17 février 2016

#JeSuisCirconflexe et la bataille de la langue

L'affaire remonte à deux semaines: disparition partielle de l'accent circonflexe sur le "i" et le "u", simplification de la graphie de quelque 2400 mots, une réforme de l'orthographe décidée en 1990 ferait son apparition dans les manuels scolaires en France à l'occasion de la rentrée 2016. La nouvelle suscita immédiatement une levée de bouclier des internautes, notamment via le hashtag #JeSuisCirconflexe...

Péripéties humoristiques mises à part, le débat de fond subsistait et dure encore: est-ce à l'école de décréter le "bon" orthographe, et à travers elle l’État? La société civile n'allait-elle pas continuer à utiliser l'orthographe traditionnelle, générant ainsi un français à deux vitesses encore plus discriminant que la maîtrise traditionnelle de l'orthographe que les socialistes visaient à résorber?

De nombreuses voix se firent entendre, avec des arguments tout à fait sensés. L'exécutif français se mura quant à lui derrière ses institutions, affirmant qu'il ne faisait qu'amener à l'école une réforme "validée par l'Académie Française il y a un quart de siècle." L'âge de la décision de l'Académie devait, en gros, faire de la polémique un combat d'arrière-garde qui finirait bien par s'éteindre.

helene_carrere_d_encausse.jpgLas! Les Immortels de l'Académie française ne sont pas tous morts et remplacés. Certains étaient là et bien là lors de ces journées fatidiques il y a vingt-cinq ans... Notamment Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuelle de l'Académie française, qui prit fermement ses distances avec la réforme de l'orthographe dans un entretien accordé au Figaro samedi dernier. L'article n'est pas disponible pour les internautes de passage mais les propos ont été repris dans d'autres quotidiens comme La Croix et jettent un éclairage résolument différent - voir les passages en gras - sur l'argument de la "validation par l'Académie Française" de cette fameuse réforme:

L’Académie française n’est pas à l’origine et n’a pas validé la réforme de l’orthographe qui doit être prochainement généralisée à l’école. La prestigieuse institution aura pris son temps mais la mise au point est claire. (...)

« Je n’ai pas compris les raisons qui expliquent l’exhumation d’une réforme de l’orthographe élaborée il y a un quart de siècle et où l’Académie française n’a eu aucune part, à l’inverse de ce que l’on a voulu faire croire », indique Hélène Carrère d’Encausse.

L'historienne précise qu'en ce qui concerne la réforme de 1990, l'Académie, consultée, s'était prononcée sur des « principes généraux - un nombre limité de rectifications d'incohérences ou d'anomalies graphiques - mais non sur le projet lui-même dont le texte était en cours d'élaboration ».

Ce n'est qu'ensuite, lorsque le rapport du Conseil supérieur a été publié au journal officiel, que les académiciens ont pu en prendre connaissance et en débattre. « Et le débat fut d'une grande vivacité. L'Académie dans son ensemble a marqué son désaccord avec ce texte » (...)

« La position de l'Académie n'a jamais varié sur ce point : une opposition à toute réforme de l'orthographe mais un accord conditionnel sur un nombre réduit de simplifications qui ne soient pas imposées par voie autoritaire et qui soient soumises à l'épreuve du temps », souligne Mme Carrère d'Encausse. Elle remarque sur ce point que la réforme est tombée en désuétude. Les Français dans leur pratique ne l'ont pas cautionnée. « Il est donc absurde de ressortir aujourd'hui cette réforme » conclut-elle.


Et les traces existent: "cette position est clairement exprimée dans la déclaration de l'Académie votée à l'unanimité dans la séance du 16 novembre 1989 et dont elle ne s'est jamais écartée", rajoute Mme Carrère d'Encausse pour bien enfoncer le clou.

Patatras! La belle ligne de défense de Mme Najat Vallaud-Belkacem tombe à l'eau. Mais une Ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, à fortiori socialiste, ne va pas faire preuve d'humilité face à une institution de plus de trois siècles dont la fonction est de superviser la langue française... La politicienne riposte donc dans la mesure de ses moyens dans les journaux:

« Eu égard à la mission de défense et d'illustration de la langue française assignée à l'Académie, je vous serais reconnaissante de bien vouloir me faire part de toute évolution de la position de votre institution quant aux rectifications orthographiques, afin que les acteurs concernés puissent en tenir compte à l'avenir. »


En attendant, elle n'indique évidemment aucun changement de cap des autorités.

La réforme orthographique accouchée au forceps par le gouvernement français semble bien artificielle, et son avenir bien mal en point. Les amoureux de la langue de Molière peuvent-ils souffler? Tout dépendra de l'acharnement des autorités socialistes à persister dans l'erreur. Mais au vu de la façon dont les choses tournent, les parents seraient bien avisés d'insister sur un enseignement traditionnel de l'orthographe s'ils souhaitent que leurs enfants ne se couvrent pas de ridicule plus tard...

Et en Suisse?

Le marché romand du manuel scolaire étant petit, les écoles s'approvisionnent chez les éditeurs français ; et la question se pose de façon très concrète depuis que des parents romands ont eu le déplaisir de découvrir des ouvrages arborant (fièrement?) la "nouvelle orthographe" - alors que le niveau général de français est en baisse constante.

Si certains s'indignèrent, les autorités eurent des réactions nettement plus mesurées - non seulement parce qu'il n'est pas dans le tempérament suisse de faire des vagues, mais aussi à cause du suivisme général face à tout ce qui vient de l'Hexagone.

Toutefois, les révélations d'Hélène Carrère d'Encausse relancent le dossier. Les enseignants ne sont pas tenus d'imposer la nouvelle orthographe ; mais ils étaient tout de même amenés à ne pas sanctionner ce qui n'était plus considéré comme une faute. Or, il semble bien que la fameuse réforme de l'orthographe dont il est question soit plus un coup de force du Ministère de l’Éducation Nationale qu'une volonté de l'Académie Française.

Nous sommes donc en présence d'une réforme politique, non linguistique, ce qui devrait lui ôter toute valeur hors du territoire de la République française. Dont en Suisse romande.

Quand un élu romand osera-t-il demander l'abandon de cette réforme dont personne ne veut et le retour à des manuels scolaires écrits dans un français correct?

15 février 2016

La Cour Suprême s'invite dans la campagne présidentielle américaine

Le décès à 79 ans du juge Antonin Scalia met sous le feu des projecteurs une fonction essentielle du président des États-Unis, nommer les membres de la Cour Suprême.

220px-Antonin_Scalia,_SCOTUS_photo_portrait.jpgLa fête de ce vendredi soir au Ranch de Cibolo Creek, un complexe hôtelier au sud de Marfa, devait être un moment de détente entre les quarante invités, mais personne ne s'attendait à ce que ce soit la dernière apparition publique du juge Scalia. Ses amis ne le voyant pas arriver au petit-déjeuner le samedi matin, l'un d'eux partit à sa recherche et le découvrit mort dans sa chambre. Il semble décédé durant la nuit de causes naturelles.

Nommé par Ronald Reagan, le juge Scalia (Justice Scalia selon le titre donné aux membres de la Cour Suprême) était un esprit fidèle à la Constitution américaine, partisan d'un droit direct et intelligible par le commun des mortels. Dans son style particulier, incisif et souvent drôle, il s'alignait naturellement avec les opinions les plus conservatrices au sein du collège, dont le juge Clarence Thomas et le Chief Justice Roberts, actuel président de la Cour.

Sans surprise, le portrait d'Antonin Scalia brossé de ce côté de l'Atlantique est largement négatif: décrit comme conservateur, catholique "traditionaliste", on devine l'esprit borné. N'était-il pas d'ailleurs convaincu de la constitutionnalité de la peine de mort et défenseur de la détention d'armes individuelles? Opposé à l'avortement, à l'union homosexuelle et à la discrimination positive? Pas un journaliste pour comprendre qu'il s'agissait moins des positions de l'homme que d'une compréhension tout à fait banale de la Constitution américaine par le juge, à la portée de tout un chacun d'ailleurs...

Mais ce quiproquo plus ou moins involontaire entre les opinions personnelles d'un magistrat et la source du droit qu'il était chargé d'interpréter est au cœur du problème qui attend la prochaine Cour Suprême et les États-Unis dans leur ensemble - à brève échéance.

La Cour Suprême, un rôle central

La Cour Suprême américaine représente le faîte du pouvoir judiciaire des États-Unis. On ne peut pas faire appel de ses décisions. Elle peut également annuler des décisions politiques importantes. A l'opposé de constitutions truffées de formules générales de nombreux pays, la Constitution américaine définit aussi précisément que possible le rôle de l’État, c'est-à-dire ses prérogatives et son périmètre. Il ne peut, ou en tout cas ne devrait pas, les dépasser ni s'en attribuer de nouvelles. Les droits des Américains sont quant à eux protégés par un socle de droits fondamentaux, les fameux Amendements du Bill of Rights.

Comprendre et respecter la Constitution américaine revient donc à contenir l'évolution naturelle de l’État - comme de toute bureaucratie - à se mêler de domaines divers et variés sans aucune limite. La Cour Suprême a donc avant tout un rôle de gardien face à une évolution positiviste du Droit où le Gouvernement américain, s'éloignant de ses fonctions régaliennes, tend à légiférer sur des aspects toujours plus nombreux de la vie des Américains.

De ce fait, le rapport de force au sein du collège des juges est moins important que la majorité absolue. Tant que les constitutionnalistes tiennent le haut du pavé, la Constitution américaine signifie encore quelque chose ; que les constructivistes l'emportent et elle sera détruite, brisée par des réformes contraires à l'esprit des Pères Fondateurs qui se retrouveront pour toujours ancrées dans la jurisprudence.

Ces deux camps se retrouvent le grande partie, mais pas complètement, dans le clivage droite-gauche. Les Républicains sont en général respectueux de la Constitution, alors que les Démocrates la voient comme un papier à la seule valeur historique. Les seconds reprochent d'ailleurs continuellement aux premiers de s'abriter derrière la Constitution pour les empêcher de mener à bien les réformes qu'ils envisagent pour la société.

Les gauchistes des deux côtés de l'Atlantique se réjouiront sans doute de la nomination d'un candidat "progressiste", "libéral" ou "réformiste" qui permettrait par exemple de réglementer la possession d'armes à feu. Mais il faut bien comprendre que si ce Droit lié au 2e Amendement est modifiable, il en sera alors de même pour d'amendements, comme le droit de connaître les raisons de son arrestation, l'interdiction de la torture, ou le droit à la liberté d'expression... Une perspective qui s'avère immédiatement plus inquiétante.

Le relativisme constitutionnel n'a pas de limites!

Les grandes manœuvres

La disparition d'Antonin Scalia change de nombreux équilibres au sein de l'appareil judiciaire américain. La Cour Suprême, temporairement réduite à 8 membres, rend par exemple des jugements sans valeur de jurisprudence aussi longtemps qu'elle ne retrouve pas un effectif complet. Mais le plus important a naturellement trait aux rapports de force au sein de l'institution.

Les juges sont nommés par le président et exercent un mandat à vie. Ils peuvent néanmoins démissionner. Ainsi, ils prennent généralement leur retraite à un âge avancé, si possible lorsqu’un président issu de leur sensibilité occupe la Maison Blanche. Avant le décès d'Antonin Scalia, 5 juges avaient été nommés par un président républicain, 4 par un démocrate ; même si la réalité est plus nuancée (rappelons-nous que le collège actuel a approuvé l'Obamacare) les factions constitutionnalistes / constructivistes se retrouvent désormais à 4 contre 4.

Sans surprise, dès l'annonce du décès du juge, Barack Obama se lança dans la bataille en voyant là une opportunité historique de faire basculer l'institution. Il annonça qu'il nommerait un successeur au juge Scalia dans les plus brefs délais. Décidé à pousser son avantage, Barack Obama ne souhaite pas attendre les élections de la fin de l'année qui verraient peut-être le succès d'un candidat républicain ; mais la partie n'est pas gagnée.

La nomination doit en effet passer entre les mains du Sénat pour la confirmation des candidatures de juges à la Cour suprême. Son président républicain, Mitch McConnell, qui fixe le calendrier du Sénat, a déclaré que le juge Scalia ne devrait pas être remplacé avant les élections présidentielles de l'automne. Nous verrons s'il parvient à tenir cette position jusqu'en novembre.

Si Barack Obama échoue dans ses projets, le choix reviendra donc aux citoyens américains. La question est donc moins le nom du remplaçant de M. Scalia que de savoir qui le nommera.

Si les 54 sénateurs républicains tiennent bon, ce sera aux Américains de décider lors de l'élection présidentielle. Hillary Clinton? Bernie Sanders? Donald Trump? Un autre? Quand les citoyens voteront, ils décideront bien davantage que le chef de l'exécutif. Par extension, ils se prononceront également sur la composition du collège des juges de la Cour Suprême, donc les différentes interprétations à donner à la Constitution ; et donc, finalement, les droits dont ils entendent disposer face à leur gouvernement.

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12 février 2016

La Municipalité de Renens s'offre une belle augmentation

Le futur syndic de Renens touchera 170'000 francs annuels, ses collègues municipaux 101'000 francs. Il fait bon diriger une commune de gauche.

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L'équipe sortante.

Hier soir au Conseil Communal les élus eurent à traiter le préavis "90-2015 - Fixation des indemnités du/de la Syndic/que et des membres de la Municipalité pour la législature 2016-2021", autrement dit, un préavis visant à changer le salaire et le taux d'activité des membres de l'exécutif de Renens.

Le projet, issu des rangs de la Municipalité, vise à passer le taux d'activité des municipaux de 50% à 60% et celui de Syndic de 80% à 100%. Mais ces taux sont purement techniques et ne sont utilisés que pour le calcul de diverses cotisations. La véritable information est liée au salaire. Le futur syndic de Renens touchera donc 170'000 francs annuels et ses collègues 101'000 francs. Malaise...

Pour une commune dont la plus grande partie de la population est issue des couches populaires, pareil niveau de rémunération représente un horizon inatteignable. Les indemnités de la future Municipalité atteindront l'équivalent d'un peu moins de deux points d'impôt! Alors que les temps sont difficiles, le futur promettant de l'être encore davantage, que le chômage à Renens atteint 7,5% et que la situation financière de la commune est inquiétante au plus haut point, était-ce bien le moment de s'attribuer cette augmentation rondelette?

Indigné comme tout un chacun, je me fendis donc de l'intervention suivante devant le Conseil Communal.

 


 

Qui dans cette salle peut s’octroyer une augmentation ses revenus par simple préavis ?

La Municipalité.

Certains en commission, encore plus gourmands que la Municipalité, citent Lausanne. Lausanne, Lausanne ! Lausanne, 7 municipaux à plein temps gagnant chacun entre 220 et 240'000 francs annuels ! Le Syndic le plus cher de Suisse ! Mais Lausanne, capitale cantonale, cité olympique, a 130'000 habitants, 6 six fois Renens, un budget de 2 milliards, vingt fois celui de Renens, et une dette supérieure à celle du canton… On peut se comparer à Lausanne, oui - et comprendre qu’aucun ratio issu de cette comparaison ne permet de justifier l’augmentation.

On s’éblouit d’ailleurs d’autant plus volontiers de Lausanne que cela permet de moins regarder les communes voisines. Bussigny, 4 municipaux à 50% et une syndique à 60%. Prilly, 4 municipaux à 50% et un syndic à 60%. Et leur salaire est à des années-lumière. Pensez-vous vraiment que les autres communes soient sous-administrées ?

Alors on nous dit que la fonction n’intéresse pas assez, ce qui est peut-être vrai pour les petits villages, mais certainement pas pour Renens. Voyons-voir, les élections ont lieu à la fin du mois, manquons-nous de candidats ?

Alors, toujours pour justifier cette hausse de salaire, on nous parle de tout ce travail abattu, l’Ouest Lausannois, le PALM… Mais, outre que ces projets sont aussi supportés par les autres communes de l'Ouest Lausannois, ils viennent avec leur propre budget, et leur propre personnel.

Je conçois fort bien que nos Municipaux travaillent avec acharnement. Mais cette activité n’est rien d’autre que les conséquences de leur propre volonté de transformer la ville de fonds en combles. Ils se sont bâti leur petit enfer personnel.

Le portrait reste malgré tout très relatif. Tout le monde a-t-il déjà oublié que cette Municipalité a travaillé en sous-effectif – pendant un an et demi – suite à la maladie de M. Jean-Pierre Rouyet ? Même si cela n'a pas été facile, je n'ai vu nulle trace de burn-out à l’horizon.

Pour les Renanais qui se lèvent le matin, payent de lourds impôts et ne peuvent compter sur aucune clémence dans le secteur privé, ce préavis sonne comme une insulte. 170'000 francs annuels pour le poste de Syndic ! Et on nous parle de "ressources rares" ? Pas pour tout le monde, visiblement !

Les Municipaux doivent servir, et non se servir.

Pour toutes ces raisons, j’amène tous les membres de cette assemblée dotés d’un minimum d’éthique et de respect envers les contribuables à rejeter ce préavis.

 


 

Après cette diatribe Mme Huguenin vint plaider pour sa cause, expliquant toute la douleur des autorités pour lesquelles les salaires sont exposés en place publique. M'est avis que c'est bien la moindre des choses! "Un moment de honte est vite passé" comme on dit, et à ce tarif annuel les Municipaux renanais accepteront volontiers une petite polémique si au bout du compte l'argent est au rendez-vous! Il était d'ailleurs cocasse de lire dans le texte la Municipalité plaider pour "garder un pied dans le monde du travail" alors que sous son influence la fonction se professionnalise à grands pas...

La vidéo est disponible ici (chapitre 13).

Seule l'UDC s'opposa à ce préavis au moment du vote. Il passa donc la rampe sans coup férir.

Après la séance du Conseil, j'eus une conversation intéressante avec la Syndique Mme Huguenin ; si je lui faisais remarquer que je n'avais jamais affirmé que les Municipaux renanais ne faisaient rien, elle me répondit que cette façon d'attaquer les autorités en place "lui rappelaient le fascisme", ce à quoi je rétorquai qu'en tant que communiste elle devait s'y connaître en révolutions. La conversation fut par ailleurs plus aimable, mais cet échange me fit réfléchir sur le sens de mon action.

Sans surprise, je me distancie des propos de la politicienne d'extrême-gauche. L'UDC ne vise pas à "renverser la table" et à mettre à bas la "société bourgeoise" comme ces mouvements révolutionnaires dans l'attente du Grand Soir. Au contraire, nous respectons les institutions et visons à les préserver de ceux qui en abusent. Comme je le rappelai moi-même à la Syndique, c'est la Municipalité qui ouvrit le feu en premier en décidant de s'octroyer cette augmentation.

Le respect de la démocratie, le contrôle des institutions par la base, voilà le credo de l'UDC. Et si les élus oublient leur rôle de serviteurs de la population, font preuve d'orgueil et commencent à utiliser leur position pour leur profit personnel, c'est notre devoir de nous y opposer et de les ramener à la réalité.

Et cela devrait être celui de tout citoyen.

11 février 2016

Débat sur Renens à La Télé

Dans le cadre de la campagne pour les élections communales 2016, La Télé organise des débats avec les candidats à la Municipalité des plus grandes communes du canton.

Le Mercredi 10 février, ce fut donc au tour de Renens d'être à l'affiche.

Les vétérans de ce blog se rappellent sans doute mon premier compte-rendu de ce type d'exercice en 2011, lors de la campagne pour la législature précédente. Bien qu'une heure vingt de débat soit organisée, le saucissonnage de l'émission en trois thèmes, la présentation des nombreux invités et la division du temps de parole n'accorda finalement à chacun que quelques minutes d'attention.

L'ambiance générale de l'émission fut bien plus courtoise qu'en 2011. S'il n'y eut pas les "énhaurmes" mensonges proférés alors, j'assistai tout de même à de nombreuses déformations de la réalité bien regrettables car certainement gobées tout cru par le téléspectateur de bonne foi.

Les trois thèmes suivent dans des vidéos d'approximativement vingt minutes.

Les grands projets urbanistiques à Renens. Quel nouveau visage pour Renens? La densification est en marche et la commune va connaître d'importants chantiers ces prochaines années.

Renens se développe, mais la Commune pense-t-elle encore à ses habitants historiques? La croissance est une course sans fin - plus de logements, de transports en commun, d'écoles, d'EMS, d'égouts, d'énergie et lorsqu'un cycle s'achève tout est à recommencer... J'eus quand même l'opportunité d'évoquer le quartier de Florissant et l'échec de la prétendue "concertation" avec les habitants pour la densification.

La mobilité à Renens. En pleine renaissance, Renens doit gérer sa mue, notamment en terme de mobilité pour concrétiser sa place de pôle régional aux portes de Lausanne.

Pour cette séquence, je cédai ma place à mon collègue de parti Gérard Duperrex, qui ne réussit malheureusement pas à entendre correctement une question du présentateur. A la question "pourquoi l'UDC a-t-elle votée contre la réfection de la Gare", la réponse est simple: c'était une mesure de protestation contre un projet mal ficelé, supprimant par exemple la plupart des places de parc pour voitures - et même pas de dépose-minute digne de ce nom! - pour laisser la place à un ahurissante surface pour les vélos... Et à l'époque du vote, nous ignorions encore que la Municipalité envisageait (et envisage toujours!) la mise en sens unique du passage sous voie. Sans compter que les CFF considèrent Renens comme une gare parfaitement secondaire: de l'art de mettre la charrue avant les bœufs.

Economie et finances à Renens. D'importants investissement sont prévus à Renens ces prochaines années dans un contexte économique incertain. Quelles doivent être les priorités? Comment attirer de nouvelles entreprises?

Mon sujet de prédilection, mais sans avoir la parole davantage! J'eus le plaisir d'entendre mon voisin de gauche (et du POP) proclamer que les gens n'en pouvaient plus des impôts renanais et qu'il n'était pas question de les augmenter. Mais ces paroles valent-elle engagement de l'extrême gauche? Le meneur de la bande M. Divorne resta nettement plus évasif.

Je n'eus évidemment pas l'occasion de développer mon argumentaire, à savoir que les "ressources rares" de Renens le sont avant tout à cause de l'appétit fiscal des autorités locales et que la baisse des impôts est sans doute la meilleure des promotions économiques. Pourquoi est-ce qu'une famille aisée amenée à habiter dans l'Ouest Lausannois devrait choisir Renens plutôt que d'autres communes moins hostiles au contribuable comme Prilly ou Saint-Sulpice? Voilà la question de fond.

Pour le spectateur non averti, il aura sans doute été difficile de suivre un propos entrecoupé de reportages et de valse des participants - le choix étant sans doute d'intéresser les gens à défaut de permettre une compréhension réelle des enjeux. Si cette émission a sans doute un effet en valeur d'image, je ne suis pas sûr qu'elle amène des indécis à ce décider, ne serait-ce qu'à prendre part au scrutin.

Au moins le direct se passa dans des conditions raisonnables de parole et de respect de l'autre.

05 février 2016

Le Gothard à pleins tubes

Parmi les objets en votation le 28 février, le percement d'un second tube pour le tunnel routier du Gothard est un des sujets les plus discutés. Mais le volume des discussions ne parvient pas à masquer la pauvreté du débat.

Deux tubes pour un tunnel fiable et sécurisé

Le projet d'un second tube routier au Gothard n'est pas venu naturellement, loin s'en faut. En 2010, lorsque Doris Leuthard vient mettre en consultation son projet initial d'une fermeture totale du tunnel du Gothard pendant trois ans pour des travaux d'entretien, elle ne s'attend sûrement pas au tollé qui suit. Elle eut la stupeur de découvrir que dans les Chambre fédérales tout le monde ne considérait pas le Tessin comme quantité négligeable, et que non, on ne pouvait pas "sans autre" fermer cet axe majeur de transport comme si de rien n'était.

L'hostilité des Chambres amena le Conseil Fédéral à revoir sa copie. L'Office Fédéral des Routes (OFROU) étudia plus de 200 variantes avant de venir avec un plan finalement approuvé par les parlementaires. Le projet vise à percer un second tube à côté du premier dans une réalisation en trois phases:

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Cette façon de faire permettrait de garder le Tessin en contact routier avec le reste de la Suisse pendant l'entier des travaux de réfection, mais aussi lors de toute opération de maintenance ultérieure. De plus, au lieu d'avoir deux voies de circulation en sens opposé dans une seule galerie, ce qui est dangereux, chaque voie de circulation serait au bout du compte dans son tube propre. Non seulement il n'y aurait plus aucun risque d'accident frontal mais la voie d'arrêt d'urgence associée permettrait à des conducteurs de contourner un éventuel obstacle sans impact sur la circulation en sens opposé.

La variante finalement approuvée par le Parlement fait sens pour cet axe routier crucial à travers les Alpes. Même si tous les projets étatiques (y compris les alternatives des opposants) ont tendance à coûter plus cher que prévu, les incertitudes liées à ce second tube sont plutôt faibles: la Suisse a une vaste expérience dans le percement de tunnels et la géologie de l'endroit est parfaitement connue depuis le percement du premier tube.

Jamais à court d'idée

La perspective d'un second tube routier au Gothard suscita immédiatement une levée de bouclier de la gauche pour des raisons expliquées plus loin. Les adversaires du projet utilisèrent toute une ribambelle d'arguments successifs alors que chaque nouvelle justification se faisait balayer, trahissant une certaine fébrilité dans leur argumentaire.

Dans un premier temps, les adversaires du second tube utilisèrent un argument-choc, l'illégalité du projet de loi, invoquant l'Initiative des Alpes de 1994 visant à limiter le trafic de transit. L'approche était déjà quelque peu maladroite pour un projet déjà approuvé par tout ce que le pays compte d'autorités politiques, mais leur argument, tournant en boucle, était que les autorités suisses "ne pourraient pas résister" à faire du Gothard une véritable autoroute lorsque les deux tubes seraient disponibles.

Pourtant, cet argument tient du fantasme et Mme Leuthard a sans doute passé l'essentiel de son temps à le répéter. La limite actuelle de capacité du tunnel est inscrite dans la loi. L'augmentation de la capacité totale du tunnel - même aux pics d'affluence saisonniers, etc. - n'a jamais été considérée autrement que par les adversaires du second tube. Outre qu'elle péjorerait la sécurité du nouvel ouvrage en supprimant les bandes d'arrêt d'urgence, l'éventuelle augmentation de la capacité routière du Gothard ne pourrait se faire sans une modification de la Constitution, donc une nouvelle votation populaire.

Vint ensuite l'argument du manque de moyens pour des projets routiers romands, partant du principe que le second tunnel du Gothard "siphonnerait" tout l'argent disponible. Et le citoyen dû se pincer pour voir des écologistes et des socialistes plaider sérieusement que le second tube retarderait des projets qui leur tiennent à cœur, allant jusqu'à citer le passage d'autoroute à trois voies de l'autoroute Lausanne-Genève contre lequel ces mêmes personnes s'opposent de toutes leurs forces depuis des décennies...

Là encore, il suffit de s'intéresser aux affaires fédérales pour comprendre qu'il n'en est rien, ce qui rend d'autant plus piquants les mensonges distillés par des politiciens expérimentés à Berne. Des projets comme le contournement de Morges, le carrefour autoroutier de Crissier ou l'élargissement de la ceinture autoroutière de Genève à six pistes sont approuvés et seront financées par un Fonds pour les routes nationales et le trafic d'agglomération (FORTA) que personne ne conteste. Le percement du second tube du Gothard est quant à lui un projet d'entretien. Tous ces aménagements ne seront pas gratuits, c'est certain, mais les financements viennent de budgets différents qui ne sont pas opposés les uns aux autres.

Une fois le pseudo-argument des aménagements routiers romands balayé, le comité des opposants arriva avec toute une ribambelle de solutions alternatives. Et quelle brochette! Ferroutage dans le tunnel de base du Lötschberg, réaménagement d'une galerie d'entretien du Gothard, toutes les idées jaillirent soudainement dans la nature, associées à des estimations budgétaires non vérifiées. La tactique consiste à noyer le citoyen dans une confusion ambiante visant à lui faire croire que toutes les alternatives n'ont pas été convenablement étudiées, qu'on est passé "un peu vite" à l'idée du second tube.

Ce n'est évidemment pas vrai, l'OFROU ayant travaillé sur ce dossier pendant des années pour peser ces alternatives. Si elles furent écartées, ce fut moins par idéologie que parce qu'elles ne fonctionnent pas.

Par exemple, prenons simplement l'idée générale du ferroutage. Le Gothard actuel voit passer 25 millions de voitures et 900'000 camions par année - soit respectivement 68'000 véhicules légers et 2'400 poids lourds quotidiens en moyenne - ce qui permet au passage de tordre le cou à la thèse d'un trafic international, l'essentiel des véhicules circulant au Gothard appartenant à des Tessinois et des Uranais.

Où que ce soit dans le monde, il n'existe absolument aucun mécanisme de ferroutage capable de gérer un tel trafic. Même Eurotunnel transporte moins de véhicules à travers la Manche: une fois et demie le volume de camions, mais dix fois moins de voitures individuelles. Si le ferroutage passait par le nouveau tunnel de base du Lötschberg, il saturerait complètement l'infrastructure dès le premier jour, rendant impossible le transport de passagers et de marchandises. Et s'il fallait utiliser la galerie ferroviaire d'entretien du tube actuel du Gothard, où placer les dizaines d'hectares des monstrueux terminaux requis à chaque extrémité du voyage pour faire attendre, embarquer et débarquer ces millions de véhicules?

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Un des terminaux d'Eurotunnel. Bientôt à Uri et au Tessin?

L'idée d'un ferroutage est lancée à la va-vite pour semer la confusion mais ne tient absolument pas debout. L'essentiel du trafic du Gothard étant régional, elle ne réduirait même pas la circulation routière.

Derrière l'opposition de principe, des raisons inavouables

La combativité de la gauche contre le second tube du Gothard surprend. Ce projet d'infrastructure mérite-t-il que tant de politiciens s'impliquent et montent au front pour couler un simple projet de tunnel comme il y en a des centaines en Suisse? Les budgets sont conséquents, certes, mais ne suffisent pas à tout expliquer. D'autres tunnels plus grands ont été percés récemment. Non seulement tous les scénarios alternatifs sont largement dans la même échelle de prix, mais l'argument financier vient d'individus habituellement fort enthousiastes lorsqu'il s'agit de dépenser de gros montants pour des causes floues au possible (fonds de cohésion de l'Union Européenne, aide au développement, politique d'asile, etc.).

Les raisons officielles des opposants semblent changeantes et peu sincères, ce qui explique sans doute pourquoi les sondages ne décollent pas.

Pour connaître les vraies raisons derrière la mobilisation de la gauche, il faut creuser un peu. Essayez de coincer entre quatre yeux quelques socialistes ou écologistes de votre entourage et peut-être entendrez-vous finalement, vous aussi, les véritables raisons derrière cette croisade anti-Gothard. Il n'y en a que deux, mais personne n'osera les articuler aux heures de grande écoute...

1. La guerre contre la circulation routière. Voiture, camion, autocar, tout ce qui s'apparente de près ou de loin à la mobilité individuelle est voué aux gémonies par les collectivistes de tout poil. Ils combattront avec la dernière énergie le moindre franc d'argent public dépensé en faveur de la route. La différence d'attitude est spectaculaire. Les cordons de la bourse ne sont jamais assez ouverts lorsqu'il s'agit de transport collectif, train, bus, tram, métro et tutti quanti. La mobilité individuelle, elle, reste tabou.

Rappelons pour mémoire que la version ferroviaire du Gothard, via le tunnel de base du Lötschberg, coûte 10 milliards! Mais qu'on évoque le moindre ouvrage destiné à l'horrible voiture et les couteaux sont tirés. De l'argent public, oui, mais jamais, ô grand jamais, pour la circulation routière.

2. La guerre contre les Tessinois. Il suffit d'assister à l'ahurissante offensive de la gauche romande contre la continuité territoriale avec le Tessin pendant les travaux de réfection du Gothard pour comprendre que le fameux concept de "Suisse latine" n'existe que lorsqu'il a une quelconque utilité auprès de ceux qui le brandissent.

Ce n'est pas que socialistes et écologistes ignorent les Tessinois ; c'est pire. Il faut les punir.

Quels crimes horribles ont-ils commis? Voyons voir... Quel canton helvétique a massivement soutenu l'initiative de l'UDC pour le renvoi des criminels étrangers? Voté contre les minarets? Contre l'immigration de masse? Soutenu la Lega, encore plus infréquentable que l'UDC aux yeux de certains, au point d'en envoyer des élus à Berne? Se plaint régulièrement de la concurrence étrangère déloyale et de la sous-enchère salariale des frontaliers? Le Tessin, le Tessin, le Tessin.

Le Tessin est encore plus à droite que la Suisse centrale pourtant tant décriée en Romandie. Norman Gobbi, Lega pur sucre et membre du gouvernement tessinois, a été promu candidat officiel de l'UDC pour la course au Conseil Fédéral. Son parcours est un affront pour la classe politique de Berne, qui entend bien le faire payer.

Voilà les deux raisons de l'étonnante mobilisation de la gauche. Elle ne lésine sur aucune campagne d'affichage, aucune distribution de tract pour parvenir à ses fins.

La question d'un deuxième tube pour le tunnel du Gothard est une conjonction unique permettant de faire d'une pierre deux coups: couler un projet routier d'importance, les prétendues alternatives n'étant là que pour donner le change face à l'objectif de fermer l'unique tube pendant trois ans ; et jouer un bon tour à ces sales Tessinois qui ne votent pas convenablement aux côtés des forces de progrès.

Ce n'est pas tous les jours que la gauche est en position de gagner sur tant de tableaux à la fois, alors la motivation est au rendez-vous. Les citoyens suivront-ils?

02 février 2016

En route pour la Municipalité!

Me voilà candidat à la Municipalité de Renens!

Le 28 février ne sera pas que l'occasion de s'exprimer sur le 2e tube du Gothard ou le renvoi des Criminels Étrangers. Dans le canton de Vaud, c'est aussi le premier tour des élections communales! Le scrutin sera particulièrement disputé pour la Municipalité de Renens où la syndique d'extrême-gauche Marianne Huguenin se retire, mettant en jeu non seulement sa place mais peut-être aussi l'équilibre droite-gauche au sein de l'exécutif. Les cinq partis représentés au Conseil fourbissent donc pas moins de treize candidats pour sept sièges à pourvoir.

Les Renanais seront-ils condamnés à subir le dogme dirigiste de leur majorité actuelle encore cinq années de plus? Alors qu'ils sont de plus en plus nombreux à ouvrir les yeux, ce ne sera peut-être pas le cas! L'UDC Renens se tient prête à leur offrir une réelle alternative, transformant l'essai réussi en 2011 lors de l'entrée au Conseil Communal. "Renens est de gauche", entend-t-on souvent, mais cela n'a rien d'une fatalité: la ville n'a pas toujours été ainsi et rien ne garantit qu'elle le restera éternellement.

Gérard Duperrex et moi-même tenteront enfin d'amener le pragmatisme du premier parti de Suisse également à la Municipalité, tout simplement parce que les voix plaidant pour plus de sécurité, une croissance respectueuse du cadre de vie et une fiscalité moins punitive ont elles aussi le droit d'être entendues.

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L'affiche de campagne!

Après avoir fondé la section renanaise de l'UDC et vécu une législature au Conseil Communal comme chef de groupe, assumant également la Présidence de la Commission des Finances cette année, je pense avoir acquis une certaine expérience de la politique locale et de la situation de la Ville. Mon partenaire de campagne et ami Gérard Duperrex, qu'on ne présente plus dans la commune, peut quant à lui se prévaloir de dizaines d'années de politique dont, pour Renens, rien de moins que la Présidence de la Commission de Gestion et la Présidence du Conseil Communal.

L'UDC Renens présente donc aux électeurs de Renens le meilleur ticket possible (en espérant que les liens avec le PLR seront nombreux, histoire que chacun comprenne le message!) et nous nous réjouissons de rencontrer les électeurs intéressés, mais aussi les simples habitants, sur notre stand au Marché de Renens le samedi matin. Mes lecteurs plus éloignés ou qui s'occupent autrement le week-end sont invités à suivre ma campagne sur Facebook ; quant aux autres, nous aurons certainement des sujets à discuter entre une dégustation de bricelet et un verre de blanc!

C'est avec enthousiasme et résolution que je m'engage pour cette ville, tout en restant humble face à la tâche à accomplir. Alors n'oubliez pas de voter et rendez-vous le 28 février!