14 mars 2011

10 sièges pour l'UDC Renens!

Voilà, les résultats sont tombés: l'UDC entre de façon spectaculaire au conseil communal de Renens avec 10 sièges d'un coup!

Municipales 2011 004.jpgLe long dépouillement des scrutins a occupé des dizaines de personnes pendant toute la journée de dimanche à la Salle de Spectacle, dépouillement rendu difficile à cause du grand nombre de listes modifiées, voire entièrement manuscrites! Alors que les bulletins de vote décomptés s'empilaient sur l'estrade les résultats semblaient de plus en plus clairs: l'UDC Renens allait percer. Pendant la plus grande partie de la journée, on pouvait même penser que la nouvelle formation était en tête devant les Verts... Et au final c'est ce qui s'est passé.

Les 10 sièges de l'UDC Renens correspondent à 11.97% des suffrages valables exprimés. Voilà la répartition des résultats:

  1. Fourmi Rouge (POP et Gauche en mouvement), 65'420 voix, 23 sièges (+3)
  2. Parti Libéral Radical, 54'823 voix, 19 sièges (-4)
  3. Parti Socialiste, 51'317 voix, 18 sièges (-3)
  4. UDC, 28'540 voix, 10 sièges (+10)
  5. Les Verts, 26'878 voix, 10 sièges (-1)

Que ceux que ces chiffes impressionnent se rassurent: rappelons que pour l'élection au conseil communal chaque citoyen dispose de 80 voix!

Les deux listes Zone Libre et Union Démocratique Fédérale n'ont pas obtenu le quorum de 5% des suffrages et n'ont donc droit à aucun siège. Le groupe Arc-En-Ciel de la précédente législature a décidé de ne pas se représenter cette fois-ci, ses 5 sièges se sont donc répartis sur les autres formations.

L'UDC Renens est une jeune section locale de l'UDC, fondée en 2009, et sans présence dans les instances communales. Jusqu'ici, sa présence politique dans les scrutins s'est limitée à une candidature d'outsider dans une modeste élection complémentaire opposant le socialiste Daniel Rohrbach au Fourmi Rouge Jean-Pierre Rouyet la même année, et à laquelle la participation avait été extrêmement faible. Notre candidat Jérôme Tendon avait obtenu un score de 11.9%, à la surprise des observateurs.

Compte tenu de la fraîcheur de l'UDC Renens, nos ambitions étaient limitées; nous n'avions que cinq candidats au Conseil Communal - dont une femme et trois candidats d'origine étrangère. Les sections locales de l'UDC dans l'ouest lausannois ont d'habitude fait entre 5 et 8% lors de leur premier passage devant le peuple. Les électeurs renanais en ont décidé autrement en nous créditant de 10 sièges à notre première participation, une situation rare dans l'histoire communale. Cela va nous amener à recruter de nouveaux conseillers communaux dans les plus brefs délais!

Il faut croire que notre notre message a convaincu et que notre présence sur la place du marché au fil des votations a fini par payer.

La gauche présentait un rouleau-compresseur à la municipalité, avec un ticket vert-fourmi-rouge-socialiste dont les cinq représentants furent élus au premier tour. Malgré tout, avec 484 voix pour M. Tendon et 504 voix pour votre serviteur, l'UDC Renens a fait un score tout à fait honorable face à des concurrents largement mieux établis dans le landerneau politique.

Voilà qui augure d'un bon début. Avec un groupe solide de 10 élus, le travail de législature va pouvoir commencer.

12 mars 2011

Elu, donc intelligent

Dans un article du Matin sur la volonté gouvernementale de réduire les émissions de CO2, un dénommé Accis - probablement très sensible envers les thèses écologistes - s'évertue avec beaucoup d'opiniâtreté à répondre à chaque commentaire pour expliquer que oui, il faut réduire les émissions de CO2, fusse dans la douleur de la contrainte. Un de ses commentaires nous livre au passage une précieuse illustration d'une façon de penser typique, à la base de tous les aveuglements: si ça vient d'en haut, c'est forcément vrai.

Ainsi, aux grognements désabusés d'un internaute maugréant que les gouvernements semblent avides de toujours plus taxer au nom de tel ou tel prétexte à la mode, notre héros lâche cette tirade d'une désarmante sincérité:

C'est bien parce que le peuple n'a pas la volonté de changer par lui-même que l'Etat doit faire bouger les choses: la populace est trop idiote pour prendre conscience du problème et faire ce qu'il faut. Et ce qui peut être considéré comme idiot, à votre échelle, ne l'est pas forcément au niveau d'un Etat... N'oubliez pas que ceux qui nous gouvernent ne réfléchissent pas à la même échelle que vous!

 

Brillant résumé d'une pensée hélas répandue. Stupidité du prolétariat, supériorité des élites, volontarisme visionnaire des politiciens, grâce divine touchant les membres d'un gouvernement... C'est magnifique. Merci au Matin et à ses commentaires limités à 500 caractères permettant ces joyaux de concision!

...Ce qui me fait penser que demain, si tout va bien, je serai élu Conseiller Municipal à Renens.

Je vais donc acquérir une vision plus perçante et une compréhension plus vaste que celle du commun des mortels. Demain, je monte la première marche de l'escalier dont le Kwisatz Haderach est l'aboutissement.

Je me réjouis autant du nouveau respect que je vais désormais inspirer à mes commentateurs critiques que des points de QI supplémentaires glanés grâce à ma nouvelle fonction. Ah, je me hâte de pouvoir lancer du "voyons monsieur, je ne réfléchis pas à la même échelle que vous" à un de mes détracteurs!

big_brain_genius_line.jpg

Des conseillers fédéraux?

Sur un thème proche, on lira avec plaisir la prose acerbe de H16. Ca se passe en France mais c'est du même tonneau.

09 mars 2011

La fuite en avant

Un flux continu de nouvelles vont dans le même sens: toujours moins de liberté, toujours plus d'interdictions, de limites, de restrictions, le tout habillé d'une guimauve sucrée et collante de bons sentiments. De quoi avoir franchement la nausée.

Grand écart. "J'aime la voiture, pourvu qu'elle soit verte", a dit la Présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey lors de sa visite en territoire ennemi, au Salon de l'Automobile de Genève. Elle a annoncé la couleur - et ainsi officialisé le divorce entre la population et la classe politique, résumée dans le titre d'un article de 24Heures, les Suisses se ruent sur les 4x4, les élus les pénalisent, dont je conseille vivement la lecture.

Range-Rover-Evoque-Geneva-front.jpgEh oui, les 4x4 sont populaires. Et en plus ils peuvent être tout à fait propres! Les constructeurs ont fait de gros efforts. Comme l'écrit le journaliste:

Land Rover remporte la palme du 4x4 pollueur… et celle du plus écolo! Son modèle Range Rover Sport à essence rejette 348 grammes de CO2 (l’Union européenne ambitionne de ne plus dépasser les 130 g dès 2015), par contre sa Range Rover Evoque, un diesel, se situe parmi les meilleurs élèves: elle rejette moins de 130 g. Enfin, le prototype Range e, un hybride diesel rechargeable, émettrait moins de 90 g.

 

On s'éloigne à grand pas de l'initiative anti-4x4 des écologistes, visant à interdire les véhicules qui émettent plus de 250 grammes de CO2 par kilomètre. Il suffirait en définitive d'attendre (et de laisser le peuple rejeter l'initiative) pour que, sans rien faire, la pollution diminue nettement. Mais c'est tout le contraire qui arrive! Les élus suisses suivent tellement la ligne écologiste que ceux-ci n'ont plus guère de raisons de maintenir leur projet:

Le parlement a privilégié l’instauration d’une moyenne d’émission de 130 g par importateur. Si cette valeur limite est dépassée, une amende est prévue. En clair, les voitures polluantes pourraient toujours rouler en Suisse. Mais leur prix d’achat ne manquera pas d’augmenter de manière sensible, puisqu’il y a fort à parier que les importateurs répercuteront les amendes sur le prix des 4x4.

 

Faut-il être naïf pour croire que c'est l'importateur, et non le consommateur, qui payera la moindre amende! Même le journaliste a compris l'arnaque. Voilà où nous arrivons au bout du compte: le consommateur aura le choix entre une voiture haut de gamme hybride ou autre, peu polluante et très chère, ou une voiture classique mais surtaxée par des amendes, donc chère elle aussi. Résultat: voiture plus chère pour tout le monde. Donc, un renouvellement plus lent du parc automobile. Donc, des Suisses conservant plus longtemps leur vieilles guimbardes. Donc plus de véhicules anciens sur les routes. Donc plus de pollution.

Encore une belle victoire de l'étatisme!

En attendant la zone 30 sur autoroute? Pauvres Espagnols! Ecrasés par un gouvernement socialiste jamais à court d'arguments fallacieux, les automobilistes de la péninsule ibérique subiront désormais une limite à 110 km/h sur autoroute, une information également reprise au journal de la TSR. Mais le scandale vient surtout de la tentative de justification: la mesure serait décidée par le gouvernement pour limiter la consommation de carburant face à l'envolée des prix du pétrole, découlant de la crise en Libye!

Aberrant!

Les gens payent de leur poche chaque goutte d'essence qu'ils consomment. L'offre et la demande suffisent à réguler la consommation. Si les Espagnols estiment que de rouler vite leur coûte trop cher, ils lèveront le pied d'eux-mêmes sans que personne n'ait à les forcer à quoi que ce soit.

aaaa.jpg

Les premières limitations de vitesse en France dans les années 70 ont été instaurées au prétexte du prix du pétrole. Dans les années 80, les chocs pétroliers étant passée, on les a maintenues au nom de la sécurité routière (et qu'importe que les accidents mortels aient lieu en ville!). Les années 90 ont vu l'arrivée de l'écologisme triomphant et les limitations de vitesse justifiées par la pollution. En 2011, en Espagne, on en revient au prix du pétrole: la boucle est bouclée. Qu'importe la raison pourvu qu'on ait la limitation de vitesse!

Du point de vue purement financier, c'est carrément contre-productif. Si l'économie était vraiment l'équivalent de 28,6 millions de barils de pétrole par an, comme le prétend le ministère de l'Industrie, il faudrait aussi mettre en rapport la baisse des rentrées fiscale conséquente à une moindre consommation d'essence, car c'est aussi ça de moins en taxes sur l'essence, ce qui me fait douter de la sincérité du discours... D'autant plus qu'on sait incidemment que 117 radars gérés par l'Etat espagnol ont été "actualisés" avec la nouvelle limite de vitesse.

Quelque chose me dit que c'est par ce biais que le gouvernement de M. Zapatero va vraiment profiter de rentrées d'argent frais!

Pour un climat étouffant. Cette fois-ci, encore en "réponse" à une initiative des écologistes qui boivent décidément du petit lait, la Chambre Haute du Parlement helvétique a choisi de s'attaquer aux émissions de CO2. Objectifs "ambitieux": une réduction de 20% les émissions de CO2 d'ici à 2020 par rapport à 1990. L'initiative prévoyait 30%, on voit la grande résistance de nos autorités face à ce projet funeste! Evidemment, avec de telles complicités le peuple pourrait ne même pas avoir son mot à dire.

Alors, pour atteindre ce chiffre, je vous le donne en mille, on va taxer à mort. Original, non? 28 centimes de taxes de plus par litre d'essence. 36 francs par tonne de CO2 pour le mazout de chauffage, que le gouvernement pourra augmenter jusqu'à 120 francs si les objectifs intermédiaires ne sont pas atteints (on parie qu'ils ne le seront pas?)

C'est du pur délire.

Au vote d'ensemble, la révision de la loi a passé la rampe par 28 voix pour, 6 voix contre et 5 abstentions.

Voilà la triste situation au Conseil des Etats - et ce n'est guère mieux au National. 71% des Sénateurs prêts à démolir la prospérité suisse en sacrifice aux dieux absurdes d'un réchauffement climatique inventé. Peu importe que le protocole de Kyoto soit mort et enterré, que le CO2 ne soit ni un polluant ni un gaz avec un quelconque effet mesurable sur un prétendu réchauffement, ni qu'il soit totalement absurde de chercher à réduire une éventuelle pollution en Suisse, alors que le pays est déjà un modèle étouffant de protection de l'environnement. Non, le Conseil des Etats veut réduire de 20% les émissions de CO2 d'ici à 2020 par rapport à 1990, et ce uniquement en Suisse voyez-vous: là où c'est le plus difficile, le plus inefficace et le plus cher.

Il faut boire le calice jusqu'à la lie, livrer jusqu'au dernier homme un combat d'arrière-garde contre des chimères.

La Suisse se distingue une fois de plus par son empressement à avancer le long de la Route de la Servitude. C'est comme si les politiciens, sentant vaguement l'heure de leur non-réélection arriver, s'empressaient de commettre le plus de dégâts possible à la société avant que les électeurs ne se rappellent à leur bon souvenir. Vivement qu'ils s'en aillent! J'en viens à envier la Belgique, à l'abri de telles décisions grâce à la crise qui paralysie sa classe politique alors que sa croissance est au beau fixe. S'il fallait une démonstration que la société civile se porte très bien sans politiciens, la voilà!

La Suisse n'a nullement besoin d'une catastrophe naturelle pour se ruiner: l'oreille bienveillante des parlementaires aux thèses millénaristes des écologistes suffit largement.

05 mars 2011

Les Migrants votent UDC!

J'ai eu hier le privilège d'animer une conférence de presse sur un thème hautement symbolique alors que le gouvernement s'apprête à brader la nationalité: l'engagement des étrangers au sein de l'UDC. Dans une salle réservée pour l'occasion en gare de Lausanne, sous le thème "Les Migrants Votent UDC", Yorick Cazal, Monika Deillon et moi-même avons tenu à tordre le cou à quelques idées reçues sur les relations entre les étrangers et l'UDC.

Les thèmes abordés:

  1. Les raisons de l'engagement des migrants et des naturalisés au sein de l'UDC.
  2. Le refus des migrants de voir la Suisse adhérer à l'Union Européenne.
  3. La nécessité de renvoyer les étrangers criminels et d'avoir une frontière sûre.
  4. Pour une politique migratoire stricte cessant de mélanger immigration économique et asile.

J'étais notamment en charge du premier point; voici donc l'argumentaire que j'ai livré à aux journalistes présents sur place.


La presse nous donne régulièrement un aperçu de la façon dont certains politiciens mettent en avant leurs origines étrangères pour séduire l'électeur non-suisse aux élections communales. Un article récent faisait ainsi un petit tour d'horizon de ces pratiques à Genève. Rien que dans le canton du bout du lac, les exemples ne manquent pas:

  • Sami Kanaan (PS) rappelle ses origines libanaises à ses compatriotes;
  • Sandrine Salermo (PS) utilise ses racines italiennes;
  • Michel Chevrolet (PDC) met en avant son ascendance argentine et fait des discours électoraux en 6 langues;
  • Carlos Medeiros (MCG) insiste sur sa nationalité portugaise;
  • Rémy Pagani (Ensemble à Gauche) fait valoir ses séjours en ex-Yougloslavie, en République Démocratique du Congo et en Turquie pour séduire les communautés étrangères correspondantes...

Rien qui sorte de l'ordinaire là-dedans. Des cas similaires pourraient être retrouvés dans la plupart des grandes communes de Suisse romande. Mais vous n'entendrez jamais pareil discours tenu par un candidat de l'UDC d'origine étrangère - et il y en a: 17% des candidats de l'UDC pour ces élections 2011!

migrants_final.jpgPourquoi ces nuances dans le discours? Pourquoi, une fois de plus, cette différence étonnante entre l'UDC et les autres partis?

L'origine étrangère d'un candidat est un élément indéniable de son identité. Il ne s'agit pas de la nier ou de la cacher. Il y a pourtant un monde entre la mention d'une origine étrangère à titre informatif et son utilisation comme argument de campagne. Cela nous ramène à la vision qu'ont les uns et les autres de la place de l'électeur étranger dans la société.

Séduire l'électeur sur la base d'une affinité nationale plutôt que sur un programme politique revient à cultiver un communautarisme démocratique. C'est une perversion dangereuse des droits démocratiques, pour cinq raisons.

1. Elle nie la diversité des opinions individuelles. On aurait ainsi un "vote kosovar" ou un "vote portugais" d'après les papiers de chacun et non de ce qu'il pense, une négation flagrante du libre-arbitre.

2. Elle mine l'assimilation en mettant en exergue l'appartenance envers son pays d'origine; avoir à cœur les intérêts de son pays d'accueil est dès lors présenté comme un reniement de ses racines.

3. Elle dresse les communautés étrangères les unes contre les autres. Dans une élection, les postes à pourvoir ne sont pas légions; seule la minorité étrangère la plus nombreuse a voix au chapitre.

4. Elle divise et corrompt la société sur la base de l'appartenance étrangère, car un élu insistant sur son origine "italienne", une fois élu, renverra nécessairement l'ascenseur à la communauté "italienne" qui l'a porté au pouvoir (à moins que sa démarche ne soit mensongère, ce qui est un autre problème!)

5. Finalement, elle provoque la méfiance de la population suisse vis-à-vis des communautés étrangères et désavoue la classe politique dans son ensemble, le vote communautaire étant par définition guidé par autre chose que l'intérêt commun.

Je pense que cette petite liste décrit assez bien les pièges de l'approche communautaire de la démocratie et les raisons pour lesquelles il faut l'éviter. Et l'UDC l'évite!

L'UDC choisit au contraire une approche unificatrice autour de valeurs communes, au centre desquelles l'amour de la Suisse, indépendamment de toute origine. Il ne s'agit pas d'une affection irrationnelle mais d'un respect raisonné et objectif basé sur des particularités helvétiques reconnues: la démocratie directe, la paix du travail, une fiscalité plus avantageuse que dans le reste de l'Europe, la neutralité, l'aspiration à une vie paisible et en sécurité…

Les étrangers satisfaits de leur pays d'accueil se retrouvent parfaitement dans les valeurs de l'UDC - d'autant mieux qu'ils apprécient en connaisseurs les différences entre la Suisse et leur pays d'origine.

Les politiciens opportunistes rappelant sans cesse leur origine étrangère aux électeurs immigrés les insultent. Ils sous-entendent que l'origine ethnique ou culturelle se suffit à elle-même comme gage de fidélité à une idéologie que, comme par hasard, ils prétendent incarner: "Tel pays est socialiste, moi je suis socialiste, voilà, ça vous suffit, vous autres qui venez de là-bas, votez pour moi!" Mais ils oublient la raison pour laquelle les immigrés se retrouvent en Suisse. Il y a fort à parier que ces politiciens incarnent précisément ce qui a poussé ces gens à émigrer!

Pourquoi les étrangers chercheraient-ils à transformer la Suisse pour qu'elle ressemble davantage à ce qu'ils ont choisi de quitter?

Les hommes et les femmes ne s'installent pas dans ce petit pays simplement parce que les vents les ont poussés ici. Peut-être est-ce vrai pour certaines catégories d'étrangers peu concernés par la vie politique, mais certainement pas ceux qui souhaitent à terme exercer leurs droits démocratiques. Ces gens-là ont un projet de vie. Ils ont choisi la Suisse. Ils s'y sentent bien. Ils souhaitent lui éviter les fondrières dans lesquelles les politiciens europhiles et pusillanimes tirent le pays. S'ils ne le font pas pour eux, ils le font souvent pour les enfants qu'ils ont eu ici.

Quel que soit l'amour qu'ils portent à leur contrée d'origine, les immigrés savent mieux que personne que la prospérité ne doit rien au hasard. Que leurs connaissance économiques et sociologiques soient assez vastes pour saisir les mécanismes de la prospérité ou non, ils reconnaissent le succès helvétique et veulent le préserver. Mieux vaut ne pas jouer aux apprentis-sorciers avec un modèle qui fonctionne!

Naturalisés suisses ou fraîchement arrivés sur place, les étrangers vivant en Suisse connaissent de première mains les recettes étatiques que des politiciens locaux essayent de vendre. Ils ont vu les désastres qu'elles entraînaient ailleurs, là où elles étaient adoptées - paupérisation, corruption, impôts, chômage, absence de sécurité, censure et mépris du peuple. Ils en ont tellement souffert qu'ils ont choisi l'exil!

Voilà pourquoi tous les gens qui se retrouvent dans l'amour de ce pays, Suisses ou étrangers, en viennent naturellement à soutenir l'UDC.

25 février 2011

C'est pour votre bien

Le parlement du Canton de Vaud l'a refusé, le Conseil Communal de la ville de Lausanne l'a fait: les enfants déjeunant dans les réfectoires scolaires appartenant à la commune seront privés de viande et de poisson un jour par semaine. La Municipalité doit encore se pencher sur la question mais compte tenu de son orientation politique, ce sera une formalité.

Défaussons d'un revers de la main toutes les arguments à côté de la plaque en faveur ou en défaveur d'une telle décision, des questions nutritionnelles à l'aspect financier en passant par l'effet sur les importations de viande, parce qu'ils n'ont aucune importance.

Passons outre les absurdités liées à la nouvelle situation, du gamin constamment privé de viande parce qu'il ne vient à la cantine qu'une fois par semaine, le jour maudit; passons les parents et enfants guettant le planning pour savoir quand aller au McDonald's, si par hasard les autorités tentent de surprendre le chaland en déplaçant le jour de l'idéologie d'une semaine à l'autre.

Cherchons plutôt le symbole, puisque c'était paraît-il la démarche.

Eh bien, je peux le dire, le symbole est spectaculaire: nous avons découvert, à cette occasion, de petits apprentis du totalitarisme qui ne reculeront devant rien pour enfoncer - littéralement - leur conception du bonheur dans la gorge d'autrui. Que ne ferait-on pas pour modeler "la société de demain"! Et ils en sont fiers. 48 oui contre 22 non et 10 abstentions, le tout mené par les Verts et A Gauche toute!, dont la convergence politique ne surprendra que modérément.

tofu.jpgOh, bien sûr, point n'est besoin de rappeler les heures sombres de l'histoire, c'est de totalitarisme mou dont il s'agit. Personne n'est mort, il n'y a pas encore de rééducation par le travail en laogaï citoyen éco-responsable.

Mais qu'on se penche deux secondes sur la démarche intellectuelle de gens qui vont jusqu'à légiférer sur ce que doivent manger les autres, au nom de motifs idéologiques avoués. Pas leurs enfants, bien entendu; les enfants des autres. Les enfants dont la collectivité a la charge à travers un service de cantine.

Ils ne choisissent plus d'éduquer les enfants avec de jolies images et des slogans creux pour les inciter à se priver. Ils ne vont pas leur proposer une tofu-party à laquelle les bambins pourront participer ou non, essayant de faire passer leur alter-nourriture sous un jour vaguement sympathique. Ca c'était l'activisme d'hier, celui qui essayait encore d'avoir un visage séduisant.

Lassés sans doute d'une utopie à petits pas qui a montré ses limites, ces gens passent à la vitesse supérieure. Quand le projet ne convainc pas on ne va pas renoncer, on va se montrer un tout petit peu plus pressant. Le gentil militant qui essayait de vous vendre son vivrensemble va se montrer un poil plus agressif; il aura toujours son air avenant, mais il vous tient le poignet et commence à vous tordre le bras.

Le sourire se transforme peu à peu en rictus.

Le message cool et sympa ne suscite pas l'adhésion? Vous aimez trop la viande et le poisson les enfants? Alors, on va vous l'interdire. On ne va pas proposer d'autres plats, on va supprimer toute alternative.

Les enfants n'ont pas le choix. Il faut les priver du choix.

Simple, net, facile. Pas besoin de discuter. Pas de pression.

C'est pour leur bien, celui de leur parents, de la Suisse, de l'Humanité et du Monde.

Je le répète une dernière fois: oui, ce n'est rien d'autre que du totalitarisme mou. Mais les gens à l'origine de ce projet prétendent rechercher les symboles, il faut aller au bout de la démarche. S'ils avaient le pouvoir politique de modeler la société d'une façon coercitive pour que les individus soient obligés de vivre selon leur idée du bonheur, ils ne se priveraient pas une seconde.

"Vivre et laisser vivre" est un concept qui leur est totalement étranger.

L'adolescent qui sortira un sandwich au saucisson de son sac le jour fatidique sera-t-il poursuivi pour crime éco-citoyen? La question reste ouverte.

21 février 2011

L'irrésistible appel de la Démocratie

Alors même que les prudes et les cyniques en appelaient à la retenue, j'étais heureux de saluer ici le succès des Tunisiens.

En ce temps-là, un ministre tunisien fraîchement nommé expliquait dans une interview, depuis les couloirs de Davos où il était invité, qu'il ne fallait pas extrapoler le succès tunisien à l'ensemble du monde arabe, notamment une Egypte qu'on sentait alors à peine frémir: malgré certaines similitudes, les peuples tunisiens et égyptiens n'avaient rien à voir, le niveau d'éducation n'était pas le même, la culture politique des deux pays n'avait rien à voir...

Foutaises!

Il n'y a pas besoin d'être en bonne santé, riche et convenablement éduqué pour réaliser qu'on vit dans une dictature. Au contraire, ceux qui y obtiennent un confort raisonnable ne sont pas toujours enclins à risquer leur fragile situation pour mettre un terme au régime, quels que soient les sentiments négatifs qu'ils nourrissent à son égard.

L'appel de la liberté est profondément ancré dans l'esprit humain, allant de pair avec un sens instinctif de la justice et de l'équité. De Rabat à Sanaa, des millions de gens l'ont compris. Le gros des protestataires sont ceux qui n'ont rien à perdre, fils oubliés mais terriblement légitimes de la corruption et de l'absence de liberté imposées par les élites tyranniques au peuple.

Depuis la plaisante interview du jeune ministre tunisien, contre toute attente Moubarak est tombé. La rébellion s'est répandue dans le Maghreb et la péninsule arabique comme une traînée de poudre.

Libyan flag2.jpgAujourd'hui, les regards sont tournés vers la plus symbolique des dictatures corrompues et violentes de la région, la Libye, qui vit des heures sombres, sanglantes et historiques. Le drapeau de l'ancien régime - avant la prise du pouvoir par Kadhafi - flotte sur la ville rebelle de Benghazi. A Tripoli, la foule marcherait vers le palais du despote. Mouammar Kadhafi finira-t-il sa sinistre carrière de tyran comme il le mérite, pendant au bout d'une corde? Réussira-t-il à ménager sa fuite et celle de son clan, à l'abri dans une autre dictature, avec une partie du trésor extorqué à son peuple? Écrasera-t-il la rébellion dans le sang?

Il est probable que le régime vive ses dernières heures. Mais si la révolte échoue, d'autres suivront, en Libye même. La chute des dictatures régionales a donné des ailes aux Libyens. Elle leur a fait la grâce du poison fatal à tout régime totalitaire: l'espoir que le changement est à portée de main.

Oui, on ne sait pas de quoi demain sera fait.

Oui, les islamistes et les musulmans rétrogrades, haineux, antisémites n'ont pas disparu.

Oui, chaque changement de régime fait le lit des opportunismes.

Oui, pillages et violences sont dramatiques et nuisent gravement à l'activité économique.

Oui, les régime qui émergeront de ces affrontements pourraient être du même tonneau que les précédents.

Mais non, le pire n'est pas inéluctable.

Ces gens ont connu la dictature sous toutes ses formes depuis des décennies, en distinguent toutes les facettes de l'horreur et du mensonge. Sur ce sujet particulier, leur expérience est indépassable. Pourquoi seraient-ils stupides au point d'accepter de retomber dans la même misère? N'importe quelle clique qui tentera d'accaparer le pouvoir rencontrera à nouveau l'opposition forcenée de la rue, avec d'autant plus de vigueur qu'un régime dictatorial naissant est forcément faible. La seule issue est dans le partage du pouvoir, c'est-à-dire la démocratie.

libya_1255875a.jpgUn peuple qui lutte pour sa liberté et qui meurt pour elle ne se laissera pas berner par le premier beau parleur venu.

Je fais le pari que la Tunisie, l'Egypte, le Yémen et la Libye et d'autres encore vont enfin bénéficier de la démocratie. Une démocratie naissante, brutale, imparfaite, violente probablement, pleine de disputes sanglantes, longtemps pauvre, où l'assassinat politique et les attentats seront considérés, pendant quelques années encore, comme des moyens acceptables de faire valoir son opinion. Démocraties primitives sans aucun doute, mais démocraties tout de même; elles évolueront. La liberté de la presse et Internet y pourvoiront, ainsi que la liberté économique d'une société libérée du joug affairiste des anciennes castes dirigeantes.

Il est facile, depuis le confort matériel et la paresse intellectuelle de nos démocraties occidentales, de regarder de haut ces mouvements d'émancipation, d'exprimer ses "craintes" et son "inquiétude" - et de finalement sous-entendre que la stabilité mortelle des régimes dictatoriaux avait son charme. Le cynisme est une posture confortable; à moins que je ne le confonde avec un snobisme mâtiné de racisme.

La Suisse est une vieille démocratie. On y entend parfois des gens se plaindre que l'on vote trop ou trop souvent. Les éditorialistes se lamentent régulièrement des mauvais choix de la populace, invitée à déléguer davantage ses décisions à de prétendus experts. Régulièrement, des voix s'élèvent pour réclamer l'interdiction de partis et d'adversaires politiques contre lesquels ils sont à court d'arguments. Oui, la Suisse est une vieille démocratie, un peu endormie sur ses lauriers - au point d'oser, parfois, peser le pour et le contre de sa liberté et de son indépendance en échange d'un peu de confort.

Quel contraste avec l'autre côté de la méditerranée, où des civils meurent pour accéder à cette liberté!

Ils vivent dans des dictatures. En termes de motivation, ils nous donnent pourtant une sacré leçon de démocratie.