23 août 2019

Le fruit bien mal défendu

L'UDC vient de lancer en fanfare sa campagne pour les élections fédérales de l'automne, avec une affiche tout à fait explicite: les vers sont dans le fruit. Et ils se gavent.

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Selon un scénario tellement éculé que 24 Heures le décrit en même temps qu'il tombe dedans, les glapissements d'horreur envahissent les médias. Roulant la charge avec des yeux fous, les rédactions romandes rivalisent d'inventivité pour expliquer tout le mal qu'elles pensent de cette affiche - que la plupart des gens découvrent dans leurs pages. Ce faisant, elles font gratuitement le buzz pour le parti libéral-conservateur.

Au Matin, on fouille dans les archives. On aurait pu trouver la trace du ver dans le fruit dans des livres ou même une affiche de mai 68 mais non: le visuel reprend, évidemment dirais-je, l'imagerie d'une affiche nazie des années trente, dont tout le monde se rappelle bien évidemment. "Une caricature (...) où le ver dans la pomme n'est autre que le juif qu'il faut éradiquer. La suite, on la connaît", explique le pigiste de service avec la subtilité d'un soldat au pas de l'oie.

Diantre! Une pomme, des vers, et hop, Auschwitz? Il me semble que quitte à étudier l'histoire pour éviter le retour de la Bête Immonde au Ventre Fécond, l'examen des programmes d'autres mouvements politiques comparé au programme nazi pourrait être plus parlant qu'une affiche. À ce petit jeu des proximités idéologiques avec le parti à la croix gammée je doute que l'UDC arrive en tête. Mais au cours de leur formation, les journalistes passent probablement plus d'heures à travailler leur mauvaise foi que l'histoire.

Par exemple, aucun d'entre eux ne posera la question qui fâche, l'à-propos de cette affiche. Pareille interrogation est taboue. Elle l'est d'autant plus que toute la classe politico-médiatique connaît la réponse. L'affiche va droit dans le mille.

Miam, miam

Les partis politiques et l'UE sont-ils des vers qui dévorent le fruit helvétique? Allez, sans se fouler, prenons quelques exemples en vrac.

À Genève, nous avons l'affaire Maudet, qui a décroché au mois de juin sa rente à vie. La carrière du politicien franco-suisse s'est arrêtée net depuis que les soupçons de corruption l'ont rattrapé, mais on ne pourra pas dire qu'il reparte les mains vides. Et avant qu'un triste sire ne vienne pleurnicher que ce type puant l'ambition dévorante à des kilomètres n'est qu'une erreur de casting du PLR, je rappelle que le parti lui a renouvelé sa confiance dans une assemblée générale extraordinaire. Pour rester dans le fruit, on se serre les coudes!

Mais attention, hein, en Ville de Genève, après quelques scandales de notes de frais, les magistrats "sonnent le glas de la rente à vie". On serre la vis. Un peu. Parce que les malheureux sortants qui ne bénéficient plus de la rente à vie continueront tout de même à toucher un demi-salaire (soit 10'000 francs par mois, à peine de quoi se payer l'eau minérale) pendant dix ans. Si le texte est approuvé par la commission des finances et le Conseil municipal. Mais qu'on se rassure! Si le texte franchit tous ces obstacles, il s'appliquera... Dès la prochaine législature. Les élus en place bénéficieront encore d'une rente à vie. Ouf, on a eu peur pour eux!

Dans les communes du Canton de Vaud on n'en est pas encore à oser la rente à vie - cela viendra sans doute - mais on découvre par exemple une simple augmentation de salaire à deux chiffres pour tous les membres de la Municipalité de Renens, jusqu'à 170'000 francs annuels pour le Syndic. Il fait bon régner sur une commune d'extrême-gauche. Et encore ne parle-t-on que du salaire de base! Tous les partis soutinrent cette augmentation "proposée par la Municipalité" en 2016, y compris le PLR ; seule l'UDC s'y opposa. Et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres...

Dans le Canton de Vaud encore, on cumule les emplois au sein d'une même (et belle) famille de gauche. Mme Rebecca Ruiz est élue sans coup férir au Conseil d'État vaudois ; les électeurs sont passés comme chat sur braise sur son étrange contrat de travail au sein du Département vaudois de la formation alors dirigé par la socialiste Anne-Catherine Lyon. Un peu plus tard, par pur hasard, son mari élu socialiste Benoît Gaillard se retrouve promu à la Présidence de la Compagnie Générale de Navigation. Ça fait un peu tousser, mais pas plus que ça, et puis comme ils disent qu'il n'y aura pas de conflit d'intérêt, on les croit sur parole. Une chose est sûre, tous les salaires seront versés à la fin de chaque mois.

Et puisqu'il faudrait aussi parler de la Berne fédérale, rappelons la tentative de l'UDC de faire payer de leur poche les abonnements généraux dont bénéficient les élus (et bien d'autres, pourtant grassement payés!) et qui fut balayée par ces derniers! "Les élus sauvent leur AG de première classe", titrait alors la Tribune face au péril de perdre un privilège. Un vote au National enterra la motion de Lukas Reimann à 154 voix contre 28 - comme d'habitude, l'UDC contre tous les autres partis. "[Les économies s'élèveraient] à 600'000 francs si les parlementaires recevaient un AG 2e classe, elle atteindrait «des millions» si cette mesure était appliquée à tout le personnel de la Confédération", lança le St-Gallois, ce qui donne une idée de la quantité de fonctionnaires qui ne payent pas leurs déplacements.

L'Europe quant à elle a droit à ses courbettes, son milliard annuel de cohésion, le paiement du système SIS de Schengen, les accords bilatéraux léonins, le projet d'accord-cadre... En toute amitié avec les partis pro-UE du Parlement, c'est à dire tous sauf un.

On pourrait multiplier les exemples, parler des lobbies pharmaceutiques ou syndicaux, de la porosité des élus avec les conseils d'administration, de la corruption généralisée, des innombrables trafics d'influence, du commerce des permis de construire... Autant de pratiques confortées par un corps électoral apathique et naïf, dont le péché le plus affligeant est sans doute la confiance aveugle qu'il nourrit envers ses élus.

J'écrivais il y a quelques mois que la Suisse était un pays de cocagne, mais seulement pour certains, suivez mon regard. Ils s'y vautrent aussi confortablement, pardonnez-moi l'image, que des vers dans un fruit. L'image est choquante? Peut-être. Mais l'est-elle parce qu'elle est laide, ou parce qu'elle est vraie?

06 juillet 2019

Solidarité journalistique

Quoi de plus important que les confrères dans l'actualité? C'est ainsi que Le Temps consacre un long article et un éditorial à l'affaire essentielle du moment, qui affecte défavorablement Le Courrier.

"La presse ne méritait pas cela", écrit le rédacteur en chef Stéphane Benoit-Godet. "Ce n’est pas une bonne nouvelle pour la liberté de la presse", poursuit-il.

Quelle terrible infamie vient de frapper les innocents qui travaillent au Courrier? Une censure administrative? Une descente de nervis d'extrême-droite? Un de ces coups du destin que l'on ne souhaite même pas à ses ennemis? Rien de tout cela. En deuxième instance du procès qui l'oppose à l'homme d'affaire Jean Claude Gandur, Le Courrier vient d'être condamné à... rien.

Rien, c'est encore trop pour nos hérauts de la presse écrite, jalouse de son indépendance. Alors la rédaction du Temps, notable parmi les notables s'il en est dans la presse romande, monte au créneau. On défend la famille. Maladroitement. L'empressement de M. Benoit-Godet à s'indigner dans un espace à disposition l'a sans doute amené à quelques raccourcis intellectuels, comme celui de lire l'article qui résume l'affaire dans son propre journal.

S'il l'avait lu, qu'y aurait-il trouvé?

«Gandur: mécène en eaux troubles». Publié en 2015, cet article du Courrier «constitue une atteinte illicite à la personnalité», a tranché ce mardi la justice genevoise. En deuxième instance, la Cour considère que les «nombreuses figures de style vexatoires, la forme inutilement rabaissante et le fait que la véracité de la plupart des faits n’était pas établie constituent un acharnement qui va au-delà de ce qu’autorise le devoir d’information de la presse et n’est justifié par aucun intérêt public».


Les juges, qui sont aussi des hommes de lettres, n'y vont pas de main morte. Il n'est pas question de liberté de la presse, mais de calomnie. Peut-on calomnier librement parce qu'on a une carte de journaliste? Selon le rédacteur en chef du Temps, la réponse est oui. Les juges pensent autrement. Mais replaçons l'affaire dans son contexte:

En 2015, Jean Claude Gandur [est] sous le feu des projecteurs. Lui-même collectionneur d’art, il [promet] 40 millions de francs pour le projet de rénovation du Musée d’art et d’histoire de Genève. A une condition toutefois: que le nouvel écrin accueille et entretienne une partie de ses œuvres pendant 99 ans. La polémique est vive.

C’est dans ce contexte que Le Courrier s’intéresse au fondateur du complexe pétrolier Addax and Oryx Group (AOG), actif notamment au Nigeria. Le journaliste aurait toutefois dépassé les bornes, dit la Cour, qui ne s’arrête pas là. Le portrait «tend à indiquer que le journaliste a cherché à entacher la réputation du mécène en vue d’influencer le vote», accuse l’instance judiciaire.


L'opération sera d'ailleurs couronnée de succès. Le soutien du mécène sera rejeté à 54%, contre l'avis des autorités. Bah! Si on fait fuir les mécènes, il y aura toujours des contribuables pour les remplacer. En attendant, les accusations laissent des traces. M. Gandur goûte peu d'être ainsi traîné dans la boue. Il attaque en justice Le Courrier, et gagne en première instance comme en appel.

Venons-en aux terribles dommages qui menacent d'emporter Le Courrier:

La décision de justice prévoit avant tout de contraindre Le Courrier à retirer l'article de son site et à faire paraître une rectification. Une pleine page devra être consacrée à la décision de justice, qui devra également apparaître sur son site internet. Cette obligation amène par ailleurs le tribunal à considérer que la demande de dédommagement d’un franc symbolique exigée par le mécène en première instance n’a plus lieu d’être.


Il n'y aura donc même pas de franc symbolique pour l'entrepreneur Jean-Claude Gandur, dont la "fortune personnelle est estimée à plus de 2 milliards de francs" rappelle, venimeux, Le Temps. Selon le schéma mental de la lutte des classes, toujours d'actualité dans certaines rédactions, il va de soi qu'un individu riche (hormis de gauche) est forcément une crapule coupable de quelque abominable forfait. Qu'il paye pour des crimes, ou pour d'autres, c'est de bonne guerre!

En revanche, Le Courrier, coupable de calomnie, se retrouve à devoir payer 47'000 francs de frais de justice - et voilà le nœud du problème.

La solution, pour Stéphane Benoit-Godet? "Jean Claude Gandur pourrait sortir avec panache de ce conflit en prenant les frais de justice du Courrier à sa charge et en convainquant ce dernier d’abandonner son recours au Tribunal fédéral." À la victime de payer pour secourir le coupable! Un rédacteur en chef du Temps ose tout, c'est même à ça qu'on le reconnaît.

Revenons sur terre quelques minutes. Les journalistes sont payés pour leurs écrits. En tant que professionnels, ils sont responsables de leur plume. Le Courrier est un journal d'opinion mais il y a une limite entre l'opinion et la calomnie, et le journal l'a franchie. La justice s'est chargée par deux fois de le rappeler.

Dans son délire de "pouvoir défié, même avec maladresse", M. Benoit-Godet oublie que la condamnation sanctionne avant tout des accusations sans preuve, de la médisance et des sous-entendus. Est-ce là le niveau de journalisme dont il se fait le défenseur? Ou pense-t-il que par nature les journalistes devraient être absous de toute poursuite, faisant d'eux des Übermensch légaux, statut bien peu compatible avec le libéralisme où chacun doit répondre de ses actes? La question reste ouverte.

Le Courrier, arc-bouté dans sa posture d'infaillibilité, refuse de plier. Il envisage donc un recours devant le Tribunal Fédéral, espérant tomber enfin sur un panel de juges favorables. Et pour couvrir les frais de justice à venir, il ne prévoit rien de moins qu'une participation des lecteurs...

Entre les appels à faire payer les frais du procès par ceux-là même qu'ils traînent dans la boue ou par un appel à leur public, une chose est sûre, les journalistes romands vivent dans un monde où ils ne doivent jamais être tenus pour responsables de ce qu'ils écrivent.

médias,justice

14 juin 2019

Combats de femmes

Aujourd'hui, jour de l'anniversaire de Donald Trump, les syndicalistes et les gauchistes de Suisse (pardon pour le pléonasme) choisirent de décréter la Grève des Femmes.

La Grève des Femmes fut un événement organisé avec une précision toute helvétique, avec programme imposé, couleur imposée, lieux imposés et festivités imposées. Certains slogans furent imposés, mais pas tous, lors des ateliers créatifs de pancartes : on sait rester souple, tout de même.

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La Grève des Femmes dans le monde entier.

Certains quotidiens comme Le Temps firent l'effort didactique d'expliquer la Grève des Femmes urbi et orbi, mais quel intérêt? Personne ne lit Le Temps hors des frontières, et bien peu encore en Romandie. Ce genre d'article n'a aucune vocation informative ; il vise seulement à donner une bouffée d'orgueil à ceux qui pensent être les phares du monde...

C'en est presque dommage: une vraie Grève des Femmes mondiale aurait eu une certaine allure. Il aurait fallu une réelle audace pour monter une Grève des Femmes à Ryad ou à Nouakchott. Cela aurait suscité un réel respect, et une réelle prise de risques, comme en témoigne cette galerie de portraits de femmes, brûlées à l'acide, qui ont eu l'audace de s'opposer au patriarcat là où celui-ci est une réalité:

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Si vous n'aimez pas le système patriarcal occidental, vous allez adorer celui-là.

Ces dames (toutes des Pakistanaises si de tels détails vous intéressent) ne demandaient pas un salaire égal, mais juste de ne pas être violées ni mariées de force. Quel égoïsme!

Eh oui, loin des fantasmes du syndicalisme nombriliste, il y a bien des lieux dans le monde où la lutte pour l'égalité des femmes est un combat réel, et loin d'être acquis. Ne vous inquiétez pas, grâce à l'enrichissement multiculturel, ces défis sont bientôt à notre porte.

Voilà à quoi je pense lorsque quelqu'un évoque devant moi "l'égalité des sexes". Pas vous? Dans ce cas, peut-être que vous devriez consulter autre chose que les nouvelles locales et de saison.

Mais revenons au luxueux combat du jour.

L'opération Grève des Femmes fut, bien entendu, un "succès". Comment pourrait-il en être autrement? Les médias décrètent les vainqueurs et ils étaient tous acquis à la cause dès le début. Les pigistes les plus malins auront écrit leurs articles bien avant la date fatidique. Depuis quelques jours, ils se vautrent dans la facilité: l'organisation de l'événement, l'excitation avant le jour J, les comptes-rendus "minute par minute" (comme face à une situation de crise) et, ces prochains jours, l'incontournable débriefing avec les interviews de ceux-pour-qui-ça-a-tout-changé et les organisatrices émues qui annoncent, poing brandi, qu'on fera évidemment encore mieux l'année prochaine.

De la vraie news débitée à rythme industriel, droit sortie de sa boîte de conserve.

Une bonne partie sera probablement réutilisable l'année prochaine, il n'y aura qu'à changer la date. Et si la ficelle est trop grosse on fera des rétrospectives Que sont-elles devenues? et le tour sera joué.

Attardons-nous sur le "succès" de la Grève des Femmes. Que signifie-t-il? Combien de femmes ont été augmentées aujourd'hui suite à leur décrochage professionnel et à leurs manifestations revendicatives? Probablement aucune. Niveau politique, il n'y a rien à obtenir non plus: l'égalité est inscrite dans la loi depuis des lustres. Et il me semble peu probable que des employeurs voient d'un meilleur œil les femmes descendues dans la rue ce 14 juin.

visuelfC3A9ministeensemble63-448x293.pngJe n'ai pas réussi à voir grand-chose de la Grève des Femmes. En déambulant à Genève, j'ai juste aperçu un groupe d'une dizaine de femmes qui avait "séquestré" avec des rubans violets une place - revendiquant avec des affichettes la captation de l'espace public, sans trop concevoir le rapport avec leur cause. Les pauvres femmes tentaient de faire un pique-nique (que je suppose citoyen, festif et de combat) mais sous la pluie le résultat était assez pitoyable. Assises comme elles étaient sur des bouts de tissus trempés à ouvrir leurs tupperwares solidaires tout en tenant des parapluies, elles donnaient plus l'impression de lutter contre les éléments que contre le Patriarcat.

Je me disais: quelle magie tout de même que cette mobilisation qui force des gens à pique-niquer sous la pluie alors qu'il aurait été tellement plus sympathique, si ces femmes se connaissaient, de se livrer à ce genre d'activité un jour de beau temps! Mais il n'y aurait pas eu le petit côté politique qui transcende le tout, j'imagine. C'est clair qu'en les voyant, le Patriarcat reculait, pris de terreur.

Plus tard, une femme me fit une remarque astucieuse: "j'ai quand même l'impression que ces histoires de grève pour le climat ou de grève pour les femmes sont des détournements artificiels... Comme si on montait des sujets de toute pièce pour cristalliser le mécontentement en le détournant des vrais problèmes..."

Il est vrai que la dérive des coûts des loyers ou de l'assurance-maladie obligatoire dépassent de beaucoup tout ce que les statisticiens pourront jamais essayer de prouver comme différence salariale entre les sexes, mais aborder ce sujet n'est politiquement pas porteur pour les politiciens de gauche, alors laissons tomber, voulez-vous?

À la place, scandez avec moi: Grève des Femmes! Grève des Femmes!

Verrons-nous un monde - allez, juste une Suisse - où les femmes n'accepteront plus de se laisser instrumentaliser par la gauche et les syndicats? Ça, ce serait une véritable révolution.

14 mai 2019

Peuple désarmé, peuple vaincu?

Le 19 mai le peuple décidera ou non de voter pour le prochain tour de vis sur le contrôle des armes - et de poursuivre sur la voie de la domination étrangère de la Suisse.

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Les choses sont claires. (cliquez pour agrandir)

La loi est intitulée "Mise en oeuvre d'une modification de la directive de l'UE sur les armes (Développement de l'acquis de Shengen)." Elle est donc présentée comme une sorte d'évolution logique, naturelle et convenable de quelque chose de positif - alors même que la libre-circulation, le principal acquis de Shengen, étrangle la Suisse. Que ce soit à travers l'immigration de masse, la sous-enchère salariale ou le bétonnage du pays, ce pays n'en finit pas de péricliter pendant que les Suisses, trop occupés à gérer au quotidien leur survie de working poors, désertent les urnes.

Selon les sondages, l'approbation du texte atteindrait 66%, soit deux électeurs sur trois. Il faut avoir subi un lavage de cerveau de grande ampleur pour penser du bien des accords de Shengen et une dose plus grande encore pour vouloir en redemander. Mais ce profil est désormais banal en Suisse. Les arguments avancés pour soutenir le texte - lutte contre le terrorisme, fichage - ne s'appuient sur aucune étude. Pas un seul attentat en Europe n'a été commis avec une arme obtenue légalement. L'interdiction de certains types d'armes ne désarmera que les honnêtes gens, comme d'habitude.

Les autorités ne se donnent même plus la peine de ciseler de petits mensonges, de trafiquer quelques statistiques, ils n'en ont aucune. Le seul argument en faveur de la révision de la loi est que celle-ci est exigée par l'UE. Le principe de soumission rend toute contestation caduque.

Face à eux, les membres de ProTell - qui ne demandent rien d'autre que le maintien du droit actuel - sont présentés comme des esprits étroits, bornés et passéistes. La tradition suisse des armes? Le tir sportif? Aucune importance. Le rouleau-compresseur est en marche et tous les obstacles seront aplanis. Les bureaucrates de Bruxelles aux commandes le savent d'autant mieux que la révision de la loi inclut de futures provisions qui restreindront encore plus le droit sur les armes tout en rendant bien plus difficile, voire impossible, toute nouvelle tentative d'opposition par référendum. 

Pourtant, on s'en fiche des armes, pas vrai? La plupart des gens ne possèdent pas d'armes, n'en ont jamais possédées et ne chercheront jamais à en avoir une. Pour toutes ces raisons, ils n'hésiteront pas une seconde à glisser un Oui dans l'urne. Ils ne comprennent pas le sens profond lié au droit de posséder une arme - la distinction entre le citoyen et le sujet, plus importante encore que le droit de vote. Le droit des armes fait partie du contrat social - c'était même l'un des tous premiers billets sur ce blog, en 2011. À l'époque déjà, le sujet avait attiré une polémique nourrie.

Depuis, l'importance - symbolique d'abord, concrète ensuite - de pouvoir posséder des armes s'est maintes fois vérifié, comme par exemple au Venezuela où le dictateur Maduro s'est chargé de désarmer le peuple avant que les sbires du régime n'ouvrent le feu sur la foule désormais à leur merci. "Il n'y eut pas de plus fervents adeptes du contrôle des armes que les nazis" écrivais-je en 2011. Les nazis, et bien d'autres, unis dans l'idée que la marche vers le désarmement est essentielle pour pouvoir mettre une population en coupe réglée.

La Suisse avance le long de ce chemin, à son rythme. Les jours de l'opposition au Moloch européen de 1992 semblent bien loin. Il y eut quelques sursauts - le vote sur les minarets, le renvoi des criminels étrangers, le rejet de l'immigration de masse... - mais ils semblent désormais plus des anecdotes où les citoyens furent surpris de leur propre audace que d'une volonté manifeste de défendre sa liberté dans la durée et peu importe les pressions extérieures.

On le sait depuis Bertold Brecht, "puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple." C'est la feuille de route depuis plus de vingt-cinq ans, et elle est appliquée à la lettre. Entre l'immigration de masse, les naturalisations de masse, la culpabilisation de masse, deux tiers des Suisses ne prennent même plus le chemin des urnes. On peut dire que la mission est accomplie. Le peuple helvétique vote sa dissolution, son désarmement étant une étape essentielle dans le processus. L'idée a été bien comprise à Berne et à Bruxelles.

"Le pouvoir est là où sont les armes." -- Lénine


Rêvons à une heureuse surprise jusqu'au soir du 19 mai, une victoire sur le fil qui repoussera l'échéance de quelques années ; mais même si la mobilisation de ProTell force le respect, même si des noyaux durs de tradition subsisteront, ces Suisses-là auront compris qu'ils sont une minorité dans leur propre pays.

11 mai 2019

Fraude électorale: le ver est dans le fruit

La Cité de Calvin fait à nouveau parler d'elle, et pas en bien. Cette fois-ci, l'actualité se concentre sur une affaire de fraude électorale, dévoilée jeudi sur le site web du quotidien 20 Minutes.

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Depuis l'enquête avance à grands pas. Une perquisition a été menée dans les locaux du Service des votations. La RTS dévoile pour une fois davantage d'information que la presse:

Le témoignage de ces employées, qui vivent dans la peur depuis plusieurs années, fait état d’un procédé élaboré qui aurait été utilisé par le suspect. Selon les informations de la RTS, il possédait les clés des locaux où se trouvaient les bulletins reçus et les enveloppes vierges.

L’homme aurait détruit certains bulletins pour les remplacer par d’autres, modifiés par ses soins. Il en aurait également ajouté aux urnes, aurait fait disparaître des cartes de vote, et aurait gardé pour lui certains bulletins vides et non conformes qui auraient dû être retournés à leur expéditeur.

Plusieurs centaines de voix au total auraient été concernées et des écarts auraient été régulièrement constatés entre le nombre de cartes de vote et les bulletins comptabilisés. Ne sachant plus quoi faire, les employées du service disent avoir alors détruit des bulletins au hasard, pour équilibrer le tout.

Une ancienne employée qui aurait participé à la fraude parle d'une rémunération de 50 francs par vote, et aurait même reçu une offre de 1000 francs pour 100 bulletins.


"Impossible de dire si cela est vrai et qui était le ou les commanditaire(s) éventuel(s)", poursuit le journaliste qui se veut rassurant. Le lecteur reste inquiet. Comme souvent, il faut recouper les informations parcellaires distillées dans différents médias pour se faire une idée. Si la RTS prétend que "les enquêteurs n'ont trouvé aucun élément accablant" au domicile du collaborateur de 33 ans soupçonné de fraude électorale, l'histoire ne s'arrête pas là. Les policiers ont bien déniché des enveloppes de vote concernant le scrutin du 19 mai dans un tiroir du collaborateur dans les locaux du Service des Votations.

Contrairement aux dénégations initiales, le scrutin du 19 mai est donc d'ores et déjà compromis à Genève. Précisons que si les objets fédéraux sont à ce stade relativement épargnés, Genève ne suffisant que rarement à faire pencher la balance à l'échelle suisse, le sujet reste d'importance à l'échelle locale. Les Genevois votent sur pas moins de 7 objets cantonaux dimanche prochain, plus deux questions subsidiaires destinée à départager des doubles approbations.

Il n'y a pas besoin de bourrer les urnes pour faire pencher la balance ; sous le régime démocratique, quelques dixièmes de pourcent suffisent parfois à changer le résultat d'un vote. En l'espèce, le suspect a bien un historique fourni de manipulations:

[Selon deux employées du Service des Votations] au moins quatre scrutins cantonaux et communaux auraient été manipulés: d’abord, l'élection de Pierre Maudet l'an dernier, lors de laquelle le conseiller d'Etat PLR avait été élu dès le premier tour. L'une des collaboratrices dit avoir vu une succession de 30 bulletins identiques avec le seul nom de l'édile dans un tas de 50.

Il y a ensuite la loi sur la police, acceptée à 50 voix près en 2015. Dans ce cas, des bulletins auraient été jetés par l'homme interpellé jeudi. L'une des auxiliaires assure que cela a changé le résultat du vote.

Les derniers exemples cités par les témoins sont l'initiative pour le remboursement des soins dentaires, refusée à 54% en février dernier, et des votes à Chêne-Bougeries, en mars 2018. Selon les deux employées, tout cela durerait depuis 2011 au moins.

Il semblerait que très peu de personnes en interne aient été au courant de ces agissements. Par ailleurs, le suspect n'hésitait pas à intimider ceux qui mettaient le nez dans ses affaires et il jouissait de protection en haut lieu, affirment les deux employées.


Des manipulations de vote affectant les résultats de scrutins disputés, une élection faussée, des témoignages de votes moyennant paiement, un manipulateur malhonnête au Service des Votations bénéficiant de protection en haut lieu… Les médias se veulent rassurants, mais peut-on se le permettre?

Un système vulnérable

Genève recule sur le vote électronique, qui inquiète le grand public à cause de son manque de sécurité et de l'absence de possibilités de recomptage ; mais ces inquiétudes ne sont rien face à celles qui se concrétisent depuis longtemps autour du vote par correspondance.

Il y a des années de cela, lorsque je découvrais "l'envers du décor" de la démocratie helvétique dans ma ville de Renens (où certaine affaires ont eu lieu), je me souviens avoir jeté un œil critique sur le dépouillement. Le processus allant de la collecte des enveloppes à la saisie des résultats globaux dans le système informatique cantonal me paraissait vulnérable en de nombreux points.

Les recomptages de bout en bout sont possibles, mais quand sont-ils effectués? Jamais, ou seulement en cas de soupçons de fraude. Il n'y a aucun échantillonnage aléatoire à l'échelle d'un bureau de vote. Cela signifie que si les manipulateurs restent suffisamment discrets - ce qui n'a pas été le cas à Genève - ils ne sont jamais inquiétés.

"Ce qui compte ce n'est pas le vote, c'est comment on compte les votes." -- Joseph Staline, Communiste, Criminel contre l'humanité, Homme d'état (1879 - 1953)


Interrogeant une employée du Greffe communal de Renens sur la possibilité de manipuler les enveloppes avant le jour du dépouillement, la brave femme fut interloquée par mon inquiétude. Elle me répondit que toute manipulation de ce genre était impensable puisque les personnes ayant accès aux urnes étaient assermentées. On voit désormais la naïveté d'une telle posture - une naïveté typiquement suisse, ajouterais-je. L'idée que les gens soient d'une honnêteté sans faille et résistent à toute volonté de manipulation des votes simplement parce qu'ils l'ont promis.

On roule des yeux devant une conception aussi candide de la nature humaine.

Un tel monde serait assurément agréable à vivre, je n'en doute pas, mais il n'existe pas. Les gens mentent, même quand ils ont prêté serment. Ceux qui acquièrent des positions de pouvoir en abusent. Les humains cèdent à la tentation. La respectabilité durement acquise sert ensuite, parfois, aux comportements les plus vils.

Triste tableau, je le concède, et heureusement atténué par quelques exceptions. Mais un homme averti en vaut deux: on peut se prémunir contre la plupart des manipulations. Mettre des mécanismes de pesée électronique dans les urnes pour déceler toute altération du contenu. Installer des caméras dans les locaux et vérifier les accès. Obliger les opérations à être effectuées sous surveillance, avec "quatre yeux".

L'enquête n'en est qu'à ses débuts et j'espère bien que des gens finiront par se mettre à table, car je doute que ce ne soit, comme on tente de nous le présenter, que le fait d'un "loup solitaire" aux motivations troubles. Plusieurs témoignages cités plus haut font mention de complicités dans une organisation pensée pour altérer les résultats des votes. Rappelons-nous le commerce des enveloppes, à Genève aussi.

La confiance dans la démocratie est quelque peu érodée au bout du lac. Mais croire qu'il n'y avait dans toute la Suisse qu'un seul et unique manipulateur au Service des Votations de tous les Cantons et Communes du pays et qu'il vient d'être mis hors d'état de nuire, n'est-ce pas aussi un peu naïf?

05 mai 2019

Imposition des entreprises: la Solution Bof-Bof

"Consolider l'AVS" et "Résoudre le problème fiscal": c'est en ces termes que le peuple suisse est amené à se prononcer le 19 mai, une nouvelle fois, sur le texte de la réforme fiscale des entreprises.

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Sauvés. Nous sommes sauvés.

À lire le site des partisans du texte, la RFFA (selon sa dénomination officielle) serait "un bon compromis": elle permettrait avant tout de "sortir des blocages" - un euphémisme pour dire que la mouture précédente de la réforme de la fiscalité des entreprises, combattue par la gauche, a échoué devant le peuple à l'échelle fédérale.

Pour assurer une chance de succès à cette nouvelle variante, le Parlement a travaillé afin que les partis du centre et de la gauche (PS, PDC, PBD, PLR) se mettent d'accord. On a donné des gages à chacun sous la forme d'une rallonge à destination de l'AVS, une limitation des "outils" d'optimisation fiscale laissés aux entreprises lors de la tentative précédente, et évidemment une carotte à destination des Cantons et des Communes en échange des pertes fiscales que le taux unique d'imposition des entreprises entraînera.

votation du 19 mai 2019,fiscalité,retraite
Perdus. Nous sommes perdus.

Du côté des adversaires, principalement l'extrême-gauche, il faut respecter le vote démocratique, le texte précédent ayant été rejeté avec presque 60% de Non il y a deux ans. L'argument est recevable puisque selon la jurisprudence politique actuelle seules les décisions populaires ayant trait à l'immigration peuvent être librement ignorées…

Plus sérieusement, les adversaires du texte dénoncent une "arnaque fiscale" puisqu'en valeurs nettes les prélèvements fiscaux devraient diminuer, ce qui représente un chiffon rouge pour la gauche. Les arguments en faveur de l'harmonisation du taux d'imposition des entreprises et les versements en faveur du fonds de l'AVS laissent ces messieurs totalement froids.

Le faux bâton du Taux Unique

Prenons un peu de recul. Pourquoi la RFFA, pour commencer? Pourquoi un taux unique d'imposition des entreprises? La raison en est due aux pressions extérieures exercées sur la Suisse par l'OCDE et l'Union Européenne. Elles ne tolèrent plus que des sociétés étrangères installées en Suisse bénéficient d'un tarif fiscal avantageux. Pour éviter de figurer sur différentes listes noires, le Conseil Fédéral s'est empressé depuis plusieurs années de se plier à ce diktat, sans y parvenir jusqu'ici. Fichue démocratie directe!

On peut discuter de l'injustice fiscale actuelle. Les sociétés étrangères implantées en Suisse sont moins taxées que les PME helvétiques. C'est évidemment curieux, mais cela correspond à une réalité historique: la Suisse - à l'instar de nombreux autres pays - a cherché à attirer de telles entreprises sur son sol, pour bénéficier de la manne de l'imposition (fut-ce à taux réduit). Avec son cadre fiscal stable, sa position idéale au cœur de l'Europe et un climat propice aux affaires, la petite Suisse a pendant longtemps été une destination de choix pour le siège des entreprises multinationales.

Cette façon de faire est peu à peu en train de disparaître. Les conditions-cadre d'imposition se durcissent partout dans le monde sous la pression de la gauche financière internationale, même s'il reste quelques exceptions notables. Mais le modèle entier est à revoir. La voie choisie par la France pour la taxation des GAFA semble montrer le nouveau chemin à suivre: taxer non pas les bénéfices mondiaux d'un groupe, mais son chiffre d'affaires au sein de chaque pays.

La Suisse a choisi un taux unifié très bas pour continuer malgré tout à garder une attractivité économique, au grand dam de la gauche. Celle-ci a toujours voulu simplement ajuster les taux d'imposition au plus haut, selon son idéologie ; le choix du Parlement d'opter pour un taux moyen a été une pilule difficile à avaler pour les socialistes, et totalement inacceptable pour la gauche de la gauche.

Le débat sur la taxation des entreprises est encore ouvert et le restera longtemps. La seule chose à retenir pour les votations du 19 mai est que l'adoption de la RFFA ne correspond pas à une décision sereinement prise par la classe politique, mais à un chantage international auquel les autorités ont décidé de se plier. Autrement dit, la RFFA, dictée par l'étranger, est avant tout un abandon de souveraineté.

La fausse carotte de l'AVS

De tous les arguments employés pour convaincre, celui selon lequel approuver le texte reviendrait à "consolider l'AVS" est sans doute le plus mensonger. Citons directement le matériel de campagne des partisans:

"L'AVS est en déficit, en raison de l'augmentation du nombre des rentiers et de l'allongement de l'espérance de vie. Si rien n'est fait, elle sera à sec d'ici 10 ans. La réforme apporte deux milliards de francs supplémentaires par an pour sécuriser les rentes."


Malheureusement, deux graphiques viennent immédiatement contredire cette affirmation…

votation du 19 mai 2019,fiscalité,retraite
La "bonne santé" de l'AVS (cliquez pour agrandir)

En 2017 déjà, l'AVS perd plus d'un milliard de francs par an. En 2035 - ce n'est pas loin - ses réserves seront passées de +45 milliards à -51 milliards, soit une perte vertigineuse de 96 milliards, qui continuera de s'aggraver.

Si la RFFA est acceptée, l'AVS recevra 2 milliards par an pendant le même intervalle. Grâce à ces milliards, les pertes de l'AVS ne seront "que" de 60 milliards entre 2017 et 2035... Et c'est ainsi que l'on prétend que l'AVS serait "consolidé"?

Si le sujet n'était pas si dramatique pour des millions de retraités, présents et futurs, cela serait presque drôle. La "carotte" de la RFFA pour l'AVS est une cautère sur une jambe de bois. Elle ne fera que repousser l'effondrement du système de quelques années - bien trop peu pour la plupart de ceux qui voteront dans l'espoir que cela fasse une différence. Je le redis encore une fois, en guise de retraite, la plupart des Suisses n'auront rien.

Le système des trois piliers helvétique va dans le mur à vitesse grand V, et pas un de ces petits esprits à Berne n'a la carrure pour proposer une refonte du système qui tienne la route. Alors que la catastrophe est encore évitable, on préfère procrastiner jusqu'à ce qu'il soit trop tard. L'attitude qui prévaut chez nos élites s'apparente clairement à de la négligence criminelle, à mille lieues du fameux "gouverner c'est prévoir".

Les Suisses les ont élus et les éliront encore ; qu'ils paient donc l'addition.

Conclusion

Je ne sais pas si cet humble billet aura la moindre influence sur qui que ce soit, mais cela n'a aucune importance: la RFFA sera adoptée au soir du 19 mai avec une marge confortable. Les autorités, les partis et les médias travaillent main dans la main en ce sens, et les arguments déployés par les opposants pour la refuser sont cousus de fil blanc. Les campagnes d'affichage de ces derniers - "haro sur les actionnaires!" - ne servent qu'à mobiliser leur électorat en vue des élections fédérales de l'automne. Ils ne cherchent même pas à remporter le référendum.

Le consensus helvétique est souvent étouffant. Les citoyens vont encore une fois être amenés à s'exprimer sur un "paquet" conçu précisément pour que chacun y trouve du pour et du contre. Mais ce paquet est loin d'être un cadeau. Il ne résout rien. L'attractivité économique de la Suisse diminue en même temps que ses futures recettes fiscales, ce qui est pour le moins paradoxal. Le "geste" en direction de l'AVS est une incitation à laisser s'aggraver des problèmes auxquels il est plus que temps de s'atteler.

En fin de compte, "la RFFA ++" est plutôt une "RFFA bof-bof"!

Pour ces raisons, devinant que le Oui l'emportera largement et sachant qu'un vote Non sera immanquablement récupéré par l'extrême-gauche, je pense que je voterai blanc le 19 mai.