09 janvier 2019

Pour 2019, une bonne grosse crise financière?

L'époque est aux vœux. Les miens sont moins des souhaits qu'une simple prédiction: l'année 2019 risque d'être financièrement agitée.

Causes et conséquences

Revenons quelques mois en arrière. Il fait chaud. À l'occasion d'un anniversaire d'enfant, je discute avec une connaissance de l'épidémie de chantiers qu'on aperçoit depuis le balcon de son appartement lausannois. Il s'étonne de cette soudaine fièvre dans la construction.

- Les grues poussent de partout, c'est dingue...

- Ce sont les fonds de pension, entre autres. Ils cherchent à se débarrasser de leur cash.

- Et pourquoi ça?

- À cause des taux négatifs. Laissé sur un compte, l'argent s'évapore presque. La construction est une solution. On place l'argent dans les travaux immobiliers, qui permettent de générer du rendement via les loyers et plus tard, de réaliser une plus-value lors de la revente. Si tout va bien.

Nous discutons brièvement de la bulle immobilière en train de gonfler sous nos yeux. Il y avait un certain retard à rattraper sur la Côte, c'est indéniable, mais là, ce sont carrément de nouveaux quartiers, de nouvelles villes qui sortent de terre comme des champignons après une pluie d'automne. Mes pensées dérivent sur ce qui viendra ensuite: les innombrables appartements laissés vides, les habitants qui seront alors importés pour les remplir, et qui paiera in fine pour les loyers des uns et des autres. Quelque chose me dit que comme d'habitude, les Suisses n'en sortiront pas gagnants.

- Mais pourquoi la BNS s'est lancée dans cette politique de taux négatifs?

Pour le commun des mortels - c'est-à-dire tous les individus qui n'ont pas fait assez d'études pour perdre entièrement leur bon sens - les taux négatifs sont une absurdité, et ils ont raison, car c'en est une. Les enfants jouent, j'ai quelques minutes devant moi. J'explique que depuis 2008 les banques mal gérées se sont effondrées, puis ont été sauvées par les politiciens amis des banquiers avec l'argent des contribuables, puis que les États surendettés se sont eux-mêmes trouvés en difficultés et que les Banques Centrales sont venues à la rescousse... Dans cette succession de crises vague après vague, la BNS joue son rôle: saboter le Franc Suisse au moyen des taux négatifs afin d'éviter que la monnaie nationale ne se fasse remarquer en valant plus que les autres.

Les monnaies des autres pays sont en train de sombrer, mais nous, nous avons la BNS pour faire des trous dans la coque, par solidarité. C'est très suisse. Le terme d'années folles ayant été utilisé pour l'après-première-guerre mondiale, je me demande comment les historiens du futur qualifieront la période actuelle.

Les yeux de mon interlocuteur s'écarquillent.

- Alors tout ça, c'est encore à cause de la crise de 2008!

- Oui. Nous n'en sommes toujours pas sortis. Le dénouement n'a pas encore eu lieu.

Depuis plus de dix ans, nous nous débattons dans la crise entamée en 2008. Nous vivons une succession d'expédients, de manipulations des cours de bourse, de création de monnaie, de confiance entretenue à coup de mensonges, de bulles secondaires, de mésinvestissements. Mais même les mauvaises comédies ont une fin. 2019 pourrait bien être l'année où le rideau tombe.

Trump contre la FED

Donald-trump-happy.jpgTrump a commis une faute de communication majeure en début de mandat: il s'est approprié les records boursiers du moment, les attribuant à sa nouvelle gestion de l'Amérique. L'idée n'était pas absurde mais elle était précipitée, et surtout, dangereuse. Trump eut indéniablement un effet sur les marchés financiers - les quelques jours après son élection, tout au plus. Cela étant, d'autres tendances plus lourdes continuèrent à pousser les cours vers le haut, notamment l'argent bon marché proposé par la Réserve Fédérale Américaine, la FED.

Il y a une corrélation que beaucoup d'analystes connaissent bien aux États-Unis. Les réélections de Présidents et les bascules électorales entre Républicains et Démocrates sont bien plus liées à la performance économique du moment qu'à quoi que ce soit d'autre. Pour faire simple, tous les quatre ans, si les choses vont bien, le parti au pouvoir remet le couvert ; si elles vont mal, les Américains se tournent vers le challenger, peu importe qui est Républicain ou Démocrate. L'adage se vérifie depuis Jimmy Carter, au moins.

La FED, comme le reste du monde, avait parié sur l'élection de Clinton. L'élection de Trump la contraria grandement.

Se pourrait-il que la FED cherche à provoquer une crise boursière juste pour empêcher Trump de faire un second mandat? Chacun a le droit d'en douter, mais comme un petit graphique vaut mieux qu'un long discours, examinons les taux de la FED sur les quinze dernières années:

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Taux directeur de la FED de 2003 à 2019 (cliquez pour agrandir)

Pendant les huit ans de la Présidence Obama, la FED n'a fait que baisser les taux. Elle les a maintenus à un niveau plancher pendant sept ans. Du jamais vu.

Depuis que Trump est élu, la FED n'a fait que monter ses taux.

Mais regardons un peu avant: en 2004, les taux n'étaient que de 1% et Bush fut réélu. En revanche, pendant le second mandat du Texan, la FED monta ses taux à un rythme historiquement rapide, une façon comme une autre de favoriser l'alternance. Le ralentissement économique consécutif joua certainement un rôle dans le passage de témoin entre Républicains et Démocrates en 2008 - ainsi que dans l'éclatement de la bulle immobilière et la crise des subprimes.

Bien des gens douteront d'un tel machiavélisme. D'autres se rappelleront que ce les mêmes personnes qui vous expliquent froidement que la fin justifie les moyens. Du reste, les statistiques ne sont que des probabilités, elles n'ont rien d'infaillible. Si la FED "indépendante" a certainement un rôle dans la satisfaction générale et donc les sentiments des électeurs au moment des élections, elle n'est pas omnipotente, et ce pour deux raisons.

D'abord, les cours de bourse ne représentent pas fidèlement l'économie réelle. Les Américains eux-mêmes s'en rendirent bien compte pendant les années Obama où, après la crise de 2008, la bourse reprit des couleurs grâce aux vannes ouvertes par la FED pendant que l'activité réelle du pays stagnait, sans rapport avec les financiers qui sablaient le champagne. Cela vaut aussi dans l'autre sens: la crise déclenchée par la FED et sa récente hausse des taux a fait chuter les bourses mais n'affecte que très peu, voire pas du tout, l'économie réelle qui est bel et bien en grande forme grâce aux réformes de Trump.

Ensuite, les Américains (oui, même eux) ne sont pas complètement dupes des manœuvres de la FED. Lorsque Trump dit que la FED fait n'importe quoi en haussant ses taux d'une façon inutilement agressive, les Américains sont nombreux à être d'accord avec lui, et cela vaut aussi pour les analystes de Wall Street. Bien des gens détestent Trump, mais ceux qui sont prêts à accepter d'être ruinés pour qu'il parte en 2020 sont beaucoup moins nombreux. Si le grand public attribue les turbulences économiques à la FED plutôt qu'à Trump, la manœuvre échouera.

Il est trop tôt pour parier sur l'issue du combat homérique qui s'annonce outre-Atlantique entre la FED et la Maison Blanche. Résumons juste en disant que les agissements de la FED ressemblent à quelqu'un qui cherche à se débarrasser d'un gros rat en allumant un "incendie maîtrisé" au beau milieu d'un dépôt de munitions imbibé d'essence...

Alerte au Tsunami en Europe

Les banquiers centraux s'apprécient, mais seulement jusqu'à un certain point. On peut être sûr que les dirigeants de la BNS ont les yeux de Chimène pour ceux de la BCE, qui les méprisent, et que ceux de la BCE n'ont d'yeux que pour ceux de la FED, qui les méprisent ; quant à la FED, elle contemple surtout son nombril, et Trump, qu'elle méprise.

Malheureusement pour le Vieux Continent, la guérilla de la FED contre la Présidence Trump ne pouvait pas plus mal tomber.

Sclérosée par une économie anémique, le chômage de masse, des banques fragiles, des gouvernements surendettés, l'invasion des migrants, une social-démocratie en faillite, l'Europe ne va pas super-bien depuis 2008. La crise faillit emporter la Grèce et avec elle la construction européenne. Et même si depuis l'actualité a trouvé d'autres chats à fouetter, elle reste vulnérable. Il n'y a eu aucun Trump en Europe pour remettre l'économie sur les rails.

Au lieu d'aider l'économie du continent à décoller, la BCE s'est attelée depuis 2008 à une tâche beaucoup plus urgente, sauver les États de la faillite. Depuis dix ans, elle affecte donc l'essentiel de ses ressources à acheter de la dette publique (= étatique), ou, avec l'aide des politiciens, à forcer les banques privées à faire de même. Par exemple, l'interprétation européenne des règles du Comité de Bâle permet aux banques de ne pas avoir à compenser de risque en achetant de la dette publique, alors qu'elles doivent le faire en prêtant au secteur privé.

Le système bancaire européen a été orienté de façon à se charger de dette publique aux dépens des emprunteurs privés, ce qui a un effet direct sur la vitalité de l'économie. Cela explique pourquoi le PNB par habitant a diminué de 12% dans les six plus grandes économies de la zone euro dans les dix années depuis le début de la crise.

Mais toutes les dettes publiques ne se valent pas, et partant, tous les bilans des banques chargées de dettes publiques ne se valent plus non plus. Le résultat est un spread de plus en plus notable au sein du système de paiement interbancaire Target 2.

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Le déséquilibre systémique du mécanisme interbancaire Target 2 (cliquez pour agrandir)

Si vous vous posez la question, comme d'habitude l'Allemagne est en haut et les PIGS en bas. Puisque les pays partagent la même monnaie, ils ne peuvent pas faire varier la valeur de celle-ci face à des difficultés économiques. Les banques centrales des pays concernés se retrouvent donc à imprimer davantage d'Euros. Cela ne devrait pas avoir d'importance, mais un article de la BNS explique le contraire. Si un pays devait quitter la zone Euro, alors il devrait rembourser les sommes manquantes à la BCE, ou la laisser face à une ardoise.

La BCE a décidé d'arrêter ses "achats d'actifs" fin décembre, alors que leur légalité est disputée. Les débuts d'année sont propices aux bonnes résolutions, nous verrons combien de temps elles tiennent face à la prochaine bourrasque...

Pendant ce temps, la BNS s'amuse

Parmi les petites nouvelles discrètes de ces derniers jours, nous apprenons que la BNS perd de l'argent. Une paille - à peine 15 milliards de francs en 2018. D'ailleurs, nous expliquent les journalistes dès la deuxième phrase de chaque article sur le sujet, comme celui de Bilan, il n'y a pas péril en la demeure, puisqu'elle avait remporté un bénéfice record de 57 milliards en 2017. Ce rappel est fait pour que le lecteur fasse dans sa tête 57 - 15 = 42 et se dise "tout va bien, à ce rythme la BNS peut encore s'amuser quelques années."

Ce sentiment est renforcé par un autre passage destiné à rassurer le quidam sur la "manne" que la BNS verse chaque année aux Cantons:

[La] Confédération et les cantons auront droit à un montant supplémentaire de 1 milliard de francs, étant donné que le solde de la réserve pour distributions futures excède 20 milliards, après affectation du bénéfice. Le montant à distribuer, soit 2 milliards de francs au total, revient pour un tiers à la Confédération et pour deux tiers aux cantons, rappelle la BNS. A l'issue de ces versements, le solde de la réserve pour distributions futures s'établira à 45 milliards.


Voilà, nous sommes rassurés, il reste plein d'argent à la BNS pour verser des prébendes aux élus pendant encore plusieurs années.

Mais tout de même, donner un ou deux petits milliards, lorsqu'on en a 45 dans le bas de laine, n'est-ce pas un peu radin? Et puis, comment la BNS a fait pour gagner autant d'argent en 2017, et en perdre autant en 2018? En 2017, la BNS a gagné 57 milliards, soit l'équivalent de trois quarts du budget annuel de la Confédération. Et en 2018, en perdant 15 milliards, la BNS a perdu l'équivalent de 20% du budget annuel de la Confédération.

Les variations en gains et en pertes de la BNS sont absolument monstrueuses vis-à-vis du budget de la Confédération. Et là, on commence à comprendre le véritable problème: la BNS est devenu un mastodonte gigantesque par rapport à la Suisse. La Suisse est une fourmi perchée entre les épaules d'un taureau furieux et qui prie pour que celui-ci aille dans la bonne direction.

La BNS est devenue énorme parce qu'elle imprime depuis 2008 une quantité inimaginable de Francs Suisses et s'en sert ensuite pour s'amuser comme elle l'entend, suivant l'objectif très flou de "maintenir la stabilité des prix". La BNS joue donc quelques dizaines de milliards sur le marché des changes, place d'autres dizaines de milliards sur les marchés financiers, et ainsi de suite, et sans même avoir le moindre objectif de rendement! C'est drôlement pratique.

En août 2017, le grand public apprenait que la BNS possédait 84 milliards de dollars d'actions américaines, dont 2,76 milliards uniquement en actions Apple. Les informations étaient fournies par la SEC, le gendarme des marchés boursiers américains, et surtout pas par la BNS, décidément très discrète vis-à-vis de ceux que cette information devrait concerner au premier chef, comme le peuple suisse.

Vous avez peut-être une définition si souple de la notion de "stabilité des prix" en Suisse qu'il est normal, à vos yeux, que la BNS possède sur la bourse américaine des actions pour une valeur plus élevée que le budget annuel de la Confédération. Tant mieux pour vous.

Les autres comprendront avec effarement que la BNS s'est impliquée irrémédiablement trop loin. Elle mise trop d'argent, prend trop de risques. Elle évoque un joueur invétéré qui a devant lui plus de jetons que la valeur de la maison et les joue avec un enthousiasme débridé, sans penser aux conséquences. Il peut perdre, il peut gagner, mais même quand il gagne il rejoue encore, car il est surtout incapable de quitter la table.

Bonne année 2019

Comme on peut le voir, plusieurs facteurs semblent entrer en conjonction en ce début d'année pour un premier trimestre très "rock'n roll". D'autres facteurs encore peuvent entrer en jeu, comme une petite crise périphérique, le Brexit, ou la faillite d'un modeste établissement comme la Deutsche Bank, mais ne boudons pas notre plaisir, avec ce qu'il y a déjà au menu il faut avoir la foi chevillée au corps pour se dire que tout va bien se passer.

Cependant, on ne peut pas non plus exclure une intervention de "Draghi ex Machina" pour trouver une nouvelle astuce et permettre à la BCE d'imprimer des euros n'importe comment en prétendant que tout est sous contrôle. "Reculer pour mieux sauter" est la devise des banques occidentales depuis dix ans et elles ont toujours entretenu une relation suffisamment proche avec les politiciens pour tenir un peu plus longtemps. Les plus optimistes ont le droit de penser que les autorités trouveront bien encore quelque chose et qu'on tiendra une année de plus. Mais après dix ans de crise, même l'imagination commence à faire défaut.

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"La seule différence entre ces deux billets est votre conviction que l'un a plus de valeur que l'autre."

21 décembre 2018

Trekking mortel au Maroc

Ce sont les plus récentes victimes notables du moment, et gageons que ce ne seront pas les dernières: deux touristes scandinaves, une Danoise et une Norvégienne, ont été agressées et tuées par des islamistes au Maroc. Leurs corps ont été découverts lundi sur un site isolé dans le Haut-Atlas. L'une d'elles a été décapitée, l'autre égorgée.

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Les deux victimes sont Louisa Vesterager Jespersen, 24 ans, du Danemark, et Maren Ueland, 28 ans, de Norvège.

"Le DFAE modifie ses recommandations aux voyageurs", rappelle, pince-sans-rire, l'encadré en fin d'un article sur l'enquête sur le site de la RTS. Le DFAE, très suisse, est toujours à l'heure lorsqu'il s'agit d'annoncer les dangers une fois qu'il est trop tard.

Deux vidéos circulent sur Internet ; l'une d'elle montre le meurtre d'une des deux touristes en direct, vraisemblablement filmée par un des agresseurs, l'autre montre les quatre suspects arrêtés depuis faisant allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, chef de l'État islamique. Un détail qui vient aussi rappeler que l'État islamique a cessé depuis longtemps d'être un ennemi qu'on combat avec des tanks en Syrie, à plus de 4'000 km de là.

Le Maroc est un paradis, selon le dogme même de l'islam: sa population est musulmane à 99%. Il est donc normal que des touristes viennent visiter le paradis, et parfois, qu'ils terminent leur séjour au paradis. Leurs agresseurs s'étant comportés en bons islamistes se voient quant à eux promettre le paradis. C'est paradis pour tout le monde.

On peut naturellement se demander ce qui a pu pousser les deux victimes à se promener dans un endroit aussi dangereux que l'arrière-pays marocain - et pas à cause des éboulements.

Il y a des gens qui ne se doutent de rien. En 2018, avec ce que nous voyons tous les jours sur la planète. Ne riez pas, ce genre d'individu existe, et dans des proportions remarquables. Leur niveau de conscience est maintenu en-dessous du seuil de réveil par des médias compétents et une dose quotidienne de padamalgam. Au vu du niveau d'endoctrinement qui a court dans les pays du nord de l'Europe, il n'est pas impossible que les victimes aient appartenu à cette catégorie. Les gens qui ne se doutent de rien apprennent vite, lorsqu'ils survivent.

Il y a des gens qui veulent faire un exemple. Oui, c'est vrai, vu de loin, deux jeunes femmes blondes de type nordique faisant du trekking dans une région sauvage d'un pays profondément musulman s'apparente à une forme de suicide... Ou pas. Après tout, y aller soi-même, quel meilleur moyen de démontrer que tous ces médisants se trompent? Prouver que la réalité n'est pas l'image déformée que renvoient ces sales sites d'extrême-droite (et la rubrique faits-divers de beaucoup de médias) et donner une belle leçon de vie à tous ces gens peureux, racistes, à la prudence malsaine!

Rappelons-nous de Pippa Bacca en 2008:

islam,terrorisme,marocElle avait 33 ans. Artiste conceptuelle milanaise, elle s’était embarquée dans un projet insensé [sic!] qui a tourné au drame : Giuseppina Pasqualino di Marineo a été retrouvée morte en Turquie, violée et assassinée. La police a arrêté celui qu’elle soupçonne d’être son meurtrier, un Turc qui l’avait prise en autostop dans la ville industrielle de Gebze, à une heure de route d’Istanbul.

La jeune femme, plus connue sous le nom de Pippa Bacca, était partie avec une amie, toutes deux vêtues d’une robe de mariée, pour traverser les zones de conflit des Balkans et du Proche-Orient, afin de démontrer les valeurs communes de la Méditerranée, et de donner un signe de « confiance entre êtres humains ». Elles devaient se rendre en autostop de Milan à Jérusalem, en passant par les pays de l’ex-Yougoslavie, la Turquie, le Liban, la Syrie, la Palestine et Israël.

Pour ce projet intitulé « Brides on Tour », elles devaient porter la même robe blanche du début à la fin, et celle-ci, avec toutes les tâches de ce long périple, devait figurer au cœur d’une exposition à leur retour en Italie, avec toute la documentation filmée et écrite de ce voyage symbolique. Pippa Bacca portait effectivement cette robe lorsque son corps a été retrouvé vendredi près de Gebze, étranglée.


Pippa Bacca était bien une artiste d'avant-garde, mais pas forcément de ce qu'elle aurait voulu.

Il y a des gens qui chantent des louanges de l'islam-religion-de-paix, et qui se garderaient bien de faire un tour dans un pays comme le Maroc. Une longue phrase pour illustrer le sens du mot "hypocrite".

Il y a des gens, enfin, qui ont un vague sens des réalités et qui choisissent mieux leurs destinations. Ce n'est peut-être pas très glorieux (ceux qui portent ce genre de jugement sont de type Pippa Bacca ou des hypocrites) mais ces gens finissent souvent vivants leurs vacances, ce qui est un gros plus.

Je ne dis pas que chaque touriste visant à passer une semaine au Maroc ou en Turquie doive réactualiser son testament. Mais il faut avoir voyagé, un peu, ou avoir au moins fait preuve de curiosité sur Internet pour comprendre que le monde est un endroit dangereux. Les populations locales sont souvent arriérées, parfois hostiles. Les raisons sont multiples, que ce soit par jalousie, idéologie, ou simplement ne pas avoir grand-chose à craindre en s'en prenant à des étrangers de passage.

Le monde est sillonné de chemins déserts où croiser un type à pied revient à se demander s'il a un couteau et s'il va s'en servir, et à espérer que non. Dans de nombreux pays, les touristes sont assimilés à du gibier - soit à plumer, soit à tuer, selon la culture des autochtones et le niveau de police local. Même dans les pays "touristiques", les touristes sont souvent parqués pour leur propre bien dans des zones précises. Ils ne se mêlent à la population locale qu'en groupe, avec des guides et une bonne escorte.

Les pays occidentaux sont des oasis de sécurité, de paix et de politesse. Ils le sont eux-mêmes de moins en moins, grâce à la convergence que permet l'immigration de masse en provenance du tiers-monde. La grande faiblesse de la population occidentale en général et des Suisses en particulier est de croire que parce qu'on est gentil et honnête, les autres le sont aussi. Les naïfs le sont toujours moins, mais restent très nombreux.

En vacances dans leur cursus universitaire d'éco-philosophie, Louisa Vesterager Jespersen et Maren Ueland ont sans doute été surprises de se faire attaquer. Avant d'être submergées par la peur, avant de réaliser que leur destin était scellé, avant d'être égorgées, au tout début de l'agression, pendant une seconde, elles ont peut-être froncé les sourcils en se disant que tout cela ne collait pas. C'était cliché. Elles assistaient de l'intérieur à une scène correspondant aux pires stéréotypes qu'elles avaient choisi de ne pas croire.

Cela ne les a pas sauvées.

"Être de gauche ne protège pas des islamistes", avais-je écrit à l'époque du massacre de Charlie Hebdo, avant de poursuivre: "Vous êtes encarté chez les socialistes ou les communistes? Vous êtes ami du "peuple palestinien"? Vous exécrez les juifs et souhaitez tout le mal du monde à un type comme Zemmour? Pas de problème. Vous aurez droit à la mort à votre tour, comme tous les autres chiens d'infidèles." On peut rajouter à la liste les randonneuses écervelées décidées à faire vivre le tourisme local.

Dans son article, se faisant l'écho des médias marocains, la RTS s'inquiète "des possibles répercussions du meurtre sur le tourisme, secteur clé de l'économie puisqu'il représente 10% de la richesse du pays et constitue le deuxième employeur après l'agriculture." On a évidemment bien de la sympathie pour les nombreux Marocains qui tentent de vivre honnêtement du tourisme. Dans cette perspective, l'islamisme est évidemment un problème. Mais c'est un problème marocain. C'est aux autorités politiques, religieuses et économiques du Maroc de trouver une réponse.

Les touristes n'ont pas vocation à risquer leur vie pour maintenir le PIB touristique d'un pays ou un autre - s'ils font face à un risque significatif de se faire décapiter en vacances, les moins lobotomisés d'entre eux iront simplement faire du trekking ailleurs. Les autres auront leur quart d'heure de gloire posthume dans les journaux, dans des articles dont les commentaires ont été étrangement désactivés.

07 novembre 2018

Les élections de mi-mandat, défaite pour Trump?

L'élection de Trump en 2016 était un accident. Les élections de mi-mandat du 6 novembre 2018 seraient la première échéance permettant au peuple américain (c'est-à-dire aux Américains de gauche) de corriger l'erreur et de revenir à la normalité.

Ces tournures de discours, ces éléments de langage sont ceux délivrés en boucle par tous les médias américains depuis deux ans. Ils sont donc naturellement repris à l'identique par leurs homologues européens.

Les élections de mi-mandat seraient donc l'occasion d'une "Vague Bleue", le bleu étant la couleur du Parti Démocrate. Tous les sondages donnaient une victoire écrasante aux Démocrates dans les deux chambres jusqu'à il y a quelques jours. S'il y avait de la méthode Coué dans le processus, l'idée n'était pas complètement absurde: les Démocrates avaient un fort désir de revanche contre Trump, et les élections de mi-mandat sont traditionnellement mauvaises pour le Président en exercice.

Cependant, le vent commença à tourner quelques heures avant l'élection, les médias souhaitant éviter de reproduire le désastre de la soirée électorale 2016 où ils se ridiculisèrent en s'évertuant à broder sur une victoire d'Hillary Clinton qui ne vint jamais. La Vague Bleue passa de certitude à "forte probabilité" ; puis on parla d'un éventuel "Mur Rouge" qui lui ferait face et lui résisterait, et enfin, après des mois à gloser sur l'évidente victoire démocrate du 6 novembre, on conclut qu'on ne pouvait rien conclure.

Aujourd'hui, les résultats sont enfin tombés. Trump fait mieux que résister ; la Vague Bleue n'a emporté que la Chambre des Représentants, tandis que les Républicains renforcent le contrôle du Sénat. Chaque camp a donc ses raisons de crier victoire. Qu'en est-il vraiment?

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D'abord, Trump fait mieux que tous les Présidents américains depuis Kennedy en renforçant son contrôle sur le Sénat. Le maintien d'une double majorité après des élections de mi-mandat ne s'est pas produit depuis 105 ans - c'eut été beaucoup demander, même pour Trump. Trump résiste beaucoup mieux en 2018 contre les Démocrates dans les élections de mi-mandat qu'Obama en 2010 dans les mêmes circonstances contre les Républicains, lui qui perdit alors les deux Chambres du Congrès.

usa,donald trump,élections,républicains,démocratesLa participation fut très élevée, 10% plus haute que les précédentes, mais encore en-deçà des élections présidentielles. Malgré son importance, le scrutin de mi-mandat ne présage de rien quant aux élections présidentielles qui suivront dans deux ans ; là encore, en prenant le précédent d'Obama (et d'autres encore) celui-ci fut réélu facilement après avoir perdu les midterms.

Les Démocrates emportent la Chambre des Représentants. Ils disposent désormais d'un pouvoir de blocage contre les réformes législatives de Trump, et pourront essayer de mener la vie dure aux proches de Trump (ministres et famille) en les convoquant pour des audiences agressives. En revanche, ils n'empêcheront pas Trump de gouverner, pas plus que les Républicains n'empêchèrent Obama de gouverner (par décrets notamment) pendant qu'il était en minorité sur le plan législatif.

usa,donald trump,élections,républicains,démocratesLes Républicains gardent le contrôle du Sénat, c'est-à-dire la nomination des juges, tous les juges, et celle des membres du cabinet de l'administration Trump. Celui-ci aura donc les coudées franches pour probablement se débarrasser de Jeff Sessions et Rod Rosenstein, des gens apathiques ou passés à l'ennemi lorsqu'il s'agit d'enquêter sur les affaires du Parti démocrate sous l'influence Clinton, ou les manipulations orchestrées par les propres services secrets de l'Oncle Sam. On peut donc espérer que l'immobilisme cesse de ce côté. Évidemment, la maîtrise du Sénat voue à l'échec toute tentative d'impeachment lancée par des Démocrates vindicatifs sur la base de faux dossiers montés par des barbouzes du FBI et de la CIA maqués avec la gauche américaine.

En réalité, Trump vient de remporter de beaux succès.

Le premier d'entre eux, c'est d'avoir repris le contrôle du Parti républicain. Les "Never Trumpers" sont éliminés ou réduits à leur plus simple expression (Mitt Romney étant le dernier de ces dinosaures). Les nouveaux élus républicains sont tous des gens qui ont publiquement soutenu Trump et sa politique et veulent l'aider à réussir, et non saboter le reste de son mandat.

Le détail est d'importance, parce que, outre leur majorité au Sénat, les Républicains disposaient de 238 sièges dans la Chambre des Représentants sortante - une majorité confortable, qui ne permit pourtant à Trump de remporter que peu de batailles législatives. Il réussit à passer sa baisse d'impôts mais échoua par exemple à mettre un terme à l'Obamacare - nombre de Républicains de l'une ou l'autre assemblée, dont l'inénarrable John McCain, choisissant de faire échouer leur camp.

Quel est l'intérêt d'avoir une majorité républicaine au Congrès si celui-ci refuse de soutenir les réformes voulues par le Président républicain en exercice? Avec des alliés pareils, pas besoin d'ennemis!

Les Démocrates, eux, font face à d'autres problèmes - notamment un manque de crédibilité sur le plan national. Leurs leaders sont ridiculisés et détestés, principalement depuis leur cirque autour de la nomination du Juge Kavanaugh à la Cour Suprême. Les quatre candidats au Sénat personnellement soutenus par Obama furent tous éliminés. Localement, de nombreux candidats démocrates firent campagne en mettant en avant leur "indépendance d'esprit", leur "insoumission" et leur "liberté de ton" face à l'appareil du Parti Démocrate. Ce sentiment était présent dès les primaires du parti où de nombreux politiciens expérimentés furent gentiment mais fermement mis à la retraite par une jeune garde souvent radicale certes, mais hors des cercles d'influence traditionnels de l'establishment.

Cela pose un vrai problème pour faire émerger un challenger décent dans le but de présenter une alternative à Trump pour les prochaines élections présidentielles, dans seulement deux ans.

De plus, les Démocrates ont clairement affiché et lutté sur des valeurs anti-occidentales et anti-blanches. L'élection de musulmanes dont une voilée (les nouvelles "stars" des médias), les discours de haine contre Trump et les Républicains et la part faite aux minorités revendicatives montrent que le Parti Démocrate de 2018 est celui du socialisme, de la fiscalité, de la division et du racisme. Les discours et les positions extrémistes des nouveaux élus laisseront certainement des traces - jusqu'à l'intérieur du parti, qui devra paradoxalement mettre de l'eau dans son vin puisqu'il détient désormais la majorité à la Chambre des Représentants.

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Les nouvelles gloires de la gauche: Rashida Tlaib, Jared Polis et Ilhan Omar - deux élues musulmanes et un gay.

Les Démocrates sont donc face à l'insoluble défi de devoir composer avec de nouveaux élus indisciplinés et radicaux, tout en faisant des propositions qui devront être acceptées au-delà des frontières partisanes par leurs adversaires républicains.

Ni la propagande des médias ni les prétextes des caciques de gauche ne sauraient faire illusion, et comptons que Trump ne laissera aucun doute là-dessus: les futures obstructions à la bonne marche de l'État fédéral, par exemple sur le budget, seront portées au compte des Démocrates.

La Vague Bleue s'est transformée en vaguelette et elle risque de faire plus de dégâts à gauche qu'à droite. Trump ne s'en sort pas si mal.

20 octobre 2018

Elizabeth Warren et l'ADN de la bêtise

Des États-Unis nous viennent une des plus hilarantes mésaventure politique de ces dernières années, je veux parler des "racines amérindiennes" d'Elizabeth Warren.

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Elizabeth Warren, Sénatrice du Massachusetts (vue d'artiste)

Le pari génétique

Pour être désinformé, il suffit de lire la presse francophone, comme Le Figaro par exemple. Prenons un article emblématique sur le sujet. On y lit dans l'en-tête:

Elizabeth Warren, sénatrice démocrate du Massachusetts, réclame le million de dollars que Donald Trump lui avait promis si elle se soumettait à ce test [pour prouver qu'elle est amérindienne]. La démarche s'est pourtant retournée contre la sénatrice qui est désormais accusée d'instrumentaliser ses origines.


Notez la mise en place du décor: le vilain Trump refuse d'honorer une prétendue promesse de don d'un million de dollars alors que la Sénatrice s'est soumise à un test prouvant qu'elle est amérindienne, et subit en outre la vindicte des méchants qui l'accusent d'instrumentaliser "ses origines". La pauvresse subirait une double peine, c'est vraiment trop injuste.

La réalité est subtilement différente.

Mme Warren, proclamant depuis l'université qu'elle est d'origine cherokee, suscita l'ironie de nombreuses personnes (dont, récemment, le Président américain Donald Trump). S'en prenant verbalement à elle en juillet lors d'un rallye dans le Montana, il expliqua que s'il lui faisait face dans un débat pour la présidentielle de 2020 il lui ferait faire un test génétique pour prouver qu'elle est amérindienne, auquel cas il offrirait un million de dollars à une association caritative choisie par la politicienne...

Décidée à le prendre au mot, la Sénatrice se livra donc à un test ADN en bonne et due forme par le professeur Carlos Bustamente, professeur d'université à Stanford et expert en ADN. Elle publia les résultats prouvant selon elle son ascendance amérindienne sur le Boston Globe et sur son compte Twitter. Elle conclut en réclamant le million de dollar pour une association de femmes amérindiennes.

Warren trébuche sur le sentier de la guerre...

L'opération de comm' aurait pu marcher comme sur des roulettes, à un petit détail près: Elizabeth Warren (et le journaliste du Boston Globe) allèrent trop vite en besogne et se méprirent sur les résultats du test. À leur décharge il est vrai, celui-ci était relativement compliqué avec des résultats s'étalant sur six pages. On aurait toutefois été en mesure d'en attendre davantage d'un journaliste professionnel et d'une Sénatrice jonglant avec des textes de loi de milliers de pages et briguant peut-être l'investiture présidentielle démocrate en 2020.

Toujours est-il que les "racines amérindiennes" d'Elizabeth Warren remonteraient en fait à la dixième génération ou au-delà, soit 1/1024e de son ascendance génétique. Quelques heures après sa première publication, le Boston Globe fut contraint de publier un correctif à son article.

Est-elle encore génétiquement amérindienne, pour le coup? On peut bien sûr le plaider. Peut-être qu'un ancêtre de dixième génération suffit à faire de quelqu'un un "amérindien" sur le plan génétique. Mais alors, quelle est la limite inférieure? Car en prenant pour seuil la proportion de gènes de la Sénatrice, alors toute la population américaine l'est, car le taux de gènes amérindiens de la population blanche américaine, à 0.98%, est deux fois plus élevé que celui de la Sénatrice Warren. Autrement dit, elle est encore moins amérindienne que le blanc américain lambda!

Mieux encore, l'examen détaillé de la méthodologie du professeur Bustamente montra que celui-ci utilisa en réalité des échantillons du Mexique, du Pérou et de la Colombie pour définir le critère "amérindien"... Le test ADN entier flirte avec la fraude.

Devant l'hilarité générale, le Sénateur républicain Lindsay Graham, révélé lors des auditions de Brett Kavanaugh à la Cour Suprême, releva le gant en expliquant qu'il allait faire le même test et qu'il pensait qu'il serait probablement plus amérindien que Warren.

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Lindsay Graham dans une journée comme les autres...

Le coup de grâce fut sans doute délivré par les Amérindiens eux-mêmes. Dans un communiqué de presse, la Nation Cherokee mit les points sur les "i" avec la posture de la Sénatrice:

"[L'annonce d'Elizabeth Warren quant à son héritage génétique amérindien] tourne en plaisanterie les tests ADN et leur usage légitime, tout en déshonorant les gouvernements tribaux et leurs concitoyens, dont l'ascendance est correctement documentée et l'héritage prouvé. Le Sénateur Warren sape les intérêts tribaux avec ses prétentions continuelles d'un héritage tribal."

De Pocahontas à Fauxcahontas

Ne comptez pas sur les médias européens pour rapporter les petits développements de ce qui est devenu "l'affaire Warren". En attendant aux États-Unis, le hashtag #Fauxcahontas prit son envol, de nombreux Internautes s'esclaffant de la mésaventure de la Sénatrice:

"Elizabeth Warren doit remonter sur 10 générations pour trouver une personne non-blanche dans son héritage familial. Warren est extrêmement, extraordinairement, presque entièrement blanche. Beaucoup plus blanche que le blanc moyen. Voilà la vraie nouvelle là-dedans."

"Le truc drôle c'est que Warren pensait que la partie serait facile à gagner. Les blancs peuvent être tellement déconnectés de la réalité..."

"1/1024e, le pourcentage d'héritage génétique amérindien de Warren, est à peu près le même que ses chances d'être un jour élue Présidente des États-Unis."

"Hilarant: le seul ancêtre amérindien de Warren a probablement vécu à l'époque de Pocahontas."


Cependant, "l'obsession cherokee" d'Elizabeth Warren va plus loin que de tourner en ridicule un héritage fantaisiste - c'est aussi l'occasion de démonter une fraude, Mme Warren ayant joué la carte raciale tout au long de son existence pour en tirer des avantages. Benny Johnson se donna la peine de rassembler les faits dans cette affaire:

Elizabeth Warren se présenta comme une Native American (Indienne d'Amérique) dans l'annuaire des Professeurs de Droit de l'Association des Écoles Américaines de Droit, publié entre 1986 et 1995. Après être devenue professeur à l'Université de Pennsylvanie, elle demanda à l'Université de changer son ethnicité enregistrée dans la faculté de "blanche" à "amérindienne". Warren fut reconnue par la faculté de droit de Harvard comme une "femme de couleur". Harvard encouragea l'embauche de Warren comme un moyen de promouvoir la diversité en rajoutant à la faculté une femme avec une expérience de vie "issue des minorités". (...)

Warren soumis de nombreuses recettes dans un livre de cuisine indienne d'Amérique en signant "Elizabeth Warren - Cherokee". Elle n'hésita pas à utiliser un langage offensant et racialement connoté pour défendre son prétendu héritage amérindien, déclarant que sa famille avait "de hautes pommettes" comme "tous les Indiens en ont" (...)

Il est très difficile de plaider que Warren n'a pas commis une escroquerie raciale. Elle a utilisé les avantages prévus dans le système pour promouvoir sa carrière sans la moindre preuve (à ce jour) de son héritage. Les Démocrates qui défendent son comportement sont pour le moins douteux, pour ne pas dire plus.

L'obsession raciale de la Gauche

Pourquoi un test génétique devrait-il déterminer la culture d'une personne? Pourquoi les "minorités" devraient-elles être favorisées et échapper à la promotion au mérite qui a normalement cours dans une société saine? Et si celle-ci ne l'est plus, introduire des quotas raciaux est-elle la meilleure solution?

L'épopée frauduleuse d'Elizabeth Warren et de sa mère amérindienne et sa conclusion ridicule ne sont que la partie émergée d'un iceberg de racisme et de corruption qui imprègne toute l'idéologie démocrate aux États-Unis. Un ancien démocrate sorti de la mainmise du Parti explique ce qu'il en est dans un contexte plus large:

"Franchement la dissonance cognitive de la gauche est terriblement éprouvante pour le psychisme.

Un jour, alors que je me considérais encore comme un liberal, j'ai avalé ma pilule rouge lorsque j'ai réalisé qu'être de gauche revenait à se convaincre continuellement de l'opposé de la vérité sur tous les sujets. Cela inflige de réelles blessures à l'esprit et la culpabilité et la honte associées sont débilitantes.

Les Hommes et les Femmes sont différents, c'est scientifiquement prouvé, mais les gauchistes disent que c'est le contraire qui est vrai.

Des gens avec 1/1024e de sang indien d'Amérique ne sont pas des Amérindiens légitimes, mais selon les Démocrates, ils le sont.

Tuer des enfants à naître est clairement malfaisant, mais à gauche c'est un "droit de la femme".

Il est évident que les hommes et les femmes jouent des rôles importants et différents dans la naissance et l'éducation des enfants, mais les gauchistes nous disent que les familles monoparentales et que l'adoption homosexuelle sont OK, et que les hommes sont des ordures débordantes de "masculinité toxique" (mais rappelez-vous que le genre est une construction sociale).

Il est évident que tous les gens devraient être traités sur un pied d'égalité, mais les gauchistes insistent en disant que la véritable égalité n'est atteignable qu'en scrutant la couleur de peau et le sexe de chacun (bien que le sexe soit toujours une simple opinion) et l'orientation sexuelle et tout le reste et en faisant des quotas de tout ce magma.

Cette foutue liste continue encore et encore. C'est assez pour vous rendre dingue, et c'est ce qui se produit."


En attendant, on souhaite bien du plaisir à Elizabeth Warren pour parvenir à restaurer un minimum de crédibilité. Selon les dernières intentions de vote au sein du parti démocrate, elle se situe à 8% des suffrages pour décrocher l'investiture pour l'élection présidentielle. C'est dommage car un face-à-face avec Donald Trump aurait probablement permis d'aborder le sujet à une heure de grande écoute.

17 octobre 2018

Personnages Non Joueurs

C'est un nouveau buzz et il fait fureur outre-Atlantique: les gauchistes seraient des imbéciles sans monologue intérieur et incapables de penser par eux-mêmes.

Wojak le Personnage Non-Joueur

Le concept les compare à des PNJ ou Personnages Non-Joueurs (en anglais NPC pour Non-Player Characters) - ces innombrables personnages en second plan dans les jeux vidéos, juste là pour débiter toujours les mêmes phrases préprogrammées lorsque quelqu'un interagit avec eux.

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Ce mème américain vise à ridiculiser la posture d'outrage perpétuel dans laquelle se complaisent les liberals, qui se contentent de répéter comme des perroquets les derniers éléments de langage débités par le chroniqueur favori qui se charge de penser à leur place. En gros, les adversaires des liberals les assimilent à des zombies philosophiques.

La mode virale repose sur une image créée au cours d'une discussion sur le célèbre canal 4chan, où un utilisateur créa un visage simpliste et sans expression, désormais connu sous le nom de "NPC Wojak".

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Wojak le PNJ, entouré d'autres PNJ.

L'image fut ensuite utilisée pour tourner en dérision les... lacunes argumentaires, dirons-nous, de certains interlocuteurs dans une conversation politique de base:

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Face à l'utilisation de ce dessin la réaction ne se fit pas attendre et des utilisateurs gauchistes de Twitter furent prompt à dénoncer le mème, parlant d'une "déshumanisation" et accusant ceux qui l'emploient d'être "fascistes" - étant entendu que les gauchistes n'insultent jamais leurs adversaires, ni ne les déshumanisent jamais en les traitant d'Hitler, de fascistes, de nazi ou autre "déplorables"...

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Argumentaire-type: un militant dénonce la "déshumanisation" infligée à son camp idéologique tout en ne se gênant pas pour mettre lui-même tous ses adversaires politiques dans un même panier (en les insultant copieusement au passage).

L'ampleur de l'irritabilité suscitée montra que le thème faisait mouche. Le buzz était lancé.

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La déshumanisation c'est toujours pour les autres...

Les PNJ envahissent Twitter

Il ne fallut pas longtemps pour que des plaisantins n'envahissent Twitter en créant autant de comptes parodiques des absurdités débitées en continu par les activistes de gauche, les prenant à leur propre jeu.

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(cliquez ici pour l'image complète)

Quant au contenu, il fut assez facile à créer, la réalité dépassant souvent la parodie (l'image ci-dessus donne de bons exemples dans la description de chaque profil).

Twitter réagit en bannissant des milliers de comptes, et d'une façon riche en enseignements. La firme fut incapable de donner une raison valable pour la fermeture des comptes et ne se donna même pas la peine d'en inventer une. Les utilisateurs reçurent donc ce message:

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Violation des conditions d'utilisation de Twitter, spécifiquement: "".

Encore une fois la réalité dépasse la fiction! Pourtant, la parodie et les comptes humoristiques sont des formes acceptées d'utilisation de Twitter - mais visiblement pas quand on se moque de la gauche.

Conclusion

Commençons par une remarque liminaire à destination des imbéciles égarés sur ce texte: non, les gens de gauche ne sont pas des PNJ, il ne s'agit que d'humour (caustique certes), ils sont 100% humains, ont une âme et sont capables de réflexion, et la meilleure preuve que nous en ayons aux États-Unis est le nombre d'entre eux qui quittent le parti démocrate.

Après une première vague de bannissements abusifs (Twitter bloqua simplement tous les comptes comportant "NPC" dans leur nom) les joyeux drilles de la mode du PNJ se montrèrent plus habiles et créèrent des comptes moins facile à identifier, tout en continuant à poster des absurdités caricaturales - l'objectif étant de se faire liker par les plus gros poissons de la politique et de ramener une photo de la prise.

On pourrait penser qu'il ne s'agirait que d'une tempête dans un coin d'Internet mais elle prit des proportions suffisantes pour que même le New York Times en parle.

Le mème du PNJ est remarquable parce qu'il repose sur les capacités d'indignation apparemment infinies de la gauche et en détourne les codes, en plus de démontrer le manque d'humour et d'autodérision de ses partisans. La meilleure chose à faire pour ceux que cela dérange serait sans doute d'ignorer tout cela, mais comment un gauchiste classique peut-il fermer les yeux sur une injustice, en particulier s'il s'en estime victime?

L'image du PNJ est drôle, efficace, et contient un indéniable soupçon de vérité car la gauche souffre de son conformisme. Voilà ce qui rend beaucoup de gens très agressifs. En outre, les réactions anti-PNJ alimentent et entretiennent le buzz autour de ce thème, si bien que cette mode n'est peut-être pas près de disparaître.

06 octobre 2018

La Cour Suprême américaine à nouveau au complet

Après les mois d'un processus de confirmation dérapant de la plus odieuse manière dans sa dernière ligne droite, aujourd'hui le Sénat américain vient finalement de nommer Brett Kavanaugh à la Cour Suprême, en remplacement du juge Anthony Kennedy qui a pris sa retraite au 31 juillet.

"Comme si des millions de voix [de gauchistes] avaient soudainement hurlé de terreur et puis s'étaient éteintes aussitôt...comme si un drame terrible s'était produit." ― citation apocryphe d'Obi-Wan Kenobi, Star Wars, "Un Nouvel Espoir"


L'opposition au candidat choisi par Donald Trump alla jusqu'à perturber la tenue du vote en protestant depuis les gradins du Sénat, avant d'être évacuée par la police. La confirmation eut lieu avec un vote de 50 contre 48, soit la plus petite marge d'élection pour un magistrat à la Cour Suprême depuis le XIXe siècle.

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Brett Kavanaugh et sa famille, lors de la nomination du candidat par le Président Trump

Sur le papier les Républicains disposaient d'une majorité de 51 sièges contre 49, mais trois Sénateurs républicains hésitèrent à faire défection jusqu'au dernier moment. La Sénatrice de l'Alaska Lisa Murkowski fut finalement la seule élue républicaine à s'opposer à la nomination du juge, mais choisit de s'abstenir pour compenser l'absence du Sénateur du Montana Steve Daines qui soutenait Kavanaugh et ne put prendre part au vote, ayant quitté la capitale de Washington le vendredi pour retourner dans son État et assister au mariage de sa fille.

Brett Kavanaugh obtint même une voix démocrate, celle du Sénateur Joe Manchin de Virginie Occidentale.

Les médias se lamentent bien entendu sur l'élection du juge, mais il s'agit d'une victoire majeure pour Donald Trump et surtout pour le Constitutionnalisme aux États-Unis. La majorité à la Cour Suprême est désormais portée par cinq juges qui souhaitent appliquer la Constitution des États-Unis, contre quatre juges "progressistes", dont deux nommés par Obama, pour lesquels la Constitution américaine n'est qu'un vieux texte de loi qui ne doit surtout pas entraver l'action du gouvernement, spécialement s'il est de gauche.

Depuis des années, la Cour Suprême oscillait entre l'application et la non-application de la Constitution, en particulier à cause du juge Kennedy (que Kavanaugh remplace) et dont l'opinion variait selon les sujets. Selon de nombreux observateurs médiatiques, la plupart consternés évidemment, l'élection de Kavanaugh ancre l'institution dans son rôle traditionnel pour au moins dix ans.

L'élection du juge a bien sûr d'autres conséquences. Elle montre que les Républicains ont osé résister au terrorisme idéologique lancé par la gauche américaine pour détruire la réputation et la vie d'un homme qui a juste eu le malheur d'accepter de vouloir servir son pays.

Dans les dernières heures avant le scrutin, un avocat de gauche américain, Michael Avenatti, alla jusqu'à accuser Kavanaugh d'avoir organisé un réseau de viols collectifs alors qu'il était au lycée. Alors que les accusations proférées par Christine Blasey Ford - toujours pas corroborées à ce jour - pouvaient sembler crédibles et susciter un certain doute au sein de l'opinion publique, le camp démocrate martela de nouvelles accusations de plus en plus hystériques dans l'espoir que le cumul de diffamation permettrait de faire échouer sa nomination.

Rappelons une fois encore que Brett Kavanaugh fut mis sous enquête six fois lorsqu'il accéda à ses différents postes de juge, et encore une septième fois cette semaine lorsque les Démocrates réussirent à arracher cette demande à la Commission du Sénat charger d'examiner sa candidature. Trump ironisa en disant que toutes les enquêtes du monde ne pourront suffire aux Démocrates tant qu'aucune ne prouvera ce qu'ils veulent, et il est difficile de lui donner tort.

Aujourd'hui, la défaite des Démocrates est totale et face à leur échec ils commencent à s'accuser entre eux. Si la justice américaine fait son travail, il se pourrait que certaines personnes soient poursuivies pour parjure et fausses déclarations. Si la parole des femmes agressées sexuellement s'est libérée depuis la vague #MeToo, et c'est fort heureux, il faudrait être de la dernière naïveté pour croire qu'aucune d'elle n'oserait jamais mentir à ce sujet - "la fin justifie les moyens" étant inscrit dans l'ADN de la gauche.

Loin des sentencieuses analyses des présentateurs télévisés, le grand public américain est très fâché de ce qui vient de se passer. Les accusations continuelles des Démocrates américains tombent à plat, étant donné qu'il est difficile de prétendre qu'un vote démocratique du Sénat est "fasciste" lorsque donner crédit à des accusations sans preuve et sans procès ne le serait pas.

La présomption d'innocence est importante aux États-Unis et le respect de la Constitution encore vivace. L'échec des Démocrates à un mois des élections de mi-mandat présage le pire pour leur camp lors du vote qui se profile en novembre. Mais le plus amusant sera de lire ces prochains jours nos journalistes et éditorialistes s'étrangler pour admettre que Trump vient de gagner une bataille de plus.