05 décembre 2016

Difficile week-end électoral pour l'Europe

L'Union Européenne a mal à ses élections. L'Autriche s'arc-boute pour rester temporairement dans les bornes du politiquement convenable. L'Italie, troisième puissance économique de la zone euro, en sort bruyamment.

Les murailles de Vienne

italie,autriche,électionsLe week-end avait pourtant bien commencé avec l'élection d'Alexander Van der Bellen au poste de président en Autriche. Six mois après un premier scrutin invalidé suite à d'inavouables fraudes, l'écologiste "indépendant" rassembla finalement 53% des suffrages - moins d'un pourcent de plus qu'à la tentative précédente, bien qu'ayant bénéficié d'un matraquage continuel de l'opinion publique en sa faveur.

Selon une technique éprouvée, M. Van der Bellen fut soutenu par absolument toute la classe politique, les médias, les people, les intellectuels et le reste. Mais Norbert Hofer n'est pas Trump, pas plus que les Autrichiens ne sont des Américains. Les vieilles recettes du passé fonctionnèrent donc encore - une dernière fois sans doute. Car la victoire à la Pyrrhus du nouveau président et de ses alliés augure d'un sombre avenir pour le camp victorieux. Seul contre tous, le Parti de la Liberté (FPÖ) atteint 46% à l'échelle nationale. Il réunit jusqu'à 40% d'intentions de vote à Vienne, la terre censée lui être la plus hostile. Les prochaines élections seront donc délicates. Heureusement, M. Van der Bellen, amoureux de la démocratie, déclara que "lui vivant" jamais il ne nommerait un chancelier issu du FPÖ même si ce parti devait remporter les élections...

La maigre victoire autrichienne suffit aux élites européennes, qui purent crânement se réjouir que la coque tienne. Elle céda le même jour, quelques heures plus tard, en Italie.

Renzi logiquement poussé vers la sortie

Matteo Renzi n'eut pas pour lui les six mois de délais que s'octroyèrent les autorités autrichiennes face à des enveloppes de vote mal collées. Il n'eut droit qu'à un essai, et échoua lamentablement. Toutefois, à l'inverse de la situation autrichienne où M. Hofer mena pendant longtemps dans les sondages avant une surprise finale, l'effondrement du gouvernement italien était prévisible depuis longtemps, comme le démontrent des scores sans appel: plus de 59% des votants opposés au texte, avec une participation de plus de 65%.

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La première erreur de M. Renzi est d'avoir confondu nomination et légitimité. Cela arrive souvent lorsqu'on obtient un mandat sans passer par des élections générales. Une fois l'insupportable Berlusconi débarqué quasiment par décret d'Angela Merkel, Matteo Renzi se retrouva secrétaire général du Parti démocrate en faisant tomber son prédécesseur Enrico Letta, puis à la tête de l'Italie. Incarnant une gauche moderne et volontariste, adoubé par les plus hautes élites européennes, comment pouvait-il s'embarrasser de ce que pensait de lui la plèbe italienne?

La deuxième erreur de M. Renzi est d'avoir oublié le peuple. Alors que le peu de légitimité de son accès au pouvoir aurait dû susciter la modestie, M. Renzi fit exactement le contraire en redoublant de suffisance. Utilisant sa fonction comme une tribune pour distiller ses bonnes leçons aux Italiens, qualifié d'Obama à l'italienne pour son allure décontractée, il devint le chouchou des média italiens, jusqu'à une couverture de Vanity Fair où il posa comme une vedette de cinéma. Mais où était le peuple? Les signaux contraires, électoraux notamment, s’amoncelèrent - jusqu'à des municipales qui virent l'échec historique du Parti démocrate à Rome et à Turin face au Mouvement Cinq Étoiles.

La dernière erreur de M. Renzi est d'avoir personnalisé le scrutin. L'histoire retiendra l'ironie d'un Président du Conseil éjecté par sa tentative de mise en place d'une nouvelle organisation "plus stable" de l'État... Quels que soient les mérites de sa réforme - et elle en avait quelques-uns - il la condamna à l'échec en la présentant comme un vote de confiance sur sa personne. Matteo Renzi pensait sans doute réitérer le succès de son début de mandat où il parvint à damer le pion à ses concurrents à gauche, mais les Italiens eurent le temps de jauger sa politique et son style - agréable mais porteur de peu de substance.

Bien que coqueluche des médias et aimé hors des frontières de la Péninsule (les Italiens de Suisse votèrent à 64% en faveur de son texte, un score aligné avec l'ensemble des Italiens de l'étranger) les Italiens d'Italie virent dans le scrutin une occasion unique d'éliminer un dandy de gauche agréable mais décevant, dont les principales réformes ne cernaient certainement pas l'essentiel.

Prochaines étapes

Par un score sans appel, Matteo Renzi a donc été poussé assez brusquement vers la sortie. Son élimination politique ouvre une période d'incertitude pour l'Italie, le Mouvement Cinq Étoiles de Beppe Grillo menant la danse. On ne sait même pas selon quelle loi électorale auront lieu les prochaines élections. De plus, l'Italie reste un pays en crise, étranglé entre les vagues de migrants et un secteur bancaire à l'agonie. Sur quel obstacle trébuchera-t-elle en premier?

Aujourd'hui, les médias s'émeuvent de plusieurs images montrant un sommet où participaient Angela Merkel, François Hollande, Matteo Renzi, David Cameron et Barack Obama. Des cinq, quatre ont été évincés ou sont sur le départ.

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Le visage de l'Occident change rapidement.

Les prochaines étapes électorales sont:

  • Le 15 mars, des élections générales au Pays-Bas (Geert Wilders)
  • Le 23 avril et le 7 mai, les élections présidentielles françaises (un probable duel Le Pen / Fillon)
  • En octobre, les élections générales en Allemagne, le destin d'Angela Merkel étant dans la balance.

Mais hors du cadre démocratique de nombreuses échéances surviendront, avec des restructurations de dette grecque, les menaces de la Turquie quant au flux de migrants, l'activation du Brexit par le Royaume-Uni, ou une ou deux faillites bancaires d'importance systémique...

L'année 2017 s'annonce sportive.

02 décembre 2016

Retraite en Hollande

Jugée par certains comme la meilleure décision de son quinquennat, François Hollande vient d'annoncer qu'il ne se représenterait pas en 2017. La gauche française est-elle sauvée pour autant? Peut-être pas, car le Président a commis des ravages au sein de son camp ; mais malgré tout, la clarification est bienvenue et pourra peut-être sauver le premier tour des présidentielles.

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Une relation difficile avec la réalité

Dire que l'annonce de François Hollande était attendue serait un euphémisme. Sur Euronews, les programmes habituels furent interrompus pour laisser le Président s'exprimer en direct.

Dans un cadre solennel, le tout ne pris que dix petites minutes - huit pour présenter et défendre son bilan, deux pour enfin lâcher le morceau. Même là François Hollande aura réussi à surprendre. Il commence par annoncer que les choses s'arrangent, que la courbe du chômage s'inverse enfin, que la dette publique est "maîtrisée", évoque rapidement la déchéance de nationalité comme sa "seule erreur"... Et finalement annonce qu'il renonce à se lancer en 2017, de crainte de ne pas "assez rassembler" autour de lui.

Depuis, ces éléments de langage sont abondamment disséqués par les médias et tous relèvent la contradiction: Hollande annonce que tout va mieux, mais n'est pas candidat à sa réélection. En réalité bien sûr, tout ne va pas si bien, et tous les Français vous le confirmeront - même les socialistes. Les déficits de l'État français continuent à être abyssaux, les engagements du traité de Maastricht ne sont prétendument tenus qu'au prix des plus grandes incertitudes, le choc fiscal a laissé nombre d'entreprises et de foyers sur le carreau, la croissance est anémique, 600'000 personnes sont venues grossir les rangs des chômeurs depuis le début du quinquennat...

Énième illustration du fil rouge de sa présidence, François Hollande semble avoir une perception de la réalité très différente de la réalité - ou du moins de la perception de cette même réalité par le reste de la population française. Les attentes des Français étaient immenses, et sur tous les chantiers en souffrance - santé, rôle de l'État, compétitivité, logement, sécurité, citoyenneté, finances, droit du travail - les réformes ont été médiocres ou inexistantes. La popularité historiquement basse du Président ne vient pas de nulle part.

Ensemble à gauche

On peut tout de même accorder à François Hollande le mérite d'avoir fait son effet. Face à l'indécision affichée par le politicien, la pression devenait absolument intenable, non seulement pour lui, mais même pour son gouvernement et ses proches. L'histoire du "candidat naturel du PS" a vécu. Quelques jours plus tôt le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis annonçait encore que oui, François Hollande serait "évidemment" candidat à la primaire socialiste. A-t-il été dépassé par ses propres convictions? Le Président a-t-il changé d'avis entre-temps? Nul ne le sait.

Outre le "courage" et "l'audace" aujourd'hui prêtés à François Hollande, sa décision a le mérite de clarifier enfin la situation à gauche. La longue liste des appétits présidentiels se libère. Manuel Valls et Arnaud Montebourg s'affronteront probablement dans les primaires de la gauche. Seront-ils rejoints par tous les ambitieux, d'Emmanuel Macron à Jean-Luc Mélenchon, voire François Bayrou, qui se sentent aujourd'hui pousser des ailes? Ce n'est pas certain. Il en va pourtant de la crédibilité d'une gauche qui, entre divisions et éclatement, aura été transformée en champ de ruines par ce quinquennat.

Paradoxalement, une gauche unie (à défaut d'être victorieuse) est importante pour les présidentielle françaises. Il en va de la santé du débat public. Une gauche pléthorique et inaudible disparaîtra trop vite des écrans radar, laissant un boulevard aux probables finalistes François Fillon et Marine Le Pen, et les amenant tous deux à gauchir leur discours pour pêcher cet électorat. Est-il dans l'intérêt de la politique que les positions des principaux candidats se diluent dans un gruau indistinct pour rassembler tous azimuts? Pour l'éviter durant la plus grande partie de la campagne, jusqu'au soir du premier tour des présidentielles, il est donc important que la gauche française parvienne à se doter d'un nouveau meneur, et, rêvons, qu'elle se modernise enfin.

On le devine, le chantier est immense, et le calendrier serré. A défaut de réussir cette fois, il faudra attendre une élimination humiliante l'année prochaine pour espérer enfin une forme de cohérence à l'aube des élections de 2021. Que de temps perdu!

La solitude du chef

Pourquoi François Hollande a-t-il tant attendu? Pourquoi a-t-il finalement pris le contre-pied de ses propres confidences où il annonçait qu'il déclarerait ses intentions le 10 décembre? Certains évoquent les effets du livre "un président ne devrait pas dire ça" qui auraient rendu impossible la relation de travail avec Manuel Valls. D'autres le sursaut de réalisme d'un homme croyant toujours pouvoir revenir de tout - une foi chevillée au corps qui lui permit en effet, alliée aux circonstances, d'accéder à la présidence de la République.

Le retrait de François Hollande pourrait être finalement une simple question de fierté. Ne pas accéder au second tour aurait été un affront, mais échouer à la primaire socialiste, un camouflet. Même à cette étape, ses chances semblaient désormais compromises. La pilule reste amère: François Hollande sait qu'il n'est plus qu'un président en sursis, un lame duck, un canard boiteux selon l'expression américaine. Le peu d'influence qu'il gardait encore vient de s'évaporer. Qui l'écoutera encore d'ici au mois de mai, si ce n'est par politesse? Du fond de son impopularité, au terme d'un mandat terne et mené en vain, il disparaîtra dans les brumes de l'histoire.

Par son étroitesse de vue, ses manœuvres, son manque d'envergure, le quinquennat de Hollande n'aura finalement été que du temps perdu.

28 novembre 2016

Les Suisses disent "Oui, mais" au nucléaire

Les résultats de la votation du 27 novembre sont sous toit: à une large majorité, les Suisses rejettent l'initiative "Pour la sortie programmée de l'énergie nucléaire (Initiative "Sortir du nucléaire")", évoquée ici.

Tout au long de la campagne, les médias donnèrent au projet une popularité bien plus importante que celle qui fut mesurée dimanche. Pourtant, l'échec de l'initiative était prévisible: brutale, dirigiste et enfermée dans l'idéologie, elle n'avait que bien peu de chances de réunir une majorité du peuple et des cantons. Cela n'empêcha pas les initiants d'y croire jusqu'à midi. Puis d'espérer avoir au moins la majorité du vote populaire. Puis d'espérer une "défaite honorable"... Avec 54,2% de Non, le contrat est-il rempli?

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La carte des résultats

Seuls six cantons approuvent l'initiative des Verts. 1,3 millions de personnes ont rejeté l'initiative contre 1 million qui l'ont acceptée. Selon le Matin,

La composition des camps est proche de celle qu'a connue la première initiative sur l'énergie nucléaire rejetée de justesse en 1979, avec 51% de non. La différence entre les régions était toutefois encore plus marquée lors du premier vote antinucléaire.

En 1984, les cantons latins et le Tessin, sauf Fribourg et le Valais, ont soutenu l'initiative  «pour un avenir sans nouvelles centrales nucléaires ». Dans la partie francophone, le oui ne l'a pas emporté auprès du peuple avec 49,9%, mais a fait tout de même mieux que la moyenne nationale de 45%.

En 2003, les positions exprimées par les deux régions de Suisse se sont rapprochées sur la prolongation du moratoire et « moratoire plus ». Avant de refaire le grand écart dimanche, avec une majorité entre 54 et 59% de oui, exprimés à Neuchâtel, Vaud, Jura et Genève.


On peut donc dire que le rejet du nucléaire est historiquement faible en Suisse - en dépit du nucléaire-bashing constamment servi sur les plateaux de télévision par les invités des rédactions. En outre, et les médias l'ont pour une fois relevé, les cantons qui disposent de centrales ont rejeté le texte plus massivement que la moyenne: Non à 60,5% pour Soleure ou à 56,2% pour Berne (1 réacteur dans chaque canton), Non à 63% en Argovie (3 réacteurs). Le sentiment d'insécurité abondamment distillé par les écologistes contre le nucléaire a non seulement échoué à prendre racine dans l'opinion, mais a été largement contrebalancé par les avantages économiques tirés par l'exploitation de l'atome.

"Je n'ai aucun doute que l'initiative arbitraire des écologistes sera rejetée. Toutefois, quelle que soit l'intensité de la gifle infligée par les urnes, la nouvelle débâcle sera présentée comme une victoire," écrivais-je il y a quelques semaines. Les premières analyses vont évidemment dans ce sens, car nombre de journalistes y ont immanquablement vu le signe d'un soutien de la Stratégie Énergétique 2050 - la prochaine bataille sur le thème de l'énergie.

Il faut bien le reconnaître, beaucoup de politiciens anti-nucléaires ont préféré combattre le texte des écologistes pour des raisons tactiques, préférant la sortie "progressive" du nucléaire de la Stratégie Énergétique 2050 à la sortie "brutale" prônée par les Verts. Mais la partie n'est pas jouée, car comme le font remarquer des élus de l'UDC, la Stratégie Énergétique 2050 porte sur bien davantage que l'arrêt progressif du nucléaire - un ensemble fiscal complexe de nouvelles taxes, de subventionnements et d'incitations visant à diminuer la consommation énergétique des ménages. Un vrai modèle de société!

Les prochaines échéances sur le nucléaire auront donc lieu dès 2017 si l'UDC parvient à convoquer un référendum. En attendant, je conseille aux déçus des résultats de ce week-end de souscrire à un contrat d'approvisionnement énergétique "vert" proposé par leur fournisseur si ce n'est pas déjà fait ; toutes les sociétés électriques suisses en proposent aujourd'hui. C'est un peu plus cher, peut-être, mais rien d'autre que la mise en pratique - à une échelle fort modeste - de ce qui était proposé ce week-end.

25 novembre 2016

Le canton de Vaud se préservera-t-il de l'intégrisme?

Cette semaine l'UDC Vaud part en campagne pour une initiative cantonale visant à rajouter à l'article 171 de la Constitution vaudoise du 14 avril 2003 un nouvel alinéa simple et aisément compréhensible par tous:

La reconnaissance comme institution d’intérêt public ne donne, aux communautés reconnues et à leurs membres, aucun droit à l’octroi de concessions ou de dérogations motivées ou encouragées par la croyance ou la pratique religieuse, telles que :

a) une prise en charge particulière dans le domaine des soins ;
b) des enseignements spécifiques ou des dispenses ;
c) des jours fériés ou des horaires particuliers ;
d) des régimes alimentaires spécifiques ;
e) des dérogations vestimentaires.


Il s'agit donc de dissocier la reconnaissance d'une communauté religieuse d'éventuelles revendications liées à cette reconnaissance. Une illustration du site de campagne résume élégamment le problème:

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Loi de Dieu ou loi des hommes?

Les médias relèvent naturellement l'opportunisme du lancement d'une pareille initiative dans le cycle de campagne des élections cantonales 2017, mais enfin, c'est de bonne guerre. Rien n'empêche d'autres partis de faire de même avec leurs propres projets. Les discussions sur le timing ne doivent pas éclipser les questions de fond: l'initiative contre l'intégrisme religieux entend lutter contre le communautarisme en mettant un terme aux exigences apparemment sans fin de la frange la plus revendicative de la communauté musulmane, car il faut bien appeler un chat un chat.

Problème, comme se plaisent à le relever tant la Conseillère d’État sortante Béatrice Métraux que l'éditorialiste Patrick Chuard dans les colonnes de 24 Heures, la reconnaissance comme institution d’intérêt public ne donne déjà aucun droit particulier aux communautés reconnues et à leurs membres. Il manque un fil pour boucler le circuit. L'initiative serait donc "un texte qui fait crac et qui fait pschitt", se réjouit par anticipation M. Chuard.

Ce n'est hélas pas si simple. La loi pour la reconnaissance des communautés religieuse élaborée en 2007 (LRCR) a été autant travaillée par le Grand Conseil que le Conseil d’État avec pour objectif de permettre à terme la reconnaissance de l'islam comme communauté religieuse dans le canton de Vaud. À cet effet, les contraintes imposées à la communauté candidate n'en sont quasiment pas: elles ont été autant que possibles assouplies pour les rendre "islamo-compatibles". On notera par exemple qu'il n'est pas question de reconnaître l'égalité de droit entre les hommes et les femmes, mais simplement d'interdire "toute forme de discrimination" entre eux, ce qui n'est pas vraiment la même chose. De même, il n'existe aucun paragraphe invitant au respect de la possibilité de devenir athée ou de changer de religion - des crimes punis de mort selon la loi islamique, dès lors qu'ils concernent des musulmans.

La fameuse LRCR a donc été conçue à dessein pour donner l'illusion d'une protection de l'ordre juridique suisse, mais le défend en réalité du bout des lèvres. Malgré tout, les diverses communautés musulmanes du canton n'ont jamais souhaité se lancer dans le processus de reconnaissance car quelques aspects de cette loi light posent encore des problèmes inattendus, comme le rejet du prosélytisme ou l'exigence de transparence financière.

Mais pourquoi s'imposer ces contraintes, en fin de compte? Pour l'heure, comme le montrent assez régulièrement des exemples relevés dans la presse, le communautarisme musulman a le vent en poupe sans même qu'il soit besoin de le revendiquer d'une "communauté religieuse reconnue d'intérêt public". On peut imaginer qu'en cas de reconnaissance les exigences passeraient assez vite à la vitesse supérieure tant en quantité qu'en intensité - horaires aménagés pour le ramadan, non-mixité des cours, services médicaux différenciés selon le sexe du patient, la liste est infinie.

L'initiative de l'UDC vise donc à briser cette dynamique avant qu'elle ne survienne. L'habileté du texte consiste à laisser telle quelle la LRCR, mais à en limiter les conséquences de façon préventive.

Car la loi des hommes change, et souvent. Les maigres exigences de la LRCR pourraient s'affaiblir à travers une révision, ou les conséquences d'une reconnaissance se voir renforcées. En définissant ses limites au niveau de la Constitution cantonale, l'initiative de l'UDC trace des lignes claires: la reconnaissance religieuse n'est pas la Corne d'Abondance des exigences communautaires.

Si le texte vient à être accepté, la clarification de cet aspect des choses sera salutaire sur le long terme. Un plébiscite enverrait même un signal fort à des autorités toujours trop pressées de céder aux revendications de minorités parfois aussi bruyantes que peu intégrées - et ouvrirait même la porte à une version fédérale du texte.

Mais tout cela n'est que de la musique d'avenir. Pour se concrétiser, l'initiative devra commencer par récolter 12'000 signatures d'ici à mai 2017. Nous verrons déjà largement ce qu'en pensent les Vaudois.

16 novembre 2016

Recomposition médiatique en vue

L'élection de Donald Trump pourrait bien avoir un effet inattendu sur la composition du paysage médiatique, de ce côté de l'Atlantique.

Aux États-Unis, les médias mainstream n'en finissent pas de s'excuser de ne pas avoir vu venir la victoire du milliardaire républicain. Si une image vaut mille mots, une petite vidéo vaut un album photo entier.

Malgré tout, leurs excuses sonnent faux: aucun journaliste n'a démissionné ou été licencié suite aux résultats électoraux. Les éditorialistes en place continuent de vomir sur le Président Trump alors qu'il n'est même pas encore entré en fonction. Nous assistons à la même dérive sur le Vieux Continent, qui, à sa décharge, se contente souvent de reprendre les reportages tournés par les collègues. Le suivisme est tel que c'en est à se demander à quoi servent tous ces "envoyés spéciaux" sillonnant le pays à grands frais.

Les reportages mettent donc l'accent sur la déception des Démocrates, les émeutes - largement artificielles - de ceux qui rejettent les résultats de l'élection, les dangers du programme de Trump pour la survie de l'humanité, et allouent le reste de leur temps d'antenne à la tournée d'adieu que s'offre le Président Obama avec l'argent du contribuable. On a déjà vu remise en cause plus sincère.

BB-logo-highres.jpgIl n'y a donc pas vraiment de changement de cap à attendre de la part de ces médias, ce qui ne surprendra personne. Mais le paysage médiatique lui-même change. Comme l'avait décelé Charles Gave, "le système de l’information aux USA, le fameux quatrième pouvoir est en train de se scinder en deux groupes violemment hostiles." Côté Clinton, la presse officielle ; côté Trump, les nouveaux acteurs comme Zero Hedge, Breitbart ou des réseaux comme Reddit. "Et nous assistons à une véritable guerre à mort entre les deux systèmes, qui continuera bien après que l’élection présidentielle ait eu lieu."

La guerre continue mais pourrait bien s'achever tantôt avec la victoire de Trump, infligeant une grave blessure de crédibilité aux médias périmés. Leur incapacité à se remettre en question ne fera que hâter leur disparition. Aux États-Unis, c'est un fait. Mais désormais, les nouveaux médias se tournent vers l'Europe, et les vieux médias du Vieux Continent glapissent de terreur.

Que peuvent faire les médias habituels, sachant que toute remise en cause est exclue? La même tactique que d'habitude, essayer de salir les nouveaux venus de façon préventive. L'idée est que le grand public soit préparé à les haïr dès leur arrivée, afin qu'ils soient plus méprisés que regardés.

Reconnaissons que la tactique avait bien fonctionné depuis une dizaine d'années avec Fox News. La première chaîne d'information américaine de Rupert Murdoch avait gagné des parts de marché en proposant des nouvelles "équilibrées" au grand public, en demandant par exemple leurs commentaires tant à des invités démocrates que républicains sur un point de l'actualité. Le slogan de la chaîne - fair and balanced - impliquait un équilibre loin du parti-pris ouvertement démocrate adopté par ses concurrentes. Quelle nouveauté dans le paysage télévisuel! Cela n'empêcha pas Fox News d'être anti-Trump dans sa couverture des élections présidentielles 2016, notamment par le biais de sa présentatrice vedette Megyn Kelly. Et cela n'empêcha pas les journalistes européens de continuer à la présenter comme "conservatrice", voire "ultra-conservatrice"...

Aujourd'hui encore, l'opinion d'un individu sur la chaîne est un puissant marqueur de connaissance sur les médias américains. L'épithète "conservateur" accolé à Fox News est révélateur de quelqu'un qui ne fait que répéter ce qu'on lui a mis dans la tête.

Mais ces péripéties dans la désinformation amènent les journalistes à un autre problème, la surenchère. Si une chaîne neutre voire consensuelle comme Fox News leur paraît déjà "ultra-conservatrice", comment qualifier un site corrosif comme Breitbart News? Méga-conservateur? Ultra-ultra-conservateur? Les rédactions travaillent d'arrache-pied sur cette épineuse question de vocabulaire. En attendant qu'un nouvel adjectif émerge, on présente Breitbart comme "le bras médiatique de Trump", "un site réac et raciste", "la machine de propagande de Trump"...

Certes Breitbart News a un style tabloïd et l'assume complètement, mais c'est aussi un site extrêmement populaire. L'Express est bien obligé de l'admettre:

Depuis son lancement, Breitbart News réussit à plusieurs reprises à embarrasser les démocrates: lorsque le site dévoile, en 2009, la vidéo d'une fonctionnaire noire, Shirley Sherrod, dans laquelle elle tient des propos anti-blanc. Quand, en 2011, Andrew Breitbart, un an avant sa mort, joue un rôle majeur dans la publication des sextos d'Anthony Weiner, démocrate élu à la chambre des représentants et pressenti pour devenir maire de New York.  

Des coups d'éclat qui lui ont permis d'acquérir un véritable succès d'audience: avec ses 37 millions de visiteurs uniques par mois, Breitbart News a aujourd'hui les moyens de ses ambitions. Bannon se vante, lors d'une interview donnée à Bloomberg, de pouvoir laisser ses journalistes enquêter durant plusieurs mois, tandis que les autres rédactions traditionnelles ne le peuvent plus. 

 
Steve Bannon, le directeur exécutif de Breitbart News, a été récemment nommé directeur de la stratégie et conseiller du Président Trump par ce dernier. Pas possible donc de défausser le site comme le travail de ploucs illuminés sortis de nulle part.

Breitbart News a bien l'intention de partir à la conquête de l'Europe. Une version anglaise a servi à plaider pour le Brexit, et une version française est à l'étude, présageant notamment d'une collaboration avec Marion Maréchal-Le Pen.

Ce n'est pas la première fois que des médias venus d'outre-Atlantique s'implantent en Europe ; pensons au Huffington Post ou au très gauchiste Slate. Les sites de Réinformation ont aussi le vent en poupe, qu'ils soient qualifiés de "droite pamphlétaire", de "réacosphère" voire de "fachosphère". Mais c'est la première fois que des acteurs majeurs à la fois politiquement incorrects et dotés d'une réelle force de frappe financière s'apprêtent à entrer sur le marché médiatique européen.

Le succès sera-t-il au rendez-vous? On peut imaginer que oui. Ces gens n'ont rien de philanthropes. S'ils veulent désormais tant s'implanter en Europe, c'est parce qu'il y a une demande. Environ la moitié de l'électorat est méprisée, dénigrée et tancée par les médias traditionnels à force de ne pas comprendre comme il faut, de ne pas voter comme il faut.

C'est un énorme marché.

Sur ce dossier, la Suisse est à la croisée des chemins ; tant que dure la redevance obligatoire, la RTS et ses affidés sont à l'abri de toute remise en question. Mais il n'en sera pas de même de la presse régionale et, naturellement, des médias en ligne. On peut donc s'attendre à de gros changements de ton dans les publications qui veulent survivre ; à défaut, les Suisses continueront à se tourner, toujours plus nombreux, vers les sites de Réinformation.

13 novembre 2016

La Suisse complice dans la corruption d'Hillary?

"La Direction du développement et de la coopération (DDC), soit l’organe du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) en charge de la coopération internationale, a versé en 2011 près de 500'000 francs à la Fondation Clinton, l'organisation caritative de Hillary Clinton, du temps où elle était alors secrétaire d'Etat", rapporte la Tribune de Genève en relayant des informations du journal Schweiz am Sonntag paru ce dimanche.

Influence à louer

En qualifiant "d'organisation caritative" la fondation de la politicienne démocrate, la Tribune de Genève aligne quelques mots-clés pour préserver de la tempête qui se prépare l'ancienne conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, responsable dans ce dossier. Mais la Fondation Clinton n'a rien d'une organisation caritative. Et c'est parce qu'elle l'est si peu tout en prétendant l'être qu'elle est aujourd'hui sous enquête du FBI. Différents scandales touchent la fondation, liés essentiellement à des versements pour des postes et des interventions politiques, à des détournements de fonds au profit des époux Clinton, et, dans le cas qui nous intéresse, à des donations reçues de pays étrangers.

hillary clinton,corruption,usaPendant des années la Fondation Clinton bénéficia de la très favorable législation américaine sur les organisations caritatives en matière de transparence et de fiscalité, mais resta bien plus réservée sur l'aspect "caritatif" de sa mission. En 2013 par exemple, elle reçut 140 millions de dollars en dons et en promesses de don mais ne dépensa que 9 millions de dollars sur le terrain. D'autres années révèlent un ratio d'environ 10% de caritatif réel.

En fait, il semble relativement clair aujourd'hui que Hillary Clinton a utilisé une fondation pour collecter et blanchir plus facilement les innombrables pots-de-vin versés par les différents lobbys et pays étrangers avec lesquels elle était en contact en tant que Secrétaire d'État, puis plus tard comme candidate à l'élection présidentielle américaine - sous le regard bienveillant de la justice de part sa proximité avec l'Administration Obama.

Le versement de la DDC à la Fondation Clinton s'inscrit directement dans cette stratégie d'une "offrande pour apaiser les puissants" - à l'instar d'autres pays.

Quand la RTS fait (un peu) de journalisme

L'affaire donna lieu à un rare moment de journalisme sur les ondes de la RTS dimanche (au journal de 12h45, n'exagérons rien) lorsque Pierre Nebel - oui, Pierre Nebel! - finit par admettre qu'il y avait effectivement anguille sous roche. Voilà la transcription de cet échange:

Pierre-Olivier Volet - [...Et cette enquête de la Schweitz Am Sonntag] qui nous apprend que la Suisse a versé un demi-million de francs à la Fondation Clinton, et cela, Pierre Nebel, dans un contexte très particulier, où on était à l'époque en pleine crise du secret bancaire.

Pierre Nebel - Oui, souvenez-vous à l'époque, le Crédit Suisse est en pleine tourmente, il a aidé des clients américains à frauder le fisc et il est sous pression maximum de la justice américaine qui commence à sortir ses instruments de torture. Quatre banquiers ont été inculpés, on craint une procédure pénale contre la banque elle-même, ce qui aurait des conséquences cataclysmiques sur le système financier suisse, et mondial... C'est dans ce contexte que les autorités suisses cherchent désespérément le contact avec les plus hautes sphères de l'administration Obama pour essayer de trouver une solution politique. Mais ce n'est pas facile et c'est là qu'intervient ce paiement (sic) de la DDC à la Fondation Clinton à partir de septembre 2011. Bien sûr il n'y a aucune preuve qu'il y a un lien formel avec l'affaire Crédit Suisse, mais il y a des coïncidences. En septembre 2011 Micheline Calmy-Rey rencontre la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton à New York, et un mois plus tard, le 26 octobre, le Conseil Fédéral ouvre des négociations pour régler la crise fiscale avec les États-Unis.

Pierre-Olivier Volet - Alors, Pierre, cette révélation intervient à un moment aussi assez important puisque c'est le moment où les Démocrates sont chassés de la Maison Blanche... Est-ce que cette affaire pourrait rattraper la Suisse aujourd'hui?

Pierre Nebel - Je pense que cette affaire pourrait surtout rattraper Hillary Clinton. Sa fondation familiale est toujours sous enquête du FBI, il est clair que ce versement pourrait entretenir le soupçon que les donateurs de la fondation, sous couvert d'œuvres caritatives, ont en réalité cherché à s'acheter de l'influence au sommet de l'État américain. Alors est-ce que cela pourrait avoir des conséquences pour les relations de la Suisse avec un futur président Trump, honnêtement, aujourd'hui, c'est très, très difficile à dire.


A en croire le journaliste, Mme Calmy-Rey aurait courageusement décidé de sauver la place financière helvétique, et le monde par la même occasion. Un si noble objectif vaut bien de piétiner quelques principes, n'est-ce pas?

Micheline Calmy-Rey dans les coulisses des puissants

Une porte-parole de la DDC démentit rapidement - trop, peut-être - toute implication discutable. "La Suisse n'a pas d'agenda caché et n'instrumentalise pas la coopération au développement à des fins politiques", précisa-t-elle dans les colonnes de la Schweiz am Sonntag. Le don de 484'000 francs suisses soutenait officiellement un programme humanitaire au Liberia entre 2011 et 2013, visant à réduire la mortalité des mères et des enfants.

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Malheureusement, l'explication de la DDC ne tient pas cinq minutes. Même la RTS n'y croit pas, c'est dire. Pourquoi passer par la Fondation Clinton pour soutenir des engagements en Afrique? Et il sera facile, le cas échéant, de vérifier combien de cet argent a atteint le Liberia. Gageons que les parlementaires suisses vont s'emparer de l'affaire et qu'il sera de plus en plus difficile d'en cacher les détails.

En réalité, chacun tente de maintenir les apparences mais personne ne semble y croire vraiment. Le scénario qui se dessine est des plus simples: Micheline Calmy-Rey à la tête du DDC, a graissé la patte de Hillary Clinton, Secrétaire d’État en exercice, par le biais de sa Fondation, pour essayer d'obtenir une issue plus "bienveillante" aux différends qui opposaient alors les États-Unis et la Suisse sur les comportements de certaines banques.

"Croyez-moi, [un lien direct avec Hillary Clinton] aide quand par exemple, les banques suisses aux USA sont sous pression." - Micheline Calmy-Rey, lors d'un spectacle à Soleure à l'été 2011


On comprend un peu mieux le soutien sans réserve de la socialiste genevoise à la démocrate américaine: au-delà de la simple idéologie, une complicité unit les deux femmes dans tous les sens du terme...

L'intégrité, cette inconnue

Selon les commentaires des articles de presse, les Suisses découvrant cette affaire semblent assez vindicatifs envers l'ancienne Conseillère Fédérale. Il s'agit, après tout, d'argent des contribuables finissant dans les poches d'une politicienne parmi les plus corrompues de son époque. D'autres critiques se font entendre du milieu diplomatique, engageant cette fois-ci la neutralité du pays. Paul Widmer, diplomate helvétique, trace un parallèle:

"Imaginez que la DDC ait fait un don à une Fondation de la famille Bush... ça aurait fait un énorme tollé."


Tollé purement hypothétique. Micheline Calmy-Rey aurait-elle pris la décision de verser de l'argent à un Secrétaire d'État corrompu s'il avait été républicain? Chacun aura sa propre opinion.

À ce stade, de nombreuses questions restent à éclaircir. Micheline Calmy-Rey a-t-elle agi de sa propre initiative ou disposait-elle de l'aval du Conseil Fédéral de l'époque? Ce versement est-il seul dans son genre? Quel était exactement le deal avec Hillary? Comment Hillary pensait-elle agir sur le fonctionnement du Département de la Justice américain?

Certains cyniques souriront peut-être face à une approche non-conventionnelle de résolution des problèmes, ou défausseront l'affaire d'un haussement d'épaule en expliquant que pareilles pratiques relèvent de la plus grande banalité dans les hautes sphères. Aucune de ces excuses n'est satisfaisante.

Ce n'est pas un hasard si les pays les plus pauvres du monde sont aussi les plus corrompus. La corruption détruit la justice, les mécanismes de décision, et en fin de compte la démocratie elle-même. Le pouvoir ne s'exerce plus que depuis les coulisses, contre de l'argent.

Dans leurs discours, les socialistes prétendent haïr la corruption, le lobbyisme économique, les remises en cause de l'indépendance de la justice et en général toutes les tractations occultes. Il y a quelque chose de profondément troublant à constater qu'une Conseillère Fédérale socialiste a si facilement choisi la trajectoire diamétralement opposée simplement parce qu'elle se croyait à l'abri des regards.

Contrairement à ce que pense Pierre Nebel, je crois que nous n'en sommes qu'au début de cette affaire. Elle pourrait s'avérer très lourde de conséquences pour la Suisse. S'il s'avère que Hillary Clinton a effectivement eu une influence sur le fonctionnement de la justice américaine dans le traitement des dossiers UBS et Crédit Suisse suite au versement de la DDC à la Fondation Clinton, les conséquences pourraient aller jusqu'à une remise en cause intégrale des affaires en question, montant des amendes infligées y compris. Il faudra bien sûr établir l'ensemble des complicités, ce qui risque de prendre un certain temps.

Si la pauvreté est la fille de la corruption, l'incertitude l'accompagne.