09 mars 2013

Les bouffées de chaleur du Réchauffement Climatique

réchauffement climatique,mensonges"La Terre est en passe de devenir plus chaude que lors des 11300 dernières années", clame une étude soigneusement relayée sur le site d'information Romandie.com.

Bien entendu, sitôt la manchette passée (mais combien de gens lisent-ils encore les articles?) le soufflé se dégonfle assez vite:

Se fondant sur des analyses effectuées sur 73 sites autour du globe, des scientifiques ont pu reconstituer l'histoire des températures terrestres depuis la fin de la dernière période glaciaire, il y a environ 11.000 ans.

Ils ont constaté que ces dix dernières années ont été les plus chaudes, comparé à 80% des 11.300 années passées.

Virtuellement, tous les modèles climatiques évalués par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) montrent que la Terre sera plus chaude d'ici la fin du siècle qu'à n'importe quel moment durant les 11.300 dernières années et ce, selon tous les scénarios plausibles d'émissions de gaz à effet de serre.


Après l'affirmation d'une caution scientifique à toute épreuve, on apprend donc incidemment que les dix dernières années auraient été les plus chaudes que quatre-vingt pour-cents des 11'300 dernières années, ce qui laisse tout de même plus de 2'000 années plus chaudes qu'aujourd'hui. Expliqué de cette façon, c'est un peu moins effrayant et beaucoup moins spectaculaire.

Oubliant que toutes les températures du passées sont basées sur des estimations hasardeuses et imprécises voire manipulées (sans parler d'une notion de "température moyenne mondiale" extrêmement douteuse), l'article reprend vite le laïus habituel sur la Terre-condamnée-à-se-réchauffer sur la base des modèles climatiques évalués par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, le fameux GIEC.

Vu de Suisse, ce genre de dépêche sensationnaliste ne provoque même plus de réaction. Le public est blasé, mais aussi, hélas, convaincu. A en croire les reportages de la télévision publique helvétique impeccablement alignés sur les thèses réchauffistes, le climat ne se réchauffe nulle part plus vite qu'en Suisse.

Les médias prennent un soin particulier à occulter tout débat. Science is settled, comme disent les inquisiteurs en dressant le bûcher. Il y aurait pourtant un intérêt public prépondérant à relayer les nombreuses polémiques faisant rage sur ce dossier, certaines impliquant des factions à l'intérieur même du camp des partisans du réchauffement climatique.

L'une d'elle a a trait à l'utilisation de modèles par le GIEC. Les températures étant très complexes à extrapoler, il faut "simplifier" les mécanismes climatiques selon divers axes, étudier quelques phénomènes aux dépens du reste et ajouter un zeste de poudre de perlimpinpin.

Déjà, le GIEC emploie plusieurs modèles - FAR, SAR ou AR4 pour citer quelques acronymes aussi engageant qu'une marque de chewing-gum d'Allemagne de l'Est - et ces modèles livrent des résultats incompatibles entre eux. Comment proclamer que la Terre se réchauffe de façon "rapide" voire "catastrophique" lorsque cinq thermomètres statistiques n'arrivent pas à faire mieux que livrer cinq températures différentes?

Certes, on répondra que si les tous indiquent de la fièvre, il y a peut-être des raisons de s'inquiéter. L'argument semble tenir la route, à ceci près que le monde politique (et en son sein les écologistes les plus extrémistes) fait preuve de bien peu de modération dans ses analyses en prenant systématiquement pour argent comptant les chiffres les plus dramatiques. Le bon sens ne réclamerait-il pas plutôt de choisir enfin un seul thermomètre - le meilleur, le plus juste - et de s'y tenir? Mais aborder le problème sous cet angle soulève encore plus de questions sur la pertinence de ces fameux modèles...

En effet, le monde s'inflige la théorie du réchauffement climatique depuis maintenant suffisamment longtemps pour que les mesures actuelles examinant la Terre sous toutes les coutures, même depuis l'espace, soient confrontées aux prédictions des modèles.

Et le moins que l'on puisse dire est que ça ne colle pas:

réchauffement climatique,mensonges
Graphique extrait du rapport préliminaire AR5 du GIEC, décembre 2012

Il suffit d'avoir des yeux ouverts et un peu de matière grise entre les oreilles pour constater que les températures réelles mesurées (en noir) sont, qu'on le veuille ou non, bien en-deçà de l'apocalypse réchauffiste (surfaces d'incertitudes de chaque modèle colorées de diverses teintes) que nous servent en choeur avocats de la cause et journalistes. Et encore, par pudeur, le graphique ne montre pas les tendances de ces modèles jusqu'en 2100.

Ne comptez pas trop sur les médias helvétiques pour vous rapporter ce genre d'information.

Ne croyez pas non plus que ce modeste graphique soit un instant d'égarement ou une erreur de publication ; les choses deviennent vraiment intéressantes quand M. Pachauri, le président du GIEC en personne, admet publiquement le mois dernier qu'il n'y a pas eu de réchauffement climatique mondial au cours des dix-sept dernières années.

Pas de réchauffement climatique.

Dans les dix-sept dernières années.

Relisez, encore et encore.

Combien de reportages et de documentaires sur la réalité-du-réchauffement-climatique-ici-et-maintenant avez-vous vu sur la même période?

réchauffement climatique,mensongesVenant de n'importe quel climato-sceptique forcément aux ordres des multinationales pétrolières, l'affirmation ferait sourire et serait immédiatement défausée. Mais de la part du directeur du GIEC lui-même, il y a de quoi douter. C'est un peu comme si le Pape affirmait à un journaliste que cette histoire de Jésus et de résurrection n'est finalement qu'un gros malentendu.

Science is settled, vous disait-on?

Mais au fait, quelle mouche a piqué M. Pachauri? Tout simplement l'écart de plus en plus net entre le réchauffement hystérique proclamé par les modèles du GIEC et la réalité, rendant intenable les cris de panique habituels. Certains avancent l'hypothèse que M. Pachauri se lance dans un modeste mea culpa pour restaurer une crédibilité en miettes et pouvoir proclamer quelque chose comme "le temps nous aura donné raison" des fois que les températures augmentent réellement d'ici quelques années ; le pari est audacieux, mais le GIEC est si mal en point qu'il n'a plus guère le choix.

Le plus terrible est que tout cela aurait pu être évité simplement en abordant dès le départ une attitude précisément scientifique. Comme l'explique le professeur Robert Carter:

Compte tenu de la grande variabilité naturelle manifestée par les données climatiques, et l'incapacité à ce jour d'y sélectionner ou d'y identifier un signal anthropique [c'est-à-dire provoqué par l'Homme], la bonne hypothèse de départ est l'hypothèse nulle, parce qu'elle est la plus simple qui soit compatible avec les faits connus, et qui peut  être formulée ainsi : les changements climatiques globaux sont présumés être d'origine naturelle, au moins jusqu'à ce que des preuves spécifiques parviennent à démontrer la causalité anthropique.

C'est une des caractéristiques les plus extraordinaires du GIEC que les études qui y sont menées procèdent d'une inversion (injustifiée) de l'hypothèse nulle, à savoir: les changements climatiques globaux sont présumés résulter des émissions anthropiques de dioxyde de carbone, au moins jusqu'à ce qu'une preuve spécifique n'indique le contraire.


Evidemment, une posture aussi biaisée scientifiquement ne pouvait que faillir sur le long terme:

La réalité scientifique actuelle est que l'hypothèse du GIEC sur le réchauffement climatique dangereux a été testée à plusieurs reprises, et que ces tests ont échoué. Malgré l'investissement d'importantes sommes d'argent au cours des 25 dernières années (plus de 100 milliards de dollars), et l'immense effort de recherche effectué par les scientifiques liés au GIEC et par des scientifiques indépendants, à ce jour, aucune étude scientifique n'a établi un lien avéré entre les changements d'un quelconque paramètre environnemental significatif et l'origine humaine des émissions de dioxyde de carbone.


Sans parler du fait que la planète ne se réchauffe même pas...

Mais peu importe! Dans la sphère médiatique européenne le combat continue, même contre des moulins à vent. On joue sur les mots ; on ne parle plus de réchauffement climatique, mais dérèglement climatique, ce qui induit l'idée que le climat a été réglé un jour, une parfaite hérésie ; ou encore de changement climatique, ce qui induit que précédemment le climat ne changeait pas, une autre excellente plaisanterie!

Le débat autour du réchauffement climatique d'origine humaine "indiscutable" a dépassé les frontières de l'absurde au point d'en devenir comique. Il sera intéressant d'examiner pendant combien d'années les médias, et en particulier les médias suisses, continueront sur leur lancée avec le même cap idéologique, éloignés d'une réalité qui a réussi à s'imposer même au directeur du GIEC.

03 mars 2013

Les votations du 3 mars

votation du 3 mars 2013L'insoutenable suspense est terminé. Voyons ce que les urnes ont délivré comme message ce soir.

Initiative contre les rémunérations abusives (évoquée ici): Thomas Minder peut se réjouir, il a réussi son pari avec constance et opiniâtreté. Il s'agit certes d'un changement symbolique, mais porteur, ramenant enfin le contrôle des rémunérations des managers - qui ne sont que des employés - aux actionnaires, les véritables propriétaires de l'entreprise.

A une gauche avide de s'approprier la victoire de M. Minder, je ferai miens les propos fort pertinents de Paul Dembinski, professeur d'économie, sur la campagne:

C’est avec un certain dégoût que j’ai entendu M. Levrat tenter de récupérer une éventuelle victoire de Minder dimanche. Seul le PS a entendu souffler le vent de justice sociale… Salaires minimums, ratio 1 : 12 des rémunérations, mais ce n’est absolument pas de cela dont il s’agit. L’initiative Minder ne porte pas en elle le germe de l’étatisation de l’économie dont rêve le PS.

 
Ce qui ne l'empêchera pas d'essayer, naturellement.

Loi sur l'Aménagement du Territoire (évoquée ici): nouvelle loi anti-valaisanne, nouvelle strate bureaucratique et nouvelle planification centralisée venue d'en haut... Triple échec pour la liberté, mais victoire nette des propriétaires fonciers et des plus riches contre les locataires et les familles désireuses d'accéder à la priorité. Il est évident que la LAT devra forcer une réduction des terrains constructibles pour avoir le moindre sens ; elle poussera donc naturellement les prix des terrains vers le haut selon le principe de l'offre et de la demande.

Entre l'initiative Weber et la LAT, deux objets chéris par Doris Leuthard, les Valaisans doivent avoir des aigreurs d'estomac en repensant à leur vote PDC aux élections fédérales... La gauche et l'ASLOCA peuvent sabler le champagne dans leur lutte chimérique contre l'ennemi de classe, le bourgeois, le propriétaire ; ce faisant, ils oublient qu'un primo-accédant (quelqu'un qui accède pour la première fois à la propriété) est aussi un individu qui libère un logement loué pour quelqu'un d'autre.

Les citoyens suisses devront désormais prendre leurs responsabilités dans l'évolution des prix immobiliers.

Article Constitutionnel sur la Famille (évoqué ici): rejetée d'une courte majorité de canton alors que la majorité du peuple était acquise, c'est incontestablement la bonne surprise du week-end. Personnellement, je n'aurais jamais cru à son rejet. N'importe quelle politique associée au mot-clef magique "famille" passe habituellement comme une lettre à la poste, pour désastreuse soit-elle. La recette n'a pas fonctionné pour l'initiative du PDC. L'action de l'UDC a largement contribué à rompre le consensus autour du projet du parti de centre-gauche.

C'est évidemment le mieux qui puisse arriver aux familles de classe moyenne. Elles ne se verront pas privées par l'impôt de ressources ponctionnées au nom de structures étatiques d'accueil dont elles seront exclues, sachant qu'il y aura toujours plus nécéssiteux pour leur passer devant.

Le Oui massif des cantons romand et tessinois montre qu'ici, le peuple est mûr pour ce genre d'aventure. Il ne tient qu'aux partisans de l'idée de mettre en place des initiative cantonales pour accomplir localement ce qu'ils ont échoué à imposer au niveau fédéral. Mais il n'est pas sûr que les adeptes de l'étatisation des enfants tentent leur chance à une échelle plus petite, car les comparaisons de coût et de fiscalité entre cantons rendront l'arnaque évidente aux yeux de tous.

D'une courte tête, les cantons alémaniques ont mis le holà à l'extension de l'Etat-providence, pour le moment.


Les trois objets fédéraux du week-end n'étaient pas les seules raisons pour les citoyens de se déplacer aux urnes. Voici une sélection de thèmes cantonaux qui me semblent significatifs:

Berne dit non à la sortie du nucléaire: ni l'initiative pour l'électricité renouvelable ni même le contre-projet du gouvernement n'eurent la grâce des électeurs. Un sondage récent annonçait que l'Effet Fukushima n'avait pas duré chez les Suisses, nous en avons désormais une preuve concrète.

Le Jura se dote d'un salaire minimum: contre l'avis du gouvernement et du parlement, le canton du Jura accepte avec une majorité assez franche (54,2%) le principe d'un salaire minimum. Celui-ci concernera uniquement les branches économiques et les entreprises non signataires d'une convention collective de travail (CCT). De plus, le montant variera selon le salaire national médian du secteur à l'échelle suisse: de beaux maux de tête en perspective pour traduire la volonté populaire en loi!  Dans quelques années, nous pourrons établir d'intéressantes comparaisons entre le taux de chômage jurassien et celui des cantons voisins.

Genève dit oui à la fusion des caisses publiques (évoquée ici): les Genevois ont donc accepté de créer une nouvelle caisse de pension publique probablement "too big to fail" tout en augmentant très légèrement les contributions des fonctionnaires. Du point de vue de l'assainissement des régimes publics de retraite, le changement est si léger qu'il ressemble furieusement à du sur-place.

Nidwald confirme ses forfaits fiscaux: rompant la dynamique que la gauche souhaitait instaurer,  l'initiative "Pour l'abolition des privilèges fiscaux pour les riches étrangers" lancée par la Jeunesse socialiste locale est sèchement rejetée par 68,6% des voix.

Pas de Jeux Olympiques d'hiver dans les Grisons: 54% des votants rejettent le projet. Les communes de Davos et St-Moritz l'avaient approuvé, mais le reste du canton n'a pas suivi. Les commentateurs se succèdent sur les ondes de la télévision suisse pour se lamenter du manque de "vision" et "d'envergure" des citoyens locaux. Apparemment, la défense du paysage et du patrimoine peut passer à la poubelle s'ils doivent être sacrifiés pour des jeux olympiques d'hiver 2022, sans parler du volet financier.

Oskar Freysinger en pôle-position pour le Conseil d'Etat valaisan: l'UDC saviésan arrive en tête du premier tour pour l'élection au Conseil d'Etat - loin devant son adversaire Christian Varone, mais aussi devant tous les sortants. S'il est trop tôt pour crier victoire, l'UDC semble mieux placée que jamais pour entrer au Conseil d'Etat du canton.

Voilà, c'est tout pour cette rapide analyse. Nul doute que je n'ai couvert qu'une fraction des objets électoraux soumis au vote ce week-end - le signe indubitable d'une démocratie vivante - mais les résultats ne me semblent pas trop mauvais dans l'ensemble.

01 mars 2013

Ingouvernable Italie

Les élections italiennes de dimanche et lundi ont donné exactement le pire scénario possible: un pays ingouvernable et promis à un prochain retour aux urnes.

cartoon.jpgLa troisième économie de la zone euro est dans la tourmente.

Le professore Mario Monti, chouchou de Mme Merkel et de la nomenklatura européenne, a été sèchement renvoyé à ses études. Avec 10% des suffrages exprimés, il a cristallisé à lui seul le rejet des politiques venues d'en haut et des quelques réformes - trop souvent fiscales - qu'il a pu mener. Technocrate sans charisme, ancien de Goldman Sachs, imposé d'en haut par la clique bruxelloise, M. Monti se voyait en homme providentiel ; il aura raté jusqu'à sa démission-surprise. Il disparaîtra probablement du radar politique italien dès les prochaines élections.

Silvio Berlusconi, annoncé politiquement mort une demi-douzaine de fois, s'est encore débrouillé pour transformer une défaite en demi-victoire ; sa coalition menée par le Peuple de la liberté est arrivée en deuxième position avec 30% des voix à l'échelle nationale, dans un mouchoir de poche avec la gauche de Pier Luigi Bersani. Ce dernier ne dispose que de 124'000 voix d'avance. Qu'on le veuille ou non, Silvio Berlusconi mène la droite italienne. Tout électeur qui n'est pas de gauche tombera forcément dans le giron de sa coalition, même s'il ne vote pas précisément pour le parti de Berlusconi. Cela lui garantit une force de frappe électorale conséquente, malgré les affaires dont il est continuellement accusé (dernière en date, la possible corruption d'un politicien en 2006, Sergio De Gregorio ; mais apparemment, le fait qu'un sénateur de gauche se laisse corrompre laisse de marbre tout le monde...)

Le rejet de l'affairisme de la classe politique italienne et des politiques de rigueur imposées d'en haut - et dont les partisans semblent eux-mêmes rarement souffrir - auront jeté des millions d'Italiens dans les bras du mouvement "cinq étoiles" de Beppe Grillo. L'ex-comique devenu politicien souhaitait incarner le vote protestataire, le résultat aura dépassé toutes ses espérances. Parti de rien, le mouvement cinq étoile devient désormais la troisième force politique italienne.

Si les cinq étoiles sont évidemment de gauche - il est ainsi "hors de question" d'envisager la moindre alliance avec Berlusconi - le mouvement de Beppe Grillo est aussi anti-européen, anti-euro, anti-austérité, pro-démocratie directe et dirigé droit contre la classe politique incarnée par les partis traditionnels. Tout n'est donc pas à jeter au sein du nouveau venu, mais ses positions iconoclastes, l'inexpérience de ses élus et l'absence de cohésion de l'ensemble achèveront de donner des maux de tête à quiconque souhaiterait l'avoir pour partenaire.

Finissons ce tour d'horizon avec le vainqueur officiel, Pier Luigi Bersani, à la tête du Parti Démocrate. La maigre avance qu'il possède sur le suivant permet à sa coalition de briguer 55% des sièges de la Chambre des Députés. Dans la chambre du Sénat, en revanche, sa victoire électorale est trop étriquée pour espérer une majorité, même en s'alliant avec ce qui reste des forces politiques de Mario Monti.

Les médias européens insistent bien sur la victoire de M. Bersani - il est de gauche et pro-européen, c'est donc leur poulain naturel - mais cachent l'ensemble de sa situation. N'importe quel observateur examinant le contexte politique italien de façon moins triviale comprendra que toute tentative de former une coalition est vouée à l'échec.

Tout d'abord, les mouvements politiques représentés dans les chambres italiennes et dans les beaux graphiques de résultats d'élections sont eux-mêmes des coalitions de partis. On a tendance à l'oublier. Silvio Berlusconi subit sa fameuse Ligue du Nord, mais le Parti Démocrate mène lui aussi une coalition "Bien Commun" de partis socialistes, communistes et écologistes, peu enclins à accepter un accord électoral encore plus large. Les forces politiques composant ces coalitions s'entendant déjà à peine, imaginer une alliance stable avec le fantasque Beppe Grillo tient de la gageure. Une "union nationale" rêvée par les eurocrates, associant Monti et Berlusconi à la gauche semble encore plus invraisemblable. Même si certains commentateurs osent avancer l'hypothèse, on nage en pleine science-fiction.

Deuxième aspect, assumant son rôle "responsable" et "progressiste" dans la poursuite des réformes, Pier Luigi Bersani n'aura d'autre choix que de s'infliger la poursuite de la ligne politique qui a éreinté Mario Monti. On n'imagine pas M. Bersani pousser l'Italie à la cessation de paiement, à la révolte contre les banques, à l'organisation d'un référendum sur la sortie de l'euro ou de l'Europe ou simplement à la moindre opposition contre Mme Merkel, alors que la confiance internationale dans les finances du pays ne tient qu'à l'humeur de Berlin.

La coalition "Bien Commun" de M. Bersani est donc sur une pente descendante inéluctable. Le Parti Démocrate a perdu 4 millions d'électeurs par rapport aux législatives de 2008, plus d'un sur deux au profit de la formation de Beppe Grillo. Ce dernier, fin psychologue, n'hésitera pas à pourrir la situation ; il l'a déjà fait savoir en promettant à ses électeurs un "prochain retour aux urnes". Le politicien-comique a bien compris que les vents lui sont favorables.

Difficile de prédire exactement quand aura lieu la manche électorale suivante. Tout dépend de l'énergie que déploiera Pier Luigi Bersani à donner l'illusion qu'il contrôle quelque chose. Dans tous les cas son avenir ressemble à une impasse: ses espoirs de diriger un gouvernement stable sont nuls, son électorat s'érode et ses concurrents sont au coude-à-coude. La victoire est une déesse capricieuse et inconstante.

Le prochain round verra probablement la gauche conventionnelle s'effacer au profit du mouvement cinq étoiles, lui-même opposé à un Silvio Berlusconi requinqué et déjà à deux doigts de l'emporter cette semaine. La victoire de ce dernier ne manquerait pas de faire s'étrangler bon nombre d'éditorialistes un peu partout sur le continent, mais voilà, ce sont encore les électeurs italiens qui décident.

Bien entendu, la prochaine étape du cirque électoral italien ne sera pas la dernière: les choses empireront alors que la défiance s'aggrave. Par beau temps la péninsule italienne était déjà pratiquement ingouvernable ; qui croit encore que les peuples s'assagissent en temps de crise?

21 février 2013

Haro sur la famille!

Troisième objet fédéral soumis au vote le 3 mars, l'article constitutionnel sur la famille est sans doute le sujet le moins discuté au cours de cette campagne. Entre l'initiative Minder éperonnée par les dernières révélations sur le départ de Daniel Vasella de Novartis ou la lutte contre la Loi sur L'aménagement du Territoire où le Valais ne veut pas se faire reprendre à froid comme avec l'initiative Weber, l'article constitutionnel sur la famille semble largement épargné par toute polémique.

Seule l'Union Démocratique du Centre fait énergiquement campagne au milieu d'une apathie générale qui, disons-le, fait bien les affaires des partisans du texte.

L'UDC n'a pas lésiné sur les moyens, se fendant d'une "édition spéciale" - un tout-ménage A3 de seize pages couleurs, excusez du peu, presque entièrement consacré à la lutte contre l'article constitutionnel. L'effort semble avoir eu un certain effet, l'adhésion populaire au texte s'étant quelque peu érodée:


Un reportage de la RTS sur les derniers sondages

Dans l'éditorial du journal de l'UDC, Toni Brunner rappelle avec raison qu'entre tous les objets soumis à votation, le thème de la centralisation de la politique familiale à l'échelle fédérale est sans doute le moins discuté et pourtant celui qui aura les conséquences les plus graves.

A y regarder de plus près, le texte de l'article constitutionnel a l'air bien anodin:

Art. 115a Politique de la famille
1 Dans l’accomplissement de ses tâches, la Confédération prend en considération les besoins des familles. Elle peut soutenir les mesures destinées à les protéger.
2 La Confédération et les cantons encouragent les mesures permettant de concilier la vie de famille et l’exercice d’une activité lucrative ou une formation. Les cantons pourvoient en particulier à une offre appropriée de structures de jour extrafamiliales et parascolaires.
3 Si les efforts des cantons ou de tiers ne suffisent pas, la Confédération fixe les principes applicables à la promotion des mesures permettant de concilier la vie de famille et l’exercice d’une activité lucrative ou une formation.

 

Le premier alinéa correspond en fait à l'introduction de l'article 116 actuel portant sur la définition des allocations familiales et l'assurance-maternité. Le vrai changement est introduit à travers les alinéas 2 et 3.

L'alinéa 2 obligation la Confédération et les Cantons à mettre en place des mécanismes d'accueil hors des horaires habituels de l'école obligatoire. L'alinéa 3 - qui laisse augurer de bons procès devant le Tribunal Fédéral pour déterminer si les efforts ont été "suffisants" - forcera la Confédération à imposer un filet supplémentaire si les efforts des Cantons s'avéraient inadéquats.

Tout ceci pourrait sembler bel et bon à ceux qui voient les enfants comme des obstacles à leur épanouissement personnel et professionnel.

Les autres, qui comprennent que les enfants représentent un choix, s'effraieront de la facilité avec laquelle l'Etat s'immiscera dans l'organisation des familles.

A la lecture de cet article, on peut assez facilement imaginer que l'Etat mettre en place hors de quelques heures creuse la nuit (et encore, c'est discutable) une sorte d'accueil perpétuel des enfants, chargé de veiller sur eux pendant que les parents vaquent à diverses occupations.

A plein temps, cette structure existe déjà ; on l'appelle un orphelinat.

Je sais, j'exagère, j'entends vos protestations d'ici. Donnez-vous pourtant la peine d'y penser: un orphelinat est la définition même d'un lieu où les enfants s'épanouissent à 100% sous le contrôle de l'Etat. Lequel fait d'ailleurs tout pour rendre l'adoption la plus difficile possible, tant il est sûr de la qualité de ses services.

famille_etat_non.pngSi des enfants placés aux bons soins de la Confédération et des Cantons ne seront pas aussi malheureux que de véritables orphelins - ils reverront leurs parents certaines nuits de la semaine et peut-être les week-ends, si cela ne dérange pas trop "l'exercice d’une activité lucrative" ou la "formation" de leurs géniteurs - ils partageront beaucoup de leurs conditions d'existence en termes de qualité d'accueil, de locaux et de confort.

Les adeptes de l'Etat-maman oublient trop vite qu'il n'a d'autre moyens que ceux qu'il tire de vos poches. Si l'Etat "s'occupe" de vos enfants, vous pouvez être sûr que cela vous coûtera un saladier et que la qualité du service rendu sera... Discutable, pour rester poli. Faut-il vraiment faire une liste des innombrables gaspillages, doublons, procédures inutiles et scandales réguliers pour douter de la qualité de la gestion des deniers publics?

L'Etat, c'est ce machin qui décrète que vos adolescents doivent avoir un réhausseur de siège dès qu'ils montent dans votre voiture (alors qu'ils se promènent carrément debout dans le bus à côté de vous!), souhaite que tante Agathe ait un permis administratif spécial pour garder ses neveux et nièces mais se bat pour que des pédophiles puissent continuer à "travailler" avec eux.

Ah, l'Etat et sa compétence légendaire, comment ne pas déborder d'envie de lui confier ce que vous avez de plus précieux?

Faut-il être naïf pour croire que de parfaits inconnus s'occuperont de vos chères têtes blondes mieux que vous et moins cher que si vous vous en chargiez vous-même! Mais lorsque l'article constitutionnel passera (et il passera!) il sera trop tard: de toutes façons, vous n'aurez plus le choix. Et certainement plus les moyens d'avoir le choix.

Monopole, coercition et fiscalité, l'avenir de l'accueil de jour en Suisse s'annonce sous les meilleurs auspices.

Franchement, si l'Etat souhaitait vraiment aider les familles, il cesserait de les pressurer fiscalement comme de citrons et d'étrangler par un carcan législatif doublé d'un garrot fiscal toutes les professions privées qui gravitent dans le milieu de l'accueil, comme les mamans de jour. Et là, on aurait déjà fait un grand pas.

Nul besoin d'un article constitutionnel pour cela.

18 février 2013

Retraites publiques: le test genevois

Les votations fédérales du 3 mars regroupent aussi un certain nombre d'objets cantonaux sur lesquels il est bon de se pencher. L'un d'eux a trait à la fusion deux caisses de pension publique dans la ville du bout du lac.

geneve.jpg

Le 3 mars, les citoyens genevois seront amenés à accepter ou rejeter la fusion de la Caisse de prévoyance du personnel enseignant de l'instruction publique et des fonctionnaires de l'administration cantonale (CIA) avec la Caisse de prévoyance du personnel des établissements publics médicaux du canton de Genève (CEH) pour fonder une nouvelle caisse publique, la Caisse de prévoyance du canton de Genève (CPCG).

Ces batailles d'acronyme méritent d'être étudiées, car c'est une histoire de gros sous:

[Le] vote sur la fusion des caisses de pension publiques (...) signifiera pour l’Etat employeur – et donc les contribuables – l’engagement de 6,4 milliards de francs sur quarante ans (130 millions par an), plus de trois fois les pertes liées au sauvetage de la banque cantonale [genevoise].

 

Tant d'argent doit être avancé parce que la législation a changé, nous dit-on. Dès le 1er janvier 2012 en effet, les caisses de pension publiques devront couvrir l'intégralité de leurs rentes actuelles, et se doter d'un plan visant à couvrir 80% de leurs besoins d'ici 2052. Bien que l'échance soit lointaine, il y a du pain sur la planche.

Mais pourquoi la situation actuelle s'est-elle tant éloignée des impératifs de saine gestion qu'on serait en droit d'attendre de toute caisse de pension?

En réalité, il y a caisse et caisse. Caisses privées et caisses publiques, en l'occurrence. Les secondes ont été sujettes à des règles beaucoup plus souples que leurs homologues du privé, menant à une situation de sous-couverture chronique depuis des années, pour deux raisons:

1. Les retraites du public sont très généreuses, résultat de longues négociations menées par des syndicats du secteur publics face à des générations de politiciens complices, faibles, ou peu enclins à lutter pour la sauvegarde de l'intérêt général face à l'appétit de leur personnel.

2. Depuis l'entrée en vigueur de la LPP dans les années 70, les caisses de pension publiques ont les mains relativement libres ; le législateur a estimé que le risque de faillite de l’Etat étant pratiquement inexistant, les obligations de couvertures ne s'appliquaient pas: le contribuable serait toujours là pour éponger les dettes!

Dans tous les cas, les retraites du public reposent largement sur l'argent de tous les contribuables et non les seuls assujettis au régime. Voilà où se situe le véritable scandale. Alors que les salariés du privés doivent déjà assurer leurs propres retraites, ils doivent aussi payer celles des fonctionnaires!

Les sommes que touchent les fonctionnaires retraités sont sans sans commune mesure avec les cotisations versées durant leur carrière.

Pour régulariser - temporairement - la situation les citoyens sont invités à verser des montants énormes pour le renflouement des retraites publiques. Ce versement peut être tenté en "une fois" à travers une recapitalisation massive ou "au fil de l'eau" comme dans l'histoire de la caisse de pension de la police genevoise que nous relate Pierre Kunz, caisse dans une situation idéale grâce aux ponctions régulières qu'elle effectue dans les impôts des contribuables, permettant aux fonctionnaires de police de partir à taux plein à 52 ans et ce avec 100% de taux de couverture! Qui dit mieux? Pierre Kunz parle de "petit miracle" mais d'autres termes moins flatteur viennent à l'esprit...

Le vote genevois du 3 mars ne corrige absolument pas ces dérives. Loin de remettre les choses à plat, le projet vise simplement à réunir des caisses dans un ensemble plus grand et de corriger le projet à minima. Les cotisations des fonctionnaires augmenteront de 30% et sur une durée plus longue pour arriver à une retraite complète. Les prestations seront revues à la baisse mais resteront généreuses: AVS comprise, un fonctionnaire retraité touchera ainsi entre 80% et 92% de son dernier traitement net.

Mais on restera dans un système insoutenable de primauté à la prestation.

Est-on délibérément en train de construire une nouvelle caisse publique "too big to fail"? L'hypothèse n'est pas exclue. L'assainissement financier d'une caisse est une étape désagréable ; mais lorsque ladite caisse regroupe des pensions de milliers de fonctionnaires et de retraités de la fonction publique d'un canton, cela devient un problème d'Etat - et une force de frappe électorale bien décidée à exiger le sacrifice de l'argent des contribuables au nom du maintien de son mode de vie.

Connu pour ses "genevoiseries", le canton du bout du lac se sera fait remarquer d'une belle manière sur ce dossier: tout d'abord, le référendum est réclamé par le syndicat SSP d'extrême-gauche, convaincu que la remise en question très très modeste réclamée aux fonctionnaires cantonaux reste pour eux un "sacrifice inadmissible". Oui, les syndicats de fonctionnaires osent tout, c'est à ça qu'on les reconnaît.

Seconde particularité, tous les partis de l'échiquier politique soutiennent la fusion - même l'UDC, qui va clamer sur ses affiches un "Oui à cette mauvaise solution"! La classe politique locale semble considérer que l'absence de fusion et de recapitalisation amènerait à de pires conséquences. On est en droit de se demander lesquelles: personne, apparemment, n'ose remettre à plat le système de retraite public et défendre un système de primauté aux cotisations, le seul qui soit économiquement viable.

De même, il existe des procédures d'assainissement pour des caisses de pension privées - sévères et brutales certes, mais indispensables pour assurer la survie de l'édifice dans des temps difficiles. Pourquoi les caisses de pension publiques seraient-elles exemptes de ces mécanismes de retour à l'équilibre financier?

Les facilités que permettent l'utilisation de l'argent des contribuables ont leurs limites. En l'absence de courage du monde politique, c'est peut-être aux citoyens de rejeter effectivement la fusion pour remettre à plat le système. Malheureusement, si les Genevois ont l'audace de rejeter la fusion de la CIA et de la CEH le 3 mars, il n'est pas sûr du tout que les autorités politiques comprennent le message de la bonne façon.

La conjonction entre une population vieillissante, des avantages financièrement intenables et la crise économique promet de mettre les systèmes de retraite à rude épreuve, à Genève comme dans d'autres cantons, en Suisse comme dans d'autres pays. Face à la tentation politicienne de spolier les contribuables pour apaiser les manifestants du jour, la démocratie a son rôle à jouer.

Gageons que le vote sur les retraites publiques genevoises ne sera pas le dernier du genre.

09 février 2013

Safari-Jihad au Kenya

Il fallait l'histoire ubuesque d'un ressortissant jordanien arrêté au Kenya pour que le voile se lève sur les étranges pratiques de certains réfugiés en Suisse, et du choix de leurs vacances.

A mi-chemin entre les pages people et la rubrique insolite, la nouvelle fait son chemin jusque sur le Matin: un gymnasien, un adolescent, presque un enfant, serait en danger de mort dans les geôles kenyanes! La famille appelle solennellement la Suisse à l'aide: que les services diplomatiques s'activent, il faut le reprendre, tout tenter pour qu'il rentre au pays! Ne pas le faire serait une "condamnation à mort" selon les termes de l'avocat de la famille, Me Jacques Emery.

Et le juriste de lâcher de façon péremptoire: "La Suisse est moralement et juridiquement responsable de cette situation". Rien que ça.

Si on peut comprendre le désespoir sincère d'une famille et la mise en oeuvre de tous les moyens possibles pour sauver un proche en danger, la stratégie de l'appel à l'aide public n'est pas sans risque si le dossier souffre quelques faiblesses...

En l'occurrence, le jeune homme de 19 ans, donc majeur, est bien connu de l'administration helvétique: celle-ci l'a déjà déclaré persona non grata sur le territoire helvétique l'an dernier, juste après son arrestation:

Le jeune Jordanien résidant à Bienne (BE) inculpé au Kenya pour ses liens présumés avec les insurgés islamistes somaliens ne peut plus entrer en Suisse jusqu'à nouvel ordre. Parallèlement, l'Office fédéral des migrations (ODM) a engagé une procédure de révocation de l'asile.

Des indices clairs montrent que cette personne a séjourné dans des régions de la Somalie dans lesquelles se trouvent des groupes djihadistes impliqués dans un conflit, écrit samedi le Département fédéral de justice et police (DFJP) dans un communiqué. Il semble aussi qu'elle ait entretenu des contacts avec des éléments islamistes en Suisse.

 

Des éléments islamistes en Suisse? Voyons! Ca n'existe pas.

Le Biennois d'origine jordanienne, au bénéfice de l'asile, se rendit au Kenya en février 2012 en passant vraisemblablement par la Somalie. Soupçonné d'être lié à d'autres européens recherchés et d'avoir été formé dans un camp de la milice islamiste des al-Shabaab, il fut arrêté en avril, prétendit être "suisse" (les autorités locales confondirent avec la Suède, comme de bien entendu) et formellement inculpé le 6 juin pour implication dans des activités criminelles organisées.

magd.jpgIl croupit dans une cellule kenyane depuis octobre, et son état de santé n'est plus au beau fixe.

Il est encore un peu tôt pour savoir comment se démêlera cette situation. L'individu n'est plus admis à entrer en Suisse (l'appel de cette décision donnant lieu à ce récent battage médiatique) et la révocation de son statut de de réfugié est encore pendante. Mais qu'on se rassure, le jeune homme est encore sous la protection du Haut Commissariat aux Réfugiés de l'ONU. Les instances supra-nationales veillent sur le bien-être des meilleurs d'entre nous...

Si le Kenya le libère, il devrait probablement être expulsé, mais ni en direction de la Jordanie (dont il est originaire) ni en direction de la Suisse (qui ne veut plus de lui). Nul doute que la Terre est assez vaste pour que ce turbulent jeune homme trouve un nouveau point de chute, même si chacun semble s'efforcer d'ignorer cette possibilité.

Outre la dangerosité de l'individu, le choix de destination du "réfugié" fait réfléchir. La frontière Kenyo-Somalienne, quel bel endroit pour passer des vacances!

En réalité, les réfugiés politiques et autres demandeur d'asile abrités par la généreuse Helvétie ont eu, jusqu'à ce que l'UDC réduise cette possibilité, de généreux droit au voyage depuis la Suisse, même vers le pays dont ils s'étaient enfui. Et ce, même si leur demande d'asile avait été rejetée!

Si les abus les plus criants ont été calmés (du moins l'espère-t-on) l'interrogation de fond reste posée. Selon la LAsi, la qualité de réfugié est reconnue "aux personnes qui, dans leur État d’origine ou de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices ou craignent à juste titre de l’être en raison de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou de leurs opinions politiques."

Lorsque des commissions politiques à Berne discutèrent de resserrer la vis, on entendit que les gens au bénéfice de l'asile pouvaient l'être en Suisse simplement "pour y recevoir des soins médicaux indisponibles dans leur pays", comme l'expliqua le secrétaire général de l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés, ou encore qu'ils souhaitaient "garder des liens avec le pays dont ils sont issus."

A lire les propos de connaisseurs du milieu, la menace grave et immédiate pesant sur les demandeurs d'asile semblait finalement assez lointaine.

Posons simplement la question: une personne suffisamment peu en danger dans son pays d'origine pour y passer régulièrement des vacances mérite-t-elle vraiment la "protection" offerte par l'asile?

Et pour en revenir au cas particulier du jeune biennois si bien intégré, l'Office fédéral des migrations distribuant les permis F assure-t-il suffisamment le suivi des dossiers? L'asile peut être révoqué si le bénéficiaire se livre à des actes criminels ou compromet la sécurité intérieure ou extérieure de la Suisse.

Fallait-il attendre que le jeune biennois passe dans le centre d'entraînement d'un mouvement terroriste affilié à al-Qaeda au Kenya pour réaliser qu'il y avait un problème?