12 juillet 2016

Retraites: vous n'aurez rien!

Les Suisses voteront le 25 septembre sur l'initiative "AVS Plus" visant à augmenter de 10% les rentes AVS en contrepartie de nouvelles taxes.

Les partisans du texte invoquent un rééquilibrage des rentes à leurs yeux nécessaire, les adversaires une initiative mal conçue qui ne profitera absolument pas aux rentiers modestes. Dans ce combat politique classique, la gauche fidèle à son marxisme culturel vise avant tout une augmentation des transferts entre classes sociales désignées comme antagonistes (ici les retraités aux dépens des travailleurs) face à droite dénuée d'imagination et qui ne vise rien d'autre que d'essayer, mollement, de préserver un système à l'agonie.

Car une chose est sûre, le système de retraite helvétique est promis à l'effondrement dans les dix à vingt prochaines années, et peut-être avant. Cet effondrement est d'autant plus probable que le bon peuple est endormi, les politiciens lâches, et l'échéance encore assez lointaine. Nous nous dirigeons donc comme d'habitude vers une procrastination fatale. Dans ce contexte, le résultat de l'initiative AVS Plus a autant d'importance qu'une argutie sur le style de broderie des rideaux du Titanic.

Le mythe de la retraite heureuse

Assis sur trois piliers, solide comme un roc, le système de retraite helvétique est en théorie un modèle du genre - fiable, solide, rémunérateur et intelligemment conçu.

Le premier pilier, assuré par L’État, garantit à chacun un minimum vital, au besoin à l'aide de prestations complémentaires. Le deuxième pilier, assuré par le milieu professionnel, est une cotisation conjointe des salariés et des entreprises dans des fonds visant à assurer le maintien d'un certain niveau de vie une fois arrivé à l'âge de la retraite. Le troisième pilier, enfin, est un choix d'épargne individuel, qui se traduit en pratique par un crédit d'impôt.

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Stable, fiable, réparti, et parfaitement obsolète.

Associés, les trois piliers doivent permettre aux retraités présents et futurs de vivre dignement, assurant leur niveau de vie tout en préservant même éventuellement un capital à transmettre à leurs descendants.

Reconnaissons-le, le système a tenu pendant plusieurs décennies où un mélange de croissance économique, de démographie et de force du franc assurait la pérennité du pouvoir d'achat des rentiers. Il a même permis aux banques suisses de disposer d'immenses avoirs sous gestion, contribuant à la puissance économique du pays.

L'avenir est malheureusement un peu moins rose.

Le premier pilier, érodé par la démographie

Les trois piliers sont attaqués de diverse manière, mais aucun ne sort indemne de l'évolution du monde - en grande partie, d'ailleurs, à cause d'une classe politique jurant pourtant ses grands dieux qu'elle cherche à les préserver. Nous aurons l'occasion d'y revenir.

Le premier pilier est une retraite par répartition. Un jeu de l'avion où les assujettis actuels (les travailleurs) payent leur retraite aux rentiers actuels (les retraités). Le système suisse est un peu mieux conçu que son équivalent français dans la mesure où les retraites passent par un fonds richement doté, le fameux fonds AVS, qui a accumulé des réserves pendant les trente glorieuses ; de plus, le niveau des rentes est faible et plafonné. Ces deux facteurs rendent le système plus résilient. Malgré tout, le système prend l'eau depuis quelques temps:

Les dépenses ont excédé les recettes de 579 millions de francs, annonce mardi [29 mars 2016] l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS). C'est une nette baisse par rapport au résultat de 2014, où les dépenses dépassaient déjà les recettes, à hauteur de 320 millions de francs.(...)

De plus, contrairement à 2014, les placements du Fonds de compensation ne sont pas venus à la rescousse des comptes de l'AVS l'an dernier. Leur rendement a été négatif à -0,97%, soit une perte de 237 millions de francs.


En Suisse comme ailleurs, la retraite par répartition est liée aux aléas économiques ; que la conjoncture se ralentisse et les cotisants deviennent moins nombreux, alors que le nombre de rentiers ne cesse d'augmenter. La mauvaise performance des placements du fonds AVS est un autre facteur. En 2015, il enregistra une perte de 31 millions de francs.

Le deuxième pilier, fracturé par les crises financières

Les mauvaises performances des placements menacent tout autant le deuxième pilier, la prévoyance professionnelle. Celle-ci se constitue sur la base d'un apport mixte employé-employeur dans un fonds propre à chaque entreprise, géré par des professionnels. Le deuxième pilier incarne à merveille le paternalisme qui imprègne les mécanismes sociaux du pays.

Les employés sont obligés de cotiser dans ces fonds - dans quelles frivolités dépenseraient-ils leur argent sinon! - et les employeurs doublent la mise, selon l'illusion bien connue des prétendues "charges patronales". Les sommes à verser augmentant avec l'âge, elles garantissent à de nombreux salariés helvètes cinquantenaires un passage au chômage, car ils coûtent désormais trop cher à des employeurs qui ne sont pas dupes. Évidemment, ces fins de carrière peu glorieuses n'aident guère les ex-salariés à tenir leurs objectifs d'une retraite optimale.

Le mécanisme du deuxième pilier est donc une puissante machine à faire perdre leur emploi aux salariés les plus vulnérables.

Outre qu'il corresponde à une conception surannée de la vie professionnelle - quasiment plus personne ne fait carrière au sein d'une seule entreprise aujourd'hui, d'où des oublis - le vrai problème du deuxième pilier tient à sa nature: les caisses de pension sont censées fructifier les avoirs des salariés pour payer les rentes des retraités et préparer l'avenir des cotisants. Et comment obtenir des rendements si ce n'est en prenant des risques en bourse?

Depuis 2008, les crises financières se succèdent et nul n'en voit la fin. Contre vents et marées, certains gestionnaires de deuxième pilier arrivent parfois à s'en sortir, mais il ne faut pas être devin pour comprendre qu'à chaque crash boursier de nombreuses caisses de pension risquent de se retrouver à terre, et avec elles les avoirs de retraite de leurs salariés.

Et parce que le sujet mériterait un livre entier, je n'aborderai pas le thème des caisses de pension publiques et de leur situation catastrophique, une autre bombe qui ne demande qu'à exploser...

Le troisième pilier, laminé par l'inflation

Avec les deux premiers piliers, les salariés n'ont quasiment aucun contrôle sur l'argent de leur propre retraite, une situation proprement hallucinante. Mais même pour le troisième pilier, la prévoyance individuelle, la situation n'est guère meilleure.

Le troisième pilier est une épargne assortie d'un crédit d'impôt. L'individu choisit de souscrire à une forme ou une autre de troisième pilier ("assurance-vie" ou "compte bancaire") et place de l'argent chaque année. Les Suisses qui peuvent se le permettre connaissent bien ce type d'épargne et se renseignent chaque année pour savoir quel est le montant maximal possible de placer de cette façon.

Toutefois, l'argent placé ainsi rentre dans un système sur lequel l'épargnant a bien peu de contrôle. Pas question de convertir ces montants en métal précieux, par exemple. Bien trop risqué! Il s'agit de votre retraite tout de même! A la place, parmi les choix raisonnables qui restent au propriétaire théorique de la somme, on peut acheter de la dette publique de divers pays d'Europe, un choix extrêmement peu risqué comme chacun sait...

Le plafond d'épargne change chaque année à cause de l'inflation. Chaque Suisse voit donc régulièrement devant lui les raisons pour lesquelles il ne peut pas gagner la course: il faudrait que son avoir progresse davantage que l'inflation, ce qui n'arrive quasiment jamais. Les Suisses mettent donc de côté un tas d'argent qui se dégonfle - non en termes numériques, mais en pouvoir d'achat. Cela vaut-il l'économie d'impôt? A chacun de voir!

Des boules dans un jeu de quille

Les trois piliers sont donc mis en péril par l'inflation, les crises économiques et la démographie. Mais à côté de ces menaces "intrinsèques" liées à un système dépassé et peu flexible s'ajoutent récemment des facteurs "conjoncturels" autrement plus puissants, et qui pourraient changer la donne aussi radicalement qu'une simple érosion par le vent s'efface devant un tremblement de terre.

Quelles boules menacent de déferler sur le jeu de quille des trois piliers?

  • La crise de l'immigration. Quoi qu'on pense des migrants, leur nombre met déjà au défi les systèmes de solidarités actuels, d'autant plus qu'ils ne repartiront sans doute jamais, ne travaillent quasiment pas et vivent à la charge de la collectivité. Or, en Suisse, les différents mécanismes sociaux reposent sur un équilibre fragile lié à un modèle de société où chacun contribue au pot commun. Que la proportion de population productive se dégrade par un afflux de migrants et tout s'effondrera.
  • L'affaiblissement du Franc suisse. Les apprentis-sorciers de la BNS jouent à affaiblir le franc par tous les moyens possibles ; ce faisant, s'ils réussissent, ils auront contribué à détruire le pouvoir d'achat des rentes. L'initiative AVS Plus s'inscrit particulièrement dans ce contexte: les rentes AVS sont sans doute insuffisantes aujourd'hui mais c'est à cause de l'augmentation générale du coût de la vie en Suisse, celui-ci passant par les assurances-maladie, la TVA, le coût des loyers, de la main-d’œuvre dans les EMS, etc.
  • Les taux négatifs. Les taux négatifs rendent caduque toute forme d'épargne - ni les emprunts d’État, ni les prêts ne sont plus rentables, malgré les risques qu'ils continuent à impliquer. Or, les trois piliers reposent sur des taux d'intérêts sains, c'est-à-dire positifs. Les taux négatifs helvétiques (ainsi que ceux de plusieurs pays de la zone euro) mettent à mal tout le système et enjoignent les caisses de pension à chercher des placements toujours plus dangereux. Même si la chance peut être au rendez-vous, ce n'est évidemment pas une solution viable à long terme.

Nul ne sait quand un de ces facteurs fera tomber un des piliers - ou davantage - du système de retraite, mais les conséquences semblent dramatiques et la probabilité d'un "incident" inéluctable sur les dix, vingt, trente prochaines années, et probablement bien plus tôt.

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Les piliers helvétiques risquent de ne pas tenir aussi longtemps.
(Temple de Hera, Grèce)

Comment sauver sa retraite?

En premier lieu, en refusant absolument de la laisser entre les mains des hommes politiques et de leurs sbires. Incapables de penser hors cadre, ils n'envisagent que des corrections à la marge du système, repoussant l'âge de la retraite ou diminuant le taux de conversion. Mais à leur décharge, il est probable que les Suisses eux-mêmes ne comprennent le besoin de faire autrement qu'une fois que les trois piliers se seront écroulés. Nous passerons par des temps difficiles... Les plus mal lotis seront bien sûr les retraités du moment, qui découvriront alors avec horreur à quel point ils sont à la merci du système.

Sur le plan individuel, la solution est simple: essayer de sortir des trois piliers par tous les moyens. Les étrangers sont comme d'habitude mieux lotis et peuvent retirer leur 2e pilier en une fois sous forme de capital bien plus facilement que les Suisses, mais même pour ces derniers ce n'est pas totalement impossible. En jouant sur le remboursement d'hypothèque, il est possible de sortir de l'argent du système de retraite. Ou carrément de quitter le pays - et si l'hypothèse vous fait sourire aujourd'hui, elle se concrétisera avec une rapidité déconcertante alors que le système approche de l'effondrement.

Évitez absolument les contributions volontaires au système, comme par exemple des versements accrus à votre prévoyance professionnelle ; l'inflation et une ou deux crises boursières vous garantissent que vous en sortirez perdants à l'heure de la retraire. Misez sur l'or, ou sur n'importe quel placement que vous déciderez, tant que vous le choisissez vous-même ; en temps de crise, ne laissez surtout pas vos avoirs entre les mains de professionnels. Ils n'ont pas les mêmes intérêts que vous et ne jouent pas sur la même durée.

En fin de compte, essayez de reposer sur vos propres décisions plutôt que sur un système dirigiste instauré par des gens qui vivaient dans un monde différent et qui sont pour beaucoup morts de vieillesse depuis longtemps. Le meilleur système de retraite est encore celui que vous choisissez vous-même.

03 juin 2016

De l'islamisation de la Suède

La Suède et la Suisse sont deux pays différents mais guère éloignés. Qu'il s'agisse de la taille de leur population ou de l'attitude de leurs autorités envers les migrants, les parallèles sont nombreux. Les Suédois ont l'avantage discutable d'avoir poussé plus avant la générosité social-démocrate et le concept d'un pays sans frontière, ce qui, associée à une naïveté soigneusement entretenue par le gouvernement et les médias, les a entraîné à accueillir beaucoup de migrants. Bien plus de migrants que la Suisse n'en accueille de son côté - pour l'instant.

L'expérience suédoise se poursuit donc, désormais animée d'une vie propre. Elle donne un bel aperçu de ce que devient une population exposée à un phénomène migratoire qui la dépasse. Pour en parler, je vous livre donc une traduction d'un article d'Ingrid Carlqvist, journaliste indépendante suédoise du Gatestone Institute.

 


 

  • Ce n'est pas un secret que la démocratie puisse être utilisée pour abolir la démocratie.
  • Les gens semblent enfin comprendre peu à peu que la Suède suédoise sera bientôt perdue pour toujours, remplacée dans de nombreux domaines par une situation plus proche de celle qui a court au Moyen-Orient où différents groupes d'immigrants (principalement musulmans) se font la guerre les uns aux autres, ainsi qu'aux Suédois.
  • Il n'y a pas de pays où l'islam soit dominant qui puisse être considéré comme une démocratie avec liberté d'expression et égalité devant la loi.

Lors du dernier recensement de Suède où les citoyens furent invités à évoquer leurs croyances religieuses, en 1930, quinze personnes répondirent qu'elles étaient musulmanes. Depuis 1975, lorsque la Suède a commencé sa mutation de pays homogène suédois vers un pays multiculturel et multi-religieux, le nombre de musulmans a explosé. Maintenant, environ un million de musulmans vivent ici - sunnites, chiites et ahmadis de tous les coins du monde - et des mosquées sont planifiées et construites dans tout le pays.

Personne, cependant, ne semble poser la question cruciale dont dépend le futur de la Suède: l'islam est-il compatible avec la démocratie?

Les élites suédoise n'ont pas compris que l'islam est plus qu'une foi privée, et défaussent donc toutes les interrogations sur l'islam en répondant que la Suède dispose de la liberté de religion.

Deux faits démontrent que l'islam n'est pas compatible avec la démocratie. Tout d'abord, il n'existe nul pays où l'islam est dominant et qui puisse être considéré comme une démocratie avec liberté d'expression et égalité devant la loi. Certains évoquent la Malaisie et l'Indonésie - deux pays où flagellation et autres châtiments corporels sont infligés, par exemple, à des femmes exposant trop de cheveux ou de peau, ainsi qu'à toute personne qui critiquerait ou se moquerait de l'islam. D'autres désignent la Turquie comme un exemple de "démocratie islamique" - un pays qui emprisonne régulièrement des journalistes, des dissidents politiques et des gens au hasard pour avoir prétendument "offensé" le président Erdogan, "l'islam" ou "la nation".

Deuxièmement, les musulmans en Europe votent à l'unisson. En France, 93% des musulmans votèrent pour l'actuel président, François Hollande, en 2012. En Suède, les sociaux-démocrates rapportent que 75% des musulmans suédois ont voté pour eux lors de l'élection générale de 2006; des études montrent que le bloc "rouge-vert" de l'échiquier politique obtient 80-90% du vote musulman.

Ce n'est pas un secret que la démocratie puisse être utilisée pour abolir la démocratie - pourtant, cette question cruciale est complètement taboue en Suède. Les politiciens, les autorités et les journalistes voient tous en l'islam une religion comme une autre. Ils ne semblent avoir aucune idée des autres aspects de l'islam - son idéologie politique, son système de justice (la charia) et une culture spécifique qui a des règles pour pratiquement chaque détail de l'existence de la vie d'une personne: comment s'habiller; qui vos amis devraient être; quel pied doit aller en premier quand vous entrez dans les toilettes. Certes, tous les musulmans ne suivent pas toutes ces règles, mais cela ne change pas le fait que l'islam aspire à contrôler tous les aspects de la vie humaine - la définition même d'une idéologie totalitaire.

Alors que les élites ferment leurs yeux sur les problèmes qui viennent avec une population musulmane en croissance rapide en Suède, les Suédois ordinaires semblent être de plus en plus bouleversés. Le Premier ministre Stefan Löfven, cependant, semble complètement perdu quant aux raisons qui suscitent ce sentiment. Il déclara récemment au journal britannique Financial Times:

"Mais le plus surréaliste est que si tous les chiffres vont dans la bonne direction, l'image du public est que le pays va maintenant dans la mauvaise direction. Il n'est pas seulement question de peur et de la crise des réfugiés; c'est comme si tout allait dans la mauvaise direction."


Ce commentaire en dit long sur la façon dont le Premier Ministre Löfven est déconnecté de la réalité à laquelle les Suédois ordinaires sont confrontés. Les grands médias passent sous silence les informations sur la plupart des violences qui ont lieu dans et autour des centres d'asile dans le pays, et il est peu probable que Stefan Löfven lise les sites des médias alternatifs; lui et les autres au pouvoir les surnomment, à l'unisson, les "sites haineux". Il n'a évidemment aucune idée de la colère et du désespoir que de nombreux Suédois ressentent désormais. Les gens semblent enfin comprendre peu à peu que la Suède suédoise sera bientôt perdue pour toujours, remplacée dans de nombreux domaines par une situation plus proche de celle qui a court au Moyen-Orient où différents groupes d'immigrants (principalement musulmans) se font la guerre les uns aux autres, ainsi qu'aux Suédois.

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Les personnes qui souffrent le plus cruellement de cette "Nouvelle Suède" sont les personnes âgées. Les coûts de l'immigration supportés par l'État-providence ont conduit un quart de million de retraités à vivre en-dessous du seuil de pauvreté défini par l'Union Européenne. Pendant ce temps, le gouvernement a récemment ajouté 30 milliards de couronnes (environ 3,5 milliards de francs suisses) au budget de la migration. Les 70 milliards de couronnes (8,2 milliards de francs suisses) suédoises dépensées pour les demandeurs d'asile en 2016 dépassent le coût total des forces de police et du système judiciaire, celui de la défense nationale, et le double du montant des prestations familiales.

Les 9,5 millions d'habitants de la Suède sont donc obligés de dépenser 70 milliards de couronnes pour laisser entrer des citoyens d'autres pays. En comparaison, les États-Unis, avec leurs 320 millions d'habitants, ont dépensé en tout et pour tout 1,56 milliard de dollars pour les réfugiés en 2015. Le chroniqueur éditorial Peter Magnus Nilsson commenta dans le journal économique Dagens Industri:

"Pour comprendre la portée de l'augmentation des dépenses, une rétrospective historique peut être utile. Lorsque le bloc de droite arriva au pouvoir en 2006, le coût était de 8 milliards [de couronnes] par an. En 2014, il monta à 24 milliards. Cet été-là, le ministre des Finances d'alors Anders Borg parla de cette augmentation comme du changement le plus spectaculaire du budget de l’État qu'il avait jamais vu. L'année suivante, 2015, le coût passa à 35 milliards, et en 2016, il devrait augmenter à 70 milliards."


Pendant de nombreuses années, les politiciens ont réussi à berner le peuple suédois en lui faisant miroiter que même si l'immigration représente un coût initial élevé, les immigrés permettraient bientôt au pays de rentrer dans ses frais et de faire des profits. Maintenant, de plus en plus de travaux de chercheurs indiquent que les immigrés demandeurs d'asile trouvent rarement du travail, voire jamais. Le quotidien Sydsvenskan rapporta en février, par exemple, que 64% des immigrants de Malmö sont toujours au chômage après avoir vécu en Suède pendant dix ans. Le gouvernement calcule ouvertement dans son budget que dans les quatre ans qui viennent, 980'000 personnes vivront en tout ou en partie de prestations d'assurance maladie, de pensions d'invalidité, d'allocations-chômage, de "prestations d'intégration" ou d'assistance sociale.

Les Suédois, qui ont payé sans pleurnicher de nombreuses années durant les impôts les plus élevés du monde, expriment désormais au travers des réseaux sociaux leur colère de voir leur argent bénéficier aux citoyens d'autres pays. De plus en plus de Suédois choisissent d'émigrer de Suède, principalement pour d'autres pays nordiques, mais aussi vers l'Espagne, le Portugal et la Grande-Bretagne, où les taxes sur les pensions de retraite sont beaucoup moins élevées.

Mais il y a des problèmes plus graves que le seul aspect économique. Un sentiment d'insécurité et de peur a saisi les nombreux Suédois qui vivent près des centres d'asile. À un certain niveau, le gouvernement semble avoir compris le danger: dans une récente décision de continuer à maintenir les contrôles aux frontières, le Ministre de l'Intérieur Anders Ygeman écrit:

"L'Agence Suédoise pour les Urgences Civiles, le MSB (Myndigheten för samhällsskydd och Beredskab), relève que le flux des migrants représente encore des défis pour faire respecter la sécurité dans la société, pour maintenir certaines fonctions publiques importantes, entre autres choses. Plusieurs de ces défis devraient persister dans le temps. L'Autorité de police évalue toujours qu'il existe une menace grave pour l'ordre public et la sécurité intérieure. Le service de l'immigration préconise toujours des contrôles aux frontières."


En dépit de ces mots inquiétants, les politiciens ne semblent toujours pas comprendre que beaucoup de Suédois expérimentent déjà "une menace grave pour l'ordre public et la sécurité intérieure" au quotidien. Les nouveaux centres d'asile ouvrent à un rythme alarmant, contre la volonté des personnes qui vivent à proximité. Dans la banlieue de Stockholm de Spånga-Tensta, le 15 avril, les autorités locales tinrent une réunion publique dont le but était de permettre aux résidents locaux de poser des questions aux politiciens et aux fonctionnaires sur un projet de nouveau logement prévu pour 600 migrants - à côté d'une école. La réunion, qui a été filmée, montra un vent de rage dans l'assemblée, beaucoup criant qu'ils allaient se battre "jusqu'à leur dernier souffle" pour empêcher ces plans de se matérialiser.

Certains des commentaires et des questions étaient:

"Nous avons vu combien de problèmes il y a eu avec d'autres centres d'asile - des coups de couteau, des viols et du harcèlement. Comment pouvez-vous garantir la sécurité pour nous autres citoyens? Cela va créer un sentiment de division, qui va créer la haine! Pourquoi ces grandes maisons, pourquoi pas de plus petites avec dix personnes dans chaque? Pourquoi ne demandez-vous pas, à nous qui vivons ici, si nous voulons cela? Comment vivrons-nous en sécurité?"

"Nous avons déjà des problèmes au niveau des centres d'asile existants. Il est irresponsable de créer une situation mettant en péril la santé de nos propres enfants, avec des gens qui ne se sentent pas bien et sont dans le mauvais environnement. Pourquoi cette maison juste à côté d'une école? Quelle est votre analyse?"

"Est-ce que les Suédois sont autorisés à vivre dans ces centres? Nos jeunes n'ont nulle part où aller. Vous autres politiciens, vous devriez résoudre le problème du logement pour les gens qui vivent déjà ici, pas pour toutes les personnes dans le monde."


Lorsque le président de la réunion, le représentant du Parti écologiste Awad Hersi, d'origine somalienne, remercia le public pour ses questions sans donner la moindre réponse, l'ambiance vira quasiment à l'émeute. Les gens criaient: "Répondez! Répondez à nos questions! Nous exigeons des réponses!!"

Tout indique que les Suédois, dociles jusqu'à présent, semblent en avoir assez de la politique d'immigration irresponsable qui a été menée depuis de nombreuses années tant par des gouvernements socialistes que conservateurs.

Les gens sont furieux de la vague de viols qui a donné à la Suède le deuxième taux le plus élevé de viol au monde, seul le Lesotho faisant pire, et qui a récemment forcé la police d'Östersund à émettre un avertissement aux femmes et aux jeunes filles pour leur dire de ne pas aller à l'extérieur seules après la nuit tombée. Les gens ont peur: le nombre de meurtres et d'homicides a grimpé en flèche. Au cours des trois premiers mois de cette année, il y a eu 40 meurtres et 57 tentatives de meurtre, selon les statistiques compilées par la journaliste Elisabeth Höglund.

Les autorités ont longtemps affirmé que la violence létale en Suède est sur le déclin, mais en la comparant avec une année record, 1989, où l'immigration de masse vers la Suède était déjà en plein essor. Si quelqu'un essayait plutôt de comparer le présent aux années 1950 et 1960, alors que la Suède était encore un pays homogène, le taux de meurtres et homicides aurait doublé. Récemment, le Conseil national suédois pour la prévention du crime, le BRÅ (Brottsförebyggande de rådet), dut admettre que la violence meurtrière ne faisait en fait qu'augmenter en 2015, lorsque 112 personnes furent tuées - 25 de plus que l'année précédente. Il a également révélé que la seule catégorie de violence meurtrière à avoir baissé était celle des homicides commis par des Suédois ivres, tandis que le nombre d'assauts façon gangster effectués par des immigrants augmentait de façon spectaculaire. L'amélioration des soins de traumatologie aux blessés aide aussi à tirer vers le bas le décompte des meurtres et des homicides.

Un récent sondage montre que 53% des Suédois pensent que l'immigration est désormais le sujet le plus important pour le pays. L'évolution depuis 2015 est dramatique - l'année dernière, seulement 27% affirmaient que l'immigration était le point le plus important. Un autre sondage montre que 70% des Suédois estiment que le montant de l'immigration en Suède est trop élevé. C'est la quatrième année consécutive de hausse de ce scepticisme quant à l'ampleur de l'immigration.

De plus en plus de gens semblent aussi se soucier de l'avenir de la Suède en tant que démocratie avec le nombre croissant de musulmans - non seulement à cause de l'immigration continuelle, mais aussi à cause de la fécondité supérieure des femmes musulmanes comparée à celle des Suédoises.

Comme les statistiques sur les croyances religieuses ne sont plus maintenues, nul ne sait exactement combien de musulmans résident en Suède. L'année dernière, un sondage montra que les Suédois pensent que 17% de la population est musulmane, tandis que le nombre réel, selon l'institut de sondage Ipsos Mori, serait plus proche des 5%. La société n'explique pas la façon dont elle parvient à ce chiffre, et il est selon toute vraisemblance beaucoup trop faible. Ipsos Mori a probablement compté de combien de membres disposent les congrégations et organisations musulmanes, mais l'islam est aussi une culture, et le pays est également touché par des musulmans qui vivent selon la tradition islamique sans pratiquer leur foi au sein d'une organisation répertoriée.

En 2012, le journal alternatif suédois Dispatch International calcula combien de musulmans furent enregistrés comme résidents de la Suède sur la base du registre des noms suédois. Le nombre était d'environ 574'000, plus ou moins 20'000. Pour des raisons évidentes, les clandestins et les demandeurs d'asile n'étaient pas inclus. Le nombre réel pourrait donc avoir été beaucoup plus élevé.

Depuis lors, près de 300'000 personnes ont demandé l'asile en Suède. Tous n'ont pas vu leur demande approuvée, mais malgré cela, très peu quittent la Suède. Le Service de l'immigration a expliqué au Gatestone Institute que seules 9'700 personnes ont été expulsées l'année dernière. La plupart des demandeurs d'asile étant musulmans, cela signifie que le nombre de musulmans en Suède se rapproche rapidement d'un million, soit 10% de la population.

Selon le Dr Peter Hammond dans son livre Slavery, Terrorism and Islam: The Historical Roots and Contemporary Threat explique ce qui est toujours survenu à travers l'histoire lorsque le nombre de musulmans augmente dans un pays. Ce sont certes des généralités, mais Hammond décrit les paliers suivants:

  •  Tant que les musulmans ne représentent qu'environ 1% de la population, ils sont généralement considérés comme une minorité pacifique qui ne dérange personne.
  • A 2-3%, certains commencent à se livrer au prosélytisme auprès d'autres minorités et de groupes de mécontents, surtout en prison et parmi les gangs des rues.
  • A 5%, les musulmans acquièrent une influence déraisonnable par rapport à leur poids dans la population. Beaucoup demandent que la viande soit abattue selon le rite halal et font pression sur l'industrie alimentaire pour qu'elle la produise et la vende. Ils commencent également à travailler auprès du gouvernement pour qu'il leur accorde l'autonomie en vertu du droit de la charia. Hammond écrit que le but de l'islam n'est pas de convertir le monde entier, mais plutôt d'établir la charia partout dans le monde.
  • Quand les musulmans atteignent 10%, historiquement, le niveau d'anarchie augmente. Certains commencent à se plaindre de leur situation, déclenchent des émeutes et des incendies de voitures, et menacent les gens qu'ils estiment insulter l'islam.
  • A 20%, de violentes émeutes éclatent, des milices djihadistes sont formées, des gens sont assassinés, et des églises et des synagogues sont incendiées.
  • Quand les musulmans atteignent 40% de la population, les massacres sont généralisés, les attaques terroristes constantes et une guerre de milice s'installe.
  • A 60%, la persécution des non-musulmans est désinhibée, le nettoyage ethnique sporadique amène à de possibles génocides, la charia et la jizya (la taxe pour la "protection" que les incroyants doivent payer) sont mises en œuvre.
  • Quand il y a 80% de musulmans dans le pays, ils prennent le contrôle de l'appareil gouvernemental et engagent alors la violence au nom de l'islam ou du pouvoir politique, comme par exemple en Syrie, en Afghanistan, au Pakistan et en Irak.
  • Lorsque 100% des habitants sont musulmans, la paix est censée venir dans la maison de l'islam - d'où l'affirmation que l'islam est "religion de paix". [NdT: mais en fait les massacres continuent entre branches concurrentes de l'islam ou contre les musulmans trop "modérés"...]

Hammond écrit aussi que dans de nombreux pays, comme en France, en Belgique, en Grande-Bretagne et en Suède, la plupart de la population musulmane vit dans des enclaves islamiques - et préfère apparemment ne pas être assimilée dans une société occidentale. Ce détachement renforce le groupe en interne, ce qui permet aux musulmans d'exercer une puissance plus grande que leur proportion au sein de la population pourrait laisser croire.

La description de Hammond de la limite de 10% décrit la Suède avec pertinence. Dans les zones dites d'exclusion, les incendies de véhicules sont quotidiens et des émeutes se produisent dans les villes. (Pour ne citer que quelques exemples, il y eut de graves émeutes à Malmö en 2008, à Göteborg en 2009, à Stockholm en 2013 et à Norrköping et Växjö en 2015.) Parfois, les troubles commencent après qu'un musulman local a été arrêté ou abattu par la police. Les dirigeants musulmans acquiescent alors immédiatement aux réactions de colère de leur peuple. Pendant les émeutes de Husby en 2013, Rami Al-Khamisi de l'organisation de la jeunesse Megafonen, écrivit: "Nous pouvons comprendre pourquoi les gens réagissent de cette façon."

L'artiste Lars Vilks, qui dessina le prophète Mahomet comme une statue de chien bricolée, a été la cible de plusieurs tentatives d'assassinat et vit désormais sous protection policière permanente.

Pourtant, quasiment personne en Suède ne semble prêt à évoquer ces problèmes et de la façon dont ils s'articulent. Pendant des mois, le Gatestone Institute appela des politiciens, des fonctionnaires, des organisations et divers groupes minoritaires, pour leur demander ce qu'ils pensaient de l'islam en Suède. Estimaient-ils que l'islam était compatible avec la démocratie, la liberté d'expression et l'égalité devant la loi - et que leur réponse soit oui ou non, de quelle manière?

Les questions semblèrent susciter colère et peur. Certaines des personnes que nous avons appelé répliquèrent que ces simples questions les offensaient, tout en assurant leurs interlocuteurs que l'islam ne posait aucun problème pour la Suède. D'autres semblèrent effrayés et refusèrent de parler. Dans l'espoir d'obtenir au moins quelques réponses honnêtes, nous nous présentâmes alors comme de simples citoyens suédois ordinaires et préoccupés. D'innombrables personnes raccrochèrent alors le téléphone, et en général, de nombreuses réponses illustrèrent une ignorance abyssale de l'islam, des conséquences de l'islamisation d'un pays, ou des difficultés auxquelles la Suède est confrontée.

Le pays ne semble absolument pas préparé à ce qui l'attend.

-- Ingrid Carlqvist

 


 

Et si vous voulez entendre Ingrid Carlqvist, rien de mieux qu'une vidéo qui explique également comment un pays calme et paisible a vu une augmentation annuelle de 1'472% des viols, devenant le deuxième pays du monde à en souffrir, juste derrière le Lesotho, donc.

 

21 janvier 2016

Le Plan de Retraite Mohammed

Alors que la crise migratoire continue de faire sombrer l'Europe, l'UBS affirme qu'il faut doubler le nombre de migrants sur l'ensemble du continent. Le décalage entre théorie et réalité semble effarant - on regrette encore la disparition d'Andreas Höfert - mais la grande banque suisse tient exactement le même discours que d'autres entités politico-économiques, à savoir, l'idée que les migrants colonisant actuellement l'Europe permettront de résoudre les problèmes des retraites par répartition et autres mécanismes sociaux de redistribution. Finalement, oubliant l'héritage culturel propre à chaque famille, ils compenseront la natalité défaillante des Européens étouffés par la social-démocratie.

Le rapport de la banque a été composé avant la vague d'agressions sexuelles de Cologne mais dès 2015 n'importe qui de sensé pouvait comprendre que ce plan ne promettait rien d'autre qu'un désastre à l'échelle continentale. La perception des migrants par les élites est en décalage total avec la façon dont ils apparaissent de plus en plus visiblement à ceux qui les côtoient. Loin des discours où chaque "Syrien" serait une riche ressource universitaire ou un expert en informatique, l'Europe voit défiler des hordes d'individus revendicatifs, illettrés et pour la plus grande part totalement inemployables dans des économies occidentales déjà en prise avec le chômage de masse. Et la facture de leur entretien ne cesse de s'alourdir.

Au-delà d'une situation de départ fort peu idéale, le problème pourrait être plus profond encore. Sont-ils seulement venu ici pour travailler? Contribueront-ils à nos retraites? Pour éclairer ces points, Daniel Greenfield, un journaliste du Freedom Center et spécialiste de l'islam radical, composa un article corrosif dont voici une traduction.

 


 

La Mort de l'Europe

Comment le plan de retraite Mohammed tuera l'Europe.

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Les dirigeants européens parlent de deux choses ces jours-ci; la préservation des valeurs européennes en accueillant des migrants musulmans et l'intégration des immigrés musulmans en Europe en les amenant à adopter les valeurs européennes.

Il ne leur vient pas à l'idée que leur plan visant à sauver les valeurs européennes revient à détruire ces valeurs européennes.

Les mêmes valeurs européennes, qui obligent la Suède, un pays de moins de 10 millions d'habitants, à accueillir 180'000 migrants musulmans en un an, demandent également à ces nouveaux "suédois" de célébrer la tolérance, le féminisme et le mariage homosexuel. Au lieu de cela les valeurs européennes ont rempli les villes d'Europe de patrouilles de la charia, de chômeurs en colère agitant des drapeaux de l'État Islamique et d'actes de terrorisme occasionnels en public.

Les pays européens qui refusent d'investir dans la sécurité de leurs frontières se voient à la place contraints de dépenser de l'argent dans des services de lutte contre le terrorisme. Et ceux-là sont tout aussi mauvais pour les valeurs européennes.

Mais, comme les pays d'Europe centrale le découvrent, les valeurs européennes n'ont pas grand-chose à voir avec la préservation d’États européens en mesure de fonctionner. Au contraire, elles sont basées sur une sorte de socialisme statique que Bernie Sanders [candidat démocrate opposé à Mme Clinton, NdT] admire depuis l'étranger. Mais même un État-providence socialiste force les gens à travailler pour vivre. Les politiques sociales généreuses de l'Etat du Maine ont commencé à s'écrouler lorsque les musulmans somaliens ont pullulé pour en profiter. Les voix du Danemark et des Pays-Bas, entre autres modèles pour Bernie Sanders, ont désormais davantage des accents de Reagan que de Bernie Sanders ou d'Elizabeth Warren.

En 2013, le roi néerlandais déclara que "l'État providence classique de la deuxième moitié du vingtième siècle est parvenu à des règlementations sur ces terrains qui sont devenues intenables dans leurs formes actuelles." Cette même année, le ministre danois des Finances appela à la "modernisation de l'État-providence."

Le problème est pourtant moins celui de la modernisation que d'une médiévalisation.

27% des Marocains et 21% des Turcs aux Pays-Bas sont au chômage. Le taux est de 27% au Danemark pour les Irakiens. Et même lorsqu'ils sont employés, leur revenu moyen est bien inférieur à la moyenne européenne.

De par le passé, les critiques soulignaient que l'Amérique multiculturelle ne pouvait se permettre l’État-providence dont disposent les pays européens. Maintenant que ces mêmes pays deviennent multiculturels, ils ne peuvent plus se le permettre non plus.

L'Europe a investi dans les valeurs de son État-providence. Le monde musulman a investi dans les familles nombreuses. L'Europe espère du monde musulman qu'il renfloue un taux de natalité qui s'étiole en travaillant et en contribuant au système, de sorte que sa population vieillissante puisse prendre sa retraite. Les migrants musulmans s'attendent cependant à ce que l'Europe subventionne leurs vastes familles avec son État-providence alors que comme à-coté certains vendent de la drogue et coupent quelques têtes.

Une fois de plus, les valeurs européennes entrent en conflit avec la survie européenne.

Les valeurs européennes qui impliquent le suicide de l'Europe portent sur l'idéologie, pas la langue, la culture ni la nation. Mais les migrants qui arrivent ne partagent pas cette idéologie. Ils ont leurs propres valeurs islamiques.

Pourquoi Mohammed, 23 ans, devrait-il s'échiner à travailler pendant quatre décennies pour que de l'autre côté Hans ou Fritz puissent prendre leur retraite à 61 ans et s'allonger sur une plage de Majorque? L'idée que Mohammed veuille jamais faire une telle chose par amour pour l'Europe est un fantasme idiot dont les gouvernements européens gavent leurs citoyens inquiets.

Mohammed ne partage pas les valeurs européennes. Elles ne sont pas davantage susceptibles de prendre racine en lui, peu importe combien de fois essayent de les lui implanter des enseignants vieillissants qui espèrent qu'il obtienne un emploi et subventionne leur retraite. Les Européens s'imaginent que Mohammed devienne un Suédois ou un Allemand, comme s'il avait été un enfant adopté dans un pays exotique et élevé comme le leur, et qu'il travaille à subventionner leurs valeurs européennes.

Les migrants musulmans sont censés être le plan de retraite d'une Europe vieillissante. Ils sont censés garder sa collection délabrée de politiques économiques, d'État-providence et de programmes sociaux liés les uns aux autres.

Mais ils représentent davantage une sorte de dénouement définitif.

Mohammed est le régime de retraite de Fritz. Mais Mohammed a un type de plan très différent. Fritz compte sur le travail de Mohammed alors qu'il se laisse vivre. Mohammed se laisse vivre et s'attend à ce que Fritz travaille. Fritz n'étant pas lié à lui, Mohammed ne voit pas pourquoi il devrait travailler pour l'entretenir.

La social-démocratie européenne réduit la société à une sorte de régime d'assurance géant dans lequel l'argent est mis dans un pot commun. Mais l'assurance est interdite dans l'islam, qui la considère comme un jeu de hasard. La social-démocratie européenne attend de lui qu'il la renfloue, mais pour Mohammed, les valeurs européennes sont un crime contre l'islam.

L'imam de Mohammed lui dira plutôt de travailler au noir parce que verser son écot au système revient à contribuer au jeu. Toutefois, extorquer de l'argent au système est conforme à la jizya, la taxe que les non-musulmans sont obligés de verser aux musulmans. Selon la loi islamique, mieux vaut que Mohammed deale de la drogue plutôt qu'il paye des impôts.

Voilà pourquoi le trafic de drogue et la délinquance sont des professions si populaires auprès des salafistes en Europe. Il est préférable de voler des infidèles que de participer au grand jeu d'argent de l'État-providence européen.

Mohammed n'inscrit pas son futur dans les retraites fragiles du socialisme européen. Il investit dans ce que les sociologues appellent le capital social. Il envisage sa retraite en ayant une douzaine d'enfants. Si ce mode de vie est subventionné par les services sociaux des infidèles, c'est encore mieux. Et quand les services sociaux fermeront boutique, ceux de ses enfants qui ne seront pas en prison ou dans les rangs de l’État Islamique seront là pour s'occuper de lui à l'âge d'or.

En termes de régimes de retraite, cette méthode est plus ancienne et plus robuste que le modèle européen.

Mohammed ne s'inquiète pas beaucoup pour son avenir. Même s'il ne parvient pas à faire plus de six enfants, à l'âge de la retraite du pays européen dans lequel il réside, il vivra probablement dans un État islamique. Et il est confiant dans le fait que quelles que soient les dispositions qui auront cours alors, elles seront préférables et plus justes que le système conçu par les infidèles.

La Suède reçut 180'000 migrants en 2015. L'Allemagne pourrait en avoir reçu dans les 1,5 millions. La plupart d'entre eux sont de jeunes hommes qui suivent le plan de retraite Mohammed.

Les Européens s'entendent dire que les Mohammed vont équilibrer la disparité démographique d'une population vieillissante avec trop de retraités et trop peu de jeunes travailleurs. Mais au lieu de cela les Mohammed mettront encore plus de pression sur les jeunes travailleurs autochtones qui devront non seulement subventionner leurs propres aînés, mais aussi les millions de Mohammed, leurs multiples épouses et les quatorze enfants de leur régime de retraite islamique.

L'âge de la retraite sera sans cesse reculé et les services sociaux pour personnes âgées seront sabrés. L'État-providence va s'effondrer, mais il devra être maintenu coûte que coûte parce que l'alternative suscitera des troubles sociaux majeurs.

La hausse des prix du blé et des réductions des subventions alimentaires sont parmi les causes premières à la base du Printemps arabe. Les prix ont augmenté et les gouvernements sont tombés alors que les émeutes de rue se transformaient en guerres civiles. Imaginez une Suède, où 50% de la population de jeunes hommes est musulmane, la plupart au chômage, se transformant en Syrie lorsque l'économie s'effondre et que la facture arrive. Imaginez les émeutes européennes de la rue musulmane où les gangs disposent d'artillerie lourde et où chaque calife de ghetto a ses propres imams et des fatwas pour appuyer ses revendications.

L'Europe se tue lentement au nom de valeurs européennes. Elle essaie de protéger sa configuration économique en choisissant la banqueroute. Les valeurs européennes sont devenues un pacte mortifère. Les discours de ses politiciens expliquant que les valeurs européennes nécessitent une immigration musulmane de masse ont aussi peu de sens que la note laissée par un fou suicidaire.

Les valeurs islamiques ne sont pas compatibles avec les valeurs occidentales. Non seulement la liberté d'expression et la liberté religieuse, mais l'État-providence européen même sont anti-islamiques. Les musulmans ont un taux de natalité élevé parce que leur approche de l'avenir est fondamentalement différente de celle de l'Europe. Les Européens choisissent d'avoir peu d'enfants et de nombreux organismes sociaux pour prendre soin d'eux. Les Musulmans choisissent d'avoir beaucoup d'enfants et peu d'organismes sociaux. Les valeurs européennes tant admirées par les gauchistes américains n'ont aucun avenir.

L'Europe prend de la mort-aux-rats pour soigner un rhume. Au lieu de réformer ses valeurs, elle essaie de les maintenir au prix de sa propre existence. Le régime de retraite Mohammed ne sauvera pas le socialisme européen. Il l'enterrera.

-- Daniel Greenfield, Octobre 2015

29 septembre 2015

Les libéraux face à l'immigration

Le libéralisme n'est pas une doctrine ; les libéraux sont divisés sur un certain nombre de sujets, comme la peine de mort ou de droit à l'avortement.

La crise des migrants vient d'ajouter l'immigration à cette liste. Il suffit de voir l'orage que traverse le site Contrepoints face à sa propre communauté ; suivant la ligne éditoriale choisie par les propriétaires du site, les articles pro-migrants s'enchaînent et se ressemblent, mais donnent lieu à de vastes empoignades dans les commentaires jusqu'à ce que ceux-ci soient modérés et fermés. Les avertissements pleuvent.
 
Il est triste de voir une publication "nivelant par le haut" tomber dans les travers habituellement reprochés à la presse mainstream - une prise de position venue d'en haut, ne tolérant les avis dissonants qu'au compte-goutte dans les commentaires. Sans compter que la partition jouée ressemble furieusement à celle des médias officiels pour lesquels l'immigration de masse est une "chance"...

Frontiere_hongroise.png
Frontière hongroise - un Syrien exprime son respectueux rejet des lois sur
l'immigration en lapidant copieusement des tiers
.

La crise des migrants n'en est évidemment qu'à ses débuts et plus le temps passe, plus le grand public a du mal à croire en la fable de migrants désespérés, en danger de mort et venus en Europe pour travailler. Ce n'est pas faute de matraquage.

Oublions un instant le pieux mensonge vendu au grand public depuis des mois pour nous attarder sur cette opinion fermement enracinée dans l'esprit de certains libéraux: pourquoi faudrait-il coûte que coûte accueillir en Europe tous les immigrants qui le souhaitent?

Analyse théorique

Au détour d'innombrables productions libérales sur ce thème, un article sort du lot: L'immigration dans une société libre, par Pascal Salin, sur le site de l'Institut Coppet. Ce texte volumineux n'est rien d'autre qu'un chapitre entier de son livre Libéralisme publié en 2000 aux éditions Odile Jacob, ressorti pour l'occasion. Quinze ans plus tard, le décalage avec la réalité n'en est que plus affligeant. Le livre n'a pas aussi bien vieilli que Le Camp des Saints de Jean Raspail. Face à une déferlante migratoire largement hors de contrôle, devant laquelle les pitoyables frontières extérieures de l'Espace Schengen ressemblent davantage à une passoire qu'aux murailles d'une forteresse, plaider pour l'immigration-richesse, pour encore moins de frontières et de contrôle de l'immigration, est une manœuvre pour le moins osée, dirons-nous pudiquement.

Reste que ce texte est une des rares tentatives de théorisation de l'immigration libre à laquelle se raccrochent bien des libéraux, dont la rédaction de Contrepoints. Pourtant, dès ma première lecture de l'ouvrage ce chapitre me semblait un des plus faibles du livre avec des failles déjà évidentes: M. Salin construit son raisonnement sur des bases erronées. Faisons un rapide inventaire à travers quelques extraits.

Comment pourrait-on défendre le libre-échange, c’est-à-dire la libre circulation des marchandises et s’opposer par la force au libre mouvement des hommes?


La première erreur est de considérer l'être humain comme une marchandise. Une marchandise n'est pas dotée d'un libre-arbitre, ne se reproduit pas, n'a pas de revendications ni de droits. Le comportement d'une marchandise inerte est prévisible dans une mesure incomparable avec celui d'un être humain vivant et doué de conscience.

Une marchandise est donc aux antipodes (et c'est heureux) d'un humain agissant de sa propre volonté pour se rendre où il le souhaite pour accomplir quelque dessein qu'il est le seul à connaître. Il ne s'agit pas de reprendre à son compte le vieux slogan gauchiste bien connu, mais de pointer du doigt l'erreur ontologique à la base du raisonnement. En présentant la libre-circulation des personnes comme une extension de celle des marchandises, tout le raisonnement part sur des bases fausses.

Alors qu'une marchandise ne peut franchir une frontière qu'à la faveur d'une transaction dans laquelle un acheteur et un vendeur trouvent leur compte, un migrant comme ceux que rencontre l'Europe aujourd'hui agit de son propre chef, sans correspondre à une transaction (hormis auprès des mafias de passeurs) ni à un besoin (hormis le sien). Or, il n'existe pas de liberté fondamentale de se déplacer ; ce droit serait d'ailleurs en opposition frontale avec le droit de propriété, qui est dans ses fondements même un droit d'exclure. Le seul domaine où pareille liberté puisse exister est paradoxalement dans un domaine public dont nombre de libéraux réfutent la validité.

Passons à l'erreur suivante, l'utilisation de l'utopie dans une démonstration:

Dans un système de propriété privée, les droits de chacun sont conditionnels: on entre dans la propriété d’autrui à condition d’en respecter les règles et de payer le prix éventuellement demandé. (...) L’utopie libertarienne constitue à cet égard un modèle de référence indispensable.

 
M. Salin, pas tombé de la dernière pluie, écrit noir sur blanc que l'utopie libertarienne n'est pas vraiment réalisable. Il y fait malgré tout appel pour "apporter à la réflexion les bornes utiles dont elle a besoin". Malheureusement, il emploie cette image bien au-delà d'une asymptote théorique, faisant de longues descriptions de la vie et de l'immigration comme il les imagine dans un régime d'utopie libertarienne.

Si l'utopie est un argument recevable dans une démonstration, alors on peut décréter avec la même validité que le communisme fonctionne pour peu que toute la population y "adhère vraiment". Beaucoup de communistes le plaident encore. Il existe suffisamment d'exemples (et de charniers...) dans le monde réel pour comprendre que cette façon de raisonner pose problème.

Quant à l'utopie libertarienne, il y a tant de façon de démontrer son absurdité que c'en est presque trop facile. Histoire de varier les plaisirs, voilà une réfutation élégante: elle est impossible parce que le libéralisme a une infinité de variations. Il n'y a pas de libéralisme unique dans lequel chaque libéral pourrait se reconnaître. Chacun d'entre eux aura donc sa vision toute personnelle de ce que pourrait être une utopie libertarienne, naturellement incompatible avec celle de son voisin persuadé d'être tout aussi libéral que lui. Laissez-en deux aborder le sujet ensemble et vous obtiendrez assez vite des gens fâchés - le cas s'est présenté plusieurs fois dans l'histoire.

La dernière erreur de M. Salin est de renoncer à définir les concepts de nation et d’État pour ensuite dénoncer leur amalgame:

[L'usage indistinct du terme État-nation] a un rôle bien précis. Il finit par induire l’idée non seulement qu’il y a assimilation entre l’État et la nation, mais même que la nation « appartient » à l’État, qui possède donc tout naturellement le droit de gérer le territoire national. À partir de là naît alors le mythe des biens publics, que nous dénonçons par ailleurs.


Si Pascal Salin s'essaye à définir la Nation il esquive celle de l'État ce qui lui donne une certaine latitude pour mieux la démolir ensuite. Eut-il décidé de se reposer sur une définition de ce dernier couramment admise même au sein des libéraux - le monopole de la violence légitime - et toutes ces confusions disparaîtraient d'elles-mêmes. Ne resterait plus qu'à dénoncer l'instrumentalisation de l'État au-delà de son rôle de base par les étatistes, au lieu de s'attaquer (vainement) à un concept inhérent à toute société humaine...

Non, la nation n'appartient pas à l’État, mais l’État y exerce sa loi, nuance. Une nuance fondamentale.

L’État, cet inconnu

La définition formelle de l’État est si importante que nous devons nous y attarder. Le "monopole de la violence légitime" est une expression puissante mais tellement synthétique qu'elle en est souvent mal comprise.

L'État est un concept, une facette de la vie sociale humaine, celle qui a trait aux règles encadrant l'usage de la violence - la "ritualisant", si on devait reprendre les termes propres aux sociétés primitives. Qu'il s'agisse d'une superpuissance, d'un chef de tribu esclavagiste, ou même des règles de vie que s'imposent Robinson Crusoé et Vendredi sur leur île, l’État est inhérent à tout groupe humain se pliant à un comportement social.

Un degré supérieur de sophistication de l'État fait apparaître des règles qui permettent de comprendre et de prévoir son action - la Loi.

L’État en tant que phénomène propre aux sociétés humaines n'est pas intrinsèquement bon ou mauvais ; en tous lieux et toutes époques, il l'est autant que le sont les règles qui le régissent et les hommes qui le dirigent.

De même, il existe une incompréhension répandue autour de la notion de "monopole de la violence", beaucoup imaginant alors une espèce de caste de surhommes légaux - des fonctionnaires de police par exemple - se livrant en toute impunité à diverses exactions contre une population réduite à l'impuissance. Ce cauchemar est une méprise. L’État peut parfaitement déléguer l'usage de la violence légitime à n'importe qui sur son territoire, comme il le fait d'ailleurs au travers des lois sur la légitime défense, ou sur l'armée de milice.

En réalité, le terme de "monopole de la violence" renvoie simplement à l'impossibilité pour deux systèmes légaux différents de coexister sur un même territoire. Si pareille situation survient, alors il arrivera forcément un moment où un acte sera jugé comme illégal par l'un mais pas par l'autre - l'usage en réponse de la "violence légitime" du premier sera alors perçue comme une agression par le second. D'où un inévitable conflit.

Pour résoudre ce problème trivial, les humains ont trouvé la solution depuis des temps immémoriaux: des frontières. Un pays représente donc davantage que la somme des propriétés privées qui le composent ; il les réunit toutes dans un système légal commun. Les frontières ne divisent pas le monde entre propriétés mais entre systèmes légaux. A l'intérieur de ses frontières, un État exerce le monopole de sa loi.

Répétons-le, il n'est pas question de porter un jugement de valeur sur un État en particulier ; il existe des régimes terribles et meurtriers, et d'autres passablement incompétents, endettés ou boursouflés bien au-delà de leurs fonctions premières pour se mêler de tout. Mais tous obéissent à la même définition: le monopole de la violence légitime sur le territoire qu'ils contrôlent.

L'immigration dans le monde réel

Les libéraux se distinguent par leur attitude non doctrinale et l'observation de la réalité pour élaborer leurs preuves, et leur capacité à élaborer des systèmes respectueux de la nature humaine. En théorie, tout au moins.

Une approche libérale de l'immigration devrait donc obéir à minima à un ensemble de critères de plausibilité: le pays qui l'adopte a des frontières avec d'autres pays, comprend sur son sol une population diversement éveillée à la cause de la liberté, et se voit confronté à une immigration toute aussi variée que le sont les immigrés eux-mêmes. Si un libéral n'admet même pas ces axiomes, passez votre chemin, sauf si vous vous sentez d'humeur à débattre dans les sphères éthérées de l'utopie.

L'existence d’États voisins implique une défense extérieure pour maintenir l'intégrité territoriale du "monopole de la violence légitime". L'existence d'une population disparate implique des moyens intérieurs de faire respecter l'ordre et d'empêcher l'émergence d'enclaves rebelles. Le plus souvent, on appelle ces deux systèmes armée et police respectivement, ce qui est un abus de langage car il enferme le raisonnement dans leurs incarnations actuelles alors que d'autres mécanismes sont possibles ; mais pour les besoins de cet article nous nous contenterons de cette simplification.

L'existence d'une population autochtone disparate implique que toute politique soit le résultat d'un compromis - par exemple les lois autorisant le passage de la frontière pour ajouter de nouveaux individus à ceux qui vivent déjà sur le territoire local. De même, l'existence d'une population allochtone disparate implique que tout candidat à l'immigration ne suscite pas un intérêt identique de la part du pays d'accueil. Il existera donc de nombreux individus tout à fait indésirables dont l'accès devrait être refusé.

Vous l'aurez compris, la seule politique à la fois réaliste et libérale de l'immigration se ramène donc à l'immigration choisie, assortie d'un vigilant contrôle des frontières. Ce n'est pas un hasard si certains pays parfois présentés comme des exemples par les libéraux, comme le Canada ou la Nouvelle-Zélande, pratiquent ce type d'immigration.

On peut discuter à l'infini de la validité des critères. C'est de bonne guerre et ceux-ci n'ont d'ailleurs pas vocation à être gravés dans le marbre. La population d'un pays ne saurait être unanime et comme je l'ai écrit plus haut, toute loi sur l'accès à un territoire ne peut être que le résultat d'un compromis. Mais pour qu'une politique migratoire ait le moindre sens, la seule immigration possible doit être l'immigration choisie, l'immigration illégale devant quant à elle être réduite à zéro. Cela s'inscrit parfaitement dans les fonctions régaliennes de l’État.

Le devoir d'urgence et autres faux-semblants

Il existe de nombreuses façons de mettre en place une immigration choisie - les critères administratifs n'étant que l'une d'entre elles. Parmi d'autres pistes, citons rapidement l'exclusion de tout programme social pendant x mois, obligeant le nouveau venu à ne compter que sur ses économies et son travail pour s'intégrer ou se voir renvoyé en cas d'échec ; ou des mécanismes de parrainage où un citoyen local se porterait caution sur ses propres biens du comportement et des frais engendrés par un nouvel arrivant.

Mais quels que soient les critères, ils n'ont de sens qu'assortis à une surveillance vigilante des frontières pour empêcher de force l'entrée de quiconque refuse de se plier aux règles locales sur l'immigration. Il ne sert à rien de bâtir des systèmes astucieux s'ils peuvent être contournés simplement en s'introduisant en douce.

L'idée que les frontières servent à quelque chose irrite parfois des libéraux, lesquels ignorent les aspects juridiques pour raisonner encore selon les réfutations des bons vieux mécanismes protectionnistes liés au transport de marchandises. Ils ont du mal à se mettre dans la tête que les hommes sont d'une variété différente et d'une diversité infinie, et peuvent donc représenter tout autant un atout incroyable qu'un danger mortel pour les sociétés qui les accueillent.

Refusant d'avoir le courage de trier, ils essayent alors de jeter le bébé avec l'eau du bain. Ils réfutent une politique migratoire "trop restrictive" (on aimerait savoir quel pays occidental la pratique !) et plaident pour une immigration la plus vaste possible, à l'aide de deux sophismes:

  • l'argument de "l'urgence vitale" ;
  • l'argument des "lois iniques".

Le premier de ces arguments, l'urgence vitale, largement employé dans la presse mainstream, justifie l'immigration illégale et massive en expliquant que les migrants sont face à une situation de vie ou de mort. Cette description ne correspond évidemment pas à la réalité, puisque des Syriens en fuite, pour prendre cet exemple, ne sont plus en danger de mort dès lors qu'ils ont quitté la Syrie. La démonstration a été présentée ici même. Lorsqu'il quittent la Turquie pour aller en Grèce, puis en Serbie, puis en Croatie, etc., à chaque fois ils franchissent des frontières sans être menacés de mort dans le pays qu'ils viennent de quitter.

On peut comprendre leur désir humain d'une vie plus agréable dans un pays de leur choix, et en discuter, mais on ne peut pas se présenter comme quelqu'un d'honnête en prétendant qu'à chaque étape de leur voyage ils sont toujours face à une situation de vie ou de mort. L'argument de l'urgence vitale, fallacieux, est utilisé comme prétexte pour contourner les lois sur l'immigration.

Le second argument, encore plus brutal, excuse les flux migratoires en décrétant que les lois sur l'immigration sont "iniques" et qu'à ce titre elles n'ont pas à être respectées. On s'étonne de trouver des libéraux prêts à défendre un sophisme digne du premier saccageur d'OGM venu. Suivant le même raisonnement, un cambrioleur pourrait s'introduire chez vous pour vous dérober vos biens en décrétant qu'il estime que les lois sur la propriété sont iniques et repartir avec l'argenterie en vous lançant "la propriété c'est le vol" de Proudhon. Pratique!

Évidemment, un libéral expliquera que les lois sur l'immigration sont vraiment iniques selon lui, à l'inverse des lois sur la propriété privée ou sur la liberté d'expression, et il sera peut-être plus convaincant que le faucheur d'OGM ou le cambrioleur usant de la même technique à leur profit. Mais si discuter d'une loi et du besoin de la réformer est tout à fait honorable, appeler à la violer ne l'est pas. Il est plus commode de plaider pour la désobéissance civile que de s'atteler à convaincre une majorité. En attendant une hypothétique réforme, la loi - imparfaite - s'applique toujours.

Peut-on choisir de n'appliquer que certaines lois? Bien entendu! Il y a même un nom pour cela - l'arbitraire. Il amène en général des sociétés beaucoup moins enviables que celles où règne un semblant d'égalité dans l'exercice de la loi ; des sociétés rongées par la corruption où la position sociale et la proximité avec le pouvoir valent mieux que toute l'innocence du monde.

Un libéral n'admettra probablement jamais qu'il plaide en faveur d'un monde corrompu et injuste, celui-ci étant aux antipodes du libéralisme où la responsabilité, la justice et l'équité sont des valeurs cardinales. Pourtant, en plaidant pour une application discrétionnaire des lois existantes, il pousse précisément la société dans cette direction.

L’État n'est pas (ou en tout cas ne devrait pas) être un menu dans lequel chacun pioche les lois qui lui plaisent en décrétant que les autres sont bonnes pour la poubelle. L'anarchie est au bout de ce chemin.

Conclusion

La vision de l'humanité est au cœur du débat. Pour les uns, elle n'est qu'enchantement et enrichissement, génie créatif, générosité et volonté de créer. Beaucoup de libéraux ont en eux cette vision positive et un brin naïve, apparentée à Rousseau et son mythe du Bon Sauvage. Pour d'autres, l'humain est avant tout un animal social facilement égoïste, hypocrite et dangereux, dont le comportement se recouvre d'un vernis de civilisation ; il suffit de peu pour que la nature profonde et malsaine ne s'éveille à nouveau. Face à ce danger la vigilance doit rester permanente et l'attitude, résolue.

L'immigration choisie selon des critères démocratiques et assortie d'un sévère contrôle des frontières n'est peut-être pas aussi enthousiasmante qu'un Imagine All the People de John Lennon, mais c'est la seule qui soit à la fois réaliste, praticable, et compatible avec une humanité où le respect de la vie et de la propriété d'autrui est loin d'être la norme. Il faudra beaucoup de temps pour que ce message de raison, de modération et de réalisme parvienne à faire son chemin dans l'esprit de nombre de libéraux.

Selon moi, tout pays qui considère l'immigration du seul point de vue de l'immigré, sans prendre en compte les désirs et les réserves de la population autochtone, se condamne. La crise migratoire qui se déroule sous nos yeux en Europe est un véritable laboratoire. Nous aurons à brève échéance l'occasion de découvrir quelles politiques permettent la survie d'un pays, et quelles sont celles qui mènent à l'effondrement, à la misère et à la guerre civile.

18 juillet 2015

Vive l'Iran nucléaire!

La décision "historique" est enfin arrivée: l'Iran rejoint à nouveau le concert des nations fréquentables, grâce à la signature d'un traité longuement négocié entre les Occidentaux et le régime des mollahs - traité qui a en plus l'avantage de permettre, à terme, à l'Iran de posséder l'arme nucléaire.

Relisant mon billet précédent sur le sujet écrit il y a près de deux ans, je ne peux que m'attrister de l'absence de progrès réels sur le dossier alors que l'Iran fabrique toujours sa bombe. De guerre lasse, les masques sont tombés: les négociateurs occidentaux ont tout simplement renoncé à interdire à l'Iran d'avoir l'arme atomique.

Comment en est-on arrivé là? Et comment peut-on arriver à présenter ce fiasco comme un succès?

L’électricité nucléaire civile à tout prix...

Pour comprendre le dossier il faut commencer par démonter un mensonge fondamental dont découlent tous les autres. Par chance, il est tellement énorme que la tâche est aisée.

Pour différentes raisons un certain nombre de commentateurs, journalistes, politiciens, diplomates mêmes, affirment que l'Iran ne chercherait pas à se doter de l'arme atomique comme on l'accuse, mais seulement à disposer de centrales électriques fonctionnant à l'énergie nucléaire civile. En un mot, ils adhèrent complètement à la propagande officielle iranienne. Heureusement, comme la plupart des propagandes officielles (et encore davantage lorsqu'elles ont pour origine un régime totalitaire peu soucieux de vraisemblance) ces affirmations ne tiennent pas debout cinq minutes. Pour tout dire, même l'Iranien de la rue n'y croit pas.

Détail révélateur, sur l'échiquier politique la plupart de ces gens sont classés à gauche. Même leur crédibilité feinte ne colle pas: ils s'opposent à l'énergie nucléaire chez eux en soutenant mordicus qu'elle n'est "pas assez sûre", mais tiennent absolument à ce qu'un régime totalitaire du tiers-monde installé sur une zone sismique notoire puisse en disposer! Pareille largeur d'esprit laisse pantois...

Mais revenons au texte pour rappeler un fait: selon le Traité de Non-Prolifération nucléaire, tous les pays signataires ont un droit "inaliénable" à l'énergie nucléaire à des fins pacifiques - article 4. Des dizaines de régimes de part le monde ont ou font construire des centrales nucléaires civiles. Il est possible de traiter les barres d'uranium enrichi fournies à ces pays pour qu'elles soient à jamais inexploitables pour la production d'une bombe. Ces pays accueillent les inspecteurs de l'AIEA en bon ordre et sont d'une totale transparence sur leurs installations nucléaires, ce qui leur permet en échange de bénéficier du soutien et du respect de la communauté internationale et, bien sûr, de courant électrique.

Cela n'intéresse pas l'Iran.

Depuis vingt ans, l'Iran a préféré construire des sites d'enrichissement secrets planqués dans des bunkers si profondément enfouis dans les montagnes qu'il faudrait probablement des ogives nucléaires (quelle ironie) pour en venir à bout. L'Iran a extrait du minerai d'uranium de mines secrètes. L'Iran a procédé à l'enrichissement de gaz d'uranium avec des milliers de centrifugeuses en toute illégalité vis-à-vis des traités de non-prolifération. L'Iran s'est constitué des stocks d'uranium enrichi à un taux et un volume sans le moindre rapport avec une utilisation civile ou médicale. Et une fois tout ce cirque découvert, plutôt que de renoncer, l'Iran a préféré supporter des sanctions commerciales internationales nuisant à sa population et continuer à tergiverser pendant des années pour cacher l'étendue de l'avancement de son programme...

Le tout étant bien sûr dans le but de produire du courant pour la population. Quelle persévérance!

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De deux choses l'une: soit quelqu'un est assez naïf pour croire sincèrement à cette fable et doit cesser séance tenante toute activité intellectuelle impliquant de séparer le vrai du faux ; soit il n'y croit pas vraiment mais fait semblant, et devient dès lors consciemment complice du régime et de son programme. Pourquoi certains franchissent-ils ce pas? En creusant un peu on découvre assez facilement de multiples explications personnelles ou idéologiques: intérêts commerciaux, motivation religieuse, "rééquilibrage" des forces de la région, certitude de ne pas être concerné, souhait de voir Israël détruit, etc. Le cynisme se mêle à l'ignorance ou à l'antisémitisme le plus crasse.

Ne pouvant trancher chaque situation individuelle, nous choisirons de défausser l'opinion de quiconque défendra la thèse du nucléaire civil iranien, qu'il ou elle choisisse sciemment d'être complice ou soit juste un(e) imbécile.

Reste à discuter du fond, c'est-à-dire des efforts iraniens pour acquérir l'arme atomique.

Un processus diplomatique biaisé

Les Iraniens mentent en affirmant ne pas vouloir l'arme atomique. Les Occidentaux font poliment semblant de les croire. De cette hypocrisie criminelle découlent deux choses:

  • Les négociateurs iraniens ne sont pas des interlocuteurs dignes de confiance dans des négociations diplomatiques. Concrètement, cela signifie qu'ils ne respecteront probablement pas la lettre et certainement pas l'esprit des traités signés. Nous en avons une preuve récente: le régime iranien actuel a délibérément violé le Traité de Non-Prolifération Nucléaire dont il était pourtant signataire. A partir de là, comment lui faire confiance?
  • Ils ne négocient que pour obtenir des concessions de la part de l'autre partie, en échange garanties soit invérifiables, soit incomplètes, soit trop tardives pour les détourner de leur objectif final.

Dans ce contexte, les tractations diplomatiques s'apparentent à un souper avec le diable ; impossible d'en sortir vainqueur.

Comme l'avait écrit Ronald Reagan, contre un régime tyrannique les mots ne sont que du vent et les traités seulement du papier. Seule la menace d'une intervention militaire peut vraiment effrayer un tyran. L'ancien président écrivait ces mots à une époque différente mais ils gardent leur justesse à travers le temps. Nous en avons eu la preuve récemment - rien de moins que dans le dossier nucléaire iranien lui-même.

En 2003, le programme d'enrichissement nucléaire iranien est brutalement interrompu. La raison? La présence de dizaines de milliers de G.I. dans un pays voisin de l'Iran, tout près de la frontière, venus renverser Saddam Hussein... A l'époque, l'Occident présentait un front uni et se donnait les moyens de sa politique. Le risque d'être découvert et peut-être en guerre fit réfléchir à deux fois même les mollahs les plus extrémistes.

Malheureusement, une fois que George W. Bush laissa en 2008 son siège de président au futur Prix Nobel de la Paix, la donne changea. Les Américains se retirèrent d'Irak et envoyèrent de plus en plus de signaux contradictoires quant à leurs objectifs et à leur volonté combative. Sous la bienveillante administration Obama les affaires nucléaires iraniennes purent reprendre de plus belle.

"L'Accord"

Après 22 mois de négociations, le groupe des 5+1 (USA, Chine, Royaume-Uni, France, Russie et Allemagne) signa avec l'Iran un document de plus de 100 pages. En échange d'une levée des sanctions économiques contre le pays, celui-ci s'engage à réduire l'essentiel de son stock de centrifugeuses servant à l'enrichissement, à fermer la porte de la filière de fabrication d'une bombe au plutonium, et à laisser des experts de la communauté internationale surveiller les installations par vidéo, posant des scellés et s'assurant que l'Iran respecte ses engagements.

Pour une lecture dithyrambique des termes de l'accord, on lira ce qu'en pense l'expert en non-prolifération Joe Cirincione, bien que faisant preuve d'un soupçon de réalisme à la fin de sa prose:

Reste qu'avec cet accord, l'Iran conserve des capacités significatives. Il serait préférable de raser l'ensemble de son complexe nucléaire et de saler la terre pour que rien ne repousse. Mais nous ne sommes pas Rome, et l'Iran n'est pas Carthage. L'accord qui vient d'être conclu est la meilleure option possible. (...) L'histoire n'est pas terminée pour autant. La signature de cet accord est une victoire majeure, une étape d'importance – mais ce n'est qu'une étape.


Une étape vers un abandon total de la filière nucléaire iranienne, de son point de vue. M. Cirincione est certainement quelqu'un de très honorable, mais peut-être aussi un peu naïf. Il suffit de voir les réactions côté iranien pour comprendre que le même texte n'est pas vraiment compris de la même façon - laissant échapper un discours très différent sur le même accord:

Téhéran - L'Iran, qui a accepté de brider son programme nucléaire dans le cadre de l'accord avec les grandes puissances, n'abandonne pas ses ambitions et va poursuivre ses recherches pour décupler ses capacités d'enrichissement au terme des dix ans de pause prévus. (...)

L'accord historique conclu à Vienne mardi permet à Téhéran de reprendre ses travaux de recherche et de développement sur les futures centrifugeuses IR-6- et IR-8, beaucoup plus performantes que les vieilles IR-1 dont il dispose pour enrichir l'uranium. (...) Ali Akbar Salehi, patron de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), a déjà prévenu qu'après l'entrée en vigueur de l'accord, l'Iran commencerait rapidement les recherches sur les centrifugeuses IR-8. Selon les termes de l'accord, l'Iran pourra commencer la production des machines IR-6 (dix fois plus puissantes que les IR-1) et IR-8 (20 fois plus puissantes) au bout de huit ans.

 
Le traité permettra donc à l'Iran de procéder à la modernisation de son stock de centrifugeuses IR-1 ("un peu des vieilles Citroën des années 1930" précise une source iranienne) en échange de modèles bien plus performants. L'objectif avoué est d'atteindre une capacité d'enrichissement équivalente avec un plus petit nombre de machines. Le traité évalue les limites en terme de nombre de centrifugeuses et pas selon la puissance individuelle de chacune...

De plus, comme le soulignent les Iraniens, l'accord signé n'engage les Iraniens que pour une période de dix ans: après, ils auront les mains libres. Comme d'habitude les négociateurs occidentaux ont juste cherché à gagner du temps plutôt qu'à résoudre le problème, quitte à l'aggraver.

Une nouvelle donne géopolitique

iran_vienne.jpgL'évolution future du moyen-orient est totalement indéchiffrable. Pour ne parler que des factions locales, l'Iran chiite et l'Arabie Saoudite sunnite luttent par pays interposés pendant que la Turquie se rêve en grande puissance, l’État Islamique n'étant qu'un pion de plus dans ce jeu de pouvoir.

Il y a néanmoins d'indiscutables vainqueurs. Citant Nicolas Gauthier:

Pour Téhéran, le succès est à la fois intérieur et extérieur. Dans la première configuration, levée d’embargo oblige, il retrouve tous ses avoirs financiers gelés à l’étranger et offre aux investisseurs internationaux un juteux marché de plus de 80 millions de consommateurs potentiels. Dans la seconde, l’antique Perse retrouve un rôle de premier plan et plus rien, en Orient, ne pourra se faire sans elle ou son éternelle rivale turque.(...)

Après, la Chine et la Russie, traditionnels alliés de l’Iran, qui boivent du petit-lait. Deux immenses nations plus qu’émergentes qui n’ont rien à perdre et tout à gagner dans l’affaire. Deux antiques civilisations dont la géopolitique ne se résume pas qu’aux « droits de l’homme », moulin à prières dont on voit les cruelles limites depuis quelques décennies.


La régularisation de la situation iranienne n'a pas que du mauvais. Si le slogan "Mort à l'Amérique!" reste d'actualité, l'ouverture économique retrouvée permettra peut-être l'accroissement d'une classe moyenne plus soucieuse de confort que de guerre totale. Le pays, idéologiquement opposé à l’État Islamique, se révèlera peut-être un nouvel adversaire de taille contre le dernier avatar extrémiste en date dans la région.

Malheureusement, l'essentiel dans cette affaire reste singulièrement néfaste: l'Iran pourra officiellement atteindre une capacité nucléaire dans dix ans. On parle "d'effet de seuil" pour un pays capable de produire la bombe sans devenir pour autant une puissance nucléaire. L'Iran se contentera-t-il d'utiliser sa capacité nucléaire comme une simple menace? Ne va-t-on pas assister à une course aux armements chez les Saoudiens, les Qataris, à un "rééquilibrage" des forces à travers le don de quelques ogives du grand frère pakistanais à une faction ou une autre?

Le régime iranien s'est subitement rendu sympathique aux yeux des Occidentaux parce que ceux-ci n'avaient plus l'envie de s'y opposer et se voyaient bien faire quelques affaires juteuses au passage. Mais à domicile les mollahs et leur police religieuse continuent à traquer les dissidents, à surveiller et à infiltrer le moindre groupe d'étudiants, et à nier le droit à l'existence d'Israël, seule démocratie authentique à des milliers de kilomètres à la ronde.

C'est évidemment pour Israël que la pilule est la plus difficile à avaler. Les alliés traditionnels des Américains n'ont cessé d'être menés en bateau sous l'administration Obama: retrait précipité d'Irak laissant sombrer le pays dans le chaos, soutient aux rebelles syriens en donnant des armes finissant entre les mains de l’État Islamique contre lequel les USA luttent à fleurets mouchetés... Et maintenant un accord diplomatique laissant la ouverte la porte de la bombe nucléaire à un pays qui clame régulièrement sa volonté de détruire l’État hébreu.

Israël laissera-t-il planer la menace iranienne sur sa survie? C'est toute la question, d'autant plus que les Iraniens laisseront de plus en plus planer le doute quant à leurs capacités nucléaires réelles... Comment attendre sans être sûr qu'il ne soit pas trop tard?

L'Iran avait un intérêt particulier à finaliser cet accord. Si rien n'avait été signé à Vienne, seule l'option militaire serait restée sur la table, une possibilité dont les Iraniens ne voulaient pas. Or, la levée des sanctions offre au régime de Téhéran une marge de manœuvre renouvelée. Si d'aventure ils sont pris un jour la main dans le sac, ils n'auront dans un premier temps à souffrir que du retour des sanctions économiques. Il faudra encore d'innombrables tergiversations avant que l'intervention militaire, la seule chose que ne craigne le régime, ne revienne dans les discussions.

Dans la course à l'armement nucléaire, cette petite avance pourrait suffire à faire la différence, permettant au régime d'achever la construction de sa première bombe atomique et d'atteindre enfin son inviolabilité territoriale.

Grâce à la lâcheté de nos gouvernements, la boîte de Pandore s'ouvrira bientôt.

26 juin 2015

Islamisme: le défi de l'apathie

islam,terrorisme,médiasReconnaissons aux agents de l'Etat Islamique une certaine recherche d'originalité: l'attentat simultané dans trois pays différents le même jour est une sorte de nouveauté. En France, un chef d'entreprise a été décapité et sa tête utilisée pour une mise en scène macabre alors que son meurtrier essayait ensuite (sans succès) de faire sauter une usine de traitement de gaz. En Tunisie, un "jeune étudiant" portant grenades et pistolet dans un parasol prit d'assaut une plage, faisant 37 victimes selon le dernier décompte en date, avant de se faire abattre. Au Koweit, un kamikaze déclencha une ceinture d'explosif dans une mosquée chiite bondée, provoquant au moins 25 morts.

Dure journée. Comme l'explique Hasni Abidi, Directeur du Centre d’études arabe et méditerranéen, la conjonction de plusieurs facteurs permettent d'expliquer cette bouffée de violence terroriste: le jour de prière du vendredi, pendant le mois sacré du ramadan au cours duquel il est "bien vu" de périr en faisant un attentat selon certains prédicateurs ; et enfin, la semaine de commémoration du premier anniversaire de l’État Islamique...

Comme d'habitude, la réaction politique consiste à se complaire dans l'immobilisme: on ne fera rien, en tout cas rien de concret. François Hollande se gargarise que la situation justifie pleinement la nouvelle loi sur la surveillance qui vient d'être votée alors même que l'histoire de Yassin Salhi, l'assassin terroriste, démontre l'incompétence totale des services de renseignement et de l'administration sur le sujet:

Cet homme âgé de 35 ans, né le 25 mars 1980, était bien connu des services antiterroristes et habitait dans l'agglomération lyonnaise, à Saint-Priest. (...) Selon des informations de l'Est Républicain, il est originaire de Pontarlier, dans le département du Doubs et se serait radicalisé au contact "d'un prêcheur très virulent" dans la mosquée de cette commune de Franche-Comté. (...)

Bernard Cazeneuve s'est également expliqué en conférence de presse sur la fiche S ("sûreté de l'Etat) dont Yassin Salhi faisait l'objet. Le ministre de l'Intérieur a expliqué que cette procédure, engagée en 2006 pour "radicalisation", prévoit une surveillance discrète.


Carrément discrète, même, au point qu'il soit impossible de la distinguer d'une non-surveillance. La fiche de Yassin Salhi ne fut pas renouvelée en 2008, nous explique-t-on, est-ce à dire qu'il s'était dé-radicalisé? Soit les services antiterroristes se sont largement trompés, soit il s'est encore re-radicalisé depuis (il a eu le temps...) Et au fait, personne ne se demande ce qu'est devenu le fameux "prêcheur très virulent" de Pontarlier? Œuvre-t-il encore? Combien de fidèles a-t-il pu endoctriner depuis dix ans?

Malgré le peu d'intérêt de la cible industrielle choisie en France, la démonstration est faite que les terroristes peuvent frapper partout - et il faut absolument que cette compréhension s'imprime enfin dans le cerveau des dirigeants et de l'opinion publique, car il est vain de combattre le terrorisme avec des mesures sécuritaires classiques. Il n'y a pas et il n'y aura jamais assez de policiers, de gendarmes et de soldats pour protéger tous les aéroports, toutes les manifestations, toutes les écoles juives ou non, tous les entrepôts de stockage de matières explosives. C'est impossible.

Il est tout aussi impossible de vouloir surveiller une population entière, au cas où quelqu'un ose sérieusement plaider une stratégie à ce point vouée à l'échec. Non seulement les islamistes se cachent de mieux en mieux dans la population (Yassin Salhi n'avait même pas de casier judiciaire) mais ils sont de moins en moins stupides lorsqu'ils préparent leurs attentats, une sélection naturelle en quelque sorte ; du coup, ils parviennent bien plus souvent à leurs fins. La France avait été saisie à froid par les attentats de Charlie Hebdo en janvier, mais pour Saint-Quentin-Fallavier elle n'avait aucune excuse.

Alors, comment lutter contre le terrorisme islamique, me demanderez-vous? Tentons une explication articulée autour de quelques points seulement, soit, par ordre décroissant d'importance:

1. Des frontières. Comme la peau pour un organisme, les frontières sont la première ligne de défense d'un territoire donné - choisir qui peut rentrer, qui ne peut pas, et qui doit être expulsé manu militari lorsque c'est possible. En l'occurrence, quiconque soutient et justifie le terrorisme islamique, défend la lapidation, l'établissement du califat, l'infériorité des lois civiles face à la charia, etc. doit être immédiatement expulsé du pays s'il n'en a pas la nationalité, et traité comme un ennemi intérieur -  ce qu'il est objectivement - le cas échéant.

En outre, tout immigrant devrait être clairement mis en face des valeurs du territoire dans lequel il entend pénétrer (par exemple: égalité homme-femme, religion limitée à la sphère privée, liberté d'expression incluant le blasphème etc.) et jurer de s'y soumettre, ou s'en voir refuser l'accès, sans discussion. Le principe de précaution doit primer sur toute autre considération pour garantir la sécurité des autochtones.

2. Le droit fondamental de l'apostasie. Nous ne sommes pas prisonniers de la religion qu'ont choisi pour nous nos parents, pas plus les musulmans que les catholiques, les protestants ou n'importe qui d'autre. Renier sa religion pour en choisir une autre ou aucune est un droit de l'homme absolument fondamental. Ce droit devrait être rappelé à tous en de multiples occasions et les gens qui le refuseraient à leur progéniture, par exemple, devraient être immédiatement expulsés selon le point 1 ci-dessus.

3. De la satire. Il faut se moquer de l'islam. Beaucoup. Non seulement parce que les barbus islamistes sont du plus grand ridicule, mais parce que toute cette religion repose sur des dogmes tellement absurdes qu'elle attire naturellement les moqueries de quiconque doté d'un peu de bon sens. Cela fait des siècles que les humoristes, artistes, intellectuels et autres esprits libres de l'Occident se font une joie de bouffer du curé et de se moquer des chrétiens, dont la construction intellectuelle est pourtant sans comparaison, alors pourquoi l'islam devrait-il être épargné par la critique? Nous en connaissons tous la raison - la lâcheté - mais cela n'empêche pas que tout doive être fait pour préserver au moins la liberté d'expression de ceux qui ont le courage de se livrer à cette critique nécessaire, comme Geert Wilders.

En outre, les réactions outrées et excessives de musulmans que cette liberté d'expression irrite, si elles dépassent elles-mêmes les bornes de cette liberté (incluant par exemple la destruction de propriété ou des menaces de mort lors de manifestations) sont un excellent moyen de trier le bon grain de l'ivraie et de renvoyer tous les incompatibles selon le point 1 ci-dessus.

Voilà.

Quelques mois de ce régime et l'Occident se purgerait assez vite de ses islamistes les plus furieux, sans obliger des centaines de fonctionnaires des services de renseignement à suivre des milliers de terroristes potentiels en essayant de les attraper avant qu'ils ne passent à l'acte (ou, comme nous le verrons de plus en plus souvent, juste un peu trop tard.)

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Il y aurait bien sûr d'autres aspects à traiter, comme la surabondance d'aides sociales mal ciblées ou les aventures militaires indéfinies et sans objectif de certaines puissances occidentales, mais ils sont à mon avis moins importants et susciteraient sans doute un débat politique encore plus incertain.

Évidemment, c'est dans ce dernier point que réside toute la difficulté: entre des Français dominés par une oligarchie politique aussi obèse qu'impuissante et des Suisses enfermés dans leurs habitudes électorales et endormis par la mélopée soporifique de leurs médias, le premier défi sera à relever sera celui de l'apathie des populations occidentales. La partie est loin d'être gagnée.

En attendant, il y aura encore des attentats et des morts. Beaucoup.