vote de Mme Clinton. A l'inverse, M. Trump s'est plusieurs fois distancié de cette décision. Il est d'ailleurs proprement hallucinant de voir tous les médias hurlant continuellement contre la guerre en Irak devenir si subitement silencieux maintenant que cet aspect est devenu gênant pour la candidate démocrate.

"À chaque fois que le président juge que l’entrée de n’importe quel étranger ou de n’importe quelle classe d’étranger aux États-Unis serait au détriment des intérêts des États-Unis, il peut par proclamation, et pour la période qu’il jugera nécessaire, suspendre l’entrée de tout étranger ou de toute classe d’étranger comme immigrants ou non-immigrants, ou imposer sur l’entrée des étrangers toute restriction qu’il pourra juger appropriée."


Depuis, un portrait un peu plus complexe émerge: des gens ont naturellement commencé à s'intéresser à Khizr Khan, et découvert que celui-ci avait un cabinet de conseil juridique tirant directement profit de l'immigration musulmane à destination des États-Unis. Mieux encore, cette immigration se faisait au travers du programme EB-5, lourdement critiqué par des membres du Congrès et des services de renseignement comme une faille permettant l'exportation de technologie sensible, d'espionnage économique, et son détournement par des agents de gouvernements étrangers et des terroristes... Lorsque ces premiers éléments commencèrent à émerger, M. Khan mit rapidement son site hors-ligne.

Il y aurait donc beaucoup à dire et à creuser sur ce qui se passe dans le camp démocrate, du côté d'Hillary Clinton et de la Maison-Blanche, avec de vrais scandales à la clef. Mais les journalistes d'investigation travaillent exclusivement à charge contre Donald Trump. Les médias ne mettent donc en première page que les piètres morceaux qu'ils parviennent à dénicher: quelques phrases du discours de la Première Dame inspirées d'un autre écrit huit ans auparavant, ou un éventuel permis de travail dont elle se serait passée il y a 21 ans, en attendant un prochain "article de fond" sur des amendes de stationnement...

Évidemment, les Américains ne sont pas dupes. La popularité continue de Donald Trump est aussi la marque de la perte d'influence des médias traditionnels en faveur d'Internet où toutes ces informations se diffusent bien plus librement, et c'est le principal enseignement à tirer de cette campagne.

Les journalistes de presse et de télévision ont beau crier leur haine du candidat républicain, qui les écoute encore? En Amérique, plus grand-monde.

16 juillet 2016

La Turquie dans la main de fer d'Erdogan

Le grand public allumant sa télévision pour apprendre les derniers développements de l'enquête sur les attentats de Nice eut sans doute une surprise samedi matin en découvrant que l'actualité se concentrait désormais sur une tentative de putsch avorté en Turquie.

Les rebelles communiquèrent dès vendredi soir, sur le site de l’état-major de l'armée pour affirmer que l'armée disposait désormais du pouvoir politique. Les habitants d'Istanbul virent en effet des tanks et des militaires prendre place dans les rues de la ville, notamment près du Parlement, et bloquer plusieurs ponts, alors que des hélicoptères et des avions volaient à basse altitude au-dessus de leurs têtes. Des coups de feu furent échangés alors que les militaires (de quel camp?) intimèrent aux habitants de rentrer chez eux.

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Dès que la nouvelle fut retransmise à l'extérieur de la Turquie - les réseaux sociaux et Twitter se montrèrent bien plus réactifs que les médias traditionnels - le trafic aérien fut interrompu vers 22h15. L'ensemble de la population turque fut quant à lui averti des opérations en cours par la télévision, un présentateur de la chaîne publique TRT lisant, sous la menace d'une escouade de militaires ayant fait irruption dans les locaux, un communiqué annonçant couvre-feu et loi martiale et accusant le gouvernement de "porter atteinte à la démocratie et à la laïcité". Plus tard toute diffusion de la chaîne sera interrompue.

Mais le pouvoir légitime n'hésita pas à répliquer, sévèrement. Le Premier ministre turc Binalo Yildirim prévint sans se démonter qu'un groupe au sein de l'armée effectuait une tentative de coup d'État et qu'il le paierait très cher. Les combats ne tardèrent pas à éclater, auprès du palais présidentiel et d'autres bâtiments publics, impliquant parfois des hélicoptères.

A l'écart de la capitale, Recep Tayyip Erdogan échappa aux rebelles. Dans une interview improvisée à travers l'écran d'un iPhone et l'application de vidéoconférence FaceTime, il se retrouve à l'antenne de la chaîne CNN Türk, pour annoncer à son tour que les sanctions seraient terribles à l'égard des putschistes et pour appeler le peuple turc à se manifester.

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La réussite ou l'échec d'un coup d'état tient à peu de choses...

Ces quelques petites touches suffirent à renverser la situation. Dans une opération de ce genre, il est primordial pour les putschistes de contrôler l'information pour réduire au silence le régime précédent. Cela place la population et les structures de l’État dans une situation de fait accompli, leur intimant que la transition est achevée. Le résultat revient à saper la volonté de combattre d'éventuels loyalistes, un acte de résistance donnant l'impression d'arriver désormais trop tard.

Mais le message du Président Erdogan fut entendu. Les unités rebelles se retrouvèrent engluées dans des manifestations et les réactions d'unités militaires fidèles et de la police. Certains soldats perdirent leur sang-froid et ouvrirent le feu sur la foule, provoquant des dizaines de victimes. La dynamique du putsch fut malgré tout brisée, au prix de 260 morts dont 100 putschistes.

Aujourd'hui, le régime de Recep Tayyip Erdogan est solidement en place et sort renforcé de l'épreuve. Les militaires motivaient leur coup d'État en le présentant comme une réponse à la concentration des pouvoirs d'Erdogan ; Erdogan rétorque aujourd'hui que la tentative de coup d'État justifie la concentration de ses pouvoirs. Le président aux dérives autoritaires et islamistes se retrouve aujourd'hui félicité par les autorités occidentales au nom de la démocratie, la même que les putschistes annonçaient vouloir défendre avec les droits de l'homme et la laïcité...

La victoire du régime ouvre grand les possibilités de purge au sein de l'appareil d'État et Erdogan est bien décidé à s'en servir. Les exactions contre les journalistes et les minorités politiques n'étaient que jeux d'enfants. Moins d'une journée après les faits, le gouvernement turc a arrêté 2'839 soldats et militaires de hauts rangs, mais aussi limogé 2'700 juges et mis 140 membres de la Cour suprême sous mandat d'arrêt. Et l'enquête n'a même pas commencé!

Plus que jamais, la Turquie est dans la main de fer de Recep Tayyip Erdogan. L'armée turque était peut-être le dernier obstacle à ses visions millénaristes ; il a les coudées franches pour la briser, et ensuite, continuer à écraser l'opposition démocratique et laisser libre court à ses pulsions autoritaires. Nul doute qu'entre l’État Islamique, les Kurdes et la situation économique désastreuse du pays, cela ne peut que très mal se terminer.