07 janvier 2015

Massacre à Charlie Hebdo

Si vous aviez suggéré à Cabu, un dessinateur plus ancien que le Club Dorothée, qu'il mourrait début 2015 sous les balles d'une bande d'islamistes en maraude, il aurait sans doute éclaté de rire.

france,terrorisme,islam,médias,liberté d'expressionC'est pourtant ce qu'il vient d'advenir aujourd'hui à Paris dans les locaux de Charlie Hebdo. Les dessinateurs Charb, Wolinski, Cabu et Tignous sont morts. Parmi les autres victimes, deux policiers dont un chargé de la sécurité de la place. L'attaque fut planifiée le mercredi en fin de matinée lors d'une réunion de rédaction, s'assurant de la présence de toutes les cibles. Les assaillants déjouèrent les codes de sécurité, purent tirer sur leurs victimes pendant plusieurs minutes et parvinrent même à s'enfuir. A l'heure où ces lignes sont écrites, ils courent toujours, insulte finale aux forces de police.

Mené à Paris en plein jour et contre la caste ô combien soudée des journalistes, l'attentat a reçu une résonance médiatique maximale à l'échelle mondiale.

La France avait pu se croire à l'abri mais cette sécurité était illusoire. Trop longtemps le danger terroriste islamique était nié ou minimisé. Les jeunes fous partaient en Syrie et n'en reviendraient pas ou seraient arrêtés à leur retour, pensait-on. On n'aurait à craindre que de rares attaques de "loups solitaires" impossibles à profiler. La réputation des services de renseignement était sans tache, Vigipirate - instauré en 1995 - ferait le reste. Dans l'esprit des gens, les attentats envisagés sur sol français auraient porté avant tout contre des intérêts étrangers installés sur le sol hexagonal - des ambassades étrangères, des synagogues, des juifs et leurs écoles. Pas vraiment des français "normaux", encore moins des journalistes, et surtout pas des gauchistes. Ces perspectives étaient tout simplement inenvisageables.

La France se réveille d'une somnolence coupable. Le réveil est rude.

De nombreuses personnalités musulmanes se sont immédiatement mises en mode damage control pour limiter la casse médiatique, chantant sur tous les tons que ces terroristes se réclamant de l'islam portent tort à l'image de la communauté musulmane. C'est évidemment vrai. En revanche, aucun n'expliquera jamais en quoi ces islamistes auraient eu tort selon leur religion d'agir ainsi, et pour cause: violence et agression sont des valeurs fondamentales de l'islam.

Rien ne dit que les islamistes seront rapidement retrouvés. Ils peuvent compter sur d'innombrables sympathisants. Il suffit de voir comment certains ont réagi sur Twitter:

france,terrorisme,islam,médias,liberté d'expression
Certains s'indignent moyennement, dira-t-on

Tout le monde n'aimait pas Charlie Hebdo, et parmi ces gens certains n'aimaient pas Charlie Hebdo à cause des caricatures anti-islamique qu'il publiait souvent. Il existe dans notre société actuelle des règles non-écrites en matière d'humour: il est autorisé de se moquer des catholiques, des politiciens de droite, des politiciens de gauche (avec tendresse ou seulement s'ils sont vraiment détestés), des hétérosexuels, des Américains et des riches. Il est nettement plus malaisé de se moquer des homosexuels, des immigrés, des arabes, des noirs, des juifs, des journalistes ou, enfin, des musulmans.

terrorisme,liberté d'expression,islamSi Charlie Hebdo tenait un peu la ligne ci-dessus, il empiéta fortement hors de la zone de confort humoristique en abordant le sujet des caricatures de Mahomet, puis en osant régulièrement en remettre une couche. Le rappel au règlement vient de tomber. Quelqu'un osera-t-il encore se moquer de l'islam demain? Des caricaturistes prendront-ils toujours leur plume pour faire une satire de Mahomet ou de toutes les absurdités contenues dans le coran? Voilà la question que tous les journalistes avides d'introspection devraient poser à leurs confrères sur les plateaux de télévision, voilà la question que Darius Rochebin ne posera pas au dessinateur Barrigue dans son interview au journal ce soir.

Les caricaturistes et autres dessinateurs de presse se définissent volontiers comme des rebelles courageux ; nous verrons, demain et les autres jours, ce qu'il en est. En France et dans les autres pays européens, se moquer de l'islam ne comporte pas exactement les mêmes risques que tourner en ridicule le Pape François. Remerciez des décennies de politique migratoire. Quant à la liberté d'expression érigée aujourd'hui en principe fondamental, il est on ne peut plus savoureux d'en entendre tant de bien en France ou en Suisse de la part de gens qui en sont les fossoyeurs.

Lorsque François Hollande s'est rendu sur les lieux, il n'était pas accompagné d'un officier du renseignement, d'un général de l'armée ou même d'un préfet de police ; il était avec de son conseiller personnel en communication. Voilà le genre de réponse immédiate que nos autorités sont capables de délivrer. Comme d'autres lieux jugés sensibles, les locaux de Charlie Hebdo étaient sous la protection d'une surveillance policière discrète ; pas de quoi stopper l'assaut surprise d'une équipe d'islamistes soigneusement préparée, cependant. Cela relativise quelque peu le sentiment de sécurité que les autorités tentent d'instiller en plaçant le plan Vigipirate au niveau "alerte attentat" - à moins que ce ne soit "rouge clignotant", "feu divin" ou n'importe quelle autre dénomination que le service marketing du gouvernement aura jugé appropriée.

Charlie Hebdo était un journal satirique aussi irrévérencieux que provocant. Je pensais un moment à un titre digne de lui et de son prédécesseur Hara-Kiri, comme "Gags en rafale à Charlie Hebdo: Douze morts" mais combien de gens se seraient offusqué avec raison de cet hommage douteux? L'humour n'est pas drôle lorsque l'on parle de la mort des siens et que les corps sont encore chauds. Mais si les cadavres du jour s'étaient compté dans une église ou dans les locaux de Minute, le journal d'extrême-droite honni, Charlie Hebdo n'aurait guère hésité à faire dans la faute de goût.

C'est là sans doute que se révèle la véritable leçon du jour: être de gauche ne protège pas des islamistes. Vous êtes encarté chez les socialistes ou les communistes? Vous êtes ami du "peuple palestinien"? Vous exécrez les juifs et souhaitez tout le mal du monde à un type comme Zemmour? Pas de problème. Vous aurez droit à la mort à votre tour, comme tous les autres chiens d'infidèles.

La leçon est certainement choquante pour beaucoup de belles âmes à Paris et ailleurs, qui pensaient peut-être qu'arborer un keffieh, cuisiner "exotique" et célébrer la diversité les sauveraient de la folie meurtrière des islamistes. Il n'en est rien. Projetant trop loin son goût partagé pour la destruction de la civilisation occidentale, le gauchiste de base peu regardant sur ses amitiés pourvu que l'autre haïsse l'Occident autant que lui oublie que les musulmans (et les islamistes en particulier) n'ont rien de cool. Ils sont croyants, et n'allez pas brandir votre athéisme sous le nez. Ils ne tolèrent pas le mariage gay. Ils ne veulent rien entendre de l'égalité homme-femme. Ils ne pardonnent pas - et pratiquent volontiers la mutilation, la décapitation, la lapidation et d'autres peines lourdes et sans rémission, assez loin des jours-amende-avec-sursis dont nos progressistes post-modernes sont si friands.

Le massacre de l'équipe éditoriale de Charlie Hebdo est là pour le rappeler. La gauche se berce d'illusions en croyant partager des valeurs avec ces gens-là, c'est ce que crient des gens comme Riposte Laïque depuis des années à la gauche officielle - celle-là même dont les spins doctors et autres spécialistes en communication travaillent d'arrache-pied pour remodeler la réalité. Dès demain, ils nous expliqueront que le massacre qui vient d'avoir lieu dans les locaux de Charlie Hebdo par des islamistes aux cris de Allah Akbar n'a rien à voir avec l'islam.

Ils endormiront le peuple, ils savent le faire - jusqu'à la prochaine attaque.

04 janvier 2015

Pour les Fêtes, prenez un peu de langue de bois

Certains lecteurs curieux du Figaro seront comme moi tombés sur une chronique au titre cinglant - Oui-oui au pays du déficit et du chômage - évoquant un site encore plus curieux, édité par le gouvernement français, le "kit repas famille".

Je préviens, c'est du lourd.

Le Kit Repas Famille (ou encore #KitRepasFamille en langue 2.0) est une espèce de pense-bête sensé donner réponse à tout sur chaque sujet politique qui viendra immanquablement à émerger pendant un repas en société - et comment répondre pour montrer que le pouvoir socialiste a plus d'un tour dans son sac, non mais!

 A mi-chemin entre le bingo et le jeu de l'oie, le style et les sujets abordés montrent qu'on est dans le plus grand professionnalisme:

kit_repas_famille.jpg
(cliquez sur l'image pour agrandir)

Sous chaque vignette, un argumentaire résumé destiné à prouver que le Gouvernement Travaille™ et que si les résultats ne sont pas là ils ne sauraient tarder. La version web donne accès à des liens vers un argumentaire "avancé" pour les plus masochistes ; les autres pourront se limiter à une version à découper et à coller pour avoir judicieusement le petit manuel socialiste dans la poche au moment opportun:

- Moi, je le dis franchement, je n'arrive plus à boucler mes fins de mois.

- ...

- Qu'est-ce que tu fais Dédé à regarder ton pantalon ? On dirait que tu as trouvé un rat au fond de ta poche ?

- (Dédé, s'éclaircissant la voix) Mais non tu es beaucoup plus riche que ce que tu crois! Le Gouvernement a pris une série de mesures pour le pouvoir d'achat : baisse de l'impôt sur le revenu pour certains ménages, réforme du mode de calcul du prix du gaz et de l'électricité, frais d'agences immobilières réduits (divisés par 2 à Paris), encadrement des loyers à la relocation...

- Certains ménages, pour sûr, mais certainement pas le nôtre. Et qu'est-ce que tu me chantes sur les frais d'agence immobilière à Paris? On vit à Tourcoing depuis seize ans! Quant au calcul du gaz et de l'électricité, tu m'excuseras mais ça monte...

- ...Sans compter la loi consommation qui permet de réduire le prix de bien des choses : assurance emprunteur, produits à lentilles, tests de grossesse...

- Dédé ? Qu'est-ce que tu baragouines sur ces machins d'assurance dont je n'ai jamais entendu parler ? Des produits à lentilles ? Des tests de grossesse ? Tu es sûr que tout va bien ? Tu crois que ces machins changent notre pouvoir d'achat au quotidien ?

- Je... Euh... (Dédé fouille nerveusement les petites fiches dans sa poche alors qu'une vague de sueur le submerge)


Oui, bon, on ne peut pas gagner à tous les coups.

La propagande gouvernementale française semble sans limite. On cherchera en vain par quel texte de loi l'Etat socialiste s'alloue ainsi l'argent des contribuables pour faire son autopromotion. Quant aux diplômés communicants derrière l'opération de comm, on dénichera une photo possible de la fine équipe au détour d'une page non trouvée sur le site, probablement en pleine séance de brainstorming.

Les réponses choisies mélangent allègrement le vrai et le faux. Ainsi, à l'assertion "les Français travaillent moins que les autres" le gouvernement répond que la productivité horaire française est supérieure à ses équivalents allemands ou anglais - ce qui est rigoureusement exact. Avec un Etat obèse représentant 57% du PIB du pays et le carcan des 35 heures, le secteur privé n'a pas d'autre choix que de lutter comme un lion pour éviter l'effondrement immédiat, une simple question de survie. Mais cette vérité-là n'est évidemment pas bonne à rappeler. Alors, à la place, on a droit à une statistique invraisemblable comme seuls des énarques peuvent en pondre:

"En 2 ans, 1 société sur 6 a introduit des produits nouveaux qui n'existaient pas sur le marché."


Produits nouveaux, quelle étrange définition! Selon quels critères ? Quel marché ? Par des "sociétés" de quelle taille ? Avec quel taux de réussite ? Et pourquoi sur une période de deux ans ? Ramener cette mesure improbable à une société sur 12 en rythme annuel faisait moins vendeur, sans doute...

On notera le mélange pêle-mêle de catégories rigoureusement opposées, comme "le problème c'est l'austérité / le problème c'est que l'Etat dépense trop", ou encore "l'Etat ne fait rien pour les patrons / l'Etat fait tout pour les patrons". Les auteurs ne s'en cachent même pas, plaçant ces thèmes les uns à coté des autres sans doute pour susciter une forme d'humour.

Le résultat suscite un certain malaise. Quelqu'un qui défend quelque chose et son contraire ne peut pas être de bonne foi. A moins de renoncer à la santé mentale, ou à toute représentation réaliste de la réalité.

Mais ce paradoxe est au cœur du socialisme - le mythe d'une perception de la réalité plus forte que la réalité elle-même. Le socialisme se joue des mots et les mots représentent d'ailleurs son seul domaine d'existence. Pour que le socialisme réussisse il suffit en théorie que suffisamment de croyants sincères se forcent à scander "tous ensemble tous ensemble" dans une incantation (les manifestations, autre symbolisme de la gauche, sont une autre célébration propice au phénomène) et alors, selon le dogme, la réalité pliera.

L'insécurité est un "sentiment" - il suffit de la nier, et nous nous sentirons en sécurité. La croissance est "dans les esprits". La consommation dépend du "moral" des ménages plus que de leur réelle situation économique. La courbe - parlons plutôt de ligne droite - du chômage s'inversera par la force de la volonté du Président et de son équipe...

C'est le règne de la pensée magique, mais cette pensée magique est le seul domaine d'influence du socialisme. Si la prospérité pouvait se payer de mots le socialisme et ses avatars auraient été couronnés de succès depuis longtemps. Nous savons qu'il n'en est rien ; mais inlassablement, parce que c'est sa seule façon d'agir, le socialisme essaye de formater les esprits, d'embellir la perception de la réalité, de faire passer des vessies pour des lanternes. Un travail de bénédictin pour lequel toutes les bonnes volontés sont requises, au point de devoir fournir un kit de prêt-à-penser en langue de bois jusque dans les repas familiaux lors des fêtes de fin d'années.

Pitoyable de devoir en arriver là, et tout aussi pitoyable de penser que pareille opération puisse sauver la France du naufrage.

27 décembre 2014

Islamofolie

France, gendarmerie du Roussillon, dans l’Isère, à la limite de l’Ardèche: Trois blessés dans une gendarmerie "par un déséquilibré armé d’un couteau criant Allah Akbar". L'homme, trentenaire employé dans une société de chimie, se livra à cette attaque trois jours après être rentré d'un pelérinage à la Mecque, voyage au cours duquel "il avait considérablement changé de comportement de l’avis même de ses proches", comme le rapportent les journalistes d'un quotidien régional. Mais c'était en mai 2013 - médiatiquement, autant dire le siècle passé.

france,islam,terrorisme,folieFrance, Joué-lès-Tour, attaque d'un commissariat cette fois-ci, encore aux cris de Allah Akbar. Le 20 décembre, il y a quelques jours à peine. Le forcené blesse trois policiers avant d'être abattu. Les premiers éléments de l'enquête privilégient la piste de l'islamisme radical pour expliquer les motivations de Bertrand Nzohabonayo, l'agresseur, converti à l'islam trois ans plus tôt. Il avait publié une photo du drapeau de l'organisation Etat islamique sur son profil Facebook deux jours avant de passer à l'acte.

France, Dijon, le lendemain. Un "déséquilibré" fonce dans la foule avec sa Clio, fauchant onze passants, encore une fois aux cris de Allah Akbar. Mais tout va bien: c'est un simple déséquilibré, suivi en hôpital psychiatrique, explique une source policière.

France, Nantes, le 22 décembre. Une voiture folle fonce sur le marché de Noël en faisant plusieurs blessés. A noter que le marché, situé en zone piétonne, n'est accessible aux véhicules qu'avec un badge permettant d'abaisser des bornes. Mais le lendemain, tout va bien: c'était un simple conducteur ivre - 1,80g d'alcool par litre de sang - et les cris de Allah Akbar n'étaient que le fait de Mohammed qui passait par là et avait laissé s'échapper, un peu fort, une exclamation de circonstance alors qu'il tentait de venir en aide... Au conducteur.

Le point commun entre tous ces événements? Ils n'ont aucun rapport avec l'islam.

Croire autrement serait faire preuve de simplisme, voyez-vous. Les journalistes de garde ont immédiatement entamé un ingrat travail de mise en contexte pour expliquer par exemple dans le cas de l'attaque du commissariat de Joué-lès-Tours que les motivations de l'individu n'ont rien à voir avec le terrorisme islamique. Depuis, ils vont plus loin, allant jusqu'à proclamer qu'aucune de ces attaques n'a le moindre rapport ni avec des actes de mimétisme, ni avec une quelconque loi des séries, ni avec le terrorisme islamique bien évidemment.

La faute à pas de chance, en somme. Ne riez pas, avec quelques semaines de ce matraquage (si l'actualité n'offre pas de piqûre de rappel) le message passera comme une lettre à la poste. L'homme qui s'avisera d'aborder en société le sujet des islamistes européens se verra immédiatement rabroué par force haussements de sourcils et les commentaires assassins qui vont de pair: "ce sont des malheureux qui ont besoin de notre aide, voyons."

Mais quelque part, et malgré tous les efforts visant à la faire paraître autrement, la réalité existe. Comme l'explique dans les colonnes du Figaro Thibault de Montbrial, avocat au barreau de Paris et directeur général du CAT (Centre d'analyse du terrorisme), les attaques subies par la France sont indiscutablement des actes de terrorisme: 

On a affaire à une attaque criminelle sur des civils ou des symboles de l'Etat, au nom d'une cause symbolisée par le cri «Allah Akbar». Le mode opératoire, de plus, correspond exactement au message diffusé depuis septembre par l'Etat islamique, qui demande à tous ceux qui ne peuvent le rejoindre de frapper les pays de la coalition, dont la France, sur leur propre territoire.


La France n'est pas le seul pays frappé. Rappelons les attentats subis par le Canada en 2014 (deux soldats tués par une voiture, et un tireur fou au Parlement d'Ottawa) qui ont marqué la population locale au point de définir ces deux événements comme les nouvelles les plus importantes de l'année. D'autres pays du monde, jusqu'en Australie, ont subi des attaques selon des procédés remarquablement similaires: prises d'otage, tireur fou, assaut avec une voiture... Et toujours des revendications islamistes. A chaque fois on nous parle de loup solitaire. Une meute de loups solitaires!

Le terrorisme frappe les esprits. Il plonge les victimes dans la prostration et diffuse un sentiment de panique à travers toute une population. Ces conséquences psychologiques constituent son principal objectif. Le terrorisme - islamique ou autre - ne vise pas à détruire une population entière, il en serait bien incapable, mais à susciter stupeur et passivité auprès de tout le monde, étouffant peu à peu toute velléité de résistance individuelle. Chacun n'ambitionne plus rien d'autre que de ne pas être au mauvais endroit au mauvais moment.

Qu'il soit accompli par des faibles d'esprit n'a guère d'importance ; la question n'a d'intérêt que pour les tribunaux et les juges d'application des peines. Là encore, les islamistes ont une longueur d'avance puisque tous les kamikazes sont par définition suicidaires... Un exemple parmi tant d'autres de l'inadéquation entre la justice occidentale et l'état d'esprit médiéval de fanatiques légèrement débiles cherchant le salut dans le sacrifice. Si d'aventure un authentique malade est partant, il n'aura quant à lui qu'à crier la formule magique au sommet de son délire pour donner une dimension politique à son acte pathologique.

Suivant une longue dérive hygiéniste de la justice occidentale où les formes les plus extrêmes du mal ne sauraient être que les conséquences d'une forme d'affection de l'esprit, l'avis d'un psychiatre pèse bien plus sur l'issue d'un procès que les plaidoiries du procureur. Le résultat? Si vous êtes fou, vous pouvez tout vous permettre.

La synergie entre islamisme et maladie mentale est promise à un bel avenir. Elle garantit aux terroristes - s'ils survivent à l'excitation du moment - d'avoir une porte de sortie des plus agréable avec aménagements de peine, soins particuliers et d'immenses efforts de réintégration, le tout payé par l'argent de ceux qu'ils combattent. Difficile de faire mieux.

Que nous réserve l'avenir? Là encore le docte M. de Montbrial nous donne un plaisant aperçu de la vie qui nous attend dans nos sociétés vaincues, tant que nous refuserons de réaliser que nous sommes en guerre:

Chacun doit continuer à vivre normalement, en s'habituant toutefois à être particulièrement vigilant dans les lieux publics.


La prochaine fois que vous entendrez des coups de feu et des détonation aux cris de Allah Akbar, n'appelez pas la police mais juste une ambulance: un pauvre hère dans les alentours a visiblement besoin de soins.

Si les islamistes sont aisément défaussés comme fous, nos gouvernements souffrent, eux, de déni. Le mal n'est pas moins grave.

18 décembre 2014

Quand Greenpeace détruit le Patrimoine Mondial

Un "attentat" - c'est par ces mots que le ministère de la Culture péruvien a qualifié l'action de Greenpeace, dont des activistes ont pénétré vendredi le site archéologique protégé de Nazca, au sud du pays, et l'ont endommagé. Mais ce n'est pas le genre de nouvelles qui fera les gros titres en Suisse: un entrefilet sur le site d'information continue de la RTS et... C'est tout. Qui oserait ternir la réputation de l'organisation sous nos latitudes?

greenpeace,pérou,patrimoine mondial de l'unesco,nazca
Le géoglyphe du Colibri, avant.

Le site de Nazca au Pérou est mondialement connu pour abriter des géoglyphes, de fameuses figures tracées sur le sol représentant des animaux stylisés ou des formes géométriques, s'étendant sur des centaines de mètres. Les tracés sillonnent le désert sur plus de 500 km2. Créées entre -500 et 500 de notre ère, on suppose qu'elles auraient servi des buts rituels mal connus. Ne pouvant être convenablement contemplées que depuis les airs, les mystérieuses circonstances qui ont donné lieu à leur création ont suscité les hypothèses les plus folles.

Inscrites au Patrimoine Mondial de l'Humanité de l'UNESCO depuis 1994, les grandes figures sont aussi vastes que fragiles ; elles ont été tracées en retirant du sol du désert les cailloux rougeâtres qui le recouvrent pour laisser paraître la couche de sable en-dessous. La conservation de ces traces ne s'explique que par la sécheresse - le désert de Nazca est une des zones les plus arides du monde - et une préservation sans compromis de ces œuvres à l'époque moderne.

greenpeace,pérouPour éviter d'effacer les lignes, l'accès au site est sévèrement réglementé. Les rares visiteurs admis, comme les scientifiques, doivent s'équiper de semelles spéciales, des sortes de raquettes de mousse, pour diminuer la pression que leur poids exerce sur le sol ; le but est d'éviter de bousculer les cailloux ou de chasser le sable mis à jour, ce qui reviendrait à effacer les lignes dans les deux cas.

Des précautions dont Greenpeace n'a eu que faire.

Présente à Lima dans le cadre de la conférence de l'ONU sur le climat réunissant 190 pays, l'organisation a envoyé une équipe d'activistes dans le désert de Nazca avec pour mission de déployer un slogan pour frapper les esprits: "C'est le temps du changement, le futur est renouvelable" ("Time for Change, Future is renewable -- Greenpeace" en version originale)

Sans aucun respect pour le site, agissant sans autorisation, le groupe de 12 à 15 personnes aurait pénétré dans la zone chaussées de bottes et de chaussures de sport. Les images sont sans équivoque:

greenpeace,pérou
Greenpeace détruit l'environnement pour préserver le patrimoine, ou l'inverse, on s'y perd un peu

Ce faisant, les militants ont laissé des traces. Leur cheminement est visible par vue aérienne. Les dégâts les plus importants se trouvent sur la zone où ils installèrent leur slogan ; les marques en sont encore nettement perceptible même une fois les lettres "temporaires" retirées. Beaucoup plus grave, ils ont irrémédiablement endommagé la figure dite "du colibri" en coupant à travers elle pour atteindre la zone qu'ils visaient!

greenpeace,pérou
Une ligne du Colibri après le passage des militants de Greenpeace

L'opération de communication s'est transformée en désastre. Le Pérou, dont le gouvernement était traditionnellement allié à Greenpeace, contemple désormais l'organisation avec horreur. Le directeur exécutif de Greenpeace Kumi Naidoo ira prochainement à Lima pour s'excuser personnellement auprès du gouvernement péruvien mais cela ne suffira pas: celui-ci a décidé de lancer une plainte pénale pour identifier et arrêter les activistes avant qu'ils ne quittent le pays.

Le gouvernement péruvien a clairement annoncé que l'enquête ne s'arrêterait pas aux exécutants mais qu'ils remonteraient aussi haut que nécessaire pour faire la lumière sur les donneurs d'ordre à l'origine de cette opération.

Kumi Naidoo explique que l'organisation fera "tout ce qu'elle peut" pour réparer son erreur ; encore faudrait-il que cela soit possible... Il n'est pas aisé pour Greenpeace de se retrouver tout d'un coup sur la sellette des destructeurs de l'environnement.

15 décembre 2014

Zurich: les casseurs sont de sortie

"Comment cela est-il possible dans un pays parfait?" demande un internaute face à la déferlante de violence qui a eu lieu à Zurich dans la nuit de vendredi à samedi. Que lui répondre? Que ses prémisses sont peut-être fausses?

zurich_emeutes.jpgLa Suisse n'a rien de parfaite, ni même de calme. La violence la plus bestiale menace sous une surface en apparence apaisée. Malgré la rigueur des nuits de décembre, des centaines de casseurs d'extrême-gauche en ont fait la démonstration au centre de Zurich en dévastant tout sur leur passage:


[La manifestation non-autorisée, comportant quelque 200 manifestants, masqués et armés de barres de fer, de bâtons et de pointeurs laser et pour la plupart issus de la gauche autonome,] a fait non seulement plusieurs centaines de milliers de francs de dégâts matériels, mais des personnes ont aussi été blessées. Selon la police municipale, sept agents ont dû être hospitalisés pour des lésions aux yeux et à l'ouïe. Les émeutiers ont agi dans les 3e et 4e arrondissements de la ville et ont "délibérément attaqué" les forces de l'ordre, écrit samedi 13 décembre la police. (...)

Les manifestants ont également détruit de nombreuses vitrines, pillé des magasins, mis le feu à des voitures et à des conteneurs.(...) Plusieurs véhicules d'intervention ainsi que des locaux de la police ont été sérieusement endommagés. Les manifestants ont également brisé toutes les vitres d'un restaurant bondé, dont les clients apeurés ont dû se réfugier au sous-sol et dans une arrière-salle.


Le Matin semble prendre beaucoup de recul par rapport à la nouvelle: il ne s'en fait l'écho que le lundi suivant, y compris dans sa version électronique, qui n'est pas soumise aux impératifs de délai de la version papier. Il est difficile de ne pas y voir une certaine volonté d'apaisement face aux événements, hypothèse confortée par l'absence de tout éditorial indigné face à la brutalité des casseurs. Imagine-t-on la réaction médiatique si ces brutes avaient arborés une signalétique d'extrême-droite? Seulement, pour trouver trois cent sympathisants d'extrême-droite se livrant à une guérilla urbaine il faut se lever tôt... On a pourtant un aperçu du déferlement de violence exercé par les émeutiers:

Les policiers ont été visés par des jets de pierres et d'engins pyrotechniques. Une torche a été lancée dans une voiture de patrouille et l'équipement d'une policière a pris feu. Elle est heureusement indemne, écrit la police.


La Fédération suisse des fonctionnaires de police (FSFP) a exprimé sa consternation face à cette "haine aveugle et destructrice" et réclamé qu'une telle agression soit qualifiée de tentative de meurtre. Pour que Mario Cortesi, porte-parole de la police municipale, en vienne à concéder qu'il n'a "jamais vu cela depuis dix ans" on devine que certains paliers ont été franchis.

Que réclamaient les "manifestants"? De "reprendre le contrôle de la rue", selon un communiqué délivré sur Indymedia. "Nous reprenons possession de la rue pour protester contre l’embourgeoisement progressif de la ville et la destruction des projets alternatifs", indiquaient les activistes. En tête du "cortège" des manifestants arboraient ainsi une banderole massive ornée de l'inscription en anglais Reclaim the Streets (reprenons possession des rues).

Difficile de croire à un message destiné au public alors que la manifestation était dès le départ prévue de nuit. Tout dépend de ce que l'on entend par "possession", je suppose. Il faut reconnaître que dans les faits, nos activistes anticapitalistes n'ont pour le moins pas perdu le sens de l'intérêt matériel, comme en témoignent les annonces de dégâts enregistrées à la suite de leurs exactions. Au milieu des vitrines brisées et des voitures incendiées, un bijoutier a ainsi signalé s'être fait voler "pour 100'000 francs de bijoux", sans doute des altermondialistes coquets, et aussi que "neuf automates à billets des transports publics ont été endommagés" - sans doute une odieuse méprise face au vivrensemble communautaire et festif que nous garantissent les transports publics...

Qu'a fait la police? A part prendre des coups et éteindre les vêtements en feu de ses membres, rien. Ou si peu. Les policiers ont dû utiliser des canons à eau. On attend les plaintes des personnes mouillées par grand froid.

Malgré des heures d'affrontement on compte seulement quatre arrestations de suspects âgés de 20 à 36 ans. Deux sont "de Suisse" (sic), un de la Principauté du Liechtenstein et le quatrième du Royaume-Uni, nous expliquent les médias fiers de pouvoir brandir pour l'occasion un échantillon représentatif d'une criminalité de terroir.

Les Zurichois traumatisés par cette nuit de barbarie peuvent dormir tranquille ; plus que 196 émeutiers en liberté dans les rues! La justice prévaudra!

Ne tirons pas à boulets rouges sur la police zurichoise ; elle a certainement ramassé plus que sa part de projectiles lors des dernières nuits. La faiblesse du nombre d'arrestations s'explique peut-être par des ordres venus d'en haut. Zurich est en effet une ville fièrement à gauche, et les édiles de gauche ont souvent beaucoup de compréhension pour l'enthousiasme de leurs petits camarades rebelles, une jeunesse à laquelle ils ont souvent appartenu. Pensons à la façon dont les élus de gauche - dont Mme Savary - s'apposèrent à Berne à la motion de M. Fehr de l'UDC pour interdire les cagoules lors des manifestations!

Comme le fait remarquer un internaute avec ironie, "les Zurichois ont les autorités laxistes qu'ils méritent". Il est vrai que l'embourgeoisement continu de la ville avec des quartiers écolo-compatibles et friches industrielles réaménagées repoussent peu à peu les limites d'une zone de non-droit où s'ébattaient encore joyeusement squats altermondialistes et autres salles de concert citoyennes improvisées. Les habitants de ces secteurs n'entendent pas laisser leur place aux bobos.

Nous assistons donc à une opposition entre deux courants de gauche. Quand la croissance bourgeoise-bohème empiète sur les plates-bandes de la gauche radicale, il y a forcément des frictions - frictions qui engendrent de la chaleur qui entraîne à son tour des incendies. Quoi de plus normal au bout du compte! Mais rassurons-nous, à la fin tout cela sera certainement payé par le contribuable.

09 décembre 2014

Keith Martin et la responsabilité individuelle

Si chacun a un jour son quart d'heure de gloire Keith Martin a eu droit à plusieurs passage - jusqu'à son malheureux décès le 5 décembre à l'âge de 44 ans.

keith martin,obésité,royaume-uni,alimentationKeith Martin était un des hommes les plus obèses du monde avec un poids d'environ 450 kg. Son nom ne vous est probablement pas inconnu puisque la presse de boulevard avait relaté son épopée, l'obésité morbide étant un des rares sujets franchissant hypocritement le filtre du politiquement correct pour peu qu'on prenne la peine d'écrire dans la rubrique insolite.

C'est pourtant dans la rubrique société que Le Matin décida d'évoquer le sujet, avec un article lapidaire et pourtant à haute teneur politique:

Le Londonien Keith Martin, surnommé l'homme le plus gros du monde, est mort vendredi à l'âge de 44 ans.

Selon sa famille, le malheureux, qui pesait 445 kilos et engloutissait quelque 20'000 calories par jour, soit neuf fois la quantité recommandée pour un homme adulte, est décédé des suites d'une pneumonie et d'une longue série d'opérations pour réduire son poids.

Son médecin lance aujourd'hui un appel au gouvernement britannique pour taxer les fast-food: «Le gouvernement doit rendre bien plus chère la nourriture mauvaise pour la santé. Sinon nous verrons de plus en plus de personnes comme Keith. Depuis quelques années, j'ai traité plusieurs patients qui pesaient entre 300 et 400 kilos. Il est bien trop facile, parce que peu cher, d'accéder à la junk food. Cela doit cesser.»


Voilà, c'est tout simple, taxe = bonne santé. Quelque chose me dit que la rédaction bien-pensante du Matin a trouvé là une occasion à bon compte de relancer la croisade ridicule contre la prétendue malbouffe, un opportunisme qui n'aura d'ailleurs pas échappé aux internautes commentant l'article.

A part cela, il est effarant d'entendre des suggestions comme celles du médecin de M. Keith. Taxons la nourriture malsaine et l'obésité disparaîtra! Quel raisonnement consternant de la part d'un prétendu homme de sciences! Pour un Keith Martin, combien de familles pouvant parvenir à se nourrir à un coût modique grâce à des aliments abordables?

Il y a plusieurs chemins jusqu'à un régime de vingt mille calories quotidiennes et tous n'impliquent pas la nourriture qualifiée de junk-food par les bien-pensants - à moins d'en faire une catégorie si vaste qu'elle inclue même les œufs frais. Jusqu'à une époque récente, M. Martin en engloutissait vingt-quatre, frits au petit déjeuner. Quelle taxe faudrait-il imposer pour que plus personne ne soit financièrement en mesure d'en consommer autant en un seul repas?

On voit rapidement les limites de l'exercice. À moins de faire contrôler entièrement l'accès à la nourriture par le gouvernement - une situation que les populations de divers pays totalitaires semble apprécier modérément - la liberté de consommer de la nourriture permet, inévitablement, des situations comme celles de Keith Martin.

Mais la liberté alimentaire est-elle seule en cause?

Au milieu de la joie sauvage de se moquer d'un malheureux, d'autres articles de presse révèlent une réalité un peu plus complexe et nuancée de l'histoire de M. Martin, des raisons de son obésité jusqu'à celles de sa mort:

Il avait un poids normal et appréciait le vélo jusqu'à la mort de sa mère, Alma, alors qu'il avait 16 ans. Alors il commença à s'empiffrer et à boire, et à grossir de 76 kilos jusqu'à ces proportions morbides.

"Je me suis laissé aller", dit-il. "Ce n'était pas pour le plaisir. Je n'en avais juste rien à faire. Je suis devenu si gros avec les saucisses, le bacon et les dîners de grillades. Je mangeais tout ce qui me passait par la tête."

Ses parents se sont séparés alors qu'il était petit. Issu d'une famille de huit enfants grandissant à Hendon, il eut rarement l'occasion de voir son père, Henry, portier d'hôpital, qui décéda quelques années après sa mère.

Keith l'adolescent quitta l'école peu après la mort de sa mère avec quelques certificats scolaires et travailla comme magasinier et laboureur jusqu'à ce que son poids, et le manque de mobilité et de souffle qui en résultent, lui rendent la tâche impossible.


En 2001, il fut hospitalisé pour la première fois à cause de son obésité. Et c'est à partir de là qu'il s'enfonça plus encore dans la gloutonnerie, aidé en cela par un service de santé toujours prêt à mettre la main à la pâte.

Avec un indice de masse corporelle de 115, on lui diagnostiqua une dépression et des problèmes cardiaques. Une équipe de spécialiste de huit personnes utilisait des ambulances spécialement conçues à 90'000 livres pièce pour le transporter lors de ses trajets de son domicile à l'hôpital, tant que son poids laissait possible la manœuvre.

Mais l'état du patient empira. En 2012 il s'avéra incapable de se déplacer, puis incapable de se lever. Lorsqu'il ne mangeait pas il passait ses journées devant la télévision, lisant ou jouant à des jeux vidéo tout en recevant la visite de nombreux membres du corps médical: nutritionniste, cardiologue, plusieurs infirmières changeant ses couches ou lui prodiguant des soins corporels... Alors même qu'au Royaume-Uni, des gens meurent quotidiennement à cause du rationnement des soins du système de santé public.

Incapable de subvenir à ses besoins puisque hors d'état de travailler, Keith Martin vivait exclusivement du système social britannique, hormis deux sœurs travaillant en cuisine pour satisfaire son improbable appétit.

Keith Martin n'était absolument pas satisfait de sa condition. "Je ne vais pas contacter le Livre Guiness des Records au sujet de mon poids. Ce n'est pas quelque chose dont je suis fier", affirmait-il. Et très conscient des risques pour sa vie, il entreprit d'en changer - bien qu'à aucun moment les 40'000 livres mensuelles que son mode de vie coûtait au contribuable britannique au travers du système de santé ne soient remis en question.

Il tenta ainsi de perdre du poids, et réussit. Une opération pour lui poser un anneau gastrique lui ôta les trois quarts de son estomac. Il vécut encore plusieurs mois alité et s'amaigrissant jusqu'à ce qu'une pneumonie l'emporte.

M. Martin avait une part de responsabilité évidente dans sa triste situation. Mais quitte à pointer d'autres facteurs, devait-il plus son état à la teneur en matière grasse de ses aliments ou aux mécanismes sociaux qui lui permirent complaisamment de perpétuer son mode de vie malsain, alors qu'il avait cessé de travailler depuis plus de dix ans?