15 avril 2018

François Hollande, l'épilogue?

François Hollande, l'homme dont on raconte qu'il aurait été Président de la République Française entre 2012 et 2017, se confie sur son quinquennat dans un livre, Les leçons du pouvoir, un ouvrage de 288 pages écrit en urgence après la victoire d'Emmanuel Macron lors des dernières élections présidentielles françaises.

france,françois hollande,emmanuel macronFrançois Hollande est un homme de médias, connu pour son appétit immodéré de l'attention des journalistes politiques. Comme le résument plusieurs commentateurs, il aura inauguré un genre particulier d'exercice du pouvoir: agir en se racontant agir.

Cet appétit le conduisit à se confier un peu trop alors même qu'il embourbait son mandat dans ce mélange de confusion et de stérilité qui fut, en quelque sorte, sa marque de fabrique. Ces événements appartiennent au passé mais la façon d'être de François Hollande perdure ; il se sent donc obligé de revenir sur son quinquennat calamiteux pour en dessiner un portrait plus flatteur que celui qu'il aura laissé dans la conscience collective des Français.

L'exercice est bien entendu voué à l'échec. Ce que Hollande écrit - ou raconte depuis sur les plateaux de télévision pour justifier son action et promouvoir son livre - s'apparente indiscutablement à une réécriture de l'histoire comme la gauche les affectionne. Mais l'ouvrage arrive trop vite, trop tôt, et vient de celui-là même que les Français ont précipité dans les abîmes de la désaffection, avec une popularité tournant autour des 20% pendant l'essentiel de son mandat.

S'il avait voulu redorer son blason, François Hollande aurait dû laisser la poussière retomber, laisser son successeur s'empêtrer dans ses propres faux-pas, et profiter de l'immanquable nostalgie dont les individus parent les événements du passé au fur et à mesure qu'ils s'éloignent. Mais cette patience et le sacrifice de laisser à un autre la liberté de romancer son histoire auraient été trop lui demander.

Reste à découvrir dans le livre de nouveaux indices sur le mode de pensée de celui qui devint Président de la République par défaut, notamment les principaux écueils de son quinquennat.

La déchéance de nationalité, un projet inutile qui déchira la gauche:

"Tel est mon regret: avoir sous-estimé l'impact émotionnel de la déchéance de nationalité. (...) Aujourd'hui encore, je suis sûr que notre démarche ne menaçait en rien les libertés publiques, pas plus que les principes d'égalité entre les citoyens. Mais en démocratie, il ne suffit pas d'avoir raison, il faut aussi convaincre."


La loi travail:

"Je maintiens que la réforme était justifiée même si elle ne figurait pas dans mon programme (sic). (...) C'était un compromis social-démocrate fondé sur l'équilibre entre souplesses et garanties, différent dans sa philosophie et ses modalités des ordonnances mises en œuvre par le gouvernement d'Édouard Philippe que seul le Medef a approuvées. Je reconnais néanmoins une erreur de méthode et de calendrier. Préparé dans une période où les attentats mobilisaient notre attention, le texte n'a pas fait l'objet d'une concertation suffisante. Sa présentation a été précipitée. Les mesures les plus discutables n'ont pas été expliquées avec la pédagogie nécessaire. L'annonce maladroite d'un recours au 49-3 avant même l'ouverture du débat parlementaire, qui tenait du coup de menton, avait été perçue au mieux comme une maladresse, au pire comme une provocation."


Les errements de sa vie privée, où il trompa sa maîtresse officielle Valérie Trierweiler avec sa deuxième maîtresse Julie Gayet:

"Julie Gayet est entrée dans ma vie. Notre relation fut révélée dans les pires conditions, pour ma personne et pour la fonction. J'en porte la responsabilité même si je ne saurai jamais comment et par qui une presse sans scrupules a pu être orientée et guidée de cette sorte. (...) Le choc fut rude. Valérie en fut profondément meurtrie. Notre séparation et les conditions de son annonce à laquelle elle n'a pas voulu s'associer ajoutèrent à la cruauté de la situation. Plus tard, dans un livre dont le succès fut retentissant, elle mit au jour ses blessures et exprima avec ses mots ce qu'elle avait vécu. Ils m'ont fait mal. C'était sans doute son intention."


Mais la partie du livre la plus attendue a bien sûr trait à l'ascendance d'Emmanuel Macron, l'ambitieux ministre qui réussit jusqu'au bout à berner le président Hollande sur ses intentions. Le jeune ministre déborde de son rôle deux ans avant les élections, en s'exprimant directement dans la presse sur des sujets en rapport avec la fonction présidentielle.

"À l'été 2015, le jeune ministre a pris de l'assurance et s'aventure sur un terrain plus politique. Dans un hebdomadaire, il affirme que la France vit dans une nostalgie implicite de la monarchie, que la disparition du roi a laissé une place vide au sommet de l'État. Je n'y vois pas de malice. Je ne crois pas que la France ait besoin d'une nouvelle monarchie, serait-elle élective. Je mets cette idée sur le compte de son goût pour les débats d'idées. Pourtant, rétrospectivement, cette dissertation éclaire bien la pratique du pouvoir qu'il met en avant depuis son élection."


Hollande s'inquiète mais, crédule, croit fermement aux rassurants mensonges que lui sert Macron pour endormir sa méfiance. L'épisode le plus hallucinant de cette mascarade a lieu la veille du fameux meeting de la mutualité du 12 juillet 2016, où une foule en délire (et convenablement préparée par les chauffeurs de salle) scande "Macron Président". Mais pour Hollande, il n'y a là qu'une situation à clarifier:

"Je l'exhorte à démentir au plus vite la rumeur. Sa réponse est nette: il n'y aurait que “de la malveillance”. Et il ajoute dans son message: “Mes soutiens diront demain que le 12 (juillet 2016) ne sert ni à démissionner ni à annoncer ma candidature. Grotesque. Bises”. Mais à la Mutualité, en présence d'une foule qui scande des “Macron président!”, il s'écrie: “Plus rien n'arrêtera le mouvement de l'espoir. Nous le porterons ensemble jusqu'en 2017 et jusqu'à la victoire!” Le doute n'est plus permis, même s'il m'assure, imperturbable, qu'il n'a pas “personnalisé” la victoire, laquelle pourrait donc être la mienne. Toujours cette façon de nier l'évidence avec un sourire."


L'amertume du politicien est palpable, à la hauteur de son cocufiage. François Hollande s'imaginait le "candidat naturel" de la gauche pour sa réélection, sans comprendre que d'autres n'hésiteraient pas à renverser l'échiquier politique sur l'autel de leurs ambitions ; ainsi Emmanuel Macron échappa à ces restrictions en se lançant sur le créneau convenu du "ni droite ni gauche". François Hollande le reçoit une dernière fois la veille de la démission du ministre:

"[Emmanuel Macron m'annonce qu'il veut retrouver sa liberté. Je lui demande ce qu'il fera si je me déclare. Il entre dans un développement emberlificoté sur une “offre politique” qui exprime bien plus la gêne que l'ambiguïté. Sa non-réponse en est une. Qu'a-t-il à perdre? Je comprends ce jour-là qu'Emmanuel Macron ne s'inscrit pas dans l'histoire de la gauche, pas davantage dans celle de la social-démocratie, ni même dans une recomposition qui pourrait préfigurer une coalition progressiste. Il est à son compte. Il a créé une entreprise; il entend la mener le plus loin possible."


Hollande, miné et affaibli, comprend qu'il n'arrivera jamais à passer le premier tour, un échec qui représenterait l'humiliation ultime. Sa stratégie d'une victoire au second contre Marine Le Pen est scellée. Il annonce son renoncement le 1er décembre 2016.

En racontant son quinquennat, François Hollande pêche de la même façon qu'il l'exerça: les fautes viennent des autres, ses errements ne s'expriment que du bout des lèvres, et il se perçoit comme un guide profond et inspiré. Comme à son habitude il reste ambigu et énigmatique, notamment sur son avenir politique:

"Il est arrivé à d'anciens présidents de vouloir “revenir en politique”. Le mot est impropre. Même quand on ne brigue plus de fonction élective, quitter l'Élysée n'est pas renoncer. (...)  J'entends toujours faire de la politique. Je n'ai d'ailleurs jamais déclaré que j'y renonçais. Mais faire de la politique n'est pas forcément solliciter les suffrages, diriger un parti, ou préparer des échéances. (...) Ma vie nouvelle me laisse libre de défendre, au plus profond de moi-même, ce que je crois."


François Hollande aura donc livré avec Les leçons du pouvoir un ouvrage fidèle à son style. Sa principale réalisation sera finalement d'avoir mené le Parti Socialiste français à une ruine complète et définitive, donc largement de quoi lui laisser une place dans les livres d'histoire.

25 mars 2018

Héroïsme, sacrifice et valeurs

La France a un héros: le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame.

Un héros à titre posthume, victime d'un nouvel épisode de barbarie commis au nom de l'islam.

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Illustre inconnu il y a quelques jours, le lieutenant-colonel passa à la postérité en agissant en situation de crise avec un sens aigu du sacrifice:

Le lieutenant-colonel Beltrame faisait partie les gendarmes appelés à intervenir, plus tôt dans la journée, alors qu’une attaque [était] en cours dans un supermarché de Trèbes, à 8 km de Carcassonne.

Il entre dans le Super U et se porte volontaire pour se substituer à une femme retenue en otage par Radouane Lakdim, un jeune délinquant se revendiquant du groupe État islamique. Le terroriste accepte et, trois heures plus tard, lui tire dessus à plusieurs reprises avant que les policiers du GIGN, alertés par le téléphone portable d’Arnaud Beltrame resté allumé, ne lancent l’assaut et neutralisent le terroriste. Arnaud Beltrame succombera à ses blessures dans la nuit, à l’hôpital.


Parmi ses multiples blessures, le geste fatal est un coup de couteau asséné au niveau du cou par le terroriste musulman, comme nous l'apprennent aujourd'hui les résultats de son autopsie.

Le noble sacrifice du gendarme permet rétrospectivement aux médias et au monde politique de souffler. Ouf, on peut parler d'autre chose que des errements des services de renseignement, de l'incurie politique en matière de protection des frontières et de la population, du Padamalgam! habituel et autres trajectoires de radicalisation du dernier "loup solitaire" en date. La France a un héros, un vrai, et mis à part quelques imbéciles de service, la célébration posthume du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame semble sincère.

Semble, car elle ne l'est pas. La célébration est délibérément incomplète et superficielle.

On évite de creuser, de peur de tomber sur quelque chose.

Qu'est-ce qui a conduit un brillant haut-gradé et militaire de carrière à risquer sa vie pour une parfaite inconnue, lors d'une prise d'otage dans un supermarché anonyme? Des valeurs. Et pas n'importe quelles  valeurs - des valeurs chrétiennes.

Il faut lire le récit du Père Jean-Baptiste, qui préparait Arnaud Beltrame et sa compagne au mariage religieux, pour le comprendre. Le voici reproduit in-extenso, car dans ce modèle de concision rien ne peut être ôté.

C'est au hasard d'une rencontre lors d'une visite de notre abbaye, Monument Historique, que je fais connaissance avec le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame et Marielle, avec laquelle il vient de se marier civilement le 27 août 2016. Nous sympathisons très vite et ils m'ont demandé de les préparer au mariage religieux que je devais célébrer près de Vannes le 9 juin prochain. Nous avons donc passé de nombreuses heures à travailler les fondamentaux de la vie conjugale depuis près de 2 ans. Je venais de bénir leur maison le 16 décembre et nous finalisions leur dossier canonique de mariage. La très belle déclaration d'intention d'Arnaud m'est parvenue 4 jours avant sa mort héroïque.

Ce jeune couple venait régulièrement à l'abbaye participer aux messes, offices et aux enseignements, en particulier à un groupe de foyers, ND de Cana. Ils faisaient partie de l'équipe de Narbonne. Ils sont venus encore dimanche dernier.

Intelligent, sportif, volubile et entraînant, Arnaud parlait volontiers de sa conversion. Né dans une famille peu pratiquante, il a vécu une authentique conversion vers 2008, à près de 33 ans. Il reçoit la première communion et la confirmation après 2 ans de catéchuménat, en 2010.

Après un pèlerinage à Sainte-Anne-d'Auray en 2015, où il demande à la Vierge Marie de rencontrer la femme de sa vie, il se lie avec Marielle, dont la foi est profonde et discrète. Les fiançailles sont célébrées à l'abbaye bretonne de Timadeuc à Pâques 2016.

Passionné par la gendarmerie, il nourrit depuis toujours une passion pour la France, sa grandeur, son histoire, ses racines chrétiennes qu'il a redécouvertes avec sa conversion.

En se livrant à la place d'otages, il est probablement animé avec passion de son héroïsme d'officier, car pour lui, être gendarme voulait dire protéger. Mais il sait le risque inouï qu'il prend.

Il sait aussi la promesse de mariage religieux qu'il a fait à Marielle qui est déjà civilement son épouse et qu'il aime tendrement, j'en suis témoin. Alors? Avait-il le droit de prendre un tel risque? Il me semble que seule sa foi peut expliquer la folie de ce sacrifice qui fait aujourd'hui l'admiration de tous. Il savait comme nous l'a dit Jésus, qu'«Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.» (Jn 15, 13). Il savait que, si sa vie commençait d'appartenir à Marielle, elle était aussi à Dieu, à la France, à ses frères en danger de mort. Je crois que seule une foi chrétienne animée par la charité pouvait lui demander ce sacrifice surhumain.

J'ai pu le rejoindre à l'hôpital de Carcassonne vers 21h hier soir. Les gendarmes et les médecins ou infirmières m'ont ouvert le chemin avec une délicatesse remarquable. Il était vivant mais inconscient. J'ai pu lui donner le sacrement des malades et la bénédiction apostolique à l'article de la mort. Marielle alternait ces belles formules liturgiques.

Nous étions le vendredi de la Passion, juste avant l'ouverture de la Semaine Sainte. Je venais de prier l'office de none et le chemin de croix à son intention. Je demande au personnel soignant s'il peut avoir une médaille mariale, celle de la rue du Bac de Paris, près de lui. Compréhensive et professionnelle, une infirmière, la fixe à son épaule.

Je n'ai pas pu le marier comme l'a dit maladroitement un article, car il était inconscient.

Arnaud n'aura jamais d'enfants charnels. Mais son héroïsme saisissant va susciter, je le crois, de nombreux imitateurs, prêts à au don d'eux-mêmes pour la France et sa joie chrétienne.

 

Non seulement Arnaud Beltrame était catholique, mais il était converti, croyant, pratiquant, et fervent dans sa Foi. Un mauvais exemple pour la France de demain, donc. Sous les coups de boutoir du socialisme, de la société multiculturelle et du relativisme moral, ces valeurs se perdent, et avec elles les gens capables de les porter.

Médias ou politiciens, la plupart de ceux qui célèbrent aujourd'hui le courage du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame luttent avec ferveur pour abolir les valeurs au nom desquelles il est devenu un héros. Et avant ce jour fatidique, ils s'en seraient probablement moqués.

Dans une situation de crise, une féministe, un transsexuel militant des LGBT, un trotskyste cynique, un syndicaliste arc-bouté sur les droits-acquis, un No-Border adepte du métissage se porteraient-ils volontaires dans un contexte identique? Se substitueraient-ils à une otage anonyme à la merci d'un fou furieux islamiste? Chacun a le droit d'y croire, mais pour ma part, j'ai quelques doutes.

Arnaud Beltrame est mort, cruellement assassiné, mais le monde d'où il vient et les valeurs dont il se réclamait sont aussi agonisantes. Nous nous dirigeons à grande vitesse vers un avenir où tout cela aura disparu. Le monde occidental sera-t-il meilleur pour autant? Chacun imaginera sa propre réponse, mais au train où vont les choses, nous aurons l'occasion de le découvrir bien assez tôt.

12 mars 2018

Lausanne noire de monde

Samedi, le promeneur qui déambulait dans Lausanne put découvrir le cortège surprenant d'une manifestation organisée par le collectif d'extrême-gauche Jean Dutoit, "contre les violences policières", explique 24Heures. Mais surtout celles présumées contre les noirs.

C'est donc aux cris et aux pancartes "Black Lives Matter" que le cortège s'ébroua de la Place Saint-François.

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Le cortège au départ de la manifestation. Notez les deux sympathiques individus au premier rang, qui brandissent des hampes en bois dénuées de pancarte... Quelle utilité, à part pour taper?
(cliquez pour agrandir)

Pour le détail de la manifestation, lisons la presse locale:

Quelque 500 personnes, selon les estimations de la police, ont arpenté les rues de Lausanne samedi après-midi pour dénoncer le racisme et les violences policières et rendre hommage à Mike, un Nigérian décédé la semaine passée. Pour rappel, l'Africain de 40 ans, soupçonné de dealer de la drogue, a fait un malaise lors de son interpellation mouvementée dans la soirée du mercredi 28 février, avant de succomber le lendemain au CHUV.


Un "malaise", une "interpellation mouvementée"... Quelle romance! Pour en avoir le cœur net, il faut aller chercher l'information auprès d'une publication concurrente où les faits sont étayés avec plus de rigueur:

Un homme de 40 ans, soupçonné de dealer de la drogue, a fait l'objet d'un contrôle de la police municipale mercredi [28 février] vers 22h45 dans le quartier Sainte Luce, près de la gare de Lausanne. Selon la police, l'individu n'a pas obtempéré aux injonctions de l'agent, ni des forces appelées en renfort. Il a été maîtrisé par la force puis menotté.

Juste après son immobilisation, cet homme a fait un malaise et perdu connaissance, informe la police. Un massage cardiaque a été prodigué par les agents en attendant l'arrivée de l'ambulance. «Lors des premiers soins, plusieurs boulettes de cocaïne ont été découvertes à côté de son visage ainsi que dans sa bouche», explique la police. Il a été hospitalisé au CHUV, où il est décédé le lendemain. (...)

L'homme, de nationalité nigériane, avait déjà été condamné pénalement pour trafic de produits stupéfiants. Une instruction pénale a été ouverte afin d'établir les causes et les circonstances de ce décès. Une autopsie va être pratiquée. (...)

L'homme décédé faisait partie du Collectif Jean Dutoit, qui défend les personnes sans-abri en situation de séjour irrégulière, a communiqué solidaritéS Vaud en soirée. (...)



Le Nigérian décédé, probable dealer de drogue récidiviste, se serait accidentellement empoisonné avec sa propre marchandise en tentant de l'avaler lors de son arrestation. Nous en saurons plus à la conclusion de l'enquête.

Quelques questions me viennent à l'esprit.

  • Je ne suis pas un partisan aveugle de la police, mais en l'absence d'enquête déterminant la cause du décès, pourquoi accuser immédiatement les policiers?
     
  • Quel est l'intérêt des activistes de Jean Dutoit de provoquer pareille manifestation? Souhaitent-ils attirer la sympathie du grand public? Capter le vote noir en Suisse? Se livrer à de l'autopromotion politique en exploitant la mort de quelqu'un?
     
  • N'est-il pas étrange de s'associer à un individu méprisable, un vendeur de drogue présumé en l'occurrence, sous prétexte qu'on partage la même couleur de peau? Si un jour un mafieux recherché tente de venir chercher asile chez moi en invoquant notre couleur de peau commune, j'aurais tôt fait de le livrer à la police! Je me sens plus de solidarité avec les gens honnêtes de toutes origines qu'avec les malfrats, fussent-ils de la même couleur de peau que moi. Mais visiblement tout le monde ne pense pas ainsi.

Je note que si les pouvoirs publics et la justice avaient renvoyé "Mike" au Nigeria, comme le bon sens et les décisions du peuple suisse le demandent, il serait toujours vivant et le marché de la drogue à Lausanne diminué d'autant. Mais je doute que les gens de Jean Dutoit soient très perméables à ce genre de raisonnement...

Les badauds rencontrant la manifestation eurent doit à un tract rempli d'un salmigondis que je vous laisse apprécier:

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Et si tu leur vends de la drogue?

09 mars 2018

L'inexorable montée des populismes

Le 4 mars, pendant que le peuple suisse exprimait dans les urnes son amour pour la redevance obligatoire, l'Italie votait elle aussi, pour des élections législatives, et les résultats confirment qu'un changement est en train d'avoir lieu à l'échelle de l'Europe.

L'Italie ingouvernable, bientôt infréquentable

Les journalistes n'en finissaient pas d'ironiser sur le énième retour politique de leur bête noire, Silvio Berlusconi, oubliant le reste. Les résultats sont sous toit: la coalition de droite entre la Ligue de Matteo Salvini, Forza Italia de Silvio Berlusconi et Fratelli d’Italia, arrive en tête avec 37% des suffrages, suivie du Mouvement Cinq Étoiles avec 32,6% des voix.

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Bien entendu, plusieurs leaders politiques proclament la victoire. Le Mouvement Cinq Étoiles revendique le droit de gouverner, ayant réuni le plus de voix sur son seul nom. En face, un accord de coalition lie la Ligue et Forza Italia ; selon cet accord, le prochain chef de gouvernement doit revenir au parti arrivé en tête, et cela pourrait donc être Matteo Salvini.

Aucun bloc ne pouvant obtenir seul une majorité stable, des tractations auront lieu pendant de longs mois pour parvenir à établir une majorité - ou échouer, provoquant de nouvelles élections. Mais pour les élites, il y a un autre problème, autrement plus urgent.

Le gouvernement de Matteo Renzi sort lessivé de ces élections. Crédité d'un score de 40% aux élections européennes de 2014, son Parti Démocrate tombe à 19% des voix - moins de la moitié de son influence précédente. Peu empressé de livrer un combat difficile pour remonter la pente, le "brillant technocrate" Renzi a jeté l'éponge. Il a d'ores et déjà prévu de quitter l'exécutif et de se contenter désormais d'un siège de sénateur. Il ne participera pas à la formation d'un nouveau gouvernement. "Le peuple italien nous a demandé d’être dans l’opposition et c’est là que nous irons. Nous ne formerons jamais un gouvernement avec des forces antisystème", explique-t-il. Car il n'a pas d'autre choix.

Tant le M5S que la Ligue appartiennent à cette catégorie fourre-tout - populiste, démagogique, antisystème et tutti quanti. Même si l'affrontement entre ces deux mouvements doit durer, l'un ou l'autre finira fatalement par l'emporter.

Cela signifie qu'à terme, l'Italie sera gouvernée par un parti populiste. Aujourd'hui, on ne sait juste pas lequel.

La vague

En Italie, plus de 50% des votes exprimés ont été captés par un parti présenté comme populiste, mais l'Italie est loin de faire cavalier seul. Suivant le Brexit au Royaume-Uni et l'élection de Donald Trump aux USA, les électeurs semblent être de moins en moins dociles face aux directives aimablement transmises par la classe politico-médiatique.

La Grèce, la Hongrie, la Pologne, la République Tchèque, la Slovaquie, la Serbie ou la Bulgarie sont actuellement gouvernées par des partis dits populistes. La Norvège, la Suisse, l'Autriche ou la Lituanie sont gouvernées par des coalitions politiques comprenant des partis dits populistes.

Même les autres pays ne sont pas épargnés. En France, Marine Le Pen arriva le plus confortablement du monde au second tour de l'élection présidentielle, comme si cela relevait de l'ordre des choses, alors que la présence de son père dans la même situation quinze ans plus tôt était présentée comme une sorte de traumatisme national. Même si elle échoua, la volonté de renouveau de la population française était indiscutable ; l'élection présidentielle et les élections législatives qui suivirent octroyèrent les pleins pouvoirs à un individu parfaitement inconnu du grand public cinq ans plus tôt. Les Socialistes et les Républicains, les deux pôles qui dominaient la vie politique française depuis un demi-siècle, sortirent laminés de l'épreuve.

En Allemagne, la CDU/CSU de Merkel arriva péniblement en tête lors des dernières élections, qui virent le parti "populiste" AfD faire une percée. La situation est telle que seule une alliance entre la gauche et la droite traditionnelles semble en mesure de permettre à la Chancelière d'exercer un dernier mandat.

En 2000 en Europe, les partis dits populistes réunissaient 8,5% des votes en moyenne ; en 2017, donc sans tenir compte des élections depuis le début de l'année, ils en réunissent 24,1%.

Difficile de ne pas y voir un changement profond dans la façon de faire de la politique sur le Vieux Continent.

Quand les mots-clés ne fonctionnent plus

"Avez-vous peur du populisme?" demandent les journalistes, tentant d'instiller leurs fantasmes dans la population. Le rêve des médias est d'installer la peur sur demande - un réflexe pavlovien qui permettrait de guider les consciences dans le bon sens, tuant la réflexion par des réactions ataviques. Untel est "méchant", untel autre est "dangereux", ayez peur, ayez très peur! Et ensuite votez pour X ou Y, des bons candidats, des candidats rassurants, doués, ouverts, progressistes, dans l'air du temps.

Malheureusement, la population n'est plus dupe de ces manœuvres, ou plutôt, elle y a été tellement exposée que, de guerre lasse, elle y est devenue insensible. Peu de termes sont aussi galvaudés que le populisme, par exemple, ou avant lui le fascisme, le nationalisme ou, condamnation tous azimuts par excellence, "l'extrémisme" - chacun de ces termes étant fourni au grand public en prêt-à-penser, sans la moindre démonstration.

Les réflexes conditionnés se retrouvent aussi dans les médias, amenant à des situations absurdes. Ainsi les journalistes n'hésitent pas à comparer Matteo Salvini à Mussolini (nous sommes en Italie, ça nous change de Hitler) et donc au fascisme, alors que M. Salvini prônait encore il y a peu un maximum d'autonomie pour le Nord de l'Italie, comme le fondateur de son parti Umberto Bossi.

Présenter une posture régionaliste comme le symbole d'un attachement à un État fort, il fallait oser, les éditorialistes l'ont fait!

Dessine-moi un populiste

Les anathèmes lancés au nom du populisme sont absurdes, en particulier dans des régimes démocratiques. Toutes les formations politiques doivent convaincre le plus grand nombre pour accéder au pouvoir, et cette séduction - que certains qualifient de populisme seulement pour mieux la dénigrer - manque souvent de finesse. Les écologistes chantent la nostalgie d'une nature perdue alors que l'air et l'eau sont plus propres qu'il y a cinquante ans. Les socialistes attisent la haine du riche, simplement parce que la jalousie et la convoitise sont de puissants moteurs de la passion humaine. Et ainsi de suite. Mais, comme de bien entendu, seuls les autres sont populistes.

À la base, le populisme n'est rien d'autre qu'un terme péjoratif employé au lieu de "populaire", pour discréditer d'emblée toute demande émanant du peuple. Cela permet de n'attacher aucune attention à ces revendications : il ne s'agit là que de "bruits", de "remugles", émanant du tréfonds des caniveaux et des égouts. Hélas, ces bruits émanent moins de la rue que de gens "jetés à la rue", une population qui n'en peut plus de vivre dans la crasse, l'impolitesse, la précarité, l'insécurité et le vandalisme, tout en endurant le mépris des puissants et le bon accueil réservé à de nouveaux arrivants d'autant plus choyés qu'ils sont paresseux et revendicatifs.

Quitte à admettre que le populisme corresponde à une certaine idéologie politique, on peut en tracer un vague contour, comme tentent de le faire certains politologues. Les mouvements populistes se démarqueraient donc de partis habituels par:

  • une remise en question de la classe politique traditionnelle ;
  • une opposition contre les institutions financières, en particulier les instances financières internationales ;
  • un rejet de l'immigration de masse et la volonté de retrouver des frontières ;
  • la volonté de rendre à la politique nationale son pouvoir de décision face à des élites supranationales technocratiques, irresponsables et non élues.

Marinejpg.jpgOn peut discuter longuement de ces thèmes, qui sont d'ailleurs rarement réunis au sein d'un seul parti ; mais rien de tout cela n'est véritablement effrayant, sauf pour ceux qui ne tolèrent pas la moindre remise en question du statu-quo. L'évolution est d'ailleurs remarquable entre les partis "anti-austérité" (M5S en Italie, Front de Gauche en France, Syriza en Grèce) qui eurent le vent en poupe lors de la crise de la dette publique commencée il y a dix ans, tandis qu'aujourd'hui le populisme se décline davantage dans une posture souverainiste et opposée à l'immigration illégale et déferlante qui a court en Europe depuis la "brillante" stratégie immigrationniste de Mme Merkel.

Les populistes ne seraient pas "crédibles", mais leurs adversaires le sont-ils?

Les anti-populistes ont longtemps considéré les populistes comme des trublions nuisibles mais sans conséquences. Ils les pensaient à jamais éloignés du pouvoir grâce au discours méprisant tenu à leur encontre, et par des stratégies d'alliance garantissant le succès de la caste politique traditionnelle.

L'ancienne division gauche-droite s'est peu à peu muée en nouvelle répartition des forces, les "populistes" d'un côté et "l'oligarchie" de l'autre. En France, le dernier bulletin de vote du premier tour de l'élection présidentielle venait à peine d'être dépouillé que déjà les vaincus hurlaient ensemble leur amour pour Macron. En Allemagne, le SPD et la CSU s'accordent péniblement à mettre en place une nouvelle "GroKo" que chacun avait juré, la main sur le cœur, de ne plus jamais reconduire. L'amour du pouvoir l'emporte visiblement sur les convictions.

Il s'agit sans doute du principal grief formulé à l'encontre des partis traditionnels. L'affairisme se conjugue au mépris de la démocratie, et les seules voix qui méritent d'être entendues sont celles qui viennent de castes encore supérieures, Union Européenne, ONU ou milliardaires engagés.

Le populisme inquiète les élites, mais depuis quarante ans l'immigration incontrôlée, le terrorisme intellectuel des bien-pensants, le sabotage systématique de valeurs traditionnelles ou l'aveuglement face à l'islam conquérant sont directement de leur fait, et nourrissent le populisme. Pour lutter contre lui, toutes les options sont sur la table hormis, apparemment, la moindre remise en question.

Les populistes ne sont pas exempts de critiques, bien entendu. Leurs objectifs peuvent être complètement utopiques, ils n'ont pas l'expérience de la politique, et certains sont aussi opportunistes et cyniques que ceux qu'ils combattent. Mais de quelles excuses les oligarques peuvent-ils se prévaloir de leur côté? Ils maîtrisent les moindres rouages du système, disposent de tous les leviers du pouvoir, prétendent agir de façon intelligente et responsable... Et passent leur temps à prendre des décisions ubuesques sur des sujets parfaitement secondaires, de Uber à la durée de vie des téléphones portables. Apparemment tout est plus important que les hordes de migrants qui errent dans les centres-villes de toute l'Europe.

Le futur sera populiste ou ne sera pas... Démocratique

Ce n'est pas la montée des populismes qui est inquiétante, mais le silence des élites, des bien-pensants, des politiques, de la médiasphère moraliste. Tous refusent d'entendre ce que disent les peuples, parce que ce que les peuples disent leur déplaît.

Tout cela ne peut pas bien se terminer.

"Puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple" ironisait Bertolt Brecht, mais ces paroles semblent avoir été prises au pied de la lettre par toutes les élites du continent depuis la déferlante migratoire de 2015.

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De fantasme délirant, le Grand Remplacement est devenu un programme politique appliqué avec assiduité et plaidé ouvertement par les plus hauts responsables politiques, comme le dernier Président de l'Assemblée générale des Nations unies António Guterres.

C'est une stratégie nouvelle pour lutter contre une opinion contraire: plutôt que de l'interdire ou de lui opposer des arguments convaincants, on la dissout.

La Suisse, monument à la gloire de l'immobilisme, suit le mouvement mais avec sa proverbiale lenteur. Le décalage de la population locale est donc de plus en plus grand avec les pays limitrophes. Les Italiens de Suisse - qui ont naturellement voté en masse pour le gauchiste Matteo Renzi, comme d'habitude - ne comprennent plus ce qui se passe dans la péninsule. Mais c'est parce qu'ils n'y vivent plus.

La procrastination, l'incompétence et la paresse de la classe politique sont des luxes que la plupart des pays européens ne peuvent plus se permettre. Leur population déboussolée ne sait plus à quel saint se vouer, mais cherche la rupture plus que l'alternance. Le populisme devient le baromètre d'une situation où l'urgence l'emporte de plus en plus crûment sur les délires utopistes. Aux partis politiques de le comprendre et de s'adapter avec des propositions concrètes, ou de disparaître.

05 mars 2018

Piètre 4 mars

Les sourires étaient encore plus larges que d'habitude sur les plateaux de télévision ce 4 mars, avec le rejet très net de l'initiative "No Billag". Mais ce qui était le point d'orgue du week-end ne doit pas cacher les autres sujets soumis au vote populaire.

No Billag (abordée ici): l'initiative terrorisait l'establishment médiatico-politique, et fut donc l'objet d'une campagne tellement unilatérale qu'elle en fut presque parodique. Malgré les efforts de nombreux acteurs - essentiellement sur Internet, comme LesObservateurs.ch, les canaux traditionnels d'information étant entièrement dominés par le camp pro-Billag - les dés furent rapidement jetés, comme le prédisaient les sondages depuis plusieurs semaines. Et sans que les pro-Billag ne relâchent jamais leur garde, signe de leur fébrilité.

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Comme je l'avais écrit, quitte à perdre, le résultat serait une bonne mesure du degré d'indépendance d'esprit subsistant au sein de citoyens écrasés par une campagne unilatérale menée par des médias juges et parties dans l'affaire. Le résultat en attristera plus d'un, car avec 71,6% de Non, preuve est faite que le matraquage fonctionne parfaitement.

Bien entendu, officiellement on fait preuve de modestie ; on promet qu'on réfléchira aux revenus publicitaires, qu'on repensera certains modèles, voire qu'on réduira la voilure de la régie. Promesses d'ivrogne: avec les résultats de ce dimanche, la SSR a carte blanche pour dépenser de plus belle.

Ironiquement, le vote de ce dimanche démontre de façon limpide la validité de No Billag. Profondément libérale, l'initiative ne demandait rien d'autre que l'abandon du caractère obligatoire du prélèvement de la redevance. 71,6% des citoyens rejetèrent l'idée, manifestant par leur vote leur ravissement à la payer. Or, cette proportion de foyers aurait largement suffi à financer les médias publics.

Autrement dit, si tous ceux qui ont rejeté No Billag payaient seuls la redevance - comme ils le font visiblement avec enthousiasme - il n'y aurait nul besoin de forcer quiconque à payer, et aucun problème de financement pour la SSR!

Nouveau régime financier 2021: sous-marin médiatique de la votation, l'objet visait à reconduire l'Impôt Fédéral Direct et la TVA pour les quinze prochaines années.

N'importe quel libéral authentique aurait voté Non, comme je le fis, mais l'absence de campagne et le soutien unanime de tous les partis envers le texte - ce qui en dit long sur le degré réel de libéralisme au sein de la classe politique - garantissait une approbation massive. Et massive elle fut. 83% des voix approuvèrent la reconduite de ces impôts.  Même Zoug, seul canton à avoir refusé la prolongation en 2004, l'approuva cette fois-ci à plus de 86%. Quel revirement!

L'enthousiasme en matière d'impôts est évidemment une mauvaise surprise, car la légitimité acquise va inciter la classe politique à aller encore plus loin dans cette direction, ce que beaucoup de politiciens n'auraient pas osé avec un résultat plus serré.

Comme l'analyse un des rares partisans du Non dans 24Heures, Fabio Battiato, co-fondateur du Parti Libertarien de Genève,

En acceptant massivement la prolongation de la TVA et de l'IFD, les Suisses adhèrent à un principe «assez peu helvétique», à savoir le fait que «l'Etat grossit et se centralise».


Et pour le reste du camp du Non, on apprend qu'il comprenait "le petit parti libertarien alémanique up!", "des membres de l'UDC, du Parti pirate et des Jeunes libéraux-radicaux." Pas grand-monde au bout du compte. 17% de citoyens libéraux en Suisse, c'est peu, mais une mesure réaliste d'une espèce en voie de disparition.

Trahis par leurs aînés sur No Billag et lâchés sur le Nouveau Régime financier, les jeunes libéraux-radicaux ont passé un bien mauvais week-end. Peut-être commenceront-ils à comprendre que les caciques de leur propre formation politique font partie du problème?



Ce dimanche fut aussi l'occasion de nombreux scrutins cantonaux. Voici une sélection personnelle des résultats.

Vaud, assurance dentaire (abordée ici): l'extrême-gauche vaudoise souriait de toute ses dents pour faire avaler l'idée d'une assurance dentaire pour le Canton - socialisme oblige, une idée tellement géniale qu'elle se devait d'être obligatoire. Comprenant à l'issue d'une campagne efficace qu'ils seraient à nouveau les dindons de la farce d'une LAMal II version dentaire, les Vaudois refusèrent le texte à 57,6% des votants - bien trop peu pour empêcher la gauche de repartir à l'offensive dans quelques années. N'oublions pas qu'elle tient le gouvernement vaudois.

Valais, révision de la constitution: cédant aux sirènes du prétendu "dépoussiérage", les Valaisans lancent une révision totale de leur Constitution. Pour soutenir le Oui, les journalistes se gaussèrent: inimaginable à notre époque, le texte de 1907 mentionnait des indemnités pour le bétail et pas l'égalité homme-femme - ce qui n'avait aucun sens, puisque celle-ci était couverte par un texte de portée supérieure, la Constitution fédérale. Bref, la grande remise à plat s'imposait... Et tant pis pour la charte fondatrice aux racines paysannes et montagnardes d'un canton à l'authenticité marquée.

Ayant assisté au même exercice dans le Canton de Vaud, amené avec les mêmes arguments, je me méfie de ces réécritures à l'emporte-pièce. Ce "toilettage" eut lieu il y a quinze ans en terres vaudoises, introduisant par la bande des innovations comme le droit de vote des étrangers au niveau communal, qui n'auraient sans doute eu aucune chance proposées en votation séparée.

Espérons pour eux que les Valaisans seront un peu plus circonspects sur les travaux de la future Constituante.

Bâle-Campagne, Pas de vote à 16 ans ni pour les étrangers: illustration de la thèse présentée au paragraphe précédent, le demi-canton bâlois rejeta avec des majorités très nettes le droit de vote dès 16 ans (84,5%) et celui des étrangers (81,1%). La gauche à la manœuvre n'aura pas réussi à octroyer le droit de vote à des catégories dont elle espérait qu'elles voteraient massivement pour elle. Mais qui sait, peut-être qu'à la faveur d'une réécriture de la Constitution...

25 février 2018

Enseignements politiquement incorrects de la tuerie de Floride

Le 14 février, un ancien élève de 19 ans ouvre le feu dans un lycée en Floride, faisant 17 morts.

Après une brève période d'hébétude face à la violence de l'acte, la polémique prend selon un scénario bien rodé. Relayée par les médias mainstream, la gauche américaine s'en prend aux armes et à la NRA. Si l'adolescent n'avait pas eu d'armes en main, expliquent-ils, la tuerie n'aurait pas pu avoir lieu.

C'est tout simple, mais comment s'assurer de façon certaine qu'un adolescent avec des envies meurtrières ne peut pas avoir d'armes à feu entre les mains?

Les réponses à ces questions existent, mais ne sont pas mentionnées dans les éditoriaux parce qu'elles contreviennent au narrative, une technique de désinformation ayant pour but de provoquer un embrigadement idéologique.

Les armes tuent... Surtout aux Etats-Unis

Davantage d'armes doivent entraîner davantage de morts par armes à feu. C'est la logique même. Mais l'argument apparemment imparable est erroné.

Un tableau remonté des statistiques maintenues sur Wikipédia permet de voir qu'il n'y a pas de corrélation entre la proportion d'armes à feu détenues dans la population et la quantité de meurtres par armes à feu.

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Le tableau ne fait que rassembler des informations que chacun connaît déjà instinctivement, en particulier en Suisse. La Suisse est un des pays au monde avec le plus d'armes par habitant, grâce à l'armée de milice, et il s'agit d'armes de guerre. Pourtant, le taux d'homicide est un des plus bas du monde.

On le comprend donc, le taux d'armes à disposition dans un pays n'explique pas tout, car tout dépend de qui détient les fameuses armes. En Suisse toujours, les ressortissants de certains pays n'ont pas le droit de posséder une arme - s'ils viennent d'Albanie, d'Algérie, de Bosnie-Herzégovine, du Kosovo, de Macédoine, de Serbie, du Sri Lanka ou de la Turquie. Bizarrement, même les politiciens de gauche sont peu nombreux à monter au créneau pour réclamer bruyamment que les ressortissants de ces nationalités puissent s'armer aussi librement que des citoyens suisses.

Les armes tuent... Surtout entre de mauvaises mains

L'Europe se découvre peu à peu aux tueries de masse, notamment par le biais des attentats islamistes. Des islamistes qui utilisent parfois de véritables arsenaux de matériel de guerre dont la détention est rigoureusement interdite. L'existence même de ces caches d'armes, régulièrement découvertes dans les banlieues françaises, montre les limites d'une politique basée sur le contrôle de l'accès aux armes. Comme le prêchent (dans le désert) des défenseurs des armes depuis des années, les législations restrictives ont pour seul effet de désarmer les honnêtes citoyens, alors que les malfrats - et les terroristes - s'en moquent éperdument. Saviez-vous que le dessinateur Charb de Charlie Hebdo était un tireur sportif et avait réclamé en vain le droit de porter une arme? Il respecta la loi, jusqu'au bout.

Bien que l'idée soit impensable voire devenue criminelle dans certains pays d'Europe, les États-Unis maintiennent des statistiques ethniques liées aux crimes de sang et à la criminalité en général. Et les résultats sont aussi instructifs que choquants pour les belles âmes.

À partir de données publiques de la ville de New-York, Alisha Sherron a ainsi livré une représentation raciale de la criminalité:

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Les noirs new-yorkais sont à l'origine de 75% des arrestations pour usage d'armes à feu, et de 62% de celles pour meurtre. La violence ne concerne pas que les armes, comme les chiffres des viols le montrent. Les hispaniques viennent immédiatement derrière dans les trois catégories. La conclusion est implacable: si la population de New-York était uniquement blanche, le taux de criminalité baisserait de 83% pour les viols, 91% pour les meurtres et 96% pour les tirs d'armes à feu. Voilà une thèse qui choquera dans plus d'un dîner en ville à Lausanne ou Genève.

Pourtant, là encore, les Suisses savent bien que la criminalité est liée à certains groupes, eux dont les prisons regorgent littéralement de criminels étrangers, 90% à Genève, et la moitié de musulmans - des taux qui ont certainement contribué à leur faire approuver, il y a sept ans déjà, l'initiative sur le renvoi des criminels étrangers...

L'État saura s'en charger...

Mais admettons. Oublions les questions de culture, d'ethnie ou de nationalité, et posons comme hypothèse que les armes soient interdites. Comme nous l'avons évoqué avec l'exemple français, quelques méchants finiront immanquablement par récupérer des armes illégales et tenteront de faire un carton.

Peut-on alors compter sur les services de renseignement pour assurer la surveillance des détraqués? Pas vraiment. Depuis la tuerie de Parkland, des détails émergent. Comment le système a-t-il géré Nikolas Cruz, le tueur de 19 ans?

  • La police se rendit à 39 reprises au domicile de la famille pour répondre à des plaintes de ses proches ou du voisinage. Mais Nikolas Cruz ne fut jamais formellement arrêté, ce qui lui permit de montrer un casier vierge au moment d'acheter son fusil AR-15.
  • Cruz laissa dès l'an dernier un commentaire sur une vidéo YouTube, annonçant qu'il allait "devenir un professionnel de la tuerie en milieu scolaire". Le commentaire fut signalé par un internaute mais ne donna lieu à aucune investigation.
  • Cruz acheta des armes avec une carte de crédit appartenant à sa mère et s'afficha avec sur Instagram.
  • Un mois avant son passage à l'acte, une femme appela un agent du FBI pour tenter pendant 13 minutes de le convaincre de la dangerosité de Cruz, et "qu'il était sur le point d'exploser".  Sans succès.

D'autres détails émergeront peut-être encore. Notons que même le FBI admit publiquement qu'il avait commis de graves manquements dans la gestion de ce cas. On imagine que les parents des victimes seront très réconfortés d'apprendre que, quelque part, un obscur fonctionnaire recevra peut-être un blâme.

Allo, police? Allo? Allo?

Quand tout le reste échoue, que faire lorsque les coups de feu éclatent et que les cris se font entendre? Se barricader et appeler la police. C'est son travail après tout. C'est ce que firent les élèves et les professeurs du lycée de Parkland lorsque le tueur de 19 ans commença son carnage. D'ailleurs, le Gouverneur (républicain) de Floride Rick Scott réclame désormais un policier dans chaque école.

Problème: il y avait déjà des policiers au lycée de Parkland le jour fatidique. Un premier agent, Scot Peterson, armé, formé et en uniforme, fut sur place une minute trente après les premiers tirs. Et il ne fit rien, se contentant d'attendre à l'extérieur des bâtiments alors que les élèves se faisaient massacrer pendant plus de vingt minutes. Il démissionna sans solde une fois la révélation de son comportement.

Un cas isolé? Même pas. Quatre autres policiers arrivèrent sur les lieux à leur tour et se contentèrent de prendre la pose, mettant en joue les bâtiments depuis leurs voitures sans prendre le risque de pénétrer là où le tueur se livrait à sa macabre besogne. Eux aussi sont blâmés - encore un geste qui mettra du baume au cœur des familles des 17 victimes...

Heureusement, tous les agents de police qui se trouvèrent sur place ce jour-là ne se comportèrent pas comme des lâches. Deux autres policiers se lancèrent à l'assaut, l'officier Chris Crawford et le sergent Jeff Heinrich. Notons que le second avait sa femme et son fils dans l'école. Cela ne diminue pas son mérite, mais permet de mieux comprendre ses motivations. Prendre des risques lorsque des proches sont menacés, certainement ; le faire parce que le règlement l'exige, et les volontaires sont déjà moins nombreux.

Et si le problème venait de réglementations existantes?

Résumons: le contrôle des armes au sens strict et à travers une population entière n'a aucun sens. Il en prive les citoyens respectueux alors que l'État est incapable de désarmer ceux qui le devraient. Ses services de renseignement sont faillibles, et face à une crise, la police met toujours trop de temps à réagir.

Pendant ses deux mandats, Barack Obama a soigneusement exploité chaque tuerie, réclamant une impossible réforme du 2e Amendement pour ensuite faire porter le blâme de l'échec au camp républicain et en tirer des gains politiques.

Donald Trump choisit une autre approche, faussement rapportée comme un port d'armes pour les enseignants. La levée de boucliers des bien-pensants a été immédiate, mais absurde, car il n'est n'a jamais été question d'armer les professeurs contre leur volonté. En réalité, une certaine proportion des 3 millions de professeurs dispose déjà d'un port d'armes cachées. La réforme permettrait à ceux qui le veulent d'amener sur leur lieu de travail ces armes cachées, armes qu'ils ont déjà le droit de transporter partout ailleurs. Le but est de susciter l'incertitude d'un tireur potentiel quant au danger auquel il devra faire face en cas de fusillade, et donc d'exercer une dissuasion.

En réalité, Donald Trump propose de revenir sur la fameuse loi gun-free zone, une loi qui interdisait la présence légale d'armes dans certains périmètres (école et université par exemple). Or, et c'est la dernière statistique dont les médias ne vous parleront jamais, 92% des tueries de masse sur territoire américain ont eu lieu dans des gun-free zones, où les tireurs fous (mais pas stupides) savent qu'ils peuvent s'adonner à cœur-joie à leur massacre contre des cibles désarmées.

Avant le vote de la loi gun-free zone, les tueries dans les écoles étaient quasiment inconnues aux États-Unis. Elle fut votée en 1990, proposée par un démocrate ambitieux du nom de Joe Biden, et ouvrit la voie à ces massacres d'un nouveau genre. Mais les médias ne rappelleront jamais ces détails dérangeants.