27 septembre 2016

L'hospitalité, sans limite

L'histoire du Sleep-In de Renens est celle d'une Suisse naïve qui découvre les premières vagues de la déferlante migratoire et des autorités qui gèrent le dossier de l'immigration illégale avec faiblesse et naïveté. Elle mérite d'autant plus d'être contée qu'elle n'est pas terminée.

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Le bâtiment du Sleep-in est désormais ceinturé de grillages, au grand dam des travailleurs sociaux qui y travaillent encore. (cliquez pour agrandir)

Installé dans une bâtisse historique, le Sleep-In de Renens est une structure d'accueil pour sans-abris, cogéré par les communes de Lausanne et Renens. Si ces lieux sont régulièrement surchargés l'hiver, c'est bien au cœur de l'été 2015 que le grand public apprit son existence. Son jardin fut envahi par des dizaines de migrants africains dans des conditions de salubrité déplorable ; le fait fut rapporté dans les médias.

Un budget de logement illimité

Le sujet préoccupa le Conseil Communal de Renens. Lors d'un rappel de la loi sur l'accueil des migrants donné par l'exécutif de la Ville, l'assemblée découvrit que la loi vaudoise oblige les autorités à trouver immédiatement un logement pour tout demandeur d'asile, le soir même et à l'hôtel au besoin - sans limite de budget.

Malgré tout, la généreuse loi vaudoise ne pouvait même pas être invoquée dans ce cas, les migrants principalement nigérians du Sleep-in refusant de décliner leur identité. Outre des demandes d'asile déjà rejetées, un bon nombre de ces messieurs était en effet en délicatesse avec la justice pour de menues histoires de trafic de drogue et soumis à des arrêtés d'expulsion.

Un gouvernement de gauche totalement inactif

Les occupants avertis qu'ils "s'exposaient désormais aux rigueurs de la loi" n'eurent pas trop à en souffrir. Il revient au Canton de renvoyer des requérants déboutés, mais Vaud et son gouvernement à majorité de gauche se démarquent depuis longtemps par le plus haut taux de renvois non exécutés de Suisse - au point que Mme Sommaruga elle-même exprima un rappel à l'ordre. Imagine-t-on les limites à franchir pour en arriver là?

Finalement chassés du Sleep-In, les immigrés illégaux investirent plusieurs squats successifs à Renens et Lausanne, ajoutant la violation de propriété à leurs méfaits. Le groupe initial s'éparpilla progressivement mais semble continue à graviter dans l'Ouest Lausannois.

On imagine mal que tous ces gens soient repartis en Afrique, et ce ne sont pas les autorités locales qui les mettront dans l'avion.

Première publication dans le numéro de septembre 2016 de Franc-Parler, le journal de l'UDC suisse.

25 septembre 2016

Vote sans surprise

Ce dimanche voyait les citoyens s'exprimer sur trois objets fédéraux: une initiative écologiste pour "l'économie verte", une initiative de gauche pour augmenter l'AVS, la retraite par répartition ; et un référendum lancé par certains milieux contre la nouvelle loi fédérale sur le renseignement, la LRens.

Le score final est de deux Non et un Oui. Les deux initiatives sont rejetées et la LRens est acceptée - un résultat parfaitement prévisible de bout en bout. La participation atteint les 43%.

L'Initiative "Pour une économie durable et fondée sur une gestion efficience des ressources (économie verte)" (abordée ici) promettait la mise sous tutelle complète de l'activité économique dans ses moindres détails, au nom de mesures picrocholines autour du fumeux concept "d'empreinte écologique", et ce jusqu'en 2050.

votation du 25 septembre 2016

Face à la perspective de renoncer à tout confort grâce à de délirantes taxes sur l'énergie - sans compter l'augmentation du coût de la vie en général - le grand public décida de ne pas suivre, rejetant le texte par 63.6% des suffrages. On peut toutefois s'étonner du relatif succès de l'initiative, laquelle dépasse de beaucoup le cercle traditionnels des adeptes de Gaïa. L'écologie verte marque des points en Suisse romande et passe même la rampe à Genève (51.9%). Il serait intéressant de voir ce que donnerait une version seulement cantonale de ce texte... Mais pourquoi souhaiter tant de mal à la population genevoise?

Initiative AVS Plus (abordée ici): nous étions avec ce texte dans une posture de redistribution classique avec ses victimes (ici les travailleurs) et ses prétendus bénéficiaires (ici les retraités). Mis à part la stratégie de base de la gauche visant à dresser les couches de la population les unes contre les autres, la démarche m'échappait quelque peu. Les personnes âgées sont plutôt conservatrices et n'auraient pas forcément viré leur cuti pour les socialistes, à moins qu'il n'ait s'agit depuis le début que d'une simple opération de communication. Les salariés, quant à eux, retiendront que pour la gauche ils sont une fois de plus sacrifiables sur l'autel des intérêts d'une autre catégorie sociale.

votation du 25 septembre 2016

La faiblesse du train de vie des retraités reste malgré tout un problème récurrent. Plutôt que de chercher "bêtement" à augmenter des rentes qui convenaient encore il y a quelques années, ne faudrait-il pas davantage se pencher sur l'augmentation du coût de la vie qui grève le budget des personnes vulnérables? Entre les augmentations continues des taxes (TVA), du coût de la santé ou de celui du logement à cause de la pression migratoire, il y aurait bien des pistes à creuser... Mais pas forcément à l'avantage des socialistes. Demander une rallonge est tellement plus simple!

La nouvelle Loi sur le Renseignement (LRens) passe quant à elle confortablement l'épreuve du référendum avec 65.5% d'approbation. Pas un canton ne la refuse.

En porte-à-faux avec mon parti, j'étais personnellement opposé à ce texte. La LRens légalise pour les services de renseignement des moyens d'espionnage rigoureusement interdits au commun des mortels, comme des logiciels espions installés à leur insu sur les téléphones portables de tiers. Je reste de marbre devant les "garanties" sensées prévenir les dérives de la surveillance de masse ; je ne sais que trop bien à travers des exemples issus d'autres pays avec quelle facilité ces procédures sont rapidement contournées pour ne plus devenir que les étapes symboliques d'une surveillance de masse. On commence par demander une approbation ponctuelle, on finit par signer l'annuaire entier.

Enfin, je pense que les moyens de la loi actuelle - qui date d'octobre 2008, pas vraiment Mathusalem - conjugués aux autres mesures comme le contrôle de l'immigration et l'expulsion des étrangers criminels auraient été tout à fait suffisants pour garantir la sécurité de notre pays... À condition de les mettre en œuvre!

Mais quoi qu'il en soit, le succès de la LRens était couru d'avance. Dans une époque troublée où la majorité est visiblement prête à sacrifier sa liberté contre une promesse de sécurité, les voix divergentes se faisaient d'ailleurs fort rares. Seuls l'extrême-gauche et les Verts s'opposèrent au texte, vraisemblablement moins au nom de grands principes que par ce que leurs militants extrémistes en avaient à craindre.

Ce week-end a donc vu un ensemble de scrutins sans surprise - les sondages annonçaient pareils résultats depuis longtemps. Les seuls regrets que l'on puisse exprimer concernent la Suisse romande toujours plus à gauche que sa sœur alémanique, et les scores toujours trop élevés pour des appels à une utopie totalitaire.

23 septembre 2016

Le peuple suisse, cocu content ?

Après sept heures de débat mercredi le Conseil National a finalement entériné la loi d'application de l'initiative "Contre l'immigration de masse" - une loi tellement vide de contenu que personne, pas même les parlementaires qui l'ont votée, n'ose prétendre qu'elle respecte la Constitution.

Un tel aveu constitue une première. Comme le relevèrent certains UDC à Berne, pareille situation pose la question du serment que prêtent les parlementaires au début de leur mandat, lorsqu'ils jurent de la défendre.

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Selon l'article 121a de la Constitution, la Suisse doit gérer de façon autonome son immigration. Il instaure la préférence nationale en matière d'emploi et des plafonds annuels d'immigration toutes catégories confondues - dont l'asile et le regroupement familial - et enfin, empêche le pays de signer tout traité contraire à ces dispositions. Le peuple suisse connaît bien le texte suite à l'énorme campagne qui eut lieu en 2014 autour de l'initiative contre l'immigration de masse.

A contrario, la loi d'application qui sera prochainement sous toit demande que les offres d'emploi soient publiées aussi auprès des offices régionaux de placement. C'est à peu près tout.

La Constitution avait déjà été allègrement violée au mois de mai lorsque le Conseil Fédéral décida de voter l'extension de la libre-circulation à la Croatie. A cette occasion, il contrevint de façon flagrante et indiscutable à l'article constitutionnel, en plus de renier ses propres engagements du lendemain du 9 février.

L'UDC hurla son indignation dans l'indifférence générale. Avec leur profondeur de réflexion coutumière, les médias se réjouirent ce cette déconvenue. Le grand public, lui, resta parfaitement apathique. Il n'y avait donc aucun doute que cette entorse à la Constitution ne serait pas unique. Nous en avons un nouvel exemple aujourd'hui. Il sera suivi de beaucoup d'autres.

Écrivons-le en toutes lettres: la Constitution helvétique n'est plus qu'un morceau de papier sans valeur. Un texte inspirant l'action politique, mais de façon abstraite, sans contraintes. Une sorte de feuille de route purement symbolique dont chaque dépositaire de l'autorité - gouvernement, parlement, justice - pourra s'éloigner autant que nécessaire, selon ses objectifs idéologiques et politiques du moment.

Pour la classe politique, les avantages sont immédiats: les initiatives populaires relèvent désormais du folklore. Par exemple, la récente initiative pour la "primauté du droit suisse" sur le serpent de mer du droit international n'a plus aucune raison d'être. Qu'elle soit refusée et on s'en réjouira ; qu'elle soit acceptée et on l'inscrira dans la Constitution avant de l'ignorer royalement.

Les politiciens ne prennent même plus cet air contrit qu'ils arboraient au lendemain d'initiatives populaires gênantes, comme l'internement à vie des criminels dangereux ou l'interdiction pour les pédophiles de travailler avec des enfants. L'expression populaire n'est déjà plus qu'une démonstration d'humeur ponctuelle que seul un crétin, un politicien UDC par exemple, prendrait au sérieux.

Les faits donnent raison à ceux qui méprisent la démocratie directe. Le peuple vote pour des initiatives et élit ensuite des représentants qui les foulent aux pieds. La faute en revient évidemment à la classe politique et aux médias, mais la responsabilité finale incombe indiscutablement aux électeurs qui choisissent d'être cocus.

Les protestataires les plus lucides continueront bien évidemment à se tourner vers l'UDC, la gratifiant d'un ou deux pourcents supplémentaires tous les quatre ans, mais cela n'a guère d'importance. À ce rythme un basculement du rapport de force n'arrivera pas durant ce siècle, la majorité des deux tiers du centre-gauche du Parlement continuant entre-temps à faire comme bon lui semble.

Qui s'avoue réellement surpris par ce qui se passe à Berne? Les signes de cette dérive, nombreux et concordants, s'étalent devant nos yeux depuis des années. L'épisode de l'immigration de masse n'est qu'une étape supplémentaire, médiatiquement porteuse car concernant un sujet qui cristallisa le débat en son temps.

Ce mercredi, malgré un débat-fleuve, la partie était jouée depuis le début. Tous les partis politiques hormis l'UDC choisirent de ne pas prendre le risque de se fâcher avec Bruxelles, de ne pas renégocier le sujet de la libre-circulation avec l'UE, d'ériger les bilatérales en Veau d'or intouchable. L'Union Européenne n'a même pas eu à hausser le ton: les négociateurs helvétiques ont capitulé en rase campagne, avant que le moindre coup de feu ne soit tiré, avant même que l'étendard de l'adversaire ne soit aperçu. Cinglant contraste avec le courage anglais...

En 1992, les Suisses votèrent contre l'adhésion à l'Espace Économique Européen. Depuis ce fâcheux accident, la classe politique travaille à rendre le pays euro-compatible et à lier les mains de ce peuple revêche, redéfinissant la signification de la démocratie directe au besoin. Par habitude, naïveté et pusillanimité, la grande masse des citoyens laisse faire.

On a refusé à la classe politique l'honneur de devenir membre de l'Union Européenne ; elle choisit aujourd'hui d'en devenir l'esclave - et tant pis s'il faut jeter la Constitution aux orties pour cela.

19 septembre 2016

Désunion Européenne

L'Union Européenne est en crise. Dans le théâtre de faux-semblants qui tient lieu d'organisation à la tête de l'UE, les dirigeants se réunissent pour multiplier d'hypocrites démonstrations d'unité.

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Un reportage de la RTS résume la pièce jouée dans un luxueux château dominant le Danube:

À l'étranger, la mise en scène de la rencontre a été réglée dans les moindres détails. Les chefs d'État de l'Union Européenne s'étaient donné rendez-vous dans un château de Bratislava en Slovaquie ce vendredi. Première réunion sans le Royaume-Uni qui a choisi de quitter l'Union en juin et un seul objectif, raviver l'image d'une Europe unie malgré les crises successives.


Alors on affiche les symboles, tous dans le même bateau pour une croisière sur le fleuve... Mais la propagande ne prend plus. "L'esprit de Bratislava" est celui d'une Europe en bout de course, comme le rapporte Jean Quatremer, encore plein d'amertume d'avoir été parqué avec ses confrères journalistes dans un immense hangar de l'autre côté du Danube pendant que les 27 chefs d'État discutaient à huis clos.

François Hollande et Angela Merkel, la chancelière allemande, qui ont tenu, pour la première fois depuis l’élection du premier, conférence de presse commune (limitée à deux questions par pays…), ont essayé de vendre un « esprit de Bratislava », celui de la concorde retrouvée entre l’Est et l’Ouest, entre le sud et le nord, entre les riches et les pauvres, entre les démocraties autoritaires et les démocraties libérales (sic). Un beau conte de fées que Matteo Renzi, le Premier ministre italien, a fait immédiatement voler en éclats en déclinant toute conférence de presse commune avec le couple franco-allemand : «je refuse de suivre un scénario visant à faire croire aux citoyens que nous sommes d’accord sur tout»… Et d’énumérer, parmi les principaux points de désaccord, les réfugiés et la politique économique, notamment allemande, etc. Même écho de Viktor Orban, le chef du gouvernement hongrois.


Le journaliste pro-européen, fidèle croyant, livre sa martingale: en premier lieu, il faudrait briser la "règle de l'unanimité" qui enfonce selon lui chaque jour un peu plus l'Union dans la paralysie. Il y a du vrai dans ce diagnostic ; se mettre d'accord à 27 semble devenu mission impossible.

Mais à quels projets servirait donc un mode de décision plus souple? Obliger davantage de pays à accueillir des hordes de migrants dont ils ne veulent pas? Interdire l'attractivité fiscale de pays sans ressources? Imposer une rigueur infligée sélectivement à certains mauvais élèves budgétaires? Ou tout simplement permettre plus de procès politiques, comme lorsqu'un obscur Ministre du Luxembourg prétend carrément faire exclure la Hongrie de l'organisation?

L'Europe s'est agrandie avant de clarifier son projet. Chercher la réponse dans l'organisation des institutions ne suffit pas. La crise est d'ailleurs si profonde qu'elle rend toute réforme impossible. Trop de gouvernements savent de quel côté du manche ils se trouveraient si la règle de l'unanimité était remplacée. Certains ont beau être encore pro-européens, ils ne sont pas stupides à ce point-là.

En attendant, on communique donc, comme à la belle époque de l'URSS en crise et des démonstrations d'unité du Soviet Suprême. Les voix discordantes ne sont pas tolérées, les journalistes tenus à l'écart, les sujets qui fâchent balayés sous le tapis. Ne reste que la portion congrue de ceux qui font consensus - une soupe claire brandie comme la potion miracle.

L'illusion européenne a été déchirée par la lame de la démocratie. Le Brexit y a mis fin de façon inéluctable. Ce n'est pas une question de diplomatie, d'image ou même de gestion des dossiers chauds du moment ; l'Union Européenne est promise à l'effondrement à brève échéance à cause des mêmes raisons mesquines qui mettent un terme à bien des couples, l'argent.

On inflige une petite gifle au peuple anglais en n'invitant plus le Royaume-Uni aux réunions, mais lorsque les budgets européens devront être établis, son absence se fera ressentir bien plus cruellement. Bruxelles recevra alors un coup de poing.

L'Angleterre est la cinquième économie du monde, la deuxième en Europe après l'Allemagne et devant la France. En 2015, les sujets de Sa Majesté versèrent 13 milliards de livres à l'Union Européenne, dont 4,5 milliards revinrent au pays sous la forme de programmes et subventions diverses ; le Royaume-Uni était donc un contributeur net de 8,5 milliards de livres au budget européen.

Qui va le remplacer?

Empêtrées dans la crise des migrants et leur propre incompétence, l'Allemagne et la France ne semblent guère en mesure de débourser des milliards au nom d'un projet qui prend l'eau. Ne parlons pas du reste du groupe de tête - Italie, Pays-Bas, Suède, Autriche, Danemark ou Finlande - incapables d'assumer des montants pareils de par la taille de leurs économies, en prise avec leurs propres mouvements anti-UE, ou simplement en crise. Et les 19 pays suivants sont tous débiteurs nets de l'Union Européenne.

L'autre alternative est évidemment de réduire la voilure, ce qui ne manquera pas de provoquer d'intéressantes discussions à Bruxelles pour arbitrer les priorités des uns et des autres au milieu des nombreuses sangsues pompant l'argent en prise directe. Et si l'UE découvre elle-même tardivement la rigueur, elle risque de faire fuir de nombreux pays qui ne verront plus aucun intérêt à rester soumis à la clique de Bruxelles en échange, désormais, de bien peu de choses.

Les discussions budgétaires commencent traditionnellement à l'automne ; cette année, elles promettent d'être particulièrement intéressantes.

14:43 Publié dans Europe, Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : mensonges, ue |  Facebook

16 septembre 2016

Paris sera toujours Paris?

Une vidéo fait le buzz en ce moment - mise en ligne le 10 septembre, elle montre en caméra cachée l'état de certaines rues de la ville et des populations qui en ont désormais pris possession.

Sans commentaire.

12 septembre 2016

La santé d'Hillary en question

Il a suffi d'un "léger malaise" de la candidate démocrate lors des cérémonies de commémoration du 11 septembre pour que la santé d'Hillary Clinton revienne sur le devant de la scène. L'épisode, filmé par plusieurs journalistes [correction: de simples spectateurs] selon des angles différents, fut diffusé sur la toile suffisamment vite pour qu'il ne soit plus possible de nier.

Quant à la légèreté du malaise, jugez-en par vous-même:

Clinton_Shoe.jpgAttendant la voiture en tenant à peine debout, la candidate, promptement soutenue par ses gardes du corps, rentre dans son véhicule blindé en abandonnant une chaussure dans le caniveau. Une photo qui aurait fait la une des journaux si elle avait pu concerner Trump.

On notera l'extrême détachement du personnel de sécurité pendant l'entier de cette scène: les agents observent les alentours et ne jettent pas un regard à Mme Clinton, alors que d'autres la soulèvent et l'embarquent dans le plus grand calme, comme si tout cela était une danse parfaitement chorégraphiée.

Est-ce le professionnalisme d'agents rompus à toutes les situations, ou l'expérience d'un personnel pour qui ce genre de passage à vide n'est pas une première?

Quelques jours plus tôt, Mme Clinton donnait une conférence publique très importante à Cleveland, pendant laquelle elle fut prise de quintes de toux incontrôlables pendant plusieurs minutes, provoquant un certain malaise dans le public. Elle réussit à glisser entre deux toux que son comportement était dû à "une allergie à M. Trump". La scène est moins embarrassante que la précédente mais reste tout de même singulière:

Les interrogations sont récurrentes quant à l'état de santé de Mme Clinton - mais il a suffi d'une vidéo accablante pour que ce qui n'était jusque-là que des "spéculations houleuses lancées par des adeptes de la théorie du complot", voire des rumeurs lancées à dessein par son adversaire, ne devienne en moins de 24 heures une vérité établie.

Un retournement de veste assumé avec tant de souplesse force le respect. Deux tweets d'un journaliste à quelques années d'intervalle permettent de se faire une idée de l'hypocrisie de la presse...

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2008: La santé de McCain: Ce Que Cela Signifie
2016: Ne peut-on pas arrêter de parler de la santé d'Hillary maintenant?

Dès 2012 Hillary Clinton ne donnait plus vraiment l'image d'une santé éclatante. Elle souffrit d'un virus gastrique et d'une déshydratation, puis d'une commotion cérébrale après s'être évanouie. Un caillot de sang fut ensuite découvert entre le cerveau et le crâne. A cette occasion elle vit double pendant quelques semaines. Même alors des soupçons planaient sur sa condition réelle, notamment parce qu'elle reçut des anticoagulants qui, de l'avis de médecins consultés par plusieurs médias, n'étaient d'aucune utilité pour des caillots dus à un traumatisme.

Aujourd'hui, l'entourage médical de la candidate démocrate affirme qu'elle a été victime d'une pneumonie détectée vendredi et qu'elle annulait tous ses rendez-vous pour les prochaines 48 heures. Ce diagnostic soulève plus de questions qu'il n'apporte de réponses.

  • Si Mme Clinton est diagnostiquée avec une pneumonie depuis le 9 septembre, comment se fait-il qu'elle ait participé à de multiples apparitions publiques impliquant de nombreux contacts avec la foule entre cette date et aujourd'hui? La pneumonie est une maladie grave, et contagieuse.
  • Mme Clinton serait traitée par des antibiotiques. Normalement l'amélioration du patient est rapide et notable avec ces médicaments. Or, son malaise du 11 septembre intervient après plusieurs jours de médication et semble donc d'autant plus étonnant à ce stade.
  • De nombreux épisodes de quinte de toux et de comportements étranges de Mme Clinton ont été rapportés (et filmés) depuis longtemps auparavant, et ne cadrent pas avec une simple pneumonie diagnostiquée il y a trois jours.
  • L'apparition forcée d'Hillary Clinton en bas de son immeuble peu de temps après son malaise, et l'affirmation livrée alors qu'elle aurait été victime d'une simple "insolation" (malgré une modeste température de 26° à New York) est un mensonge de plus, entachant encore la réputation d'une politicienne jugée peu sincère par la majorité des Américains.

Hillary Clinton vient de perdre gros aujourd'hui ; même ses partisans les plus déterminés auront des doutes quant à sa capacité à assumer la charge de Président. En termes d'image, une apparence de faiblesse et de maladie n'est guère motivante. Ces ennuis de santé s'ajoutent à la dernière polémique à peine retombée où elle clame que "la moitié" des électeurs de Trump sont des racistes, des xénophobes et des bigots, entre autres termes élégants!

L'élection présidentielle américaine a lieu dans moins de 60 jours. Pendant cet intervalle, l'état de santé de Mme Clinton sera épié, scruté, déchiffré en permanence - et probablement pas à son avantage. Si elle n'est effectivement atteinte que d'une pneumonie et qu'elle en guérit rapidement et complètement, elle garde quelques chances. Autrement, la maigre avance dont elle dispose dans les sondages promet de ne pas durer, d'autant plus que le plus dur arrive avec les trois débats prévus contre Donald Trump, qui ne lui fera pas de cadeaux.

Hillary Clinton sera-t-elle prête et en grande forme à temps? Imagine-t-on l'effet d'un de ces malaises ou d'une quinte de toux en direct sur un plateau de télévision?

Les médias et les démocrates américains réalisent soudainement que la candidature à la présidence d'Hillary Clinton n'a plus rien d'une marche triomphante vers la victoire.