01 mars 2016

Renens, la Nuit des Couteaux à Beurre

Sur l'échelle strictement locale, le 28 février fut également l'occasion du premier tour des élections communales vaudoises. Le scrutin eut une saveur particulière à Renens, quatrième ville du canton, puisqu'à l'inverse de Lausanne les jeux était ouverts, chaque parti se lançant séparément à la Municipalité.

Il s'agit donc d'une analyse un peu plus exhaustive que celle, sommaire, que j'ai pu livrer sur le plateau de La Télé dimanche soir.

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A l'aube du dépouillement.

Commençons par les résultats du Conseil Communal.

Conseil Communal (80 sièges)
  2016 2011
Parti Socialiste 24 (+6) 18 (-3)
PLR 20 (+1) 19 (-4)
POP - Fourmis Rouges 17 (-6) 23 (+3)
UDC 10 (-) 10 (+10)
Les Verts 9 (-1) 10 (-1)

Les chiffres entre parenthèses renvoient à l'évolution vis-à-vis du scrutin précédent. La variation indiquée entre parenthèse pour 2011 (montrant l'écart avec 2006) doit être relativisée, une liste de cinq sièges disparaissant lors de cette élection.

L'extrême-gauche POP / Fourmis Rouges subit la loi d'un Parti Socialiste hégémonique au sein de la gauche plurielle. Le PLR grignote un siège aux Verts. Au coude-à-coude avec eux en 2011, l'UDC prend la tête. La stabilité du parti est plutôt une bonne surprise pour ces élections qui ont vu l'UDC affronter un vent contraire avec le mauvais score vaudois de l'Initiative de Mise en Œuvre. Merci aux électeurs qui nous ont fait confiance!

Il n'y a guère de glissement gauche-droite au Conseil Communal de Renens, mais le premier tour de l'élection à la Municipalité s'avère plus instructif.

Municipalité (7 sièges)
  2016 2011
Jean-François Clément (PS) 1'634 2'163
Myriam Romano-Malagrifa (PS) 1'587 2'113
Patricia Zurcher Maquignaz (PS) 1'344 -
Didier Divorne (POP) 1'281 -
Olivier Golaz (PLR) 1'279 911
Jean-Marc Dupuis (PLR) 1'188 777
Tinetta Maystre (Les Verts) 1'073 2'040
Karine Clerc (POP) 1'071 -
Florian Gruber (PLR) 1'036 -
Johnson Bastidas (POP) 952 -
Nathalie Jaccard (Les Verts) 761 -
Stéphane Montabert (UDC) 678 504
Gérard Duperrex (UDC) 606 -
Roland Delapierre (PEV) 144 -

Les résultats sont donnés par ordre décroissant. La comparaison avec les scores de 2011 est purement indicative: à l'époque, la gauche partait unie avec un ticket de cinq candidats (2 POP, 2 PS et 1 Vert) qui furent tous élus dès le premier tour. Il n'y eut pas de second tour à Renens, les deux candidats du PLR Olivier Golaz et Jean-Marc Dupuis obtenant leurs sièges tacitement.

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Dans le premier tour ci-dessus, chacun des six sortants emmena avec lui un ou plusieurs colistiers qui purent profiter de sa notoriété - la fameuse "prime au sortant". Les partis représentés à la Municipalité n'eurent donc aucun mal à occuper le haut du classement. Les six sortants et leurs cinq colistiers occupent fort logiquement les onze premières places. L'UDC vient ensuite, selon un résultat somme toute assez logique. J'obtiens un score personnel d'un peu moins de 16%, à comparer aux 38,5% engrangés par Jean-François Clément.

L'intérêt de cette élection à Renens portait surtout sur la recomposition de la gauche. En avançant trois candidats tout en annonçant briguer le poste de Syndic, les socialistes affichèrent leurs ambitions - et leur appétit. Ce premier tour ouvert permit de mesurer la force réelle de chaque parti. La figure historique du POP Marianne Huguenin s'étant retirée du jeu, les candidats socialistes dominèrent largement. Le "tout-juste-sortant" Didier Divorne, en poste depuis moins d'un an, se fit distancer alors qu'il est encore le mieux placé de son groupe. Vinrent ensuite les candidats du PLR. La Municipale verte se vit sévèrement sanctionnée, obtenant le plus petit score parmi les sortants, derrière la droite.

Renens, à la lausannoise

Lundi soir, les groupes politiques définirent donc leur stratégie pour la conquête des sept sièges de la Municipalité. Le terme de Nuit des Longs couteaux est sans doute trop ambitieux pour les petites cuisines de la politique renanaise!

Approché dès le dimanche par l'UDC pour une alliance électorale formelle au second tour, le PLR refusa sèchement. Contrairement aux discussions qui avaient pu avoir lieu en amont, ses responsables expliquèrent alors que leur objectif était de conserver leurs deux sièges et qu'ils n'auraient "rien à gagner" à déterrer la hache de guerre avec la majorité de gauche. Les électeurs de droite apprécieront. Bien entendu, cette fin de non recevoir douchait tout espoir d'un troisième siège de droite à la Municipalité, marque d'un rééquilibrage nécessaire. Écœuré par cette passivité, c'est avec un certain dégoût que je ressortis de cette entrevue déconcertante.

De leur côté, lundi soir, dans une ambiance de veillée d'armes, les trois partis de gauche installés dans trois salles différentes de la Salle de Spectacle de Renens tinrent conseil jusque tard dans la nuit. Le résultat du premier tour les avait en effet placés devant une situation apparemment inextricable. Compte tenu de ses cinq sièges sortants, comment respecter les vœux de toute la gauche plurielle? Le souhait du POP de garder la tête haute, le PS d'obtenir les trois sièges auxquels il prétendait et les Verts de préserver leur unique Municipale, gage de leur participation dans une alliance de gauche?

La continuité aurait voulu que le POP concède le transfert d'un siège municipal au PS, mais ajouté à la perte de la syndicature, cela commençait à faire beaucoup. J'imagine qu'à un moment quelqu'un s'interrogea naïvement à haute voix: "Au nom de quoi infliger ce sacrifice à la gauche? Pour que le PLR continue d'occuper joyeusement les deux derniers sièges de la Municipalité?"

Pas besoin d'être devin pour comprendre que la réponse était dans la question. L'équilibre d'une gauche renanaise "apaisée" passerait par la prise d'un siège de la minorité de droite. Toute la gauche serait satisfaite: le POP trouverait la continuité, les Verts le salut et le PS la victoire. Cette idée fut confortée par l'exemple de Lausanne où, la veille, un ticket de la gauche unie rafla 6 sièges municipaux dès le premier tour.

Il faut préciser que ce scénario avait été envisagé et expliqué au PLR par votre serviteur, mais le comité de ce parti refusa d'en tenir compte. Des rumeurs vraisemblables laissent entendre que des responsables de gauche auraient "promis" au PLR qu'il garderait ses deux sièges minoritaires s'il ne s'alliait pas avec l'UDC. Mais, en revanche, qu'il fasse mine d'attaquer un siège de la gauche dans une alliance PLR-UDC et la gauche le "punirait" en lui prenant un de ses deux sièges. Et le PLR aurait servilement acquiescé à ces conditions!

Mal lui en prit.

Le coup de Jarnac de la gauche s'explique facilement: quitte à trahir quelqu'un, les gauchistes préféreront toujours prendre pour cible la droite plutôt qu'un des leurs. Douloureuse leçon que le PLR de Renens vient, un peu tard, de comprendre!

En route pour le second tour!

L'assemblée de l'UDC se passa sereinement: comme le PLR nous avait fermé la porte, nous n'avions plus d'autre choix que de partir seuls. Même sans savoir ce qui se tramait, eu égard à nos électeurs, il eut été impensable de priver la population renanaise d'un second tour.

Mon co-listier Gérard Duperrex, arrivé deuxième, se retira avec élégance. Je fus fort logiquement acclamé pour me lancer.

Le second tour pour la Municipalité de Renens verra donc s'affronter:

  • Une liste "Renens, rose rouge vert" avec:
    • Jean-François Clément (PS)
    • Myriam Romano-Malagrifa (PS)
    • Patricia Zurcher Maquignaz (PS)
    • Didier Divorne (POP)
    • Karine Clerc (POP)
    • Tinetta Maystre (Les Verts)
  •  Une liste PLR avec:
    • Olivier Golaz (PLR)
    • Jean-Marc Dupuis (PLR)
  •  Une liste UDC avec:
    • Stéphane Montabert (UDC)

Neuf noms pour sept sièges. Il y aura des perdants. Autant dire qu'avec une droite désunie, nous ouvrons un boulevard pour que la gauche s'empare de six sièges à la Municipalité, laissant un strapontin à la droite.

Les électeurs de droite de Renens seront sans doute déçus, mais ils doivent savoir que le refus de l'alliance est le fait du PLR. Nous sommes les premiers à le regretter. Nous avons tendu la main au PLR et nous souhaitions faire un ticket commun au second tour, mais notre offre fut déclinée. Mis devant le fait accompli du coup de force de la gauche, ces messieurs du PLR ne pensèrent même pas à nous contacter ce matin, car pour qu'un désastre soit complet, il fallait également renoncer à tout plan de rechange...

Calculer ce qu'on a à perdre et se compromettre ne mène à rien. La leçon est rude mais nécessaire. Tout au plus peut-on espérer que le PLR sorte assagi de cette cure d'amaigrissement à l'exécutif. Je me réjouis de pouvoir en discuter avec MM. Golaz ou Dupuis sur les bancs du Conseil Communal, selon lequel y siégera à nouveau au soir du 20 mars.

12 février 2016

La Municipalité de Renens s'offre une belle augmentation

Le futur syndic de Renens touchera 170'000 francs annuels, ses collègues municipaux 101'000 francs. Il fait bon diriger une commune de gauche.

Municipalite_Renens_2015.jpg
L'équipe sortante.

Hier soir au Conseil Communal les élus eurent à traiter le préavis "90-2015 - Fixation des indemnités du/de la Syndic/que et des membres de la Municipalité pour la législature 2016-2021", autrement dit, un préavis visant à changer le salaire et le taux d'activité des membres de l'exécutif de Renens.

Le projet, issu des rangs de la Municipalité, vise à passer le taux d'activité des municipaux de 50% à 60% et celui de Syndic de 80% à 100%. Mais ces taux sont purement techniques et ne sont utilisés que pour le calcul de diverses cotisations. La véritable information est liée au salaire. Le futur syndic de Renens touchera donc 170'000 francs annuels et ses collègues 101'000 francs. Malaise...

Pour une commune dont la plus grande partie de la population est issue des couches populaires, pareil niveau de rémunération représente un horizon inatteignable. Les indemnités de la future Municipalité atteindront l'équivalent d'un peu moins de deux points d'impôt! Alors que les temps sont difficiles, le futur promettant de l'être encore davantage, que le chômage à Renens atteint 7,5% et que la situation financière de la commune est inquiétante au plus haut point, était-ce bien le moment de s'attribuer cette augmentation rondelette?

Indigné comme tout un chacun, je me fendis donc de l'intervention suivante devant le Conseil Communal.

 


 

Qui dans cette salle peut s’octroyer une augmentation ses revenus par simple préavis ?

La Municipalité.

Certains en commission, encore plus gourmands que la Municipalité, citent Lausanne. Lausanne, Lausanne ! Lausanne, 7 municipaux à plein temps gagnant chacun entre 220 et 240'000 francs annuels ! Le Syndic le plus cher de Suisse ! Mais Lausanne, capitale cantonale, cité olympique, a 130'000 habitants, 6 six fois Renens, un budget de 2 milliards, vingt fois celui de Renens, et une dette supérieure à celle du canton… On peut se comparer à Lausanne, oui - et comprendre qu’aucun ratio issu de cette comparaison ne permet de justifier l’augmentation.

On s’éblouit d’ailleurs d’autant plus volontiers de Lausanne que cela permet de moins regarder les communes voisines. Bussigny, 4 municipaux à 50% et une syndique à 60%. Prilly, 4 municipaux à 50% et un syndic à 60%. Et leur salaire est à des années-lumière. Pensez-vous vraiment que les autres communes soient sous-administrées ?

Alors on nous dit que la fonction n’intéresse pas assez, ce qui est peut-être vrai pour les petits villages, mais certainement pas pour Renens. Voyons-voir, les élections ont lieu à la fin du mois, manquons-nous de candidats ?

Alors, toujours pour justifier cette hausse de salaire, on nous parle de tout ce travail abattu, l’Ouest Lausannois, le PALM… Mais, outre que ces projets sont aussi supportés par les autres communes de l'Ouest Lausannois, ils viennent avec leur propre budget, et leur propre personnel.

Je conçois fort bien que nos Municipaux travaillent avec acharnement. Mais cette activité n’est rien d’autre que les conséquences de leur propre volonté de transformer la ville de fonds en combles. Ils se sont bâti leur petit enfer personnel.

Le portrait reste malgré tout très relatif. Tout le monde a-t-il déjà oublié que cette Municipalité a travaillé en sous-effectif – pendant un an et demi – suite à la maladie de M. Jean-Pierre Rouyet ? Même si cela n'a pas été facile, je n'ai vu nulle trace de burn-out à l’horizon.

Pour les Renanais qui se lèvent le matin, payent de lourds impôts et ne peuvent compter sur aucune clémence dans le secteur privé, ce préavis sonne comme une insulte. 170'000 francs annuels pour le poste de Syndic ! Et on nous parle de "ressources rares" ? Pas pour tout le monde, visiblement !

Les Municipaux doivent servir, et non se servir.

Pour toutes ces raisons, j’amène tous les membres de cette assemblée dotés d’un minimum d’éthique et de respect envers les contribuables à rejeter ce préavis.

 


 

Après cette diatribe Mme Huguenin vint plaider pour sa cause, expliquant toute la douleur des autorités pour lesquelles les salaires sont exposés en place publique. M'est avis que c'est bien la moindre des choses! "Un moment de honte est vite passé" comme on dit, et à ce tarif annuel les Municipaux renanais accepteront volontiers une petite polémique si au bout du compte l'argent est au rendez-vous! Il était d'ailleurs cocasse de lire dans le texte la Municipalité plaider pour "garder un pied dans le monde du travail" alors que sous son influence la fonction se professionnalise à grands pas...

La vidéo est disponible ici (chapitre 13).

Seule l'UDC s'opposa à ce préavis au moment du vote. Il passa donc la rampe sans coup férir.

Après la séance du Conseil, j'eus une conversation intéressante avec la Syndique Mme Huguenin ; si je lui faisais remarquer que je n'avais jamais affirmé que les Municipaux renanais ne faisaient rien, elle me répondit que cette façon d'attaquer les autorités en place "lui rappelaient le fascisme", ce à quoi je rétorquai qu'en tant que communiste elle devait s'y connaître en révolutions. La conversation fut par ailleurs plus aimable, mais cet échange me fit réfléchir sur le sens de mon action.

Sans surprise, je me distancie des propos de la politicienne d'extrême-gauche. L'UDC ne vise pas à "renverser la table" et à mettre à bas la "société bourgeoise" comme ces mouvements révolutionnaires dans l'attente du Grand Soir. Au contraire, nous respectons les institutions et visons à les préserver de ceux qui en abusent. Comme je le rappelai moi-même à la Syndique, c'est la Municipalité qui ouvrit le feu en premier en décidant de s'octroyer cette augmentation.

Le respect de la démocratie, le contrôle des institutions par la base, voilà le credo de l'UDC. Et si les élus oublient leur rôle de serviteurs de la population, font preuve d'orgueil et commencent à utiliser leur position pour leur profit personnel, c'est notre devoir de nous y opposer et de les ramener à la réalité.

Et cela devrait être celui de tout citoyen.

11 février 2016

Débat sur Renens à La Télé

Dans le cadre de la campagne pour les élections communales 2016, La Télé organise des débats avec les candidats à la Municipalité des plus grandes communes du canton.

Le Mercredi 10 février, ce fut donc au tour de Renens d'être à l'affiche.

Les vétérans de ce blog se rappellent sans doute mon premier compte-rendu de ce type d'exercice en 2011, lors de la campagne pour la législature précédente. Bien qu'une heure vingt de débat soit organisée, le saucissonnage de l'émission en trois thèmes, la présentation des nombreux invités et la division du temps de parole n'accorda finalement à chacun que quelques minutes d'attention.

L'ambiance générale de l'émission fut bien plus courtoise qu'en 2011. S'il n'y eut pas les "énhaurmes" mensonges proférés alors, j'assistai tout de même à de nombreuses déformations de la réalité bien regrettables car certainement gobées tout cru par le téléspectateur de bonne foi.

Les trois thèmes suivent dans des vidéos d'approximativement vingt minutes.

Les grands projets urbanistiques à Renens. Quel nouveau visage pour Renens? La densification est en marche et la commune va connaître d'importants chantiers ces prochaines années.

Renens se développe, mais la Commune pense-t-elle encore à ses habitants historiques? La croissance est une course sans fin - plus de logements, de transports en commun, d'écoles, d'EMS, d'égouts, d'énergie et lorsqu'un cycle s'achève tout est à recommencer... J'eus quand même l'opportunité d'évoquer le quartier de Florissant et l'échec de la prétendue "concertation" avec les habitants pour la densification.

La mobilité à Renens. En pleine renaissance, Renens doit gérer sa mue, notamment en terme de mobilité pour concrétiser sa place de pôle régional aux portes de Lausanne.

Pour cette séquence, je cédai ma place à mon collègue de parti Gérard Duperrex, qui ne réussit malheureusement pas à entendre correctement une question du présentateur. A la question "pourquoi l'UDC a-t-elle votée contre la réfection de la Gare", la réponse est simple: c'était une mesure de protestation contre un projet mal ficelé, supprimant par exemple la plupart des places de parc pour voitures - et même pas de dépose-minute digne de ce nom! - pour laisser la place à un ahurissante surface pour les vélos... Et à l'époque du vote, nous ignorions encore que la Municipalité envisageait (et envisage toujours!) la mise en sens unique du passage sous voie. Sans compter que les CFF considèrent Renens comme une gare parfaitement secondaire: de l'art de mettre la charrue avant les bœufs.

Economie et finances à Renens. D'importants investissement sont prévus à Renens ces prochaines années dans un contexte économique incertain. Quelles doivent être les priorités? Comment attirer de nouvelles entreprises?

Mon sujet de prédilection, mais sans avoir la parole davantage! J'eus le plaisir d'entendre mon voisin de gauche (et du POP) proclamer que les gens n'en pouvaient plus des impôts renanais et qu'il n'était pas question de les augmenter. Mais ces paroles valent-elle engagement de l'extrême gauche? Le meneur de la bande M. Divorne resta nettement plus évasif.

Je n'eus évidemment pas l'occasion de développer mon argumentaire, à savoir que les "ressources rares" de Renens le sont avant tout à cause de l'appétit fiscal des autorités locales et que la baisse des impôts est sans doute la meilleure des promotions économiques. Pourquoi est-ce qu'une famille aisée amenée à habiter dans l'Ouest Lausannois devrait choisir Renens plutôt que d'autres communes moins hostiles au contribuable comme Prilly ou Saint-Sulpice? Voilà la question de fond.

Pour le spectateur non averti, il aura sans doute été difficile de suivre un propos entrecoupé de reportages et de valse des participants - le choix étant sans doute d'intéresser les gens à défaut de permettre une compréhension réelle des enjeux. Si cette émission a sans doute un effet en valeur d'image, je ne suis pas sûr qu'elle amène des indécis à ce décider, ne serait-ce qu'à prendre part au scrutin.

Au moins le direct se passa dans des conditions raisonnables de parole et de respect de l'autre.

02 février 2016

En route pour la Municipalité!

Me voilà candidat à la Municipalité de Renens!

Le 28 février ne sera pas que l'occasion de s'exprimer sur le 2e tube du Gothard ou le renvoi des Criminels Étrangers. Dans le canton de Vaud, c'est aussi le premier tour des élections communales! Le scrutin sera particulièrement disputé pour la Municipalité de Renens où la syndique d'extrême-gauche Marianne Huguenin se retire, mettant en jeu non seulement sa place mais peut-être aussi l'équilibre droite-gauche au sein de l'exécutif. Les cinq partis représentés au Conseil fourbissent donc pas moins de treize candidats pour sept sièges à pourvoir.

Les Renanais seront-ils condamnés à subir le dogme dirigiste de leur majorité actuelle encore cinq années de plus? Alors qu'ils sont de plus en plus nombreux à ouvrir les yeux, ce ne sera peut-être pas le cas! L'UDC Renens se tient prête à leur offrir une réelle alternative, transformant l'essai réussi en 2011 lors de l'entrée au Conseil Communal. "Renens est de gauche", entend-t-on souvent, mais cela n'a rien d'une fatalité: la ville n'a pas toujours été ainsi et rien ne garantit qu'elle le restera éternellement.

Gérard Duperrex et moi-même tenteront enfin d'amener le pragmatisme du premier parti de Suisse également à la Municipalité, tout simplement parce que les voix plaidant pour plus de sécurité, une croissance respectueuse du cadre de vie et une fiscalité moins punitive ont elles aussi le droit d'être entendues.

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L'affiche de campagne!

Après avoir fondé la section renanaise de l'UDC et vécu une législature au Conseil Communal comme chef de groupe, assumant également la Présidence de la Commission des Finances cette année, je pense avoir acquis une certaine expérience de la politique locale et de la situation de la Ville. Mon partenaire de campagne et ami Gérard Duperrex, qu'on ne présente plus dans la commune, peut quant à lui se prévaloir de dizaines d'années de politique dont, pour Renens, rien de moins que la Présidence de la Commission de Gestion et la Présidence du Conseil Communal.

L'UDC Renens présente donc aux électeurs de Renens le meilleur ticket possible (en espérant que les liens avec le PLR seront nombreux, histoire que chacun comprenne le message!) et nous nous réjouissons de rencontrer les électeurs intéressés, mais aussi les simples habitants, sur notre stand au Marché de Renens le samedi matin. Mes lecteurs plus éloignés ou qui s'occupent autrement le week-end sont invités à suivre ma campagne sur Facebook ; quant aux autres, nous aurons certainement des sujets à discuter entre une dégustation de bricelet et un verre de blanc!

C'est avec enthousiasme et résolution que je m'engage pour cette ville, tout en restant humble face à la tâche à accomplir. Alors n'oubliez pas de voter et rendez-vous le 28 février!

14 octobre 2015

La gauche renanaise aime les réfugiés, mais pas chez elle

immigration,hypocrisieNotre commune de Renens a tenu jeudi dernier la session d'octobre de son Conseil Communal. Ce fut donc l'occasion de revenir sur un point chaud du moment: l'accueil par la commune de Renens de cinquante "réfugiés" logés dans l'abri PC du site scolaire du Léman. Une actualité qui ramena à mon projet présenté en septembre de faire loger des migrants par la majorité de gauche si prompte à vouloir les faire venir...

Entre deux célébrations (!) de l'arrivée des migrants, je pus donc placer le texte suivant devant mes collègues du Conseil (avec le rajout de liens adéquats).

 


 

Le mois dernier j'ai tenté de déposer un projet de résolution qui n'a pu être pris en compte pour des raisons de procédures. Depuis, la Municipalité a formellement répondu à mon interpellation, ce dont je la remercie. A l'époque, je ne me doutais pas que la Municipalité négociait en coulisse avec l'EVAM sur l'arrivée de réfugiés dans notre commune. Ils seront déjà installés lors de notre prochaine séance de Conseil.

Voilà une nouvelle qui ne manquera pas de convaincre les derniers incrédules que la question des migrants est très concrète et tout à fait locale. Je suis sûr que la majorité de ce Conseil se réjouit de l'arrivée des premiers 50 réfugiés musulmans célibataires mâles dans un l'abri PC d'un site scolaire. Cela alimentera certainement les conversations des élèves comme de leurs parents et des riverains. J'ai moi-même suggéré une grande fête pour les accueillir. Renens a fait une fête rien que pour inaugurer des zones 30, donc ne soyons pas chiches.

La Municipalité a précisé que l'EVAM avait l'obligation de loger aussi bien les immigrés légaux que les illégaux. Les abris PC et autres hébergements d'urgence n'étant pas toujours suffisants, ils les logent désormais dans les hôtels, par exemple à l'auberge du Châlet à Gobet - le tout payé par les contribuables. Mais ce n'est pas assez. Pendant le mois de septembre, le Parlement helvétique a statué sur une révision de la loi sur l'asile. On a beaucoup parlé dans les médias des avocats gratuits dont ils bénéficieront désormais automatiquement, mais ce n'est pas le seul "progrès" amené par la révision. A présent, la loi offre également la possibilité d'exproprier des particuliers pour ouvrir de nouveaux centres d'asile.

Tout ceci ramène à mon projet de résolution de septembre qui a été, je dois bien le dire, rattrapé puis dépassé par l'actualité. Pourtant, ses fondements restent valables: j'invite la majorité de gauche de ce Conseil à agir concrètement, en accord avec les programmes de ses partis respectifs. Le PS suisse, par exemple, dispose en ce moment d'un programme concret "Solidarité avec les réfugiés". Christian Levrat, le président de ce parti, a affirmé que nous devrions accueillir "dix fois plus de réfugiés".

Comment les loger? De toute évidence, les abris PC ne suffiront pas et l'hôtellerie non plus. Mais pourquoi attendre que des particuliers se fassent exproprier pour les loger lorsqu'il suffit de s'investir sur une base volontaire? Nous avons dans ce conseil tout ce qu'il faut pour donner l'exemple.

Je (re)propose donc à cette assemblée ce projet de Résolution à peine remanié:

Le Conseil Communal déclare à la Municipalité qu'il souhaite apporter une aide immédiate à l'hébergement des migrants dans le besoin situés sur la commune et alentours. Les conseillers communaux soutenant cette résolution réaffirment ainsi leurs convictions politiques. Ils souhaitent héberger des migrants chez eux jusqu'à ce qu'une solution pérenne soit trouvée. Compte tenu de l'urgence, ils prient les autorités de contacter l'Etablissement Vaudois d'Accueil des Migrants ou toute autre structure adéquate pour que cet accueil puisse se concrétiser dans les plus brefs délais.


Certains ne comprennent pas le sens de mon action. Il est pourtant simple: je pense qu'il faut mener par l'exemple, en cohérence avec les opinions de chacun. D'ailleurs, à ce propos, je voudrais terminer mon intervention en rendant hommage à une personnalité de ce conseil, Mme Nathalie Kocher-Jaccard des Verts, qui vit selon ces principes d'implication et de sincérité. Lors de notre séance précédente, Mme Jaccard faisait étalage de sa vaste supériorité morale en affirmant, je cite:

"je parle personnellement, pour moi, accueillir quelqu'un en difficulté dans ma maison, cela ne me pose aucun problème."


Je m'incline respectueusement, Mme Jaccard. Je vous invite donc à venir à la tribune nous décrire les différentes démarches que vous avez entreprises depuis un mois pour accueillir quelqu'un en difficulté dans votre maison, sachant que cela ne vous posait "aucun problème". Après tout, nul n'est sensé attendre un vote pour agir à titre personnel.

L'urgence est toujours là et les nuits rafraîchissent, mesdames et messieurs.

 


 

La vidéo de cette séquence est disponible au point 4 "communications de la présidence".

Même si personne ne savait exactement ce que je viendrais dire à la tribune, l'effet de surprise était éventé depuis un mois. D'autres orateurs continuèrent comme si de rien n'était leur magnifique plaidoyer pour l'accueil des migrants et Mme Kocher-Jaccard vint naturellement répondre que ses démarches étaient une affaire privée. Pareille discrétion dans la bonté force le respect!

Mais il fallut tout de même passer au vote - à ma demande un vote nominal qui plus est, c'est-à-dire que chaque conseiller communal devait annoncer à l'appel de son nom s'il était pour ou contre la Résolution, ou s'il s'abstenait. Pas possible de se cacher derrière une forêt anonyme de bras levés! La gauche ne pouvait pas non plus quitter la salle pétrie d'indignation, puisque l'affaire était traitée parmi les premiers points de l'ordre du jour.

On demanda une suspension de séance. Les partis de la majorité n'eurent aucun mal à se mettre d'accord: à l'exception d'une poignée d'abstentionnistes, ils choisirent tous de rejeter le texte.

La gauche aime les réfugiés, mais pas chez elle.

Rappelons-nous de ce vote lorsque les autorités réclameront des efforts supplémentaires de la part de la population renanaise, car il est clair que les 50 "réfugiés" qui arriveront début novembre ne seront de loin pas les derniers.

13 septembre 2015

La gauche renanaise face à ses contradictions

La Suisse paisible existe mais elle est en sursis. Il y a peut-être des gens insouciants et heureux à Leysin ou dans des villages reculés des Grisons, qui se croient à l'abri de la déferlante migratoire européenne. Mais ils se trompent: la vague les atteindra eux aussi. Rien que dans notre modeste ville de Renens, l'afflux de migrants a fait parler de lui dans les médias.

Cet été, jusqu'à 80 immigrés illégaux se retrouvèrent à dormir dans les jardins du "sleep-in", une structure d'hébergement d'urgence renano-lausannoise complètement débordée. Après diverses sommations la décision fut prise de les expulser... C'est-à-dire juste de les faire s'installer ailleurs.

Les frontières doivent rester ouverte et tous les étrangers sont les bienvenus... Mais ils sont priés de ne pas s'installer dans une commune de gauche! N'est-ce pas un peu facile?

Me faisant l'écho de tous ceux, excédés, qui enjoignent les apôtres de l'ouverture des frontières à joindre le geste à la parole en accueillant eux-mêmes les migrants, je déposai un texte dont voici la teneur:

[Les] conseillers communaux (...) se proposent d'agir en accord avec leurs convictions politiques pour apporter une aide immédiate à l'inconfort des migrants dans le besoin situés sur la commune ou ses alentours. Ils se portent volontaires pour les héberger chez eux jusqu'à ce qu'une solution pérenne soit trouvée.


Panique à bord! Quelle levée de boucliers! Pendant que certains examinaient scrupuleusement le règlement du conseil communal pour voir comment désamorcer la bombe, des orateurs se succédèrent pour incendier l'UDC en esquivant soigneusement le fond. Finalement, la syndique communiste botta en touche en repoussant le sujet à la séance suivante.

Les plus courageux pourront assister à ces échanges en regardant la vidéo de la séance, les choses intéressantes se déroulent entre 2:51:00 et 3:09:00.

Au cours de cette séquence, un peu avant le dépôt du texte par qui le scandale arrive, Marianne Huguenin tint d'ailleurs des propos instructifs sur les relations entre l’Établissement Vaudois d'Accueil des Migrants (EVAM) et les immigrés illégaux:

...Nous avons cherché à les accompagner dans leur arrivée en Suisse (...) et c'est vrai que nous avons cherché à les orienter sur l'EVAM en sachant que se pose le problème de l'identification. L'EVAM loge ces gens dans la soirée, c'est son job, même s'ils sont en situation illégale, il faut le savoir et la loi sur l'asile et les requérants d'asile oblige le canton à loger non seulement les demandeurs d'asile légaux mais aussi les étrangers en situation irrégulière. Ils doivent les loger. C'est vrai qu'ils doivent être identifiés, avec le risque, qui n'est pas un risque immédiat, mais avec le risque qu'ils puissent être expulsés.

 
Comment loger ces gens dans la soirée? Facile! A l'hôtel. Et c'est le contribuable qui régale.

L'offensive pour mettre la gauche renanaise face à ses responsabilités continuera le mois prochain. J'espère que dans l'intervalle, maintenant que je leur ai soufflé l'idée, tous les donneurs de leçon en auront profité pour accueillir chez eux un migrant!